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17 août 2017 4 17 /08 /août /2017 20:00

L'expédition des Mille N°385

 

L'expédition des Mille (Spedizione dei Mille) fait partie des grandes épopées de l'histoire dont Alexandre Dumas a rendu compte par le menu dans « Les Garibaldiens »; texte rédigé en 1861. Grand admirateur de Garibaldi, Alexandre Dumas avait même vendu des biens pour acheter des armes et les porter à Garibaldi en Sicile, puis il le suivit jusqu'à Naples, il fut donc un témoin personnel des événements.

On a vu sur la fiche précédente (N°384), que l'agitation avait gagné l'Italie. Cela aboutit à la fin des années 1840 à des soulèvements qui furent durement réprimés.

Il fallut attendre Victor-Emmanuel II, Cavour et l'alliance avec la France de Napoléon III pour que les Autrichiens puissent être vaincus, au cours d'une guerre qui se déroula du 27 avril au 11 juillet 1859, et que le royaume de Sardaigne récupère la Lombardie.

En même temps, des peuples se soulevaient, chassaient leurs dirigeants en mai 1859, et demandaient leur rattachement au royaume de Sardaigne. Il s'agissait :

-du Grand duché de Toscane,

-du Duché de Modène,

-du Duché de Parme,

-de la légation des Romagnes qui comprenait une partie du territoire des États du Pape, à savoir  : Bologne, Ferrare, Forli et Ravenne.

 

*Après ce regroupement, l'Italie fut ramenée à 4 souverainetés :

-le royaume de Sardaigne qui avait encore sa capitale à Turin et comprenait le Piémont, le Val d'Aoste , la Ligurie (région autour de Gênes), la Lombardie, les Duchés cités ci-dessus et bien sûr la Sardaigne.

-la partie encore contrôlée par l'Autriche, à savoir : La Vénétie, le Frioul, le Trentin et Mantoue

-le royaume des Deux-Siciles dont la capitale était à Naples et qui, outre la Sicile englobait tout le sud de l'Italie. Ce royaume avait pour souverain des Bourbons de la branche Bourbon d'Espagne. Le roi Ferdinand II (1810/1859) étant décédé le 22 mai 1859, c'est son fils qui lui succéda sous le nom de François II (1836/1894). Ces souverains étaient d'un autre âge, des anachroniques qui ne comprirent pas que les aspirations du peuple avaient évolué. Au lieu de s'adapter, ils organisèrent la répression et créèrent un corps spécial d'agents chargés de terroriser les opposants. Ces agents furent appelés des « sbires » et firent le travail pour lequel ils étaient payés. Au témoignage d'Alexandre Dumas, ils se comportèrent comme les soldats de la division Das Reich à Oradour en 1944 ! Au début de l'insurrection à Palerme, le peuple se vengea et Dumas écrit :

« Si l'on compare les six ou huit sbires assassinés aux mille ou douze cents Palermitains tués, brûlés, égorgés par les Napolitains, on trouvera que la vengeance du peuple se contient dans des bornes bien étroites ».

-Ce qu'il restait d’États Pontificaux et qui séparaient le royaume des Deux-Siciles du royaume de Sardaigne agrandi à l'Italie centrale. Voir carte en illustration.

 

*Lorsque Garibaldi revint en Italie avec des volontaires de la légion italienne après leurs exploits en Uruguay (voir fiche N°383), ils se mirent au service du royaume de Sardaigne pour faire l'unité de l'Italie. La conquête du royaume des Deux-Siciles présentait le moins de risque de complications diplomatiques car Napoléon III défendait les possessions du pape et le royaume de Sardaigne seul n'était pas encore assez fort pour vaincre l'empire d'Autriche-Hongrie. En outre :

-la Grande-Bretagne avait eu maille à partir avec le royaume des Deux-Siciles dans les années 1840 à propos des achats de soufre en Sicile et n'était pas opposée à une intervention contre ce pays.

-Entre Siciliens et Napolitains ce n'était pas le grand amour, c'est le moins que l'on puisse dire et les Siciliens s'agitaient.

Toutes ces raisons désignaient la Sicile comme première cible pour agrandir le Royaume de Sardaigne. Avec l'accord officieux de Victor-Emmanuel II, Garibaldi recruta des volontaires qui furent rassemblés à Gênes. Ils s'emparèrent de 2 navires (le Piemonte et le Lombardo) et dans la nuit du 5 au 6 mai 1860, 1080 hommes prenaient la mer pour aller conquérir la Sicile. En longeant la côte italienne, ils s'approvisionnèrent en armes dans la forteresse d'Orbetello. Le 13 mai, ils arrivaient à Marsala tout à fait à l'ouest de la Sicile.

En Sicile, l'agitation avait été durement réprimée et sur l'ambiance qui régnait avant l'arrivée de Garibaldi voici des extraits d'un texte d'Alexandre Dumas qui mérite d'être lu :

« Au bout de quelque temps, les boutiques se fermèrent les unes après les autres, le commerce agonisa, les rues se dépeuplèrent. Ce fut vers ce temps qu'un rayon d'espérance vint réchauffer les cœurs. Un journal sarde, introduit à Palerme en dépit de la police, annonça la formation d'un comité à Gênes.

Ce comité avait pour but de venir, par tous les moyens possibles, au secours de la Sicile.

Le journal ajoutait qu'un corps d'expédition s'organisait dans la Haute-Italie pour aller au secours des patriotes siciliens. Alors tous les cœurs palpitèrent. Un homme se dévoua à répandre cette grande nouvelle par toute la Sicile. Ce fut Rosolino Pilo. Le 10 avril, il débarqua à Messine ; proscrit depuis dix ans, il rentrait dans son pays natal, apportant cette grande nouvelle que non seulement le corps expéditionnaire s'organisait, mais encore que Garibaldi se mettait à la tête.

Rosolino Pilo parcourut la Sicile en tous sens. Infatigable dans sa mission, partout il écrivait sur les murailles : Garibaldi arrive ! Vive Garibaldi ! Vive Victor-Emmanuel !

Chaque village eut son avertissement, que tout paysan put lire ou se faire lire.

Un autre patriote, Giovanni Correo, en faisait autant de son côté.

Bientôt, il n'y eut plus qu'un cri par toute l'île : Vive Garibaldi, vive Victor-Emmanuel, qu'un vœu, l'annexion…..

Mais le nom de Garibaldi répondait à tout et consolait de tout. Les enfants chantaient sur tous les tons, en passant près des sbires : Viene Garibaldi ! Garibaldi viene !

Le femme à laquelle on enlevait son mari, la mère à laquelle on enlevait son fils, la sœur à laquelle on enlevait son frère, au lieu de pleurer, menaçaient Garibaldi viene ! criaient-elles aux sbires.

Et les sbires sentaient courir un frisson dans leurs veines à ce nom redouté de toute tyrannie. Un astre nouveau s'était levé sur la Sicile ; cet astre, c'était l'espérance.

Avec Garibaldi, en effet, on allait avoir un nom populaire pour toute l'Italie, un capitaine de génie, un centre d'opération.

A mesure que la nouvelle se confirmait, on ne s'abordait plus que par ces mots : Eh bien, Garibaldi ? ….

Comme la muraille de Balthazar, tous les murs portaient le terrible Mane-Thecel-Pharès : Garibaldi viene ! Garibaldi viene !….

Un matin -c'était le 13 mai- ce cri éclata par toute la ville : Garibaldi a débarqué à Marsala ! Le vengeur était venu ».

 

*Après le débarquement, les troupes de Garibaldi se dirigèrent vers Palerme, passant par Calatafimi où une première bataille fut gagnée sur l'armée napolitaine, puis Alcano, Partinico, après quoi, les troupes contournèrent Palerme pour entrer dans la ville par l'est. Après 3 jours de combats, les garibaldiens étaient maîtres de la ville malgré la disproportion incroyable des forces. Citons encore Alexandre Dumas :

« Il y a une chose véritablement bien curieuse, c'est de voir vingt mille Napolitains, armés de quarante pièces de canon, relégués dans leurs forts, dans leurs casernes et dans leurs vaisseaux, et gardés par huit cents garibaldiens qui, deux fois par jour, leur portent à boire et à manger ».

 

*Les Garibaldiens furent accueillis par la population comme des héros. Dumas écrit :

« comme les soldats de Garibaldi sont vêtus de blouses rouges, la couleur rouge est devenue à la mode, et toutes les étoffes ont doublé de prix. Une simple chemise de cotonnade rouge coûte aujourd'hui quinze francs. Il en résulte que les rues et les places de Palerme ont l'air d'un vaste champ de coquelicots ».

 

*Après la conquête de Palerme, Garibaldi reçut des renforts en volontaires et en armes et acheva la conquête de la Sicile. Le 27 juillet, il était à Messine, le 19 août il débarquait en Calabre et le 7 septembre, il entrait dans Naples. Le roi François II en était parti 2 jours avant. Il se réfugia à Rome.

*Un référendum organisé, le 21 octobre 1860, auprès de la population de l'ancien royaume des Deux-Siciles donnait 1.302.064 voix pour la réunion au royaume de Sardaigne et 10.302 voix contre.

*Le royaume d'Italie proclamé le 17 mars 1861 remplaçait l'ancien royaume de Sardaigne. L'essentiel de l'unité de l'Italie était accomplie. La région de Venise fut récupérée suite à une alliance de la nouvelle Italie avec la Prusse contre l'Autriche en 1866 et Rome fut réunie après l'abdication de Napoléon III le 4 septembre 1870.

 

*En illustration on trouvera, outre une carte de l'Italie juste avant l'expédition des Mille, différents timbres émis par la poste italienne et relatifs au cinquantenaire de la mort de Garibaldi, au centenaire de l'expédition des Mille…parmi les timbres du cinquantenaire, le 10 centimes ardoise représente la maison natale de Garibaldi à Nice, le 20 centimes Brun la rencontre entre Victor-Emmanuel II et Garibaldi à Téano à 60 kms environ au nord de Naples, le 75 centimes rouge la mort d'Anita Garibaldi et le 125 centimes bleu le tombeau de Garibaldi dans l'île de Caprera (un peu au nord de la Corse et de l'île d'Elbe).

J.D. 17 août 2017

 


 

 

 

 

L'Italie en mars 1860

L'Italie en mars 1860

émissions de la poste italienne consacrées à Garibaldi

émissions de la poste italienne consacrées à Garibaldi

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14 août 2017 1 14 /08 /août /2017 10:02

La Constitution espagnole de 1812 N° 384

 

On trouvera en illustration un tableau de Franscisco Goya (1746/1828) probablement de 1812 qui est exposé à Stockholm au Nationalmuseum. Il s'agit d'une allégorie représentant la Constitution espagnole de 1812, appelée aussi « Constitution de Cadix ».

Au début du dix-neuvième siècle, les pays d'Europe étaient encore dirigés pour l'essentiel par des souverains qui se prenaient pour des représentants de Dieu sur terre comme les pharaons de l’Égypte antique et qui possédaient un pouvoir quasi-absolu.

Ce fut l'Espagne qui fit évoluer les choses, car en France, la Terreur avait dénaturé la Révolution, ses idéaux et grands principes.

Contexte historique :

En février 1801, le Consulat avait conclu un traité avec l'Espagne connu sous le nom de traité (ou Convention) d'Aranjuez : une alliance dirigée contre la Grande-Bretagne.

Dès le mois de mai, l'Espagne en avait profité pour envahir le Portugal, guerre appelée : « guerre des Oranges ». Cette guerre se termina par le traité de Badajoz le 6 juin 1801. L'Espagne récupéra la ville de Olivence au détriment du Portugal.

En juillet 1807, pour contraindre le Portugal à respecter le « blocus continental », les troupes françaises commandées par le général Junot, envahissaient le Portugal avec l'accord de l'Espagne.

Tout aurait pu être pour le mieux dans le meilleur des mondes si le roi d'Espagne, Charles IV (1748/1819), n'avait été détrôné, le 17 mars 1808, par son fils qui prenait sa place sous le nom de Ferdinand VII (1784/1833).

Père et fils firent appel à l'arbitrage de Napoléon Bonaparte.

Celui-ci les convoqua à Bayonne, mais au lieu de trouver une solution au conflit entre père et fils il imposa son frère Joseph comme roi d'Espagne.

Dans la carrière politique de Napoléon Bonaparte ce fut sa première grande faute magistrale : l'Espagne qui était notre alliée contre la Grande-Bretagne devint une ennemie acharnée.

Dès le 2 mai 1808, le peuple espagnol se soulevait contre l'armée française qui d'alliée la veille était devenue l'occupant. La répression fut terrible mais ne fit qu'aggraver la situation. Francisco Goya immortalisa les événements en 1814, avec 2 tableaux célèbres intitulés « Dos de Mayo » et « Tres de Mayo ».

Des comités de résistance s'organisèrent un peu partout et se rassemblèrent en « Assemblée Constituante » le 24 septembre 1810 à Cadix au sud de l'Espagne (ville fondée par les Phéniciens vers l'an 1100 avant notre ère).

Le 18 mars 1812, cette assemblée adoptait une Constitution, promulguée le 19, qui prévoyait le retour d'un roi espagnol dans le cadre d'une monarchie constitutionnelle héréditaire, c'est-à-dire avec un roi et son gouvernement possédant le pouvoir exécutif et une assemblée élue ayant le pouvoir législatif.

Quand Napoléon comprit qu'il ne viendrait pas à bout de la résistance espagnole, il rendit le trône d'Espagne à Ferdinand VII qui fut de retour en Espagne le 14 mars 1814 mais qui refusa de prêter serment sur la Constitution de 1812. Par décret du 4 mai 1814, il rétablissait la monarchie absolue abolissant toutes les décisions de la Constituante. En juillet 1814, il rétablissait même l'Inquisition que les Français avaient abolie en 1808 !

Cela entraîna un soulèvement en 1820 qui fut réprimé par l'intervention de troupes françaises envoyées par le roi Louis XVIII. Les insurgés furent vaincus après la bataille du Trocadéro (au sud de l'Espagne à 5 kms de Cadix)en août 1823 où se distingua Charles-Albert. Or celui-ci, fin mars 1821 avait été régent du royaume de Sardaigne, une quinzaine de jours en attendant l'arrivée du roi Charles-Félix et durant ces 2 semaines il avait proclamé une Constitution parlementaire, sur le modèle espagnol, que Charles-Félix avait immédiatement annulée. Voir fiche N°66 http://jean.delisle.over-blog.com/article-histoire-de-la-maison-de-savoie-59295182.html

Quoi qu'il en soit, cette Constitution espagnole de 1812 donna des idées et entraîna des revendications à de nombreux patriotes en Italie comme en témoigne Alexandre Dumas dans « Mémoires de Garibaldi » publiées en 1860. Extraits :

« Le carbonarisme, qui seul était appelé à donner des fruits, croissait cependant vigoureusement dans les Romagnes…

dans la nuit du 24 juin 1819, le mouvement éclata, il eut l'issue funeste qu'ont d'habitude les premières tentatives de ce genre ; toute religion qui doit avoir des apôtres commence par avoir des martyrs. Cinq carbonari furent fusillés…

dans le même moment, la même société conspirait en Lombardie, et étendait ses ramifications dans les autres provinces d'Italie…

Ce fut quelques temps après qu'éclata à son tour la révolution piémontaise. Le matin du 10 mars (1821), le capitaine comte Palma faisait prendre les armes au régiment de Gênes et poussait ce cri : le roi et la constitution espagnole… Ainsi la révolution partie d'Ancône, avait gagné Naples et était revenue à Turin. Trois volcans s'étaient ouverts en Italie, sans compter celui d'Espagne, et la Lombardie s'agitait dans un triangle de feu. 

Le roi Victor-Emmanuel 1er, on se le rappelle, avait engagé à la Sainte-Alliance sa parole de ne faire au peuple aucune concession... »

 

commentaires : il y avait eu successivement :

-l'indépendance américaine et l'adoption d'une constitution en septembre 1787

-la révolution française et l'adoption de la Constitution de 1791

-la résistance espagnole et la constitution de 1812

Pour les têtes couronnées de droit divin, cela commençait à sentir le roussi, le système hérité de nombreux siècles passés tremblait sur ses bases.

Au congrès de Vienne (1814/1815), ce fut la Sainte-Alliance de tous les souverains qui mirent une chape de plomb sur les revendications des peuples. Cela prolongea l'ordre ancien d'une trentaine d'années, puis il y eut l'année 1848 qui fut appelée « l'année des Révolutions » ou «  l'année du printemps des peuples ».

Mais aujourd'hui, les magnats du pétrole, les dirigeants des grandes banques d'affaires, ceux qui contrôlent les médias… n'ont-ils pas rétabli un pouvoir absolu mais avec des formes plus subtiles qui permettent aux peuples manipulés de se croire souverains ?

J.D. 14 août 2017

allégorie de Goya sur la constitution de 1812

allégorie de Goya sur la constitution de 1812

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10 août 2017 4 10 /08 /août /2017 12:20

Les chemises rouges de la légion italienne N°383

 

Garibaldi naquit à Nice le 4 juillet 1807, à l'époque où le comté de Nice et le duché de Savoie avaient été annexés par la France. Voir note N°21 http://jean.delisle.over-blog.com/article-garibaldi-et-verdi-61434798.html

Garibaldi avait 7 ans lorsque le comté de Nice fut rendu (provisoirement) au royaume de Sardaigne (dont la capitale était à Turin).

Dès qu'il fut en âge de travailler, il commença une carrière de marin, ce qui le fit voyager et faire beaucoup de rencontres.

Il devint très vite un patriote convaincu de la nécessité de faire l'unité de l'Italie, mais en même temps Républicain tout aussi convaincu, jusqu'à ce qu'il admette qu'il fallait donner priorité à l'unité de l'Italie et qu'il se rallie au royaume de Sardaigne jugé comme le plus apte à réaliser l'unité du pays. Mais pour l'heure, ses activités républicaines l'obligèrent à s'exiler et c'est ainsi qu'il se retrouva en Uruguay en 1841, après un séjour au Brésil.

L'Uruguay : ce pays, qui a aujourd'hui 176.000 kms2 (le tiers de la France) et environ 3.500.0000 habitants, avec comme capitale Montevideo, fut découvert en 1516. Il est situé en Amérique du sud côté Atlantique et a pour principale caractéristique d'être « coincé » entre le Brésil (indépendant, de fait depuis 1822 avec une reconnaissance du Portugal en 1825) au nord colonisé par les Portugais et l'Argentine (indépendante depuis 1816) au sud colonisée par les Espagnols. Or, au fil des siècles cela n'a pas toujours été sans problème entre Espagnols et Portugais. Aussi, les Espagnols d'Argentine et les Portugais du Brésil tentèrent de s'emparer de l'Uruguay. En outre en accédant à l'indépendance, le Brésil se proclama « empire » avec un empereur à sa tête et cela perdura jusqu'en 1889, tandis que l'Argentine adoptait un régime républicain dès 1853.

Les Portugais du Brésil annexèrent l'Uruguay en 1816, mais suite à une insurrection de la population, déclenchée en 1825, soutenue par l'Argentine, l'indépendance fut proclamée en 1828 (traité de Montevideo du 28 août 1828 et adoption d'une constitution Uruguayenne le 18 juillet 1830).

Mais à l'intérieur du pays, 2 généraux voulurent le pouvoir et créèrent chacun leur parti : Fructuoso Rivera le parti « Colorados », considéré comme « libéral » et Manoel (ou Manuel) Oribe le parti « Blancos », considéré comme « conservateurs », avec chacun le soutien d'à peu près la moitié de la population et ils se firent la guerre qui dura de 1839 à 1851 et appelée « grande guerre ». A la fin Rivera eut le renfort de la Grande-Bretagne et de la France qui furent unies (même cela put arriver!).

C'est dans ce contexte que Garibaldi arriva en Uruguay.

Montevideo comptait une assez forte colonie de migrants italiens. Garibaldi recruta des volontaires qu'il organisa en corps d'armée qui reçut le nom de « légion italienne », d'abord environ 500 hommes qui atteignirent 800. Il les arma, les entraîna et les équipa. Il eut l'opportunité d'acheter à un fabricant, un lot de chemises rouges initialement prévues pour les ouvriers de l'abattoir de Buenos Aires, et volontairement rouges pour cacher autant que faire se peut les taches de sang des animaux abattus. Voilà pourquoi les « Garibaldiens » eurent des chemises rouges qui contribuèrent à la légende garibaldienne. La légion italienne adopta aussi un drapeau : noir avec au centre la représentation du Vésuve.

Dans le conflit local, Garibaldi prit le parti des « libéraux » qu'il appelle « républicains » contre les « conservateurs » qu'il appelle « les impériaux ».

La légion italienne participa glorieusement à de nombreux combats. En voici deux témoignages extraits de « Mémoires de Garibaldi » d'Alexandre Dumas (publiées en 1860).

« On se rappelle le combat du 24 avril 1844, le périlleux passage de la Boyada ; on sait de quelle façon les légionnaires italiens s'y comportèrent. L'officier qui faisait le rapport au général Paz se contenta, à propos des légionnaires, de lui dire : Ils se sont battus comme des tigres. Ce n'est pas étonnant répondit le général Paz, ils sont commandés par un lion. »

L'amiral Lainé qui commandait la flotte française en Uruguay, adressa à Garibaldi ce message :

« Je vous félicite, mon cher général, d'avoir si puissamment contribué, par votre intelligente et intrépide conduite, à l'accomplissement du fait d'armes dont se seraient enorgueillis les soldats de la Grande Armée qui, pour un moment, domina l'Europe ».
Finalement après plusieurs années de guerre, le Brésil, l'Argentine et l'Uruguay, s'unirent pour faire la guerre au Paraguay !

Entre-temps, c'est-à-dire en 1841, Giuseppe Garibaldi avait épousé Ana Maria de Jesus Ribeiro, surnommée Anita. Elle le suivit partout, prenant part aux combats.

Finalement, en mars 1848, Garibaldi avec ceux de ses légionnaires qui voulurent le suivre, rembarqua pour l'Italie. Il se mit au service du roi de Sardaigne, d'abord Charles-Albert puis Victor-Emmanuel II et contribua puissamment à l'unité italienne en faisant la conquête de l'Italie du sud et de la Sicile, en 1860, à la tête de ses chemises rouges ou « expédition des mille ».

Lors d'une conférence, en 2010, pour le cent-cinquantième anniversaire de la réunion de la Savoie et de Nice à la France, j'avais rendu un hommage particulier à Garibaldi, non seulement pour ses exploits « italiens » mais pour son soutien à la France lors de la guerre contre la Prusse en 1870/1871. Voir note N°1

En Italie, on trouve des rues ou places Garibaldi dans quasiment toutes les villes ; ce qu'il fit pour la France, mériterait de ce côté-ci des Alpes, qu'on lui rende aussi hommage.

Anita décéda le 4 août 1849 et Giuseppe Garibaldi le 2 juin 1882. On trouvera en illustration leur statue à Porto Alegre au sud du Brésil, place….Garibaldi !

J.D. 10 août 2017

 

 

 

 

Anita et Giuseppe Garibaldi, photo du net

Anita et Giuseppe Garibaldi, photo du net

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7 août 2017 1 07 /08 /août /2017 10:28

Le groupe Bilderberg N° 382

 

 

Avertissement :

Cette note concerne un groupe réputé occulte. Malgré son caractère secret, on trouve sur internet une foule d'informations sur ce groupe. Je n'ai aucune idée et pas le moyen d'en avoir sur l'objectivité des informations qui circulent.

Aux lecteurs intéressés par le sujet d'effectuer leurs propres recherches et de s'en faire une opinion. Pour s'informer sur un sujet, faut-il encore savoir qu'il existe. Cette note a donc pour objet d'attirer l'attention sur l'existence de ce groupe. Et voici la synthèse que je peux en effectuer sans pouvoir séparer le vrai du vraisemblable.

 

Le groupe Bilderberg :

En mai 1954, à l'initiative de la CIA (Central Intelligence Agency) et du Mi-6 britannique (Military Intelligence section 6), 130 personnes furent invitées à une « rencontre » dans un hôtel du nom de « Bilderberg » (qui a donné son nom au groupe) situé aux Pays-Bas sur le territoire de Oosterbeek, près de la frontière allemande. Voir photo de l'hôtel en illustration, emprunt au net

Ces 130 personnes venues des États-Unis et des pays d'Europe occidentale, avaient au moins 2 points communs :

-Elles appartenaient toutes à des cercles d'influence (milieux politiques, médias, banques d'affaires, grandes entreprises…) et avaient toutes peur que l'Europe de l'ouest devienne communiste. On était entré en plein dans la guerre froide ; l'OTAN avait été créé en avril 1949 et le Pacte de Varsovie le sera en mai 1955.

La France fut représentée à cette réunion par : Antoine Pinay qui avait été Président du Conseil (aujourd'hui on dit Premier Ministre) en 1952, par Georges Pompidou qui venait d'entrer au service du groupe Rothschild et par Guy Mollet qui était secrétaire général de la SFIO (l'ancêtre du parti socialiste) depuis 1946.

 

Deux décisions furent prises :

-pérenniser le groupe et se revoir régulièrement. Ce qui fut fait, un siège permanent a été créé à Leyde aux Pays-bas, la dernière réunion s'est tenue du 1er au 4 juin 2017 en Virginie. En 2003, une réunion s'était tenue à Versailles. Le groupe compte toujours 130 personnes qui se rencontrent tous les ans. Comme les 10.000 immortels de l'empire perse , chaque départ est remplacé. Parmi les noms qui circulent sur l'appartenance à ce groupe, on cite Bill Gates, Bill Clinton, Henry Kissinger pour les Etats-Unis ou DSK, Christine Lagarde, Manuel Valls (qui participa à la réunion de 2008) pour la France ainsi que les directeurs de la Banque centrale Européenne, les patrons de l'OTAN, de l'OMC (organisation mondiale du commerce), les Présidents de la Commission européenne et particulièrement José Manuel Barroso qui en quittant la commission est entré au service de Goldman Sachs, un des importants soutiens du groupe Bilderberg avec les familles Rothschild, Rockefeller ou Ford. Parmi les personnalités citées ayant eu des liens avec le groupe Bilderberg : Margaret Tatcher, Gerhard Schröder ou Barack Obama : Du beau monde !.

-financer toutes actions permettant un rapprochement transatlantique. Dans ce cadre des associations ont été créées, dont une dénommée  : « American-French association ».

-Cette American-French association recrute chaque année des jeunes Français à qui elle donne le titre de « Young Leader » et ils sont invités à participer à des séminaires où ils rencontrent des personnalités américaines. Parmi ceux qui ont eu un jour ce titre de « Young Leader », on trouve Alain Juppé, Valérie Pécresse, François Hollande, Emmanuel Macron, son premier Ministre Edouard Philippe etc

-Quand on pense que les mêmes, que l'on trouve dans la mouvance Bilderberg, contrôlent la presse, les instituts de sondage…, on a vite « bouclé la boucle » !

 

Il existe des réunions internationales dans le cadre de l'ONU, de l'OTAN, des sommets de chefs d’État… Il existe aussi des réunions internationales « privées » mais dont les travaux sont publics comme le « forum de Davos », puis des rencontres genre Bilderberg qui en principe sont secrètes.

*Quelques auteurs s'intéressent régulièrement à la question, mais leurs ouvrages passent la plupart du temps inaperçus. En voici 3 titres :

- »Les Maîtres du monde » de Luis M. Gonzalez Mata en 1979

- »La démocratie contrariée » de Georges-Albert Astre et Pierre Lépinasse en 1985

- »Géopolitique des impérialismes » de Chloé Maurel en 2009.

J.D. 7 août 2017

 

 

l'hôtel Bilderberg

l'hôtel Bilderberg

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5 août 2017 6 05 /08 /août /2017 15:37

Les trois cotillons (N°381)

 

Dans un livre consacré à La Pompadour et publié chez Albin Michel en 1983, l'auteur (Duc de Castries) écrit page 161 :

« Frédéric II persistait à penser qu'il pouvait corrompre madame de Pompadour qu'il appelait ironiquement Sa majesté Cotillon III ».

Une note de bas de page nous apprend que pour Frédéric II (roi de Prusse) les autres « cotillons » étaient l'impératrice Marie-Thérèse d'Autriche et Elisabeth tsarine de Russie.

Intrigué, j'ai cherché un peu ; le résultat est surprenant ; il s'agit d'une page très importante de l'histoire de l'Europe, mais très compliquée, ce qui explique peut-être que beaucoup de citoyens ignorent ces événements:

 

*Sa Majesté Cotillon I :

-Marie-Thérèse de Habsbourg d'Autriche naquit à Vienne le 13 mai 1717. Elle était la fille d’Élisabeth Christine de Brunswick-Wolfenbüttel (1691/1750) et de Charles VI (1685/1740), empereur germanique, archiduc d'Autriche, roi de Naples….

-Marie-Thérèse épousa le 12 février 1736 François-Etienne de Lorraine qui fut élu empereur germanique en 1745. Mais ce fut, de fait, Marie-Thérèse qui dirigea l’État, non seulement du vivant de son mari mais comme régente de son fils Joseph ensuite. Jusqu'à la fin de sa vie, elle fut considérée par tous comme l'impératrice régnante.

-Marie-Thérèse eut 16 enfants : 11 filles (avec toutes des prénoms composés dérivés de Marie dont Marie-Antoinette future reine de France, pour son malheur) et 5 fils. Dix de ses enfants parvinrent à l'âge adulte.

-Avant sa mort le 20 octobre 1740, Charles VI avait fait désigner sa fille Marie-Thérèse comme héritière. Mais cette succession servit de prétexte à plusieurs pays dont la Prusse, la France, la Saxe, l'Espagne, La Pologne, et la Bavière...qui espérèrent profiter de l'occasion pour dépouiller l'Autriche. Cela entraîna une guerre de décembre 1740 à octobre 1748 connue sous le nom de « guerre de succession d'Autriche ».

-A ce stade, il faut faire une parenthèse sur le Saint Empire romain germanique, fondé en l'an 962 sur l'emplacement de la « Francie orientale » créée au traité de Verdun en l'an 843 lorsque les petits-fils de Charlemagne se partagèrent son empire.

-Ce Saint Empire était en fait une confédération d’États, avec plusieurs pôles de pouvoirs et une capitale où résidait l'Empereur qui varia au fil du temps mais qui fut à Vienne de 1483 à 1806. On peut au passage trouver des ressemblances avec l'organisation de l'Union Européenne. Mais, est-ce vraiment un hasard ?

-On peut donc trouver des références aux empereurs germaniques, aux mêmes archiducs d'Autriche, puis à partir de la fin du Saint Empire (en 1806) des empereurs d'Autriche. Avec une capitale du Saint Empire à Vienne, la confusion est facile entre empereurs d'Autriche et du Saint Empire.

-Les membres de la Confédération, c'est-à-dire du Saint Empire, ne furent pas toujours unis et les prêches de Luther (1483/1546) accentuèrent les choses. Les princes allemands prirent le parti de Luther et en profitèrent pour s'emparer des biens des communautés religieuses. Ainsi, dans l'espace germanique on eut un nord prussien et majoritairement protestant et un sud autrichien et principalement catholique.

La guerre de Succession d'Autriche : Frédéric II roi de Prusse aurait dû être un allié « naturel » de l'Autriche en temps que membre du Saint Empire, mais il n'en fut rien. La Prusse, la première, déclara les hostilités le 16 décembre 1740 en s'emparant de la Silésie, à l'époque riche région minière, située principalement sur l'actuelle Pologne mais aussi sur la République tchèque et l'Allemagne.

Marie-Thérèse, qui n'avait que 23 ans au début de la guerre, fit face. Devant l'ampleur de la coalition contre l'Autriche (chacun espérant profiter des dépouilles), elle parvint à constituer une autre coalition avec la Grande-Bretagne, la Russie, les Provinces-Unies (les Pays-Bas) et le royaume de Sardaigne. Ils furent rejoints en 1745 par la Bavière qui changea de camp. Puis elle désintéressa la Prusse en lui abandonnant la Silésie. La Prusse, satisfaite, lâcha ses anciens alliés.

Après des années de guerre, les hostilités s'arrêtèrent au traité d'Aix-la-Chapelle en octobre 1748.

La France avait fourni un très important effort de guerre, remportant de nombreuses victoires (dont celle de Fontenoy situé en Belgique près de Tournai, le 11 mai 1745), principalement en Flandres. Mais la France n'obtint rien, tandis que la Prusse gardait la Silésie. D'où l'expression : « travailler pour le roi de Prusse » ! dont la première mention est attribuée à Voltaire.

De nombreuses villes et territoires avaient été envahis par la France qui rendit tout sans contrepartie ! Il y a dans l'Histoire des moments où la diplomatie française fut d'une nullité affligeante !

C'était sous le règne de Louis XV. Il engagea la France dans une guerre qui ne nous concernait pas, seulement, semble-t-il, pour soutenir les revendications territoriales du roi de Prusse. Cela coûta une fortune à la France.

Non content d'avoir déconné à plein tube, Louis XV récidiva peu de temps après. « Errare humanum est, perseverare diabolicum ! » et c'est ce pauvre Louis XVI qui en perdit la tête ; car l'état dans lequel Louis XV laissa la France peut être considéré comme la première cause de la Révolution !

La guerre de Sept Ans : le traité mettant fin à la guerre de succession d'Autriche laissa beaucoup de belligérants sur leur faim, entre autres, l'Autriche qui espérait récupérer la Silésie. En outre on était en pleine rivalité entre France et Grande-Bretagne dans la constitution d'un empire colonial. Il n'en fallait pas plus pour rallumer une guerre. Ce fut Frédéric II roi de Prusse (encore lui !) qui déclencha les hostilités en envahissant cette fois, la Saxe le 29 août 1756.

Deux coalitions se constituèrent : Louis XV renversa l'alliance de la France et après avoir soutenu la Prusse, il soutint l'Autriche ainsi que la Russie, la Suède, l'Espagne et le royaume de Naples tandis que la Grande-Bretagne, le Portugal et divers duchés de moindre importance se mirent du côté de la Prusse.

Envahie de tous côtés, la Prusse faillit disparaître. La mort de la tsarine Elisabeth le 5 janvier 1762 renversa complètement la situation, car son neveu devint tsar sous le nom de Pierre III et il changea immédiatement d'alliance, rejoignant la Prusse, la Grande-Bretagne... contre l'Autriche, la France…

Cela ne porta pas chance à Pierre car 6 mois plus tard son épouse le faisait arrêter, prenait sa place comme tsarine sous le nom de Catherine II et peu de temps après Pierre III était assassiné ; c'était plus prudent !.

Pour beaucoup d'historiens, cette guerre de Sept Ans fut une guerre mondiale, non seulement par le nombre des belligérants mais par l'étendue des zones de combats. Pendant que la France consacrait l'essentiel de ses forces aux combats du continent, les Anglais plus malins envoyèrent d'importants renforts au Canada, dans les Antilles et aux Indes où ils gagnèrent malgré les mérites de Montcalm au Canada et de Dupleix aux Indes.

Cette guerre se termina par 2 traités : celui de Paris le 10 février 1763 entre Grande-Bretagne, France et Espagne, par lequel la France céda à la Grande-Bretagne tous ses territoires du Canada, l'essentiel de nos possessions aux Caraïbes et tous nos territoires aux Indes sauf 5 comptoirs. Enfin par le traité de Hubestbourg (En Saxe), entre Prusse et Autriche, La Prusse gardait la Silésie mais rendait la Saxe.

La Grande-Bretagne fut la grande gagnante de ces 2 guerres. Elle s'imposa comme première puissance maritime mondiale, agrandit considérablement son domaine colonial au détriment de la France et l'anglais supplanta le français comme langue internationale. Pour la France, on peut dire que le règne de Louis XV fut celui de la décadence du pays ! Peu de décennies plus tard, Napoléon Bonaparte tenta d'inverser le cours des choses mais son rêve s'arrêta le 18 juin 1815 à Waterloo !

La Prusse s'imposa comme puissance militaire dans l'espace germanique et Marie-Thérèse laissa dans l'Histoire l'image d'un des dirigeants européens les plus brillants du XVIIIe siècle. Décédée le 29 novembre 1780, elle fut inhumée dans la crypte de l'église des Capucins à Vienne. On trouvera sa statue, à Vienne, en illustration (emprunt au net).

 

*Sa Majesté Cotillon II :

Fille du tsar Pierre 1er surnommé Pierre le Grand et de la tsarine Catherine 1ère, Élisabeth naquit le 29 décembre 1709. La succession de Pierre 1er décédé le 8 février 1725 fut compliquée. Voici l'ordre de succession :

-Catherine 1ère épouse de Pierre 1er devint tsarine jusqu'à sa mort le 17 mai 1727

-Pierre II petit-fils de Pierre 1er fut tsar du 17 mai 1727 au 30 janvier 1730

-Anne nièce de Pierre 1er prit la suite comme tsarine du 30 janvier 1730 au 29 octobre 1740

-Yvan VI petit neveu de Anne, fut désigné par celle-ci comme successeur, mais né le 23 août 1740, il n'avait que 2 mois à la mort de Anne. Il régna sous la régence de sa mère, mais pour peu de temps car Élisabeth, en décembre 1741, s'empara militairement du tsar en titre et de sa mère et se fit proclamer tsarine. Elle fut couronnée le 25 avril 1742.

Durant le règne d’Élisabeth, la Russie participa à 3 guerres dont elle fut victorieuse : la guerre russo-suédoise, de 1741 à 1743, qui permit à la Russie de récupérer la Finlande méridionale ; la guerre de succession d'Autriche et la guerre de Sept Ans. Les troupes russes s'emparèrent de Berlin, mais la mort d’Élisabeth le 5 janvier 1762, changea la situation ; voir à Cotillon I

Élisabeth fut inhumée dans la cathédrale Pierre et Paul à Saint Saint-Pétersbourg. Durant son règne elle encouragea les arts et put se vanter que durant tout son règne, aucune condamnation à mort ne fut mise à exécution.

 

*Sa Majesté Cotillon III :

-Jeanne-Antoinette Poisson naquit le 29 décembre 1721 à Paris. Fille de Louise Madeleine de La Motte et de François Poisson écuyer du duc d'Orléans (1674/1723, petit-fils de Louis XIII et qui fut régent de 1715 à 1723, durant la minorité de Louis XV).

-Issue de la bourgeoisie elle reçut une très bonne éducation et se maria le 9 mars 1741 avec Charles Guillaume Le Normant d'Etiolles dont le domaine se trouvait à 27 kms au sud-est de Paris (dans l'Essonne) et était mitoyen des chasses du roi. Cela permit à la Poisson-d'Etiolles de jouer les sirènes au passage du roi qui la remarqua et en fit sa maîtresse en juin 1745 et dès le 24 juin il lui faisait don du château de Pompadour (château du XIe siècle situé en Corrèze dans la commune de Pompadour). Ce château étant associé à un marquisat, ipso-facto, la Poisson devint madame la marquise de Pompadour, au grand dam de beaucoup qui parlaient de « poissonnades » ou qui, comme le dauphin, l'appelaient « Madame putain ».

-Dès le 10 septembre 1745, La Pompadour était logée à Versailles dans un appartement qui communiquait avec celui du roi par un escalier secret.

-En mai 1746, le roi achetait le château de Crécy (à Crécy-Couvé dans l'Eure-et-Loir) pour en faire don à la Pompadour et en 1753, Louis XV achetait à Paris l'hôtel d’Évreux (aujourd'hui palais de l’Élysée, dont Napoléon III le premier fera la résidence des chefs d’État français) pour en faire don à sa maîtresse.

-Elle-même acheta en février 1748 le château de la Celle (à la Celle Saint Cloud dans les Yvelines) et en juin 1760 le château de Ménars (dans le Loir-et-Cher). Ce château était associé à un marquisat. Louis XV en fit un duché et la marquise put prendre le titre de duchesse.

-Lorsque ses attraits commencèrent à manquer de charme auprès de Louis XV, elle prit elle-même l'initiative de fournir des maîtresses au roi pour contrôler la situation et rester en Cour.

Elle mourut à Versailles le 15 avril 1764 et fut inhumée en la chapelle du couvent des capucins à Paris (qui a disparu et se trouvait dans l'actuelle rue de la Paix).

-beaucoup d'historiens ont écrit sur l'influence politique de la Pompadour auprès de Louis XV et lui attribuent spécialement le renversement d'alliance au détriment de la Prusse et en faveur de l'Autriche mais qui fut surtout au détriment de la France, voir à la Cotillon I.

Ainsi les trois « Cotillons » vécurent à la même époque et participèrent aux mêmes événements qui virent l'émergence de la Prusse dans l'espace germanique, ce qui coûtera très cher à l'Europe entière durant près de 3 siècles ! Voir sur le blog les notes N°55 http://jean.delisle.over-blog.com/article-la-fin-des-4-empires-97643758.html

et 83 http://jean.delisle.over-blog.com/article-la-terreur-prussienne-114461627.html.

J.D. 5 août 2017

 

 

 

 

 

Marie-Thérèse impératrice à Vienne

Marie-Thérèse impératrice à Vienne

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25 juillet 2017 2 25 /07 /juillet /2017 08:42

La royauté anglaise (quatrième partie) N°380

 

Les dynasties :

Après le départ des Romains, il y eut en Grande-Bretagne divers pouvoirs dont chacun chercha à agrandir son territoire, forcément au détriment des autres.

C'est en l'an 927 qu'apparaît pour la première fois la mention « Rex Anglorum » (roi des Anglais) ; c'est donc de cette date que nous ferons partir l'examen des dynasties anglaises, en sachant que leurs titres et pouvoirs évoluèrent en même temps que les territoires ; voir les 3 notes précédentes.

*On eut d'abord des « rois d'Angleterre »

*à compter du 1er mai 1707 jusqu'en 1801 : des rois de « Grande-Bretagne et d'Irlande »

*de 1801 à 1876 : rois de Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande

*de 1876 à 1901 : rois de Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande et empereurs des Indes

*de 1901 à 1927 : rois de Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande et des dominions britanniques au-delà des mers, empereurs des Indes

*de 1927 à 1948 : rois de Grande-Bretagne et d'Irlande et des dominions britanniques au-delà des mers, empereurs des Indes

*de 1948 à 1953 : idem sauf empereurs des Indes

*depuis 1953 : titre complet de la reine Elisabeth :  « Elisabeth II, par la grâce de Dieu, reine du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord et de ses autres Royaumes et territoires, chef du Commonwealth, défenseur de la foi ».

 

Le règne des Wessex et des Jellings de 927 à 1066 :

Durant cette période deux maisons concurrentes alternèrent au pouvoir, les Wessex avec 11 souverains (dont le dernier fut tué lors des combats contre Guillaume le Conquérant) et les Jelling, avec 4 souverains, dont le premier membre (SVEN) venait du Danemark.

 

Les Normands de 1066 à 1154 : comptèrent 4 rois dont le premier fut Guillaume le Conquérant. A sa mort le 9 septembre 1087, deux de ses fils lui succédèrent, d'abord Guillaume II décédé le 2 août 1100 puis Henri Ier décédé le 1er décembre 1135. Après lui le pouvoir aurait dû revenir à Mathilde petite-fille de Guillaume le Conquérant, mais un autre descendant de Guillaume le Conquérant usurpa le pouvoir et ce fut la guerre entre 2 prétendants. Mathilde née le 7 février 1102 avait d'abord épousé Henri V empereur germanique en janvier 1114. Devenue veuve, elle s'était remariée avec un Plantagenêt le 17 juin 1128 au Mans. Décédée le 10 septembre 1167, elle est inhumée dans la cathédrale de Rouen où elle fut transférée en 1846. Cela montre aussi les liens nombreux qui unirent Angleterre et France au Moyen-Age, cela aurait pu permettre une alliance profitable mais en fait cela aboutit à la guerre de Cent Ans.

 

Les Plantagenêts  de 1154 à 1485 : C'est finalement un fils de Mathilde qui inaugura une nouvelle dynastie. Celle-ci compta 16 rois dont les plus connus furent Richard Cœur de Lion et Jean sans Terre. C'est aussi durant le règne de cette dynastie que se déroula la guerre de Cent Ans (1337/1453) avec un moment toute la moitié nord du territoire français annexée par les Anglais.

 

Les Tudors de 1485 à 1603: n'eurent que 6 souverains mais dont certains laissèrent des traces ce qui fut spécialement le cas de Henri VIII (roi de 1509 à 1547) et d’Élisabeth 1ère reine de 1558 à 1603. Voir fiche N° 378.

Élisabeth décédée sans descendance, la couronne passa au fils de Marie Stuart, ce qui permit, à terme, d'unifier Angleterre et Écosse.

 

Les Stuarts : Cette dynastie compta 7 souverains de 1603 à 1714 avec une interruption de 11 années après l'exécution de Charles 1er, voir fiche N° 373

 

La maison de Hanovre de 1714 à 1901: n'eut que 6 souverains et se termina avec Victoria décédée le 22 janvier 1901 après 63 ans de règne. Née le 24 mai 1819, elle avait succédé à son oncle, le roi Guillaume IV décédé le 20 juin 1837. A l'époque elle eut le règne le plus long de l'histoire britannique mais est dépassée par Élisabeth II depuis 2 années. Victoria avait récupéré le titre de reine du Canada en 1867, d'Impératrice des Indes en 1877 et de reine d'Australie quelques jours avant sa mort en 1901. On avait dit de Charles Quint que le soleil ne se couchait jamais sur son Empire. La même chose fut dite de l'empire de Victoria.

Sous le règne des premiers souverains de la dynastie de Hanovre se déroulèrent successivement la guerre de succession d'Autriche de 1740 à 1748 puis la « guerre de 7 ans », de 1756 à 1763, qui permirent à la Grande-Bretagne de récupérer, à nos dépens, le Canada et l'Inde !

Victoria avait épousé Albert de Saxe-Cobourg-Gotha le 10 février 1840. Elle en eut 9 enfants. Elle devint veuve en 1861. Après le décès de Victoria, son fils régna sous le nom d'Edouard VII, mais avec le nom de son père. Si Victoria régna sur le plus grand espace terrestre, c'est sous son règne que les pouvoirs de la monarchie évoluèrent vers une monarchie constitutionnelle. C'est son effigie qui illustra le premier timbre-poste émis en Grande-Bretagne en 1840. N'oublions pas non plus, que c'est sous le règne de cette reine que se fit le premier rapprochement (depuis des siècles) entre la Grande-Bretagne et la France (de Napoléon III) à l'occasion de la guerre de Crimée (de 1854 à 1856).

 

De Saxe-Gobourg-Gotha à Windsor : En 1917, en pleine guerre avec l'empire allemand, la famille régnante en Grande-Bretagne changea son nom pour celui de « Windsor » (du nom d'une propriété qui appartient à la famille royale, située dans la banlieue ouest de Londres), mais c'est en fait toujours la même famille. Après Edouard VII roi de 1901 à 1910, il y eut George V de 1910 à 1936, George VI de 1936 à son décès le 6 février 1952 puis Élisabeth couronnée le 2 juin 1953. Malgré la longueur de son règne, cette reine bénéficie encore, aussi bien dans son pays qu'à l'étranger, d'une cote de popularité à faire baver de jalousie tous les présidents de la République française à la fin de leur mandat !

 

Illustration : on trouvera en illustration un tableau de 1838, du peintre Charles Robert Leslie qui représente le sacre de Victoria, à l'abbaye de Westminster,

le 28 juin 1838.

J.D. 25 juillet 2017

le sacre de Victoria

le sacre de Victoria

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8 juillet 2017 6 08 /07 /juillet /2017 17:52

La royauté anglaise (troisième partie) N°379

 

*Les territoires britanniques d'Outre-Mer :

Une très grande partie de l'empire colonial britannique a accédé à l'indépendance. Cependant quelques territoires ont préféré rester « britanniques ». Cela comprend des centaines de territoires, surtout des îles ou îlots qui ont été regroupés en 14 ensembles, appelés « territoires britanniques d'Outre-mer », ils représentent 18492 kms2 et environ 270.000 habitants, non compris « l'Antarctique britannique » qui couvre une superficie de plus de 1.400.000 kms2. En voici la liste :

-En Europe : Gibraltar

-Dans l'Atlantique plus proches des côtes américaines que européennes ou africaines : les Bermudes, les îles Turques et Caïques, les îles Caïmans, les îles Vierges britanniques, Anguilla, Montserrat, les îles malouines, la Géorgie du Sud et les îles Sandwich du Sud

-dans l'Atlantique, plus proches des côtes d'Afrique que d'Amérique : Ascension, Sainte Hélène, Tristan da Cunha

-dans le Pacifique : les îles Pitcairn

-dans l'Océan Indien : territoires britanniques de l'Océan Indien

 

*1-En Europe :

*Gibraltar : Les deux pointes qui ferment le détroit qui sépare l'Atlantique et la Méditerranée étaient appelées « les Colonnes d'Hercule » dans l'Antiquité. Gibraltar prit ensuite le nom de « Mont Calpé » jusqu'à la conquête musulmane en l'an 711. Le roi de Castille Ferdinand V récupéra le territoire pour le compte de l'Espagne en l'an 1492. Le territoire conserva le nom de Gibraltar qui était dérivé du nom du chef musulman qui l'avait conquis en 711.

Les Anglais s'emparèrent de Gibraltar le 25 août 1704, et le traité d'Utrecht en 1713 leur en reconnut la souveraineté.

Gibraltar a une superficie de 6,8 kms2, une population d'environ 32.000 habitants, 1200 mètres de frontière avec l'Espagne.

Le territoire de Gibraltar fut considéré comme adhérent à l'Union Européenne en même temps que la Grande Bretagne c'est-à-dire en 1973 mais en sauvegardant des règles fiscales particulières.

Ce territoire est revendiqué par l'Espagne.

 

*2-Au large de l'Amérique du Nord :

*Les Bermudes : Il s'agit d'un archipel situé à plus de 1000 kms à l'est de la Caroline du Nord et comprenant 123 îles ou îlots. Cet archipel a été découvert en 1515 par l'Espagnol Juan de Bermudez et les Anglais s'y sont installés à partir de 1606, créant une capitale à St George's en 1612, capitale transférée à Hamilton en 1793. La superficie totale est de 54 kms2 et la population dépasse 70.000 habitants. Ce territoire servit d'importante base militaire durant la seconde guerre mondiale et jusqu'en 1995.

La reine d'Angleterre est représentée par un Gouverneur et l'archipel possède en outre un Sénat de 11 membres nommés par le gouverneur et une seconde assemblée de 36 membres élus par la population.

L'Archipel est un territoire britannique adhérent en outre à l'Union Européenne (enfin jusqu'à présent)

Cet archipel est surtout connu à cause de toutes les légendes sur « le triangle des Bermudes » et plus sérieusement comme « paradis fiscal » et comme « pavillon de complaisance »

 

*Les îles Turques et Caïques (Turks and Caicos Islands) comprennent 30 îles ou îlots représentant 948 kms2 et un peu plus de 50.000 habitants situés dans la mer des Caraïbes au nord de Haïti et de la République Dominicaine.

Le territoire fut découvert en 1512 par l'Espagnol Juan Ponde de Leon. Les Anglais s'y établirent à partir de 1681. L'Archipel fut rattaché aux Bahamas, puis à la Jamaïque, retour aux Bahamas et enfin territoire britannique d'Outre-mer depuis 1973. La reine d'Angleterre en est la souveraine, elle est représentée par un gouverneur assisté d'une assemblée de 21 membres dont 15 élus.

Un référendum organisé en 1986 a vu une majorité de la population voter pour un rattachement au Canada bien que le territoire en soit très éloigné. Pour sa part, d'ailleurs, le Canada n'a pas revendiqué ce territoire.

 

*Les îles Caïman (ou Caïmans ; Cayman Island) sont constituées de 3 îles situées dans la mer des Caraïbes à environ 300 kms au sud de Cuba. On a : Grand Cayman (197kms2), Little Cayman (26kms2) et Cayman Brac (36 kms2)

Ces îles furent découvertes par Christophe Colomb le 10 mai 1503. Des Anglais y débarquent à partir de 1586 et un traité signé à Madrid le 8 juillet 1670 en donne la possession à l'Angleterre en même temps que la Jamaïque.

L'ensemble est peuplé de plus 45.000 habitants. La reine d'Angleterre en est la souveraine, assisté d'un gouverneur et d'une chambre de 18 membres dont 15 élus et les 3 derniers nommés par le Gouverneur.

Les habitants et entreprises furent exonérés d'impôts par le roi d'Angleterre George III en 1788, ce qui subsiste toujours et fait des îles Caïman un des paradis fiscaux les plus réputés sur terre. Voici sur ce sujet un extrait d'un article publié par le journal en ligne du Monde 4 avril 2013 :


 

« Cette colonie de la Couronne britannique est l'un des plus gros centres financiers offshore de la planète. A quelques lieux de la célèbre plage de sable fin de Seven Mile est nichée la cinquième place financière au monde, derrière New York, Londres, Tokyo et Hongkong : George Town, chef-lieu de ce sanctuaire de l'argent baladeur que sont les Caïmans, qui accueillent les plus prestigieuses enseignes bancaires ainsi que plusieurs milliers de comptables, d'avocats d'affaires et de fiscalistes spécialistes des montages financiers les plus sophistiqués.

Des centaines de compagnies d'assurance établies par des multinationales, des sociétés écrans par dizaines de milliers et des hedge funds (fonds spéculatifs) à la pelle sont immatriculés dans l'île aux crocodiles découverte par Christophe Colomb en 1503. Eaux transparentes et fonds opaques : les Caïmans sentent l'économie de l'ombre à plein nez. Profitant sans fausse honte d'avantages fiscaux massifs, le secteur financier, grâce auquel le revenu par tête est le plus élevé de la région Caraïbe, représente la moitié du PIB. »

 

Il existe plusieurs listes de paradis fiscaux : celle établie par la France, celle de l'Union européenne, des États-Unis etc mais sur toutes, on trouve un certain nombre de territoires qui appartiennent à la Grande-Bretagne… Manifestement, les Anglais ont su défendre leur secteur bancaire et leurs paradis fiscaux. Quand j'entends certains commentateurs qui annoncent la délocalisation sur le Continent des banques de la City à cause du Brexit, je crois qu'ils prennent leurs désirs pour des réalités, mais qui vivra verra !

 

*Les îles Vierges britanniques : Il s'agit d'une cinquantaine d'îles ou d'îlots dont 16 sont habités. Cet ensemble fut découvert par Christophe Colomb en 1493, colonisé par les Pays-Bas en 1648 et annexé par les Anglais en 1672. Ces îles sont situées dans la mer des Caraïbes. Pour les localiser plus précisément, d'ouest en est, on a successivement : Cuba, Haïti, la République Dominicaine, Porto Rico, les îles Vierges américaines et les îles Vierges britanniques.

L'ensemble couvre 153 kms2 et compte dans les 30.000 habitants. La plus grande île est Tortola (56 kms2 et environ 19.000 habitants) où se trouve la capitale : Road Town.

La reine d'Angleterre est la souveraine de ces îles, administrées par un gouverneur.

Ces îles sont surtout connues pour avoir servies de base à Barbe Noire dans les années 1710 et maintenant surtout pour être un paradis fiscal : un de plus qui appartient à la Grande-Bretagne !

 

*Anguilla : Il s'agit d'un archipel comprenant 1 île et 22 îlots non habités. Cet archipel fut découvert par Christophe Colomb en 1493 et colonisé par les Anglais en 1650. Le tout couvre 102 kms2 dont 96 pour l'île principale appelée aussi Anguilla.

L'archipel se trouve dans les Caraïbes, à l'est des îles Vierges britanniques et au nord de l'île Saint Martin (qui est partagée entre les Pays-Bas et la France).

La population est de 16.500 habitants environ et dans l'île d'Anguilla pas moins de 6500 sociétés financières sont implantées ! Encore un paradis fiscal !

Anguilla fut longtemps rattachée à un ensemble appelé « Saint Christopher Nevis Anguilla ». Les habitants d'Anguilla avaient l'impression d'être délaissés par les autres et après quelques soulèvements ils obtinrent des Britanniques un statut séparé, de fait depuis 1971 et de droit depuis 1983.

 

*Montserrat : est une île des Caraïbes située à 70 kms au nord-ouest de la Guadeloupe (à ne pas confondre avec le massif et l'abbaye de Montserrat situés en Espagne dans la région de Barcelone). Elle fut découverte par Christophe Colomb en 1493, colonisée par les Français en 1605, prise par les Anglais en 1632, reprise par la France en 1712/1713 ainsi que de 1757 à 1763, mais finalement les Anglais l'ont conservée.

Une éruption de La Soufrière le 18 juillet 1995 a détruit la capitale Plymouth, l'aéroport et rendu tout le sud de l'île inhabitable. Cette éruption ne fit que 19 décès mais 7000 des 12000 habitants ont quitté l'île, tandis que la superficie est passée de 102 à 104 kms2.

Un nouvel aéroport a été mis en service et une nouvelle capitale est en construction dans le nord de l'île dans le secteur de Little Bay.

La reine d'Angleterre est la souveraine de cette île ; elle est représentée par un gouverneur.

Montserrat figure aussi sur certaines listes de paradis fiscaux.

 

3- au large de l'Amérique du sud :

*Les îles Malouines (Falkland Island) : Celles-ci comprennent 2 îles principales séparées par un chenal et 776 îles secondaires ou îlots. Le tout représente 12.173 kms2 et compte dans les 3.000 habitants. Cet archipel est situé au large du sud de l'Argentine. La capitale est Port Stanley.

Des navigateurs y passèrent à partir de l'an 1592, mais c'est le Français Louis-Antoine de Bougainville , qui, le premier y installa une colonie en 1764, à Port Saint Louis et annexa le territoire pour le compte de la France. Il lui donna le nom de « Malouines » car, il avait dans son équipage une majorité de marins de Saint Malo. Mais suite à des tractations entre la Cour d'Espagne et celle de France, le roi (Louis XV) ordonna à Bougainville de céder le territoire aux Espagnols, pas pour longtemps car les Anglais s'y implantèrent dès 1766 et revendiquèrent le territoire en 1767. Les Espagnols en firent la reconquête en 1770 et les Anglais en 1776.

Lorsqu'en 1816, l'Argentine devint indépendante, elle prit la suite de l'Espagne pour revendiquer les Malouines, ils s'y installèrent en 1832, les Anglais reprirent le territoire en 1833. Enfin l'armée de l'Argentine s'empara du territoire en avril 1982, ce qui entraîna la « guerre des Malouines » qui se termina à l'avantage de l'Angleterre.

En mars 2013, la Grande-Bretagne organisa un référendum parmi la population des Malouines. 99,8 % des votants demandèrent à rester Britanniques, ce qui n'est pas surprenant compte tenu que les électeurs étaient d'origine britannique.

 

*La Géorgie du Sud et les îles Sandwich du Sud  (South Georgia and the South Sandwich Islands) : La Géorgie fut découverte en 1675 par Anthony de la Roché et les Sandwich du Sud en 1775 par James Cook. La Géorgie du Sud comprend une douzaine d'îles et les Sandwich du sud 11 îles. Elles sont situées dans l'Atlantique sud près de l'Antarctique. La superficie totale est de 4190 kms2 dont 3755 pour l'île principale appelée « Géorgie du Sud ». La population est constituée de missions scientifiques (surtout pour l'étude de la faune très diverse) , d'agents pour la météo et de militaires.

L'administration est faite depuis les Malouines dont la Géorgie est distante de 1300 kms et les Sandwich de 2.000 kms environ. Le point culminant est au Mont Paget à 2935 mètres d'altitude

 

4- dans l'Atlantique sud, au large de l'Afrique :

*L'île de l'Ascension et l'île de Sainte Hélène : Ces deux îles furent découvertes par le Portugais Joao da Nova Castelia, l'Ascension en 1501 et Sainte Hélène le 21 mai 1502. L'Ascension est à un peu plus de 1300 kms au nord-ouest de Sainte Hélène .

Sainte Hélène fut occupée par les Pays-bas à partir de 1633, annexée par la compagnie britannique des Indes Orientales en 1659 puis cédée à la Grande-Bretagne. Cette île servit pour l'exil de Napoléon 1er après la défaite de Waterloo (18 juin 1815). Il arriva sur l'île le 15 octobre 1815, fut d'abord logé au pavillon des Briars jusqu'au 10 décembre 1815 puis transféré au domaine de Longwood où il décéda le 5 mai 1821. Il fut inhumé le 9 mai dans la vallée du Géranium, depuis rebaptisée vallée du tombeau. En 1840, Louis-Philippe obtint des Anglais la restitution du corps de Napoléon qui, transféré en France, fut installé aux Invalides. Napoléon III de son côté obtint la cession à la France du domaine de Longwood, de la vallée du tombeau qui sont depuis territoires français. En 1959 s'y ajouta le pavillon des Briards lorsque la dernière propriétaire en fit don à la France.

L'île de l'Ascension, inhabitée jusque là fut transformée en poste militaire avancé par les Anglais à compter d'octobre 1815 pour sécuriser Sainte Hélène. Les Américains y installèrent un aérodrome durant la seconde guerre mondiale.

L'île de l'Ascension a 91 kms2 de superficie et Sainte Hélène 122.

 

*Tristan da Cunha : C'est le nom à la fois d'une île et d'un archipel de 4 îles découverts en 1506 par le Portugais Tristao da Cunha. Cet archipel est situé dans l'Atlantique sud à environ 2200 kms au sud de Sainte Hélène. L'île principale (Tristan da Cunha) a 96 kms2 de superficie et les 3 autres îles respectivement 14, 4, et 65 kms2. La population totale est inférieure à 300 habitants. Ces îles possèdent une faune et une flore remarquables.

 

5-dans le Pacifique :

*Les îles Pitcairn : il s'agit de 4 îles situées à plus de 2000 kms à l'ouest de l'île de Pâques. L'île principale Pitcairn a 5 kms2 de superficie et une cinquantaine d'habitants, les 3 autres îles sont inhabitées. Elles furent découvertes le 2 juillet 1767 par le Britannique Philippe Carteret. Elles furent annexées par la Grande-Bretagne en 1838. Le peuplement commença avec les marins révoltés du Bounty (ou de la Bounty selon les auteurs) en janvier 1790.

 

6-Territoires britanniques de l'Océan Indien :

Ce territoire situé au centre de l'Océan Indien comporte 55 îles représentant une superficie de 54.400 kms2 essentiellement en lagons. Il n'y a que 60 kms2 de terres émergées dont 40 kms2 pour la principale île : Diego Garcia qui depuis le 30 décembre 1966 a fait l'objet d'une location aux États-Unis qui y a installé une importante base militaire. Entre les militaires et personnels de service, l'île compte dans les 4.000 habitants.

 

Illustration : on trouvera en illustration une photo empruntée au net du domaine de Longwood où Napoléon expira.

J.D. 8 juillet 2017

 



 

Longwood à Sainte hélène

Longwood à Sainte hélène

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3 juillet 2017 1 03 /07 /juillet /2017 17:59

La royauté anglaise (seconde partie) N°378

 

 

1-Les territoires (suite) :

*L'Angleterre proprement dite : -L'Angleterre proprement dite est la partie sud/sud-est de la Grande-Bretagne, limitée au nord par l’Écosse, à l'est par la Cornouailles, et par la mer sur les autres côtés.

-Son littoral comporte de nombreux îlots ou îles dont la principale est l'île de Wight située sur la côte sud, en dessous de Southampton et Portsmouth. Cette île de 384 kms2 de superficie compte environ 140.000 habitants et a son point culminant à 241 mètres. On peut également citer les « îles Scilly », ensemble de 146 îlots ou îles situés dans l'Atlantique à l'ouest de la Cornouailles couvrant 16 kms2 au total avec 2.200 habitants environ.

-Au total l'Angleterre proprement dite a aujourd'hui plus de 55 millions d'habitants sur une superficie de 131.760 kms2.

-L'occupation humaine du territoire anglais remonte très haut dans le temps comme en témoignent des sites comme Stonehenge ou Avebury, classés au patrimoine mondial de l'Unesco en 1986 et qui remontent au troisième millénaire avant notre ère. Ils sont situés à une centaine de kms à l'ouest de Londres dans le triangle formé par les villes de Bristol, Swindon et Southampton.

-L'Angleterre fut occupée par les Romains (voir fiche précédente). Ce sont les Romains qui dès le temps de César avaient baptisé l'île sous le nom de « Britannia ». Au premier siècle de notre ère, les Romains installèrent d'abord leur commandement (ou capitale) à Colchester (Camulodunum) dans le comté d'Essex (à 80 kms environ au nord-est de Londres); en même temps, et dès l'an 43, les Romains fondaient une nouvelle ville sur la Tamise sous le nom de « Londinium » où ils transférèrent leur capitale à une date pas très certaine, mais probablement au début du second siècle de notre ère.

-Puis l'Angleterre fut envahie aux cinquième/sixième siècles, par les Saxons et les Angles qui ont donné leur nom au territoire, et d'où aussi le terme « d'Anglo-Saxons ».

-Tous les historiens ne semblent pas d'accord sur la date de début de la monarchie anglaise. Il y eut d'abord plusieurs royautés sur le territoire de l'Angleterre proprement dite. Mais c'est en l'an 927 qu'un nommé Aethelstan se donne pour la première fois le titre de « Rex Anglorum » (roi des Anglais). On peut donc faire partir la royauté anglaise de cette date. A la même époque c'est la ville de Winchester (à environ 90 kms au sud-ouest de Londres) qui joue le rôle de capitale anglaise.

-C'est le 28 septembre 1066 que Guillaume, duc de Normandie (surnommé Guillaume le Conquérant) débarqua en Angleterre. Parti de Saint Valéry sur Somme (dans la Somme) avec 600 navires et 7.000 soldats, il put débarquer sans être inquiété.

-Le roi anglais Harold II s'était porté avec son armée au nord-est de l'Angleterre pour faire face à un débarquement de Vikings. Le 25 septembre Harold avait été vainqueur des Vikings à la bataille de Stamford Bridge (à une vingtaine de kms au nord de York sur la rivière Derwent), mais au prix de lourdes pertes.

-Informé du débarquement normand, Harold ramena ses troupes à marches forcées (où elles durent parcourir dans les 400 kms) avant d'affronter Guillaume et ses soldats, eux, reposés, le 14 octobre à Hastings (sur la côte à environ 80 kms au sud-est de Londres). Les Anglais furent vaincus, Harold tué, et Guillaume s'empara du pouvoir. Il fut couronné roi d'Angleterre le 25 décembre 1066 à l'abbaye de Westminster. Né vers 1027 dans le Calvados, à Falaise (où il a sa statue équestre, place ...Guillaume le Conquérant), Guillaume avait épousé Mathilde de Flandre (petite-fille du roi de France Robert II) vers 1050. Elle fut couronnée reine d'Angleterre en mai 1068 (une statue lui est consacrée dans les jardins du Luxembourg à Paris).

Guillaume fut le fondateur de l'abbaye aux Hommes de Caen et Mathilde de l'abbaye aux Dames dans la même ville.

-Décédée le 2 novembre 1083, Mathilde fut inhumée dans l'abbaye aux Dames de Caen et Guillaume, décédé le 9 septembre 1087, dans l'abbaye aux Hommes à Caen.

Les 2 tombes furent saccagées par les protestants en 1562.

-De l'arrivée de Guillaume et durant 3 siècles, on parla français à la Cour d'Angleterre (que Guillaume avait installée à Londres). C'est durant la guerre de Cent Ans (1337/1453) et pour punir les Français de refuser obstinément un roi anglais que le français fut abandonné. On ne réécrit pas l'histoire, mais il n'est pas interdit de faire du roman-fiction. Que serait devenue l'Europe si France et Angleterre avaient eu à partir du quatorzième siècle un roi commun, qui avait des rois de France dans ses ancêtres et qui parlait français ?

Pour assurer son autorité et surtout pour parer à toute tentative de révoltes (il y en eut en Normandie et aussi en Angleterre sans oublier de nouveaux débarquements Vikings), Guillaume le Conquérant lança sur le sol anglais la construction de plusieurs fortifications dont la célèbre « Tour de Londres ».

-A partir de Guillaume, les Anglais prirent lentement mais sûrement le pas sur les autres nations du Royaume-Uni, puis à partir de la fin du seizième siècle, ils constituèrent le plus grand empire colonial au monde. Ils se heurtèrent souvent aux intérêts français et la France fut le meilleur ennemi des Anglais durant des siècles et jusqu'à ce que les Anglais pragmatiques comprennent que l'empire allemand mettait en cause leur hégémonie dans plusieurs domaines y compris maritime et se rapprochent des Français (entente cordiale : 8 avril 1904).

-Pour ce que je connais de l'Histoire, il me semble qu'au travers des siècles, la diplomatie anglaise fut plus futée et plus efficace que la notre, souvent à nos détriments, mais à qui la faute ?

-Au 1er janvier 1973, la Grande-Bretagne rejoignit la Communauté Économique Européenne (devenue l'Union Européenne en 1993), mais en sauvegardant ses intérêts et surtout ceux de son système bancaire et de ses paradis fiscaux. Personnellement, je ne reproche pas aux Anglais de défendre les intérêts des Anglais, mais chacun en pense ce qu'il en veut.

-Le 23 juin 2016, avec une participation de 72,2 % des électeurs, une majorité (51,9%) se prononçait pour le Brexit (sortie du Royaume-Uni de l'union Européenne). Beaucoup de commentateurs annoncèrent une catastrophe économique pour la Grande-Bretagne. En juin 2016, le taux de chômage en Grande-Bretagne était de 4,8 %; il est passé à 4,7 % en janvier 2017 et à 4,6 % en avril 2017, comme en témoigne ce titre d'un article de La Tribune du 14 juin 2017 :

 

« La comparaison est cruelle avec la France, où le taux de chômage pointe toujours à 9,6% au premier trimestre 2017. Au Royaume-Uni, ce taux s'est maintenu à 4,6% à fin avril, son niveau le plus bas depuis 42 ans. »

 

Beaucoup espéraient une délocalisation des emplois de la City sur Paris ou Francfort.

Ces délocalisations, non seulement on les attend toujours, mais le premier investissement important en matière d'emplois tertiaires qui se fait en Europe : la création d'un siège européen de Google (100.000 m² de bureaux et 7.000 emplois), où se fait-il ? À Londres !

Du temps où je lisais le Canard Enchaîné (cela remonte à loin), il y avait une rubrique intitulée : « Pan sur le bec » !

 

Illustrations et suite :

En illustration on trouvera les statues de Guillaume le Conquérant à Falaise et de son épouse Mathilde à Paris, emprunt au net : commons.wikimedia.org/windex

La troisième partie de cette note portera sur les 14 territoires britanniques d'Outre-Mer que je pensais joindre à cette note, mais cela ferait un texte trop long ; et la suivante sur les dynasties royales anglaises.

J.D. 3 juillet 2017

représentation de Guillaume le Conquérant à Falaise et de Mathilde à Paris
représentation de Guillaume le Conquérant à Falaise et de Mathilde à Paris

représentation de Guillaume le Conquérant à Falaise et de Mathilde à Paris

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30 juin 2017 5 30 /06 /juin /2017 20:36

La royauté anglaise (première partie) N°377

 

En mai, j'ai mis sur ce blog une note sur la République anglaise (N°373). Cette note comporte quelques considérations sur la royauté, mais, il y manque à l'évidence une information plus complète sur les dynasties anglaises et leurs territoires.

 

I-Les territoires :

*L’Écosse : -C'est le territoire le plus au nord de la Grande-Bretagne, bordé de 3 côtés (est, nord et ouest) par la mer et séparé de l'Angleterre au sud par une chaîne de collines : les Monts Cheviot (The Cheviot Hills) qui culminent à la pointe Cheviot à 715 mètres d'altitude.

-Ce territoire fut occupé depuis la haute antiquité puisque les touristes peuvent encore voir les restes d'une maison datant d'environ 3500 ans avant J.C. à Knap Of Howar dans une des îles de l'archipel des Orcades, archipel qui compte 67 îles situées au nord de l’Écosse et qui appartiennent à l’Écosse, tout comme l'archipel des Hébrides situé à l'ouest et qui compte plus de 500 îles ou îlots et l'archipel des Shetland situé au nord des Orcades et qui comprend une centaine d'îles.

Comme les Gaulois, les anciennes populations qui occupèrent l’Écosse, ne laissèrent pas de textes écrits. Il fallut attendre les Romains pour avoir les premières traces écrites sur l’Écosse. Les habitants furent appelés « Pictes » par les Romains et leur territoire « Calédonie » (Caledonia).

-La première incursion romaine en Grande-Bretagne date de César (en -55/-54), en rappelant qu'à l'époque l'île était appelée « Bretagne » et que l'actuelle « Bretagne » dans l'ouest de la France était alors appelée « Armorique ». César ne resta pas et ne laissa pas de troupes d'occupation.

C'est en l'an 43 (au premier siècle de notre ère) que les Romains s'emparent de l'Angleterre, mais pas du territoire des Pictes qui sont vaincus en l'an 83 par Agricola mais pas occupés. Pour se protéger des Pictes trop remuants, Hadrien fait construire un premier mur de séparation dans les années 120. Ce mur de 118 kms de long environ, va de la mer d'Irlande à l'ouest à l'embouchure du fleuve Tyne qui se jette dans la mer du Nord à l'est. Ce mur était défendu par 300 tours et 17 camps fortifiés. Il en reste des traces qui ont été classées au patrimoine de l'Unesco en 1987.

Une vingtaine d'années plus tard, sous l'empereur Antonin, les Romains construisent un nouveau mur de défense contre les Pictes environ 130 kms plus au nord à l'endroit le plus resserré (moins de 50 kms juste au nord de la ligne Glasgow à l'ouest/Edinburgh à l'est) mais ne peuvent s'y maintenir et se replient sur le mur d'Hadrien vers l'an 211 avant de quitter l'Angleterre vers l'an 410.

La ligne actuelle de séparation entre Ecosse et Angleterre (The Cheviot Hills) se situe entre le mur d'Hadrien et celui d'Antonin.

-C'est une arrivée de « Scots » venus d'Irlande au cinquième siècle qui a donné son nom à l’Écosse. Les Scots se mêlèrent aux Pictes puis aux Vikings lorsque ceux-ci débarquèrent en l'an 839.

-Après le départ des Romains, en Écosse comme un peu partout, une royauté  se développa. A plusieurs reprises, les Anglais voulurent s'emparer de l’Écosse, laquelle s'allia même à la France pour s'opposer aux Anglais. Après moult péripéties, un roi d’Écosse devint roi d'Angleterre en 1603 ce qui assura l'Union, de fait, avant que l'ensemble ne prenne le nom de « Grande-Bretagne «  officiellement le 1er mai 1707.

-Dans le cadre d'une décentralisation voulue par Tony Blair, l’Écosse obtint, après référendum, un parlement (réuni la première fois le 12 mai 1999) avec un premier ministre et des pouvoirs dans certains domaines.

-Aujourd'hui, l'Ecosse a une superficie de 78782 km², ce qui équivaut à la superficie additionnée des 3 pays du Bénélux ; avec une population d'environ 5.300.000 habitants.

-Edimbourg (Edinburgh), la capitale, est située à l'est sur la mer du Nord ; avec une population de l'agglomération d'environ 820.000 habitants. Glasgow à l'ouest a une population agglomérée d'environ 2.850.000 habitants, ce qui en fait la principale ville d’Écosse.

L'Anglais est devenu la langue principalement parlée en Écosse, même si subsistent le « gaélique écossais » et le « scots », mais pour combien de temps ?

 

*Le pays de Galles : (Wales pour les Anglais) : est une partie de la Grande-Bretagne située à l'ouest de l'Angleterre proprement dite et entourée par la mer au nord, à l'ouest et même au sud où le pays de Galles est séparé des Cornouailles (on dit aussi La Cornouailles, mais à ne pas confondre avec la Cornouaille bretonne autour de Quimper) par le canal de Bristol.

C'est en l'an 78 que les Romains s'emparèrent du pays de Galles peuplé de celtes.

-Après le départ des Romains, une souveraineté autonome (de l'Angleterre) se développa.

-Au huitième siècle le roi gallois Offa fit élever un mur, à l'est de son royaume, pour le séparer de l'Angleterre. Aujourd'hui un sentier de randonnée (Offa's Dyke Path) perpétue le souvenir de cette frontière.

-Le roi d'Angleterre Edouard 1er parvint à vaincre les Gallois et annexa le pays en 1284. Pour prévenir d'éventuels soulèvements des Gallois, Edouard 1er fit édifier plusieurs forteresses. Quatre forteresses et 2 enceintes de villes de cette époque furent classées au patrimoine mondial de l'Unesco en 1986.

-C'est en 1999, en même temps que l’Écosse, et dans le cadre de la décentralisation que le pays de Galles a obtenu un parlement et un premier ministre avec un certain pouvoir par rapport à Londres.

-Le pays de Galles a une superficie de 20.779 kms2 (la moitié de la Suisse) pour une population d'environ 3.100.000 habitants. La capitale est Cardiff (346.000 habitants environ) située au sud du pays de Galles sur le canal de Bristol, c'est à dire avec accès direct à la mer. Le point culminant est au nord du pays de Galles (Mont Snowdon à 1085 mètres).

Le dragon rouge est officiellement le symbole du pays mais le poireau est aussi très populaire, comme l'est le chardon en Écosse, le trèfle en Irlande et la rose en Angleterre. Ceci n'est pas surprenant, aux États-Unis, chacun des 50 États a une fleur symbole et un oiseau-symbole.

Au niveau langue, le « gallois » s'efface progressivement au bénéfice de l'Anglais.

 

*L'Irlande : Cette île située à l'ouest de l'Angleterre a une superficie de 83500 kms2 pour une population d'environ 5.200.000 habitants.

Habitée depuis la plus haute antiquité, elle fut envahie par les Celtes au sixième siècle avant Jésus-Christ, christianisée par Saint Patrick au cinquième siècle, puis envahie à nouveau par les Vikings du VIIIe au Xe siècles et fut ensuite l'objet des convoitises anglaises dès le douzième siècle.

Les Irlandais résistèrent, mais dès 1541, le roi d'Angleterre Henri VIII (barbe bleue) se proclama « roi d'Irlande ». Face à l'opposition des Irlandais, les Anglais firent de la répression, qui à plusieurs reprises, prit des allures de génocides et conduisit beaucoup d'Irlandais à l'exode.

Enfin, un traité du 6 décembre 1921 divisa l'Irlande en 2 : une partie britannique au nord de 13.600 kms2 et aujourd'hui environ 1.600.000 habitants avec Belfast comme capitale, qui prit le nom d'Ulster et une partie sud de 70.300 kms2 et actuellement, près de 5.000.000 d'habitants, appelée « Eire » avec Dublin (plus d'un million d'habitants) comme capitale. Mais l'Eire était alors considérée comme « Dominion » britannique. Il fallut attendre le 21 décembre 1948 pour que la partie sud de l'Irlande devint complètement indépendante de la Grande-Bretagne. La République d'Irlande fut proclamée le 18 avril 1949.

Comme en Écosse ou au pays de Galles, l'Anglais a pris le pas sur l'Irlandais comme langue parlée par la population.

 

 

*L'île de Man : Elle est située dans la mer d'Irlande, à mi-chemin des côtes anglaises (à l'est) et des côtes de l'Irlande du Nord (à l'ouest). Elle a une superficie de 571 kms2 pour une population de 89.000 habitants environ.

Les plus anciennes traces, retrouvées, de présence humaine sur cette île, remontent à 4.000 ans avant Jésus-Christ. L'île fut celte, puis envahie par les Vikings, annexée par la Norvège, puis l’Écosse ; enfin l'Angleterre, sous le roi Édouard 1er, qui la récupéra en 1290.

-En 1765, l'île fut achetée comme propriété privée par les souverains anglais qui en furent donc les « Seigneurs ». Mais depuis 2011, l'île a un « lieutenant-gouverneur » élu par la population. Officiellement l'île n'appartient ni à la Grande-Bretagne ni à l'union européenne. Cette situation pour le moins bizarre a permis à cette île de se transformer en paradis fiscal dans les années 1960 au grand dam de beaucoup, mais l'expérience nous a appris que ce sont souvent ceux qui crient le plus qui vont planquer leur fric dans les paradis fiscaux ! Pour un Cahuzac qui s'est fait prendre la main dans le pot de confiture, combien d'autres ?

Douglas est la capitale de cette île. Depuis mars 2016 elle a été classée « réserve de biosphère » par l'Unesco.

 

Les îles Anglo-normandes :

Il s'agit d'un chapelet de 14 îles ou îlots au large du Cotentin, dont les principales sont : Jersey (118,2kms2 et 100.000 habitants environ), Guernesey (78 kms2 et 62.500 habitants), Serq (5,4kms2 et 550 habitants) et Aurigny (7,8km2 et 1900 habitants).

Dans les 200.000 dernières années, les périodes successives de glaciation/réchauffement ont fait que le niveau de la mer a été, par rapport à la situation actuelle, soit jusqu'à 15 mètres plus haut soit jusqu'à 100 mètres plus bas. Il y a donc eut des périodes où ces îles n'en étaient pas puisque rattachées au continent .

-Elles furent d'abord appelées « îles normandes ». En l'an 911, le roi de France Charles le Simple donna un territoire et un titre de comte à Rollon, un chef d'envahisseurs Vikings. Puis en 1010, le roi de France (Robert II Le Pieux) transforma le comté de Normandie en duché.

Lorsqu'un duc de Normandie (Guillaume le Conquérant) s'empara de l'Angleterre (en 1066) et en devint le roi, il conserva en même temps son titre de duc de Normandie et son territoire. C'est en 1204 que Philippe-Auguste récupéra la Normandie mais pas les îles qui devinrent îles anglo-normandes ; mais comme l'île de Man, elles sont réputées être la propriété de la couronne britannique ce qui les exclut de l'appartenance à l'union européenne et aux obligations, spécialement fiscales qui en découlent.

-Les Allemands occupèrent les îles anglo-normandes du 30 juin 1940 jusqu'au 9 mai 1945.

-entre 1950 et 1963, la Grande-Bretagne se débarrassa de ses déchets nucléaires en les balançant au large des îles anglo-normandes, dans des fûts soit-disant étanches, mais cela est aujourd'hui contesté par les mouvements d'écologistes.

-rappelons également que Victor Hugo s 'exila d'abord à Jersey de 1852 à 1855 puis à Guernesey de 1856 à son retour en France le 5 septembre 1870.

 

 

*La Grande-Bretagne : c'est l'ensemble constitué par l'Angleterre, l’Écosse et le pays de Galles

 

*Le Royaume-Uni : C'est la Grande-Bretagne plus la partie de l'Irlande devenue anglaise, c'est-à-dire la totalité de l'Irlande à compter du 1er janvier 1801 mais seulement l'Irlande du Nord à partir de l'Indépendance de l'Irlande du sud dans les années 1920.

 

*Les îles britanniques : Ce sont Le Royaume-Uni plus l'Irlande du sud (ou République d'Irlande), plus l'île de Man, plus les îles anglo-normandes.

 

*Les peuples celtiques : ont le nom de « peuples celtiques » les habitants des territoires suivants : Ecosse, Irlande, île de Man, pays de Galles, Cornouailles et Bretagne (en France).

On voit que l'Angleterre proprement dite n'y figure pas mais seulement plusieurs territoires appartenant au Royaume-Uni, alors qu'une partie de la France en est.

 

*Le tournoi des six nations :

La première rencontre internationale de rugby se déroula le 27 mars 1871 entre l'Angleterre et l’Écosse. A partir de 1882 fut créé un tournois annuel entre 4 nations : Angleterre, Écosse, Irlande, Pays de Galles, qui se transforma en tournoi des 5 nations par ajout de la France en 1910 puis en tournoi des 6 nations par intégration de l'Italie en l'an 2000.

On remarque au passage, que dans les grandes compétitions sportives internationales, genre jeux olympiques, les États-Unis ne sont représentés que par une seule équipe dans chaque discipline, alors que l'Union européenne a encore autant d'équipes que de nations et en rugby, la Grande-Bretagne a même 4 nations ! En précisant que l'équipe d'Irlande comprend les meilleurs joueurs sélectionnés de l'Irlande du Nord et de l'Irlande du Sud.

 

Illustration et suites : on trouvera en illustration ce qu'il reste de la maison de Knap of Howar (source : commons.wikimedia.org/windex)

La suite de cette note portera sur l'Angleterre proprement dite et les 14 territoires britanniques d'Outre Mer.

J.D. 30 juin 2017

 

 

restes de la maison des îles Orcades

restes de la maison des îles Orcades

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20 juin 2017 2 20 /06 /juin /2017 16:03

Lyndon B. Johnson N° 376

 

*Lyndon Baines Johnson naquit dans une famille modeste du Texas le 27 août 1908.

En 1930, il fut diplômé du « Southwest Texas State Teachers Collège » (l'équivalent de nos écoles normales) et commença une carrière d'enseignant dans un lycée de Houston (Texas) pour peu de temps car dès 1931 il fut recruté comme secrétaire d'un Sénateur, ce qui l'orienta vers la carrière politique.

*Il se maria le 17 novembre 1934 avec Claudia Alta Taylor

*En 1937, il fut élu, pour le compte du Texas à la Chambre des Représentants où il siégea jusqu'en 1949, date à laquelle il devint Sénateur, toujours pour le Texas.

*Il se présenta à la primaire du parti démocrate en 1960 mais fut battu par John F. Kennedy, mais le dit Kennedy le prit comme colistier pour les élections.

*Lorsque Kennedy fut élu le 8 novembre 1960 Président des États-Unis, Lyndon Johnson devint Vice-Président

*Deux heures et quelques minutes après la mort de John F. Kennedy (assassiné à Dallas Texas le 22 novembre 1963), Lyndon B. Johnson fut investi comme Président des États-Unis par la juge Sarah Tigman Hughes à bord de l'avion présidentiel américain (Air Force One) et prêtait serment sur un missel catholique faute d'une bible disponible. Il fut le premier Président investi au Texas, investi par une juge femme, et à prêter serment sur un missel catholique.

*Il fut réélu triomphalement le 3 novembre 1964, avec 61,1 % des voix, ayant raflé 486 grands électeurs dans 44 États et ne laissant à son adversaire Républicain (Goldwater) que 6 États et 52 grands électeurs. Après son mandat de 4 ans (janvier 1965, janvier 1969) il ne se représenta pas, mais fut en tout Président un peu plus de 5 années.

 

*Durant ses 5 années de Présidence, il fit avancer les droits des minorités par le « Voting Rights Act » que Johnson signa pour publication le 6 août 1965, il fit également beaucoup pour la protection sociale des Américains en signant le 31 juillet 1965 2 lois appelées : « Medicare » et « Medicaid ».

*Medicare : est une loi pour la prise en charge des dépenses de santé des personnes âgées de plus de 65 ans. Beaucoup d'Américains ont une couverture santé par le biais de leur entreprise, mais celle-ci prend fin avec la retraite. Il fallait donc régler ce problème.

*Medicaid : cette loi est destinée aux handicapés et aux citoyens sans ressource.

Ces deux lois sont financées par l’État fédéral à hauteur de 56 % et pour le reste par les 50 États des États-Unis pour leurs propres ressortissants.

 

Beaucoup d'Européens, en particulier les Français, n'ont jamais entendu parler de ces 2 lois adoptées 50 ans avant Obama ; par contre sur « l'Obamacare », ils en ont eu des tartines de la part de nos médias du politiquement correct !

« L'Obamacare » fut votée le 30 mars 2010 avec application à compter du 1er janvier 2014. cette loi eut pour nom : « Patient Protection And Affordable Care Act » (loi sur la protection des patients et des lois abordables ». C'est la complaisance des médias qui a fait connaître cette loi sous le nom d'Obamacare, probablement pour le plus grand bonheur d'Obama qui devait chercher à attacher son nom à une « grande » loi sociale. Pour que le lecteur français comprenne ce qu'est l'Obamacare, j'en ai trouvé un bon résumé sur le journal en ligne de France-info du 1er mars 2017 ; en voici des extraits :

 

« L'ambition de la loi est de permettre au plus grand nombre de bénéficier d'une couverture santé. Concrètement, elle oblige tous les citoyens à souscrire une assurance santé auprès d'un assureur privé répertorié sur le site Healthcare.gov. Pour reprendre l'expression d'un journaliste canadien, Obamacare, "c’est un marché d’assurances créé et épaulé par l’Etat….

Les républicains mènent une guerre sans relâche contre Obamacare depuis sa promulgation. Si le texte n'a que 6 ans, il a déjà fait l'objet de 60 votes au Congrès. A chaque fois, les républicains tentaient d'empêcher son application. La Cour Suprême a même été saisie quatre fois ! Non seulement ils jugent la réforme trop coûteuse, mais ils dénoncent également la logique de redistribution selon laquelle les cotisations des personnes en bonne santé doivent compenser les coûts des plus malades. Pour eux, qui dit obligation de souscrire une assurance dit restrictions des libertés individuelles et ingérence de l'Etat.

Mais, outre ces principes idéologiques, ils estiment qu'Obamacare dessert nombre d'Américains. Les assureurs – qui rappelons-le ne peuvent plus refuser de clients – estiment en effet que ce marché n'est plus assez rentable. Conséquence : soit ils refusent de jouer le jeu du gouvernement et se retirent des catalogues d'assurances privées compatibles avec Obamacare, soit ils augmentent leurs primes (en 2017, les Américains paieront en moyenne leur assurance 25% plus cher que l'année précédente), détaille The Washington Post. Par ailleurs, chacun de ces assureurs propose des services différents : il arrive qu'un assureur ne couvre pas les consultations dans tel ou tel hôpital, ou auprès de tel ou tel médecin. Les opposants à Obamacare s'indignent donc de payer de plus en plus cher, pour un service de plus en plus restreint. »

Pour l'Obamacare, on est loin de l'image que veulent en donner les principaux médias en France, mais en fait, Johnson en 5 ans de présidence a fait plus pour la santé des Américains que Obama en 8 ans. Mais Obama a pour prénoms : Barack Hussein, son père était musulman et il est noir, voilà de quoi faire saliver tous les démagos, tous les bobos, tous les acharnés de la repentance ! Pour améliorer l'image de leur chouchou, ils ne risquent pas de mettre en avant le travail de Johnson sur la santé.

Dans le domaine international, Johnson amorça un rapprochement avec l'URSS et rencontra du 23 au 25 juin 1967 Alexis Kossyguine (président du Conseil des Ministres de l'URSS) à Glassboro dans le New-Jersey au « Glassboro State College » aussi appelé « Rowan University ».

Aux États-Unis même, la popularité de Lyndon B. Johnson eut à souffrir de revers de l'armée américaine au Vietnam, ainsi que des assassinats de Martin Luther King le 4 avril 1968 à Memphis (Tennessee), de l'assassinat de Malcom X le 21 février 1965 à Harlem (New-York) et de Robert Kennedy le 6 juin 1968 à Los Angeles, même si Johnson y était pour rien.

Mais si l'on doit rendre à César ce qui revient à César rendons aussi à Lyndon B. Johnson ce qui revient à ses mérites qui furent grands comme Président des États-Unis.

Lyndon B. Johnson décéda d'une crise cardiaque le 22 janvier 1973. Après des obsèques nationales il fut inhumé dans le cimetière familial (à Stonewell au Texas).

J.D. 20 juin 2017

 

portrait de Lyndon B. Johnson, image du net

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