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21 octobre 2015 3 21 /10 /octobre /2015 16:40

Après Louis XVI, il y eut encore 6 rois en France, dont 3 seulement régnèrent, on peut donc contester aux 3 autres d'avoir été rois de France. Mais pour les royalistes, et les historiens « puristes », ils eurent bien le titre de roi même si ce ne fut que de façon très éphémère. Les voici :

Louis XVII :

Fils de Louis XVI et de Marie-Antoinette, il naquit à Versailles le 27 mars 1785 et fut titré « duc de Normandie » à sa naissance. Il fut enfermé à la prison du Temple en même temps que ses parents, sa sœur (Marie-Thérèse) et sa tante (Elisabeth) à partir du 13 août 1792.

A la prison du Temple, ce fut d'abord Louis XVI qui s'occupa de l'éducation de son fils, puis Marie-Antoinette après la mort de Louis XVI (le 21 janvier 1793).

Dès la mort de Louis XVI, les royalistes considérèrent son fils comme le nouveau roi sous le nom de Louis XVII.

Par arrêté du Comité de Salut public du premier juillet 1793, il fut retiré à sa mère et confié, toujours à l'intérieur de la prison du temple, au cordonnier Antoine Simon. Ce Simon était un ivrogne et fut choisi volontairement. Voici ce qu'écrit Alphonse de Lamartine dans « Histoire des Girondins » (publiée en 1847) au livre quarante-sixième, chapitre XI:

« ….Le cordonnier Simon, choisi à la brutalité de ses mœurs, pour remplacer le cœur d'une mère, emporta le Dauphin dans la chambre où ce jeune roi devait mourir. L'enfant resta deux jours couché sur le plancher sans vouloir prendre de nourriture. Aucune supplication de la reine ne put obtenir de la Commune la grâce d'entrevoir une seule fois son fils. Le fanatisme avait tué la nature....

Le cynisme et la brutalité de Simon dépravait à la fois le corps et l'âme de son pupille. Il l'appelait le louveteau du Temple. Il le traitait comme on traite les petits des animaux féroces surpris à la mère et réduits en captivité, à la fois intimidés par les coups et énervés par l'apprivoisement de leurs gardiens. Il punissait en lui la sensibilité. Il récompensait la bassesse. Il encourageait le vice. Il enseignait à l'enfant à injurier la mémoire de son père, les larmes de sa mère, la pitié de sa tante, l'innocence de sa sœur, la fidélité de ses partisans. Il lui faisait chanter des chansons obscènes en l'honneur de la République, de la lanterne et de l'échafaud. Souvent ivre, Simon se plaisait à ces dérisions de la fortune qui réjouissaient sa bassesse. Il se faisait servir à table, lui assis, l'enfant debout...C'était la crapule et la brutalité chargées par le sort d'avilir et de dénaturer le dernier germe de la royauté... ».

et au chapitre IV du livre cinquante-septième du même ouvrage :

« Le 19 janvier (1794), l'avant-veille de l'anniversaire de la mort du roi, on séquestra entièrement le Dauphin, comme une bête fauve, dans une chambre haute de la tour, où personne ne pénétrait plus. Simon seul lui jetait, en entrouvrant la porte, ses aliments. Une cruche d'eau, rarement renouvelée, était son breuvage. Il ne sortait plus de son lit, qui n'était jamais remué. Ses draps, sa chemise, ses chaussures, ne furent pas renouvelés pendant plus d'un an. Sa fenêtre fermée par un cadenas, ne s'ouvrait plus à l'air extérieur. Il respirait continuellement sa propre infection. Il n'avait ni livre, ni jouet, ni outils pour occuper ses mains. Ses facultés actives, refoulées en lui par l'oisiveté et la solitude, se dépravaient. Ses membres se nouaient. Son intelligence s'asphyxiait sous la continuité de sa terreur. Simon semblait avoir reçu l'ordre d'éprouver jusqu'à quel degré d'abrutissement et de misère on pouvait faire descendre le fils d'un roi ».

Dans ces conditions il n'est pas surprenant que l'enfant mourut de tuberculose le 8 juin 1795, à l'âge de 10 ans et après 3 années d'emprisonnement. Une autopsie eut lieu le 9 juin. Le chirurgien enleva le cœur qui passa de main en main, fut l'objet d'une analyse ADN en l'an 2000 (la comparaison put être faite avec des cheveux de Marie-Antoinette) et finalement l'urne funéraire contenant le cœur fut placée le 8 juin 2004 dans la chapelle des Bourbons à la basilique Saint Denis.

*Marie-Thérèse de France sœur de Louis XVII née à Versailles le 19 décembre 1778 et nommée « madame Royale » à sa naissance, fut aussi internée à la prison du Temple. Par décret de la Convention du 30 juin 1795, elle fut échangée le 19 décembre 1795 contre 6 prisonniers français détenus en Autriche dont Drouet qui avait fait arrêter Louis XVI à Varennes (voir note N°253 http://jean.delisle.over-blog.com/2015/08/varennes-n-253.html).

Elle avait été surnommée « l'orpheline du Temple » et devint duchesse d'Angoulême lorsqu'elle épousa son cousin Louis (fils du futur Charles X) le 10 juin 1799. Elle prit une place importante à la cour de France durant la Restauration. Pendant les « Cent jours », Napoléon dit d'elle, qu'elle était « le seul homme de la famille des Bourbons ». Elle s'exila avec son mari et son beau-père (Charles X qui était aussi son oncle) au moment de la Révolution de 1830 et mourut le 19 octobre 1851. Elle fut inhumée en Slovénie. Elle n'eut pas de descendance mais s'occupa de l'éducation de son neveu Henri (voir ci-dessous à Henri V) et de sa sœur Louise après l'assassinat de leur père le duc de Berry (autre fils de Charles X) le 13 février 1820.

Louis XVIII :

Il naquit à Versailles le 17 novembre 1755. Fils de Louis de France et de Marie-Josèphe de Saxe ; il fut titré comte de Provence à sa naissance.

Il est le frère de Louis XVI, de Charles X, d'Elisabeth... et par conséquent le petit-fils de Louis XV.

Il s'enfuit de France le 20 juin 1791 et parvint à Bruxelles, puis s'installa à Coblence, puis en Suède en 1804, en Lettonie (alors russe) fin 1804 et en Angleterre en juin 1807.

A la mort de Louis XVI, il avait proclamé le dauphin roi de France sous le nom de Louis XVII et s'était attribué le titre de régent, puis de roi après la mort de Louis XVII.

Il devint réellement roi le 6 avril 1814 lors de la première abdication de Napoléon, jusqu'au 20 mars 1815 (retour de Napoléon de l'Ile d'Elbe). Il se réfugia à Gand et fut surnommé par les humoristes : « notre père de Gand ».

Puis à nouveau roi du 8 juillet 1815 (après la seconde abdication de Napoléon) au 16 septembre 1824 date de son décès. Très malade, sa fin de règne fut difficile. Il est inhumé à Saint Denis.

Il épousa à Versailles Marie-Joséphine de Savoie le 14 mai 1771. Celle-ci décéda le 13 novembre 1810 et n'eut par conséquent pas le temps d'être réellement reine de France.

En devenant roi de France, Louis XVIII octroya une constitution parlementaire au peuple de France, tentant ainsi de concilier Révolution, premier empire et royauté.

Le principal fait de son règne est une intervention militaire en Espagne. En juillet 1822, le roi d'Espagne avait été séquestré avec sa famille par des opposants libéraux.

Une réunion de têtes couronnées tenue à Vérone confia à la France le soin de remettre Ferdinand VII sur le trône. Ce fut la première intervention militaire française depuis Waterloo. Elle fut confiée à Louis duc d'Angoulême (fils du futur Charles X et neveu de Louis XVIII) qui parvint à remettre Ferdinand sur son trône. Le principal fait d'armes de cette campagne fut la prise du fort de Trocadéro, près de Cadix le 31 août 1823.

CHARLES X :

Il naquit à Versailles le 9 octobre 1757 et fut titré comte d'Artois. Fils de Louis de France et de Marie-Josèphe de Saxe, et par conséquent frère de Louis XVI, de Louis XVIII, petit-fils de Louis XV...

Il avait émigré dès le 16 juillet 1789 pour Turin puis Bruxelles, Coblence et la Grande-Bretagne.

Il devint roi à la mort de son frère (Louis XVIII). Il se fit couronner roi à Reims le 29 mai 1825, reprenant ainsi les anciennes traditions royales. Partisan du retour au pouvoir royal de l'ancien régime, il mécontenta l'opposition libérale notamment en faisant voter l'indemnisation des nobles spoliés par la Révolution (loi dite du milliard pour les émigrés). Il dut abdiquer lors de la révolution des 27, 28 et 29 juillet 1830. Cette abdication fils de son fils Louis le nouveau roi de France.....pendant 20 minutes écrivent les auteurs, car Louis abdiqua lui-même dans la foulée.

Charles avait épousé le 16 novembre 1773 Marie-Thérèse de Savoie (sœur de Marie-Joséphine épouse de Louis XVIII). Marie-Thérèse décéda le 2 juin 1805. Comme sa sœur, elle n'eut pas le temps de devenir reine de France. Sur les relations entre la Cour de France et la Maison de Savoie, voir la note N°66 http://jean.delisle.over-blog.com/article-histoire-de-la-maison-de-savoie-59295182.html.

Le règne de Charles X fut court mais on lui doit l'intervention de 1827 qui permit l'indépendance de la Grèce alors occupée par les Ottomans (voir la note N°9 http://jean.delisle.over-blog.com/article-grece-independance-58616338.html) et aussi l'intervention en Algérie (prise d'Alger le 6 juillet 1830).

Charles X s'exila d'abord en Ecosse, puis à Prague enfin en Autriche où il mourut du choléra le 6 novembre 1836.

LOUIS XIX :

Il naquit à Versailles le 6 août 1775, fils de Charles X et de Marie-Thérèse de Savoie, titré duc d'Angoulême à sa naissance par Louis XVI.

Il épousa le 10 juin 1799 sa cousine Marie-Thérèse de France fille de Louis XVI et de Marie-Antoinette dont il n'eut pas de descendance.

Il fut colonel des cuirassiers et dragons, grand amiral de France, puis généralissime des armées d'Espagne (voir ci-dessus à Louis XVIII). Devenu roi de France par l'abdication de son père Charles X, il contresigna cette abdication 20 minutes plus tard en faveur d'Henri petit-fils de Charles X. Il s'exila en même temps que son père et mourut le 3 juin 1844 en Autriche et fut inhumé en Slovénie avec Charles X

HENRI V :

Il naquit le 29 septembre 1820 à Paris au palais des Tuileries. Il fut titré duc de Bordeaux par Louis XVIII. Il est le fils de Caroline « de Naples et des 2 Siciles » et du duc de Berry fils de Charles X. Il eut aussi le titre de comte de Chambord. L'abdication successive de Charles X et de Louis XIX faisait de lui un nouveau roi de France. Mais en même temps qu'il abdiquait, et compte tenu que Henri V n'avait que 10 ans, Charles X avait nommé un lointain cousin Régent, lequel conserva le pouvoir après avoir été « Régent du Royaume » du 2 au 9 août 1830. Henri V n'eut donc le titre de roi que durant 7 jours. Il mourut le 24 août 1883 en Autriche.

Il avait épousé le 15 novembre 1846 Marie-Thérèse de Modène dont il n'eut pas de descendance.

Toute sa vie, Henri V tenta de faire valoir ses droits au trône de France. Après la chute de Napoléon III, les élections législatives de février 1871, amenèrent à l'assemblée 240 députés républicains et 400 royalistes. Mais il y avait des divisions entre les royalistes « légitimistes » (partisans des descendants de Charles X donc d'Henri V) et « orléanistes » (partisans des descendants du duc d'Orléans, Philippe-Egalité). En outre Henri V refusa le retour du drapeau tricolore. Ce fut donc la troisième République et non la royauté qui succéda au second empire.

LOUIS-PHILIPPE :

Il naquit le 6 octobre 1773 à Paris au Palais royal. Il est le fils de Marie-Adélaïde de Bourbon et de Philippe duc d'Orléans, surnommé Philippe Egalité (qui fut guillotiné le 6 novembre 1793). A sa naissance, il fut titré duc de Valois, puis duc de Chartres en 1785, duc d'Orléans en 1793 après la mort de son père.

Il devint lieutenant général du royaume du 31 juillet au 2 août 1830, Régent du royaume du 2 au 9 août 1830 puis proclamé « roi des Français » par la Chambre des députés à compter du 9 août 1830.

Il avait obtenu le grade de colonel en juin 1791. Il servit sous les ordres de Dumouriez et participa aux batailles de Valmy et de Jemmapes en y prenant une part importante. Son nom, en tant que duc de Chartres, figure d'ailleurs sur l'Arc de triomphe de l'Etoile. Son frère duc de Montpensier avait été son aide de camp au cours de ces batailles.

Il suivit Dumouriez lorsque celui-ci s'enfuit à l'étranger. Il passa successivement en Suisse, aux Etats-Unis, à La Havane puis en Angleterre à compter de janvier 1800.

Le 25 novembre 1809, il épousa à Palerme Amélie de Bourbon-Siciles (nièce de Marie-Antoinette, tante de Marie-Louise...). Ils eurent 10 enfants dont Louise qui devint la première reine des Belges en épousant Léopold 1er.

Arrivé au pouvoir par la Révolution de 1830, il en fut chassé par celle de 1848 et abdiqua le 24 février 1848, ce qui amena la seconde République française qui n'eut qu'un seul Président (Louis-Napoléon Bonaparte qui fut, de fait, le premier qui eut le titre de Président de la République en France).

Durant le règne de Louis-Philippe, 15 présidents du Conseil se succédèrent dont les plus connus sont Jacques Lafitte, Casimir Perrier, Adolphe Thiers, et François Guizot.

Louis-Philippe qui avait entretenu d'excellentes relations avec la reine Victoria se réfugia en Angleterre où il décéda le 26 août 1850. D'abord inhumé en Angleterre, son corps ainsi que celui de la reine Amélie (décédée en 1864) furent ramenés à la chapelle royale de Dreux en 1866.

L'abdication de Louis-Philippe mit fin non seulement à son règne mais à la royauté française qui avait commencé avec Clovis au cinquième siècle et qui fait partie de notre Histoire de France.

J.D. 21 octobre 2015

Ascendance de Louis-Philippe

Ascendance de Louis-Philippe

initiales de Louis-Philippe sur les portes de la Grand'Chambre du Parlement de Bretagne à Rennes, photo J.D. 22 juin 2015

initiales de Louis-Philippe sur les portes de la Grand'Chambre du Parlement de Bretagne à Rennes, photo J.D. 22 juin 2015

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