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13 avril 2017 4 13 /04 /avril /2017 16:44

Le Saint Suaire N° 367

 

On appelle Saint Suaire ou Saint Suaire de Turin une étoffe de fibres de lin tissé de 4,42 mètres de long de 1,13 mètre de large et de 3 à 4 millimètres d'épaisseur, censée avoir servi de linceul au Christ lors de la mise au tombeau.

L'origine vient des textes des évangiles dont voici la partie concernant un linceul utilisé lors de la mort de Jésus :

*Evangile selon Saint Matthieu : «Le soir venu, il arriva un homme riche d'Arimathie (ville de Judée, aujourd'hui Rantis en Israël), nommé Joseph, qui s'était fait, lui aussi, disciple de Jésus. Il alla trouver Pilate et demander le corps de Jésus. Alors, Pilate ordonna qu'on le lui remît. Joseph prit donc le corps, le roula dans un linceul propre et le plaça dans le tombeau tout neuf qu'il s'était fait tailler dans le roc... »

*Evangile selon Saint Marc : « Joseph d'Arimathie, membre notable du Conseil (il s'agit du sanhédrin tribunal civil et religieux des Juifs, à l'époque), qui attendait lui aussi le royaume de Dieu, s'en vint hardiment trouver Pilate et demanda le corps de Jésus. Pilate s'étonna qu'il fut déjà mort et, ayant fait appeler le centurion, lui demanda s'il était déjà mort. Informé par le centurion, il octroya le corps à Joseph. Celui-ci ayant acheté un linceul, descendit Jésus de la croix, l'enveloppa dans le linceul et le déposa dans une tombe qui avait été taillée dans le roc... »

*Evangile selon Saint Luc : « Survint alors un membre du Conseil, nommé Joseph, homme droit et juste. Celui-là ne s'était associé ni au dessein ni aux actes des autres. Il était d'Arimathie, ville juive, et attendait le royaume de Dieu. Il alla trouver Pilate et demanda le corps de Jésus. Puis il le descendit de la croix, le roula dans un linceul et le plaça dans une tombe taillée dans le roc, où personne encore n'avait été mis…. »

*Evangile selon Saint Jean : « ...Simon-Pierre, qui le suivait, arrive à son tour. Il entre dans le tombeau et il voit les bandelettes à terre, ainsi que le suaire qui recouvrait sa tête ; ce dernier n'était pas avec les bandelettes, mais roulé dans un endroit à part... »

 

Qu'est devenu le linceul qui fut utilisé pour la mise au tombeau du Christ ? Nous ne le savons pas.

-Il faut attendre l'an 544 pour trouver trace à Edesse (nom antique de l'actuelle ville d'Urfa dans le sud de la Turquie) d'un tissu présenté comme étant le linceul du Christ.

-Il arrive à Constantinople le 15 août de l'an 944 puis en disparaît lors du pillage de la ville par les croisés de la quatrième croisade en l'an 1204.

-On le retrouve en 1357 dans la collégiale de Lirey en Champagne (près de Troyes dans l'Aube) propriété d'un Geoffroy de Charny époux d'une descendante d'Othon de la Roche, un des chevaliers qui participa à la prise de Constantinople en 1204.

-Une Marguerite de Charny vend le tissu en 1453 à la Maison de Savoie. Le duc Louis de Savoie l'achète à la demande de sa femme Anne de Chypre.

-Durant quelques temps, l'étoffe suit la famille ducale dans ses déplacements puis est transférée officiellement au cours d'une cérémonie dans la sainte Chapelle du château le 11 juin 1502. Cette chapelle avait été construite sous le règne d'Amédée VIII entre 1408 et 1430. La présence du Saint Suaire amène de nombreux pèlerins à Chambéry.

-Dans la nuit du 3 au 4 décembre 1532 un incendie endommagea gravement la chapelle du château (appelé aujourd'hui « château des ducs de Savoie»). La chasse métallique (en argent) qui contenait le suaire fondit en partie endommageant le tissu, l'eau utilisée pour combattre l'incendie également.

-en 1534, le suaire est confié aux sœurs clarisses pour restauration.

-Cet ordre religieux avait été fondé en 1212 par Claire d'Assise 1193/1253 (devenue Sainte Claire, dès le 26 septembre 1255). A Chambéry un premier couvent de ces religieuses avait été fondé à la fin du treizième siècle et situé « hors les murs ». Un second établissement nommé « monastère de sainte Claire en ville » avait été fondé en 1471 avec l'aide financière de Yolande de France qui avait été mariée en 1452 avec le duc de Savoie Amédée IX. En 1471, Yolande était déjà régente de fait. Ce couvent se trouvait dans l'actuelle rue de Boigne à Chambéry, à l'emplacement de l'hôtel des Princes (au 4 bis rue de Boigne). Une inscription sur la façade de l'hôtel le rappelle, voir illustration. Pour les touristes qui sont passés à Chambéry, la rue de Boigne est cette rue à arcades qui mène du château à la fontaine des éléphants.

-Pour la petite histoire locale, cet hôtel des Princes appartint à partir de 1909 à un Joseph Carron de Saint Jean d'Arvey. C'est sa fille Andrée Joséphine (1898/1976) qui épousa l'Aga Khan III (1877/1957 ) : mariage civil à Aix-les-Bains le 9 décembre 1929 et religieux à Bombay le 13 décembre.

-Les Clarisses réparèrent le Saint Suaire avec notamment quelques ajouts à l'étoffe d'origine.

-en 1562, le duc de Savoie Emmanuel-Philibert transféra la capitale des États de Savoie de Chambéry à Turin.

-en septembre 1578, le Saint Suaire fut « emprunté » à Chambéry par Turin pour être présenté à Charles Borromée archevêque de Milan de passage à Turin. Mais bien sûr le suaire ne fut pas rendu. Les Savoyards furent trop crédules.

-A Turin le Saint Suaire est depuis conservé dans une chapelle de la cathédrale Saint Jean Baptiste (la première pierre de cette cathédrale fut posée par la régente Blanche de Montferrat le 22 juillet 1491 et l'église consacrée le 21 septembre 1505), chapelle appelée : »capella della Sacra Sindone ».

-le 28 mai 1898, un photographe nommé Secondo Pia réalisa le premier cliché photographique de l'étoffe et le négatif montra le corps d'un homme.

-C'est le 18 mars 1983 que Humbert II, qui fut le dernier roi d'Italie (du 9 mai au 13 juin 1946), fit don du Saint Suaire au Vatican en la personne de Jean-Paul II.

-un incendie dans la nuit du 11 au 12 avril 1997 dans la cathédrale de Turin, aurait pu détruire la relique, elle fut sauvée par un jeune pompier nommé Mario Trematore.

-Tout au long du vingtième siècle, des scientifiques se penchèrent sur cette relique pour tenter de déterminer si elle datait de l'époque du Christ ou non. Tout fut analysé : les pollens contenus dans les tissus, la technique de tissage, le tissus lui-même … Il y en eut « pour » et d'autres « contre » ; chaque camp s'accusant de parti pris et de mauvaise foi. Le camp des « contre » pensa l'avoir emporté en 1988 avec des analyses au carbone 14 qui révélèrent que l'étoffe n'était pas contemporaine de la période de vie du Christ. Mais ces analyses sont depuis contestées et l'on est revenu à la case départ !

-N'ayant personnellement aucune culture scientifique, je n'ai pas compétence pour donner un avis, mais il me semble que pour ceux qui honorent cette relique, qu'elle soit l'authentique linceul de Jésus Christ ou qu'elle en soit seulement le symbole ne change pas grand-chose à l'affaire.

-Par contre, vivant en Savoie depuis 48 années, il me semblait intéressant de rappeler l'histoire du Saint Suaire et ses liens avec Chambéry et la Savoie.

J.D. 13 avril 2017

 

 

 

inscription sur l'hôtel des Princes à Chambéry, photo J.D. 10 avril 2017

inscription sur l'hôtel des Princes à Chambéry, photo J.D. 10 avril 2017

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