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24 janvier 2013 4 24 /01 /janvier /2013 17:33

Dans la présentation des « mémoires de Garibaldi » publiés en 1860, Alexandre Dumas parle des liens qui unirent le premier empire et la franc-maçonnerie, voici ce qu'il écrit :

« Napoléon prit la maçonnerie sous sa protection; mais en la protégeant, il la faussa, la détourna de son but, la plia à sa convenance, et en fit un instrument de despotisme. Ce n'est point la première fois que l'on a forgé des chaînes avec des épées. Joseph Napoléon (Il s'agit de Joseph Napoléon Bonaparte frère aîné de Napoléon) fut Grand Maître de l'Ordre; l'archichancelier Cambacérès, Grand Maître adjoint; Joachim Murat (beau-frère de Napoléon par son mariage avec Caroline Bonaparte), second Grand Maître adjoint. L'impératrice Joséphine étant à Strasbourg, en 1805, présida la fête de l'adoption de la loge des Francs-Cavaliers de Paris. Dans le même temps, Eugène de Beauharnais (beau-fils de Napoléon par sa mère Joséphine)était Vénérable de la loge de Saint-Eugène de Paris. Venu depuis en Italie, avec la dignité de vice-roi, le Grand-Orient de Milan le nomma maître et souverain Commandeur du Suprême Conseil du trente-deuxième grade, c'est-à-dire lui accorda le plus grand honneur que l'on pût lui faire, selon les statuts de l'Ordre.

Bernadotte était maçon; son fils, le prince Oscar fut Grand Maître de la loge suédoise; dans les différentes loges de Paris, furent successivement initiés : Alexandre, duc de Wurtemberg; le prince Bernard de Saxe-Veimar, et jusqu'à l'ambassadeur persan, Askeri-Khan; le président du Sénat, comte de Lacépède, présidait le Grand Orient de France, duquel étaient officiers d'honneur les généraux Kellerman, Masséna et Soult. Les princes, les ministres, les maréchaux, les Officiers, les magistrats, tous les hommes enfin remarquables par leur gloire ou considérables par leur position, ambitionnaient de se faire recevoir maçons. Les femmes elles-mêmes voulurent avoir leurs loges, dans lesquelles entrèrent : mesdames de Vaudemont, de Carignan, de Girardin, de Narbonne, et beaucoup d'autres dames de grandes maisons; cependant une seule fut reçue non pas comme sœur, mais comme frère. C'était la fameuse Xaintrailles, à laquelle le Premier Consul avait donné un brevet de chef d'escadron.

Mais ce n'était pas en France seulement que fleurissait alors la maçonnerie. Le roi de Suède en 1811, instituait l'ordre civil de la maçonnerie. Frédéric-Guillaume II roi de Prusse, avait, vers la fin du mois de juillet de l'année 1800, approuvé par édit la constitution de la Grande Loge de Berlin. Le prince de Galles ne cessa de gouverner l'Ordre, en Angleterre, que lorsqu'en 1813, il fut nommé régent. Enfin, dans le mois de juillet 1814, le roi de Hollande, Frédéric-Guillaume se déclara protecteur de l'Ordre, et permit que le prince royal, son fils, acceptât le titre de Vénérable honoraire de la loge de William-Frédéric d'Amsterdam...

En Italie la maçonnerie tomba avec la domination française; mais en ses lieu et place commença d'apparaître le carbonarisme, qui semblait reprendre la tâche où la maçonnerie l'avait abandonnée, pour la continuer dans son sens libérateur... »

 

Ce texte de Dumas montre que Napoléon avait placé son monde pour contrôler la maçonnerie. Peut-être parce qu'il ne put pas contrôler l'Eglise ?

Après les horreurs de la révolution particulièrement anti-cléricale, le concordat ramena la paix religieuse. Un nouveau pape avait été élu le 14 mars 1800 sous le nom de Pie VII. Il ratifia le concordat le 15 août 1801. En avril 1802, Bonaparte, encore premier consul, ajouta au texte du Concordat 77 articles organiques sans l'accord du pape. Ces articles permettaient de soustraire l'Eglise de France à l'autorité du pape et par conséquent d'en faire une Eglise nationale. Pie VII vint néanmoins à Paris en décembre 1804, pour le couronnement de Napoléon empereur, espérant en contre-partie obtenir une abrogation de ces articles organiques. Ce ne fut pas le cas. Le refus du pape de participer au blocus continental acheva la brouille entre Napoléon et Pie VII. Le 2 février 1808, l'armée française occupait Rome, le 17 mai 1809, les Etats Pontificaux étaient annexés à l'empire français et dans la nuit du 5 au 6 juillet 1809, le pape était arrêté et emprisonné. Il fit un retour triomphal à Rome le 24 mai 1814.

De tous temps, des souverains, qu'ils s'appellent rois, empereurs, tyrans ou dictateurs cherchèrent à contrôler la religion. Jules César le premier se fit élire Grand Pontife en l'an -63 et le resta jusqu'à son assassinat le 15 mars -44.

Le 17 novembre 1534, le roi Henri VIII s'était auto-proclamé chef de l'Eglise anglaise. Et ce parce que le pape avait refusé son divorce avec sa première épouse (Catherine d'Aragon, tante de Charles Quint).

Durant près de 3 siècles (du XIe au XIVe) il y eut la guerre entre le Saint Empire romain germanique et la papauté pour savoir qui avait le pouvoir de nommer les évêques etc. On pourrait multiplier les exemples car les souverains cherchaient souvent l'onction papale pour légitimer leur pouvoir, mais voulaient aussi contrôler leur Eglise pour consolider ce pouvoir.

J.D. 24.1.2013

Elisa Bonaparte à Lucques (Lucca) place Napoléon, photo J.D. 26 mai 2009

Elisa Bonaparte à Lucques (Lucca) place Napoléon, photo J.D. 26 mai 2009

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