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21 août 2010 6 21 /08 /août /2010 12:32

3 ESSAI DE SYNTHESE

Selon Homère aussi bien que Virgile, Grecs et Troyens parlaient la même langue et à l’évidence, ils avaient les mêmes dieux et les alliances par mariages ne manquaient pas. Dans les textes d’Homère, certains guerriers grecs et troyens portaient d’ailleurs le même nom comme Hypsénor, Acamas, Agelaos, Eurypyle, Hippothoos, Thrasydème, Hélénos, Médon, Adraste.. et l’on trouve une Hippodamie ou une Laodice aussi bien chez les Grecs que chez les Troyens. Tous ces points communs ne sont pas surprenants pour des peuples aussi proches géographiquement, mais ils étaient séparés par la frontière de l’Europe et de l’Asie, de l’Orient et de l’Occident (par les destins auraient pu dire les Anciens), et ils furent ennemis.

Les fouilles réalisées au XIX ème siècle montrèrent une superposition de villes (9 au total dont la plus ancienne remonte à l’an 3000 avant notre ère) qui semblent indiquer que Troie fut détruite autant de fois. (dans les légendes, la première enceinte de Troie fut l’oeuvre d’Apollon et de Poséidon tandis que la première destruction de la ville est attribuée à Héraclès). A l’endroit où elle était placée, cette cité entrait forcément en conflit d’intérêts avec les cités grecques. Troie percevait des péages pour le passage des détroits (Hellespont). Cette cité devait donc être riche et susciter des convoitises. Rien de surprenant qu’il ait pu y avoir des guerres. Les cités grecques se firent bien la guerre tant de fois entre elles. Homère rassembla donc probablement un ensemble de légendes issues des guerres de Troie avec d’autres cités. Entre la date supposée de la guerre de Troie (-1194/-1184) et la translation des faits par Homère, environ 4 siècles s’étaient déjà écoulés, avec toutes les déformations que le temps peut déjà supposer. Pour la beauté de son histoire, Homère en rajouta probablement, d’où les nombreuses interventions des dieux etc. Homère est d’ailleurs classé parmi les poètes et non parmi les historiens. Certains historiens contemporains ont même contesté l’existence d’Homère en pensant que les textes qui lui sont attribués sont de plusieurs auteurs.

Parmi les causes de la guerre de Troie, il convient de citer cette phrase d’Euripide (dans sa tragédie “Hélène”) particulièrement surprenante pour avoir été écrite il y a 2500 ans : “Vinrent ensuite d’autres décrets de Zeus... Car s’il porta la guerre à la terre des Grecs ainsi qu’aux malheureux Troyens, ce fut pour soulager notre mère la Terre du fardeau des mortels qui allaient se multipliant”

Le reflet d’un conflit permanent :
Quoi qu’il en soit, les textes relatifs à la guerre de Troie et à ses suites constituent une oeuvre majeure, patrimoine de l’espèce humaine et qui a inspiré tant d’autres auteurs, peintres, sculpteurs, metteurs en scènes... Quant à la guerre de Troie elle même, on peut penser que son histoire s’inscrit dans le cadre plus large d’un conflit permanent entre l’orient (l’orient d’autrefois étant aujourd’hui le moyen orient) soit Sumériens, Assyriens, Hyksos, Hittites, Mitaniens, Babyloniens, Mèdes, Perses, Parthes, Phéniciens... puis empire Ottoman etc et l’occident (représenté successivement par l’Egypte, la Grèce, Rome, Byzance, etc). La relation par Hérodote des guerres dites médiques (qui opposèrent Grecs et Perses au début du Vème siècle avant notre ère) donne bien le ton de ce conflit permanent., que l’on retrouve encore dans “l’Anabase” de Xénophon où sa relation de l’expédition “des dix mille” (à partir de 402 avant J.C.) devient un épisode des vastes croisades que les Grecs n’ont cessé de mener contre les “barbares” orientaux. Ainsi, dans Hérodote, Xerxès (en 480 avant J.C.) s’apprêtant à envahir la Grèce à la tête “de toutes les forces de l’Asie” (et 10 ans après une tentative de son père Darius qui avait échoué à Marathon); déclare : (au livre VII) “nous donnerons pour bornes à la terre des Perses le firmament de Zeus; le soleil ne verra plus une seule terre limiter la notre, et, avec vous, je réduirai tous ces pays à n’en former plus qu’un seul lorsque j’aurai parcouru l’Europe entière...Nous reviendrons chez nous lorsque nous aurons soumis toute l’Europe”. Hérodote met encore en parallèle (livre VII) la victoire des Grecs contre les Perses à Salamine en -480 et la victoire des Grecs de Sicile emmenés par Gelon de Syracuse contre les Carthaginois venus de Phénicie donc de l’Orient; les deux victoires ont eu lieu le même jour selon Hérodote.

. Virgile lui même dans l’Enéïde (VII-220...) fait dire à Ilioné compagnon d’Enée parlant de la guerre de Troie au roi Latinus : “La lutte qui opposa les destins de l’Europe et de l’Asie...”De même, toujours dans Virgile, Diomède parlant d’Agamemnon l’appelle “Le vainqueur de l’Asie”. Au 2è siècle de notre ère, l’auteur grec Plutarque écrit dans sa “Vie d’Alexandre” : (en 8) “Il voyait dans l’Iliade un viatique de la valeur guerrière, selon l’expression qu’il employait, et c’est ainsi qu’il emporta (lors de son expédition contre les Perses) le texte corrigé par Aristote, qu’on appelle l’édition de la cassette, et qu’il gardait constamment sous son oreiller avec son épée”, (en 15) : “C’est animé de cette ardeur et dans cette disposition d’esprit qu’il traversa l’Hellespont. Il monta à Ilion où il fit un sacrifice à Athéna et des libations aux héros....il couronna le tombeau d’Achille et glorifia le héros...”- un siècle et demi plus tôt, Xerxès envahissant la Grèce s’était aussi arrêté à Troie pour sacrifier à Athéna et aux Héros-, (en 26) : “Comme on lui avait apporté une cassette que les gardiens des trésors et des meubles enlevés à Darios avaient jugée précieuse entre toutes, il demanda à ses amis ce qu’ils croyaient le plus digne d’y être enfermé. Il y eut autant de réponses que de personnes présentes et lui-même déclara qu’il y déposerait et conserverait l’Iliade. Voilà ce qu’ont écrit plusieurs témoins dignes de foi. Et si ce récit que font les Alexandrins sur la foi d’Héraclide est vrai, alors il semble qu’Homère ne fut pas dans cette campagne un poids mort, inutile”, (en 38) : (à Suse) “Thaïs, la maîtresse de Ptolémée -qui régna ensuite sur l’Egypte- ...dit que sa joie serait plus grande encore s’il lui était donné d’incendier, en un joyeux cortège, la demeure de ce Xersès qui fit brûler Athènes, et d’y mettre le feu sous le regard du roi (Alexandre)...Le roi bondit une couronne sur la tête et une torche à la main...”. Notons au passage que le thème d’Alexandre à Troie a été repris par Raphaël dans une fresque représentant Alexandre le Grand déposant l’oeuvre d’Homère sur le tombeau d’Achille. Cette fresque a été reproduite par la Poste grecque sur un timbre émis en 1977.

Ces textes montrent qu’Alexandre partant conquérir la Perse avait en tête et la guerre de Troie et les guerres médiques et qu’il situait bien son expédition dans le fil de l’Histoire. Il refaisait l’expédition de Xerxès en sens inverse et s’arrêta d’ailleurs aux limites de l’empire perse. En outre, de Suze, Alexandre renverra à Athènes des statues que Xerxès avait prises en -480. Depuis des siècles, des auteurs et non des moindres (comme Tite-Live) se demandent ce qui se serait passé si Alexandre le Grand était parti vers l’Ouest au lieu de partir vers l’Est. Mais pour Alexandre, les Perses étaient l’ennemi héréditaire des Grecs. A son époque, ils avaient annexé l’Egypte, la Phénicie etc et leur empire s’étendait de la Méditerranée à l’Indus. Avec Aristote comme précepteur, Alexandre ne pouvait ignorer les textes des grands auteurs grecs du Vè siècle (Hérodote, Eschyle, Euripide, Sophocle...) et partir combattre les Perses paraissait tellement “naturel” que la question de l’ennemi à combattre n’a même pas dû se poser pour lui..Ce n’est pas l’effet du hasard, tout au moins on peut le penser, si c’est juste après les guerres médiques que les grands auteurs grecs composent sur la guerre de Troie.

Après Alexandre, les Romains poursuivront la lutte millénaire des Grecs contre les “orientaux” Mais si les Grecs les avaient battus à Troie, puis sous Darius 1er, sous Xerxès et au temps d’Alexandre, les Romains eurent autant de continuité dans l’objectif mais moins de chance. Crassus fut le premier à en perdre la vie. A sa suite, César rassembla une grande armée en Illyrie (Yougoslavie) pour aller combattre les Perses mais son assassinat le 15 mars -44 empêcha l’expédition qui sera reprise par Trajan, Valérien, Jovien et beaucoup d’autres. Ils remporteront d’importants succès, mais jamais définitifs et trois empereurs perdront la vie en combattant les Perses/Parthes. Les empereurs byzantins prendront la suite des empereurs romains dans une guerre de “mille ans” (Prenant la suite des Perses qui avaient assiégé Constantinople en 626, le premier siège de Constantinople par les Arabes commença en 668 soit seulement 36 ans après la mort de Mahomet et les combats avec l’armée byzantine avaient débuté dès les années 630) qui se termina par la chute de Constantinople et la mort du dernier empereur (Constantin XII) le 29 mai 1453. Trois ans plus tard, les Musulmans s’emparent d’Athènes puis de toute la Grèce, réalisant ainsi le rêve formé plus de deux mille ans auparavant par Darius Ier, puis par Xerxès...

Au XVIII ème siècle, l’auteur anglais E. GIBBON (histoire du déclin et de la chute de l’Empire Romain) parlant de la première croisade, la présente comme la mobilisation de l’Europe contre l’Asie. Cependant, l’auteur le plus explicite sur la continuité de l’histoire et la permanence du conflit “orient-occident”, est un autre anglais du XXè siècle : J.F.C. FULLER qui fut instructeur à l’école supérieure de guerre de Camberley de 1922 à 1933. Dans son ouvrage :”Les batailles décisives du monde occidental” (édition anglaise en 1958, édition française chez Berger-Levrault en 1980), on peut lire de nombreux passages tels que :

* Tome 1 page 29 : (à propos des guerres médiques et après la première invasion de la Thrace et de la Macédoine par les Perses en -512) “Ainsi débuta une lutte de deux cents ans entre la Grèce et la Perse. Bien qu’elle ait opposé deux peuples indo-européens, il s’agit du premier conflit connu entre l’Europe et l’Asie, entre l’Occident et l’Orient. une lutte qui se distingue des innombrables guerres internes entre peuples et nations européennnes, et qui, jusqu’à ce jour, constitue le plus important problème militaire qu’ait connu l’Europe” (déjà au Ve siècle avant notre ère, Socrate, rapporté par Platon dans « La République » dit que les guerres qui opposent l’Orient et l’Occident sont de nature différente aux guerres internes à chaque camp »).

*Tome 1 page 36 : “Pour la première fois dans leur histoire, les Grecs avaient battu les Perses sur leur propre élément, la terre, et Marathon anima les vainqueurs d’une foi en leur destinée qui devait les accompagner pendant trois siècles, au cours desquels naquit la culture occidentale. C’est à Marathon que l’Europe avait vu le jour”

Tome 1 page 57 : “Cette idée était dans l’air, que la guerre de Troie n’avait été que le prélude à ce drame, que les guerriers de Salamine et de Platée avaient combattu pour la même cause que les héros qui avaient lutté dans la plaine troyenne. Ces batailles marquent la naissance d’un monde occidental dominé par l’intelligence grecque qui devait fonder les bases des siècles à venir. Jamais deux autres batailles ne furent plus fondamentales que Salamine et Platée. Tels les piliers du temple des siècles, elles soutiennent toute l’architecture de l’histoire occidentale”

*Tome 1 page 260 :”L’occasion, qui était belle, dura encore dix ans, car ce ne fut qu’en 1413, que prit fin la guerre de succession entre les trois fils ainés de Bayazid : Soliman, Musa et Mehmet. Mehmet rétablit le sultanat. A cette date, ses possessions européennes ne comprenaient guère autre chose que la ville d’Andrinople. Si les chrétiens avaient été capables de s’unir, comme les Grecs à l’époque de Darius et de Xerxès, ils auraient couronner la défaite ottomane d’Ankara par la prise d’Andrinople. Le pouvoir des Ottomans en Europe aurait ainsi été anéanti”

Ainsi des auteurs grecs du Vè siècle avant notre ère, aux historiens anglais contemporains, il y a unanimité dans la perception de la permanence d’un conflit millénaire entre orient et occident. Sartre, lui-même, dans “Les Troyennes” identifie bien le conflit permanent Orient/Occident; mais contrairement aux auteurs antiques, il met l’Afrique dans le même camp que l’Asie et prend le parti de ces derniers. Ainsi scène IX, le choeur déclame :

C’est de là qu’ils sont partis

la première fois,

pour raser notre ville

et coloniser l’Asie.
Déjà ils nous enviaient nos moissons,

les gens d’Europe,

ils haîssaient déjà notre race

et nous appelaient des sauvages,

eux, les impitoyables...”

On peut encore se donner une idée de l’actualité de la guerre de Troie par les nombreuses émissions de timbres de la poste grecque relatives à la guerre de Troie et à ses héros. On trouve ainsi des émissions de timbres sur Homère et l’illiade en 1954, 1977, 1998, sur Achille et Patrocle en 1959, sur Pénélope en 1966, sur les Cyclopes en 1968, toute une série sur la ville de Troie en 1976, toute une autre série sur les héros de la guerre de Troie en 1983, sur Hécube en 1987, sur Mycène en 1990, sur Iphigénie en 1998. Sans parler d’une émission de timbres en 1968 ayant pour thème : “La lutte des Hellènes pour la civilisation”.

 

4 ANNEXE - DES DIEUX ET DES HOMMES

Les anciens croyaient non seulement que les dieux s’accouplaient entre eux mais encore avec les humains. Les plus malins des humains comprirent vite quel parti ils pouvaient tirer de cette croyance. Une des premières, Hatshepsout devint la première femme pharaon de l’Egypte (sous la XVIII ème dynastie, c’est à dire il y a 3.500 ans) en réussissant à faire croire que sa mère avait été fécondée par Amon-Ré et donc qu’elle était fille du dieu (ce qui est encore gravé sur le temple de Deir-el-Bahari). Hatshepsout fit des émules en très grand nombre et l’on ne compte pas les souverains de l’antiquité qui se prétendirent fils de dieu ou ayant commerce avec eux. En voici quelques exemples parmi beaucoup d’autres:

ALEXANDRE LE GRAND prétendait descendre de Zeus par son père (Philippe II de Macédoine descendant d’Héraclès, donc de Zeus), et par sa mère (Olympias princesse d’Epire descendante d’Achille donc d’Eaque et de Zeus).Lorsqu’il partira combattre les Perses et conquérir leur empire, Alexandre s’arréta à Troie, à la fin de -335 “pour pouvoir déposer une couronne sur la tombe d’Achille et ainsi se concilier le génie du plus humain de ses ancêtres” (voir J.F.C. Fuller “les batailles décisives du monde occidental” tome 1 page 70)

CESAR prétendit lui, descendre de Romulus fils du Dieu Mars et de Rhéa Sylvia descendante d’Enée fils d’Aphrodite/Vénus.

AUGUSTE (selon Suétone, vies des douze Césars -Auguste XCIV) : “Atia, (fille de Julia soeur de César et mère d’Octave/Auguste) s’étant rendue au milieu de la nuit à une cérémonie solennelle en l’honneur d’Apollon, fit placer sa litière dans le temple et s’y endormit, tandis que les autres matrones rentraient à la maison. Or, un serpent se glissa tout à coup auprès d’elle et se retira bientôt après. A son réveil, elle se purifia comme si elle sortait des bras de son mari; dès ce moment, elle porta sur le corps une tache affectant la forme d’un serpent et jamais elle ne put la faire disparaître, si bien qu’elle dut renoncer pour toujours aux bains publics; et, comme Auguste naquit neuf mois après, on le considéra dès lors comme le fils d’Apollon”

NUMA (deuxième roi de Rome il y a 27OO ans - selon Plutarque Vie de Numa 4-2) : “On disait que ce n’était pas par suite d’un dérangement ou d’un égarement d’esprit que ce fameux Numa avait renoncé au commerce des hommes, mais parce qu’il avait gouté à une société plus auguste, parce qu’il avait été jugé digne d’épouser une déesse et qu’il partageait la couche et le séjour de la nymphe Egérie dont il était aimé, ce qui avait fait de lui un homme bienheureux, instruit des choses divines” Et Plutarque qui n’est pas dupe de commenter (Numa 4-12) : “Numa et les personnages du même genre, ayant à manier des foules difficiles à contenir et à satisfaire et apportant de grandes nouveautés dans l’Etat, ont feint qu’ils tenaient de la divinité leurs projets, qui devaient apporter le salut à ceux-là mêmes à qui ils en faisaient ainsi accroire” (Aujourd’hui, si les citoyens sont trop cultivés pour croire que leurs dirigeants descendent de dieux, l’exemple du XX ème siècle avec “ ses cultes de la personnalité” etc montre que si la forme change, le fond ne varie guère!)

Les héros de la guerre de Troie n’échappent pas à la règle et ils sont nombreux à être descendants de dieux soit directement soit par leurs ancêtres. En voici un rappel (non exhaustif)

Dans le camp des Grecs :

Achille est le fils de la déesse Thétis mais il est aussi par son père le petit fils d’Eaque lui même fils de Zeus/Jupiter et de la nymphe Europe

Ajax est également petit fils d’Eaque et donc descendant de Zeus.

Hélène est la fille de Zeus/Jupiter

Ascalaphe est le fils d’Arès/Mars

Agamemnon et Ménélas etaient petits fils de Pélops, lui même fils du roi lydien Tantale et de la déesse Dioné. Tantale étant lui même fils de Zeus/Jupiter et de la titanide Ploutô; Agamemnon et Ménélas avaient ainsi Zeus et deux autres divinités dans leus ancêtres.

Idoménée était un descendant de Minos lui même fils de Zeus/Jupiter et de la nymphe Europe

Calchas descendant d’Apollon

Nestor fils de Nélée, lui même fils de Poséïdon

Dans le camp troyen

Sarpédon fils de Zeus/Jupiter

Memnon fils de la déesse Eos

Cycnus fils de Poséïdon/Neptune .

Priam descendait de Dardanos fils de Zeus/Jupiter et d’Electre (fille d’Atlas un des Titans), puis d’Erichthomos fils de Dardanos, de Tros fils du précédent et d’Astyoché (fille du fleuve Simoïs considéré comme une divinité), puis d’Ilos fils de Tros et de la nymphe Callinhoé, puis de Laomédon père de Priam. Priam et ses descendants avaient donc Zeus et plusieurs divinités dans leurs ancêtres.

Anchise avait les mêmes ancêtres que Priam jusqu’à Tros, puis Assaracos fils de Tros et de la nymphe Callinhoé (donc frère d’Ilos), puis Capys père d’Anchise

Enée avait pour père Anchise (donc les mêmes ancêtres) et pour mère Aphrodite/Vénus.

Glaucos avait dans ses ancêtres la pléiade Mérope et Eole

Penthésilée fille d’Arès etc.

Ainsi par exemple, Zeus avait pour descendants parmi les Grecs : Achille, Ajax, Hélène, Agamemnon, Ménélas, Idoménée.. et Sarpédon, Anchise, Enée, Priam et tous ses enfants dans le camp des Troyens.

 

5 UNE NOUVELLE GUERRE DE TROIE EST-ELLE POSSIBLE ?

Traduite en termes contemporains, cette question signifie : une guerre entre Grecs et Turcs est-elle probable?

Nous ne savons pas si elle aura lieu, mais l’on peut par contre penser que tous les ingrédients sont réunis pour qu’il en soit ainsi. Parmi les principaux, citons :

La religion : Les Turcs sont musulmans à 98 %, les Grecs sont orthodoxes à 98%. Les dernières decennies du XXème (pourtant réputé civilisé) ont vu se multiplier les guerres de religion, même si elles ne disent pas leur nom (mais de même, à travers l’histoire de l’espèce humaine, tous les fauteurs de guerre ont toujours prétendu oeuvrer pour la paix). citons, pêle-mêle (sans être de loin exhaustifs !) : L’Irlande (catholiques contre protestants), l’ex Yougoslavie (Croates catholiques et Serbes Orthodoxes contre les Bosniaques musulmans et les Cosovars musulmans), les Juifs contre les Palestiniens musulmans, les Arméniens chrétiens contre l’Azerbaïdjan musulman, l’Inde (Brahmaniste ou Boudhiste) contre le Pakistan musulman, la Russie contre la Tchéchénie musulmane etc, etc.

Or, depuis la chute du chah d’Iran (qui avait pourtant le soutien des Américains, des Russes et des Chinois) et surtout depuis que le monde musulman a vaincu l’armée soviétique en Afganistan (même si cela n’a pas été perçu de cette façon au moment des faits), il parait évident, qu’il existe une volonté de conquête des islamistes qui souhaitent voir régner partout la loi coranique. Dans ce contexte, le pire serait à craindre entre Grecs et Turcs si la Turquie cessait d’être un état laïc. (La Grèce serait alors un des maillons faibles du monde judéo-chrétien parmi lequel se trouve la majorité des pays riches tandis que dans le monde musulman se trouvent beaucoup de pays du tiers monde ce qui n’arrange rien. )

La géographie : Par leurs îles, les frontières de la Grèce vont presque jusqu’au rivage turc. et lorsque les Turcs regardent la mer, c’est pour voir les îles grecques à l’horizon; ce qu’ils ont beaucoup de mal à admettre (et l’expression est faible). La rivalité entre Grecs et Perses pour la possession de ces îles fut d’ailleurs à l’origine des guerres médiques. Les îles de la mer Egée dites iles ionniennes furent récupérées par les Grecs en deux étapes : la partie nord en 1864, cédée par les Anglais qui l’avaient prise aux Ottomans ; et la partie sud en 1948, récupérée sur l’Italie qui l’ occupait depuis 1912.

L’histoire : De la guerre de Troie à l’actuelle question chypriote en passant par la domination ottomane sur la Grèce jusqu’au début du XXème siècle... , Turcs et Grecs ont à peu près autant de raison au nom de l’histoire de “s’aimer” que les Juifs et les Arabes...

La démographie : C’est le point le plus explosif.Selon le QUID 2000,au 1.7.1999, la Grèce a 10.500 000 habitants tandis que les Turcs sont 65.9OO.OOO soit déjà 6 fois plus. Mais il y a pire. Les femmes turques musulmanes ont beaucoup d’enfants (un tiers de la population turque à moins de 15 ans; c’est à dire que les moins de 15 ans en Turquie sont 2 fois plus nombreux que la population totale de la Grèce); alors qu’à l’inverse, les femmes grecques “occidentalisées” ont peu d’enfants pour s’assurer un niveau de vie minimum. (en moyenne 1,3 enfant par femme ce qui ne permet pas d’assurer le renouvellement des générations) L’Etat grec n’a pas de politique nataliste. Devant un tel déséquilibre qui ne peut que s’accentuer rapidement, l’armée turque pourra de plus en plus aligner x fois plus de soldats que l’armée grecque. La tentation pourrait être grande un jour de vouloir repousser les frontières.

(nota : La Grèce avait 9.170.000 habitants au recensement de 1971 et seulement 10 millions en prévisions de 2025, elle aura gagné moins de 1 million d’habitants en 54 ans. La Turquie avait 43.210.000 habitants à un recensement de 1975. Les prévisions pour 2025 sont à plus de 88.000.000 soit une progression de 45.000.000 en 50 ans. Si la situation entre la Grèce et la Turquie est caricaturale, elle est en fait le reflet du déséquilibre entre les pays sous développés et notamment le monde musulman et le monde occidental.)

Naturellement, la “guerre de Troie” comme symbole du conflit millénaire entre l’orient et l’occident, entre le bien et le mal (chaque camp s’identifiant au bien... cela va de soi!) peut se poursuivre n’importe où en dehors de la Grèce et de la Turquie. Si pour Jean Giraudoux, “La Guerre de Troie n’aura pas lieu”, on peut plus raisonnablement penser qu’elle ne s’est jamais véritablement arrêtée.

 

 

Jean Delisle -Avril 2000

localisation de Troie

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