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26 novembre 2014 3 26 /11 /novembre /2014 19:59

Yolande d'Aragon naquit le 11 août 1381 à Saragosse. Son père Jean fut roi d'Aragon de 1387 à 1396 sous le nom de Jean 1er. Sa mère Yolande de Bar était la petite-fille du roi de France Jean le Bon par sa mère Marie de France.

1-Le royaume d'Aragon :

En Espagne un royaume d'Aragon vit le jour en 1035 avec Saragosse comme ville principale. Ce royaume succéda à un comté d'Aragon créé au début du neuvième siècle. Une vingtaine de rois d'Aragon succédèrent à une douzaine de comtes. Les comtes et les rois d'Aragon, comme beaucoup d'autres d'ailleurs, cherchèrent à étendre leur territoire. Ils annexèrent Barcelone etc. Durant le même temps en Espagne, un autre royaume, celui de Castille s'étendait également. Compte tenu des mœurs humaines habituelles, on pouvait s'attendre à une guerre entre Aragon et Castille.

Le dernier roi fut Ferdinand (1452/1516) qui fut roi d'Aragon de 1479 à 1516. Le 14 octobre 1469 il avait épousé Isabelle qui sera reine de Castille à partir de 1474. Ferdinand et Isabelle gouvernèrent ensemble. Ils eurent 5 enfants dont une fille (Jeanne) sera la mère de Charles Quint .

Ce mariage consacrant l'union des royaumes de Castille et d'Aragon permit l'unité de l'Espagne, (qui en peu de temps fut à son apogée : sous Charles Quint), l'expulsion d'Espagne des musulmans (prise de Grenade dernier bastion musulman en Espagne, le 2 janvier 1492), le financement des expéditions de Christophe Colomb etc.

En négatif, il faut noter la réorganisation de l'Inquisition en 1481 (En Espagne, l'Inquisition ne sera officiellement abolie qu'en 1834), l'expulsion des Juifs d'Espagne... Mais si j'étais Espagnol il me semble que je considérerais que sous Ferdinand et Isabelle le positif pour l'Espagne l'emporta sur le négatif.

2-la dynastie d'Anjou : Le roi de France Louis IX (Saint Louis) avait un frère nommé Charles (1226/1285) qui épousa en 1246 Béatrix de Provence (fille de Raymond Bérenger et de Béatrice de Savoie, voir fiche N°5 http://jean.delisle.over-blog.com/article-beatrice-de-savoie-55880926.html).

Charles récupéra la Provence et le titre de Comte de Provence. A l'occasion de son mariage, le roi de France lui décerna le titre de comte d'Anjou et du Maine. Ainsi naquit la dynastie d'Anjou. Ce Charles s'empara de Naples et de la Sicile. Il sera sacré « roi des 2 Siciles » le 6 janvier 1266 à Latran par le pape Clément IV. En 1248 il avait accompagné son frère à la septième croisade. En 1250, il fut fait prisonnier à Mansourah en Egypte, et fut libéré un mois plus tard contre une forte rançon. Il participa toujours avec son frère à la huitième croisade, en 1270, où Saint Louis trouva la mort. Charles fit proclamer roi de France son neveu Philippe, fils de Saint Louis et de Marguerite de Provence (Philippe III dit Philippe le Hardi). Il sera officiellement sacré à Reims le 15 août 1271. Ce Philippe le Hardi avait épousé Isabelle d'Aragon en 1262.

3-Yolande d'Aragon :

Le 2 décembre 1400, elle épousa Louis II d'Anjou (petit fils de Jean Le Bon roi de France et de Bonne de Luxembourg) en la cathédrale Saint Trophime d'Arles. Ce Louis II avait été couronné roi de Sicile à Avignon le 1er novembre 1389 en présence du roi de France Charles VI.

Avec Louis, Yolande eut 6 enfants dont une fille (Marie) qui épousa le roi de France Charles VII et fut la mère de Louis XI.

Yolande fut donc l'arrière petite fille de Jean le Bon roi de France (par sa mère), la petite fille par alliance de Jean le Bon, la belle mère de Charles VII et la grand mère de Louis XI.

En 1413, Louis II d'Anjou avait fait alliance avec la France contre l'Angleterre alliée avec les Bourguignons (on était en plein dans la guerre de 100 ans)

Louis II d'Anjou mourut le 29 avril 1417. Yolande récupéra tous les titres et assuma le pouvoir. Parmi ses titres, elle fut reine de Sicile, d'Aragon, de Chypre et de Jérusalem.

Yolande eut une grande influence sur son gendre (Charles VII roi de France), qu'elle soutint. Elle apporta également son soutien à Jeanne d'Arc dont elle semble avoir financé l'armement. Elle fut une maîtresse femme. Son petit fils (Louis XI) dira d'elle qu'elle « a un cœur d'homme dans un corps de femme »

Elle mourut à Saumur le 14 novembre 1442 et fut inhumée en la cathédrale Saint Maurice d'Angers.

A la fin des années 1380, la Maison de Savoie parvint à récupérer Nice (voir Nice sur la note N°56 http://jean.delisle.over-blog.com/article-savoie-et-maison-de-savoie-99226231.html)

Au nom du comté de Provence, Yolande d'Aragon revendiqua également Nice. Il y eut plusieurs années de palabres, de discussions etc entre Yolande et Amédée VIII, comte de Savoie devenu duc le 19 février 1416 (titre donné par Sigismond empereur germanique). Par traité qu'elle ratifia le 26 octobre 1419, Yolande renonça à Nice au profit de la Savoie. Le conflit fut résolu sans guerre : rare...mais pas impossible, la preuve.

J.D. 26 novembre 2014

tableau des liens de Yolande d'Aragon avec la Cour de France

tableau des liens de Yolande d'Aragon avec la Cour de France

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21 novembre 2014 5 21 /11 /novembre /2014 15:08

I- En Belgique :

Marie José naquit le 4 août 1906 à Ostende. Elle est la fille d'Albert 1er (1875/1934) roi des Belges de 1909 à son décès et d'Elisabeth de Bavière (1876/1965) reine des Belges à partir de son mariage à Munich avec Albert le 2 octobre 1900. Cette Elisabeth qui soigna les blessés durant la guerre de 14 fut surnommée « la reine infirmière ». Voir illustration sur note N°171 http://jean.delisle.over-blog.com/2014/04/les-femmes-et-la-guerre-de-14-n-171.html. Elle était la filleule d'Elisabeth d'Autriche dite Sisi.

Pour sa part Marie José se maria le 8 janvier 1930, à Rome, avec Humbert fils de Victor-Emmanuel III roi d'Italie. Avec Humbert elle eut 4 enfants.

II - En Italie :

Marie José vécut à Rome dans un contexte très difficile :

*Victor-Emmanuel III était devenu roi suite à l'assassinat, par un anarchiste, de son père (Humbert 1er décédé à Monza le 29 juillet 1900).

*Suite à la marche sur Rome le 28 octobre 1922, le roi avait fait appel dès le 30 octobre à Benito Mussolini pour former un gouvernement.

*Dans les années 1911/1912, suite à une guerre gagnée contre l'empire ottoman, l'Italie avait commencé à se constituer un empire colonial. Mussolini poursuivit en envahissant l'Ethiopie en 1935 puis l'Albanie en 1939 et faisait décerner à Victor-Emmanuel III le titre d'empereur d'Ethiopie le 9 mai 1936 et de roi d'Albanie le 7 avril 1939. Pour la Maison de Savoie issue d'Humbert modeste Mauriennais au XIe siècle, se retrouver avec un titre d'empereur devait être satisfaisant !

*Puis il y eut tous les accords : Le 1er novembre 1936, à Milan Mussolini annonçait l'alliance avec l'Allemagne. Le 6 novembre 1937, l'Italie adhérait au pacte anti-komintern (ou troisième internationale, voir fiche N°182 http://jean.delisle.over-blog.com/2014/06/la-russie-sovietique-en-1925-n-182.html) signé entre l'Allemagne et le Japon l'année précédente. Le 27 septembre 1940, l'Italie adhèra au pacte tripartite (Allemagne, Japon, Italie que rejoindront ensuite la Hongrie, la Roumanie, la Slovaquie, la Bulgarie et la Yougoslavie).

*Le 1er septembre 1939, l'Allemagne avait envahie la Pologne, puis la Hollande, le Luxembourg et la Belgique le 10 mai 1940, sans déclaration de guerre mais ce n'est pas cela qui pouvait embarrasser Hitler !

*En Belgique c'était le frère de Marie José qui était devenu roi sous le nom de Léopold III depuis le 23 février 1934. Ainsi Marie-José se retrouvait dans un pays d'adoption allié de l'Allemagne qui envahissait son pays natal et alors que son frère était roi.

*Le 10 juin 1940, l'Italie déclarait la guerre à la France. Mussolini espérait profiter de la débâcle française pour récupérer la Corse, Nice et la Savoie, rien de moins !

*D'abord vainqueurs, les pays de l'axe commençaient à subir des défaites après qu'Hitler ait rompu son alliance avec Staline. Après les débarquements des alliés en Sicile, en juillet 43, puis dans le sud de l'Italie en septembre 1943, le roi Victor-Emmanuel III fit arrêter Mussolini ; voir la dernière partie de la fiche N°43 http://jean.delisle.over-blog.com/article-les-republiques-italiennes-75683488.html

*Malgré son revirement, Victor-Emmanuel III dut démissionner le 9 mai 1946 en faveur de son fils.

Humbert devint donc roi d'Italie sous le nom d'Humbert II le 9 mai 1946 et Marie José reine d'Italie.... jusqu'au référendum du 2 juin 1946 qui mit fin, après 24 jours de règne, à la monarchie et instaura la République. Marie José fut surnommée « la Reine de Mai ».

III – En Suisse :

Dès le 6 juin, Marie José et ses enfants partirent pour le Portugal où Humbert les rejoignit le 13 juin. La constitution italienne adoptée après la proclamation de la République, interdit le séjour en Italie des membres de la famille royale.

En août 1947, Marie José vint s'installer à Genève. Elle décéda le 27 janvier 2001 à Thonex près de Genève. Elle fut inhumée à Hautecombe où se trouvait déjà Humbert II décédé le 18 mars 1983 (dans la première chapelle à droite en entrant dans l'église de l'abbaye d'Hautecombe, sur la rive ouest du lac du Bourget)

Il fallut attendre une loi constitutionnelle du 23 octobre 2002 pour que les membres de la famille royale soient autorisés à remettre les pieds en Italie. Certains auteurs pensent que le référendum du 2 juin 1946 fut truqué. Je n'ai pas les éléments pour avoir une opinion sur le sujet mais bientôt 70 ans plus tard, la question n'a plus d'intérêt.

Marie José voyagea beaucoup. Elle écrivit une histoire de la Maison de Savoie en 3 volumes publiés en édition française chez Albin Michel, le tome 1 en juillet 1957, le second en avril 1962 et le dernier en octobre 1962. Elle publia également en édition italienne « Emanuele Filiberto di Savoia » (duc de Savoie de 1553 à 1580)

Les textes de Marie José sont d'une grande érudition.

J.D. 21 novembre 2014

tombeaux d'Humbert II et Marie José à Hautecombe, photo du livre "Abbaye d'hautecombe" publié par la Communauté du Chemin Neuf

tombeaux d'Humbert II et Marie José à Hautecombe, photo du livre "Abbaye d'hautecombe" publié par la Communauté du Chemin Neuf

photos d'Humbert II et Marie José, photos du livre "Abbaye d'Hautecombe publié par la Communauté du Chemin Neuf

photos d'Humbert II et Marie José, photos du livre "Abbaye d'Hautecombe publié par la Communauté du Chemin Neuf

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13 novembre 2014 4 13 /11 /novembre /2014 16:22

Pour rendre l'Histoire compréhensible à Tout un chacun, les historiens ont divisé l'Histoire en « périodes » séparées par de grands événements qui furent considérés comme ayant amené une rupture dans l'Histoire des sociétés humaines. C'est bien sûr conventionnel, mais toutes les disciplines ont leurs conventions. Par exemple, dans le domaine de la physique, dire que l'eau gèle à zéro degré et qu'elle bout à 100 degrés est une convention. Dans l'échelle Fahrenheit, encore utilisée aux Etats-Unis, l'eau gèle à 32 degrés et bout à 212 degrés !.

Les principaux événements qui séparent les périodes de l'Histoire sont : l'apparition de l'écriture, la fin de l'empire romain d'Occident, la chute de l'empire romain d'Orient et la Révolution française.

I) L'antiquité :

L'antiquité est la première période de l'Histoire. Avant, c'est la Préhistoire. La frontière entre les deux étant l'apparition de l'écriture. A noter que certains distinguent préhistoire et protohistoire. La préhistoire commence avec le début de l'aventure humaine et s'arrête dans ce cas à l'apparition du travail des métaux et la protohistoire à l'écriture.

La Préhistoire nous a laissé des peintures et sculptures sur les murs des cavernes, des silex taillés, des ossements, quelques objets mais pas de monuments ni d'écrits : guère de quoi se mettre sous la dent pour écrire l'histoire des humains préhistoriques.

L'écriture n'a pas été inventée partout en même temps : Les plus anciens signes retrouvés et considérés comme de l'écriture l'ont été dans l'actuel Irak (signes cunéiformes des Sumériens) vers 3.300 avant notre ère et en Egypte (hiéroglyphes) vers 3250 avant notre ère (avec une dernière utilisation datée du 24 août 394 de notre ère sur le temple de Philae). On trouve ensuite l'écriture chinoise (vers -3.000) -la plus ancienne écriture encore en vigueur-, l'écriture crétoise vers -2000, l'hébreu vers le treizième avant notre ère, le phénicien au dixième siècle avant notre ère, l'araméen au neuvième avant notre ère, tandis que l'écriture des Mayas ne date que du troisième siècle de notre ère et l'écriture arabe du cinquième siècle de notre ère.

Malgré ces disparités, il y a consensus pour dater l'Antiquité depuis l'an -3.500/-3.000 environ jusqu'à la fin de l'empire romain d'Occident en septembre de l'an 476 (de notre ère), soit sur près de 4 millénaires. Cette période est celle de civilisations prestigieuses (Egypte, Grèce, Crète, Rome, Carthage sans oublier la Chine, et toutes les civilisations du Proche Orient : Assyriens, Sumériens, Babyloniens, Hittites, Phéniciens, Mèdes, Perses, Hébreux, etc). Cette période nous a laissé des monuments fabuleux, la philosophie grecque, les récits homériques, l'organisation et le droit romain, l'invention de la roue ….

II) Le Moyen Âge :

*Le Moyen-Âge succède à l'Antiquité et se termine à la chute de l'empire romain d'Orient en mai 1453. Ou pour faire plus simple, il va du cinquième au quinzième siècle de notre ère, soit sur un millier d'années. L'année 1453 est également la dernière année de la guerre de Cent-Ans qui se termine par la victoire de Castillon (Castillon la bataille en Gironde) sur les Anglais décimés par l'artillerie française. C'était la revanche de Crécy (le 26 août 1346 dans la Somme) ou d'Azincourt (le 25 octobre 1415 dans le Pas-de-Calais) où la chevalerie française avait été laminée par les archers anglais. Il y a d'ailleurs un lien entre la guerre de Cent Ans et la chute de Constantinople : si Anglais et Français au lieu de s'étriper durant un siècle s'étaient préoccupés de ce qui se passait à l'est...

*L'empire romain avait uni un très vaste territoire, sa chute entraîna le morcellement.

Des quantités de pouvoirs locaux virent le jour ce qui entraîna le développement des seigneuries, des seigneurs locaux et la multiplication des châteaux forts pour se défendre. Chacun pensant avoir vocation à agrandir son territoire, de conflits en guerres et en annexions, des Etats-Nations se constituèrent lentement mais sûrement.

Si les grandes invasions avaient entraîné d'importantes perturbations en termes « d'organisation », le monde catholique s'étant beaucoup développé dans les derniers temps romains et les « barbares » se convertissant, le monde chrétien assura la continuité en termes de « civilisation ».

*Le Moyen-Âge est par excellence celui des croyances : le temps des cathédrales, celui de la multiplication et de la diffusion des ordres monastiques (y compris ordres militaires : hospitaliers, chevaliers teutoniques et templiers que le roi de France fera arrêter en 1312, torturer et brûler vifs pour récupérer leur fortune), de la création des Universités, des enluminures, des copistes byzantins, des pèlerinages, la religion pour source d'inspiration de l'art... et ce pour « l'Occident » car dès le début de l'an 610 (de notre calendrier), en Arabie, Mahomet s'auto-proclamait prophète. Il avait épousé Khadija, sa patronne, la femme la plus riche de La Mecque, cela lui donna les moyens d'être prophète. Il passa les 10 dernières années de sa vie (période de Médine) à des conquêtes militaires, ses successeurs continuèrent. Mahomet mourut le 7 juin 632. Un siècle après, les musulmans étaient à Poitiers. Cela entraîna guerres puis croisades...

*Edward Gibbon, historien anglais du XVIIIe siècle explique les succès de Mahomet par le fait qu'il proposa aux Arabes une doctrine conforme à leur tempérament. Il écrit en effet (dans « Histoire du déclin et de la chute de l'empire romain », chapitre 50) :

« Mahomet savait également prêcher et combattre, et la réunion de ces qualités opposées en apparence ajoutait à sa gloire et contribuait à son triomphe. Les divers moyens de la force et de la persuasion, du fanatisme et de la crainte, agissant continuellement les uns sur les autres, firent enfin céder toutes les barrières à leur irrésistible pouvoir. Sa voix appelait les Arabes à la liberté et à la victoire, à la guerre et aux rapines, à la jouissance, en ce monde et dans l'autre, des plaisirs qu'ils chérissaient le plus.... »

*Il y eut non seulement des guerres entre monde chrétien et musulman, mais des guerres dans chaque camp :

*Dans le camp musulman : guerres entre chiites et sunnites, entre monde perse et monde arabe mais aussi guerres dynastiques : Abbassides, Mongols, Seldjoukides, Ottomans...

*et dans le monde chrétien : grand schisme d'Orient, à partir de 1054, qui sépara Rome de Byzance, grand schisme d'Occident qui vit l'élection de plusieurs papes en même temps dans les années 1378/1417, guerres, à partir du milieu du XIIe siècle, entre le Saint Empire romain germanique et la papauté (Guelfes pour le pape et Gibelins pour l'empereur) et avec en prime des divisions entre les guelfes blancs et les noirs... Dès 1232, le pape Grégoire IX avait institué l'Inquisition pour combattre les « hérétiques » , c'est ainsi, par exemple, qu'après la prise du château de Montségur en mars 1244, 200 Cathares furent brûlés vifs !

*Il y eut aussi le massacre des Français en Sicile (lundi de Pâques 1282), des guerres entre les chevaliers teutoniques et la Pologne (en 1410), puis la « Reconquista » en Espagne (terminée par la prise de Grenade en 1492), la guerre entre les cités italiennes, entre les Suisses et les Autrichiens (en 1315), entre les Russes et les Mongols (en 1380) sans oublier la guerre de Cent Ans commencée en 1337 (voir sur mon blog l'article N°109 http://jean.delisle.over-blog.com/la-guerre-de-cent-ans-n-109)

*Comme la guerre de Cent Ans ne suffisait pas, l'assassinat à Paris du duc Louis d'Orléans le 23 novembre 1407 entraîna la guerre entre les Bourguignons et les Armagnacs jusqu'en 1435 : la guerre à l'intérieur de la guerre de Cent Ans. Comme il n'y avait pas assez des Anglais pour tuer les Français il fallait bien leur donner la main !

*A la fin du Moyen-Age, l'évolution climatique entraîna des famines à répétition.
*En prime la peste noire arriva par Marseille en 1347, se répandit dans toute l'Europe en 1348, atteignant même l'Europe du Nord en 1349. Selon les estimations cette épidémie fit périr entre le quart et le tiers de la population de l'Europe. La rapidité et l'importance de l'épidémie désorganisa les productions agricoles, le commerce... mais cela n'arrêta pas la guerre de Cens Ans. Pour empêcher les humains de s'étriper il en faudrait plus que la peste ! Tri
ste constat

*Le flux et le reflux des armées entraînèrent réquisitions, destructions... Les « Grandes compagnies » et les « Routiers » ajoutèrent au carnage des armées.

*Pour financer la guerre, les impôts se multiplièrent !

*Famines, guerres, brigandage, peste, impôts …. la coupe fut trop pleine, les jacqueries et soulèvements se multiplièrent et finirent même par s'unir. Voici ce qu'écrit le poète Eustache Deschamps (né vers 1346) :

« Et tous ensemble s'accordèrent

Et de France et de Picardie

Avec ceux de Normandie

Et de Bourgogne et de Champagne,

D'Anjou, de Poitou, de Bretagne,

Du Chartrain, du Perche, du Maine,

Ceux d'Auvergne et ceux de Gascogne

Et de tout le royaume de France »

Mais les révoltes furent durement matées.

Le même poète commentant la situation écrit :

« Temps de douleur et de tentation

Âge de peur, d'envie et de tourment

Temps de langueur et de damnation

Âge mineur près du définement »

Un peu plus tard, Ronsard écrira les « Discours des misères de ce temps »

Le Moyen-Âge se termina donc dans la douleur. Les scènes de l'enfer de Dante pourraient illustrer la fin du Moyen-Âge. Winston Churchill aurait pu dire « dans le sang, la douleur et les larmes ».

III La Renaissance :

Cette période commence avec la fin du Moyen-Âge et se termine au début du XVIIe siècle. C'est le retour à l'Antiquité, la religion cesse d'être la principale inspiratrice de l'art.

Pour comprendre ce que fut La Renaissance il suffit de citer quelques noms :

Christophe Colomb (découverte de l'Amérique en 1492), Gutenberg (le premier livre imprimé le fut en 1455), Michel Ange, Léonard de Vinci, Raphaël, Le Titien, Tintoret, Véronèse, Botticelli, ou Fontainebleau, Chambord... Les palais avaient remplacé les cathédrales et châteaux-forts.

Mais la Renaissance ce fut aussi l'époque des guerres de religion (Saint Barthélémy le 24 août 1572), la poursuite de l'Inquisition (lutte contre les sorcières à partir de 1484, Torquemada en Espagne à partir de 1485, Savonarole exécuté à Florence en 1542...) des guerres d'Italie, des guerres entre Charles Quint et François 1er, de l'invasion musulmane de l'Europe par l'Est (Vienne est assiégée par Soliman en 1529, bataille de Lépante en 1571...) , des guerres entre l'Espagne et l'Angleterre, entre l'Irlande et l'Angleterre , entre la Russie et la Suède, etc, on se bat même en Amérique !

IV La suite :

Après la Renaissance, les historiens distinguent « l'époque moderne » qui s'étend jusqu'à la Révolution française, puis « l'époque contemporaine » encore en cours... enfin si elle ne l'est plus on ne le sait pas. C'est en effet après coup que les historiens, en analysant l'histoire donnent des noms aux périodes. Les humains de l'Antiquité n'ont jamais su que la période dans laquelle ils vivaient avait pour nom « Antiquité ». Nous avons peut-être changé de période sans le savoir.

J.D. 13 novembre 2014

des diables poussent 2 damnés en enfer, détail de la rose occidentale, photo Mgr Michon évêque de Chartres publiée en septembre 1979

des diables poussent 2 damnés en enfer, détail de la rose occidentale, photo Mgr Michon évêque de Chartres publiée en septembre 1979

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2 novembre 2014 7 02 /11 /novembre /2014 09:17

Le 31 octobre 2014, sur le journal Facebook d'une correspondante italienne était publiée cette pensée :

« In questo momento

di sacrifici, tutti

devono fare delle rinunce.

Il Governo, per esempio

rinuncia ai sacrifici »

traduction : En ce moment de sacrifices, tout le monde doit accepter des renoncements. Le Gouvernement par exemple renonce aux sacrifices

La veille, exactement la veille, c'est-à-dire le 30 octobre 2014, le journal en ligne du Point publiait un article intitulé : « Les rémunérations des conseillers ministériels explosent ».

Mais c'est en France que cela a été révélé, par René Dosière député de l'Aisne depuis 1988, d'abord socialiste puis apparenté socialiste depuis 2007. Spécialiste des questions budgétaires, René Dosière révélait en effet qu'entre 2013 et 2014, les rémunérations des conseillers ministériels (français, pas italiens) avaient augmenté de7,1% et leurs primes de 4,3% soit en moyenne + 6,5% !

En lisant la pensée ci-dessus, en italien, difficile de ne pas faire le rapprochement avec la situation française surtout après la publication, la veille, d'un article sur le même sujet. Quelle coïncidence !

Au lendemain de la première guerre mondiale, les médias avaient qualifié la France et l'Italie de « sœurs latines ».

Je ne vais pas refaire, dans cette note, l'histoire des relations entre la France et l'Italie depuis l'arrivée des Romains. Sur mon blog, l'histoire romaine ainsi que l'histoire de l'Italie sont concernées par une quarantaine de notes ; voir la récapitulation thématique, fiche N°76 http://jean.delisle.over-blog.com/article-blog-liste-des-articles-111165313.html

En complément, ceux qui veulent aller plus loin dans les rapprochements France/Italie peuvent consulter sur Internet les paroles de l'hymne national italien (Fratelli d'Italia). Des esprits chagrins accusent régulièrement notre Marseillaise d'être belliqueuse … mais voir l'hymne de notre sœur latine ! (on peut aussi consulter l'hymne grec!).

J'ai le souvenir qu'au moment des affaires de c.. de Berlusconi, les médias français s'en donnaient à cœur joie. J'ai retrouvé un texte de la presse italienne de 2003 :

« L'opinion qui prévaut ici (en Italie) c'est que quant aux leçons, plus généralement, la France est maintenant très mal placée pour en donner » !

Que dire après les affaires DSK (pas Dodo Sexe Klub de « Dodo la Saumure », mais Dominique Strauss-Kahn), et la rue du Cirque où Hollande se rendait sur un scooter....italien !

Décidément France et Italie sont vraiment des sœurs latines

J.D. 2 novembre 2014

Fratelli D'Italia (Hymne National Italien) (Frères D'Italie)

Fratelli d'Italia
Frères d'Italie,
L'Italia s'è desta,
L'Italie s'est réveillée,
Dell'elmo di Scipio
Dans le casque de Scipion (1)
S'è cinta la testa.
Elle s'est fermé la tête.
Dov'è la Vittoria ?
Où est la victoire ?
Le porga la chioma,
Elle porte une crinière,
Ché schiava di Roma
Esclave de Rome
Iddio la creò.
Les dieux la créèrent.
Stringiamci a coorte
Rassemblons-nous en cohorte (2)
Siam pronti alla morte
Nous sommes prêts à mourir
L'Italia chiamò.
L'Italie nous appelle.

Noi siamo da secoli
Nous sommes depuis des siècles
Calpesti, derisi,
Piétinés, méprisés,
Perché non siam popolo,
Parce que nous ne sommes pas un peuple,
Perché siam divisi.
Parce que nous sommes divisés. (3)
Raccolgaci un'unica
Rallions-nous en un seul
Bandiera, una speme :
Drapeau, une espérance :
Di fonderci insieme
De fusionner tous ensemble
Già l'ora suonò.
Déjà l'heure sonne.
Stringiamci a coorte
Rassemblons-nous en cohorte
Siam pronti alla morte
Nous sommes prêts à mourir
L'Italia chiamò.
L'Italie nous appelle.

Uniamoci, amiamoci,
Unissons-nous, aimons-nous,
L'unione e l'amore
L'union et l'amour
Rivelano ai Popoli
Révèlent aux peuples
Le vie del Signore ;
Les voies du Seigneur ;
Giuriamo far libero
Nous jurons de rendre libre
Il suolo natìo :
Notre sol natal :
Uniti per Dio
Unis par Dieu
Chi vincer ci può ?
Qui pourrait nous vaincre ?
Stringiamci a coorte
Rassemblons-nous en cohorte
Siam pronti alla morte
Nous sommes prêts à mourir
L'Italia chiamò.
L'Italie nous appelle.

Dall'Alpi a Sicilia
Des Alpes à la Sicile
Dovunque è Legnano,
Où que soit Legnano, (4)
Ogn'uom di Ferruccio
Chaque homme de Ferrucci (5)
Ha il core, ha la mano,
A le coeur, a la main,
I bimbi d'Italia
Les enfants d'Italie
Si chiaman Balilla,
S'appellent Balilla (6)
Il suon d'ogni squilla
Le son de toutes les cloches
I Vespri suonò.
Les vêpres sonnent (7)
Stringiamci a coorte
Rassemblons-nous en cohorte
Siam pronti alla morte
Nous sommes prêts à mourir
L'Italia chiamò.
L'Italie nous appelle.

Son giunchi che piegano
Se sont des jonques qui plient
Le spade vendute :
Les épées vendues : (8)
Già l'Aquila d'Austria
Déjà l'Aigle d'Autriche
Le penne ha perdute.
A perdu ses plumes.
Il sangue d'Italia,
Le sang d'Italie,
Il sangue Polacco,
Le sang polonais, (9)
Bevé, col cosacco,
Il a bu, avec le cosaque, (10)
Ma il cor le bruciò.
Mais son coeur lui brûle. (11)
Stringiamci a coorte
Rassemblons-nous en cohorte
Siam pronti alla morte
Nous sommes prêts à mourir
L'Italia chiamò.
L'Italie nous appelle.

(1) Scipion l'Africain : général romain, vainqueur de Zama sur les Carthaginois en 202

(2) cohorte : unité formant le dixième d'une base romaine

(3) en 1848 l'Italie était encore divisée en sept états

(4) Legnano : ville de Lombardie où les Milanais vaincurent Barberousse en 1176

(5) Francesco Ferrucci : capitaine, symbole de Florence en 1530 assiégé par Charles V

(6) Giovanni Battista Perasso dit Balilla : jeune gênois, symbole de la révolte populaire contre la cohalition austro-piémontaise, Gênes, occupé depuis plusieurs mois, fût finalement liberé le 10 Décembre 1746 après cinq jours de lutte

(7) Vêpres siciliennes : massacre des Français de Charles Ier d'Anjou, qui débuta le lundi de Pâques 30 Mars 1282, à l'heure où l'on sonnait les vêpres, la révolte qui fit des milliers de victimes aboutit au couronnement du roi d'Aragon comme roi de Sicile

(8) Epées vendues : troupes mercenaires

(9) la Pologne fût rayée de la carte suite à diverses attaques par les Autrichiens et les Russes au cours du XIXème siècle

(10) cosaque : russe

(11) Il est à noter que ce couplet fût censuré par le gouvernement piémontais alors dominé par l'Autriche

Il est à noter, par ailleurs, que ce texte écrit par Goffredo Mameli et mis en musique par Michele Novaro, est, depuis le 12 Octobre 1946, l'hymne national de la République italienne

le roi Victor-Emmanuel III récompense des soldats français qui le 31 décembre 1917 ont repris aux Autrichiens le Mont Tomba (situé sur la rive droite du Piave à une trentaine de kms au nord-ouest de Trevise

le roi Victor-Emmanuel III récompense des soldats français qui le 31 décembre 1917 ont repris aux Autrichiens le Mont Tomba (situé sur la rive droite du Piave à une trentaine de kms au nord-ouest de Trevise

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31 octobre 2014 5 31 /10 /octobre /2014 09:34

Chaque mois les médias nous fournissent les chiffres du chômage, mais le plus important est ailleurs. Pour que les citoyens comprennent la situation il faudrait qu'ils diffusent l'évolution du rapport entre le nombre d'actifs (qui cotisent) et le nombre d'inactifs, chômeurs, retraités... (qui ont droit à des prestations).

Explication :

La France connaît un important problème de déséquilibre démographique. Notre pays comptait 42 millions d'habitants en 1910 et seulement 40,5 millions en 1946. Entre les deux il y avait eu les 2 guerres mondiales et la baisse de la natalité.

Puis il y eut « les 30 glorieuses », le « baby-boom ». Notre pays était revenu à 42 millions d'habitants en 1950 et à 51 millions en 1970 soit 9 millions en plus en 20 ans. Il y eut jusqu'à 850.000 naissances par an avec un taux de natalité de 20,9 pour 1000 habitants entre 1946 et 1950.

Puis la natalité à commencer à baisser à partir de 1965 mais surtout à compter de 1972. Depuis le début des années 90 on est tombé à moins de 750.000 naissances annuelles et un taux de natalité de 12,7 pour 1000 habitants soit presque la moitié moins par rapport à la période d'après guerre.

Conséquences :

La génération du baby-boom d'après guerre arrive en retraite depuis 2005 et cela encore pour une vingtaine d'années. Alors que la génération qui parvient sur le marché du travail est celle de classes plus creuses. Cela aurait dû permettre une baisse du chômage et ce n'est pas le cas. Parce que l'économie française est devenue globalement moins compétitive que beaucoup d'autres et à l'heure de la mondialisation, on en subit les effets de plein fouet.

La conséquence est qu'en France le nombre d'inactifs s'accroît vite et en a encore pour pas mal d'années à augmenter alors que le nombre d'actifs stagne ou régresse. Les plus de 65 ans représentaient 11,4 % de la population française en 1950, 16% en l'an 2000 et on prévoit 23% pour 2030 et 26% pour 2050. Le résultat qui n'est pas diffusé est que le rapport actifs/inactifs se dégrade et n'a pas fini de se dégrader.

Cette situation était connue depuis longtemps mais le propre des politiques est de gérer le court terme. Qui ne se souvient des « éléphants » du parti socialiste qui étaient tous en tête des manifestations contre la retraite à 62 ans il y a peu d'années alors que tous les autres pays d'Europe étaient déjà à 65 ans minimum !

Sur l'imprévoyance des politiques, on peut citer un extraordinaire exemple :

l'exemple des cheminots :

A la SNCF, par suite d'une diminution importante des effectifs ces dernières décennies et d'un âge de départ à la retraite avantageux, il s'est trouvé plus de retraités que d'actifs parmi les cheminots. Comment payer ces retraites ? Et ce bien sûr d'autant que les cheminots ont la capacité de bloquer l'économie nationale !

En même temps s'est trouvée une caisse de retraite avec des excédents : la CNRACL (Caisse de retraite des agents des Collectivités locales), parce que par suite de la régionalisation, de la décentralisation, du développement de la coopération intercommunale ... les effectifs augmentaient vite et avec des recrutements relativement jeunes.

Alors nos gros futés de responsables politiques (d'un bord comme d'un autre) n'ont rien trouvé de mieux depuis une trentaine d'années que de puiser dans la caisse CNRACL pour alimenter la caisse des cheminots.

Laquelle CNRACL a augmenté ses taux de cotisations et les collectivités territoriales de voter des impôts supplémentaires. Tous les citoyens qui paient de la taxe d'habitation, du foncier etc ne se doutent pas qu'une partie de leurs impôts alimente la caisse de retraite des cheminots. Mais que se passera-t-il quand les gros bataillons des agents des collectivités locales arriveront à la retraite ?

Tout cela pour attirer l'attention sur le problème du déséquilibre actifs/inactifs qui conditionne en grande partie la compétitivité du pays.

J.D. 31 octobre 2014

Ajout du 1er novembre 2014 : Je serais curieux de voir, si cette statistique existait, le nombre réel d'heures de travail effectuées en France chaque année, rapporté à la population, et ce dans le cadre de comparaisons internationales. Parce qu'entre l'âge moyen d'entrée sur le marché du travail, l'âge moyen de départ en retraite, les 35 heures, l'absentéisme (pour maladies, accidents, maternité, ou temps passé en prison...) les congés payés, les congés de formation, les congés sabbatiques, parentaux, pour événements familiaux, les jours fériés... les heures de délégations syndicales (délégués syndicaux, délégués du personnel, comités d'entreprises, comités d'hygiène et de sécurité, sans oublier les détachements complets pour s'occuper des syndicats comme c'est le cas à l'éducation nationale ou à la SNCF...), les périodes de chômage....

En 1965, un économiste connu à l'époque (Jean Fourastié 1907/1990) avait publié : « Les 40.000 heures ». Il pensait que les progrès de la productivité se poursuivant, en moyenne, au cours d'une vie professionnelle on ne travaillerait plus que 40.000 heures.

Je ne suis pas certain que tous les actifs de ce pays parviennent à travailler seulement 40.000 heures. Ce serait bien si tous les autres pays étaient à la même enseigne !

caricature publiée sur le journal en ligne de Riposte Laïque (16 janvier 2017)

caricature publiée sur le journal en ligne de Riposte Laïque (16 janvier 2017)

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27 octobre 2014 1 27 /10 /octobre /2014 17:14

La Caroline du Nord est l'un des 50 Etats des Etats-Unis d'Amérique. Elle rejoignit l'Union le 21 novembre 1789 ce qui en fit (à l'époque) le douzième Etat Uni.

*GEOGRAPHIE :

*La Caroline du Nord est située sur la côte Est des Etats-Unis. Elle est bordée au Nord par la Virginie (Virginia) à l'Est par l'Océan Atlantique, au Sud par la Caroline du Sud (South Carolina) et la Géorgie (Georgia) et à l'Ouest par le Tennessee dont elle est séparée par la montagne des Appalaches dont le point culminant (Mount Mitchell est à 2037 mètres).

*Elle est située entre 34 et 36 degrés de latitude ce qui la met à la hauteur du Maroc.

*D'Est en Ouest, dans sa plus grande dimension, la Caroline du Nord s'étend sur 770 kms et possède 484 kms de côtes sur l'Atantique non compris les côtes des nombreuses îles, à l'Est de la Caroline, qui forment un chapelet appelé « Outer Banks ». Ces îles sont reliées entre-elles et avec le continent soit par des ponts soit par navires. Il y a encore un autre chapelet d'îles tout à fait au sud de la Caroline du Nord.

*Ma fille (Claire) et son mari (Vincent) vivent en Caroline du Nord depuis 16 ans. M'y rendant chaque année pour des séjours entre 3 et 6 semaines depuis 15 ans, j'ai eu l'occasion de remarquer que toutes ces îles sont presque à raz des flots. Les nombreuses habitations sont construites sur pilotis. Le rez de chaussée inoccupé sert de parking et les voitures sont évacuées avec leurs propriétaires sur le continent en cas de tempêtes. Les eaux envahissent mais n'occasionnent pas de dégâts. Quand on voit les reportages en France sur les inondations de plus en plus à répétition, qui font souvent beaucoup de dégâts, je me demande pourquoi dans ces zones inondables ne pas avoir adopté la technique de construction sur pilotis ?

*Au total, la Caroline du Nord couvre une superficie de 139.509 kms2 soit environ l'équivalent du quart de la France.

*La Caroline du Nord possède 59.000 kms cumulés de cours d'eau et 1500 lacs de 10 acres ou plus (environ 5 hectares)

HISTOIRE :

Le peuplement de la Caroline du Nord remonte à plus de 12.000 ans.
La découverte de la région fut faite par des Européens (Espagnols) en 1512. En 1562 une colonie française qui s'était installée en Caroline du Sud fut massacrée par les Espagnols en 1565. Ce n'est vraiment qu'à partir de 1663 que les Anglais peuplèrent la région. Une immigration écossaise se développa à partir de 1730. La Caroline du Nord prit part à la guerre d'indépendance contre les Anglais (1775/1783), puis à la guerre de Sécession (que les Américains appellent « guerre civile »), de 1861 à 1865, au côté des Sudistes. Dans de nombreuses communes de Caroline du Nord il existe encore des monuments à la gloire des sudistes où des musées comme le musée d'Histoire de Ra
leigh.

POPULATION, DIVISIONS ADMINISTRATIVES ET ORGANISATION POLITIQUE:

*La Caroline du Nord compte 9.848.060 habitants (chiffre de 2013) répartis en 100 comtés ou en 9 villes majeures (dont Raleigh la capitale) et plus de 500 petites villes.

*Dans le nom des comtés on en trouve que 5 « francophones » : Martin, Beaufort, Gaston, Macon et Granville.

*On trouve un comté « Scotland » et un « Montgomery » liés à l'immigration écossaise. Chaque année à Laurinburg (comté Scotland) se déroulent d'ailleurs des fêtes écossaises (voir illustration sur note N°82).

*Il y a également un comté nommé Dare en référence à Virginia Dare (voir note N°59)

*A Washington , la Caroline du Nord a 13 délégués à la Chambre des Représentants et 2 au Sénat (voir note N°135)

*Localement la Caroline du Nord a un parlement composé de 120 membres pour la Chambre des Représentants et 50 pour le Sénat avec un gouverneur élu par la population comme les juges...

ECONOMIE :

De tradition, la Caroline du Nord était une terre agricole principalement pour le coton, le tabac et le maïs. Dans le reste des Etats-Unis, les habitants de la Caroline du Nord étaient d'ailleurs appelés « redneck » (traduction littérale : cou rouge, c'est-à-dire « paysan» employé dans un sens péjoratif). Et avec les industries de transformation qui ont subi les effets de la mondialisation.

De la façon dont je perçois les choses, la Caroline du Nord a eu la chance d'être en récession avant les autres c'est-à-dire lorsque l'ensemble de l'Amérique était encore en expansion. L'Etat fédéral a accordé des aides fiscales pour inciter des implantations en Caroline du Nord. En outre 3 villes (Raleigh, Durham et Chapel Hill) se sont associées pour créer un « triangle de recherches » dans lequel se sont implantées de grandes sociétés (IBM, Nortel, American Air Lines, Cisco etc). Pendant que d'autres se spécialisaient dans l'accueil de congrès (Charlotte) les activités sportives (golf, équitation...) Pinehurst etc

La Caroline du Nord possède 2 aéroports internationaux (Raleigh et Charlotte) et une vingtaine d'universités.

Le résultat du dynamisme local est que la Caroline du Nord a gagné 2 millions d'habitants entre 2000 et 2013.

L'actuel gouverneur de Caroline du Nord a autorisé les compagnies pétrolières a prospecter et à exploiter le gaz de schiste. Un comité local s'est constitué pour s'opposer à cette exploitation au nom de la défense des nappes phréatiques de l'atmosphère etc. Une manifestation a eu lieu à Durham (à Central Park) le samedi 11 octobre 2014. Il devait y avoir 150 personnes sur les 10 millions d'habitants de la Caroline !

SYMBOLES :

Chaque Etat aux Etats-Unis possède un drapeau, une devise, un oiseau symbole et une fleur symbole.

Le drapeau : Le drapeau de la Caroline du Nord comprend 3 parties : Une bande verticale bleue sur le tiers gauche du drapeau avec en haut « May 20th 1775 » (le 20 mai 1775 est le jour de la déclaration d'intention d'indépendance en Caroline du Nord), en bas : « April 12th 1776 » (le 12 avril 1776 fut adoptée une résolution permettant aux délégués de la Caroline du Nord de voter l'indépendance au congrès continental). Entre les deux dates les lettres N et C (North Carolina) encadrant une étoile blanche à 5 pointes. Le drapeau est complété à droite par 2 bandes horizontales : rouge en haut et blanche en bas.

La devise : Officiellement la devise est : « Esse quam videri » (être plutôt que paraître) mais cette devise primitive n'est pas utilisée, on voit partout, y compris sur toutes les plaques d'immatriculation des voitures : « First in Flight » (premier en vol) en référence à l'exploit des frères Wright (Wilbur né en 1867 et Orville né en 1871) qui, le 17 décembre 1903 effectuèrent le premier vol motorisé en Caroline du Nord à Kitty Hawk où un monument rappelle leur exploit.

Ce premier vol motorisé dans l'espace dura 12 secondes. Moins de 66 ans plus tard, la main de l'homme mettait le pied sur la lune (le 21 juillet 1969)!

L'oiseau: L'oiseau symbole de la Caroline du Nord est le cardinal : un oiseau rouge qui est également le symbole de 6 autres Etats des Etats-Unis (Virginia, Kentucky, Ohio, Indiana, Illinois et West-Virginia)

La fleur : la fleur de la Caroline du Nord s'appelle « Dogwood » (fleur de cornouiller). Ce symbole n'est partagée que par la Virginie.

J.D. 27 octobre 2014

références :

article N°59: http://jean.delisle.over-blog.com/article-virginia-dare-walter-raleigh-elisabeth-tudor-et-la-virginie-10263331

article N°82 : http://jean.delisle.over-blog.com/article-les-deux-diane-114214150.html

article N°135 : http://jean.delisle.over-blog.com/la-constitution-américaine-n-135.html

les frères Wright, photo publiée dans le mensuel "Our State" de septembre 2014 et carte Caroline du Nord
les frères Wright, photo publiée dans le mensuel "Our State" de septembre 2014 et carte Caroline du Nord

les frères Wright, photo publiée dans le mensuel "Our State" de septembre 2014 et carte Caroline du Nord

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26 octobre 2014 7 26 /10 /octobre /2014 19:27

Ces deux personnages de l'antiquité, quoique n'ayant pas vécu à la même époque, ont au moins un point commun : selon les légendes, ils sont morts exilés en Gaule, dans le territoire des Allobroges.

LUCIUS OPIMIUS Consul :

Ce Romain est le fils de Quintus Opimius qui fut consul en -154.

Lucius Opimius fut lui-même préteur en -125 puis consul en -121.

Il prit une part active dans la lutte contre les Gracques (Tiberius Sempronius Gracchus et son frère Caius Sempronius Gracchus). Les 2 frères avaient fait voter en -133 une loi agraire (Rogatio Sempronia) pour une redistribution des terres agricoles afin de prendre aux plus riches pour donner aux plus pauvres. Ils s'étaient attirés la haine des riches parmi lesquels beaucoup de sénateurs. En outre Caius voulait faire reconstruire Carthage qui avait été complètement démolie après la troisième et dernière guerre punique.

Mis en accusation les frères Gracchus mobilisèrent leurs partisans. Opimius devenu consul en -121 se chargea de la répression. Les 2 frères et 3.000 de leurs partisans furent tués.

Lucius Opimius fut lui-même mis en accusation en -120, mais acquitté parce qu'il avait reçu du Sénat l'ordre de rétablir l'ordre. Voir « C. Gracchus » de Plutarque (historien grec à cheval sur le premier et le second siècle de notre ère, auteur de nombreuses biographies).

Le temple de la Concorde, élevé à Rome au dessous du Capitole, ayant été détruit à l'occasion des combats contre Caius Gracchus et ses partisans, Opimius fit reconstruire ce temple qui avait été élevé en -367 pour sceller l'entente entre Patriciens et Plébéiens

Opimius fut à nouveau mis en accusation en -109 pour s'être laissé corrompre par Jugurtha roi de Numidie (ancien Etat situé sur le territoire de l'actuelle Tunisie). Voir Salluste (historien latin du premier siècle avant notre ère) dans « Guerre de Jugurtha » chapitre XVI.

Opimius fut condamné à l'exil. Historiquement on ne sait ensuite plus rien de lui.

Cependant, J.B. Cabias en 1623 (dans « Les Merveilles des bains d'Aix en Savoie »), Samuel Guichenon en 1660 (dans « Histoire généalogique de la Royale Maison de Savoie ») et Albanis Beaumont en 1802 (dans « Description des Alpes Grecques et Cottiennes ») disent tous 3 qu'un tombeau portant le nom d'Opimius et la mention « Consul » fut retrouvé sur le territoire de la ville d'Aix-les-Bains dans la zone de Lafin qui avait été le premier site d'implantation des Romains dans la région du lac du Bourget en rappelant que c'est en -121 que les Romains fit la conquête de l'Allobrogie.

Albanis Beaumont fournit même le dessin de ce tombeau.

Alors les auteurs ont-ils eu beaucoup d'imagination ou Opimius exilé vint-il dans une des nouvelles terres conquises par les Romains ?

PONCE PILATE :

Ponce Pilate (Pontius Pilatus) est surtout connu par le récit des évangélistes. Il en est question dans l'évangile de Saint Mathieu en 27, de saint Marc en 15, de saint Luc en 23 et de Saint Jean en 18/19.

Rappel très succinct des faits selon l'évangile de Jean en 11 :

« A la vue de ce qu'il avait fait (il s'agit de Jésus), beaucoup de Juifs venus auprès de Marie, crurent en lui. Toutefois quelques-uns d'entre eux allèrent trouver les Pharisiens et leur racontèrent ce qu'avait fait Jésus. Grands prêtres et Pharisiens réunirent alors un conseil : Que faisons-nous ? Dirent-ils ; cet homme accomplit beaucoup de signes. Si nous le laissons faire, tous croiront en lui et les Romains viendront et détruiront notre Lieu saint (le temple de Jérusalem) et notre nation. L'un d'entre eux, Caïphe, qui était le grand prêtre de cette année là leur dit : Vous n'y entendez rien. Vous ne voyez pas qu'il vaut mieux qu'un seul homme meure pour le peuple et que la nation ne périsse pas toute entière. Il ne dit pas cela de lui-même ; mais en qualité de grand prêtre il prophétisa que Jésus devait mourir pour la nation...A dater de ce jour ils furent résolus de le tuer ».

Ils excitèrent la foule, Jésus fut arrêté conduit d'abord devant Caïphe le grand prêtre, mais la Judée était occupée par les Romains et seuls ceux-ci pouvaient prononcer une condamnation à mort. Jésus fut donc envoyé devant Ponce Pilate dont Mathieu nous dit qu'il était « gouverneur ». Il l'était depuis l'an 26. Dans toute la littérature qui s'est ensuite développée Pilate est appelé soit « gouverneur », soit « procurateur ».

En 1961 une inscription fut retrouvée à Césarée (ville située sur la côte au nord de l'actuel Etat d'Israël et qui fut capitale de la province romaine de Judée Samarie. C'est là que résidait Pilate, mais pour la Pâque juive il était venu à Jérusalem et résidait alors dans la citadelle romaine nommée l'Antonia). Sur cette inscription Pilate est qualifiée de « praefectus » c'est-à-dire de Préfet.

Mais qu'il fut préfet, gouverneur ou procurateur, il représentait l'autorité romaine dans cette province. Il était lui même soumis à l'autorité du légat de Syrie qui à l'époque était Lucius Vitellius qui fut 3 fois consul et dont le fils sera empereur d'avril à décembre 69).

Pilate fut convaincu de l'innocence de Jésus mais devant la fureur de la foule, il s'en lava les mains et le condamna. C'est ce que nous disent les textes des Evangiles.

Vers la fin de l'année 36 ou au début de 37, Vitellius renvoya Ponce Pilate à Rome pour rendre compte à Tibère de ses activités. Mais le temps que Pilate arrive à Rome, Tibère, de sinistre mémoire, est mort et remplacé par Caligula d'aussi sinistre mémoire.

Historiquement après l'arrivée de Pilate à Rome, on perd complètement sa trace.
A défaut de savoir ce qu'il est devenu, il existe une légende que l'on retrouve (exactement la même) dans deux lieux différents : d'une part à Lucerne en Suisse et d'autre part à Vienne dans l'actuel département de l'
Isère.

Selon cette légende Ponce Pilate aurait été exilé, pour les uns à Lucerne, pour les autres à Vienne, y aurait exercé une activité quelques années, puis pris de remords (pour la mort de Jésus) se serait suicidé. Toujours selon les mêmes croyances, il aurait donné son nom au Mont Pilatus qui domine Lucerne ainsi qu'au Mont Pilat (dans la Loire) à l'ouest de Vienne.

En ce qui concerne Vienne, entre le treizième et le dix-neuvième siècle, il y a de très nombreux textes, spécialement des récits de voyageurs, qui rapportent cette légende. Les uns présentent le temple d'Auguste et de Livie comme ayant été le prétoire où Ponce Pilate rendait la justice durant son séjour à Vienne et d'autres le monument appelé « l'aiguille »comme étant le tombeau de Pilate. On sait maintenant que cette « aiguille » décorait le terre-plein central du cirque romain de Vienne.

J.D. 26 octobre 2014

dessin du tombeau d'Opimius selon Albanis Beaumont en 1802

dessin du tombeau d'Opimius selon Albanis Beaumont en 1802

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25 octobre 2014 6 25 /10 /octobre /2014 09:49

Le comte de Savoie Amédée VI (le comte Verd) fit deux testaments :

*Le premier daté du 3 janvier 1366 (c'est-à-dire avant d'aller guerroyer en Orient pour libérer son cousin Jean V Paléologue empereur byzantin) nommait Bonne de Bourbon comme Régente des Etats de Savoie et comme tutrice du futur Amédée VII. Bonne de Bourbon, épouse du comte Verd avait de nombreux liens avec la Cour de France (voir la fiche N°194)

*Le second daté du 27 février 1383 de San Stefano près de Campobasso (ville du sud de l'Italie dans la région Molise) accordait à Bonne de Bourbon la gouvernance des Etats de Savoie à vie. Amédée VI n'hésita pas à confier des missions militaires à son fils mais pour l'administration et la diplomatie, il indiquait nettement qu'il faisait plus confiance à son épouse qui avait d'ailleurs de grandes qualités d'administratrice.

C'est 2 jours plus tard (le 1er mars) que Amédée VI quittait la vie emporté par la peste. Son fils Amédée VII (le comte Rouge) avait 23 ans.

Un conseil de régence se réunit à Chambéry et approuva le testament du comte Verd et un accord pour une cogestion fut conclut entre Bonne de Bourbon et son fils le 18 juillet 1383.

Ensuite, à la mort du comte Rouge le 1er novembre 1391, il y eut un conflit entre Bonne de Bourbon, mère du défunt et grand-mère du successeur (le futur Amédée VIII) qui avait 8 ans et Bonne de Berry, épouse du défunt et mère du successeur. C'est-à-dire un conflit entre la belle-mère et sa belle-fille. Le comte Rouge pour sa part avait fait juste avant sa mort un testament confiant la Régence à sa mère et non à sa femme.

BONNE de BERRY : Naquit en 1365. Elle est la fille de Jean de France duc de Berry et de Jeanne d'Armagnac. Elle avait épousé Amédée VII (le comte Rouge) le 18 janvier 1377.

Jean de France duc de Berry était un des fils de Jean le Bon roi de France, il était par conséquent le frère de Charles V roi de France, l'oncle de Charles VI roi de France... Jean le Bon (grand-père de Bonne de Berry) s'était marié avec Bonne de Luxembourg sœur de Charles IV empereur germanique. On voit que Bonne de Berry avait grandement autant de relations, spécialement avec la Cour de France, que Bonne de Bourbon. Il y avait d'ailleurs des liens familiaux communs ainsi par exemple : -Charles V roi de France était l'oncle de Bonne de Berry et le beau-frère de Bonne de Bourbon.

-Jeanne de Bourbon était la sœur de Bonne de Bourbon et la tante de Bonne de Berry.

-Charles VI roi de France était le cousin de Bonne de Berry (par son père) et le neveu de Bonne de Bourbon (par sa mère)

-De même, Bonne de Berry était la descendante au cinquième degré de Philippe le Hardi roi de France tandis que Bonne de Bourbon en descendait au troisième degré....

Le conflit n'était pas seulement un conflit belle-mère/belle-fille : trop classique. Il y avait derrière les intérêts du duc de Bourbon d'une part et ceux du duc de Berry frère du roi de France et du duc de Bourgogne d'autre part. Et on était encore en plein dans la guerre de Cent Ans, ce qui se passait en Savoie n'intéressait pas que les Savoyards.

C'est dans ce contexte qu'il faut replacer les rumeurs d'empoisonnement qui circulèrent dès la mort du comte Rouge (voir note N°196), l'arrestation et la torture du médecin (Jean de Grandville qui avait soigné le comte et qui avait été recruté par Bonne de Bourbon), par le clan du duc de Berry et « naturellement » les accusations furent portées par le torturé contre Bonne de Bourbon et un de ses proches, ainsi que l'exécution sauvage de l'apothicaire (Pierre de Lompnès)! Faute d'oser s'en prendre directement à Bonne de Bourbon, on s'en prit à son entourage et on répandit généreusement les aveux extorqués sous la torture. Ce genre de pratiques n'était pas nouveau et ne l'est toujours pas !

Aujourd'hui, il est admis que la blessure du comte Rouge se referma trop rapidement et qu'il mourut du tétanos. Jean de Grandville ne fut pas exécuté tout de suite après ses « aveux ». Où se réfugia-t-il ? Facile à deviner : chez le duc de Bourbon (au château de Montbrison où il ne survécut pas longtemps).

Chacune des deux Bonne avait ses partisans, on aurait pu en venir aux armes mais des « Etats généraux » furent réunis à Chambéry et le 27 avril 1393 ils donnèrent la Régence à Bonne de Bourbon et obtinrent le 8 mai de la même année, sous la pression du roi de France, un traité de réconciliation entre les deux Bonne. Il faut dire que ces Etats généraux étaient composés de locaux et que Bonne de Bourbon, Régente depuis le premier testament du comte Verd en 1366, tenait ses gens en main.

Mais dépitée de voir sa belle-mère triompher, Bonne de Berry s'exila et se remaria en décembre 1393. Elle était enceinte au moment de la mort du comte Rouge ; elle accoucha d'une petite Jeanne le 26 juillet 1392 soit, à quelques jours près, 9 mois après la mort du comte Rouge.

Bonne de Bourbon avait triomphé, mais le camp adverse était trop fort, le triomphe fut de courte durée. Le 2 novembre 1393, le duc de Bourgogne (frère du duc de Berry et du roi de France) émancipa le futur Amédée VIII (il avait 10 ans), et déclara la Régence terminée. Bonne de Bourbon s'exila à Macon où elle mourut le 19 janvier 1403.

Ainsi, la querelle des Bonne ne fut pas une bonne querelle car les deux à peu d'intervalle durent renoncer au pouvoir.

Au lieu de se combattre elles auraient mieux fait de s'entendre comme des sœurs, au moins on aurait pu les appeler (au choix) : les Bonne sœurs ou les sœurs Bonne (trop tentant!)

J.D. 25 octobre 2014

références :

fiche N°194 : http://jean.delisle.over-blog.com/2014/09/les-regentes-de-la-maison-de-savoie-n-194.html

fiche N°196 : http://jean.delisle.over-blog.com/la-mort-cu-comte-rouge-n-196.html

Le comte Verd, portrait publié en 1827 par Jean Frezet dans "Histoire de la Maison de Savoie"

Le comte Verd, portrait publié en 1827 par Jean Frezet dans "Histoire de la Maison de Savoie"

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23 octobre 2014 4 23 /10 /octobre /2014 17:56

En 1365, Charles IV empereur germanique passa en Savoie, en route vers Avignon où il allait pour se faire couronner « roi d'Arles » par le pape Urbain V. Le couronnement eut lieu le 4 juin 1365 dans l'église Saint Trophyme d'Arles.

LE ROYAUME D'ARLES :

Au début du cinquième siècle de notre ère, les Romains avaient laissé les Burgondes (originaires de l'Europe de l'est) s'installer dans une partie de la Gaule (région de la Savoie principalement) pour s'en faire des alliés contre les Huns (c'était les autres contre les Huns en précisant que la bataille des « champs catalauniques » où Attila fut vaincu par Aetius n'est pas située dans l'Ain mais dans l'autre c'est à dire près de Troyes dans l'Aube, ce qui n'en fait pas pour autant la guerre de Troie).

A partir de là s'étendit rapidement un royaume des Burgondes sur une grande partie du sud-est de la France mais pour relativement peu de temps car les Burgondes furent vaincus par les Francs au cours de plusieurs batailles entre 523 et 534.

Les Carolingiens firent l'unité de la France et même au-delà puisque le célèbre Charlemagne avait fixé sa capitale à Aix-la-Chapelle (Aachen pour les Allemands).

L'unité fut aussi brève puisque les petits-fils de Charlemagne se partagèrent son empire au traité de Verdun en 843. Toute la région sud-est se retrouva dans la « Lotharingie » en région tampon entre la « Francie occidentale » (future région francophone) et la « Francie orientale » (future région germanophone)

De rivalités en batailles et en divisions naquirent d'abord une Bourgogne transjurane et une Bourgogne cisjurane ou de Provence puis un royaume d'Arles en l'an 933 qui correspondait grosso-modo à l'ancienne Gaule narbonnaise.

La Savoie après avoir été allobroge, romaine, burgonde, franque, bourguignogne, s'était retrouvée dans le royaume d'Arles.

Se succédèrent comme rois d'Arles : Rodolphe II de 933 à 937, Conrad le Pacifique de 937 à 993 et Rodolphe III dit le Fainéant qui mourut le 6 septembre 1032. Sans descendant, en 1026, il avait institué Conrad II empereur germanique comme son héritier. Ce Conrad avait été confirmé roi d'Arles, le 2 février 1033 à Payerne (commune suisse du canton de Vaud) par une assemblée de notables et couronné roi d'Arles le 1er août 1034 à Genève par une assemblée d'évêques.

De son côté la France avait récupéré l'ancienne Bourgogne « transjurane » et voulait s'étendre. C'est pour se prémunir contre les visées d'extensions françaises que Conrad II Empereur germanique et roi d'Arles donna, en 1034, un titre de comte au Mauriennais Humbert et que commença l'histoire de la dynastie de la Maison de Savoie.

Amédée VI, le comte Verd avait obtenu, par décision du 17 mai 1361, de l'empereur Charles IV que la Savoie soit directement rattachée à l'autorité de l'empire et non plus par l'intermédiaire de ce royaume d'Arles.

C'est ainsi que la Savoie se retrouva directement vassale du Saint Empire romain germanique et le resta jusqu'à ce que les ducs de Savoie reçoivent un titre de roi suite aux traités d'Utrecht en 1713.

CHARLES IV A CHAMBERY :

A l'annonce de la venue de l'Empereur, le comte Verd s'était porté au devant de Charles IV, l'avait rejoint à Morat (en Suisse dans le canton de Fribourg) et l'avait accompagné par Payerne, Lausanne, Genève, Rumilly, jusqu'à Chambéry pour y faire une entrée triomphale le 11 mai 1365.

Le 13 mai 1365 eut lieu sur la place du château une cérémonie mémorable durant laquelle l'empereur, entouré des « princes-électeurs » (voir liste sur fiche N°167) investit le comte Verd d'un titre de « vicaire impérial » ce qui donnait à Amédée VII autorité sur de nombreux évêques dont ceux de Genève, Lausanne, Sion, Grenoble, Lyon, Turin etc

Il en coûta 100.000 écus d'or à Amédée VI ! Charles IV vendait titres et fonctions. Joseph Henri Costa de Beauregard écrit en 1816 (dans « mémoires historiques sur la Maison royale de Savoie ») que Charles IV avait « acheté en gros son empire pour le revendre en détail ».

La cérémonie fut suivie d'un grand banquet, puis le comte Verd accompagna l'empereur jusqu'en Avignon par Grenoble, Saint Marcellin, Valence … Ils arrivèrent en Avignon le 22 mai 1365.

Le 2 juin, d'Avignon, l'empereur autorisait la fondation à Genève d'une Université sous la protection des comtes de Savoie.

Cette décision associée au Vicariat livrait de fait Genève à la Maison de Savoie. Les souverains de Savoie successifs étendirent leur domination sur la Suisse sur un territoire qui correspond grosso-modo à la Suisse francophone d'aujourd'hui mais sans Genève

Les grandes manœuvres diplomatiques autant que militaires permirent à la Savoie de s'auto-proclamer un moment protectrice de Genève. Mais les Savoyards ne purent aller plus loin et leurs tentatives pour s'emparer de Genève se terminèrent par la lamentable (pour les Savoyards) nuit de l'escalade en décembre 1602, événement que les Suisses, légitimement, sont fiers de fêter régulièrement. Sur cette nuit de l'escalade, voir "Genève" sur la note N°56. Selon plusieurs sources, si les souverains savoyards avaient annexé Genève ils en auraient probablement fait leur capitale et quand on voit les investissements prestigieux qu'ils firent à Turin, les Genevois ont peut-être fait le mauvais choix mais on ne réécrit pas l'histoire ! Et en définitive ce sont les Genevois qui en 1816 ont récupéré 24 communes savoyardes qui font depuis partie du canton de Genève (voir liste sur note N° 142).

LA SUITE :

Les évêques concernés furieux de se retrouver sous la coupe du comte de Savoie multiplièrent les démarches tant auprès du Pape que de l'Empereur. Leurs démarches furent suivies d'effet puisque le 13 septembre 1366 Charles IV révoquait le vicariat impérial qu'il avait donné au comte Verd. Dans la foulée, l'université de Genève ne fut pas fondée tout au moins pas par la Savoie ni à la même époque puisque c'est Calvin en définitive qui fonda l'Université de Genève en 1559.

Nota : au quatorzième siècle on écrivait « verd » et non « vert » d'où sont restés : verdure, verdâtre, verdoyant, reverdir...Le surnom de Verd ayant été donné au comte Amédée VI et étant devenu son nom, il me parait qu'il y a lieu de lui conserver son orthographe d'origine. Il semble que je sois le seul de cet avis, mais comme le dit Victor Hugo : « s'il n'en reste qu'un... ». Personne ne m'en fera procès, encore que, par les temps qui courent, on se retrouve vite sur le mur des cons du syndicat de la magistrature !

J.D. 23 octobre 2014

références note N°56 : http://jean.delisle.over-blog.com/article-savoie-et-maison-de-savoie-99226231.html

références : note N°142 : http://jean.delisle.over-blog.com/2013/12/geneve-et-la-savoie-n-142.html

note N°167 : http://jean.delisle.over-blog.com/2014/12/marguerite-d-autriche-duchesse-de-savoie-n-167.html

Tour des Archives château des ducs, photo J.D. prise de la tour mi-ronde le 21 septembre 2014

Tour des Archives château des ducs, photo J.D. prise de la tour mi-ronde le 21 septembre 2014

Château des Ducs à Chambéry, tour mi-ronde depuis le portail Saint Dominique, photo J.D. 28 novembre 2014

Château des Ducs à Chambéry, tour mi-ronde depuis le portail Saint Dominique, photo J.D. 28 novembre 2014

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22 octobre 2014 3 22 /10 /octobre /2014 16:34

*Amédée VII est né le 24 février 1360 à Chambéry. Il est le fils d'Amédée VI (le comte Verd) et de Bonne de Bourbon (voir fiche N°194 consacrée aux Régentes).
Il fut marié le 18 janvier 1377 à Paris dans l'hôtel Saint-Pol avec Bonne de Berry fille du duc Jean de Berry, fils de Jean le Bon roi de France et frère du roi de France Charles V . Mais Bonne de Berry n'avait que 10 ans au moment du mariage et ce n'est qu'en mars 1381 qu'elle vint rejoindre son époux en Savoie d'abord au château de Pont d'A
in.

*Lorsque Amédée VI s'absentait, il confiait la Régence du comté à son épouse Bonne de Bourbon et la direction des armées savoyardes à son fils dès que cela fut possible.

*Amédée VII fit ses premières armes en 1378 contre le sire de Beaujeu en Maconnais

*A l'automne 1382, Charles VI, le nouveau roi de France, fit appel à l'aide de la Savoie contre les Anglais qui avaient effectué un nouveau débarquement à Dunkerque (on était en plein dans la guerre de Cent Ans). C'est Amédée VII à la tête de « sept cents lances » qui rejoignit les troupes françaises à Arras. Au moment du départ, Amédée VII apprit la mort de son père et c'est vêtu de noir qu'il arriva dans le nord de la France où les dames le surnommèrent : « le comte noir ».

*Les Savoyards et Amédée VII se battirent comme des lions aux côtés des Français et les Anglais, cette fois là, durent rembarquer. Admiratif devant le courage d'Amédée, le roi de France (Charles VI) déclara que le rouge, couleur du feu, irait mieux que le noir à Amédée qui s'habilla en rouge et fut surnommé « le comte Rouge ».

*Amédée VII fit aussi la guerre en Suisse contre les Valaisans qui s'étaient révoltés suite à la nomination d'un évêque issu de la Maison de Savoie en remplacement d'un autre évêque qui avait été défenestré. En juillet 1384 la ville de Sion fut prise par les troupes savoyardes, pillée et incendiée. En 1388 ce furent les troupes savoyardes commandées par Rodolphe de Gruyère qui furent massacrées par les Valaisans. Il fallut 3 années au comte Rouge pour reprendre complètement le Valais. Toujours en 1388, le comte Rouge avait annexé Nice et sa région à la Maison de Savoie. C'est le 28 septembre 1388 qu'Amédée avait fait une entrée triomphale à Nice. C'est en 1526 que cette acquisition de la Maison de Savoie prit le nom de « comté de Nice »

*Avec Bonne de Berry, Amédée VII eut 3 enfants : Amédée né le 4 septembre 1483, futur Amédée VIII, ainsi que 2 filles (Bonne et Jeanne). Avec une maîtresse originaire de Bourg-en-Bresse (Françoise Arnaud), Amédée eut également 2 enfants : Humbert dit Humbert le Bâtard et une fille (Jeanne)

LA MORT DU COMTE ROUGE :

En octobre 1391, la Cour de Savoie était à Ripaille. Entre le 9 et le 11 octobre Amédée VII qui chassait dans les forêts de la région de Thonon eut un grave accident. Son cheval heurta une racine et se renversa sur Amédée qui subit une blessure au tibia droit.

Amédée fut soigné par un médecin nommé Jean de Grandville qui avait été recruté à la Cour de Savoie par Bonne de Bourbon mère d'Amédée VII. Les remèdes appliqués par Grandville et préparés par l'apothicaire (pharmacien) Pierre de Lompnes furent sans effet et Amédée VII décéda dans la nuit du 1 au 2 novembre 1391. Le comte Rouge fut inhumé à Hautecombe.

Très vite le bruit se répandit et la nouvelle ne fit qu'enfler qu'il avait été empoisonné.

Le médecin, Jean de Grandville, fut mis à la torture et sous l'effet des traitements avoua tout ce que les tortionnaires voulaient lui faire avouer. Il accusa Bonne de Bourbon et Othon III de Grandson seigneur d'Aubonne (en Suisse dans le canton de Vaud).

Quant à l'apothicaire voilà le traitement qui lui fut réservé. J'en prends le récit dans le livre consacré à Amédée VI et Amédée VII publié en 1957 chez Albin Michel et

œuvre de Marie-José (fille du roi des Belges Albert 1er et dernière reine d'Italie en 1946, décédée en 2001 elle fut inhumée à Hautecombe où elle rejoignit son mari Humbert II dernier roi d'Italie).

Voici ce récit :

« Au mois de juillet 1393, Pierre de Lompnes fut décapité, puis écartelé sur la place de Chambéry, devant les représentants des communes vaudoises, et entouré de soldats qui faisaient grand vacarme avec leurs armes pour couvrir la voix dudit Pierre. Son corps fut coupé en morceaux, salés et mis dans des barils, puis envoyés dans les villes de Moudon, d'Avigliana, et d'Ivrée, en Piémont. La tête fut transportée à Bourg-en-Bresse, et attachée, tournée de face, à une des portes de la ville. Vision terrifiante et injuste châtiment ».

Alors que le 3 avril 1395, à Bourg-en-Bresse, le pauvre Pierre de Lompnes était reconnu innocent !

Quant à Othon de Grandson qui avait été accusé sous la torture par le médecin Grandville, il s'était d'abord enfui en Angleterre. Il rentra en France en 1396 (il avait 60 ans) et fut alors provoqué en duel par l'un de ses ennemis (Gérard d'Estavayer). Le duel eut lieu à Bourg-en-Bresse le 7 août 1397 et Othon de Grandson fut tué.

Sympa les mœurs du Moyen-Age !

Bien sûr si l'on compare avec les guerres, massacres, attentats et génocides de toutes sortes du XXe siècle, il n'y a pas photo ! Et si l'on se tourne au temps de Néron, d'Attila et de beaucoup d'autres ce n'est pas mieux.
Triste cons
tat

J.D. 22 octobre 2014

Le comte Rouge, illustration de Samuel Guichenon en 1660 dans "Histoire généalogique de la Royale Maison de Savoie"

Le comte Rouge, illustration de Samuel Guichenon en 1660 dans "Histoire généalogique de la Royale Maison de Savoie"

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