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8 août 2013 4 08 /08 /août /2013 17:17

Jean Marie Ferdinand Sarrien naquit à Bourbon Lancy en Saône-et-Loire le 15 octobre 1840 et il est mort à Paris le 28 novembre 1915. D'abord avocat il fut élu député de Saône-et-Loire en 1876 au titre de la gauche radicale. Il occupa sous des gouvernements successifs plusieurs postes ministériels avant de devenir Président du Conseil le 14 mars 1906. Il le fut jusqu'au 25 octobre de la même année ayant dû démissionner pour raison de santé.

Aujourd'hui presque plus personne ne connaît seulement le nom de Sarrien (même si il y a un collège à son nom dans sa commune natale), il a terminé dans les oubliettes de l'Histoire. Il peut se consoler en constatant qu'il y a foule dans ces oubliettes ! Il faut dire que ce fut un personnage politique plutôt pâlot. Clémenceau l'appelait : « çà ? Rien ». Voilà ce qu'écrit à propos de Sarrien Georges Suarez dans sa biographie de Briand (tome 2 publié en 1938, chapitre II) : « ...Ferdinand Sarrien, un brave homme, assez terne d'aspect et d'esprit. Il était président de la délégation des gauches et ce titre suffisait à sa gloire. Voué aux demi-teintes et aux régions tempérées par un ensemble de qualités moyennes, il s'était composé un personnage anodin et aimable qui ne portait ombrage à personne ». Alors, pourquoi faire une fiche sur ce personnage ? Parce qu'il fit rentrer dans son gouvernement 3 grosses pointures qui sont loin d'être dans les oubliettes de l'Histoire : Georges Clémenceau comme ministre de l'Intérieur, Raymond Poincaré comme ministre des finances et Aristide Briand comme ministre de l'instruction publique et des Cultes.

En général les chefs prennent des sous-chefs plutôt ternes pour que le Vizir ne veuille pas devenir Calife à la place du Calife. C'est ce qu'a fait Hollande en nommant Ayrault premier ministre. Imaginez qui aurait été le chef avec une Martine Aubry, un Valls ou un Montebourg à Matignon ! Sarkozy avait fait la même chose en prenant Fillon, sauf qu'il y a des vizirs qui prennent goût au pouvoir.

Alors, pour Sarrien, faire rentrer dans le gouvernement 3 personnages qui le dépassaient manifestement, voilà qui est aussi rare que méritoire. Je n'ai pas fait de recherche particulière mais il est probable, dans l'histoire des cinq républiques françaises, qu'il soit difficile de trouver un autre gouvernement avec plus de compétences, d'intelligence et de capacités ! Quand on compare avec ceux qui nous dirigent ces dernières années : entre un ministre de la justice qui ne sait pas distinguer ce qui relève de la loi et du décret, un ministre du budget qui planque son fric en Suisse ou un président qui ignore superbement depuis des années le second alinéa de l'article 885 E du code général des impôts (voir sur mon blog la fiche N°107) : pauvre France ! Mais je me dis parfois que les citoyens ont les dirigeants qu'ils méritent ! Dans l'hebdomadaire « Le Point » daté du jeudi 8 août 2013, il y a une interview de Pierre Mazeaud (né en 1929, alpiniste réputé, ancien député, ancien secrétaire d'Etat, ancien président du Conseil constitutionnel) qui déclare (page 24) : « Je suis très déçu car, à gauche comme à droite, il n'y a plus d'hommes d'Etat. On a oublié le sens de l'intérêt général et le sens de l'Etat. Les hommes politiques c'est fini. Il n'y a que la quête du pouvoir qui compte. »

Malgré une durée très brève, c'est sous ce gouvernement Sarrien que fut votée (le 10 juillet 1906) la loi sur le repos hebdomadaire obligatoire et qu'Alfred Dreyfus fut réintégré dans l'armée (le 13 juillet).

Quand ils entrèrent dans le gouvernement Sarrien, Clémenceau, Poincaré et Briand étaient du même bord politique, cela n'empêcha pas la rivalité entre eux et la lutte pour le pouvoir qu'ils se partagèrent durant des années.

Raymond Poincaré devint Président de la République française du 17 janvier 1913 à janvier 1920. Il eut Aristide Briand comme Président du Conseil du 29 octobre 1915 au 18 mars 1917 et Georges Clémenceau du 16 novembre 1917 à janvier 1920.

J.D. 8 août 2013

portrait de Ferdinand Sarrien

portrait de Ferdinand Sarrien

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