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16 mars 2014 7 16 /03 /mars /2014 19:02

Du 5 au 7 janvier 1917, une conférence entre les Alliés se tint à Rome.

Voici les principaux participants à cette réunion :

*Pour la Russie : le général Palizine

*Pour l'Italie : Sidney Sonnino ministre des Affaires étrangères, le général Luigi Cadorna chef d'Etat-Major italien

*Pour la Grande-Bretagne : Lloyd George premier ministre, William Robertson chef d'Etat-Major britannique, le général Milne, Sir Francis Eliott ministre de Grande-Bretagne à Athènes et Maurice Hankey secrétaire du Cabinet de guerre ;

*Pour la France : Aristide Briand président du Conseil, le général Lyautey alors ministre de la guerre, le général Sarrail alors commandant du front d'Orient, Albert Thomas ministre de l'armement, Philippe Berthelot représentant le ministère des Affaires étrangères et Camille Barrère ambassadeur de France à Rome.

L'objet premier de cette conférence était d'harmoniser les positions des Alliés sur le comportement à adopter vis-à-vis de la Grèce, puis se greffa une réponse commune à apporter à Woodrow Wilson président des Etats-Unis

La Grèce :

La situation en Grèce était à ce moment là particulièrement confuse. Voir la fiche N°162 intitulée « Les Roumaines », http://jean.delisle.over-blog.com/2014/02/les-roumaines-n-162.html

A Athènes, le roi régnait encore et avait Spyridon Lambros comme premier ministre tandis qu'à Thessalonique, Eleuthère Venizelos l'ex premier ministre du roi, avait formé un nouveau gouvernement contre celui du roi et ce sous la protection des forces alliées, d'abord Français et Anglais renforcés de Russes et d'Italiens.

Fin novembre 1916, les partisans du roi (Constantin 1er, appelé aussi quelquefois Constantin XII par ceux qui le voient comme continuateur de l'Empire romain d'Orient ou Empire byzantin) menaçèrent les délégations de l'entente à Athènes. Des unités de marins Français et Anglais débarquèrent. Ils furent attaqués par la population grecque le 1er décembre 1916 ce qui est souvent connu sous le nom de « vêpres grecques » par analogie avec les « vêpres siciliennes » (massacre de Français en Sicile les 30 et 31 mars 1282 aux cris de : « Morta Alla Francia, Italia Aviva » d'où serait dérivé le mot MAFIA) . Il y eut à Athènes, 69 morts et 160 blessés parmi les marins français, tandis que les Anglais perdaient une quarantaine de marins. L'amiral français Dartige demanda à la marine de tirer sur Athènes. Quatorze obus furent tirés ce qui mit fin au combat mais des partisans de Venizelos à Athènes furent massacrés par les partisans du roi.

Voilà ce que décida sur ce sujet la conférence de Rome comme le rapporte Georges Suarez dans « Briand » tome IV édité en avril 1940, chapitre III :

« Restaient à régler, en ce qui concerne la Grèce, les garanties politiques et militaires à imposer au roi pour assurer la sécurité de l'armée d'Orient. En outre, devait être fixé un programme de réparations et de cérémonies expiatoires pour l'offense faite aux alliés le 1er décembre 1916. Au point de vue militaire, on décida l'envoi de deux divisions françaises de renfort qui traverseraient l'Italie et s'embarqueraient à Tarente pour gagner au plus tôt la Grèce. Au point de vue politique, toutes les mesures formulées dans l'ultimatum du 31 décembre devaient être exécutées dans le plus bref délai. Les troupes constantiniennes devaient être désarmées et maintenues dans le Péloponèse. Les vénizelistes arrêtés devaient être relâchés et dédommagés. Les excuses officielles du gouvernement grec pour les événements du Zappeion devaient être formulées au cours d'une prise d'armes : les troupes de la garnison d'Athènes conduites par leur chef, défileraient devant les détachements alliés et inclineraient leurs drapeaux devant ceux de l'Entente. Quarante-huit heures étaient accordées au roi pour accepter ces conditions. »

Le roi accepta l'ultimatum (livraison de batteries de canons aux forces alliées) le 9 janvier, la cérémonie expiatoire eut lieu le 29 janvier. Les soldats grecs conduits par le prince André défilèrent sur la place du Zappeion et inclinèrent leurs drapeaux devant les drapeaux alliés.

Finalement suite à un nouvel ultimatum des Alliés le 11 juin 1917, le roi Constantin abdiqua, Venizelos redevint premier ministre de tous les Grecs et la Grèce entra en guerre aux côtés des Alliés le 2 juillet 1917.

Woodrow Wilson :

Il fut réélu président des Etats-Unis le 7 novembre 1916. Les nécessités de la campagne électorale américaine lui avaient fait mettre de côté ses démarches diplomatiques pour une médiation en Europe.

Les Allemands l'avaient finalement devancé. Le 12 décembre 1916 le chancelier allemand Bethmann-Hollweg avait, du haut de la tribune du Reichstag, lancé un appel à la paix.

L'empereur d'Autriche François-Joseph 1er était décédé le 21 novembre 1916 après quasiment 68 ans de règne et son successeur (Charles) manifestait, dès le 22 novembre, des sentiments plus pacifistes qui firent craindre aux Allemands que les Autrichiens négocient une paix séparée.

Le 5 novembre 1916, l'empire allemand et l'empire d'Autriche avaient reconstitué un Etat polonais avec monarchie héréditaire et constitutionnelle. Guillaume II avait espéré que cela inciterait de nombreux Polonais à s'engager dans l'armée allemande, mais ce ne fut pas le cas.

Les Allemands avaient peut-être aussi commencé à comprendre qu'avec leurs immenses empires coloniaux, Français et Anglais tiendraient plus longtemps qu'eux.

L'appel du chancelier allemand avait été transmis aux Alliés. Lors d'une réunion tenue à Londres le 26 décembre 1916, ceux-ci répondirent négativement à la proposition allemande. Au point où en étaient les choses, ils ne concevaient plus la fin de la guerre autrement que par une victoire. Le nouvel empereur d'Autriche fit lui aussi des avancées vers la France et l'Angleterre mais reçut la même réponse que les Allemands.

Une autre attitude des Alliés, en cette fin d'année 1916, aurait-elle modifié les événements des années 1930/1940 ? Qui peut répondre ? Mais il n'est pas interdit de se poser la question.

C'est le 20 décembre 1916 que le Président Wilson lança à tous les belligérants son appel à la paix. Les Allemands répondirent les premiers et voici la réponse élaborée à Rome par les Alliés et qui fut transmise le 10 janvier 1917 aux Etats-Unis et telle qu'elle est rapportée par Suarez (livre cité, même tome, même chapitre) ; cette réponse détaille les conditions exigées par les Alliés pour aboutir à la paix :

«1°) Restauration de la Belgique, de la Serbie et du Monténégro avec les dédommagements qui leur sont dus ; évacuation des territoires français, russes et roumains occupés par les puissances centrales avec de justes réparations.

2°) Respect du droit des nationalités, comportant la restitution des provinces ou des territoires autrefois arrachés aux Alliés par la force ou contre le vœu des populations ; Alsace-Lorraine, etc... ; libération des Italiens, des Slaves, des Roumains, des Tchécoslovaques de la domination étrangère, affranchissement des populations soumises à la sanglante tyrannie des Turcs ; rejet de l'empire ottoman en Asie ;

3°) Réorganisation de l'Europe, c'est-à-dire établissement d'un régime qui assurerait aux petits Etats comme aux grands la peine sécurité et la liberté de développement économique et qui permettrait, par des conventions appropriées de garantir les frontières terrestres et maritimes contre les attaques injustifiées ».

Une telle réponse n'était pas faite pour ouvrir des négociations. Elle est cependant intéressante à méditer sur bien des points. Elle est le reflet du sentiment des participants à la conférence de Rome en janvier 1917 et compte-tenu qu'il leur fallut concilier leurs différents points de vue.

Le 30 janvier 1917, le gouvernement allemand notifiait officiellement aux Etats-Unis la reprise de la guerre sous-marine à outrance. On connaît la suite.

J.D. 16 mars 2014

La récapitulation thématique des notes de ce blog se trouve sur la fiche N°76 intitulée : « blog, liste des articles » références : http://jean.delisle.over-blog.com/article-blog-liste-des-articles-111165313.html

Les Peaux-Rouges dans la première guerre mondiale, photos "Le Miroir" du 26 août 1917;

Les Peaux-Rouges dans la première guerre mondiale, photos "Le Miroir" du 26 août 1917;

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