Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
23 février 2016 2 23 /02 /février /2016 15:58

1-la conquête française :

*Après Brienne et l'école militaire de Paris, c'est le 28 septembre 1785, que Napoléon Bonaparte recevait son grade de lieutenant d'artillerie. Né le 15 août 1769, il avait tout juste 16 ans.

*Affecté en garnison dans différentes villes, il se retrouva à Toulon en septembre 1793 au moment où Barras y était envoyé en mission, par la Convention nationale, pour reprendre la ville qui s'était livrée aux Anglais. Barras donna son titre de capitaine à Bonaparte. Dès le 19 décembre la ville était complètement reprise et le 22, Bonaparte était nommé général de brigade, il avait 24 ans.

*En octobre 1795, pour faire face à une tentative de reprise de pouvoir par les royalistes à Paris, Barras fit appel à Bonaparte. C'est ce qu'on appelle dans les livres d'histoire, le « 13 vendémiaire » (5 octobre 1795). Bonaparte fit mitrailler les nobles sur le parvis de l'église Saint Roch (dans l'actuelle rue Saint Honoré, 1er arrondissement). Pauvre Saint Roch, lui qui avait passé sa courte vie à aider les autres, il ne méritait pas qu'une des églises dédiées à son nom, serve « de mur des mitraillés ». A l'époque, cela sauva la République. Dès le 16 octobre, Bonaparte était général de division et Barras devenait le principal Directeur du Directoire qui succéda à la Convention nationale le 26 octobre 1795.

*Barras commençait à s'inquiéter de la popularité du jeune général. Il réalisa une double opération : Le mariage de Napoléon le 19 mars 1796 le débarrassait de sa maîtresse (Joséphine) et d'autre part il l'envoyait comme général en chef de l'armée d'Italie, en espérant probablement que des échecs rabaissent sa gloire.

*Mais ce fut la fulgurante campagne d'Italie au cours de laquelle les armées sardes mais surtout autrichiennes furent bousculées dans toute l'Italie du nord au terme d'une impressionnante collection de victoires.

*C'est le 12 mai 1797 que les soldats de Bonaparte entrèrent à Venise. Bonaparte mit fin à 11 siècles d'histoire de la République de Venise, qui n'était, il est vrai, à ce moment là, plus que l'ombre d'elle même. Le dernier doge abdiqua.

*Tout au long de la campagne d'Italie, Bonaparte rançonna et fit parvenir au Directoire d'importantes sommes d'argent. Il s'empara également, spécialement à Venise, de beaucoup d’œuvres d'art qu'il fit parvenir en France. Des Vénitiens en gardent encore une grande rancœur, comme ce gardien de musée rencontré à la Ca' d'Oro le 5 février 2016 et qui prenait à témoins contre Napoléon et contre la France tous les touristes de passage. Pourquoi pas, sauf que le pillage de Constantinople par les Vénitiens lors de la quatrième croisade, ne lui posait par contre aucun problème : deux poids, deux mesures !

2-première occupation autrichienne :

L'armée française occupa et administra Venise. Mais Bonaparte négocia avec l'Autriche sans guère se soucier du Directoire. Par le traité de Campoformio (aujourd'hui Campoformido dans la province d'Udine) du 18 octobre 1797, Napoléon cédait la Vénétie à l'Autriche, mais la France conservait la Lombardie et récupérait les Flandres autrichiennes (la Belgique), ce qui était une régularisation puisque l'armée française occupait aussi bien la Lombardie que la Belgique. Il n'était pas encore dans les mœurs internationales que les populations concernées par les traités soient consultées.

L'Autriche organisait alors les « Etats Autrichiens d'Italie » en Vénétie. Les occupants français avaient été détestés par la population locale, les Autrichiens le furent plus encore. Le même phénomène avait été observé dans le Piémont. Voir les mémoires de Philippine de Sales (grand-mère de Camillo Cavour) : note N°52 http://jean.delisle.over-blog.com/article-philippine-de-sales-et-le-piemont-89037776.html

3-retour à la France :

L'Autriche ayant rejoint la troisième coalition contre la France (en rappelant qu'il y eut 7 coalitions contre la France de 1792 à 1815 et que cela se situait dans une longue tradition, commencée en 1214, de coalitions anti-françaises, et qui ne se termina qu'en 1815), son armée fut vaincue à Ulm (en Allemagne sur le Danube) en octobre 1805 et surtout à la célèbre bataille d'Austerlitz (dans l'actuelle République tchèque, proche de la frontière autrichienne) le 2 décembre 1805. L'empereur François 1er d'Autriche fut contraint de signer le traité de Presbourg (aujourd'hui Bratislava en Slovaquie) le 26 décembre 1805. La France récupéra la Vénétie.

Napoléon 1er avait été proclamé roi d'Italie le 17 mars 1805 et couronné à Milan le 26 mai 1805. La Vénétie fut intégrée à ce royaume d'Italie dont la capitale était à Milan. Eugène de Beauharnais était vice-roi.

En 1812, la Vénétie devint le département de l'Adriatique (Adriatico) et fit partie des 24 départements créés dans le royaume d'Italie de Napoléon et dont voici la liste, pour mieux délimiter ce royaume ; avec entre-parenthèses le chef-lieu du département :

Adda (Sondrio) ; Adige (Vérone) ; Adriatique (Venise) ; Agogna (Novare) ; Bacchiglione (Vicence) ; Bas-Pô (Ferrare) ; Brenta (Padoue) ; Crostolo (Reggio Emilia) ; Haut-Adige (Trente) ; Haut-Pô (Crémone) ; Lario (Côme) ; Mella (Brescia) ; Métaure (Ancône) ; Mincio (Mantoue) ; Musone (Maserata) ; Olona (Milan) ; Panaro (Modène) ; Passaeiano (Udine) ; Piave (Belluno) ; Reno (Bologne) ; Rubicon (Forli) ; Serio (Bergame) ; Tagliamento (Trévise) ; Tronto (Fermo).

Ces 24 départements italiens s'ajoutèrent aux 14 départements créés dans la zone de l'Italie directement rattachée à la France par Napoléon ; voir liste sur fiche N°21 http://jean.delisle.over-blog.com/article-garibaldi-et-verdi--61434798.html

Napoléon eut de grands projets pour Venise. Sa première abdication, le 6 avril 1814, entraîna quelques jours plus tard (le 21 avril) la fin de son royaume d'Italie.

4-nouvelle occupation autrichienne :

le 7 avril 1815 était proclamé le Royaume de Lombardie-Vénétie, plus souvent appelé Royaume lombard-vénitien, complètement sous la coupe de l'Autriche.

En 1848, année de Révolutions dans beaucoup de pays d'Europe, les Vénitiens se soulevèrent contre l'occupant le 17 mars, proclamèrent la République de Saint Marc le 22 mars (voir fiche N°45 http://jean.delisle.over-blog.com/article-les-republiques-en-italie-79062862.html). Charles-Albert roi de Sardaigne se lançait dans une guerre contre l'Autriche mais fut vaincu et dut abdiquer. Les Vénitiens durent capituler le 22 août 1849 et il semble que les Autrichiens en reprenant la ville ne firent pas de cadeaux aux patriotes !

Il fallut la guerre de la Prusse contre l'Autriche en 1866, pour que Venise et la Vénétie rejoignent l'Italie, voir fiche 273 http://jean.delisle.over-blog.com/2016/02/la-venetie-n-273.html.

Au total, par occupation directe ou par royaume inféodé interposé, Venise aura été française moins de 10 ans et autrichienne un peu plus de 50 ans. Il semble cependant que la présence française ait laissé au moins autant de traces que l'autrichienne. La personnalité de Napoléon ne laisse pas indifférent que l'on soit pour ou contre et ceci explique probablement cela.

On trouvera en illustrations 4 représentations de Napoléon extraites de « The wars of Napoléon », ouvrage publié en 2003 par le département d'Histoire de l'Académie militaire de West-Point.

J.D. 23 février 2016

P.S. la récapitulation thématique des notes de ce blog se trouve sur la fiche N°76 http://jean.delisle.over-blog.com/article-blog-liste-des-articles-111165313.html

et la récapitulation des illustrations sur la fiche N°219 http://jean.delisle.over-blog.com/2015/01/illustrations-jointes-aux-notes-du-blog-n-219.html

Napoléon en 1784

Napoléon en 1784

Napoléon en 1796

Napoléon en 1796

Napoléon en 1810 et 1814

Napoléon en 1810 et 1814

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Présentation

Recherche

Liens