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16 septembre 2014 2 16 /09 /septembre /2014 16:44

Le 5 septembre 1929, à l'occasion de la dixième Assemblée de la Société des Nations à Genève, Aristide Briand commençait à parler d'Union Européenne. L'idée n'était pas neuve, d'autres l'avaient émise bien avant, comme Victor Hugo qui en 1869 à Lausanne s'était déclaré partisan d'une « République européenne fédérale ».

Mais c'était la première fois qu'un responsable politique de haut niveau s'engageait dans cette voie. Voici un extrait de la déclaration de Briand :

« Je pense qu'entre les peuples qui sont géographiquement groupés, comme les peuples d'Europe, il doit exister une sorte de lien fédéral. Ces peuples doivent avoir la possibilité d'entrer en contact, de discuter de leurs intérêts communs, de prendre des résolutions communes. Ils doivent en un mot, établir entre eux un lien de solidarité qui leur permette de faire face, au moment voulu, à des circonstances graves, si elles venaient à naître.

C'est ce lien, messieurs, que je voudrais m'efforcer de créer.

Évidemment, l'association agira surtout dans le domaine économique : c'est la nécessité la plus pressante. Je crois qu'on peut, en ce domaine, obtenir des succès. Mais je suis sûr aussi qu'au point de vue politique ou au point de vue social, le lien fédéral, sans toucher à la souveraineté d'aucune des nations qui pourraient faire partie d'une telle association, peut être bienfaisant. Et je me propose pendant la durée de cette session, de prier ceux de mes collègues qui représentent ici des nations européennes de vouloir bien, officieusement, envisager cette suggestion et la proposer à l'étude de leurs gouvernements, pour dégager plus tard , pendant la prochaine assemblée peut-être, les possibilités de réalisation que je crois discerner. »

Quatre jours plus tard, c'est-à-dire le 9 septembre 1929, Aristide Briand invitait à déjeuner l'ensemble des délégués européens présents à Genève. Un communiqué fut diffusé à la suite de ce déjeuner. En voici le texte :

« Au cours d'une réunion à laquelle il avait invité les ministres des affaires étrangères et premiers délégués des 27 nations européennes participant à l'Assemblée de la Société des Nations, M. Briand a développé les idées relatives à l'organisation de l'Europe qu'il avait esquissées devant l'Assemblée. Après un échange de vues, les délégués présents ont déclaré à l'unanimité prendre acte de l'initiative du président du Conseil français tendant à instituer, entre les nations européennes, un lien de solidarité et la considérer avec sympathie. Tous se sont engagés à saisir leur gouvernement de la question et à la mettre à l'étude. Ils ont chargé le président du Conseil français de rédiger, à l'adresse des gouvernements européens représentés à la Sociétés des Nations, un mémorandum et d'instituer une consultation sur cette question. Sur les réponses, le président du Conseil français est prié de préparer un rapport résumant les avis formulés. Ce rapport sera discuté dans une nouvelle réunion qui aura lieu à Genève, au cours de la onzième Assemblée de la Société des Nations. »

En France, Aristide Briand reçut le soutien, semble-t-il actif, d'Edouard Herriot. L'accueil à l'étranger fut très divers. La presse anglaise se trouva très majoritairement hostile au projet arguant que la Grande Bretagne avait mieux à faire avec son empire colonial. En Allemagne la « Gazette de Voss » déclarait qu'à la base d'une union durable des peuples européens il fallait d'abord organiser l'entente franco-allemande .

Le premier mai 1930, le mémorandum d'Aristide Briand était prêt et fut adressé à 27 Etats européens le 17 mai. Les 27 étaient ceux des pays d'Europe qui faisaient partie de la Société des Nations.

La création d'une union européenne était présentée comme une « union morale », une « entente régionale » dans le cadre de la Société des Nations. Il était proposé :

*la création d'une « Conférence européenne » et d'un « organe exécutif permanent » siégeant tous deux à Genève avec une présidence par roulement entre les nations adhérentes avec en outre un secrétariat permanent. Le mémorandum affirmait que « c'était sur le plan de la souveraineté absolue et de l'entière indépendance politique de chaque Etat que devait être réalisée l'entente entre les nations européennes ».

Entre le 25 juin et le 4 août 1930, les différents gouvernements firent parvenir leur position à Aristide Briand. Personne n'était contre ; chacun voulait conserver son indépendance mais espérait la poursuite de discussions pour avancer ses propres pions et revendications.

Le 13 septembre 1930, le débat repris au sein de la S.D.N sur ce projet « d'union européenne » et le 17 septembre était créée une « commission d'étude ». Cette commission fonctionna et eut quelques résultats sur le plan économique et notamment deux conférences du blé qui se tinrent à Rome en 1931.

Mais le 21 mars 1931, se répandit le bruit de tractations secrètes entre l'Allemagne et l'Autriche pour la fusion des 2 pays. Cela occupa toutes les discussions et toutes les réunions. Puis le 8 janvier 1932 Briand démissionnait pour raisons de santé. Il décéda le 7 mars. Le Parlement français décida qu'il avait bien mérité de la patrie et vota des obsèques nationales. Ce fut Edouard Herriot qui prononça l'éloge funèbre de Briand qui avait été 24 fois ministre et 11 fois président du Conseil.

Avec la disparition de Briand disparut aussi le projet d'Union européenne et ce d'autant que quelques mois plus tard les nazis arrivaient au pouvoir en Allemagne.

Une union économique pouvait-elle se faire sans union politique ? C'est probablement bien là tout le problème.

Il a peut-être fallu ce projet d'entre les 2 guerres pour permettre la résurrection de l'idée européenne ensuite. Mais l'on perçoit bien le double mouvement actuel centrifuge/centripète : pendant que les grosses têtes de Bruxelles rêvent d'une Union complète à l'américaine, tout au moins on peut le penser, les peuples revendiquent plus d'indépendance et de souveraineté et se séparent comme dans l'ex Tchécoslovaquie ou l'ex Yougoslavie alors que d'autres manifestent pour demander leur autonomie (Ecosse, Catalogne, Pays basque...) pour ne citer que le cas des pays de l'Union européenne (voir l'Ukraine, le Kurdistan, le Sud-Soudan etc)

J.D. 16 septembre 2014

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11 septembre 2014 4 11 /09 /septembre /2014 16:20

Au cours des 9 siècles d'histoire de la dynastie de Savoie, des comtes de Savoie aux rois d'Italie, en passant par les ducs de Savoie et les rois de Sardaigne, il y eut souvent vacance du pouvoir soit parce que le souverain était parti en guerre ou en croisade, ou soit parce qu'à la suite d'un décès, le successeur était trop jeune pour gouverner. Dans ces cas, ce sont les femmes qui ont assuré la continuité du pouvoir. En voici quelques exemples :

*Adélaïde de Suse :

Elle naquit à Turin en 1020. Elle est la fille du marquis de Suse (Susa dans le Piémont italien) et de Berthe de Toscane. Elle épousa d'abord Hermann IV de Souabe dont elle eut deux enfants.

Veuve, elle se remaria vers 1045 avec Othon 1er troisième comte de Savoie à qui elle apporta en dot Suse (Susa), Ivrée (Ivrea) , Pignerol (Pinerolo)... Ce furent les premiers domaines de la dynastie Savoie du côté italien des Alpes.

Avec Othon, Adélaïde eut 4 enfants :

*Pierre (1048/1078),

*Amédée (1050/1094),

*Berthe (1051/1087 qui épousa en 1066 Henri de Franconie, qui était alors roi de Germanie et de Bourgogne, et qui deviendra empereur du Saint Empire romain germanique en 1084, (ce qui fit d'Adélaïde de Suse la belle-mère d'Henri IV, empereur germanique de 1084 à 1105, et la grand-mère d'Henri V empereur de 1111 à 1125)

*Adélaïde de Savoie, appelée aussi Adélaïde de Turin (1052/1079)

A la mort d'Othon le 19 mars 1060, l'aîné de ses fils (Pierre) n'avait que 12 ans ; ce fut Adélaïde de Suse qui assura la régence et qui semble avoir conservé le pouvoir, de fait, longtemps sous le règne de Pierre 1er (quatrième comte de Savoie) et d'Amédée II (cinquième comte de Savoie). En 1064, elle avait fondé le monastère de Sainte Marie à Pinerolo. En 1070 elle s'empara d'Asti dont les habitants s'étaient soulevés contre son autorité et elle incendia la ville.

Adélaïde de Suse mourut le 19 décembre 1091 à Canischio (Piémont). Elle fut inhumée en la cathédrale Saint Jean-Baptiste de Turin. Une statue la représente dans la cathédrale de Suse.

En 1077, elle avait autorisé le passage des Alpes à l'empereur Henri IV se rendant à Canossa (en Emilie-Romagne) pour rencontrer le Pape Grégoire VII. Elle l'avait même accompagné jusqu'à Canossa.

*Bonne de Bourbon :

Elle naquit en juin 1340 et décéda à Macon le 19 janvier 1403. Elle est la fille de Pierre 1er duc de Bourbon et d'Isabelle de Valois. Par sa mère , Bonne de Bourbon est l'arrière petite fille de Philippe III le Hardi roi de France de 1270 à 1285 et l'arrière arrière petite fille de Louis IX (Saint Louis) roi de France de 1226 à 1270. Isabelle de Valois fut la nièce de Philippe IV le Bel roi de France de 1245 à 1285 et la cousine de Louis X roi de France de 1314 à 1316, de Philippe V roi de France de 1316 à 1322 et de Charles IV roi de France de 1322 à 1328.

Jeanne de Bourbon, sœur de Bonne, fut mariée à Charles V qui fut roi de France de 1364 à 1380. Ce qui fit de Bonne de Bourbon la belle-sœur de ce roi de France et la tante de Charles VI qui fut roi de France de 1380 à 1422.

Suite à une guerre qui mit en cause le comte de Genève, les Dauphinois, le royaume de France de Jean le Bon et le comté de Savoie, il y eut un traité dit traité de Paris du 5 janvier 1355. Ce traité impliquait :

*l'alliance de la Maison de Savoie avec la France contre l'Angleterre (on était en pleine guerre de 100 ans)

*des rectifications de frontières par échange de territoire entre Dauphiné et Savoie

*et le mariage du comte de Savoie Amédée VI dit le « comte Verd » (avec un « d » selon l'orthographe en usage au temps du comte) avec Bonne de Bourbon

Le mariage fut célébré par procuration à Paris les premiers jours d'octobre 1355 et c'est le 22 octobre que Bonne de Bourbon, nouvelle comtesse de Savoie, arrivait dans ses Etats.

Le comte Verd fut souvent absent pour guerroyer, notamment lorsqu'il partit combattre les Turcs et les Bulgares pour porter secours à l'empereur de Byzance. Il confia durant ses absences la Régence de ses Etats à Bonne de Bourbon.

Avec le comte Verd, Bonne eut 4 enfants dont 3 survécurent. Lors du décès du comte Verd à Capoue en Italie le 1er mars 1383, son fils Amédée né le 7 février 1360 avait 23 ans. Mais Bonne avait pris l'habitude du pouvoir et son fils devenu Amédée VII (dit le comte Rouge) dut le partager avec sa mère.

Un accord de régence pour le partage du pouvoir entre la mère (Bonne de Bourbon) et son fils (Amédée VII) fut signé en bonne et due forme à Chambéry le 18 juillet 1383.

Elle conserva la Régence à la mort d'Amédée VII le 1er novembre 1391, son petit-fils fils Amédée VIII n'avait que 8 ans. Mais Bonne de Bourbon entra en conflit avec Bonne de Berry, épouse du défunt et mère du successeur mineur

*Yolande de France :

née à Tours le 23 septembre 1434, elle est la fille de Marie d'Anjou et de Charles VII roi de France et par conséquent la sœur de Louis XI.

En 1452, elle fut mariée avec Amédée IX le bienheureux, troisième duc de Savoie. Ils eurent 11 enfants dont 7 survécurent. Amédée IX mourut le 30 mars 1472. Officiellement Yolande assura la régence du duché durant les 3 dernières années de vie d'Amédée, mais en fait cet Amédée plus tourné vers la religion que le pouvoir laissa sa femme gérer en grande partie le duché. Parmi les enfants de Yolande, deux furent duc de Savoie : Philibert né en 1465 et duc de 1472 à 1482 et Charles né en 1468 et duc de 1482 à 1490. A la mort d'Amédée, Philibert n'avait que 7 ans, Yolande poursuivit la régence

Le 27 juin 1476, Yolande fut enlevée par les soldats de Charles-le-Téméraire duc de Bourgogne et enfermée dans le château de Rouvre (dans l'actuelle Côte d'Or). Elle fut délivrée fin septembre 1476 par une armée envoyée par Louis XI. Selon les chroniqueurs de l'époque les retrouvailles de Yolande et de son frère furent très chaleureuses et ils se jugèrent d'être toujours bon frère et bonne sœur.

Yolande décéda à Chambéry le 23 août 1478. Elle fut inhumée en la cathédrale St Eusèbe à Verceil (Vercelli en Piémont).

Elle avait fait construire une tour en annexe de la Sainte Chapelle de Chambéry, tour qui porte aujourd'hui son nom. Voir la fiche N° 114 http://jean.delisle.over-blog.com/le-carillon-de-chambéry-n-114

*Blanche de Montferrat :

Blanche de Montferrat (Bianca di Monferrato) est née en 1472 à Casale Monferrato (dans le Piémont) et décédée à Turin le 30 mars 1519. Elle est inhumée à Carignano près de Turin dans l'église des Augustins. Elle est la fille de Guillaume VIII de Montferrat et d'Elizabetta Maria Sforza.

Elle se maria le 1er avril 1485 à Charles 1er, cinquième Duc de Savoie décédé le 13 mars 1490.

Blanche de Monferrat se retrouva veuve avec 2 enfants :

Yolande Louise née en 1487, décédée en 1499

Charles Jean Amédée né en 1489 et décédé le 16 avril 1496. A la mort de son père, ce fils hérita du titre de duc de Savoie sous le nom de Charles II, mais il avait 1 an et décéda à l'âge de 7 ans, c'est donc Blanche de Monferrat qui assura la régence. A la mort de ce Charles II, c'est un frère d'Amédée IX (donc oncle par alliance de Blanche de Monferrat) qui devint duc sous le nom de Philippe II dit Sans Terre.

Durant le temps de sa régence, Blanche de Montferrat autorisa le passage des armées de Charles VIII roi de France en route vers l'Italie. Elle fit aussi ouvrir la première imprimerie à Chambéry.

*Christine de France :

Christine de France ou Chrestienne de France naquit à Paris le 10 février 1606 et décéda à Turin le 27 décembre 1663. Elle est la fille de Henri IV roi de France et de Marie de Médicis. Parmi ses frères et sœurs : Louis qui devint Louis XIII roi de France, Elisabeth reine d'Espagne et Henriette reine d'Angleterre.

Le 10 février 1619, en la chapelle du Louvre à Paris, elle épousa Victor-Amédée 1er douzième duc de Savoie dont elle eut 7 enfants ; deux furent ducs de Savoie :

*François-Hyacinthe né le 14 septembre 1632, duc de Savoie à la mort de son père le 7 octobre 1637, décédé le 4 octobre 1638

*Charles-Emmanuel II né le 10 juin 1634, duc de Savoie à la mort de son frère en 1638 (il avait 4 ans)

Christine, surnommée « Madame Royale », assura la régence pour ses 2 fils successivement et conserva de fait le pouvoir jusqu'à sa mort le 27 décembre 1663.

Deux de ses beaux-frères (le cardinal Maurice de Savoie et Thomas-François prince de Carignan et ancêtre au sixième degré de Charles-Albert qui fut roi de Sardaigne) contestèrent la régence et se liguèrent contre Christine. Appuyés par l'Espagne et les Milanais, ils lui firent la guerre. Ils s'emparèrent de Turin le 27 janvier 1639 et Maurice de Savoie fit de Nice sa capitale d'août 1639 à 1642.

Christine s'était réfugiée avec ses enfants, d'abord à Suse puis à Chambéry, et put rentrer à Turin en novembre 1640 après la reconquête de la ville par les troupes françaises et un traité de paix imposé par Richelieu le 14 juin 1642.

Christine de France fut inhumée dans l'église Sainte Christine du couvent des Carmélites de Turin.

Voir la note N°155 : Sonnet à Christine de France Duchesse de Savoie http://jean.delisle.over-blog.com/2014/02/sonnet-a-christine-de-france-duchesse-de-savoie-n-155.html

*Jeanne-Baptiste de Savoie-Nemours :

Elle naquit à Paris le 11 avril 1644 et mourut à Turin le 15 mars 1724. Elle est la fille de Charles-Amédée de Savoie duc de Genève, de Nemours et d'Aumale et d'Elisabeth de Bourbon (petite fille d'Henri IV et de Gabrielle d'Estrées).

Elle se maria le 10 mai 1665 avec Charles-Emmanuel II quatorzième duc de Savoie. Ce Charles-Emmanuel II est le petit-fils d'Henri IV et de Marie de Médicis par sa mère Christine de France ; Marie-Jeanne est l'arrière petite-fille d'Henri IV et de Gabrielle d'Estrées par sa mère.

Marie-Françoise sœur de Jeanne-Baptiste fut reine du Portugal et Jeanne-Baptiste fut l'arrière-grand-mère de Louis XV roi de France et de Louis 1er roi d'Espagne.

Avec Charles-Emmanuel II, Jeanne-Baptiste eut un fils (Victor-Amédée) né le 14 mai 1666. A la mort de Charles-Emmanuel II le 12 juin 1675, son fils n'avait que 9 ans, Jeanne-Baptiste assura la régence. Elle se faisait aussi appeler « Madame Royale », elle voulut conserver le pouvoir même après la majorité de son fils qui la chassa du pouvoir en 1684.

A Turin, le Palazzo Madama doit son nom aux deux « Madame Royale ».

Le corps de Jeanne-Baptiste fut inhumé en la cathédrale Saint Jean-Baptiste de Turin et son cœur en l'église Sainte Christine au couvent des Carmélites de Turin.

Petite conclusion :

Dans la récapitulation ci-dessus, j'ai insisté sur les liens familiaux pour montrer la complexité des relations entre les Cours d'Europe.

On ne peut pas dire que la situation fut meilleure ni pire au temps des Régentes qu'au temps des Souverains en titre.

Dans l'histoire des Sociétés humaines, il n'y a pas besoin d'ouvrir beaucoup de livres d'histoire pour trouver des chefs d'Etats masculins (rois, empereurs, dictateurs, présidents...) qui furent des nullités absolues et firent grand tort à leurs sujets ou concitoyens. D'ailleurs, il y en a encore, suivez mon regard !

De même si l'on cherche dans notre mémoire à citer des noms à classer dans la catégorie « monstres de l'histoire », viendront probablement des noms comme Tibère, Caligula, Néron ou Hitler, Staline, Pol Pot.... mais aucun nom féminin !

Pour que les femmes accédant au pouvoir fassent pire que beaucoup d'hommes, il faudrait vraiment qu'elles le fassent exprès !

J.D. 11 septembre 2014 dernière mise à jour le 21 octobre 2014

P.S. La récapitulation thématique des notes de ce blog ainsi que la récapitulation des illustrations, se trouvent sur la fiche N°76 :http://jean.delisle.over-blog.com/article-blog-liste-des-articles-111165313.html

Ascendance de Victor-Amédée II

Ascendance de Victor-Amédée II

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30 août 2014 6 30 /08 /août /2014 15:35

Le 6 avril 1927, pour le dixième anniversaire de l'entrée en guerre des Etats-Unis, Aristide Briand, alors Ministre des Affaires Etrangères, adressa un message au peuple américain. Dans ce message, Aristide Briand proposait aux Américains un engagement mutuel à mettre la guerre hors la loi entre la France et les Etats-Unis.

L'idée de remplacer la guerre par l'arbitrage et le droit pour résoudre les conflits faisait son chemin. Cette idée était à la base de la création de la « Société des Nations », mais aussi des accords de Locarno de 1925.

Diverses initiatives avaient été prises dans ce sens (voir la fiche N°192 http://jean.delisle.over-blog.com/2014/08/a-geneve-le-10-septembre-1926-n-192.html). L'opposition à la guerre remplissait régulièrement l'ordre du jour des congrès socialistes (voir la fiche N°8 http://jean.delisle.over-blog.com/article-clara-zetkin-58616039.html).

Le premier traité d'amitié entre la France et les Etats-Unis datait du 6 février 1778. Il était question de renouveler en 1928, une convention du 10 février 1908, à l'occasion du cent-cinquantième anniversaire du premier traité.

Le 28 décembre 1927, Frank B. Kellogg secrétaire d'Etat américain (aux Affaires étrangères) avait adressé à Paul Claudel (alors ambassadeur de France à Washington) une lettre qui était une réponse à la proposition de Briand du 6 avril 1927 et dans laquelle Kellogg proposait d'étendre à tous les pays la possibilité de signer une déclaration par laquelle « toutes les puissances renonceraient à la guerre en tant qu'instrument de politique nationale ». Sur cette proposition, il y eut de nombreuses discussions et de nombreux travaux qui aboutirent au texte suivant :

Préambule :

Ayant le sentiment profond du devoir solennel qui leur incombe de contribuer au bien de l'humanité ; persuadés que le moment est venu de renoncer franchement à la guerre en tant qu'instrument de politique nationale, afin de perpétuer les relations pacifiques et amicales qui existent actuellement entre leurs peuples ; convaincus que tous changements dans leurs relations réciproques ne doivent être recherchés que par des moyens pacifiques et être réalisés dans l'ordre et dans la paix, et que toute puissance signataire qui chercherait désormais à servir ses intérêts nationaux en recourant à la guerre devrait être privée des avantages résultant du présent traité ; espérant que, encouragés par leur exemple, toutes les autres nations du monde se joindront à ces efforts humanitaires et, en adhérant au présent traité dès qu'il entrera en vigueur, mettront leurs peuples à même de bénéficier de ses stipulations, unissant ainsi les nations civilisées du monde dans une renonciation commune à la guerre en tant qu'instrument de leur politique nationale, ont décidé de conclure un traité.
Cl
auses :

Article premier : Les hautes parties contractantes déclarent solennellement, au nom de leurs peuples respectifs, qu'elles condamnent le recours à la guerre pour le règlement des controverses internationales et y renoncent en tant qu'instrument de politique nationale dans leurs relations mutuelles.

Article 2 : Les hautes parties contractantes reconnaissent que le règlement ou la solution de tous les différents ou conflits, de quelque nature ou quelque origine qu'ils puissent être, qui pourront surgir entre elles ne devra jamais être cherché que par des moyens pacifiques.

Article 3 : Le présent traité sera ratifié par les hautes parties contractantes conformément aux exigences de leurs Constitutions respectives, et il prendra effet entre elles dès que les divers instruments de ratification auront été déposés.

Ce traité, lorsqu'il aura été mis en vigueur ainsi qu'il est prescrit au paragraphe précédent, restera ouvert aussi longtemps qu'il sera nécessaire pour l'adhésion de toutes les autres puissances du monde. Chaque instrument établissant l'adhésion d'une puissance sera déposé à...et le traité deviendra, immédiatement après ce dépôt, effectif entre la puissance donnant ainsi son adhésion et les autres parties contractantes. »

Le pacte fut signé dans l'après-midi du 27 août 1928 dans le salon de l'horloge du Quai d'Orsay. Il fut d'abord appelé « traité de Paris », mais l'appellation « pacte Briand-Kellogg » l'emporta ensuite. Ce pacte fut d'abord signé le 27 août 1928 par les représentants des pays suivants :

Afrique du Sud (Stéphane Smit)

Allemagne (Gustav Stresemann)

Australie (John Mac Lachlan)

Belgique (Paul Hymans)

Canada (Mackenzie King)

Etat libre d'Irlande (Thomas Coograve)

Etats-unis (Frank B. Kellogg)

France (Aristide Briand)

Grande-Bretagne, Irlande du Nord et Indes (lord William Cushendun)

Italie (comte Manzoni)

Japon (comte Yasuya Uchida)

Nouvelle-Zélande (James Parr)

Pologne (August Zaleski)

Tchécoslovaquie (Edvard Bénès)

Les Etats-Unis prirent l'initiative d'adresser ce pacte à 49 pays qui étaient absents le 27 août. La plupart y compris l'URSS envoyèrent leur adhésion à ce pacte. Au total 63 pays y adhérèrent. C'est à Washington que furent adressées les notifications officielles des Etats et c'est le 14 juillet 1929 que le pacte fut considéré comme entré en application.

A Paris la signature avait été précédée d'un seul discours, celui de Briand qui révéla qu'il devait à l'obligeance de Kellogg d'avoir choisi Paris pour la signature du traité, lequel Kellogg avait souhaité en outre, comme symbole, que la signature ait lieu le plus près possible de la place de la Concorde !

Aristide Briand fut surnommé : « l'apôtre de la paix ». Il prit en effet une part très active à la S.D.N. , au traité de Locarno, au rapprochement franco-allemand, au pacte Briand-Kellogg.... Sur ces dernières années de vie, il tenta d'imposer l'idée d'une union européenne pour consolider la paix, mais la « grande faucheuse » ne lui laissa pas le temps de pousser son projet.

Mettre la guerre hors la loi était une idée généreuse et on peut même dire rationnelle tellement les guerres font du ravage. Ce fut aussi le but de la S.D.N. puis de l'ONU. Malheureusement les guerres n'arrêtèrent pas. Le Japon fut le premier pays à rompre le pacte anti-guerres puis tous les autres ensuite ! Et c'est 10 ans après la mise-hors-la-loi de la guerre qu'eut lieu la plus grande boucherie de tous les temps !

En 1930, Sigmund Freud publiait un ouvrage dont le titre français est : « malaise dans la civilisation ». Dans cet écrit Freud met en parallèle l'instinct de vie et l'instinct de mort. Il faut croire que l'instinct de mort l'emporte toujours sur celui de la vie.

Depuis quelques décennies, on assiste cependant à quelque chose de nouveau. Pour l'essentiel, dans l'histoire des sociétés humaines, les guerres étaient le fait d'Etats-nations constitués. Maintenant on constate que les attentats, les opérations de guerre sont surtout menés par des groupes qui échappent aux Etats et qui n'en sont que plus dangereux.

J.D. 30 août 2014

Aristide Briand signant le pacte, publié par Suarez

Aristide Briand signant le pacte, publié par Suarez

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29 août 2014 5 29 /08 /août /2014 11:24

Le 10 septembre 1926 (douzième anniversaire de la première bataille de la Marne qui se déroula du 6 au 12 septembre 1914), une délégation allemande conduite par Gustav Stresemann, ministre des Affaires étrangères de la République de Weimar, faisait une entrée triomphale dans la salle des séances de la Société Des Nations (S.D.N.) à Genève.

Voilà ce que décrit Georges Suarez dans « Briand » tome VI (édité en 1952) chapitre II :

« Les délégués allemands reçurent, en débarquant à Genève, un accueil indescriptible. Il faut se replacer dans l'atmosphère de cette époque, où seules étaient visibles les apparences créées et exploitées par les traités de Locarno....(voir la fiche N°187 http://jean.delisle.over-blog.com/2014/07/deux-discours-remarquables-le-30-novembre-1925-n-187.html)

Une foule immense avait envahi les voies d'accès , les tribunes, les couloirs de la S.D.N. Dans la salle, les délégués debout acclamaient les représentants de l'Allemagne...

Le président donna la parole à Stresemann qui, aux applaudissements frénétiques de l'assistance, monta à la tribune et prononça un fort beau discours.... ».

Ce fut Aristide Briand qui répondit au discours de Stresemann. Voici des extraits du discours de Briand :

« N'est-ce-pas un spectacle émouvant, particulièrement édifiant et réconfortant, que, quelques années à peine après la plus effroyable guerre qui ait jamais bouleversé le monde, alors que les champs de bataille sont encore presque humides de sang, les peuples, les mêmes peuples qui se sont heurtés si rudement se rencontrent dans cette Assemblée pacifique et s'affirment mutuellement leur volonté commune de collaborer à l’œuvre de paix universelle ?

Quelle espérance pour les peuples ! Et comme je connais des mères qui, après cette journée, reposeront leurs yeux sur leurs enfants sans sentir leur cœur se serrer d'angoisse !

Messieurs, la paix, pour l'Allemagne et pour la France, cela veut dire : c'en est fini de la série des rencontres douloureuses et sanglantes dont toutes les pages de l'histoire sont tachées ; c'en est fini des longs voiles de deuil sur des souffrances qui ne s'apaiseront jamais ; plus de guerres, plus de solutions brutales et sanglantes à nos différents ! Certes, ils n'ont pas disparu, mais, désormais, c'est le juge qui dira le droit. Comme les individus qui s'en vont régler leurs difficultés devant le magistrat, nous aussi, nous réglerons les nôtres par des procédures pacifiques.
Arrière les fusils, les mitrailleuses les canons ! Place à la conciliation, à l'arbitrage, à la pai
x ! »

La dernière phrase, qui fut célèbre à l'époque, déchaîna à l'assemblée de la S.D.N. à Genève une véritable tempête d'applaudissements. Suarez reproduit le commentaire qu'en fit une biographe de l'époque : Mme Antonino Vallentin :

« Les bras de l'homme s'étaient levés, une vision d'Apocalypse semblait passer devant ses yeux. Le public haletait, les mains s'agrippaient au parapet des tribunes, des larmes coulaient sur de durs visages ».

Interrompu par les applaudissements, Briand reprit un très long discours dont voici de nouveaux extraits :

« Il faut bien le dire, si l'Europe retrouve son équilibre économique, son équilibre moral, si les peuples ont conscience qu'ils sont en sécurité, ils pourront secouer de leurs épaules les lourds fardeaux qu'imposent les inquiétudes de la guerre ; ils pourront collaborer à l'amélioration de leur situation respective ; il se créera enfin un esprit européen....

L'Arbitrage ! Ce mot a maintenant tout son prestige et toute sa force ; les traités d'arbitrage se multiplient ; de peuple à peuple, on se promet de ne plus se battre, de recourir à des juges. La paix chemine à travers toutes ces entreprises, et c'est l'esprit de la Société des Nations qui les anime...

Avec elle, la Paix ! Sans elle, tous les risques de guerre et de sang dont les peuples n'ont que trop pâti...

Je me félicite d'avoir pu assister à cet événement. Il tiendra, j'en suis sûr, une grande place dans l'histoire. A nous de nous employer pour qu'aucune imprudence des uns ou des autres ne vienne compromettre les espérances des peuples ».

Suarez fait ce commentaire :

« Les derniers mots se perdirent dans une ovation délirante. Ce jour là, pour la première fois, se forma une véritable mystique de la S.D.N. Elle n'était pas sans grandeur ni sans sincérité. Mais elle allait donner à ce Parlement qui avait surtout besoin de raison, l'inspiration fanatique d'une nouvelle religion. Tant que Briand sera là, pour contenir les fougueux élans que son éloquence déchaînait, les dangers de ce prosélytisme seront réduits. Quand il disparaîtra, personne ne sera de taille pour les conjurer. »

Il faut tenir compte que Suarez écrit ces lignes en 1952, donc après la seconde guerre mondiale. Mais cela amène néanmoins à s'interroger sur la S.D.N. ancêtre de l'ONU. Comment en effet a-t-on pu passer d'un état d'euphorie, de coopération internationale des années 1920 (accords de Locarno, fonctionnement de la SDN, pacte Briand-Kellogg), à la catastrophe qui a suivi : arrivée des nazis au pouvoir en Allemagne (c'est le 30 janvier 1933 que le Président Hindenburg appela Hitler comme Chancelier), guerre d'Espagne commencée en juillet 1936, invasion de la Chine par le Japon commencée en août 1928, conquêtes coloniales italiennes des années 30, guerre entre la Bolivie et le Paraguay en 1932, alliance Rome/Berlin en octobre 1936, annexion de l'Autriche en mars 1938, invasion de la Tchécoslovaquie en mars 1939 , pactes germano-soviétiques d'août 1939, seconde guerre mondiale... et en si peu de temps ?

Nota : à Genève, la S.D.N. s'installa d'abord dans le palais Wilson quai Wilson. C'est là que fut reçue la délégation allemande en septembre 1926. Ce fut le siège de la S.D.N. jusqu'au transfert en 1936 au Palais des Nations dans le parc de l'Ariana jusqu'à la fin de la S.D.N. en 1946.

Depuis 1998, le palais Wilson accueille le Haut Commissariat des Nations-Unies aux droits de l'homme et depuis 1966, le palais des Nations est devenu le siège européen de l'ONU avec un certain nombre d'agences spécifiques comme : l'AIEA (agence internationale de l'énergie atomique) , la FAO (agence pour l'alimentation et l'agriculture), l'UNESCO etc

La Société des Nations :

Dès le XIXe siècle, l'idée fit son chemin qu'il fallait remplacer les guerres par le droit et l'arbitrage pour régler les conflits entre Nations. Ainsi, un « Bureau international de la Paix » avait été créé à Berne en 1892 et des « conférences internationales de la paix » s'étaient tenues à La Haye de 1899 à 1907.

Cette idée fut reprise par Woodrow Wilson président des Etats-Unis le 8 janvier 1918 dans un discours devant le Congrès américain où il définissait en 14 points les conditions qui devaient être remplies pour terminer la guerre. Voici le point 14 :

« une association générale des Nations doit être constituée sous des alliances spécifiques ayant pour objet d'offrir des garanties mutuelles d'indépendance politique et d'intégrité territoriale aux petits comme aux grands Etats ».

Après l'armistice de novembre 1918, il y eut la conférence de Paris préparant le traité de Versailles.

C'est à l'hôtel Crillon à Paris que fut rédigé du 3 février au 11 avril 1919 le « pacte » de la Société des Nations. Et la création de cette Société des Nations fut intégrée dans le traité de Versailles.

La première réunion de la S.D.N. eut lieu à Londres le 10 janvier 1920. Elle ratifia le traité de Versailles. Le pacte prévoyait essentiellement deux grandes choses :

*la création d'une « cour permanente internationale de justice » qui fut effectivement créée à La Haye en 1922

*des procédures d'arbitrage pour régler les conflits.

C'est à partir du 1er novembre 1920 que la S.D.N. siégea à Genève

organisation :

*45 pays avaient adhéré à la Société des Nations à ses débuts, mais cela ne comprenait pas les Etats-Unis malgré qu'ils furent à l'origine de cette institution. Les Etats-Unis ne ratifièrent pas le traité de Versailles et le Sénat américain émit le 19 novembre 1919 un vote négatif à l'adhésion à la S.D.N.

La Russie n'adhéra que le 18 septembre 1934 pour en être exclue le 14 décembre 1939 suite à l'invasion de la Pologne. L'Allemagne fut admise en 1926, mais avec l'arrivée au pouvoir d'Hitler en 1933, l'Allemagne quittait la Société des Nations. Le Japon condamné par la S.D.N. pour l'invasion de la Chine quittait la S.D.N. en 1933 et l'Italie en 1937. Au maximum la S.D.N. compta 60 membres fin 1934, début 1935.

L'organisation de la S.D.N. comprenait (outre la Cour de La Haye):

*Une Assemblée Générale qui réunissait des représentants de tous les pays membres, avec à la tête de l'Assemblée générale un président

*Un Conseil avec des membres permanents et des non permanents. Il y eut, à l'origine, 4 membres permanents (la France, la Grande-Bretagne, l'Italie et le Japon). En 1926, l'Allemagne devint le cinquième membre permanent. Il y eut également 4 membres non permanents élus pour 3 ans (les premiers membres élus pour 3 ans furent la Grèce, la Belgique, le Brésil et l'Espagne) puis on passa à 6 membres non permanents en 1922 puis à 9 en 1926. Le Conseil se réunissait 5 fois par an.

*Il y avait enfin un secrétariat général avec un Secrétaire Général.
En outre, la S.D.N s'adjoignit un certain nombre d'agences spécialisées (un bureau central de l'opium, une commission pour les réfugiés, une commission pour l'esclavage, un comité sanitaire, l'organisation internationale du travail
...).

Elle confia également à quelques pays (Royaume-uni, France, Belgique, Nouvelle-Zélande, Australie et Japon) un mandat de gestion sur des territoires, essentiellement anciens territoires de l'ex empire ottoman ou anciennes colonies allemandes.

La S.D.N. elle-même administra la Sarre jusqu'à ce qu'un référendum, en 1935, donne 90% de la population favorable au rattachement à l'Allemagne. La Sarre fut alors rendue à l'Allemagne, c'est-à-dire à l'époque au troisième Reich.

C'est lors de la conférence de Yalta (en Crimée) tenue en février 1945, que fut décidée la création de l'ONU en remplacement de la SDN. Tous les biens de la SDN furent dévolus à l'ONU et des agences de la SDN continuèrent à fonctionner dans le cadre de l'ONU.

Bilan

Si l'on veut voir le verre à moitié plein, la S.D.N permit de régler certains conflits tels :

-celui des îles Aland (entre la Suède et la Finlande)

-celui entre Albanie et Yougoslavie

-entre Autriche et Hongrie

-entre la Grèce et la Bulgarie

-entre Allemagne et Pologne (pour la Haute-Silésie)

-entre l'Irak et la Turquie

-entre la Colombie et le Pérou

etc

En outre les agences spécialisées permirent une coopération internationale dans la lutte contre l'esclavage, l'analphabétisme, la drogue, les épidémies, l'amélioration du droit du travail etc.

Si l'on préfère le verre à moitié vide, la SDN n'empêcha pas la guerre d'Espagne, l'invasion de la Chine par le Japon, le réarmement de l'Allemagne et la seconde guerre mondiale avec tout son cortège d'invasions, d'occupations et d'horreurs... Ce qui fait conclure à l'échec de la SDN par beaucoup d'auteurs.

La S.D.N prenait des résolutions, la Cour de La Haye rendait des jugements, mais il n'y avait pas de forces internationales pour faire appliquer les décisions. En outre, des pays comme les Etats-Unis n'adhérèrent pas pour ne pas être liés par les décisions de la SDN ; d'autres comme l'Allemagne, l'Italie, le Japon quittèrent la SDN quand ils voulurent avoir les mains libres ou furent exclus comme l'URSS en 1939.

Les artisans de la paix et de la coopération des années 1920 disparurent : Gustav Stresemann, l'Allemand, décédé le 3 octobre 1929, Aristide Briand le 7 mars 1932 et Frank Kellogg l'américain le 21 décembre 1937 (il avait 81 ans).

Ces personnages auraient été aux responsabilités 10 ans de plus, est-ce que cela aurait empêché la seconde guerre mondiale ? Qui peut répondre ?

Mussolini déclara à propos de la SDN : « La SDN est très efficace quand les moineaux crient, mais plus du tout quand les aigles attaquent ». Ce fut probablement le principal problème.

L'ONU a repris l'esprit et les missions de la SDN mais avec les mêmes problèmes. Il est bien évident que l'ONU ne se comporte pas avec la Chine, la Russie ou les Etats-Unis comme avec la Serbie ou l'Irak !

Dans « Les animaux malades de la peste », Jean de La Fontaine (1621/1695) tire la conclusion suivante :

« Selon que vous serez puissant ou misérable,

Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir ».

Cela était vrai dans l'Antiquité, au XVIIe siècle et cela l'est toujours !

J.D. 29 août 2014

le palais des Nations à Genève, photo Yann Forget

le palais des Nations à Genève, photo Yann Forget

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23 août 2014 6 23 /08 /août /2014 14:26

Parenté :

*Louise de Savoie naquit au château de Pont-d'Ain le 11 septembre 1476. Elle est la fille de Marguerite de Bourbon et de Philippe II, septième duc de Savoie.

Elle est décédée de la peste le 22 septembre 1531.

*Mariée le 16 février 1488, en la sainte chapelle de Chambéry, avec Charles d'Orléans comte d'Angoulême (1459/1496). Ce Charles d'Orléans était l'arrière petit-fils de Charles V roi de France et le cousin de Louis XII roi de France

*Mère de François (12.9.1494/31.3.1547) futur François 1er roi de France. Et mère de Marguerite d'Angoulême (11.4.1492/21.12.1549)

*Par François, elle est la grand-mère d'Henri II roi de France et arrière grand-mère des enfants d'Henri II et de Catherine de Médicis dont 3 furent rois de France (François II, Charles IX et Henri III)

*Arrière grand-mère, par sa fille Marguerite, d'Henri IV roi de France et aïeule de sa descendance. Au total Louise de Savoie a 13 rois de France (non compris Louis XVII) dans sa descendance.

*nièce de Charlotte de Savoie mariée à Louis XI

*cousine de Charles VIII roi de France et par alliance de Louis XII

*sœur de Philibert le Beau (septième duc de Savoie) et belle-sœur de Marguerite d'Autriche

*nièce d'Amédée IX (troisième duc de Savoie) marié à Yolande de France fille de Charles VII roi de France et sœur de Louis XI

*belle-mère de 1514 à 1524 de Claude de France fille de Louis XII et d'Anne de Bretagne

*belle-mère à partir de 1530 d'Eléonore de Habsbourg sœur de Charles Quint

Cette énumération est à la mesure de la complexité des liens familiaux qui à l'époque unissaient toutes les cours d'Europe ; les mariages se faisant souvent pour raison d'Etat ou raison politique. Les liens entre la dynastie Savoie et la France furent particulièrement nombreux.

La Bresse était entrée dans le domaine des souverains de Savoie en 1272. Le château de Pont-d'Ain avait été acheté par Amédée IV dixième comte de Savoie en 1289. Il fut rebâti par Aymon le Pacifique seizième comte de Savoie de 1329 à 1343.

Naquirent dans ce château de Pont-d'Ain : Edouard (quinzième comte de Savoie) en 1284, Philibert-le-Beau (huitième duc de Savoie) en 1480 et Louise de Savoie.

Vie :

Marguerite de Bourbon mère de Louise de Savoie décéda à Pont-d'Ain le 24 avril 1483, Louise avait 3 ans. Elle fut élevée par sa cousine Anne de France (ou Anne de Beaujeu) fille de Charlotte de Savoie et de Louis XI. Née en avril 1461, Anne de France avait 22 ans à la mort de Marguerite de Bourbon.

Mariée en 1488, Louise de Savoie se retrouva veuve en 1496, avec 2 enfants, alors qu'elle avait à peine 20 ans. Elle éleva ses enfants.

François devenu roi suite au décès le 1er janvier 1515 de Louis XII, Louise de Savoie assura la régence du royaume de France en 1515/1516 (pendant l'expédition en Italie qui vit la victoire de Marignan, à 16 kms au sud-est de Milan, les 13 et 14 septembre 1515) et lorsque François 1er fut captif en Espagne suite à la défaite de Pavie (en Lombardie) le 24 février 1525.

Louise, régente, parvint à nouer des alliances avec Henri VIII d'Angleterre et avec Soliman le Magnifique grâce à quoi elle obtint par le traité de Madrid (14 janvier 1526) la libération de François 1er

En 1529, Louise de Savoie avait négocié avec sa belle-sœur (Marguerite d'Autriche) le traité de Cambrai qui fut signé le 3 août 1529 et qui mit fin (provisoirement) à la guerre entre Charles Quint et François premier. Ce traité fut appelé « la paix des dames ».

A Chambéry, un collège porte le nom de Louise de Savoie.

J.D. 23 août 2014

descendance royale de Louise de Savoie

descendance royale de Louise de Savoie

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21 août 2014 4 21 /08 /août /2014 10:57

Il semble que la religion était déjà présente en Egypte dès les premières dynasties. Voir la fiche N°186 http://jean.delisle.over-blog.com/2014/07/l-egypte-antique-mais-pas-en-toc-n-186.html

Il est probable qu'il y eut de nombreux cultes locaux qui s'unifièrent au fur et à mesure que se faisait l'unification politique de l'Egypte et par étapes, de la famille à la tribu, au village, à la région (nôme), puis au pays. Et cette religion subsista près de 4 millénaires avec quelques évolutions au fil du temps, dans les représentations (voir Hathor et Isis) ou dans les concepts avec par exemple les 2 dieux « Amon » et « Ré » (ou Ra selon la traduction) qui devinrent, probablement au début du Nouvel Empire, « Amon-Ré » le dieu des dieux (équivalent au Zeus grec ou au Jupiter romain).

En outre, il y eut probablement coexistence de cultes locaux et de cultes devenus nationaux, ainsi que des versions locales des croyances mais aussi des variations dans les croyances importées d'Egypte dans les autres pays.

1-L'antériorité égyptienne :

La religion des pharaons servit de modèle aux autres croyances. Voici ce qu'écrit Hérodote historien grec du Ve siècle avant notre ère (vers -484/vers -420) :

« J'ai appris beaucoup de choses à Memphis, dans mes entretiens avec les prêtres d'Héphaistos ; et je me suis rendu, à ce propos, à Thèbes et à Héliopolis, pour voir si l'on me ferait là les mêmes récits qu'à Memphis, car les habitants d'Héliopolis passent pour être les plus doctes des Egyptiens...

Sur les choses humaines, ils furent d'accord pour me dire que les Egyptiens avaient, les premiers, découvert le cycle de l'année et réparti sur douze mois le cours des saisons, ceci, disent-ils, en se réglant sur les astres. Leur système me paraît plus habile que celui des Grecs...Les premiers, disent-ils encore, ils ont adopté douze noms caractéristiques pour leur dieux, ce que les Grecs leur auraient emprunté, et, les premiers, attribué aux divinités des autels, des statues et des temples, et gravé des figures sur la pierre. En général, mes informateurs avaient des faits pour confirmer leurs dires... » Enquêtes, livre II -3 et 4

« Dans toute l'Egypte, les bovidés mâles et les veaux reconnus purs sont offerts en sacrifice ; mais on ne doit pas sacrifier les vaches qui sont consacrées à Isis. En effet, les statues d'Isis la représentent sous la forme d'une femme avec des cornes de vache, comme Io chez les Grecs, et toute l'Egypte vénère les vaches plus que tout autre animal... » Enquêtes, livre II – 41

« En fait, la Grèce a reçu de l'Egypte presque tous les noms de ses divinités » Enquêtes, livre II 50

« Pour les grandes fêtes religieuses, les processions et les offrandes aux dieux, ce sont assurément les Egyptiens qui les ont instituées les premiers et les Grecs les ont apprises d'eux. » Enquêtes livre II 58

« Les Egyptiens ne se contentent pas d'une seule grande fête religieuse par an, ils en ont de fréquentes. La principale et la plus populaire, a lieu à Bubastis, en l'honneur d'Artémis (Bastet pour les Egyptiens); la seconde est celle d'Isis à Busiris : car dans cette ville, bâtie au milieu du delta égyptien, se trouve un très grand temple d'Isis (qui est Déméter, en langue grecque) ; la troisième se célèbre à Saïs, en l'honneur d'Athéna (Neith pour les Egyptiens) ; la quatrième à Héliopolis, en l'honneur du Soleil ; la cinquième à Bouto, en l'honneur de Léto (qui chez les Grecs était la mère d'Apollon – Horus chez les Egyptiens - et d'Artémis - Boubatis chez les Egyptiens-, qu'elle eut de Zeus); la sixième à Paprémis, en l'honneur d'Arès » (dieu de la guerre chez les Grecs, fils de Zeus et d'Héra ; l'équivalent romain d'Arès est Mars). Enquêtes, livre II 59

« Les Egyptiens s'opposent à l'introduction chez eux de coutumes grecques, et d'ailleurs des coutumes de tous les autres peuples en général. Ils ont tous sur ce point la même attitude ». Enquêtes, livre II 91

« Mais avant ces hommes, dirent-ils (il s'agit des prêtres de Thèbes) les maîtres de l'Egypte étaient des dieux qui habitaient sur la terre, et le pouvoir appartenait toujours à l'un d'entre eux. Le dernier qui régna sur l'Egypte fut Horus fils d'Osiris, que les Grecs appellent Apollon (il s'agit d'Horus) ; il détrôna Typhon (Seth pour les Egyptiens) et régna le dernier sur l'Egypte. Osiris est le dieu qu'on appelle en grec Dionysos ». Enquêtes, livre II 144

« en langue égyptienne, Apollon se nomme Horus, Déméter Isis, et Artémis Bubastis » Enquêtes, livre II 156

Ces textes d'un historien grec, montrent l'antériorité de la religion égyptienne et l'influence qu'elle eut sur les autres. En ce qui concerne les Grecs il faut tenir compte qu'à partir de la conquête d'Alexandre le Grand et durant 3 siècles les pharaons eurent une ascendance grecque et d'autre part qu'à plusieurs reprises, les Egyptiens avaient conquis une bonne partie du proche orient et qu'ils furent probablement en contact avec les Grecs et les influencèrent. Lesquels Grecs servirent ensuite de modèle aux Romains etc.

Plus de cinq siècles après Hérodote, un autre historien grec : Plutarque (vers 46/vers 125) affirme lui aussi l'antériorité des croyances égyptiennes sur les grecques. Dans ses « œuvres morales » , Plutarque a consacré un traité à « Isis et Osiris » publié par exemple chez « Les Belles Lettres » (dernière édition imprimée en mai 2003). En 10 de ce traité, Plutarque explique que de nombreux Grecs (Solon, Platon, Pythagore...) firent des séjours en Egypte pour se faire instruire par les prêtres égyptiens.

2-L'antique religion égyptienne :

*Il y eut des centres religieux réputés comme Héliopolis, Hermopolis, Thèbes, Memphis ou Amarna (pour une très courte période, sous le règne d'Akhénaton).

*Les Egyptiens croyaient dans l'existence d'un « océan primordial » d'où sortit le soleil qui engendra le premier couple divin Chou (l'air) et Tefnout (l'humidité) qui enfantèrent Geb (la terre) et Nout (le ciel) lesquels eurent : Osiris, Isis, Seth et Nephthys. Osiris fut l'époux de sa sœur Isis (d'où naquit le dieu faucon Horus) et Seth de Nephthys. C'était la base des croyances mais il y avait bien d'autres dieux ; en voici quelques-uns :

Amon-Ré le dieu des dieux

Hathor déesse de la joie, de la musique et de l'amour ; fut l'épouse d'Horus

Maât déesse de la justice

Thot le dieu scribe

Sobek le dieu crocodile

Hapy le dieu du Nil qui déclenchait les crues

Sekhmet, la lointaine, la lionne féroce qui voulut détruire le genre humain, les autres dieux l'enivrèrent ce qui sauva l'espèce humaine

Anubis le dieu chacal

Neith la déesse guerrière

etc etc

*Certains dieux avaient des sanctuaires particuliers. Certaines cités avaient une « triade » (père, mère, enfant) de dieux préférés. On trouve ainsi à Abydos Isis, Osiris et Horus ; à Memphis Ptah, Sekmet et Néfertoum ; à Thèbes Amon, Mout et Khonsou, à Eléphantine Khnoum, Satis et Anoukis...

3-le jugement des âmes

Les Egyptiens croyaient que chaque être humain possédait un « ka » (ce que les chrétiens appellent « l'âme »). A sa mort chaque humain était jugé. Cette scène du jugement fut représentée sur des papyrus, des tombes... avec toujours la même scène :

Une balance : dans un plateau, Maât déesse de la justice met sa plume, dans l'autre plateau, le dieu chacal Anubis met le cœur du défunt et Thot le dieu-scribe note le résultat de la pesée ;

*si le défunt a été bon durant sa vie, son cœur est léger, les plateaux de la balance sont équilibrés ; celui là connaîtra la vie éternelle pendant laquelle il pourra contempler Râ le dieu des dieux.

*si le défunt a été mauvais durant son existence, le plateau de la balance penche beaucoup. Celui-là sera représenté sans tête et sans cartouche avec son nom de telle façon que le « ka » ne puisse jamais retrouvé le corps du défunt qui est ainsi condamné pour l'éternité

*enfin si le plateau est entre les deux, le défunt se confesse. En haut des fresques il y a 42 babouins représentant les 42 régions (nomes) d'Egypte. Ils condamnent le défunt à des pénitences et le défunt peut être sauvé.

Dans cette scène du « jugement des âmes » on trouve beaucoup d'éléments communs avec les croyances chrétiennes : l'âme, le jugement de nos actions, le bien, le mal, l'éternité, le ciel, l'enfer, le purgatoire et même la confession.

4-Isis et Osiris :

Dans le panthéon égyptien, Isis fut la plus célèbre. Son culte se répandit dans tout l'empire romain jusqu'en Angleterre. Elle est l'ancêtre de toutes les « déesses-mères » que l'on trouve dans toutes, ou presque, les croyances antiques. La « légende d'Osiris », de son côté, fut l'objet du plus grand nombre de récits et de commentaires. Il y eut de nombreuses versions de cette légende en fonction des lieux et aussi du temps, mais toutes les versions ont un socle commun qui fournit l'essentiel de la légende. Plutarque (cité au dernier paragraphe du point 1 de cette note) en donne une version écrite au début du second siècle de notre ère (vers l'an 120). Son texte, Plutarque l'adresse à Cléa, une prêtresse du culte d'Isis. En voici des extraits, en tenant compte que Plutarque mélange allègrement les noms égyptiens et grecs des dieux :

« ...comme le suggèrent à coup sûr les Egyptiens eux-mêmes, en plaçant les sphinx à l'entrée des sanctuaires : place bien choisie, avec l'idée qu'ils ont que leur théologie contient une sagesse énigmatique. A Saïs, la statue assise d'Athéna, qu'ils identifient à Isis, porte cette inscription : Je suis tout ce qui a été, est et sera, et aucun mortel n'a encore soulevé mon voile...

...C'est bien ce qu'attestent les plus grands esprits de la Grèce, Solon, Thalès, Platon, Eudoxe, Pythagore, Lycurgue aussi, selon certains, qui vinrent en Egypte et vécurent dans la société des prêtres....Mais le plus grand admirateur des prêtres, et le plus admiré par eux, fut sans doute Pythagore : il imita leur manière symbolique et mystérique en incorporant sa doctrine dans des énigmes...

...Rhéa (Nout), dit-on s'unit en secret à Cronos (Geb)....Le premier jour naquit Osiris. Au moment de la délivrance une voix annonça : le maître de toutes choses vient au jour.... Le deuxième jour naquit Arouéris qu'on appelle Apollon et quelquefois aussi Horus l'Ancien. Le troisième jour ce fut Typhon (Seth) il ne naquit ni au bon moment ni par le bon endroit, mais bondit hors du flanc de sa mère en le déchirant d'une poussée. Le quatrième jour naquit Isis, dans la région qui borde les marais (le delta du Nil) et le cinquième jour Nephthys....

...Nephthys, dit-on, épousa Typhon (Seth, son frère) Isis et Osiris s'aimèrent avant même que de naître et s'unissaient furtivement dans l'obscurité du sein maternel. De cette union, selon certains, serait né Arouéris qui reçut des Egyptiens le nom d'Horus l'Ancien, et des Grecs celui d'Apollon.

Pendant son règne, Osiris commença par délivrer les Egyptiens du dénuement et de la sauvagerie, leur fit connaître l'agriculture, leur donna des lois et leur apprit à honorer les dieux, puis il s'en alla par toute la terre apporter la civilisation...

...Pendant son absence, Typhon (Seth) s'abstint de toute sédition, car Isis assurait le pouvoir avec beaucoup de vigilance et de circonspection. Mais à son retour (il s'agit du retour d'Osiris) il monta un complot contre lui, après s'être assuré de la complicité de soixante-douze conjurés, secondé de plus par la présence d'une reine d'Ethiopie appelée Asô. Il prit en secret les dimensions du corps d'Osiris et fit fabriquer d'après ces mesures un beau coffre magnifiquement ouvragé. Il le fit apporter dans la salle où on banquetait, et les convives, à sa vue, furent saisis de plaisir et d'admiration. Alors Typhon, comme par jeu, promit d'en faire cadeau à quiconque, s'y allongeant, le trouverait à sa taille. Tous l'essayèrent à tour de rôle, mais personne ne convenait. Osiris enfin s'y allongea. Alors les complices de Typhon (Seth) se précipitèrent et rabattirent le couvercle, qu'ils fixèrent extérieurement à l'aide de clous et scellèrent avec du plomb fondu. Puis ils transportèrent le coffre jusqu'au fleuve et le laissèrent descendre vers la mer par la branche tanitique (c'est-à-dire une branche ouest du Nil qui passe par Tanis), que pour cette raison les Egyptiens appellent encore de nos jours l'exécrable, la maudite. L'événement eut lieu, dit-on, le 17 du mois d'Athyr (un 13 novembre), à l'époque où le soleil passe par le signe du scorpion, en l'an 28 du règne d'Osiris...

...Les pans et les Satyres qui habitent la région de Chemmis furent les premiers à apprendre cet événement et à en répandre la nouvelle, d'où le nom de panique que l'on donne encore à ce jour au désordre soudain d'une foule terrorisée.

Lorsqu'Isis apprit ce malheur, elle se coupa sur le champ une boucle de cheveux et revêtit des habits de deuil...

...Isis errait partout, en grand désarroi ; elle ne manquait pas d'interroger tous ceux qu'elle voyait passer, jusqu'à des petits enfants rencontrés par hasard, auxquels elle posa des questions sur le coffre : or il se trouva qu'ils l'avaient vu, et ils lui indiquèrent la branche du fleuve sur laquelle les complices de Typhon (Seth) avaient lâché le cercueil vers la mer...

...par la suite, Isis eut d'autres nouvelles du coffre : les vagues l'avaient rejeté à la côte dans le territoire de Byblos (au Liban où se pratiqua un culte à Osiris) et le flot l'avait doucement déposé au milieu d'une touffe d'érica (un arbuste qui poussait dans la région). En peu de temps, de l'érica poussa un surgeon d'une beauté et d'une grosseur extraordinaires, qui se développa tout autour du coffre et le déroba aux regards. Émerveillé devant les dimensions de l'arbuste, le roi fit couper le tronc qui, en son creux, recelait le coffre et en fit faire une colonne pour soutenir le toit du palais (ce qui est symbolisé par le « pilier djed », souvent représenté dans l'Egypte antique). Isis, raconte-t-on apprit tous ces détails par un souffle surnaturel de renommée et se rendit à Byblos....

...la déesse se fit alors reconnaître et réclama la colonne qui soutenait le toit. Le plus aisément du monde, elle l'enleva et découpa tout autour du cercueil le bois de l'érica, puis l'enveloppa d'un linge fin, répandit sur lui une essence parfumée et le confia aux souverains. Les habitants de Byblos vénèrent toujours cette poutre de bois, qui se trouve dans le sanctuaire d'Isis...

...Elle attendit le premier endroit désert et là, dans la solitude, son visage pressé contre celui d'Osiris, elle étreignit le corps, et elle pleurait...

...Isis se rendit ensuite auprès de son fils Horus, qui était élevé à Bouto (ville natale d'Isis située sur une branche est du Nil) , et dissimula le coffre. Mais Typhon (Seth), une nuit qu'il chassait avec sa meute au clair de lune, le découvrit par hasard, reconnut le corps et le partagea en quatorze morceaux, qu'il dispersa. Isis l'apprit et se mit à leur recherche, parcourant les marais dans une barque de papyrus...

...la seule partie du corps d'Osiris qu'Isis ne pur découvrir fut le membre viril : il avait été jeté dans le fleuve (le Nil) et aussitôt dévoré par le lépidote, le pagre et l'oxyrinque, qu'on tient maintenant pour abominables entre tous les poissons....

...Par la suite, Osiris revint de l'Hadès (l'au-delà) visiter Horus pour l'aguerrir et l'entraîner au combat. Au bout de quelque temps, il lui demanda ce qu'il y avait à son avis de plus beau au monde : venger son père et sa mère du mal qu'on leur a fait répondit Horus....

...A ces mots, Osiris, plein de joie, sut qu'Horus était prêt. Les ralliements à la cause d'Horus se multipliaient ; on vit même venir, dit-on, la concubine de Typhon (Seth) Thoueris (Nephthys) ….

Le combat eut lieu et dura des jours. Horus finit par l'emporter.... »

Plutarque semble se mélanger un peu avec Horus et saute des étapes dans son récit (à moins que des fragments aient été perdus?)

Isis alla implorer Amon qui fit rechercher les 14 morceaux d'Osiris par le dieu chacal- Anubis Après avoir récupéré les 14 morceaux d'Osiris ; Isis s'étendit au dessus du corps d'Osiris mort et sans sexe et fut enceinte d'Horus. Ensuite aidée de sa sœur Nephthys, elle put rendre la vie à Osiris.

Il y a des représentations d'Isis et de l'enfant Horus qui ressemblent comme deux gouttes d'eau aux représentations de Marie et de l'enfant Jésus. Un auteur (Anton Parks) a d'ailleurs écrit un livre sur ce sujet (« le testament de la vierge », aux éditions « nouvelle terre » en juin 2009)

5-le temple d'Horus à Edfou :

à Edfou, le long du Nil (entre Assouan et Louqsor) se trouve un temple dédié à Horus. Ce temple fut construit à partir de l'an -237. Sur un mur intérieur se trouve gravé, comme en bandes dessinées, le récit du combat entre Seth et Horus. A la fin, Horus terrasse Seth dans la même attitude que l'archange Saint Michel terrassant le démon ou Saint Georges terrassant le dragon. Mais en cours de combat, Seth crève un œil à Horus. C'est « l'oudjat », l’œil d'Horus que l'on voit représenté partout dans l'Egypte antique.

« l’œil était dans la tombe et regardait Caïn »

N'était-ce pas l’œil d'Horus ?

6- noms égyptiens, grecs et romains de quelques divinités :

sur chaque ligne, le premier nom est celui du dieu égyptien, le second du dieu grec correspondant et le dernier le nom romain :

*Amon-Ré, Zeus, Jupiter

*Osiris, Dionysos, Bacchus

*Isis, Déméter, Cérès

*Horus, Apollon, Apollon

*Neith, Athéna, Minerve

*Bastet, Artémis, Diane

*Hathor, Aphrodite, Vénus

*Thot, Hermès, Mercure

*Ptah, Héphaïstos, Vulcain

*Sérapis, Hadès, Pluton

*Khonsou, Héraclès, Hercule

*Imhotep, Asclépios, Esculape

etc

7-en guise de conclusion :

Lors d'un voyage en Egypte en 1989 (pour mes 50 ans), j'avais eu l'impression que nos racines profondes se trouvaient en Egypte et c'est cela qui a déclenché pour moi l'intérêt de l'histoire.

25 ans et pas mal de lectures plus tard, j'ai toujours le sentiment que l'Egypte a été le premier « pays occidental », que le flambeau de l'Occident a ensuite été repris par les Grecs puis par les Romains, les Byzantins et le monde judéo-chrétien.

Juifs et Chrétiens ont les mêmes racines. Cela aurait dû conduire à leur entente à travers les siècles, hélas ce fut rarement le cas !

Mahomet ne s'y était pas trompé puisqu'il dit dans le Coran (verset 51 de la sourate V) :

« Ô vous qui croyez !

Ne prenez pas pour amis les Juifs et les Chrétiens ;

ils sont amis les uns des autres.

Celui, qui, parmi vous, les prend pour amis,

est des leurs.

Dieu ne dirige pas le peuple injuste »

J.D. 21 août 2014

liens entre les dieux égyptiens

liens entre les dieux égyptiens

le dieu faucon Horus devant le temple d'Edfou, photo Michèle Delisle mai 1989

le dieu faucon Horus devant le temple d'Edfou, photo Michèle Delisle mai 1989

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18 août 2014 1 18 /08 /août /2014 12:26

1-en Italie

Jusqu'à l'unification à partir de 1859, et depuis la chute de Rome (en 476), l'Italie fut très morcelée. Certains territoires changèrent souvent d'Etat et de maître ; d'autres ne furent indépendants que durant des temps limités par exemple Bologne de 1401 à 1506, Ferrare de 1240 à 1598, Mantoue de 1115 à 1708, Gênes qui après des heures glorieuses devint République ligurienne en 1797, fut annexée par la France en 1805 puis par le royaume de Sardaigne en 1815, sans parler de Milan, Naples, de la Sicile...

Après les congrès de 1815, par exemple, l'Italie se retrouva divisée en 10 Etats : le royaume de Sardaigne (dont la capitale était à Turin) , le royaume lombard-vénitien (sous la dépendance de l'Autriche), le royaume de Naples et de Sicile, les Etats de l'Eglise, le duché de Parme, le duché de Modène, le grand Duché de Toscane, le duché de Massa, le duché de Lucques et San Marin.

Non seulement de nombreuses langues ou dialectes étaient parlés à travers l'Italie, mais chaque Etat avait son système monétaire qui en outre changeait au fur et à mesure des occupations ou annexions par l'Autriche, le Saint empire, la France, l'Espagne.. .Voici un aperçu de cette diversité :

*En Toscane : C'est en Toscane que fut créé en 1252 le Florin en or (en italien « fiorino » -de l'italien « fiore » : fleur-, qui reçut ce nom parce que la première émission comportait une fleur de lis en décoration). Le florin eut à l'époque une grande importance dans les échanges internationaux jusqu'à ce qu'il soit détrôné , à partir de la fin du XVe siècle par le ducat d'or de Venise. Au moment de la réunion de la Toscane au royaume de Sardaigne (en mars 1860), la monnaie en vigueur en Toscane était la lire (lira) avec 3 subdivisions : 1 lira = 12 crazie = 20 soldi = 60 quattrini.

*En Vénétie : C'est en 1282 que fut frappé à Venise le premier ducat en or (le ducat étant la monnaie à l'effigie du duc). En 1543 est créé le « ducato » en argent tandis que le ducat en or prend le nom de sequin « zecchino » (de la Zecca qui était l'hôtel de la monnaie de Venise). L'apogée du ducat, qui remplaça le florin comme monnaie internationale, correspond à l'apogée de la République de Venise et de ses succès militaires et commerciaux. Sous l'occupation autrichienne (à partir de 1797) les monnaies en vigueur furent le fiorino (1 fiorino = 100 soldi) ou le gulden (1 gulden = 100 baiocchi)

*Dans la République de Gênes : De 1252 à 1415 fut frappé à Gênes une monnaie en or appelée le « genovino » subdivisé en « quartarola » (un quart de genovino) et en ottavino (un huitième)

*Dans les Etats pontificaux et en Romagne : jusqu'en 1867, l'unité de comptes est le scudo divisé en baiocchi (1 scudo = 100 baiocchi)

*Dans le royaume de Naples et de Sicile : au moment de la réunification (en octobre 1860), l'unité monétaire était le ducat avec 2 subdivisions (1 ducat = 100 grana = 200 tornese)

*Dans le Trentin : la dernière monnaie en vigueur au moment du rattachement à l'Italie en 1919 est la couronne (1 krone = 100 heller)

*Dans le royaume de Sardaigne : La maison de Savoie eut sa propre monnaie dès son origine puisque le premier comte de Savoie (Humbert aux Blanches mains au XIe siècle) fit battre monnaie (des « Gros d'Argent »). A partir de 1359, Amédée VI (le comte Verd, avec un « d » selon l'orthographe en vigueur à l'époque d'Amédée VI) fit frapper des Florins d'or. En 1561, les anciennes monnaies sont abolies sous le duc Emmanuel-Philibert, et remplacées par la Livre divisée en sols et en deniers (1 Livre = 20 sols = 240 deniers). A partir de 1717, sous Victor-Amédée II (dernier duc de Savoie et premier roi de Sardaigne), changement de parité, la Livre vaut 12 sols ou 144 deniers. Des multiples sont ensuite créés : la Doppia puis le Carlin sous Charles-Emmanuel III : 1 doppia = 2 carlins = 24 livres.

Dès 1801, dans le royaume de Sardaigne (dont une grande partie a été annexée par la France), une première pièce de 20 lires en or est émise dont la valeur est alignée sur celle du franc français. Napoléon 1er impose la lire et sa parité avec le franc à Milan, Venise, Bologne puis à Gênes et Rome . Après la chute de Napoléon, chacun revint à ses anciennes frontières et anciennes monnaies.

Il faut préciser que la lire est une ancienne monnaie qui fut créée en Europe par Charlemagne (monnaie d'argent).

À partir du XVIe siècle, plusieurs Etats en Italie émirent des lires.

Le terme « lire (lira en italien, lire au pluriel) est dérivé du mot latin libra (unité de poids chez les Romains. Cette livre était divisée en 12 onces et pesait 327 grammes).

Le 24 août 1862, le nouveau royaume d'Italie adopta la lire de 4,5 grammes d'argent ou 290,3225 milligrammes d'or. Cette lire fut divisée en 100 centimes. Cette monnaie s'imposa à tous les anciens Etats d'Italie au fur et à mesure de l'unification.

L'Italie adhéra au SME (système monétaire européen) le 12 mars 1979, procéda à deux dévaluations de la lire (6% le 20.7.1985 et 3,5% le 4.9.1992), quitta le SME le 17.9.1992 et le réintégra en novembre 1996.

Enfin la lire a cédé la place à l'Euro (1 euro = 1936,27 lires) à compter du 1er janvier 2002.

2-dans la Rome antique :

Au début de l'histoire de la Rome antique, ce furent des masses métalliques qui servirent pour les échanges. À partir du troisième siècle avant note ère, les Romains fabriquèrent des pièces de monnaie comme on les conçoit aujourd'hui. Ce furent d'abord des « as » en bronze. Puis le monnayage se diversifia au fur et à mesure des conquêtes romaines qui leur permettaient de s'emparer des trésors d'autres pays ou de mettre des mines en exploitation.

Au temps de la République romaine (qui prit fin en -27), on eut déjà des deniers en argent, des sesterces (en argent puis en bronze) et des as en cuivre avec l'équivalence suivante : 1 denier = 4 sesterces = 10 as.

La diversification des monnaies et des métaux utilisés se poursuivit sous l'empire avec les équivalences suivantes :

l'Aureus (en or) = 2 quinaires d'or = 25 deniers d'argent = 50 quinaires d'argent = 100 sesterces en laiton = 200 dupondii en laiton = 400 as en cuivre = 800 semis en cuivre= 1600 quadrans en cuivre

l'Antoninianus créé au 1er siècle valait 2 deniers et l'aureus fut remplacé au début du quatrième siècle par le solidus d'or ; les autres monnaies évoluèrent également.

A l'origine, la valeur de la monnaie était fonction de la valeur et du poids du métal qui la composait. Mais pour faire face au besoin du commerce lié à l'extension de la puissance romaine, puis à l'inflation, on fabriqua de plus en plus de pièces avec le même poids de métal et, pour y parvenir, les pièces furent « fourrées » d'un autre métal (cuivre à l'intérieur de l'argent par exemple) ou leur poids fut réduit.
Ainsi l'antoninianus qui pèse 5,11 grammes dont 50% d'argent en l'an 215, ne pèse plus que 3 grammes avec 1% d'argent seulement en l'an 269. Autre exemple : en 64, Néron fait fabriquer des aurei qui ne contiennent plus de 7,4 grammes d'or au lieu de 7,7 auparavant et des deniers d'argent de 3,45 grammes contre 4,50 à l'or
igine.

Avec des guerres de plus en plus lointaines et à certaines périodes le manque de bras pour l'industrie ou l'agriculture, les prix peuvent monter, c'est l'inflation.

Ainsi, la même mesure de blé qui valait 1 denier au début du premier siècle, en vaut 4 en l'an 250, 50 en 176 et 330 en l'an 301.

En décembre 301, un édit de l'empereur Dioclétien (dit « édit du maximum ») bloque les prix. Les prix maximums suivants furent par exemple fixés :

1 œuf : 1 denier

20 escargots : 4 deniers

1 citron : 24 deniers

1 poulet : 30 deniers

1 oie grasse : 200 deniers

1 esclave femelle de 16 à 40 ans : 25.000 deniers

1 esclave mâle de 16 à 40 ans : 30.000 deniers

1cheval de course : 100.000 deniers

1 lion d'Afrique 150.000 deniers

Si en -31, la fortune du Consul Publius Crassus était évaluée à plus de 100 millions de sesterces, à l'époque de l'édit de Dioclétien, cette somme ne constitue plus que le revenu annuel d'un sénateur moyen tandis qu'un coiffeur ne gagnait que 8 sesterces par client et un avocat 4.000 par plaidoirie.

A l'inverse de la rareté qui entraîne la hausse des prix et l'inflation, la surabondance peut conduire à la chute des cours. L'exemple type étant celui de la conquête de la Sardaigne par les Romains en -238. De nombreux Sardes furent vendus comme esclaves si bien que le prix de l'esclave chuta de beaucoup et jusqu'à la fin de l'histoire romaine, pour désigner quelque chose de pas cher, l'expression "bon marché comme un Sarde" était souvent utilisée.

J.D. 18 août 2014

Nota : la récapitulation thématique des notes de ce blog ainsi que la récapitulation des illustrations se trouvent sur la fiche N°76 http://jean.delisle.over-blog.com/article-blog-liste-des-articles-111165313.html

billets italiens en lires : 1.000 lires de 1990 effigie : Maria Montessori, billet de 10.000 lires de 1978 effigie : Nicolas Copernic, billet de 10.000 lires de 1973 effigie : Michel-Ange

billets italiens en lires : 1.000 lires de 1990 effigie : Maria Montessori, billet de 10.000 lires de 1978 effigie : Nicolas Copernic, billet de 10.000 lires de 1973 effigie : Michel-Ange

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16 août 2014 6 16 /08 /août /2014 16:42

Refrain :

Allobroges vaillants ! Dans vos vertes campagnes

Accordez-moi toujours asile et sûreté

Car j'aime à respirer l'air pur de vos montagnes

Je suis la Liberté ! La Liberté !

Couplet 1 :

Je te salue, ô terre hospitalière

Où le malheur trouva protection

D'un peuple libre arborant la bannière

Je vins fêter la constitution

Proscrite hélas ! J'ai dû quitter la France

Pour m'abriter sous un climat plus doux

Mais au foyer a relui l'espérance

En attendant, en attendant je m'arrête chez vous .

Couplet 2 :

Au cri d'appel des peuples en alarme,

J'ai répondu par un cri de réveil ;

Sourds à ma voix, ces esclaves sans armes

Restèrent tous dans un profond sommeil

Relève-toi ma Pologne héroïque !

Car pour t'aider je m'avance à grands pas ;

Secoue enfin ton sommeil léthargique,

Et je le veux, et je le veux, tu ne périras pas !

Couplet 3 :

Un mot d'espoir à la belle Italie :

Courage à vous, Lombards, je reviendrai !

Un mot d'amour au peuple de Hongrie !

Forte avec tous, et je triompherai

En attendant le jour de délivrance,

Priant les Dieux d'apaiser leur courroux,

Pour faire luire un rayon d'espérance

Bons Savoisiens, Bons Savoisiens, je m'arrête chez vous !

Composition :

Le « chant des Allobroges » fut d'abord une mélodie composée, probablement en 1855, par Canterno, un chef de musique du 6ème régiment (du royaume de Sardaigne), et intitulée « la prise de Sébastopol » en souvenir de la bataille de Sébastopol (1854/1855) dans le cadre de la participation du Royaume de Sardaigne à la guerre de Crimée aux côtés de la France, de l'Angleterre et de l'empire ottoman contre la Russie. L'armée du royaume de Sardaigne en Crimée était commandée par Alfonso La Marmora.

Cette mélodie eut beaucoup de succès et en 1856 Joseph Dessaix (neveu du général Dessaix qui commanda la Légion des Allobroges en 1792) composa des paroles en une nuit (comme l'avait fait Claude Joseph Rouget de Lisle en avril 1792 pour La Marseillaise) et les paroles en furent chantées pour la première fois au théâtre de Chambéry le 11 mai 1856 pour la « fête du statut », sous le nom de « La Liberté » qui deviendra ensuite le « chant des Allobroges ».

Ultérieurement d'autres couplets ou d'autres paroles furent composés.

Contexte :

L'année 1848 avait été appelée « l'année des Révolutions » ou « l'année du printemps des Peuples ». Il y avait eu en effet des mouvements insurrectionnels un peu partout en Europe sauf dans le royaume de Sardaigne ou régnait le roi Charles Albert qui avait accordé, le 4 mars 1848, une constitution qui avait transformé la monarchie au pouvoir absolue en monarchie « parlementaire ». Voir la fiche N° 180 http://jean.delisle.over-blog.com/2014/06/le-code-civil-savoyard-n-180.html

L'empire d'Autriche occupait la partie sud de la Pologne depuis 1846, tandis que la Russie occupait l'essentiel de la Pologne depuis 1813. Laquelle Autriche occupait aussi la Hongrie et toute l'Italie du nord (Vénétie et Lombardie). En 1848, les Vénitiens d'abord puis la Lombardie se soulevèrent contre l'occupant autrichien.

Charles-Albert se porta à leur secours mais fut vaincu par les Autrichiens à la bataille de Novarre le 23 mars 1849.

En France Napoléon Bonaparte le « neveu » était devenu le premier (et le dernier) président de la seconde République française puis avait pris le pouvoir suite au coup d'Etat du 2 décembre 1851. Le second empire fut considéré par les opposants comme une dictature et certains (tel Victor Hugo) se réfugièrent en Belgique, dans les îles anglo-normandes ou en Savoie....

Dans la chanson, la Liberté a quitté la France, se réfugie en Savoie et promet la Liberté aux Polonais, aux Italiens, aux Hongrois.

La « fête du statut » en 1856, à Chambéry, avait pour but de commémorer le « statut fondamental » accordé par Charles-Albert en mars 1848. Mais 4 ans après cette commémoration de 1856, les Savoyards se « donnaient » à la France et se réalisait l'unité de l'Italie.

J.D. 16 août 2014

Sur l'histoire des Allobroges voir les fiches 27/28 http://jean.delisle.over-blog.com/article-les-allobroges-62129941.html

Statue de la Liberté, photos Claire Legrand le 15 octobre 2005

Statue de la Liberté, photos Claire Legrand le 15 octobre 2005

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31 juillet 2014 4 31 /07 /juillet /2014 18:09

(cette note fait suite aux notes N° 172 et 184)

Après le désastreux traité de Versailles (1919) et l'occupation de la Ruhr (1923), une conférence internationale s'était tenue à Locarno (sur la rive suisse du lac Majeur), terminée par des accords le 16 octobre 1925.

Ces accords avaient été soumis à la ratification des parlements des pays concernés.

En Grande-Bretagne, la Chambre des Communes avait approuvé le 18 novembre 1925 par 375 voix contre 13. A son tour, le Reichstag avait donné son adhésion le 27 novembre 1925 par 291 voix contre 174. Le Parlement français se prononça seulement le 25 février 1926 par 413 voix contre 71.

Une réunion avait eu lieu à Londres le 30 novembre 1925. Deux discours remarquables y furent prononcés, par Aristide Briand (redevenu Président du Conseil ayant gardé les Affaires étrangères) et par Gustav Stresemann (Ministre des Affaires étrangères de la République de Weimar). Ils furent les principaux artisans des accords de Locarno, qui à l'époque semblaient mettre un terme aux rivalités européennes et aux guerres, à tel point que le 5 septembre 1929, la S.D.N. (Société des Nations) avait donné mandat à Aristide Briand pour « présenter un mémorandum sur l'organisation d'un régime d'union fédérale européenne ».

Il est vrai qu'entre-temps Briand et Stresemann avaient reçu conjointement le prix Nobel de la paix (10 décembre 1926), et le pacte « Briand-Kellogg» avait été ratifié le 27 août 1928 (voir fiche N° 184).

En outre la Société des Nations donna à l'opinion publique l'illusion que les conflits allaient dans l'avenir pouvoir se résoudre par le Droit et la Médiation et non plus par la guerre. Les Européens à l'époque purent croire sincèrement qu'ils avaient vu « la Der des Der » et que le slogan « plus jamais ça » allait devenir réalité.

Mais le doux rêve ne dura pas longtemps, le pire restait à venir ! : en économie, la crise de 1929 et le chômage qu'elle entraîna furent rapidement suivis, sur le plan politique, par l'invasion de la Chine par le Japon (en 1931) , l'arrivée au pouvoir des nazis en Allemagne (début 1933), la guerre d'Espagne, la seconde guerre mondiale etc.

Voici l'intervention à Londres de Briand (rapporté par Georges Suarez dans « Briand tome VI édité en 1952, chapitre I) :

« Les accords de Locarno ont suscité un mouvement d'enthousiasme parmi les peuples. Ce n'est pas que ceux-ci aient médité , dans tous les détails, les clauses des divers articles. Ce qui caractérise ce sentiment populaire, c'est qu'il a été, pour ainsi dire, instinctif. Parmi les nombreuses lettres que j'ai reçues personnellement, il y en a une qui m'a particulièrement touché. A elle seule elle m'aurait fait considérer cet acte comme le plus important et le plus émouvant de ma vie politique. C'est une simple lettre de quelques lignes, d'une femme inconnue, sortie de la foule. Elle me disait : Permettez à une mère de famille de vous féliciter...Enfin je vais donc pouvoir regarder sans appréhension mes enfants, et les aimer avec quelle sécurité.

L'accord de Locarno a ceci de nouveau , qu'à l'esprit de soupçon, il substitue l'esprit de solidarité. C'est par la sollicitude humaine qu'il faut rendre la guerre impossible. Voilà en face de moi, les délégués de l'Allemagne.... Cela ne veut pas dire que je ne reste pas un bon Français, comme eux sont, j'en suis sûr, de bons Allemands. Mais ici nous ne sommes que des Européens. Les documents que nous venons de signer doivent rénover l'Europe. Il y a là la consécration du génie de l'Europe. Et je le vois allant chaque jour plus avant dans la voie du progrès. Par nos signatures, nous affirmons que nous voulons la paix. Nos peuples, depuis des mois, se sont heurtés maintes fois sur le champ de bataille ; ils y ont laissé souvent, avec leur sang, le meilleur de leurs forces. Les accords de Locarno seront valables, s'ils signifient que ces massacres ne recommenceront plus et s'ils font que les fronts de nos femmes ne seront plus assombris de nouveaux voiles, que nos villes, que nos villages, ne seront plus dévastés et ravagés et nos hommes mutilés. »

Voici la réponse que fit Stresemann :

« Je voudrais vous remercier, monsieur Briand, de ce que vous avez dit sur la nécessité d'une coopération des peuples et en particulier de ceux qui ont tant souffert dans le passé. Vous partez de l'idée que chacun de nous appartient à sa patrie d'abord, comme bon Anglais, bon Allemand, mais qu'il est en plus un Européen, uni à la grande tradition de la civilisation. C'est un fait que des secousses de la guerre est sortie une communauté qui nous lie tous. Nous avons le droit de parler d'un esprit européen. L'Europe, après les douloureux sacrifices qu'elle a faits pendant sa dernière guerre, ne risque-t-elle pas maintenant de perdre, par les conséquences de cette guerre, la place qui lui revient dans le monde de par son développement historique ? Ce qu'elle a subi dans cette catastrophe, ce ne sont pas seulement des pertes matérielles et des dévastations, c'est aussi et surtout ce sacrifice d'une génération dont nous ne savons pas tout ce qu'elle aurait produit si elle avait pu exercer pleinement son intelligence et son énergie. Ainsi nous avons été ébranlés ensemble et un même sort nous est fait et nous lie les uns aux autres. Nous périrons ensemble ou bien nous nous relèverons ensemble, et si nous unissons nos efforts au lieu de nous combattre... C'est la seule façon de préparer cet avenir dont vous avez dit, monsieur Briand, en des termes que je ne puis qu'approuver, qu'il doit voir l'émulation des peuples travaillant de concert au développement de la civilisation....Puissent d'autres générations se souvenir avec reconnaissance de ce jour comme du début de l'évolution nouvelle. »

Stresemann comme Briand avaient parlé sans notes.

Le 25 février 1926, Aristide Briand fit une très longue intervention devant la Chambre (des députés) pour présenter les accords de Locarno. Voici quelques extraits :

« Il (il s'agit de l'ensemble des accords de Locarno) a été rédigé, il a été conclu dans un esprit européen et pour un but de paix. Réalise-t-il les conditions de la sécurité absolue ? Rend-il à jamais impossible toute guerre ? Je me garderai de l'affirmer. Je ne veux pas faire de dupes dans mon pays. Nous dispense-t-il de tenir l’œil constamment ouvert sur les événements, de les surveiller étroitement ? Nous dispense-t-il de toutes les mesures qui peuvent être propres à garantir notre sécurité, si par malheur un événement venait à le mettre en péril ? Je dis : non....

C'est une maîtresse exigeante que la paix, plus exigeante que la guerre ! ….

Je n'exagère pas la portée de l'acte de Locarno. Je connais ses limites...
Ce qu'il y a de meilleur en lui, m'entendez-vous, c'est qu'il a donné confiance aux peuples. Ce qu'il y a de meilleur en lui, c'est qu'il a été au moment des ténèbres, dans une atmosphère de menaces, la petite lueur à laquelle s'attache l'esprit des peuples avec leurs espéranc
es. ….

Messieurs pour assurer la paix, c'est l'Europe qu'il faut organiser....

J'y suis allé (à Locarno), ils (il s'agit du Chancelier allemand Luther et de Stresemann son ministre des Affaires étrangères) y sont venus et nous avons parlé européen. C'est une langue nouvelle qu'il faudra bien que l'on apprenne …. »

En lisant ces textes, je me suis posé la question suivante : Comment en Europe a-t-on pu passer aussi rapidement de la situation d'espoir des années 1925/1930 à la catastrophe des années 1930/1940 ?

Je n'ai pas la réponse bien entendu. Il y eut la grande crise économique mais il y eut aussi probablement d'autres facteurs. Il y eut en Europe à un moment donné une génération d'hommes de valeurs (David Lloyd George en Angleterre, Aristide Briand en France, Gustav Stresemann en Allemagne...), il y en eut une autre plus tard (Winston Churchill en Angleterre, Charles De Gaulle en France...) mais entre les deux il y eut un vide : la génération sacrifiée par la guerre de 14/18 dont parle Stresemann, des gens qui n'ont pas pu prendre leur place dans la société parce que morts ou handicapés et c'est ainsi que la France s'est retrouvée en 1940 avec un chef de l'Etat âgé de 84 ans !

Ce serait une raison de plus pour penser que la guerre de 14 a amené celle de 40.

J.D. 31 juillet 2014

Gustav Stresemann, Austen Chamberlain et Aristide Briand à Locarno en 1925

Gustav Stresemann, Austen Chamberlain et Aristide Briand à Locarno en 1925

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22 juillet 2014 2 22 /07 /juillet /2014 15:33

Sur terre, la civilisation de l’Égypte antique est probablement celle qui a duré le plus longtemps et avec le plus d'unité : unité d'organisation politique, de langue, d'écriture, de croyances, d'architecture...

C'est en Egypte que l'on trouve le plus vieux monument construit en pierres et encore conservé.

Pour situer les choses, rappelons que la pyramide à degrés de Saqqarah (on trouve écrit aussi Sakkarah ou Saqqara) fut construite :

23 siècles avant le Parthénon d'Athènes

25 siècles avant la grande muraille de Chine

29 siècles avant le Colisée de Rome

35 siècles avant de site Maya de Palenque au Mexique

40 siècles avant le temple d'Angkor au Cambodge ou avant la cathédrale de Chartres.

Cette pyramide, haute de 60 mètres, fut édifiée par le célèbre Imhotep (architecte, prêtre, médecin, philosophe...) pour le Pharaon Djéser de la troisième dynastie.

HISTOIRE :

1- ORIGINE :

« l’Égypte est un don du fleuve » écrivit Hérodote (vers-485/vers-425) historien grec, (que Cicéron gratifia du titre de « Père de l'Histoire »), dans « L'Enquête » livre II (en 5). Hérodote avait doublement raison :

*C'est la désertification du Sahara, commencée il y a environ 6.000 ans, qui entraîna une migration de la faune et de la population vers les rives du Nil. Cette concentration de population obligea le groupement humain à s'organiser.

*Par ailleurs la fertilité de la terre apportée par les crues annuelles du Nil permit à la population de pouvoir subsister sans consacrer 100% de son temps à assurer sa survie comme c'était le cas à la même époque dans beaucoup d'autres contrées sur terre. Le temps libre permit d'organiser ce qu'on appellerait aujourd'hui des « activités tertiaires » (cultes etc) ou de réaliser des constructions : il fallait occuper la main- d’œuvre durant les 4 mois que durait la crue annuelle du Nil.

Sur la fertilité du sol voici ce qu'écrivit Hérodote il y a presque 25 siècles :

« Certes ces gens (il s'agit des Égyptiens) sont aujourd'hui, de toute l'espèce humaine, ceux qui se donnent le moins de mal pour obtenir leurs récoltes : ils n'ont pas la peine d'ouvrir des sillons à la charrue et de sarcler, ils ignorent tout des autres travaux que la moisson demande ailleurs. Quand le fleuve est venu de lui-même arroser leurs champs et, sa tâche faite, s'est retiré, chacun ensemence sa terre et y lâche ses porcs : en piétinant, les bêtes enfoncent le grain, et l'homme n'a plus qu'à attendre le temps de la moisson, puis, quand ses porcs ont foulé sur l'aire les épis, à rentrer son blé. »

En outre :

*la vallée du Nil était bordée par un désert tant à l'est qu'à l'ouest ce qui mit l’Égypte relativement à l'abri des invasions durant les premières dynasties.

*la crue du Nil commençait régulièrement chaque année vers le 18 juillet (de notre calendrier). En recouvrant toutes les terres, elle faisait disparaître les limites des propriétés, ce qui impliqua plus qu'ailleurs la nécessité d'une organisation collective.

2-PERIODES , DYNASTIES , CAPITALES ET PRINCIPAUX EVENEMENTS :

*période prédynastique : antérieurement à l'an 3.200 avant notre ère : Il y eut 2 royaumes en Egypte avant l'époque pharaonique proprement dite ; le royaume du nord (capitale Bouto) et celui du sud (capitale This). On ne sait pas grand chose sur cette époque.

*période archaïque : de l'an -3200 à l'an -2800, 1ère et seconde dynasties, 12 à 15 pharaons. Un roi du sud a fait la conquête du royaume du nord et tous les historiens font partir l'histoire de l'Egypte pharaonique de cet événement qui unit les 2 royaumes. Ce roi est représenté sur une palette appelée « palette de Narmer ». On le voit sur cette palette tuant un ennemi, on y voit également Hathor la déesse aux cornes de vaches (dans les dernières dynasties, c'est Isis qui est représentée avec des cornes de vaches) et le dieu faucon Horus. Narmer fut appelé Ménès par les Grecs. On le trouve aussi sous l'appellation de « roi scorpion ». Cependant pour quelques auteurs minoritaires, Narmer et Ménès seraient 2 personnages différents. En unissant les 2 royaumes, Narmer fusionna également leurs symboles : la couronne rouge du sud avec la couronne blanche du nord (voir illustration), le cobra du sud avec le vautour du nord etc. Tous les pharaons auront toujours le titre de « seigneur des deux royaumes ».

C'est à cette époque que se perfectionne l'écriture que s'établit le calendrier et se codifie la religion.

*l'ancien empire : de l'an -2800 à l'an -2200, de la troisième à la sixième dynastie, 24 pharaons. C'est l'époque du pharaon Djéser, premier pharaon de la troisième dynastie. Il transféra la capitale de This à Memphis. Guerre contre les Nubiens venus du Soudan sous le pharaon Snefrou (4e dynastie). Il fait 7000 prisonniers et s'empare de beaucoup de bétail. La quatrième dynastie est celle des pharaons très connus par leur pyramide : Chéops, Chéphren et Mykérinos.

C'est durant la VIe dynastie que régna le pharaon Pépi II qui eut le règne le plus long de l'histoire (94 ans). Les pharaons de la cinquième dynastie furent en guerre contre les Libyens. Les pharaons de la sixième dynastie furent en guerre contre les Phéniciens pour le contrôle du Sinaï.

Transfert de la capitale à Héliopolis à la fin de la sixième dynastie.

*la première période intermédiaire : de la VIIe à la Xe dynasties. De -2200 à -2060. Il s'agit d'une période troublée. On doit à Manéthon prêtre égyptien du IIIe siècle avant notre ère de posséder une liste reconstituée de pharaons. Pour la VIIe dynastie, Manéthon parle de 70 pharaons en 70 jours ! Ce qui suppose de violentes luttes pour le pouvoir.

*le moyen empire : XIe et XIIe dynasties. De -2060 à -1785. Capitale d'abord transférée à Thèbes vers-2060 (cette Thèbes était à l'emplacement des actuels Louqsor-Karnak, à ne pas confondre avec la Thèbes grecque) puis à Licht (ou Lisht) vers -1990. Trois pharaons pour la onzième dynastie et 8 pour la douzième. Sous la douzième dynastie, le pharaon Sésostris 1er étendit le domaine égyptien au sud jusqu'à la seconde cataracte, tandis que Sésostris III fit la conquête de la Palestine

*seconde période intermédiaire : de la XIIIe à la XVIIe dynasties. De -1785 à -1580. Capitales : Avaris pour les Hyksos en -1785 (Avaris prit le nom de Tanis sous la XXIe dynastie) puis Thèbes pour les Egyptiens.

C'est sous la XIIIe dynastie vers -1730 qu'eut lieu l'invasion des Hyksos venus de Syrie. Ces Hyksos avaient inventé la roue et fabriqué des chars avant les Egyptiens, ce qui leur permit l'invasion et la victoire sur les armées égyptiennes. Les Egyptiens chassés du delta du Nil remontèrent la vallée du Nil. Il fallut deux siècles aux Egyptiens avant qu'ils ne soient vainqueurs des Hyksos et les chassent du delta sous le pharaon Amosis. C'est pour cet Amosis que fut construite la dernière pyramide d'Egypte.

*le nouvel empire : de la XVIIIe à la XXe dynasties. De -1580 à -1085. 32 pharaons. Capitales : Thèbes puis Akhet-Aton (Amarna) de -1392 à -1354 puis à nouveau Thèbes.

-C'est sous la XVIIIe dynastie que l'Egypte antique eut ses plus grandes dimensions et sa plus grande puissance, grâce aux conquêtes de Thoutmosis 1er puis de Thoutmosis III (fiche N°108 http://jean.delisle.over-blog.com/hatchepsout-et-thoutmôsis-iii-n-108). Le domaine de l'Egypte alla de la quatrième cataracte au sud jusqu'à l'Euphrate à l'est. Cette dynastie est aussi celle de la pharaonne Hatchepsout (voir la fiche N°108), d'Aménophis IV (Akhénaton, le pharaon monothéiste) et de son épouse Néfertiti (voir la fiche N°69 http://jean.delisle.over-blog.com/article-nefertiti-109428642.html), de Toutankhaton qui fut récupéré par les prêtres de Thèbes et changea son nom en Toutankhamon.

-La XIXe dynastie fut celle de Séthi Ier, de Ramsès Ier et de Ramsès II, le plus connu (voir la fiche N°80 http://jean.delisle.over-blog.com/article-les-batailles-de-qadesh-112379953.html). Après s'être combattus, Egyptiens et Hittites s'allièrent pour faire face à la montée en puissance de l'empire Assyrien.

-La XXe dynastie est celle de Ramsès III qui extermina les « peuples de la mer ». Ceux-ci avaient d'abord ravagé le royaume des Hittites puis la Phénicie avant d'arriver en Egypte.

La fin de la vingtième dynastie vit de nombreuses invasions (Libyens, Nubiens...).

*la basse époque : de la XXIe à la XXXe dynasties. De l'an -1085 jusqu'à la conquête de l'Egypte par Alexandre le Grand (en décembre -332).

La capitale de l'Egypte avait été transférée à Tanis en -1070 sous la XXIe dynastie, puis à Saïs en -730 sous la XXIVe dynastie, était revenue à Thèbes en -715 (XXVe dynastie) puis revint à Tanis en -689 (XXVIe dynastie). Sous la XXIIe dynastie, en -925, les Egyptiens avaient profité de la division d'Israël après la mort de Salomon pour reprendre la Palestine (le nom de « Palestine » qui veut dire en termes d'étymologie « terre des Philistins » n'apparaît qu'au second siècle de notre ère sous l'empereur Hadrien), il s'agissait donc à l'époque de la Judée.

Sous la XXVe dynastie, l'Egypte est envahie et occupée par les Assyriens de -672 à -665 La ville de Thèbes fut mise à sac par les Assyriens (Assharddon en -672 et Assourbanipal en -665). Tous les trésors accumulés à Thèbes furent emmenés par les Assyriens à Ninive.

Sous la XXVIe dynastie, le pharaon Nekao II reprit la Palestine et un territoire jusqu'à l'Euphrate. Ce fut l'une des dernières gloires de l'Egypte pharaonique. Mais en -605, Nekao II fut vaincu par Nabuchodonosor roi de Babylone à Karkemish (sur l'Euphrate à la limite entre Syrie et Turquie). Ce Nekao II lança la construction d'un canal pour relier le Nil à la mer Rouge. Ce fut lui également qui décida d'une expédition maritime qui fit le tour de l'Afrique.

Ensuite, la période est celle d'un lent déclin avec l'occupation par les Perses à partir de -525 qui ravagèrent aussi Thèbes (Cambyse en -525). Alexandre le Grand libéra l'Egypte de l'occupation perse pour la remplacer par l'occupation grecque jusqu'à l'arrivée des Romains.

La période grecque ou dynastie des Lagides : Alexandre le Grand fut vainqueur des Perses une première fois à la bataille du Granique (dans l'actuelle Turquie) en mai -334, puis une seconde fois à la bataille d'Issos (en Turquie) le 1er novembre -333. Il s'empara ensuite de la Phénicie en -333/-332 (prise de Gaza fin -332) et entra en Egypte. Il se fit couronner pharaon à Memphis dans le temple de Ptah en -331 et lança la construction de la ville d'Alexandrie avant de reprendre ses conquêtes (voir fiche N°105 http://jean.delisle.over-blog.com/alexandre-le-grand-n-105). Cette ville fut la dernière capitale de l'Egypte pharaonique

Après la mort d'Alexandre le Grand à Babylone le 13 juin -323, ses généraux se partagèrent son empire. L'Egypte revint à Ptolémée fils de Lagos (d'où le nom de dynastie « Lagide »). Quinze « Ptolémée » régnèrent sur l'Egypte ainsi que 2 reines : Bérénice (Bérénice IV reine de -58 à -55) et la célèbre Cléopâtre (la septième du nom) qui clôtura la dynastie des Lagides et l'histoire de l'Egypte pharaonique.

Pendant le même temps l'Asie avait été attribuée à Séleucos autre officier d'Alexandre (d'où la dynastie des « Séleucides »). Lagides et Séleucides se firent la guerre pour la possession des zones tampons entre Egypte et Asie. Il y eut ainsi 6 guerres appelées « guerres de Syrie », sans parler d'un troisième larron : Antigone le borgne qui revendiquait aussi l'Asie.

Les pharaons « lagides » conservèrent toutes les traditions égyptiennes. C'est par exemple sous cette dynastie que furent construits les temples de Dendera, Edfou, Esna, Kom Ombo, Philae....

Séleucos, en -321 avait organisé le transfert des cendres d'Alexandre le Grand de Babylone vers la Macédoine. Le cortège fut intercepté par Ptolémée 1er qui fit inhumé Alexandre en Egypte. Plusieurs empereurs romains (Auguste, Caligula, Caracalla) viendront à Alexandrie rendre hommage à Alexandre.

Ptolémée II (-285/-246) fit construire le phare d'Alexandrie ainsi que la Grande Bibliothèque. Cette bibliothèque avait pour ambition de rassembler l'ensemble des savoirs humains. Elle aurait comporté jusqu'à 700.000 volumes . Tout a été détruit mais les auteurs ne sont pas d'accord sur les causes. Pour les uns la bibliothèque fut détruite au moment des combats entre César et les Egyptiens, pour d'autres par les Chrétiens et enfin pour la troisième version en l'an 642 de notre ère lors de l'invasion musulmane de l'Egypte, au temps du calife Omar.
Ptolémée III (-246/-221) s'empara d'une partie de l'Asie occidentale (qui passa une fois de plus sous le contrôle de l
'Egypte)

A la mort de Cléopâtre VII le 12 août -30, l'Egypte fut annexée par Rome (voir la fiche N°121 http://jean.delisle.over-blog.com/cléopâtre-et-agrippine-n-121). Ce fut la fin de l'Egypte pharaonique.

Récapitulation des capitales :

*Bouto royaume du Nord et This royaume du sud

*-2800 : Memphis

*-2220 : Héliopolis

*-2060 : Thèbes

*-1990 : Licht

*-1785 : Avaris (Tanis)

*-1580 : Thèbes

*-1392 : Ahket-Aton (Amarna)

*-1354 : Thèbes

*-1070 : Tanis

*-730 : Saïs

*-715 : Thèbes

*-689 : Tanis

*-331 : Alexandrie

Nota : les dates sont reconstituées et peuvent varier de quelques années d'un auteur à l'autre. Malgré un peu d'imprécision elles permettent de situer les événements dans le temps.

3-JUGEMENT : Pour beaucoup d'auteurs, l'histoire de l'Occident commence en Grèce avec les guerres médiques.

Il me semble plutôt que l'Occident commence en Egypte et se poursuit à travers le monde grec, puis le romain, le byzantin et le judéo-chrétien.

Non seulement parce qu'il y a beaucoup de similitudes entre religions chrétiennes et religion pharaonique mais parce que les Egyptiens de l'antiquité ont été en relation avec presque tous les peuples antiques : Hyksos, Hittites, Assyriens, Babyloniens, Hébreux, Perses, Romains, Grecs.... avec des périodes d'occupation de l'Egypte par différents de ces peuples mais aussi occupation du Proche-Orient par les Egyptiens à de nombreuses reprises.

La Bible nous apprend (Exode IX-12) que les Hébreux restèrent 430 ans en Egypte. Quand on ajoute les 3 siècles de dynastie grecque en Egypte, les presque 7 siècles d'occupation romaine puis byzantine, on a forcément de nombreuses convergences et influences.

Au temps de l'Egypte pharaonique et même sous l'occupation romaine, l'Egypte conserva ses croyances, son écriture (le dernier texte hiéroglyphique gravé et retrouvé date de l'an 394 de notre ère soit 4 siècles après le début de l'annexion romaine), son architecture … et même influença souvent ses occupants. On trouve, par exemple, des cultes à Isis un peu partout dans le monde romain.

Cléopâtre est un beau symbole d'une certaine continuité du monde antique : dernière pharaonne d'Egypte, descendante de Grecs, compagne de Romains (César puis Antoine).

On doit à l'Egypte antique des monuments colossaux, le premier calendrier, le zodiac, les premières notions de calcul, de géométrie, d'astrologie, de médecine, les notions d'éternité, de bien et de mal...

L'examen des momies permet également de juger l'évolution de l'espèce humaine. C'est ainsi que dans un livre consacré aux momies édité en mars 1976, l'auteur (Leca) écrit : « Les recherches du département de chimie de l'Université du Michigan (Etats-unis) montrèrent que l'os d'un homme de notre époque contient trente fois plus de plomb que celui d'un ancien Egyptien »

Si cela n'amène pas à conclure que notre civilisation à du plomb dans l'aile, on peut dire qu'au minimum elle a du plomb dans l'os.

Si malgré tous les envahisseurs, l'Egypte avait maintenu ses traditions durant 4 millénaires environ, tout disparut (croyances, écriture, architecture etc) avec l'invasion musulmane autour des années 640 de notre ère. Tout un symbole, à méditer !

J.D. 22 juillet 2014

La récapitulation thématique des notes de ce blog ainsi que la récapitulation des illustrations se trouvent sur la fiche N°76http://jean.delisle.over-blog.com/article-blog-liste-des-articles-111165313.html

carte Egypte antique

carte Egypte antique

couronne des pharaons

couronne des pharaons

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