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11 octobre 2011 2 11 /10 /octobre /2011 22:11

Le Rouget de Lisle :

Claude Joseph Rouget est né le 10 mai 1760 dans le Jura à Lons-le-Saunier au 24 de la rue des Arcades (aujourd'hui 24 rue du Commerce, où se trouve un musée Rouget de Lisle inauguré en 1996). Il est le fils aîné de Claude Ignace Rouget et de Jeanne Madeleine Gaillande qui achetèrent le 20 novembre 1760 une maison à Montaigu, village limitrophe de Lons-le-Saunier côté est.

Claude Joseph Rouget eut très jeune des dispositions pour la musique mais ses parents l'orientèrent vers l'armée. En 1776, il voulut entrer à l'école militaire de Paris, mais celle-ci ne prenait, à l'époque, que des nobles; il fallait à Claude Joseph Rouget une particule.

Son grand-père, Jean-Baptiste-Thomas Rouget résidait dans les Deux-Sèvres (il fut maire de Niort de 1728 à 1744), dans une île près de Saint Gelais; ce qui valait à sa propriété le nom de « propriété de l'isle ». Cela inspira notre Rouget qui s'inscrivit à l'école militaire de Paris sous le nom de Claude Joseph Rouget de Lisle; nom qu'il conserva ensuite et qui est quelquefois écrit « Rouget de l'Isle ».

Après l'école militaire de Paris, il entra à l'école royale du Génie de Mézières (Ardennes) où il obtint le grade de lieutenant en 1782 et en sortit aspirant-lieutenant le 1er avril 1784. Il fut promu lieutenant le 15 septembre 1789, puis capitaine en 1791, année où il fut envoyé à l'armée du Rhin en garnison à Strasbourg. Son bataillon s'appelait : « les enfants de la Patrie ».

Le 20 avril 1792, la France déclara la guerre à François 1er Archiduc d'Autriche (roi de Hongrie, roi de Bohème, empereur du Saint Empire Romain Germanique...).

Le 25 avril 1792, Rouget de Lisle se trouvait au domicile du baron Philippe-Frédéric de Dietrich, qu'il fréquentait régulièrement. Dietrich fut maire de Strasbourg de 1790 à 1793 (il fut guillotiné le 29 décembre 1793). La nouvelle de la déclaration de guerre venait de parvenir à Strasbourg.

Connaissant les dispositions de Rouget de Lisle pour la musique, le Maire de Strasbourg lui proposa de composer un hymne patriotique pour l'armée du Rhin qui allait partir en campagne.

Dès la nuit suivante (du 25 au 26 avril), Rouget de Lisle composa l'air et les paroles d'un chant qu'il appela « chant de guerre pour l'armée du Rhin ».

Dès le 26 avril, le baron de Dietrich entonna ce chant à son domicile devant une petite assemblée. Pour les besoins de la cause, le peintre Isidore Pils montra Rouget de Lisle chantant chez le maire de Strasbourg. Ce tableau a d'ailleurs été repris sur un timbre émis par la poste française en 2006. Un autre timbre avait déjà été émis par la poste en 1936 pour le centenaire de la mort de Rouget de Lisle.

L'épouse du baron se chargea de diffuser musique et paroles.

Le 30 juillet 1792, soit tout juste 3 mois plus tard, un bataillon de fédérés venus de Marseille, entrait dans Paris en chantant « le chant de guerre pour l'armée du Rhin ». (voir fiche N°255 http://jean.delisle.over-blog.com/2015/10/les-marseillais-n-255.html)

Ce bataillon participa à la prise des Tuileries le 10 août 1792, ce qui augmenta sa renommée. Le « chant de guerre pour l'armée du Rhin » fut appelé par les Parisiens : « hymne des Marseillais », puis « chanson marseillaise » puis « la Marseillaise » qui devint chant national le 14 juillet 1795. Ce chant fut interdit sous l'Empire et la Royauté, mais devint l'hymne national sous la troisième république (14 mars 1879).

On peut se demander comment un militaire arrivant en garnison à Strasbourg fut si vite admis dans le cercle des invités habituels du maire de Strasbourg et pourquoi ce chant, qui devait devenir « La Marseillaise » se répandit si rapidement.

Le baron de Dietrich était Franc-Maçon à la loge de la Stricte Observance du Directoire Ecossais de Bourgogne. Rouget de Lisle était aussi Franc-Maçon inscrit à la loge « les Frères Discrets » de l'Orient de Charleville. Son Grand-Père avait été, lui, à la loge « l'Intimité » de l'Orient de Niort. Ceci explique probablement cela. Quant à la rapidité de la diffusion; on peut penser que les réseaux maçonniques y furent pour quelque chose; l'épouse du maire de Strasbourg appartint d'ailleurs elle-même à une loge féminine.

Le 22 juin 1792, au cours d'un banquet de la "Société des Amis de la Constitution" (premier nom du club des Jacobins), le docteur François Mireur chanta le "chant de guerre pour l'armée du Rhin". cela suscita l'enthousiasme et les paroles se répandirent très vite à Marseille, mais ce n'est pas par hasard que les paroles et la musique étaient parvenues chez les Jacobins de Marseille. 

Rouget de Lisle était royaliste, il composa même en 1814 un chant intitulé : "Vive le Roi" (appelé aussi "chant du Jura"). A l'époque de la Révolution, il ne fit pas mystère de son opposition à l'enfermement du roi, à sa condamnation et à son exécution. Cela valut à Rouget de Lisle d'être arrêté et interné à la prison de Saint Germain en Laye en septembre 1793. Si il ne fut pas guillotiné, il le dut au 9 thermidor (chute de Robespierre et des Jacobins). Dès le 18 thermidor (5 août 1794), Rouget de Lisle présentait aux députés de la Convention nationale un chant intitulé : "Hymne dithyrambique sur la conjuration de Robespierre et la Révolution du 9 thermidor".

Il fut réintégré à l'armée et fut nommé chef de bataillon le 20 mars 1796. Neuf jours plus tard il démissionna de l'armée. Il allait avoir 36 ans.

Il vécut ensuite en écrivant et en composant des chansons. Mais ne parvenant pas à en vivre, il vendit une propriété qu'il possédait dans le Jura et prit un appartement à Paris. Lorsqu'il eut croqué ses économies, il fut recueilli par des amis à Choisy-le-Roi où il mourut le 26 juin 1836 au 4 de la rue des Vertus (aujourd'hui au 6 de la rue … Rouget de Lisle; la maison étant transformée en musée). Enterré d'abord à Choisy-le-roi, Rouget de Lisle fut transféré aux Invalides le 14 juillet 1915. Dès 1913, des personnalités et collectivités, principalement à Lons-le-Saunier et Choisy-le-Roi, demandèrent le transfert des cendres de Rouget de Lisle au Panthéon. Ce fut décidé au Conseil des Ministres du 10 juillet 1915 dans le contexte de la guerre de 14, mais pour le transfert au Panthéon , il fallait l'accord du Parlement qui était en congés. Le Conseil des Ministres du 13 juillet décida alors un transfert depuis Choisy-le-Roi aux Invalides, à titre provisoire. Un siècle plus tard, il est toujours aux Invalides. Pour le centenaire de ce transfert, la ville de Lons-le-Saunier a édité en septembre 2015 une plaquette "Hommages et témoignages" consacrée à Rouget de Lisle.

En 1960, déjà, à Lons-le-Saunier s'était déroulé un ensemble de cérémonies pour le bicentenaire de sa naissance, avec la participation du président du Sénat (Gaston Monnerville). Une brochure d'une centaine de pages, imprimée en décembre 1960, à l'initiative de la Société d'émulation du Jura, récapitule l'ensemble de ces cérémonies. 

Aujourd'hui, il y a une statue de Rouget de Lisle à Lons-le-Saunier place de la Chevalerie. Cette statue érigée en 1882 et inaugurée le 27 août, est l'œuvre de Bartholdi (autre Franc-Maçon) plus connu pour avoir réalisé la Statue de la Liberté. A Lons-le-Saunier, un comité local avait vu le jour pour demander l'érection d'une statue consacrée à Rouget de Lisle. Victor Hugo en fut le président en juillet 1880. Cette statue en bronze a 2,80 mètres de haut, sur un socle en pierre.

Il y a également une statue représentant Rouget de Lisle inaugurée à Choisy-le-Roi le 6 juillet 1902 au carrefour Rouget de Lisle.

Trois collèges (à Lons-le-Saunier Jura depuis 1909, à Charleville-Mézières Ardennes et à Schiltigheim Bas-Rhin) portent le nom de Rouget de Lisle.

 

 

La Rouget de Lisle :

C'est en 1994 qu'un entrepreneur nommé Bruno Mangin créa dans le Jura une brasserie nommée « La Rouget de Lisle » à Bletterans (à 13 kms au nord-ouest de Lons-le-Saunier) sur la propriété qui appartint à Rouget de Lisle et dont il est question ci-dessus. Cette brasserie fabrique plusieurs types de bières dont l'une est appelée : « la blonde de Lisle ».

 

J.D. 11 octobre 2011, note complétée le 4 janvier 2015 et le 3 janvier 2017

étiquette de bière

étiquette de bière

Maison natale de Rouget de Lisle et inscriptions à Lons-le-Saunier, photos J.D. 31 décembre 2014

Maison natale de Rouget de Lisle et inscriptions à Lons-le-Saunier, photos J.D. 31 décembre 2014

Rouget De Lisle à Lons-le-Saulnier, oeuvre de Bartholdi, photo J.D. 10 novembre 2014

Rouget De Lisle à Lons-le-Saulnier, oeuvre de Bartholdi, photo J.D. 10 novembre 2014

maison où vécut Rouget de Lisle à Montaigu et que visita Charles De Gaulle, photo J.D. 31 décembre 2014

maison où vécut Rouget de Lisle à Montaigu et que visita Charles De Gaulle, photo J.D. 31 décembre 2014

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