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10 janvier 2014 5 10 /01 /janvier /2014 17:01

Extrait d'une intervention de Maurice Barrès à la Chambre (des députés) le 13 mars 1913 :

« Dans la contrée privilégiée qu'on appelle le jardin de la France, il existe une ville aimable entre toutes, où subsiste un vestige charmant d'une architecture du quinzième siècle (Barrès parle de vestige parce que l'église à laquelle appartenait la tour, s'est écroulée en 1854), quelque chose d'assez pareil à ce qu'est à Paris la tour Saint-Jacques. Les artistes, les catholiques, les citoyens amoureux de leur petite ville , ont désiré faire classer cette tour. Le conseil municipal voyait la choses avec hostilité ; puis à un moment donné, en présence du grand mouvement qui se dessinait, il a dit : Eh bien ! Vous voulez la conserver ; conservons-la, on peut toujours en faire quelque chose, elle peut toujours servir.

Et savez-vous à quoi cette tour, pour laquelle il y a une instance de classement, pour laquelle déjà la commission des monuments historiques a donné un avis favorable, savez-vous à quoi ils la font servir ? Ils y installent des latrines publiques ! L'installation est commencée, elle se poursuit contre la loi, alors que le classement est décidé, est accordé en principe par un avis favorable de la commission.

Il s'agit, messieurs, de la tour Saint-Martin à Vendôme.

Au cours des travaux, des ossements humains et même un squelette entier ont été découverts ; au lieu de les transporter au cimetière, on les a enfouis sous les tuyaux de vidange. Eh bien disent-ils – je prends les termes du Progrès du Loir-et-Cher, qui fait l'apologie de cette utilisation de la tour Saint-Martin – eh bien ! Quoi ? Nous élevons en terrain bénit un temple au Dieu de la digestion. »....

. » Comment, monsieur le Ministre, avez-vous toléré l'abjecte indignité que tous nous avons flétrie ce matin et qu'il faut flétrir une nouvelle fois, l'indignité de cette municipalité sectaire qui installe des latrines dans une tour d'église classée et qui proclame qu'elle est heureuse d'installer, dans un terrain sacré, un temple au dieu du ventre. »

Commentaires de Maurice Barrès au chapitre XV du livre « la grande pitié des églises de France » :

« En écoutant l'histoire de Vendôme, sur tous les bancs de la Chambre on murmurait : c'est ignoble !....

.Nous avons connu les dîneurs du Vendredi-Saint, ceux qui se réunissent pour manger une andouille. Ces messieurs de Vendôme ont trouvé mieux. Ils annoncent la grande inauguration des latrines : elle est fixée au Vendredi-Saint. Ce jour là, les conseillers municipaux inaugureront en corps les latrines du clocher Saint-Martin. Quelqu'un serait-il tenté d'en douter ? Ecoutez un témoin, écoutez le second adjoint de Vendôme, M. Royau (lettre de M. Royau publiée dans L'Echo de Paris le 20 mars 1913) : Il n'y a pas huit jours, écrit-il, mon collègue M. Leguay, premier adjoint déclarait à qui voulait l'entendre, à ses amis, aux employés de la mairie : la semaine prochaine, vous pourrez pisser dans le clocher. Et un autre ajoutait : Nous ferons un gueuleton le Vendredi-Saint, et nous irons chier dans la tour. »

Je me reprocherais de supprimer un seul de ces détails qui eussent fasciné d'admiration le grand Balzac. » (Honoré de Balzac né à Tours le 20 mai 1799 fut pensionnaire de 1807 à 1813 au collège des Oratoriens de Vendôme).

La publicité faite à l'époque par Maurice Barrès au comportement de la municipalité de Vendôme (le maire s'appelait Philippe Frain et le préfet qui laissa faire : Brisac) amena cette municipalité à détruire les latrines construites.

Ces textes de Maurice Barrès me paraissent une parfaite illustration de l'ambiance qui régnait en France il y a un siècle entre les cléricaux et les anti-cléricaux « bouffeurs de curés ».

Aujourd'hui ce sont les mêmes qui bouffaient du curé il y a un siècle, ou tout au moins leurs semblables qui font le lit de l'islam en France.

J.D. 10 janvier 2014

la tour Saint Martin à Vendôme en 1910, au premier plan le marquis de Rochambeau

la tour Saint Martin à Vendôme en 1910, au premier plan le marquis de Rochambeau

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