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26 décembre 2015 6 26 /12 /décembre /2015 19:00

Joseph Ignace Guillotin naquit à Saintes (Charente-Maritime) le 28 mai 1738. Il fit des études de médecine et obtint son doctorat en 1770.

Il fut « initié » dans une loge, à Angoulême, en 1772 et participa à la création du Grand Orient de France en 1773 par évolution de la Grande loge de France qui avait été créée le 24 juin 1738.

Il épousa Elise Saugrain le 14 juillet 1787 et fut élu député du Tiers-Etat aux Etats-Généraux qui s'ouvrirent à Versailles le 5 mai 1789 et devinrent Assemblée nationale le 17 juin puis Assemblée nationale constituante après le « serment du jeu de paume » le 20 juin 1789.

Le 9 octobre 1789, Guillotin proposa à l'Assemblée l'unification des peines pour les condamnés à la peine capitale.

La peine de mort :

Lorsque les groupes humains prirent de l'importance en nombre et se « socialisèrent », ils durent édicter des règles de fonctionnement et prévoir des sanctions pour les contrevenants et pour ceux qui constituaient un danger pour les autres. Ainsi naquit la justice. La trace la plus ancienne que l'on en conserve vient de Babylone, au dix-huitième siècle avant notre ère, dans un code appelé « code Hammurabi ». Pour asseoir leur autorité, les obsédés du pouvoir contrôlèrent la justice ou se proclamèrent la justice avec droit de vie et de mort sur les autres et ce à travers les siècles et les civilisations. Les mêmes utilisèrent aussi souvent la religion et se prétendirent investis par Dieu.

En France, avant la Révolution il y avait des peines différentes selon les crimes ou forfaits : les voleurs étaient pendus, les hérétiques ou incendiaires allaient au bûcher, les parricides ou régicides étaient écartelés, les faux monnayeurs subissaient le « bouillage » (ils étaient plongés dans un liquide bouillant, généralement de l'eau, mais pour un supplice plus raffiné, ils étaient mis dans l'eau froide, qui était chauffée jusqu'à ce que mort s'en suive), les bandits et meurtriers subissaient le supplice de la roue, dans quelques cas, les condamnés étaient décapités, au sabre ou à l'épée pour les nobles, à la hache pour les roturiers…

Ce droit était inspiré du droit romain (loi des douze tables vers l'an 450 avant notre ère, voir Tite-Live, « Histoire romaine » livre III point 9 et suivants). Le droit romain avait lui-même emprunté aux Grecs.

La guillotine :

En complément de sa proposition du 9 octobre, Guillotin proposa à l'assemblé constituante le 1er décembre 1789, que la peine capitale soit uniformément la décapitation et qu'elle soit effectuée par une machine pour sécuriser et accélérer l'exécution. Dans l'esprit de Guillotin il s'agissait de rendre la peine de mort moins barbare et il fut horrifié que son nom reste attaché à cet engin de mort.

Des machines à décapiter avaient déjà été utilisées dans les siècles précédents en Italie, Allemagne, Ecosse … Guillotin ne fut donc pas l'inventeur de cette machine, il en fut seulement le promoteur en France.

Il se rapprocha d'Antoine Louis, médecin du roi (Louis XVI) pour mettre au point la machine à décapiter. Louis XVI qui s'intéressait à la mécanique eut même l'occasion de donner son avis !

Louis et Guillotin confièrent l'exécution de l'engin à un artisan nommé Tobias Schmidt.
C'est le 25 mars 1792 que Louis XVI signa la loi faisant adopter la machine à trancher la tête des condamn
és.

Le 15 avril 1792 des essais furent effectués à Bicêtre d'abord sur des moutons puis sur des cadavres.

La première exécution eut lieu le 25 avril 1792 pour un voleur nommé Pelletier.

Des machines à trancher la tête furent alors fabriquées en nombre pour en envoyer un exemplaire dans les principaux départements, pour en pourvoir Paris ainsi que les commissaires qui furent envoyés en mission et qui partaient avec leur guillotine !

Dans « Les Blancs et les Bleus » (ouvrage publié en 1867/1868), Alexandre Dumas cite l'exemple de François Goulin commissaire extraordinaire du Directoire qui était arrivé chez les chouans avec sa guillotine, que Cadoudal parvint à faire enlever et à faire guillotiner publiquement avec sa propre guillotine (en 1797?).

A Paris, les lieux d'exécutions furent :

-Place de Grève (devenue place de l'Hôtel de Ville en 1803)

-place du Carrousel (nom donné en 1662)

-au champ de Mars

-place de la Révolution (devenue place de la Concorde le 26 octobre 1795)

-place Saint Antoine ((place de la Bastille depuis le 27 juin 1792)

-barrière du trône renversé ( ancienne place du Trône, devenue place du trône renversé après le 10 août 1792 puis place de la Nation le 14 juillet 1880).

Durant la Révolution, la guillotine eut de nombreux surnoms : La Louisette (à cause d'Antoine Louis) , la Mirabelle (de Mirabeau), le Moulin à silence, le raccourcissement patriotique, le rasoir national, la Monte-à-regret, le Vasistas, la Veuve, la Bécane… mais les mots « guillotine » et « guillotiner » s'imposèrent.

Selon les estimations actuellement disponibles, durant la période révolutionnaire, 19.000 têtes furent tranchées à Paris et 42.000 en Province. Mais ce ne fut qu'une petite partie des exécutions de la Révolution. Un très grand nombre des exécutés n'était probablement coupable de rien. Les termes de « période de la terreur » et de « fureur révolutionnaire » paraissent justifiés. Mais qui réhabilitera les innocents exécutés ?

Il ne manqua jamais de volontaires pour exercer la fonction de bourreau ni de foule pour assister aux exécutions ; ce qui ne fut ni propre à la Révolution ni à la France. Dans certaines familles on était bourreau de père en fils. Ainsi Louis XVI fut guillotiné par un nommé Charles Louis Sanson issu d'une famille de bourreaux de 1688 à 1847.

Après la Révolution, la décapitation resta mode d'exécution des condamnés à mort en France où la dernière exécution publique eut lieu en 1939 et la dernière décapitation par la guillotine le 10 septembre 1977 à la prison des Baumettes à Marseille, puis la peine de mort fut abolie par une loi votée le 18 septembre 1981 et promulguée le 9 octobre.

C'était l'aboutissement d'une longue chaîne d'interventions, dont on ne rappellera qu'une seule : celle du député Louis-Michel Le Pelletier de Saint Fargeau qui demanda, le 3 mai 1791, l'abolition de la peine de mort et des galères, devant l'Assemblée constituante.

J.D. 26 décembre 2015

Charlotte Corday après l'assassinat de Marat tableau de 1880 de Jean-Joseph Weerts, musée de Roubaix

Charlotte Corday après l'assassinat de Marat tableau de 1880 de Jean-Joseph Weerts, musée de Roubaix

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