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24 février 2015 2 24 /02 /février /2015 07:19

Malgré tout son harem (épouses, esclaves, captives), Mahomet n'avait que des filles.

Il adopta un fils nommé Zaïd b. Hârithah déjà adulte.

Mahomet prit la femme de son fils adoptif. Cela fit jaser sous les tentes.
Fort opportunément l'ange Gabriel (Jibril) apporta à Mahomet un décret de Dieu qui ordonnait à Mahomet de prendre la femme de Z
aïd.

Ce n'est pas Mahomet qui voulut prendre la femme de son fils adoptif, c'est Dieu qui l'ordonna : commode !

Ce décret de Dieu est incorporé dans le Coran. Il constitue les versets 37 et 38 de la sourate XXXIII. En voici le texte :

verset 37 :

« Quand tu disais

à celui que Dieu avait comblé de bienfaits

et que tu avais comblé de bienfaits :

Garde ton épouse et crains Dieu,

tu cachais en toi-même, par crainte des hommes,

ce que Dieu allait rendre public ;

-mais Dieu est plus redoutable qu'eux-

puis, quand Zaïd eut cessé

tout commerce avec son épouse,

nous te l'avons donné pour femme

afin qu'il n'y ait pas de faute

à reprocher aux croyants

au sujet de l'épouse de leurs fils adoptifs

quand ceux-ci ont cessé tout commerce avec elles.

-L'ordre de Dieu doit être exécuté- »

verset 38 :

« Il n'y a pas de faute à reprocher au Prophète

au sujet de ce que Dieu lui a imposé

conformément à la coutume instituée par Dieu,

pour ceux qui vécurent autrefois ;

-L'ordre de Dieu est un décret immuable- »

source : Le Coran, bibliothèque de la Pléiade, éditions Gallimard, traductrice : Denise Masson.

Cet épisode de la vie de Mahomet inspira à Voltaire une tragédie intitulée :

« Le fanatisme ou Mahomet le Prophète ».

Elle fut écrite par Voltaire en 1736. Elle fut jouée à Paris le 9 août 1742 et déclencha bien des oppositions. Si bien qu'elle fut, de tous temps, censurée. La dernière fois, lorsqu'un Genevois voulut la faire représenter en 1993, Tariq Ramadan (frère Tariq) parvint à la faire interdire.

En janvier 1741, de Rotterdam, Voltaire adressa une copie de cette tragédie à Frédéric II roi de Prusse ; copie accompagnée d'une lettre annexée à une édition du « Fanatisme » de 1825 à Paris chez Dupont. En voici un extrait :

« ...mais qu'un marchand de chameaux excite une sédition dans sa bourgade ; qu'associé à quelques malheureux coracites, il leur persuade qu'il s'entretient avec l'ange Gabriel ; qu'il se vante d'avoir été ravi au ciel, et d'y avoir reçu une partie de ce livre inintelligible qui fait frémir le sens commun à chaque page ; que pour faire respecter ce livre il porte dans sa patrie le fer et la flamme ; qu'il égorge les pères, qu'il ravisse les filles, qu'il donne aux vaincus le choix de sa religion ou de la mort : c'est assurément ce que nul homme ne peut excuser, à moins qu'il ne soit né Turc, et que sa superstition n'étouffe en lui toute lumière naturelle.
Je sais que Mahomet n'a pas tramé précisément l'espèce de trahison qui fait le sujet de cette tragédie. L'histoire dit seulement qu'il enleva la femme de Séïde, l'un de ses disciples, et qu'il persécuta Abusofian, que je nomme Zopire ; mais quiconque fait la guerre à son pays, et ose la faire au nom de Dieu, n'est-il pas capable de tout ? Je n'ai pas prétendu mettre seulement une action vraie sur la scène, mais des mœurs vraies ; faire penser les hommes comme ils pensent dans les circonstances où ils se trouvent, et représenter enfin ce que la fourberie peut inventer de plus atroce, et ce que le fanatisme peut exécuter de plus horrible. Mahomet n'est ici autre chose que Tartufe les armes à la m
ain.

Je me croirais bien récompensé de mon travail, si quelqu'une de ces âmes faibles, toujours prêtes à recevoir les impressions d'une fureur étrangère, qui n'est pas au fond de leur cœur, peut s'affermir contre ces funestes séductions par la lecture de cet ouvrage ; si, après avoir eu en horreur la malheureuse obéissance de Séide, elle se dit à elle-même : Pourquoi obéirais-je en aveugle à des aveugles qui me crient : Haïssez, persécutez, perdez celui qui est assez téméraire pour n'être pas de notre avis sur des choses même indifférentes que nous n'entendons pas ? Que ne puis-je servir à déraciner de tels sentiments chez les hommes ! L'esprit d'indulgence ferait des frères, celui d'intolérance peut former des monstres. »

Voltaire avait reçu une traduction du Coran faite par un Anglais nommé Sale et manifestement Voltaire avait tout compris !

J.D. 24 février 2015

portrait de Voltaire, image du net

portrait de Voltaire, image du net

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