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31 octobre 2013 4 31 /10 /octobre /2013 18:23

En janvier 2013, tous les médias ont montré Barack Obama jurant sur la Bible, suite à sa réélection comme Président des Etats-Unis.

Cette cérémonie s'est déroulée en 2 temps : le 20 janvier 2013, il a juré en privé sur une Bible appartenant à son épouse Michelle et le 21 janvier en public, devant le président de la Cour suprême américaine, il a juré sur 2 Bibles, l'une ayant appartenu à Abraham Lincoln (seizième président des Etats-Unis mais premier président Républicain, il fit voter en 1865 le treizième amendement à la Constitution qui abolit l'esclavage. Lincoln fut Président de 1860 à son assassinat le 15 avril 1865) et l'autre à Martin Luther King (lui aussi assassiné le 4 avril 1968). J'espère qu'Obama n'est pas superstitieux !

Voici la formule du serment prononcé par Obama quarante quatrième Président américain et par ses 43 prédécesseurs :

« Je jure solennellement de remplir fidèlement les fonctions de Président des Etats-Unis, et, dans toute la mesure de mes moyens, de sauvegarder, protéger et défendre la Constitution des Etats-Unis ».

Ce texte de serment se trouve pratiquement tel quel au dernier paragraphe de la section 1 de l'article II de la Constitution américaine (adoptée le 17 septembre 1787), sauf qu'après le terme « swear » (jurer) il y a aussi le terme « affirm » (pour ceux que leur religion empêche de jurer). Il ne fait aucunement mention de la Bible pour prêter serment.

Un Etat théoriquement non religieux :

L'article VI de la Constitution américaine étend l'obligation de serment à d'autres serviteurs de l'Etat. Voici ce texte :

« Les Sénateurs et Représentants sus-mentionnés (il s'agit des juges dans chaque Etat), les membres des diverses législatures des Etats-Unis et tous les fonctionnaires exécutifs et judiciaires, tant des Etats-Unis (il s'agit de l'Etat fédéral) que des divers Etats (il s'agit là des 50 Etats qui composent les Etats-Unis) seront tenus par serment ou déclaration de défendre la présente Constitution ; mais aucune profession de foi religieuse ne sera exigée comme condition d'aptitude aux fonctions ou charges publiques sous l'autorité des Etats-Unis ».

De même le premier amendement à la Constitution, ratifié le 15 décembre 1791, est ainsi rédigé :

« Le Congrès (c'est-à-dire le Sénat et la Chambre des Représentants, voir sur mon blog le prochain article qui sera consacré à la Constitution américaine) ne fera aucune loi qui touche l'établissement ou interdise le libre exercice d'une religion, ni qui restreigne la liberté de parole (sous entendu des citoyens) ou de la presse, ou le droit qu'a le peuple de s'assembler paisiblement et d'adresser des pétitions au gouvernement pour la réparation des torts dont il a à se plaindre ».

Ces deux extraits de la Constitution américaine affirment clairement que l'Etat ne se mêle pas de religion, ni pour l'interdire ni pour l'encourager. Cependant....

Et pourtant.... :

*le dernier paragraphe de la Constitution américaine affirme que la Constitution fut adoptée le « dix-septième jour de septembre de l'année de Notre Seigneur...)

*Mais il s'agit surtout de tradition : George Washington qui fut le premier Président des Etats-Unis prêta le premier serment à New-York le 30 avril 1789. Il le fit sur une bible empruntée au dernier moment à une loge maçonnique proche. Il ajouta même à la formule prévue dans la Constitution : « So help me God » (que Dieu me vienne en aide). Sur les illustrations montrant George Washington posant la première pierre du Capitole à Washington, il est en grande tenue maçonnique. Dans sa signature, les trois points sont d'ailleurs visibles comme le nez au milieu de la figure.

Sur 44 Présidents (y compris Obama), 42 ont prêté serment sur la Bible. Seuls Theodore Roosevelt (Président de 1901 à 1909, à ne pas confondre avec Franklin Roosevelt, président de 1933 à 1945) et John Adams (Président de 1797 à 1801) n'ont pas juré sur la Bible et la plupart ont comme Washington ajouté « So help me God » et si Obama ne l'a pas fait son vice-président Joe Biden a lui aussi ajouté « So help me God » à sa prestation de serment.

*La première devise des Etats-Unis fut : « E Pluribus Unum » (littéralement : de treize un, en référence à l'union des 13 premiers Etats des Etats-Unis), elle fut remplacée le 30 juillet 1956 par Dwight D. Eisenhower (suite à une résolution du 84e Congrès américain) par : « In God we trust » (en Dieu nous croyons). Cette devise fut utilisée la première fois en 1812 lors de la bataille de Fort McHenry (à l'occasion d'une guerre contre les Anglais qui dura de juin 1812 à février 1815) . Cette devise se retrouva sur quelques émissions monétaires à partir de 1864 puis systématiquement sur toutes les pièces et billets de banque américains à partir de 1938 et jusqu'à nos jours.

On voit donc que si la Constitution américaine respecte la liberté de conscience des citoyens y compris le droit de ne pas avoir de religion, les Etats-Unis ont tout de même une forte tradition de référence à Dieu.

Et ensuite :

Le 7 novembre 2006 un musulman (Keith Ellison) fut élu au Congrès pour la première fois (dans le Minesota pour la Chambre des Représentants). Il prêta serment sur une édition anglaise du coran le 3 janvier 2007. Cela se renouvellera immanquablement, même si l'islamisation de l'Amérique est en retard sur celle de l'Europe.

Mais peut-on jurer fidélité à la Constitution américaine sur un livre qui par beaucoup de ses dispositions est contraire tant à la Constitution américaine qu'à la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme ? Deux exemples seulement :

*Le coran présente l'esclavage comme une situation voulue par Dieu (Voir en XVI-71, en XVI-75 mais aussi en II-178, en IV-24, en XXIII- 1 et 5/6, en XXIV-58 et en LXX-29 à 31) alors que l'esclavage a été aboli aux Etats-Unis par le XIIIe amendement

*Le coran s'adresse toujours aux hommes et jamais aux femmes et affirme dans de nombreuses de ses dispositions les droits des hommes sur les femmes. Un seul exemple, le verset 223 de la sourate II dit aux hommes: « Vos femmes sont pour vous un champ de labour, allez à votre champ comme vous le voudrez... ». Cela a au moins le mérite d'être clair mais est-ce compatible avec une constitution qui reconnaît des droits égaux aux hommes et aux femmes ? Les dirigeants américains pas plus que les Européens ne sont prêts à se poser ce genre de question mais cela promet pour la suite !

J.D. 31 octobre 2013

Nota : la récapitulation thématique des notes de ce blog se trouve sur la fiche N° 76.

échecs américains : Nordistes/Sudistes, photo J.D. novembre 2013

échecs américains : Nordistes/Sudistes, photo J.D. novembre 2013

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