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25 avril 2014 5 25 /04 /avril /2014 17:19

Beaucoup de gens pensent que le 11 novembre 1918 constitue la fin de la première guerre mondiale. En fait le 11 novembre est seulement le jour de l'armistice, c'est-à-dire de la fin des combats sur le front occidental. Cette guerre avait fait plus de 18 millions de morts (militaires et civils) et 21 millions de blessés.

A la suite il y eut une conférence internationale qui se tint à Paris (au Quai d'Orsay) entre le 18 janvier 1919 et août 1920. Cette conférence reçut le nom de « conférence de Paris » mais on trouve aussi souvent l'appellation « conférence de la paix ». Cette conférence s'adjoignit une « commission des réparations » qui commença à fonctionner le 3 février 1919.

De la guerre et de cette conférence il sortit :

*plusieurs traités :

-traité de Versailles entre les Alliés et l'Allemagne, signé le 28 juin 1919 dans la galerie des glaces à Versailles (là où avait été proclamé l'Empire allemand le 18 janvier 1871) et en remarquant que le 28 juin était la date anniversaire du 28 juin 1914 (assassinats à Sarajevo)

-traité de Saint Germain en Laye le 10 septembre 1919 entre les Alliés et l'Autriche

-traité de Neuilly-sur-Seine le 27 novembre 1919 entre les Alliés et la Bulgarie

-traité de Trianon le 4 juin 1920 entre les Alliés et la Hongrie (qui au début de la guerre appartenait à l'Empire d'Autriche-Hongrie)

-traité de Sèvres le 10 août 1920 entre les Alliés et l'Empire ottoman

-premier traité de Rapallo le 12 novembre 1920 entre l'Italie et la Yougoslavie

-traité de Kars le 13 octobre 1921 entre l'URSS et l'Empire ottoman

-second traité de Rapallo le 16 avril 1922 entre l'Allemagne et l'URSS

-traité de Lausanne le 24 juillet 1923 entre les Alliés et la Turquie

*la disparition de 4 empires, voir sur mon blog la fiche N°55 (la fin des 4 empires)http://jean.delisle.over-blog.com/article-la-fin-des-4-empires-97643758.html

*la création ou la résurrection de plusieurs États : la Pologne, la Tchécoslovaquie, la Yougoslavie, la Finlande, l'Estonie, la Lettonie, la Lituanie, l'Autriche et la Hongrie par séparation, et plusieurs pays au moyen-orient par amputation de l'empire ottoman devenant lui-même la Turquie.

*la création le 28 avril 1919 de la Société des Nations (SDN) avec son siège fixé à Genève. Cet organisme international (ancêtre de l'ONU) avait surtout été voulu par le Président américain Wilson. Paradoxalement le Congrès américain refusa l'adhésion des États-Unis à la SDN en ne signant pas le traité de Versailles.

*des mandats de gestion confiés par la « conférence de San-Remo » le 24 avril 1920 à la Grande-Bretagne (Palestine, Jordanie et Irak) et la France (Liban et Syrie) sur des pays du Moyen-Orient qui appartenaient antérieurement à l'Empire ottoman.

Tout ceci modifia plus profondément l'Europe que ne l'avait fait un siècle plus tôt la conférence de Vienne après la chute de Napoléon 1er.

Le désastreux traité de Versailles :

1-Le contexte en France : Georges Clemenceau était parvenu (en mars 1917) a renverser le cabinet Briand et à prendre sa place comme Président du Conseil. Il avait terminé la guerre et s'était auto-attribué tous les mérites de la victoire. Clemenceau avait bien mérité son surnom de « tigre », animal carnassier si il en fut !

Pour Clemenceau les Allemands étaient responsables de tout, ils devaient payer, il fallait saigner l'Allemand ! Clemenceau, auréolé de son titre de vainqueur, mena la danse à la conférence de Paris. En plus, les succès de l'Empire allemand avaient fait de l'ombre aux Anglais, et les Allemands menaçaient l'hégémonie maritime britannique : crime de lèse-majesté par excellence !

2-Le traité : L'article 231 du traité de Versailles désignait l'Allemagne comme responsable de la guerre et de ses maux. Pour les Allemands cela était inadmissible. Les Allemands ou tout au moins leurs dirigeants avaient voulu la guerre, c'est un fait mais les autres aussi. Les Autrichiens les premiers avaient déclaré la guerre à la Serbie, puis en second les Russes à l'Autriche et les Allemands seulement en troisième lieu.

Le traité imposa aux Allemands :

-la restitution de l'Alsace et de la Lorraine à la France,

-amputa l'Allemagne de territoires au profit de la Belgique, du Danemark et surtout de la Pologne,

-enleva à l'Allemagne toutes ses colonies qui furent récupérées par l'Angleterre (Tanganyika et partie du Togo), la France (Cameroun et partie du Togo), la Belgique (Rwanda et Burundi), l'Union Sud-Africaine (Sud-ouest africain allemand), le Japon (îles Carolines, Marshall et Mariannes) la Nouvelle-Zélande ((îles Samoa) et l'Australie( (Guinée allemande)

-plaça le bassin de la Sarre sous statut international

-obligea l'Allemagne à livrer aux Alliés tous ses canons, ses avions, sa marine etc

-et l'Allemagne fut condamnée à payer à la France et à la Belgique 132 milliards de marks-or d'indemnités, sans se demander si l'Allemagne pouvait payer. Les marins allemands livrèrent leurs navires aux Anglais mais les sabordèrent en Ecosse (à Scapa Flow).

L'énumération ci-dessus montre que l'on exigea des Allemands des indemnités extravagantes tout en leur enlevant leurs richesses c'est-à-dire les moyens de payer ! Avec le recul du temps on peut constater que la haine de l'Allemand aveugla nos politiciens de l'époque.

3-La situation en Allemagne : Lors de l'armistice, la population n'avait pas l'impression que leur pays avait été vaincu militairement mais qu'il avait été trahi par les politiciens. L'empereur (Guillaume II) avait abdiqué le 9 novembre 1918, une république était proclamée. Des élections pour une assemblée nationale constituante eurent lieu le 19 janvier 1919 et une constitution fut adoptée le 31 juillet 1919. Durant des mois, il y eut de graves désordres en Allemagne : grèves, manifestations, émeutes … Le parti communiste allemand avait été créé le 1er janvier 1919 par scission du parti socialiste. Une grève générale avait été déclenchée dans tout le pays le 5 janvier 1919 (jusqu'au 12 janvier). Le 15 janvier Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht, principaux dirigeants du nouveau parti communiste, étaient assassinés. La situation à Berlin étant insurrectionnelle, le nouveau gouvernement républicain s'installa à Weimar, au centre de l'Allemagne (dans le land de Thuringe, capitale Erfurt), ce qui fit appelé ce régime du nom de « République de Weimar ».

Les Allemands comme les autres belligérants durent reconvertir les industries de guerre, faire face à la démobilisation et prendre en charges les mutilés et blessés. Pour faire face sur tous les fronts, les Allemands avaient mobilisé plus de 13 millions d'hommes et avaient eu 2 millions de morts et plus de 4 millions de blessés.

En outre les Allemands durent commencer à payer les indemnités prévues dans le traité de Versailles. Comme ils ne le pouvaient pas, les armées française et belge envahirent la Ruhr dont ils prirent le contrôle à compter du 11 janvier 1923. Les travailleurs allemands répondirent par la grève et la résistance passive. L'économie allemande s'écroula. Une inflation galopante sans précédent dans l'histoire en fut la conséquence. Ainsi, par exemple, le 30 novembre 1923, pour poster une lettre courante en Allemagne, cela coûtait 30 milliards de marks !

Les Alliés durent avoir peur d'une prise de pouvoir par les communistes comme en Russie. Ils renégocièrent avec les Allemands. Cela se traduisit par le traité de Locarno signé le 16 octobre 1925.

Entre-temps, une nouvelle monnaie avait été créée pour remplacer les milliards de marks. L'Allemagne commença à aller moins mal à défaut de dire mieux, lorsque survint le jeudi noir de Wall-Street (24 octobre 1929) et la grande crise économique qui suivit. L'Allemagne fut touchée comme les autres pays et les chômeurs se comptèrent par millions.

Dans ce contexte, comment s'étonner que les Allemands aient suivi le pantin Hitler lorsqu'il sortit de sa boîte !

4-La situation de l'Italie : Au début de la guerre de 14, l'Italie était encore alliée de l'Allemagne. Voir la fiche N°161 : « L'Italie et la guerre de 14 »http://jean.delisle.over-blog.com/2014/02/l-italie-et-la-guerre-de-14-n-161.html. Puis l'Italie était entrée en guerre aux côtés des Alliés contre d'importantes promesses d'extensions territoriales (traité de Londres du 26 avril 1915 et accords de Saint Jean de Maurienne du 26 avril 1917). Une fois la guerre terminée non seulement les promesses ne furent pas tenues mais l'Italie fut mal traitée lors de la conférence de Paris. Les Italiens qui combattirent, surtout contre l'Autriche, avaient mobilisé 5.600.000 hommes. Ils avaient eu 1.200.000 tués (civils et militaires) et 950.000 blessés. Ils méritaient d'être considérés. Or, voici ce que l'on trouve sous la plume de Georges Suarez dans « Briand » tome V publié en avril 1941, chapitre I, extraits :

« L'attitude de l'Italie à la conférence de la Paix fut la première manifestation symbolique du désaccord (entre les anciens Alliés). Toutes sortes de raisons, d'ordre interne, la poussaient à rechercher de nouvelles victoires diplomatiques. La misère était grande. Les matières premières manquaient. La lire était dépréciée. Les anciens combattants, au retour des tranchées, avaient vu les parvenus de la guerre étaler un luxe provocant ; leurs places étaient prises par d'autres, qui s'étaient dérobés au devoir militaire ; ceux dont le départ au front avait interrompu les études ou l'apprentissage , avaient perdu le ressort nécessaire pour embrasser un nouveau métier. Ceux qui revenaient du front avec des galons, croyaient déchoir en acceptant des emplois trop modestes. Cette clientèle de mécontents survenait à point pour restituer des forces au parti socialiste. Celui-ci avait été résolument l'adversaire de l'intervention italienne dans la guerre...

Malheureusement, écrira Marguerite Sarfatti, la biographe de Mussolini, ceux qui nous dirigeaient n'avaient pourvu à rien. Plus perspicace, la France assurait à ses soldats une récompense matérielle et morale : un défilé et un pécule. Chez nous, même la proposition d'attribuer dix lires aux hommes pour chaque mois de front était repoussée. Et pendant que les troupes bleu-horizon défilaient aux Champs-Elysées, devant le monde entier, l'armée gris-vert se dispersait triste et déçue par tout le pays.

Bientôt éclatèrent des troubles sociaux alimentés à la fois par la propagande bolcheviste et celle d'un étrange mouvement national et révolutionnaire qui se formait au sein du socialisme. Déjà, il avait un nom : le fascisme et un chef : Mussolini... ».

La situation trouvée par les soldats italiens rentrés du front et décrite par Suarez dut être celle de tous les soldats de tous les pays qui furent en guerre. Puis Suarez publie une lettre reçue par Briand d'un correspondant français qui se trouvait à Rome lorsque se déroulait la conférence de Paris. La voici :

« Lorsque le président Wilson lança son message au peuple américain (ce message proposait la création d'un Etat -Etat libre de « Fiume », actuelle Rijeka- alors que cette zone était revendiquée par l'Italie) et que MM. Orlando et Sonnino (les représentants italiens à la conférence de Paris) décidèrent de quitter Paris pour se présenter devant le Parlement (italien), l'alliance avec la France et l'Angleterre était encore intacte....

Les partisans d'une entente étroite avec la France mettaient tout leur espoir dans notre intervention et considéraient que celle-ci se produisant en faveur de l'Italie dans un moment aussi grave de son histoire, aurait pour résultat de consacrer d'une manière définitive les liens d'alliance qui ont uni les deux pays pendant la guerre.
D'autre part, les germanophiles et les neutralistes, confiants dans notre maladresse et notre imprévoyance, disaient bien haut que les événements allaient permettre d'apprécier la valeur de notre amitié. Si la France n'aidait pas l'Italie, la preuve serait faite que l'orientation donnée à la politique italienne depuis quatre ans était mauvaise, qu'il n'y avait rien
à attendre de nous....

Les délégués italiens n'attendaient qu'une parole pour revenir à Paris ; cette parole ne leur a pas été dite. Le gouvernement français n'a rien fait pour hâter leur retour à la Conférence, alors qu'une intervention amicale dans ce sens aurait été d'autant plus appréciée qu'elle était plus désirée.

Deuxième faute : pendant que les délégués italiens sont à Rome, on agit à Paris comme si l'Italie avait rompu l'alliance.

On a laissé clairement entendre que, si l'Italie est absente, on signera sans elle la paix avec l'Allemagne. Les délégués allemands sont convoqués ; l'Italie est amenée à se demander si les Alliés ne vont pas violer le Pacte de Londres. L'opinion s'inquiète. La France et l'Angleterre vont-elles manquer à leurs engagements ? Le seul fait que cette question ait pu être posée a suffi à déterminer dans l'opinion publique une amertume et un ressentiment profonds à l'égard des Alliés et plus particulièrement de la France. Les Italiens considèrent en effet qu'ils nous ont rendu un double service : la neutralité et l'intervention. Ils s'attendaient à être payés de retour. A l'heure de la paix, ils constatent au contraire qu'on est prêt à signer sans eux. Leur indignation se manifeste alors ouvertement ; la Conférence siégeant à Paris sous la présidence d'un Français, c'est la France qu'on rend responsable.

Troisièmement : pendant l'absence des délégués italiens, les délégués autrichiens ont été invités à se rendre à Paris pour signer la paix et c'est le représentant français à Vienne qui a été chargé de transmettre l'invitation. Les Italiens s'en sont montrés profondément blessés. N'avons-nous pas été, ont-ils dit, les principaux adversaires de l'Autriche, n'était-il pas de la plus élémentaire convenance de nous consulter avant d'inviter les Autrichiens à la conférence de la paix ? On a vu dans cette démarche des Alliés et de la France le propos délibéré de traiter l'affaire comme si elle était sortie de l'Alliance.

Quatrièmement : la conclusion d'une alliance franco-anglo-américaine n'a fait que confirmer les Italiens dans l'idée qu'on les mettait systématiquement à l'écart. L'opinion très nerveuse à la suite des faits indiqués plus haut s'est vivement émue. L'Italie, a-t-on dit, a combattu aux côtés des Alliés ; ceux-ci concluent une alliance et ne l'invitent pas à y entrer, la condamnant ainsi à l'isolement ou à une entente avec l'Allemagne.

Cinquièmement : à propos du partage des dépouilles coloniales de l'Allemagne, on a observé que l'Italie ne figurait pas parmi les bénéficiaires...

Sixièmement : les attentions marquées dont on entoure à Saint-Germain les délégués de l'Autriche allemande impressionnent défavorablement une opinion qui nous accuse de vouloir remplacer l'ancien empire des Habsbourg par une confédération danubienne.

Septièmement : ce qui est plus grave, les journaux italiens disent ouvertement que le chef du gouvernement français est profondément hostile à l'Italie. Ils se plaignent de son attitude dans le cours de la négociation; ils reconnaissent que l'opinion française est au contraire généralement favorable à l'Italie, mais, disent-ils, M. Clemenceau est le chef du gouvernement et c'est lui qui décide ; or, dans la dernière phase de la négociation, il nous est aussi hostile qu'au début des conversations. Si l'on aboutit à un résultat, ce sera parce que les Américains auront fait preuve d'un peu de bonne volonté.

La conséquence de tout cela, c'est que la France est considérée comme la principale responsable des obstacles rencontrés par l'Italie à la Conférence. On constate que non seulement notre assistance sur laquelle on comptait a fait entièrement défaut, mais que nous avons fait opposition à la réalisation du programme italien.
Il en résulte dès à présent une sorte de rupture morale entre les deux pays et un accroissement alarmant des tendances germanophiles qui menacent de s'étendre de certaines sphères politiques à l'opinion populaire
. »

Tout ceci est un peu long, mais il m'a semblé que cela donne le ton de l'opinion italienne au sortir de la première guerre mondiale et explique pourquoi les Italiens ont suivi Mussolini et surtout pourquoi ils sont entrés dans la seconde guerre mondiale aux côtés des Allemands.

5-Situation des Etats catholiques dans les traités de paix :

Voici un texte de Suarez (même ouvrage, même tome, même chapitre) qui n'est pas habituel :

« Les historiens pouvaient constater que les traités avaient été négociés et conclus au détriment des Etats catholiques et au profit d'Etats non catholiques ; le maintien de l'unité de l'Allemagne protestante et la destruction de l'Autriche-Hongrie catholique, la Croatie catholique annexée par la Serbie orthodoxe, la Hongrie catholique dépecée par la Roumanie orthodoxe et la Tchécoslovaquie de Jean Huss. Le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes introduit dans les traités comme une bombe à retardement, jouait contre l'ordre romain et en faveur de la confusion générale en attendant qu'il jouât au profit de l'Allemagne nouvelle.

En somme, les négociateurs du traité avaient bien fait les choses. Ils avaient eux-mêmes suggéré à l'Allemagne de futures et belles compensations à sa défaite.»

6-conclusion :

Il y a quasi unanimité chez les historiens récents pour penser que le traité de Versailles de 1919 portait en germes les événements des années 1930/1940, c'est-à-dire la seconde guerre mondiale. Ainsi Clemenceau en voulant « saigner » l'Allemand, saigna une partie de l'espèce humaine.

Le 17 janvier 1920 eut lieu l'élection présidentielle (pour remplacer Raymond Poincaré qui ne se représentait pas). Paul Deschanel eut 734 voix, un nommé Jonnart 66 et Clemenceau 56. Aristide Briand était passé par là!

Par 2 fois Clemenceau avait fait chuter un gouvernement dirigé par Briand; par 2 fois Briand empêcha Clemenceau de devenir président de la République.
Voici le commentaire que fait Suarez (dans "Briand", tome V, ch
apitre II)

"Le Tigre du reste donnait assez d'occasions de le critiquer ou de le détester pour que la tâche à laquelle allait se vouer Briand, en fut simplifiée.

Il apparaissait aux uns, mal préparé par son caractère, à exercer les fonctions d'arbitre qui sont celles d'un président de la République.

Il voudra, disaient-ils, mener les affaires sous les noms de ses ministres comme il l'a fait étant président du Conseil.
D'autres lui reprochaient le
traité de paix.

Tout le monde expliquaient-ils, sait aujourd'hui que son oeuvre est néfaste, qu'elle n'a résolu aucune question et qu'il faudra pendant toute la législature, l'interpréter, peut-être la modifier ou la compléter.
Sans doute ce jour là (le jour de l'élection présidentielle) un grand acte d'ingratitude fut commis. Une grande maladresse aussi. On aurait pas dû permettre que le principal auteur du traité de Versailles s'en allât ainsi, libre de toutes responsabilités, vers une définiti
ve retraite..."

Il semble donc que dès l'époque du Traité de Versailles, des gens soupçonnèrent les futurs malheurs que portait en lui ce foutu traité. Ainsi le maréchal Foch déclara lors de la signature du traité :"ce n'est pas une paix, c'est un armistice de 20 ans"!

De même, le 21 octobre 1921, à la tribune de la Chambre (des députés) Aristide Briand déclara que "la France devait s'entendre avec l'Allemagne ou se préparer à une nouvelle guerre" (rapporté par Suarez dans "Briand" tome V chapitre VI).

J.D. 25 avril 2014

Nota : fin janvier 1923, le dollar américain valait déjà 49.000 marks allemands, il en valait 109.000 fin juin, 4.600.000 début août, 98 millions fin août, 25 milliards en octobre et 4.200 milliards en décembre.

Le gouvernement allemand encourageait les travailleurs de la Ruhr à faire grève et leur versait même des subsides pour tenir. Le gouvernement français disait : "On évacuera pas la Ruhr tant que vous ne serez pas à jour des indemnités de guerre". Le gouvernement allemand répondait : "nous n'aurons pas les moyens de payer tant que vous occuperez la Ruhr". La situation se débloqua grâce à une médiation américaine (plan Dawes).

timbres allemands de 1923 en millions et en milliards de marks

timbres allemands de 1923 en millions et en milliards de marks

Le désatreux traité de Versailles N°172

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