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4 septembre 2016 7 04 /09 /septembre /2016 06:29

En cherchant tout-à-fait autre chose, je suis tombé sur ce texte de Victor Hugo :


« À Paris, le vandalisme fleurit et prospère sous nos yeux. Le vandalisme est architecte. Le vandalisme se carre et se prélasse. Le vandalisme est fêté, applaudi, encouragé, admiré, caressé, protégé, consulté, subventionné, défrayé, naturalisé. Le vandalisme est entrepreneur de travaux pour le compte du gouvernement. Il s’est installé sournoisement dans le budget, et il le grignote à petit bruit, comme le rat son fromage. Et certes, il gagne bien son argent. Tous les jours il démolit quelque chose du peu qui nous reste de cet admirable vieux Paris. Que sais-je ? le vandalisme a badigeonné Notre-Dame, le vandalisme a retouché les tours du Palais-de-Justice, le vandalisme a rasé Saint-Magloire, le vandalisme a détruit le cloître des Jacobins, le vandalisme a amputé deux flèches sur trois à Saint-Germain-des Près. » — (Victor Hugo, Guerre aux démolisseurs, 1832.)

Depuis 1825, Victor Hugo se désespérait de voir de nombreux monuments anciens démolis pour récupérer les matériaux, pour faire de la place… sans aucune considération pour le passé et l'Histoire. Il réclamait une loi de protection des monuments. L'intérêt pour la conservation du patrimoine avait commencé dans les dernières années du règne de Louis XVI et les premières années de la Révolution mais il fallut attendre octobre 1830 pour que soit créé un poste d'inspecteur des Monuments Historiques, poste qui fut occupé par Prosper Mérimée à compter du 27 mai 1834. Prosper Mérimée travailla avec Eugène Viollet-le-Duc pour sauver et restaurer un certain nombre de monuments.

C'était un début mais la première loi de véritable sauvegarde du patrimoine ne date que du 31 décembre 1913 ; texte qui n'a cessé d'être complété depuis.

On pourrait bien sûr attribuer les paroles de Victor Hugo sur le vandalisme à bien d'autres objets que la préservation du patrimoine monumental ; chacun en fera bien ce qu'il voudra, pour ce qui me concerne, j'ai recherché le lien entre les Vandales et le vandalisme.

Les Vandales :

Il s'agit d'un peuple d'origine germanique qui participa aux grandes invasions « barbares » de l'empire romain à partir du Ve siècle de notre ère. Les Vandales après avoir traversé la Gaule et l'Espagne s'emparèrent de l'Afrique du Nord, de la Corse, de la Sardaigne. Ils créèrent, de 439 à 534, un royaume vandale dont la capitale fut Carthage.

En 455, partis du port de Saldae (Bougie au temps de l'Algérie française et Béjaia maintenant), les Vandales débarquèrent sur la côte du Latium et ravagèrent Rome durant 15 jours. Rome était un symbole et la ville fut mise à sac à plusieurs reprises au cours de l'Histoire dont :

en -390 par les Gaulois de Brennus, en 410 par les Wisigoths, en 455 par les Vandales, en 546 par les Ostrogoths, en 846 par les Sarrasins, en 1084 par les Normands et en 1527 par les troupes de Charles Quint.

Le 31 août 1794, à la tribune de la Convention, l'abbé Henri Grégoire (1750/1831), député, compara les destructions causées par les Révolutionnaires, au sac de Rome par les Vandales en 455. C'est à cette occasion qu'il utilisa le terme de « vandalisme », dont l'histoire lui a conservé la paternité.

Cet abbé Grégoire, originaire de la Meurthe-et-Moselle, avait été élu à la Constituante en 1789 puis à la Convention en 1792 comme député du Loir-et-Cher. Il se prononça pour l'abolition des privilèges, de la peine de mort, de l'esclavage, participa à la rédaction de la déclaration des droits de l'Homme… Il était en mission en Savoie au moment du vote sur la condamnation à mort de Louis XVI, il n'y participa donc pas.

On trouvera en illustration un tableau du peintre russe Karl Pavlovich Bryullov (ou Briullov) -1799/1852- qui représente le sac de Rome par les Vandales en 455.

J.D. 4 septembre 2016


le sac de Rome en 455

le sac de Rome en 455

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