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4 avril 2011 1 04 /04 /avril /2011 09:09

Sous l'empereur Honorius, au début du cinquième siècle de notre ère, la capitale de l'empire romain d'occident fut transférée à Ravenne (sur la côte Adriatique). En l'an 476, Odoacre chef des Hérules avait envahi la ville et le 4 septembre 476, Romulus Augustule, dernier empereur romain d'Occident abdiquait. Pour presque tous les historiens, cela signait la fin de l'histoire de la Rome antique. Pour tous les historiens unanimes (mais si, c'est possible!), la chute de l'empire romain d'occident marque également le passage entre la période appelée « l'antiquité » et celle nommée « le moyen-âge ».

Cette histoire avait commencé douze siècles plus tôt lors de la fondation de Rome le 21 avril de l'an 753 avant notre ère. Date « légendaire » tirée d'un texte de Plutarque, historien grec né vers l'an 46 au premier siècle de notre ère. Voir « Vie de Romulus » en 12.

On notera que les datations au carbone 14 effectuées au XXe siècle, sur le site du mont Palatin à Rome, montrent que l'occupation humaine la plus ancienne de ce site, remonte au huitième siècle avant notre ère. Nous sommes donc dans un cas de figure où la légende n'est pas contredite par les recherches scientifiques.

Sur les causes de la chute de l'empire romain, il a été énormément écrit et ce depuis longtemps. Voir par exemple Edward Gibbon (historien anglais du XVIIIe siècle) : « Histoire du déclin et de la chute de l'empire romain » (collection Bouquins- Robert Laffont).

Et pourtant, peu de temps avant la chute, en l'an 451, Aetius, dernier grand général romain de l'empire d'occident avait vaincu Attila à la bataille « des champs catalauniques ». Les historiens ont longtemps situé ce lieu près de Châlons-en -Champagne, mais des historiens plus récents le placent à 7 kms de la ville de Troyes.

Pour la petite histoire, Attila avait pu battre en retraite en conservant l'essentiel de ses forces et il avait encore d'importantes ambitions de conquêtes lorsqu'il mourut une nuit au printemps de l'an 453 alors qu'il avait pris une jeune vierge nommée Ildico. Pour ce conquérant, dont le seul nom faisait trembler les peuples, sa dernière conquête lui fut fatale !

De cette victoire sur Attila, Aetius avait tiré une grande gloire. Cela porta ombrage à l'empereur Valentinien III qui fit venir Aetius à Ravenne et l'assassina le 21 septembre de l'an 454. Ainsi mourait le dernier grand général qui aurait pu prolonger l'histoire de la Rome antique.

Pour résumer, en simplifiant à l'extrême, les conquêtes avaient enrichi l'empire et les citoyens ne voulaient plus de guerres, plus de batailles, ils voulaient jouir de leurs biens et de la vie, tandis que les femmes romaines faisaient beaucoup moins d'enfants. Les légionnaires eux-mêmes n'avaient plus le civisme de leurs aînés. Ils partaient surtout en campagne avec l'espoir de faire du butin. Juvénal (auteur latin né vers 60 au premier siècle de notre ère) affirme dans ses « Satires » que les vices de toutes les générations qui se succéderont sur la terre ne pourront pas dépasser les vices des Romains de son temps ! Mais pendant qu'à l'intérieur de l'empire on ne pensait que jeux, spectacles, orgies ..., de l'autre côté du limes (frontière fortifiée et gardée de l'empire), la situation était totalement opposée : les peuples appelés « barbares » qui n'avaient rien à perdre, ne redoutaient ni la guerre ni la mort, leurs femmes restaient très fécondes et ils ne rêvaient que de l'opulence de l'empire. Ce qui devait arriver arriva, sous la pression démographique, les frontières furent enfoncées et les « grandes invasions » commencèrent. Plusieurs fois elles furent repoussées, puis finalement l'empire fut submergé.

Cela entraîna d'importants bouleversements politiques et organisationnels. Après l'unité de l'empire, lentement mais sûrement des états-nations se formèrent, qui « naturellement » se firent la guerre. Mais cette évolution n'entraîna pas une rupture en termes de « civilisations » parce qu'au cinquième siècle, l'empire s'était en grande partie christianisé et que les peuples envahisseurs, au fil du temps, se convertirent. L'Eglise avait permis la transition. En quelque sorte, les envahisseurs s'étaient romanisés.

Il est difficile de ne pas faire un parallèle entre la situation du cinquième siècle et celle du vingt-et-unième siècle. Il suffit de transposer le vocabulaire, de remplacer  peuples « barbares » par pays du tiers monde ou peuples de la faim, empire romain par monde occidental, grandes invasions par invasion des sans papiers, des droits au logement, droits à la CMU, droits au RMI, droits à ceci ou à cela.

Mais la comparaison a ses limites, car les nouveaux envahisseurs sont pris en mains par des stratèges, les islamistes, qui développent le « communautarisme » pour que les nouveaux arrivants (les migrants et leur descendance) ne puissent pas « s'occidentaliser ». Si ils parviennent à leurs fins, c'est-à-dire si le communautarisme se développe, avec le temps, le choc sera bien pire qu'au cinquième siècle car cette fois, il y aura rupture de civilisation.

J.D. 4 avril 2011

Les Tétrarques à Venise place saint Marc photo Michèle Delisle septembre 1993

Les Tétrarques à Venise place saint Marc photo Michèle Delisle septembre 1993

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