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25 août 2013 7 25 /08 /août /2013 15:39

La loi de séparation des Eglises et de l'Etat promulguée le 9 décembre 1905 (voir la note N°125) fut complétée par deux autres lois : la loi promulguée le 2 janvier 1907 sur l'exercice public du culte et la loi promulguée le 13 avril 1908 sur la dévolution des biens de l'Eglise. C'est dans cette dernière loi que le coût de l'entretien des églises est mis à la charge des communes. A l'époque où ces lois furent votées la France était encore profondément rurale avec des communes peuplées et une dévotion encore largement répandue surtout dans les milieux ruraux et ce malgré le développement de l'anti-cléricalisme dans certains cercles. Puis la grande faucheuse (la mort à l'occasion de la guerre de 14/18) a commencé à dépeupler les campagnes et depuis cela ne s'est guère arrêté. La seconde moitié du XXe siècle avec la mécanisation de l'agriculture a vu s'amplifier la désertification des campagnes, alors que durant le même temps la religiosité de la population diminuait notablement. Le résultat de ces phénomènes conjugués est qu'il y eut de moins en moins de paroissiens dans les églises et de moins en moins de moyens pour les entretenir pour des communes dont les ressources diminuaient au fur et à mesure de l'exode de leur population.

En 1938, Georges Suarez dans sa biographie d'Aristide Briand écrivait (tome II, chapitre 4) :

« La commune propriétaire à titre onéreux avait le droit de laisser tomber l'église en ruines. L'autorité civile pouvait alors décider la fermeture de l'église pour cause de sécurité, et quand elle était restée un mois sans servir à l'usage du culte, la désaffecter . »

Suarez avait tout compris de façon prémonitoire car le problème ne se posait encore guère en 1938, alors qu'il devient aigu aujourd'hui. Certaines églises sont vendues pour d'autres usages que le culte et certaines sont purement et simplement détruites car les communes n'ont plus les moyens de les restaurer et comme l'Etat va drastiquement diminuer ses subventions aux collectivités locales cela ne risque pas de s'arranger. Le mouvement est encore marginal, en se promenant dans les campagnes françaises on ne perçoit pas encore le phénomène, d'autant que les médias du politiquement correct se gardent bien d'en parler !

Pendant que des églises disparaissent lentement mais sûrement de nos horizons familiers dans l'indifférence générale, des mosquées fleurissent dans tous les coins de l’Hexagone. Voici, l'évolution du nombre de lieux de culte musulman en France :

en 1965 : 5

en 1975 : 68

en 1980 : 274

en 1990 : 1020

en 2000 : 1700

en 2008 : 2100

en 2010 : 2368

le chiffre de 2010 provient d'un article publié dans l'hebdomadaire « Le Point » du 2 septembre 2010 page 46 et les autres chiffres de « Marianne l'Histoire » hors-série consacrée aux intégristes et datée d'août-septembre 2009, page 79.

Il n'est point besoin de sortir de la promotion « Voltaire » de l'ENA pour comprendre où cela va nous mener (pauvre Voltaire, il ne méritait pas cela!). Les médias pour rassurer la population continuent à parler de l'islam comme de la seconde religion en France sans considérer l'âge moyen de ceux qui vont à l'église et de ceux qui remplissent les mosquées !

On est manifestement en face d'un problème de subversion, de remplacement d'une population par une autre, d'une civilisation par une autre. A méditer

J.D. 25 août 2013

P.S. Cette question du coût d'entretien des églises fit l'objet dès 1911 d'un certain nombre d'interventions à la Chambre (des députés), d'articles, de correspondances... qui furent regroupés et édités en 1914 sous la signature de Maurice Barrès sous le titre "La Grande Pitié des églises de France". Une réédition en a été effectuée en juin 2012 aux éditions : "Presses universitaires du septentrion". Ces débats sur les églises contribuèrent à la publication de la loi du 31 décembre 1913 sur la protection des monuments historiques.

Ajout du 7 janvier 2014 : Extraits d'une intervention de Maurice Barrès à la chambre des députés le 25 novembre 1912 :

"Sans cesse me revenait à l'esprit le souvenir d'une discussion qui s'ouvrit, il y a quelques mois , devant la Cour de Cassation. C'était à propos de la loi de séparation. La Cour se posa cette question : A qui appartenaient les églises sous l'ancienne monarchie ? Les savants jurisconsultes répondirent : à personne.

Elles n'appartenaient à personne! Cela s'explique, si l'on se représente comment était construite une église rurale. Il était d'usage que le curé construisît le choeur; les puissants personnages la nef, et les habitants le clocher. Il en résultait de là, non pas une propriété d'Etat, non pas une propriété communale, mais une chose publique, commune à tous, hors du commerce, affectée à perpétuité au culte divin..."

couverture ouvrage Maurice Barrès

couverture ouvrage Maurice Barrès

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