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20 juin 2017 2 20 /06 /juin /2017 16:03

Lyndon B. Johnson N° 376

 

*Lyndon Baines Johnson naquit dans une famille modeste du Texas le 27 août 1908.

En 1930, il fut diplômé du « Southwest Texas State Teachers Collège » (l'équivalent de nos écoles normales) et commença une carrière d'enseignant dans un lycée de Houston (Texas) pour peu de temps car dès 1931 il fut recruté comme secrétaire d'un Sénateur, ce qui l'orienta vers la carrière politique.

*Il se maria le 17 novembre 1934 avec Claudia Alta Taylor

*En 1937, il fut élu, pour le compte du Texas à la Chambre des Représentants où il siégea jusqu'en 1949, date à laquelle il devint Sénateur, toujours pour le Texas.

*Il se présenta à la primaire du parti démocrate en 1960 mais fut battu par John F. Kennedy, mais le dit Kennedy le prit comme colistier pour les élections.

*Lorsque Kennedy fut élu le 8 novembre 1960 Président des États-Unis, Lyndon Johnson devint Vice-Président

*Deux heures et quelques minutes après la mort de John F. Kennedy (assassiné à Dallas Texas le 22 novembre 1963), Lyndon B. Johnson fut investi comme Président des États-Unis par la juge Sarah Tigman Hughes à bord de l'avion présidentiel américain (Air Force One) et prêtait serment sur un missel catholique faute d'une bible disponible. Il fut le premier Président investi au Texas, investi par une juge femme, et à prêter serment sur un missel catholique.

*Il fut réélu triomphalement le 3 novembre 1964, avec 61,1 % des voix, ayant raflé 486 grands électeurs dans 44 États et ne laissant à son adversaire Républicain (Goldwater) que 6 États et 52 grands électeurs. Après son mandat de 4 ans (janvier 1965, janvier 1969) il ne se représenta pas, mais fut en tout Président un peu plus de 5 années.

 

*Durant ses 5 années de Présidence, il fit avancer les droits des minorités par le « Voting Rights Act » que Johnson signa pour publication le 6 août 1965, il fit également beaucoup pour la protection sociale des Américains en signant le 31 juillet 1965 2 lois appelées : « Medicare » et « Medicaid ».

*Medicare : est une loi pour la prise en charge des dépenses de santé des personnes âgées de plus de 65 ans. Beaucoup d'Américains ont une couverture santé par le biais de leur entreprise, mais celle-ci prend fin avec la retraite. Il fallait donc régler ce problème.

*Medicaid : cette loi est destinée aux handicapés et aux citoyens sans ressource.

Ces deux lois sont financées par l’État fédéral à hauteur de 56 % et pour le reste par les 50 États des États-Unis pour leurs propres ressortissants.

 

Beaucoup d'Européens, en particulier les Français, n'ont jamais entendu parler de ces 2 lois adoptées 50 ans avant Obama ; par contre sur « l'Obamacare », ils en ont eu des tartines de la part de nos médias du politiquement correct !

« L'Obamacare » fut votée le 30 mars 2010 avec application à compter du 1er janvier 2014. cette loi eut pour nom : « Patient Protection And Affordable Care Act » (loi sur la protection des patients et des lois abordables ». C'est la complaisance des médias qui a fait connaître cette loi sous le nom d'Obamacare, probablement pour le plus grand bonheur d'Obama qui devait chercher à attacher son nom à une « grande » loi sociale. Pour que le lecteur français comprenne ce qu'est l'Obamacare, j'en ai trouvé un bon résumé sur le journal en ligne de France-info du 1er mars 2017 ; en voici des extraits :

 

« L'ambition de la loi est de permettre au plus grand nombre de bénéficier d'une couverture santé. Concrètement, elle oblige tous les citoyens à souscrire une assurance santé auprès d'un assureur privé répertorié sur le site Healthcare.gov. Pour reprendre l'expression d'un journaliste canadien, Obamacare, "c’est un marché d’assurances créé et épaulé par l’Etat….

Les républicains mènent une guerre sans relâche contre Obamacare depuis sa promulgation. Si le texte n'a que 6 ans, il a déjà fait l'objet de 60 votes au Congrès. A chaque fois, les républicains tentaient d'empêcher son application. La Cour Suprême a même été saisie quatre fois ! Non seulement ils jugent la réforme trop coûteuse, mais ils dénoncent également la logique de redistribution selon laquelle les cotisations des personnes en bonne santé doivent compenser les coûts des plus malades. Pour eux, qui dit obligation de souscrire une assurance dit restrictions des libertés individuelles et ingérence de l'Etat.

Mais, outre ces principes idéologiques, ils estiment qu'Obamacare dessert nombre d'Américains. Les assureurs – qui rappelons-le ne peuvent plus refuser de clients – estiment en effet que ce marché n'est plus assez rentable. Conséquence : soit ils refusent de jouer le jeu du gouvernement et se retirent des catalogues d'assurances privées compatibles avec Obamacare, soit ils augmentent leurs primes (en 2017, les Américains paieront en moyenne leur assurance 25% plus cher que l'année précédente), détaille The Washington Post. Par ailleurs, chacun de ces assureurs propose des services différents : il arrive qu'un assureur ne couvre pas les consultations dans tel ou tel hôpital, ou auprès de tel ou tel médecin. Les opposants à Obamacare s'indignent donc de payer de plus en plus cher, pour un service de plus en plus restreint. »

Pour l'Obamacare, on est loin de l'image que veulent en donner les principaux médias en France, mais en fait, Johnson en 5 ans de présidence a fait plus pour la santé des Américains que Obama en 8 ans. Mais Obama a pour prénoms : Barack Hussein, son père était musulman et il est noir, voilà de quoi faire saliver tous les démagos, tous les bobos, tous les acharnés de la repentance ! Pour améliorer l'image de leur chouchou, ils ne risquent pas de mettre en avant le travail de Johnson sur la santé.

Dans le domaine international, Johnson amorça un rapprochement avec l'URSS et rencontra du 23 au 25 juin 1967 Alexis Kossyguine (président du Conseil des Ministres de l'URSS) à Glassboro dans le New-Jersey au « Glassboro State College » aussi appelé « Rowan University ».

Aux États-Unis même, la popularité de Lyndon B. Johnson eut à souffrir de revers de l'armée américaine au Vietnam, ainsi que des assassinats de Martin Luther King le 4 avril 1968 à Memphis (Tennessee), de l'assassinat de Malcom X le 21 février 1965 à Harlem (New-York) et de Robert Kennedy le 6 juin 1968 à Los Angeles, même si Johnson y était pour rien.

Mais si l'on doit rendre à César ce qui revient à César rendons aussi à Lyndon B. Johnson ce qui revient à ses mérites qui furent grands comme Président des États-Unis.

Lyndon B. Johnson décéda d'une crise cardiaque le 22 janvier 1973. Après des obsèques nationales il fut inhumé dans le cimetière familial (à Stonewell au Texas).

J.D. 20 juin 2017

 

portrait de Lyndon B. Johnson, image du net

portrait de Lyndon B. Johnson, image du net

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17 juin 2017 6 17 /06 /juin /2017 17:54

 

Dans beaucoup de pays, les responsables du tourisme encouragent la création de sentiers de grande randonnée pour le plus grand bonheur de leurs marcheurs nationaux et des touristes étrangers.

Plus un pays est vaste en superficie, plus il y a de chance de trouver de très longs sentiers. C'est particulièrement le cas aux États-Unis où une administration pour la gestion des sentiers (« trails » dans la langue de Shakespeare) a été créée dès 1968, sous le nom de "National Trails System".

*Trois sentiers se distinguent particulièrement ; ils ont été surnommés « The Triple Crown of long distance hiking ». Ils sont tous les trois orientés nord-sud (ou l'inverse selon le sens où l'on veut les parcourir) et tous trois suivent une chaîne de montagne. Les voici :

 

1-The Appalachian Trail : Il suit la montagne des Appalaches qui s'étend sur 2400 kms sur la côte est des États-Unis parallèlement à la côte atlantique. Cette montagne a son point culminant au Mont Mitchell à 2037 mètres d'altitude, elle atteint 480 kms de large et sert de frontière entre plusieurs États des États-Unis.

Le sentier lui-même, commencé en 1920, part de l’État du Maine (le plus au nord des États-Unis) pour aboutir en Géorgie, 3500 kms plus au sud et traverse les États suivants :

Maine, New-Hampshire, Vermont, Massachusetts, Connecticut, New-York (la ville de New-York n'a qu'une partie de son territoire dans l’État du même nom), New-Jersey, Pennsylvania, Maryland, Virginia, North Carolina et Georgia.

Le mensuel américain Thrive (édité en Caroline du Nord) consacre un grand article (de la page 18 à la page 30) dans son numéro daté « juin 2017 » à un jeune américain nommé Hahn Tang de la ville de Asheboro (en Caroline du Nord) et qui le jour de ses 24 ans décida d'abandonner son travail pour parcourir le sentier des Appalaches. Il débuta son parcours le 6 mars 2017 en partant du point sud. Mais arrivé en Caroline du Nord, il fut pris par la neige et le gel et abandonna tout en se promettant de mieux se préparer et de recommencer en 2018 ou 2019. Chemin faisant, il avait alimenté un blog sur le récit de son voyage.

 

2-The Pacific Crest Trail : Il se trouve sur la côte ouest des États-Unis et suit la Sierra Nevada (au sud) et la Chaîne des Cascades (au nord).

*La Chaîne des Cascades (Cascade Range ou Cascade Mountains) s'étend sur 1100 kms du nord au sud parallèlement à la côte de l'Océan Pacifique en partant de la Colombie britannique (au Canada) pour atteindre le nord de la Californie en traversant l’État de Washington (situé tout au nord-ouest des États-Unis donc très loin de la ville qui porte le même nom) et l’Oregon. Il s'agit d'une chaîne volcanique, toujours active, qui culmine au mont Rainier à 4392 mètres d'altitude.

*La Sierra Nevada (montagne enneigée en espagnol, à ne pas confondre avec la chaîne espagnole du même nom située en Andalousie) prolonge au sud la chaîne des cascades sur la partie est de la Californie et l'ouest de l’État du Nevada. Cette chaîne est longue de 644 kms et comporte deux parcs nationaux américains : le Yosemite et le parc de Sequoia réputé pour avoir les arbres les plus hauts de la planète.

 

Le sentier lui-même dont le tracé fut terminé en 1993 parcourt 4279 kms de la Colombie britannique jusqu'à la Californie en passant par les États de Washington et de l'Oregon. Son point de passage le plus élevé est à 4.009 mètres d'altitude.

 

3-Continental Divide Trail Ce sentier suit les Montagnes rocheuses (Rocky Mountains) qui partent du Canada jusqu'au Mexique et divisent les États-Unis en deux dans le sens nord-sud. Les Rocheuses elles-mêmes s'étendent sur 4800 kms et une largeur comprise entre 120 et 650 kms. Le point le plus élevé est le Mont Elbert à 4399 mètres d'altitude. Elles comportent de nombreux parcs nationaux dont le célèbre « Yellowstone ».

Le sentier pour sa part est long de 4989 kms. Du nord au sud, et sur le sol des États-Unis, il traverse les États suivants : Montana, Idaho, Wyoming, Colorado et Nouveau Mexique (New-Mexico). En fait le sentier suit la ligne de partage des eaux entre celles qui, situées à l'est, rejoignent le bassin Missouri-Mississippi et se jettent dans le golfe du Mexique et celles qui se trouvent à l'ouest et finissent dans l'océan Pacifique. Moins de 200 marcheurs par an parcourent ce sentier sur toute sa longueur et mettent environ 6 mois pour effectuer tout le trajet soit presque 30 kms par jour durant 6 mois ! C'est un challenge comme un autre, mais comme dans certaine publicité : partez devant !

 

On trouvera en illustration la photo (empruntée au net) d'un ours noir (American black bear) que les marcheurs peuvent croiser durant leur parcours.

J.D. 17 juin 2017

ours noir américain

ours noir américain

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16 juin 2017 5 16 /06 /juin /2017 17:56

Fratelli d'Italia N°374

 

« Fratelli d'Italia » est le nom de l'hymne national de l'Italie.

 

*Les paroles ont été composées à l'automne 1847 par un jeune patriote italien nommé Goffredo Mameli. Il est né à Gênes le 5 septembre 1827. Engagé dans les troupes de Garibaldi, il fut gravement blessé à Rome début juin 1849 lors d'un engagement contre des troupes françaises et décéda de ses blessures le 6 juillet 1849 à 21 ans.

*Ses paroles ont été mises en musique par un Turinois nomme Michele Novaro (1818/1885).

*Sur les raisons de la présence française à Rome en 1849, voir la note N°40 http://jean.delisle.over-blog.com/article-les-republiques-romaines-72828692.html
*A l'époque, l'hymne du royaume d'Italie était "Marcia Reale"  (Marche Royale).
Il fallut attendre la République italienne pour que "Fratelli d'Italia" devienne l'hymne national le 12 octobre 1946, même si entre-temps Fratelli d'Italia était devenu populaire ainsi que "Canzone del Piave" composée en 1918 (en références aux batailles contre l'Autriche lors de la première guerre mondiale) par Giovanni Gaeta (dit E.A.Mario).

 

 

*Voici les paroles et leur traduction en français :

 

Paroles en italien

Sens des paroles en français

Fratelli d'Italia,
L'Italia s'è desta,
Dell'elmo di Scipio
S'è cinta la testa.
Dov'è la vittoria ?
Le porga la chioma,
Che schiava di Roma
Iddio la creò. (2x)

Stringiamci a coorte
Siam pronti alla morte
Siam pronti alla morte
L'Italia chiamò.
Stringiamci a coorte
Siam pronti alla morte
Siam pronti alla morte
L'Italia chiamò! Sì!

Noi fummo da secoli

Calpesti, derisi
Perché non siam Popolo
Perché siam divisi
Raccolgaci un'Unica
Bandiera una Speme
Di fonderci insieme
Già l'ora suonò

Uniamoci, amiamoci
L'unione e l'amore
Rivelano ai Popoli
Le vie del Signore
Giuriamo far Libero
Il suolo natìo
Uniti, per Dio,
Chi vincer ci può?

Stringiamci a coorte
Siam pronti alla morte
Siam pronti alla morte
L'Italia chiamò.
Stringiamci a coorte
Siam pronti alla morte
Siam pronti alla morte
L'Italia chiamò! Sì!

Dall'Alpi a Sicilia
Dovunque è Legnano,
Ogn'uom di Ferruccio
Ha il core, ha la mano,
I bimbi d'Italia
Si chiaman Balilla
Il suon d'ogni squilla
I Vespri suonò

Son giunchi che piegano
Le spade vendute
Già l'Aquila d'Austria
Le penne ha perdute
Il sangue d'Italia e
Il sangue Polacco
Bevé col cosacco
Ma il cor le bruciò

Stringiamci a coorte
Siam pronti alla morte
Siam pronti alla morte
L'Italia chiamò
Stringiamci a coorte
Siam pronti alla morte
Siam pronti alla morte
L'Italia chiamò! Sì!

Frères d’Italie
L’Italie s’est levée,
Du heaume de
Scipion
Elle s’est ceint la tête.
Où est la Victoire ?
Qu’elle lui tende sa chevelure,
Car esclave de Rome
Dieu la créa. (2x)

Serrons-nous en
cohortes
Nous sommes prêts à la mort
Nous sommes prêts à la mort
L’Italie appelle.
Serrons-nous en cohortes
Nous sommes prêts à la mort
Nous sommes prêts à la mort
L’Italie appelle !

Nous avons été depuis des siècles
Piétinés, moqués,
Parce que nous ne sommes pas un Peuple,
Parce que nous sommes divisés.
Que nous rassemble un Unique
Drapeau, un Espoir :
De nous fondre ensemble
L'heure a déjà sonné

Unissons-nous, aimons-nous
L'union, et l'amour
Révèlent aux Peuples
Les voies du Seigneur ;
Jurons de Libérer
Le sol natal :
Unis par Dieu
Qui peut nous vaincre ?

Serrons-nous en cohortes
Nous sommes prêts à la mort
Nous sommes prêts à la mort
L’Italie appelle.
Serrons-nous en cohortes
Nous sommes prêts à la mort
Nous sommes prêts à la mort
L’Italie appelle !

Des Alpes à la Sicile
Partout est
Legnano
Chaque homme de Ferruccio
A le cœur, a la main
Les enfants d'Italie
S'appellent
Balilla,
Le son de chaque cloche
A sonné les
Vêpres.

Sont des joncs qui ploient
Les épées vendues
L’Aigle d'Autriche
A déjà perdu ses plumes
Il a bu le sang d’Italie,
Le sang Polonais,
avec le cosaque

Mais cela lui a brûlé cœur.

Serrons-nous en cohortes
Nous sommes prêts à la mort
Nous sommes prêts à la mort
L’Italie appelle.
Serrons-nous en cohortes
Nous sommes prêts à la mort
Nous sommes prêts à la mort
L’Italie appelle !

 


Quelques explications :

*Scipion est le nom d'une famille romaine dont plusieurs membres se couvrirent de gloire lors des guerres puniques ; guerres qui opposèrent Rome et Carthage de l'an -264 à l'an -146. Dans cette famille, les membres les plus célèbres furent « Publius Scipion » qui fut vainqueur d'Hannibal à la bataille de Zama en Tunisie en -202 et qui fut surnommé « Scipion l'Africain » et Scipion Emilien qui détruisit Carthage en -146 et fut surnommé « Le second Africain ».

*cohortes : la cohorte était la dixième partie de la légion romaine.

*Legnano : se trouve dans la banlieue de Milan en Lombardie. Le site fut témoin le 29 mai 1176 de la victoire des troupes de la Ligue lombarde contre celles du Saint Empire romain germanique conduites par Frédéric Barberousse.

*Ferruccio : surnom de Francesco Ferrucci ( 1489/1530) qui organisa la défense de Florence assiégée par les troupes de Charles Quint. Ferruccio fut fait prisonnier le 3 août 1530 et exécuté.

*Balilla : surnom de Giovan Battista Perasso né à Gênes en 1735 et qui à l'âge de 11 ans, déclencha le 5 décembre 1746 la révolte des Gênois contre l'occupant autrichien.

*Vêpres : référence aux « Vêpres siciliennes » : le mardi de Pâques 1282 (31 mars), à Palerme et Corleone, la population sicilienne massacra les Français. Charles d'Anjou, fils du roi de France Louis VIII et de Blanche de Castille (et par conséquent frère de Louis IX plus connu sous le nom de Saint Louis), s'était emparé de Naples et de la Sicile en 1266 et en était devenu roi.

*l'aigle d'Autriche : référence au Saint Empire romain germanique, car de 1483 à 1806, Vienne fut la capitale de fait, du Saint Empire.

*cosaques : dans le contexte, ce mot désigne les Russes. Après la chute de Napoléon, Russes et Prussiens se partagèrent la Pologne. Les Polonais se soulevèrent en 1830, et la répression fut très dure de la part des Russes.

 

Illustrations :

ci-joint la référence d'une belle interprétation de l'hymne italien (empruntée au net) :

https://www.youtube.com/watch?v=vlXGF5uGM4I

 

ci-joint également le portrait de Goffredo Mameli (source : wikipedia.org/windex)

 

pour conclure :

On entend parfois critiquer la Marseillaise pour son côté « guerrier » ou violent. L'hymne italien n'a rien a lui envier et il en va de même d'autres hymnes (voir le grec par exemple). La plupart des hymnes ont été composés dans des contextes particuliers qui font partie de l'histoire des pays et on ne peut les juger qu'en les replaçant dans leur contexte.

J.D. 16 juin 2017

portrait de Mameli

portrait de Mameli

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12 mai 2017 5 12 /05 /mai /2017 09:21

La République anglaise N° 373

 

Les gens de notre génération sont tellement habitués à voir la reine Élisabeth sur le trône de la Grande-Bretagne qu'ils ne savent pas ou ont oublié ce qu'ils avaient appris à l'école, à savoir que les Anglais eurent une République 143 ans avant la France et qu'ils décapitèrent leur roi 144 ans avant que la guillotine ne raccourcisse Louis XVI. C'est en effet le 30 janvier 1649 que Charles 1er roi d'Angleterre, d’Écosse et d'Irlande fut décapité à la hache et le 21 janvier 1793 que Louis XVI fut guillotiné.

 

L'histoire :

*L'histoire anglaise est grandement aussi compliquée que l'histoire de France. Charles 1er est un membre de la dynastie « Stuart ». Cette dynastie eut d'abord des rois d’Écosse de 1371 à 1714 qui devinrent également rois d'Angleterre à partir de 1603 en remplacement de la dynastie « Tudor » qui s'acheva sans descendance.

*C'est en 1707 que l'Angleterre et l’Écosse fusionnèrent pour devenir la Grande-Bretagne. Mais dans cette période de temps , il y eut une interruption de la royauté avec proclamation d'une République anglaise le 19 mai 1649 (après l'exécution de Charles 1er) , l'adoption d'une constitution le 15 décembre 1653 tandis qu'en même temps Oliver Cromwell prenait le pouvoir et transformait de fait la République en dictature.

*Pour comprendre la situation, il faut remonter à Henri VIII (1491/1547) qui fut roi d'Angleterre et d'Irlande de la dynastie Tudor de 1509 à 1547. C'est ce roi qui inspira plus tard (en 1697) à Charles Perrault le personnage de « Barbe Bleue ». Il eut six épouses successives : Catherine d'Aragon (fille des souverains d'Espagne : Isabelle la Catholique et Ferdinand d'Aragon), Anne Boleyn, Jane Seymour, Anne de Clèves, Catherine Howard et Catherine Parr. Il fit décapiter deux d'entre elles (Anne Boleyn et Catherine Howard). C'était le mode de séparation le plus expéditif. Avec la première (Catherine d'Aragon), il demanda l'autorisation de divorce au Vatican qui le refusa. En réaction, il sépara l’Église catholique d'Angleterre de Rome, créant l’Église anglicane dont il s'auto-proclama le chef. Autrement dit, l’Église anglicane est née d'une histoire de cul...te !

A la fin de sa vie, Henri VIII fit décapiter nombre de ses proches dont Thomas Cromwell son plus proche conseiller.

*Le comportement de cet Henri VIII eut 2 conséquences principales :

-une division entre les partisans d'une Église nationale, l’Église anglicane, dont les plus virulents furent appelés « puritains » et ceux qui voulaient rester fidèles à Rome. Cette division fut recoupée par des divisions territoriales : Écossais/Anglais ou Irlandais protestants (anglicans) et catholiques…

-une lutte pour le pouvoir dans la succession d'Henri VIII car il avait eu des enfants de plusieurs de ses femmes. Après Henri VIII décédé le 28 janvier 1547, on eut successivement :

*Edouard VI : fils de Henri VIII et de Jane Seymour. Il mourut le 6 juillet 1553. Avant de mourir, il fit exclure de la succession 2 de ses demi-sœurs Marie et Elisabeth et désigna pour lui succéder Jeanne Grey petite fille de Marie d'Angleterre sœur d'Henri VIII. Elle fut reine d'Angleterre et d'Irlande durant 9 jours en juillet 1553, car Marie, furieuse d'être évincée, était parvenue à mobiliser une armée, à s 'emparer de Jeanne Grey et la fit décapiter.

*Marie première : née le 18 février 1516, elle était la fille d'Henri VIII et de Catherine d'Aragon. Au pouvoir elle voulut rétablir la primauté du culte catholique et fit brûler vifs 280 opposants. Elle fut surnommée « Bloody Marie » (Marie la sanglante). Le 25 juillet 1554 , elle épousa Philippe II d'Espagne fils de Charles Quint. Elle fut donc reine d'Angleterre et d'Irlande en propre et reine d'Espagne, de Naples… par son mari

*Elisabeth première : fille d'Henri VIII et d'Anne Boleyn, elle naquit le 7 septembre 1533 et succéda à sa demi-sœur Marie lors du décès de celle-ci le 17 novembre 1558.

Contrairement à Marie, elle remit le culte anglican en vigueur dans le royaume. Son règne dura plus de 44 années à l'inverse des précédents qui furent courts. Parmi ses « exploits », elle fit arrêter sa cousine Marie Stuart, la laissa en prison longtemps puis la fit décapiter. Cette Marie Stuart naquit le 8 décembre 1542, fille de Jacques V roi d’Écosse et de Marie de Guise. Elle fut reine d’Écosse à la mort de son père (le 14 décembre 1542) puis se maria en 1558 avec François II fils de Catherine de Médicis et d'Henri II. Elle devint reine de France en même temps que François II tout en conservant son titre de reine d’Écosse. Catherine de Médicis la fit expulser de France en décembre 1560 après la mort de François II.

En 1569, pendant l'emprisonnement de Marie Stuart, des catholiques se soulevèrent dans le nord de l'Angleterre. Ils furent vaincus. Élisabeth en fit exécuter 750. Comme sa demi-sœur Marie, elle fut une digne fille de son père Henri VIII. Lorsque l'on pense assassinats, c'est plutôt l'image de la Rome des Borgia ou de la Florence des Médicis qui vient à l'esprit, mais à la même époque, en Angleterre ce ne fut pas triste. La hache ou l'épée du bourreau n'avaient pas le temps de rouiller !

Cette Élisabeth ne se maria pas, n'eut pas d'enfants et avec sa mort le 24 mars 1603 se termina la dynastie des Tudor.

*Jacques VI et Jacques 1er : Fils de Marie Stuart, il naquit le 19 juin 1566. Il devint roi d’Écosse sous le nom de Jacques VI le 24 juillet 1567 puis plus tard roi d'Angleterre et d'Irlande sous le nom de Jacques 1er le 24 mars 1603, assurant ainsi l'union des 3 pays. Il se maria le 23 novembre 1589 avec Anne de Danemark avec qui il eut 3 enfants dont Charles qui devint le roi Charles 1er à la mort de son père le 27 mars 1625.

*Charles 1er : Il naquit le 19 novembre 1600. Il se maria le 13 juin 1625 avec Henriette Marie de France fille de Henri IV et de Marie de Médicis (et par conséquent sœur de Louis XIII). C'est un conseiller nommé George Villiers plus connu sous son titre de duc de Buckingham qui vint en France négocier le mariage et qui en aurait profité pour courtiser la reine Anne d'Autriche.

La venue d'une reine catholique mécontenta les puritains anglicans et la levée d'impôts mécontenta le parlement. Une guerre civile s'en suivit dont les royalistes furent vaincus. Charles 1er en perdit la tête ! Et une République sous le nom de « Commonwealth » fut instaurée.

*La République et Cromwell : Militaire et homme fort du nouveau régime, Oliver Cromwell fit la conquête de l'Irlande en 1649/1650 et ses troupes se livrèrent au massacre de milliers de catholiques irlandais, ce que certains auteurs assimilent à un génocide.

Puis Cromwell fit la conquête de l'Ecosse en 1650/1651 et se fit donner le titre de « lord Protecteur du Commonwealth » le 16 décembre 1653 et transforma la République en dictature. Il eut la bonne idée de mourir de maladie le 3 septembre 1658. Il fut d'abord inhumé à l'abbaye de Westminster, mais dès que les royalistes revinrent au pouvoir, ils firent exhumer son cadavre du tombeau pour le décapiter ! Cela me fait penser à Markos Botzaris, un patriote grec mort au combat en août 1823, les Turcs l'exhumèrent aussi pour le décapiter. Cela inspira à Victor Hugo en juin 1826 le poème « Les Têtes du Sérail » dans la série « Les Orientales ». Voir la note N°9 http://jean.delisle.over-blog.com/article-grece-independance-58616338.html

*La fin de la République : Richard fils d'Oliver Cromwell prit la place de son père comme « lord protecteur » mais le général George Monk qui était devenu l'homme fort de l'armée après la guerre en Écosse, changea ses sentiments républicains pour la royauté. Il entra avec son armée sans coup férir dans Londres et fit voter par le parlement le 1er mai 1660 le retour de la royauté et c'est Charles II fils de Charles 1er qui devint roi. Il se maria avec une catholique : Catherine de Bragance fille de Jean IV roi de Portugal. Avec elle, il n'eut pas d'enfants mais en eut une quinzaine avec 8 maîtresses ! Mort sans héritier légitime, c'est son frère qui lui succéda sous le nom de Jacques II roi d'Angleterre et d'Irlande et de Jacques VII roi d’Écosse. La dynastie Stuart prit fin en 1714 pour être remplacée par la dynastie de Hanovre qui se termina en 1901 à la mort de la reine Victoria au bénéfice de l'actuelle dynastie des Windsor.

Ainsi la République anglaise n'aura été une parenthèse à la royauté que durant 11 années.

Les événements de l'époque en Angleterre et leurs répercussions en France inspirèrent à Alexandre Dumas sa célèbre trilogie : « Les trois mousquetaires », « Vingt ans après » et « le Vicomte de Bragelonne ».

 

illustration : on trouvera en illustration, les portraits de Anne Boleyn et de Catherine Howard, les 2 reines d'Angleterre que Henri VIII fit décapiter .

J.D. 12 mai 2017

 

Anne Boleyn et Catherine Howard, images du net
Anne Boleyn et Catherine Howard, images du net

Anne Boleyn et Catherine Howard, images du net

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7 mai 2017 7 07 /05 /mai /2017 21:09

La bataille de Lépante N° 372

 

Cette bataille navale se déroula le 7 octobre 1571.

Lépante (aujourd'hui Naupacte, Nafpactos) est située à l'ouest du golfe de Corinthe sur sa rive nord. Le golfe de Corinthe sépare la Grèce centrale (au nord) et le Péloponnèse (au sud). Il communique avec la mer Ionienne par le golfe de Patra.

 

Le contexte :

Avant sa mort (le 7 juin 632) et après 10 années de guerres, Mahomet s'était emparé militairement d'un territoire grand comme 5 fois la France. Ses adeptes poursuivirent les conquêtes pour islamiser le monde. Un siècle plus tard (en octobre 732) ils étaient à Poitiers. Ayant échoué dans la conquête de l'Europe en passant par le sud et l'ouest, ils passèrent par l'est mais se heurtèrent longtemps à la résistance de l'empire byzantin. Enfin, après la prise de Constantinople le 29 mai 1453, ils se répandirent sur l'Europe par l'est. En même temps ils s'emparaient lentement mais sûrement de la Méditerranée au détriment de la République de Venise.

La prise de Chypre en juillet 1570 par les Ottomans, fut la goutte d'eau qui fit déborder le vase. Avec l'appui du pape Pie V, le doge de Venise Alvice 1er Mocenigo (doge du 11 mai 1570 au 4 juin 1577) parvint à constituer le 25 mai 1571 « une sainte ligue ».

Celle-ci comprenait : La République de Venise, la République de Gênes, l'Espagne (de Philippe II), le royaume de Naples et de Sicile, les Hospitaliers et chevaliers de Malte, le duché de Savoie (d'Emmanuel-Philibert), et les États pontificaux.

Chaque membre de la ligue fournit des navires, marins et combattants.

 

Les forces en présence :

du côté de la ligue : 106 galères vénitiennes, 90 pour l'Espagne et Gênes, 12 pour les Etats pontificaux, 4 pour le duché de Savoie, plus 6 galéasses (navires plus grands que les galères et emportant surtout plus de canons) et une vingtaine de navires divers, avec un armement total de 1815 canons. Le tout était commandé par Don Juan d'Autriche, fils bâtard de Charles Quint (et par conséquent demi-frère de Philippe II) et comprenait 40.000 marins et près de 30.000 soldats. Parmi les capitaines en sous-commandement : Andréa Doria de Gênes et parmi les participants : Cervantès.

Du côté ottoman : 206 galères, 45 galiotes (navires plus légers que les galères), 50.000 marins, 31500 soldats, mais seulement 750 canons d'armement. C'est le sultan Selim II qui régnait sur l'empire et Ali pacha qui commandait la flotte. La flotte musulmane était très inférieure en matière d'artillerie, en outre pour ramer à bord des galères il y avait des milliers d'esclaves chrétiens dont beaucoup parvinrent à se libérer de leurs chaînes et à taper avec tout ce qu'ils trouvèrent sur leurs maîtres turcs.

 

Le résultat de la bataille :

*la flotte chrétienne eut 7.500 tués et perdit 17 navires

*la flotte musulmane eut 20.000 tués , 137 navires capturés avec 400 pièces d'artillerie, 50 navires coulés. En outre, 12.000 esclaves chrétiens furent libérés. Ali Pacha fut tué durant les combats. Ce fut la déroute complète pour la flotte ottomane.

 

Les suites : les vainqueurs ne surent pas exploiter leur victoire. Ils étaient partis pour libérer Chypre, ils ne le firent pas. Ils auraient probablement pu, après cette victoire, libérer Constantinople mais ils se divisèrent.

Néanmoins cela arrêta (pour un temps?) la conquête musulmane de l'Europe et inspira de nombreux artistes. A Venise on trouve des tableaux représentant la bataille de Lépante au musée de l'Académie, au musée Correr…

 

illustration : on trouvera jointe la représentation des 4 navires envoyés par le duché de Savoie, extraite d'une fresque de la bataille exposée dans la forteresse de Palmanova (région Frioul Venétie-Julienne en Italie)

 

Considérations Dans le conflit millénaire qui oppose Orient et Occident, ce furent souvent les batailles navales qui sauvèrent l'Occident ; voir la bataille de Salamine (-480) durant les guerres médiques, la bataille d'Himère (-480) entre les Grecs et les Carthaginois, les batailles de Myloé (-259), d'Ecnome (-256) des îles Egates (-241), durant les guerres puniques entre Rome et Carthage, la bataille de Navarin en 1827 etc .

Mais les batailles navales ne sont qu'une faible partie du problème et si l'on s'interroge sur l'histoire de l'espèce humaine sur une longue période, il semble bien que la guerre soit une activité permanente. En 1797, dans « Considérations sur la France », Joseph De Maistre s'interroge sur les périodes totales de paix sur terre. Il en trouve très peu et voici ce qu'il écrit :

« L'histoire prouve malheureusement que la guerre est l'état habituel du genre humain...la paix pour chaque nation n'est qu'un répit. On cite la clôture du temple de Janus sous Auguste ; on cite une année du règne guerrier de Charlemagne (l'année 790) où il ne fit pas la guerre. On cite une courte époque après la paix de Ryswick, en 1697, et une autre tout aussi courte après celle de Carlowitz, en 1699 où il n'y eut point de guerre, non seulement dans toute l'Europe, mais même dans tout le monde connu... ».
Un peu triste.

J.D. 7 mai 2017

P.S. : Max Gallo a consacré le tome I de "La Croix de l'Occident" à la bataille de Lépante. Ouvrage publié chez Fayard en 2005.

les galères de la Savoie à Lépante, photo J.D. 27 avril 2017

les galères de la Savoie à Lépante, photo J.D. 27 avril 2017

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6 mai 2017 6 06 /05 /mai /2017 16:52

 

L'édition 2017 du code du travail Dalloz fait 3334 pages. Voici le titre d'un article de La Tribune du 4 octobre 2011 :

« Le Code du Travail s'alourdit d'une page tous les trois jours »


 

Depuis cet article, cela ne s'est pas arrangé, rien que la loi travail dite loi El Khomri tient 100 pages du journal officiel du 9 août 2016 !

Il est courant dans des émissions télévisées de voir comparer notre code du travail avec d'autres codes dont le code suisse qui fait moins de 200 pages. Les travailleurs suisses sont-ils plus malheureux pour autant ? A chacun d'en juger.

Il faut dire que nous avons en France un nombre de parlementaires hors de proportion avec notre population. Voir par exemple la comparaison avec les États-Unis (note N°135 http://jean.delisle.over-blog.com/la-constitution-americaine-n-135.html)

Outre le fait que le Parlement coûte aux contribuables la peau des fesses il faut bien que ce petit monde s'occupe et pour se faire, vote des textes à tire-larigot !

Bien sûr, le vote de textes à jets continus, cela donne du travail aux imprimeurs (du journal officiel) aux archivistes, aux juges, aux avocats et à d'autres mais dans notre pauvre France, si nous n'avons plus que le vote de lois pour donner du travail aux actifs…. !

Il semble d'ailleurs que l'inflation législative soit une spécialité bien française. Je suis en train de lire « Considérations sur la France » de Joseph De Maistre (1753/ 1821), ouvrage de 1797. Dans ce texte, De Maistre (voir fiche N° 362 http://jean;delisle.over-blog.com/2017/03/les-freres-de-maistre-n-362.html) récapitule le nombre de lois votées en France par les assemblées révolutionnaires :

Durant l 'Assemblée constituante (du 17/6/1789 au 30/9/1791) : 2.557

Durant l'Assemblée législative (du 1/10/1791 au 21/9/1792) : 1.712

Durant la Convention Nationale (du 21/9/1792 au 26/10/1795) : 11.210

total : 15479

Et voici le commentaire de Joseph De Maistre :

« Lorsqu'on réfléchi sur ce nombre infini de lois, on éprouve successivement deux sentiments : le premier est celui de l'admiration, ou du moins de l'étonnement ; on s'étonne avec M. Burke (Il s'agit d'Edmund Burke, homme politique britannique 1729/1797 qui avait écrit : « Réflexions sur la Révolution en France ») , que cette nation, dont la légèreté est un proverbe, ait produit des travailleurs aussi obstinés. L'édifice de ces lois est une œuvre atlantique dont l'aspect étourdit. Mais l'étonnement se change tout à coup en pitié, lorsque l'on songe à la nullité de ces lois ; et l'on ne voit plus que des enfants qui se font suer pour élever un grand édifice de cartes.

Pourquoi tant de lois ? C'est parce qu'il n'y a point de législateur.
Qu'ont fait ces prétendus législateurs depuis six ans ? Rien ; car détruire n'est pas faire.

On ne peut se lasser de contempler le spectacle d'une nation qui se donne trois constitutions en cinq ans. Nul législateur n'a tâtonné ; il dit fiat (?) à sa manière, et la machine va. Malgré les différents efforts que les trois assemblées ont faits dans ce genre, tout est allé de mal en pis, puisque l'assentiment de la nation a constamment manqué de plus en plus à l'ouvrage des législateurs. »

On peut trouver une curieuse actualité à ce texte si l'on considère que pour une majorité de nos concitoyens la situation est allée de mal en pis ces dernières années, si l'on constate que ceux qui arrivent au pouvoir ont comme première préoccupation de détruire l’œuvre de leurs prédécesseurs et qu'ils gouvernent sans l'assentiment de la nation.

Que vont faire les prochains et combien de pages aura le code du travail Dalloz en 2022 ? Les paris sont ouverts.

On trouvera en illustration une statue de la Justice, œuvre de 1614 qui se trouve Piazza della Libertà à Udine (Frioul Vénétie-Julienne, Italie).
J.D. 6 mai 2017

statue de la justice à Udine, photo J.D. 29 avril 2017

statue de la justice à Udine, photo J.D. 29 avril 2017

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23 avril 2017 7 23 /04 /avril /2017 16:02

 

*C'est à l'initiative d'Antoine Favre (voir fiche précédente), alors membre du Sénat de Savoie, que fut créée, à Chambéry, en 1594, une confrérie de laïcs appelée : « Confrérie de la Sainte Croix et de la Miséricorde » et qui fut surnommée : « Les Pénitents noirs » compte tenu de leur costume.

L'objet de cette confrérie était d'accompagner les condamnés à mort et de s'occuper de leur donner une sépulture.

*A l'époque, Chambéry appartenait au Duché de Savoie et les condamnés à mort étaient pendus à un gibet qui se trouvait au nord de l'actuel jardin du Verney. Une grande croix avait été érigée près du gibet.

Lorsque fut créé le jardin du Verney en 1861, la Croix fut déplacée et se retrouva au sommet du Nivolet qui domine la cluse de Chambéry, voir note N°299 http://jean.delisle.over-blog.com/2016/06/les-deserts-savoie-n-259.html

*Peu de temps plus tard, le 6 août 1865, Monseigneur Alexis Billet, inaugurait un monument pour la confrérie des Pénitents noirs. Ce monument se trouve faubourg Reclus, sur la droite en montant presque au bout du faubourg. Placé dans un renfoncement, beaucoup de Chambériens l'ignorent probablement, et ce d'autant que ce faubourg est à sens unique et que les automobilistes empruntent plutôt le boulevard de Lémenc.

*Le monument représente une piétà (Vierge avec le corps du Christ sur les genoux à la descente de Croix) entourée de Saint Jean et de Marie-Madeleine. Des inscriptions complètent le tout sur les côtés. Ces inscriptions deviennent difficilement lisibles, il en va de même de l'inscription de la Sasson, voir note N° 364 http://jean.delisle.over-blog.com/2017/03/la-sasson-n-364.html.

Dans l'intérêt touristique de la ville, il serait souhaitable que les inscriptions qui accompagnent les monuments soient lisibles !

*Ces inscriptions concernent des indulgences accordées par le pape de l'époque (Pie IX pape de 1846 à 1878) et par Monseigneur Billet qui fut une importante personnalité savoyarde du XIXe siècle. Né en Tarentaise en 1783, Alexis Billet était nommé évêque de Saint Jean de Maurienne en 1826, archevêque de Chambéry en 1840, sénateur du royaume de Sardaigne en 1848 et cardinal en 1861. En 1815, il avait été l'un des membres fondateurs de l'Académie de Savoie.

J.D. 23 avril 2017

monument du faubourg Reclus à Chambéry, photos J.D. 23 avril 2017
monument du faubourg Reclus à Chambéry, photos J.D. 23 avril 2017

monument du faubourg Reclus à Chambéry, photos J.D. 23 avril 2017

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21 avril 2017 5 21 /04 /avril /2017 16:41

 

*Après six siècles de présence romaine, le latin était d'abord resté la langue en usage en Savoie comme d'ailleurs dans le reste de la Gaule.

Puis sous l'influence des apports des envahisseurs et de l'évolution au fil des siècles, des dialectes ou patois s'étaient développés un peu partout aussi bien en Savoie qu'en Gaule. Mais le latin était resté la langue des actes officiels.

*C'est l'ordonnance de « Villers-Cotterêts » (dans l'Aisne) publiée entre le 10 et le 25 août 1539, par François 1er (1494/1547, roi de 1515 à 1547) qui imposa le français (langue d'Oïl) comme langue obligatoire pour tous les actes légaux et notariés ainsi que la transcription des actes de baptêmes sur des registres.

*En 1539, la Savoie avait fait l'objet d'une première annexion par la France (occupation de 1536 à 1559). L'obligation d'utiliser la langue française s'imposa et perdura.

*Lorsque les souverains de la dynastie savoyarde récupérèrent leurs territoires suite aux traités de Cateau-Cambrésis (dans le Nord) des 2 et 3 avril 1559, ils décidèrent de transférer leur capitale de Chambéry à Turin. Cela fut effectif 3 ans plus tard et s'accompagna de deux mesures importantes :

*la création d'un Sénat en Savoie dès 1559

*l’Édit de Rivoli du 22 septembre 1561 du duc de Savoie Emmanuel-Philibert (1528/1580) qui confirmait l'usage du français dans le Duché de Savoie et le Val d'Aoste et la langue italienne, en fait le Toscan (Dante, Pétrarque et Boccace étaient passés par là) pour le Piémont et le comté de Nice. Le Val d'Aoste avait fait partie des premiers territoires possédés par la dynastie Savoie dès le onzième siècle, voir la note N°97 http://jean.delisle.over-blog.com/article-la-vallee-d-aoste-et-la-francophonie-n-97-116363513.html.

*L'usage du français fut confirmé par un décret du 2 thermidor An II (20 juillet 1794), (la Savoie avait à nouveau été annexée par la France, de 1792 à 1815).

*Lorsque en avril 1860, les habitants de la Savoie eurent à se prononcer sur la réunion à la France, la communauté de langue joua probablement beaucoup, outre la proximité géographique.

 

Antoine Favre, Claude Favre… et Vaugelas

1- Antoine Favre : Il naquit à Bourg-en-Bresse le 5 octobre 1557, fils d'un avocat fiscal de la Bresse. A l'époque la Bresse appartenait aux souverains de Savoie.

Après des études brillantes à Meximieux (en Bresse), à Paris puis à Turin où il obtint un doctorat de droit en 1579, il fit une carrière de juriste renommé, de diplomate et d'écrivain. Dans sa carrière, signalons :

-sa nomination comme membre du Sénat de Savoie en 1587 (il avait juste 30 ans)

-la création en 1607 par Antoine Favre, François de Sales (pas encore Saint François) et Honoré d'Urfé de l'Académie Florimontane à Annecy qui fut la première Académie de langue française ; elle dura peu mais fut réactivée en 1851.

-sa nomination au poste de Président du Sénat de Savoie en 1608

-sa nomination comme Commandant général du Duché en 1610

etc

Comme écrivain on lui doit surtout, mais pas que, des ouvrages de droit dont un code de droit auquel il donna son nom (Codex Fabrianus) en 1606

*En 1581, il épousa Benoite Favre dame de Vaugelas fille d'un Claude Favre de Meximieux. Ils eurent 8 enfants dont un Claude Favre de Vaugelas. Ainsi Antoine Favre eut à la fois son beau-père et son fils qui s'appelèrent « Claude Favre » et le dit Claude Favre eut à la fois son père et son grand-père maternel qui s'appelèrent Favre.

*Antoine Favre mourut à Chambéry le 28 février 1624. Une statue en bronze qui le représente, œuvre du sculpteur Alphonse Gumery, fut inaugurée le 15 août 1865 à Chambéry place du palais de Justice. Elle est encadrée par deux autres statues figurant la Science et la Jurisprudence.

 

2-Claude Favre de Vaugelas : Il naquit à Meximieux (en Bresse) au clos Vaugelas le 6 janvier 1585 sous le règne du duc de Savoie Charles-Emmanuel 1er.

Après des études à Annecy, il devint chambellan de Gaston d'Orléans, un des fils d'Henri IV et de Marie de Médicis.

Sa grande maîtrise de la langue française le fit entrer à l'Académie française lors de la création de cette institution le 27 novembre 1634. Claude Favre participa à la rédaction du dictionnaire de l'Académie française.

Il écrivit, lui aussi, et spécialement un ouvrage intitulé « Remarques sur la langue française », édité en 1647, qui fut réputé en son temps.

Il termina sa vie comme gouverneur des enfants d'un Thomas de Savoie et mourut à Paris le 26 février 1650.

Ainsi les Favre comme les frères De Maistre (voir note N° 362 http://jean.delisle.over-blog.com/2017/03/les-freres-de-maistre-n-362.html) qui étaient des sujets « savoyards » participèrent grandement par leur savoir et leurs écrits à la réputation de la langue française. Mais cela illustre aussi la symbiose qui existait, de fait, entre France et partie savoyarde des États de Savoie.

*Le 2 octobre 1865, la ville de Paris donna le nom de Vaugelas à une rue du quinzième arrondissement. On trouve également une école Vaugelas à Annecy, un collège Vaugelas à Meximieux et un lycée Vaugelas à Chambéry (que fréquentèrent mes 3 enfants).

On trouvera en illustration Antoine Favre et les statues qui l'encadrent à Chambéry devant le palais de justice.

J.D. 21 avril 2017

 

 

 

 

 

Antoine Favre, la science et la jurisprudence, photos J.D. 20 avril 2017
Antoine Favre, la science et la jurisprudence, photos J.D. 20 avril 2017
Antoine Favre, la science et la jurisprudence, photos J.D. 20 avril 2017

Antoine Favre, la science et la jurisprudence, photos J.D. 20 avril 2017

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17 avril 2017 1 17 /04 /avril /2017 16:27

Départements, genre et représentation N° 368

 

Les noms des départements français ont un genre, ils sont masculins ou féminins.

Pour beaucoup, pas besoin de baisser leur culotte pour connaître leur genre, l'article défini qui les accompagne, nous le dit. Il en va ainsi pour :

-LA Savoie, LA Loire, LA Gironde, LA Dordogne, LA Meuse, LA Manche etc, ils sont de genre « féminin »

-il en va de même pour LE Jura, LE Rhône, LE Var, LE Nord, LE Finistère, LE Lot ...ils sont de genre « masculin »

 

*mais les choses se corsent, pas pour LA Corse, mais pour tous les départements désignés par un article défini ...pas défini ! C'est le cas de tous les départements dont :

-le nom commence par une voyelle comme L'Ain, L'Ardèche, L'Isère, L'Eure-et-Loir, L'Ille-et-Vilaine...

-un H muet comme L'Hérault,

-ou qui sont au pluriel comme LES Vosges, LES Ardennes, LES Deux-Sèvres…

Pour tous ces cas, des règles grammaticales existent. Les plus anciens les ont oubliées et les plus jeunes probablement pas apprises ! Mais avec des exceptions et en outre pour quelques cas des avis divergents entre grammairiens ou avec l'Académie ! En illustration, une carte synthèse trouvée sur internet qui récapitule le genre des départements.

*Parmi les exceptions, citons par exemple : LE Maine-et-Loire (masculin) alors que son nom provient de la rivière LA Maine et du fleuve LA Loire, mais qui a hérité de l'ancien nom de la province DU Maine ; ou LA Lozère (féminin) dont le nom provient du Mont Lozère (masculin).

 

*Il serait plus simple que les noms des départements aient tous le même genre. Il en va également ainsi pour les noms des pays qui peuvent être féminins (LA France, LA Pologne, LA Tunisie, LA Bolivie, LA Chine….) Ou masculins (LE Maroc, LE Brésil, LE Canada, LE Japon, LE Portugal, LE Mexique…) et avec les mêmes problèmes pour les noms qui commencent par une voyelle, un H muet (comme « Haïti ») ou qui sont au pluriel !

 

*Pour les départements on peut revenir à leur formation (décrets des 22 décembre 1789 et 26 février 1790) lorsqu'ils ont remplacé les anciennes provinces. Leur nom a été formé à partir des fleuves ou rivières qui les traversaient, de chaînes de montagne, de points géographiques (Nord, Finistère, Manche), avec une exception pour Savoie et Haute-Savoie dont les noms dérivent de l'ancienne appellation Sabaudia ou Sapaudia (pays des sapins).

*Mais en référer aux fleuves ou rivières ne fait que déplacer le problème. Des fleuves sont féminins (LA Loire, LA Seine, LA Tamise, LA Volga, LA Vistule…) d'autres masculins (LE Rhône, LE Rhin, LE Danube, LE Pô, LE Nil, LE Mississippi…). Pour expliquer ces différences de genre, il faut probablement remonter à leur nom antique, c'est-à-dire pour beaucoup à leur nom latin ; moralité : encore un coup des Romains !

 

Représentation :

J'ai remarqué que les artistes utilisent souvent un personnage féminin pour représenter LA Savoie, c'est le cas pour la Sasson (voir note N° 364 http://jean.delisle.over-blog.com/2017/03/la-sasson-n-364.html) pour le monument dédié aux frères de Maistre dans son état original c'est-à-dire avant 1942 (voir note N°362 http://jean.delisle.over-blog.com/2017/03/les-freres-de-maistre-n-362.html). On trouvera également une illustration parue dans « Le Petit Journal » du 18 septembre 1910 pour le cinquantenaire de la réunion de LA Savoie à LA France et qui montre LA France accueillant LA Savoie ; les deux sont représentées par des personnages féminins. Marianne est d'ailleurs le symbole de la France. Mais je n'ai pas assez d'informations pour généraliser et prétendre que tous les pays ou départements « féminins » sont figurés par des femmes. Je ne sais pas non plus quels symboles sont utilisés pour représenter pays ou départements « masculins ». Mais si des lecteurs ont des informations sur le sujet, je suis preneur.

J.D. 17 avril 2017

illustrations du net
illustrations du net

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13 avril 2017 4 13 /04 /avril /2017 16:44

Le Saint Suaire N° 367

 

On appelle Saint Suaire ou Saint Suaire de Turin une étoffe de fibres de lin tissé de 4,42 mètres de long de 1,13 mètre de large et de 3 à 4 millimètres d'épaisseur, censée avoir servi de linceul au Christ lors de la mise au tombeau.

L'origine vient des textes des évangiles dont voici la partie concernant un linceul utilisé lors de la mort de Jésus :

*Evangile selon Saint Matthieu : «Le soir venu, il arriva un homme riche d'Arimathie (ville de Judée, aujourd'hui Rantis en Israël), nommé Joseph, qui s'était fait, lui aussi, disciple de Jésus. Il alla trouver Pilate et demander le corps de Jésus. Alors, Pilate ordonna qu'on le lui remît. Joseph prit donc le corps, le roula dans un linceul propre et le plaça dans le tombeau tout neuf qu'il s'était fait tailler dans le roc... »

*Evangile selon Saint Marc : « Joseph d'Arimathie, membre notable du Conseil (il s'agit du sanhédrin tribunal civil et religieux des Juifs, à l'époque), qui attendait lui aussi le royaume de Dieu, s'en vint hardiment trouver Pilate et demanda le corps de Jésus. Pilate s'étonna qu'il fut déjà mort et, ayant fait appeler le centurion, lui demanda s'il était déjà mort. Informé par le centurion, il octroya le corps à Joseph. Celui-ci ayant acheté un linceul, descendit Jésus de la croix, l'enveloppa dans le linceul et le déposa dans une tombe qui avait été taillée dans le roc... »

*Evangile selon Saint Luc : « Survint alors un membre du Conseil, nommé Joseph, homme droit et juste. Celui-là ne s'était associé ni au dessein ni aux actes des autres. Il était d'Arimathie, ville juive, et attendait le royaume de Dieu. Il alla trouver Pilate et demanda le corps de Jésus. Puis il le descendit de la croix, le roula dans un linceul et le plaça dans une tombe taillée dans le roc, où personne encore n'avait été mis…. »

*Evangile selon Saint Jean : « ...Simon-Pierre, qui le suivait, arrive à son tour. Il entre dans le tombeau et il voit les bandelettes à terre, ainsi que le suaire qui recouvrait sa tête ; ce dernier n'était pas avec les bandelettes, mais roulé dans un endroit à part... »

 

Qu'est devenu le linceul qui fut utilisé pour la mise au tombeau du Christ ? Nous ne le savons pas.

-Il faut attendre l'an 544 pour trouver trace à Edesse (nom antique de l'actuelle ville d'Urfa dans le sud de la Turquie) d'un tissu présenté comme étant le linceul du Christ.

-Il arrive à Constantinople le 15 août de l'an 944 puis en disparaît lors du pillage de la ville par les croisés de la quatrième croisade en l'an 1204.

-On le retrouve en 1357 dans la collégiale de Lirey en Champagne (près de Troyes dans l'Aube) propriété d'un Geoffroy de Charny époux d'une descendante d'Othon de la Roche, un des chevaliers qui participa à la prise de Constantinople en 1204.

-Une Marguerite de Charny vend le tissu en 1453 à la Maison de Savoie. Le duc Louis de Savoie l'achète à la demande de sa femme Anne de Chypre.

-Durant quelques temps, l'étoffe suit la famille ducale dans ses déplacements puis est transférée officiellement au cours d'une cérémonie dans la sainte Chapelle du château le 11 juin 1502. Cette chapelle avait été construite sous le règne d'Amédée VIII entre 1408 et 1430. La présence du Saint Suaire amène de nombreux pèlerins à Chambéry.

-Dans la nuit du 3 au 4 décembre 1532 un incendie endommagea gravement la chapelle du château (appelé aujourd'hui « château des ducs de Savoie»). La chasse métallique (en argent) qui contenait le suaire fondit en partie endommageant le tissu, l'eau utilisée pour combattre l'incendie également.

-en 1534, le suaire est confié aux sœurs clarisses pour restauration.

-Cet ordre religieux avait été fondé en 1212 par Claire d'Assise 1193/1253 (devenue Sainte Claire, dès le 26 septembre 1255). A Chambéry un premier couvent de ces religieuses avait été fondé à la fin du treizième siècle et situé « hors les murs ». Un second établissement nommé « monastère de sainte Claire en ville » avait été fondé en 1471 avec l'aide financière de Yolande de France qui avait été mariée en 1452 avec le duc de Savoie Amédée IX. En 1471, Yolande était déjà régente de fait. Ce couvent se trouvait dans l'actuelle rue de Boigne à Chambéry, à l'emplacement de l'hôtel des Princes (au 4 bis rue de Boigne). Une inscription sur la façade de l'hôtel le rappelle, voir illustration. Pour les touristes qui sont passés à Chambéry, la rue de Boigne est cette rue à arcades qui mène du château à la fontaine des éléphants.

-Pour la petite histoire locale, cet hôtel des Princes appartint à partir de 1909 à un Joseph Carron de Saint Jean d'Arvey. C'est sa fille Andrée Joséphine (1898/1976) qui épousa l'Aga Khan III (1877/1957 ) : mariage civil à Aix-les-Bains le 9 décembre 1929 et religieux à Bombay le 13 décembre.

-Les Clarisses réparèrent le Saint Suaire avec notamment quelques ajouts à l'étoffe d'origine.

-en 1562, le duc de Savoie Emmanuel-Philibert transféra la capitale des États de Savoie de Chambéry à Turin.

-en septembre 1578, le Saint Suaire fut « emprunté » à Chambéry par Turin pour être présenté à Charles Borromée archevêque de Milan de passage à Turin. Mais bien sûr le suaire ne fut pas rendu. Les Savoyards furent trop crédules.

-A Turin le Saint Suaire est depuis conservé dans une chapelle de la cathédrale Saint Jean Baptiste (la première pierre de cette cathédrale fut posée par la régente Blanche de Montferrat le 22 juillet 1491 et l'église consacrée le 21 septembre 1505), chapelle appelée : »capella della Sacra Sindone ».

-le 28 mai 1898, un photographe nommé Secondo Pia réalisa le premier cliché photographique de l'étoffe et le négatif montra le corps d'un homme.

-C'est le 18 mars 1983 que Humbert II, qui fut le dernier roi d'Italie (du 9 mai au 13 juin 1946), fit don du Saint Suaire au Vatican en la personne de Jean-Paul II.

-un incendie dans la nuit du 11 au 12 avril 1997 dans la cathédrale de Turin, aurait pu détruire la relique, elle fut sauvée par un jeune pompier nommé Mario Trematore.

-Tout au long du vingtième siècle, des scientifiques se penchèrent sur cette relique pour tenter de déterminer si elle datait de l'époque du Christ ou non. Tout fut analysé : les pollens contenus dans les tissus, la technique de tissage, le tissus lui-même … Il y en eut « pour » et d'autres « contre » ; chaque camp s'accusant de parti pris et de mauvaise foi. Le camp des « contre » pensa l'avoir emporté en 1988 avec des analyses au carbone 14 qui révélèrent que l'étoffe n'était pas contemporaine de la période de vie du Christ. Mais ces analyses sont depuis contestées et l'on est revenu à la case départ !

-N'ayant personnellement aucune culture scientifique, je n'ai pas compétence pour donner un avis, mais il me semble que pour ceux qui honorent cette relique, qu'elle soit l'authentique linceul de Jésus Christ ou qu'elle en soit seulement le symbole ne change pas grand-chose à l'affaire.

-Par contre, vivant en Savoie depuis 48 années, il me semblait intéressant de rappeler l'histoire du Saint Suaire et ses liens avec Chambéry et la Savoie.

J.D. 13 avril 2017

 

 

 

inscription sur l'hôtel des Princes à Chambéry, photo J.D. 10 avril 2017

inscription sur l'hôtel des Princes à Chambéry, photo J.D. 10 avril 2017

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