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31 mars 2017 5 31 /03 /mars /2017 18:20

 

Au vingtième siècle, pour des raisons touristiques, des routes à thème se sont développées un peu partout et pas seulement des routes du vin.

Dans la région, nous avons, de fait, une route Jean-Jacques Rousseau, une route franco-suisse. Par ordre chronologique, elle part de Genève, passe en France (à l'époque de Rousseau dans le duché de Savoie) d'abord à Annecy, puis à Chambéry et repasse en Suisse à Môtiers puis sur l'île Saint Pierre.

 

*Jean-Jacques Rousseau et Genève :

Il naquit à Genève le 28 juin 1712 dans la Grand-Rue au numéro 40. Il quitta Genève le 14 mars 1728 pour le duché de Savoie. Il reviendra à Genève au début des années 1750 jusqu'en 1755.

Aujourd'hui, il y a :

-dans le Rhône, à la sortie du lac une île « Jean-Jacques Rousseau » avec une statue de Rousseau inaugurée en 1835, rénovée en 2012 pour le tricentenaire de la naissance de Rousseau, à cette occasion, la statue qui regardait vers le lac fut tournée et regarde maintenant vers la ville.

-une rue « Jean-Jacques Rousseau » proche

-et dans le quartier Saint Jean, un rond-point « Jean-Jacques » qui communique avec une rue « de Warens » et tout autour : la rue du « contrat social », la rue « des Confessions », le sentier « du promeneur solitaire », l'avenue « du devin du village », la rue « du vicaire savoyard » (titre du quatrième livre de « Emile ou de l'Education ») , une rue « de la Nouvelle Eloïse », ainsi qu'une rue « d'Ermenonville » (nom de la ville dans l'Oise où mourut Rousseau le 2 juillet 1778).

-un collège Rousseau

 

*Jean-Jacques Rousseau et Annecy :

Le quartier où Rousseau rencontra pour la première fois la baronne de Warens (en 1728) a été complètement transformé. Il y a aujourd'hui un square « Jean-Jacques Rousseau » mitoyen du quai « Madame de Warens » et dans le square un buste de Jean-Jacques.

 

*Jean-Jacques Rousseau et Chambéry :

Après un séjour en Italie, c'est en septembre 1731 que Jean-Jacques Rousseau vint retrouver Madame de Warens à Chambéry et partagea la baronne avec un autre amant jusqu'en 1734. Ils résidèrent au centre de Chambéry puis aux « Charmettes » l'été en 1736/1737. Puis la baronne ayant pris un nouvel amant Jean-Jacques partagea à nouveau un temps puis s'en éloigna . Il fit des séjours à Lyon puis à Paris où il rencontra les « encyclopédistes ». il participa à la rédaction de l'Encyclopédie mais ne tarda pas à se fâcher avec Voltaire et devinrent ennemis. A partir de 1755, Rousseau résida à Montmorency dans un pavillon (appelé « l'Hermitage ») mit à sa disposition par madame d'Epinay. C'est là qu'en 1762 Rousseau publia « le contrat social » et « Emile ou de l'Education ». Le parlement fit interdire ces ouvrages et voulut emprisonner Rousseau qui se réfugia en Suisse.

Chambéry honore Rousseau avec une statue (voir note N° 363), la maison « Jean-Jacques Rousseau » aux Charmettes, une rue Jean-Jacques Rousseau et son nom donné à divers établissements (médiathèque Jean-Jacques Rousseau, résidence étudiante ...)

 

*Jean-Jacques Rousseau et Môtiers :

Môtiers était une commune suisse du canton de Neuchâtel qui a fusionné à compter du 1er janvier 2009 avec 7 autres communes pour donner une nouvelle entité dénommée « Val-de-Travers ».

Après avoir quitté de Warens, Rousseau vivait avec une lingère nommée Thérèse Levasseur, qu'il épousa finalement le 30 août 1762. Rousseau lui avait fait 5 enfants qu'il abandonna en décembre 1764, aux « Enfants Trouvés », ce qu'on appelle aujourd'hui « l'assistance publique ». C'est Voltaire qui rendit cette information publique. Suite à une querelle de Rousseau avec le pasteur du village, les villageois lapidèrent le 6 septembre 1765, la maison qu'occupait Rousseau. Il quitta la ville avec sa femme et se réfugia sur l'île Saint Pierre. Il y a aujourd'hui à Môtiers un musée Jean-Jacques Rousseau.

 

Jean-Jacques Rousseau et l'île Saint Pierre :

Cette île se trouve en Suisse sur le lac de Bienne qui dépend du canton de Berne. Suite à une baisse du niveau des eaux en 1878, l'île est devenue une presqu'île mais a conservé son nom d'île. Rousseau y resta moins d'un an car le Sénat de Berne l'obligea à déguerpir. La maison qu'il habita est néanmoins transformée en musée.

 

Conclusion :

A la fin de sa vie Rousseau eut l'impression d'être persécuté, après la Suisse, il passa un an à Londres puis vint à Paris etc En mai 1778, Monsieur de Girardin, un admirateur, mit à sa disposition le château d'Ermenonville (dans l'Oise) où Rousseau décéda le 2 juillet 1778.

Rousseau et la de Warens ont donné leur nom à des rues, des collèges, des musées ; ont leur statue un peu partout… on ne peut cependant pas dire qu'ils furent des modèles de vertu ! Enfin chacun en pense ce qu'il en veut.

Les idées diffusées par Rousseau dans ses écrits sur la souveraineté du peuple etc participèrent probablement au développement des idées révolutionnaires. Alors tous ceux qui mettent la Révolution de 1789 sur un piédestal y mettent aussi Rousseau.

J.D. 31 mars 2017

 

 

Rousseau à Genève, photo Ville de Genève

Rousseau à Genève, photo Ville de Genève

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30 mars 2017 4 30 /03 /mars /2017 16:07

La Sasson N°364

 

*La Sasson est le nom donné à une statue qui se trouve à Chambéry place de la Libération. Elle représente une Savoyarde pressant contre elle un drapeau français.

Œuvre du sculpteur Alexandre Falguière, le monument fut inauguré le 4 septembre 1892 pour le centenaire de la première annexion de la Savoie à la France.

*L'inauguration se fit en présence de Sadi Carnot Président de la République et du maire de Chambéry (Antoine Perrier)

Sadi Carnot né à Limoges le 11 août 1837 avait été élu Président de la République le 3 décembre 1887. Il fut assassiné à Lyon par un anarchiste le 24 juin 1894 et mourut au petit matin du 25 juin. Il fut inhumé au Panthéon.

*La statue en bronze mesure 4 mètres de haut jusqu'au sommet de la tête ou 5 mètres de haut jusqu'au sommet de la hampe du drapeau. Le socle initialement en pierre de Curienne (commune savoyarde du canton de St Alban Leysse) mesurait 2,60 mètres de haut. L'actuel socle fait moins de deux mètres de hauteur.

*La statue fut démontée en 1942 et emmenée en Allemagne, probablement pour récupérer le métal. Elle fut retrouvée après la guerre mais sans tête, qui est peut-être encore quelque part en Allemagne ?

*Une nouvelle tête a été sculptée par un artiste grenoblois nommé Serge Bloch et la statue restaurée inaugurée le 1er juin 1982.

*Une carte postale d'avant 1942 permet de voir que le socle initial portait sur sa face avant la croix de Savoie et que la statue était protégée par des grilles.

*Aujourd'hui, à la place où était la Croix de Savoie, se trouve une inscription dont manquent plusieurs lettres ce qui dénote un manque d'intérêt pour l'entretien du patrimoine local.

 

Illustrations : on trouvera en illustration : une carte postale montrant la statue initiale, et 2 photos du 25 mars 2017 de la statue et de son inscription

 

Sur ce blog on trouvera d'autres illustrations concernant Chambéry :

-le château des Ducs de Savoie : notes N°15, 56, 114, 197

-la salle de la Grenette : N°15

-diverses inscriptions : N°84, 160, 236

-Jeanne d'Arc : N°109, 295

-le général de Boigne : 210

-les frères de Maistre : 362

-Jean-Jacques Rousseau et Madame de Warens : 363

 

J.D. 30 mars 2017

La Sasson N°364
La Sasson N°364
La Sasson N°364
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27 mars 2017 1 27 /03 /mars /2017 15:26

 

*Louise Éléonore de la Tour du Pil naquit le 31 mars 1699 à Vevey sur la rive nord du lac Léman dans le canton de Vaud.

Elle épousa en 1713 Sébastien Isaac de Loys seigneur de Warens. Elle devint alors Madame la baronne de Warens.

*Elle commença par mener une vie aisée. Mais l'ennui venant, malgré la création d'une manufacture de bas de soie, elle s'enfuit du toit marital le 14 juillet 1726 et passa dans le duché de Savoie dont les souverains étaient devenus « rois de Sardaigne » en 1720. Elle n'eut pour cela qu'à traverser le lac. Ayant un grand sens pratique des choses elle emmena avec elle argenterie et objets précieux à la grande fureur du seigneur de Warens !

*A ce moment là, Victor-Amédée II duc de Savoie et roi de Sardaigne était à Evian. Elle parvint à être reçue par le roi puis par l'évêque d'Annecy à qui elle raconta, à l'un comme à l'autre, qu'elle était protestante mais qu'elle voulait se convertir au catholicisme. Dans le contexte de l'époque, pour attirer attention et sympathie sur elle, il était difficile de trouver mieux.

*L'évêque d'Annecy la pensionna pour participer à la conversion de protestants, tandis que Victor-Amédée II la pensionna lui aussi mais pour des missions d'espionnage. Une Mata Hari avant l'heure !

Elle s'installa d'abord à Annecy, un quai « madame de Warens » le rappelle.

Là, le 14 mars 1728 (le jour des Rameaux) elle reçut un jeune homme de moins de 16 ans, nommé Jean-Jacques Rousseau envoyé par le curé de Confignon nommé Pontverre.

*Confignon était une commune du duché de Savoie qui fit partie en 1816 des communes cédées à la Suisse et qui se retrouvèrent dans le canton de Genève.

*Jean-Jacques Rousseau naquit à Genève le 28 juin 1712. Un de ses ancêtres nommé Didier Rousseau, originaire de Monthléry près d’Étampes, devenu protestant, avait fui la France en 1549 et s'était installé à Genève à cause des persécutions contre les protestants. Isaac Rousseau père de Jean-Jacques fut horloger à Genève et sa mère (Suzanne Bernard, elle-même fille d'horloger) mourut le 7 juillet 1712, Jean-Jacques avait 9 jours.

*Élevé en partie par un oncle, il fut placé en apprentissage chez un maître graveur en avril 1725. Ce maître étant très dur, Jean-Jacques s'enfuit, lui aussi en passant en Savoie. Il rencontra le curé de Confignon qui l'envoya aux fins de conversion à la baronne de Warens.

*A Annecy un square « Jean-Jacques Rousseau » mitoyen du « quai madame de Warens » rappelle cette première rencontre, une rue Jean-Jacques Rousseau est également proche.

*Madame de Warrens envoya d'abord le jeune Rousseau à Turin pour s'instruire dans la religion catholique. Il y arriva le 12 avril 1728 et se trouva baptisé catholique dès le 23 avril. Il vécut quelque temps à Turin puis retourna en Savoie retrouver la baronne de Warens. Entre-temps, celle-ci avait quitté Annecy pour Chambéry et logeait dans une des allées (ou traboule) qui communique avec la place Saint Léger. Une inscription sur l'immeuble en indique le lieu.

* Après avoir pris le jeune Rousseau sous son aile, elle le mit dans son lit. Mais elle avait déjà trouvé un amant nommé Claude Anet. Avoir 2 amants en même temps ne semble pas lui avoir posé problème et ce d'autant que le Claude Anet eut la bonne idée de mourir assez vite (le 13 avril 1734), laissant la place ou plus exactement la baronne à Jean-Jacques.

*Dès 1736, ils passèrent l'été sur une hauteur de Chambéry « aux Charmettes » qui prit au vingtième siècle, aussi le nom de « maison Jean-Jacques Rousseau ». Il y connut là les plus belles années de sa vie dont il fait état dans les « Confessions » livres V et VI ainsi que dans la dernière des « rêveries d'un promeneur solitaire ».

*à l'occasion d'une absence de Jean-Jacques Rousseau, la baronne prit un nouvel amant, un jeune perruquier nommé Jean-Samuel Wintzenried. Au retour de Jean-Jacques, il fallut à nouveau faire ménage à trois ! Mais les relations entre Jean-Jacques et sa bienfaitrice, éducatrice et amante s'espacèrent puis cessèrent. Jean-Jacques Rousseau passa encore du temps aux Charmettes mais seul en 1737, 1738 et 1742.

*Jean-Jacques Rousseau mourut le 2 juillet 1778 à Ermenonville dans l'Oise. D'abord inhumé dans cette commune, il fut transféré au Panthéon en 1794.

*La baronne de Warens se lança dans différentes entreprises. Elle mourut le 29 juillet 1762 à Chambéry faubourg Nézin, une inscription figure sur la façade de l'immeuble (au N°64) où elle rendit le dernier soupir. Elle fut inhumée dès le lendemain dans le cimetière de Lémenc. Ce cimetière mitoyen de l’église du même nom fut en partie démoli dans les années 1950 pour la construction d'un parking, mais pas du côté où se trouve madame de Warrens. Une inscription l'indique également sur le cimetière.

*La maison des Charmettes fut classée aux Monuments Historiques le 10 mars 1905. La même année la municipalité de Chambéry achetait cette villa pour en faire un musée consacré à Jean-Jacques Rousseau. Le premier conservateur en fut un sculpteur nommé Mars Valett qui par ailleurs réalisa en 1910, la statue de Jean-Jacques Rousseau qui se trouve boulevard de Lémenc à Chambéry, statue fort proche à vol d'oiseau de la tombe de madame de Warens.

Illustrations :

on trouvera en illustrations 3 inscriptions chambériennes consacrées à Madame de Warens et la statue de Jean-Jacques Rousseau Bd de Lémenc à Chambéry.

J.D. 27 mars 2017

Jean-jacques Rousseau et 3 inscriptions consacrées à Madame de Warens, photos J.D. mars 2017
Jean-jacques Rousseau et 3 inscriptions consacrées à Madame de Warens, photos J.D. mars 2017
Jean-jacques Rousseau et 3 inscriptions consacrées à Madame de Warens, photos J.D. mars 2017
Jean-jacques Rousseau et 3 inscriptions consacrées à Madame de Warens, photos J.D. mars 2017

Jean-jacques Rousseau et 3 inscriptions consacrées à Madame de Warens, photos J.D. mars 2017

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24 mars 2017 5 24 /03 /mars /2017 20:12

Les Frères de Maistre N°362

 

note dédiée à mon frère Guy né à Chartres le 8 septembre 1936, décédé à Saint-Nazaire le 11 mars 2017.

 

*C'est à l'initiative de l'Académie de Savoie que fut inauguré le 20 août 1899 un monument dédié aux frères de Maistre, au pied du château des Ducs de Savoie à Chambéry (côté place du Château). De leur piédestal, les frères peuvent voir en enfilade au bout de la rue De Boigne, le monument consacré à ce général.

*Ce monument en bronze est l’œuvre d'Ernest Dubois. A l'origine, il comportait trois personnages : les 2 frères et à leurs pieds, une femme symbolisant la Savoie. Démontée durant la guerre (probablement en même temps que la Sasson c'est-à-dire en 1942), la statue des frères fut retrouvée dans un entrepôt lyonnais à la Libération mais pas la femme. Les frères furent réinstallés le 14 septembre 1952.

*Joseph et Xavier de Maistre membres d'une fratrie de 15 enfants dont 10 survécurent (à la mortalité infantile de l'époque) naquirent à l'hôtel de Salins place de Lans à Chambéry, Joseph le 1er avril 1753 et Xavier le 8 novembre 1763.

*La place de Lans est l'actuelle place de l'Hôtel de Ville après avoir été entre-temps dénommée « place aux Herbes ». Quant à l'hôtel de Salins, il fit partie des immeubles détruits lors du bombardement du 26 mai 1944. Une plaque indique son emplacement sur l'un des immeubles reconstruits après guerre.

*Joseph fut baptisé en l'église Saint Léger sur la place du même nom et son frère dans la Sainte Chapelle du château, la chapelle Saint Léger ayant été démolie en 1760.

*Leur père, François Xavier de Maistre fut président du Sénat de Savoie, leur mère (Marie-Christine de Motz) mourut en 1773, Xavier avait 10 ans son frère 20. Joseph s'occupa de Xavier.

*Dans la fratrie, Marie-Christine de Maistre épousa le 18 octobre 1778 Pierre Louis Marie de Vignet. Ils eurent 2 enfants : Louis qui fut un ami constant d'Alphonse de Lamartine et François-Xavier né à Chambéry le 3 avril 1780 et qui épousa Hélène Césarine de Lamartine sœur d'Alphonse. Il y eut donc des liens entre les deux familles.

 

Joseph de Maistre : Il commença une carrière de magistrat dès 1774, se maria le 17 septembre 1786 avec Françoise Marguerite de Morand avec qui il eut 3 enfants et devint sénateur en 1788 au Sénat de Savoie qui dépendait alors du royaume de Sardaigne (dont la capitale était à Turin).

D'abord favorable aux idées de la Révolution française, il en devint un farouche adversaire devant la multiplication des atrocités commises par les Révolutionnaires.

*Contre la Révolution, il écrivit : « lettres d'un royaliste savoisien à ses compatriotes » en 1794 et « lettre de Jean-Claude Têtu, maire de Montagnole à ses concitoyens » en 1795.

*Suite à l'invasion successive de la Savoie puis de l'Italie par les Révolutionnaires il erra avec sa famille à Turin, Aoste, Lausanne (jusqu'en 1797) puis Venise et Cagliari en Sardaigne où le roi l'envoya à Saint-Pétersbourg avec un titre de Ministre plénipotentiaire (doté des pleins pouvoirs pour représenter son roi). Il y resta 14 années avant de revenir à Turin où il mourut le 26 février 1821 et fut inhumé en l'église des saints Martyrs de Turin.

*Le 6 mai 1784, il avait participé, ainsi que son frère, à un vol en Montgolfière au départ du parc de Buisson Rond à Chambéry avec arrivée 4 kms plus loin sur Challes-les-Eaux

*Franc-maçon dès 1773, il écrivit « Mémoire au duc de Brunswick » en 1782 et « Mémoire sur la Franc Maçonnerie » en 1783.

*Son appartenance à la maçonnerie ne l'empêcha pas d'être un catholique très ardent, défenseur des prérogatives du Vatican.

Comme auteur on peut citer les œuvres suivantes de Joseph de Maistre :

« Considérations sur la France », « essai sur le principe régénérateur des constitutions politiques », « Du pape », « Les soirées de Saint-Pétersbourg », « éclaircissements sur les sacrifices », "de la souveraineté du peuple".

*Tous ses écrits sont en langue française, ce qui fait considérer Joseph De Maistre comme un auteur français même si il n'a eu la nationalité française à aucun moment.

*Ses œuvres complètes ont été éditées en 6 volumes dans les années 1920 par la librairie catholique Emmanuel Vitte.

 

Xavier de Maistre : Il s'engagea dans l'armée (sarde) le 13 juin 1781. Il suivit son régiment à Chambéry, Pignerol, Fenestrelle, Turin. Lors de l'invasion de la Savoie par l'armée française, il la combattit puis s'engagea dans l'armée russe à compter du 4 octobre 1799. Il eut le titre de général en Russie (son frère était en Russie) et participa aux combats contre les armées de Napoléon.

*Outre son activité militaire, Xavier de Maistre fut peintre et écrivain. De nombreuses œuvres comme peintre et spécialement beaucoup de portraits de personnalités russes disparurent lors de l'incendie du palais d'hiver à Saint-Pétersbourg le 17 décembre 1837. Il reste en Savoie quelques paysages au Musée des Beaux-Arts de Chambéry ainsi qu'un tableau attribué à Xavier de Maistre, réalisé à Pise en 1828 et représentant « l'Assomption de la Vierge ». Il se trouve dans l'église de La Bauche (canton des Echelles, fusionné avec Le Pont de Beauvoisin en 2014), église construite entre 1864 et 1870. Le tableau fut donc d'abord dans l'ancienne église de La Bauche.

Comme auteur, citons : « voyage autour de ma chambre » en 1794, « le lépreux de la vallée d'Aoste » en 1811, « la jeune sibérienne » et « les prisonniers du Caucase » en 1825. Il fut donc comme son frère un auteur de langue française.

Xavier de Maistre s'était marié à Saint-Pétersbourg le 19 janvier 1813 avec une princesse russe (Sophie Zagriaski) dont il eut 4 enfants décédés jeunes tous quatre. Décédé à Saint-Pétersbourg le 12 juin 1852, il est inhumé dans un cimetière de cette ville.

 

Illustrations :

on trouvera jointes deux photos sur le monument au pied du château et l'inscription sur le lieu de leur naissance, ainsi qu'une carte postale antérieure à la seconde guerre mondiale, qui montre le monument à son origine

J.D. 24 mars 2017

Les frères de Mestre à Chambéry, photos J.D. 24 mars 2017
Les frères de Mestre à Chambéry, photos J.D. 24 mars 2017
Les frères de Mestre à Chambéry, photos J.D. 24 mars 2017
Les frères de Mestre à Chambéry, photos J.D. 24 mars 2017

Les frères de Mestre à Chambéry, photos J.D. 24 mars 2017

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19 mars 2017 7 19 /03 /mars /2017 11:41

 

*Le fort de Bard (forte di Bard) est situé sur un piton rocheux qui domine la confluence des rivières Ayasse et Dora Baltea ainsi que la vallée d'Aoste dans sa partie sud-est à moins de 5 kms de Pont Saint Martin et à 65 kms de Turin.

*Il fait partie d'un ensemble de fortifications qui jalonnent la vallée d'Aoste pour en assurer la défense et celle du Piémont contre les invasions venant de Suisse par le col du Grand Saint Bernard ou de France par la Tarentaise et le col du Petit Saint Bernard.

*On trouve en effet sur une soixantaine de kms une vingtaine de forts ou châteaux dont d'ouest en est : Sarriod de la Tour, Saint Pierre, Sarre, Aymavilles, Quart, Fenis, Ussel, Montjovet, Verrès, Issogne et Bard.

*Pour sa part, le site de Bard fut occupé à des fins militaires dès l'antiquité.

*C'est le comte de Savoie Amédée IV (1197/1253) qui en fit l'acquisition en 1242 et se chargea de l'agrandir et de le fortifier. Les souverains suivants de la Maison de Savoie (comtes, ducs de Savoie puis rois de Sardaigne) continuèrent l’œuvre de renforcement du site.

*En mai 1800, les 40.000 soldats de Bonaparte envahissant l'Italie par le col du Grand Saint Bernard, en firent le siège et mirent 2 semaines avant d'en obtenir la reddition. Mécontent de ce retard, Bonaparte ordonna la destruction du fort. Parmi les soldats français qui participèrent à la prise du fort, un certain Henry Beyle qui sera connu plus tard sous le nom de « Stendhal » ».

*Ce furent les rois de Sardaigne Charles-Félix (1725/1831) puis Charles-Albert (1798/1849) qui firent reconstruire le fort entre 1830 et 1838, avec une modernisation entre 1878 et 1880 pour l'adapter aux capacités nouvelles de l'artillerie ; et c'est cette construction que l'on voit aujourd'hui.

*Pour la petite histoire, c'est dans ce fort que Camillo Cavour (1810/1861) effectua son service militaire.

*Le fort eut une vocation militaire jusqu'en 1975 avec fonction de poudrière à la fin. Il fut laissé à l'abandon jusqu'à son rachat par la région autonome de la vallée d'Aoste en 1990.

*Les travaux de restauration durèrent plus de 10 ans (coût plus de 45 millions d'euros) afin de donner une vocation touristique à ce fort. Il fut ouvert à la visite en janvier 2006 avec plusieurs musées dont un « musée des Alpes », un « musée des frontières »... Il comprend 29 salles d'exposition en fonds permanent auxquelles s'ajoutent des expositions temporaires et des animations. Ainsi pour 2017, sont prévus : des « journées de la francophonie » les 25 et 26 mars 2017, un stage « photographies naturistes » les 6 et 7 mai 2017 et la quatrième édition de « Napoleonica » les 2 et 3 septembre pour faire revivre l'épopée de Napoléon et son passage à Bard.

*Le fort comprend plusieurs corps de bâtiments dénommés « Charles-Albert », « Ferdinand », « Victor », « Mortiers », le tout représente une surface très importante (14.500 m², avec 283 locaux destinés à 416 soldats en occupation permanente, et le double an cas de conflit, 50 bouches à feu de gros calibre et des provisions et munitions pour 3 mois) et très étagée, voir illustration. Mais que le candidat touriste se rassure, 4 ascenseurs panoramiques permettent de relier les différents niveaux et un funiculaire joint le parking au fort.

*Chaque année depuis 2005, se tient au bourg médiéval de Bard, au pied du fort, un « Marché au fort » ; marché oenogastronomique sur les produits du Val d'Aoste. Les dernières éditions se déroulèrent les 12 octobre 2014, 11 octobre 2015 et 9 octobre 2016.

J.D. 19 mars 2017

fort de Bard, image du net

fort de Bard, image du net

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14 mars 2017 2 14 /03 /mars /2017 17:15

 

 

*Lorsque les Romains firent la conquête de l'Allobrogie, en l'an 121 avant Jésus Christ, le site de Chambéry était encore marécageux. C'était la conséquence de la fonte des glaciers des milliers d'années auparavant et qui avaient laissé un très grand lac, dont il reste le lac du Bourget, voir carte en illustration de la note N°26 http://jean.delisle.over-blog.com/article-aix-antique-1-texte-61922655.html.

Les Romains firent de l'ancien territoire des Allobroges, la cité de Vienne qui fut rattachée à la Narbonnaise.

*On a trouvé des traces de leur présence en Allobrogie, un peu partout et en Savoie à Aix, Albens, Bourdeau, Grésy-sur-Aix, Le Bourget-du-Lac, Le Chatelard, Yenne, Arbin, Montmélian….

*A Chambéry, ils s'installèrent sur la colline de Lémenc (Lemencum), c'est d'ailleurs sur la hauteur qu'ils firent passer la route rejoignant Genève et passant par Lémenc, le col de Saint Saturnin, où les Romains consacrèrent un culte à Saturne (dieu des semailles)….

*La présence romaine dans l'ancien territoire des Allobroges a duré environ 6 siècles. Durant ce long temps, les Romains ont-ils occupé le site de Chambéry ? De nombreux auteurs écrivent que Chambéry s'appelait « Camberiacum » ou « Camberiaco » au temps des Romains. Mais de quand date cette appellation ? A-t-elle été donnée après-coup ou a-t-elle correspondu a une cité fondée ou occupée par les Romains ?

Certains auteurs pensent que oui. Voir par exemple l'article de Bernard Kaminski paru dans la revue « Le Bugey » N°102 de 2015.

*La présence romaine est attestée sur le site de Lemenc, un peu en hauteur et qui est aujourd'hui un quartier de la ville de Chambéry. Mais ailleurs ? On ne trouve pas à Chambéry comme à Aix-les-Bains de traces réellement visibles comme les restes de thermes ou l'arc de Campanus (qui constituait la porte d'entrée des thermes) ou le temple romain dit de Diane à Aix-les-Bains sans oublier tout ce que des fouilles pour travaux ont pu révéler comme lors du creusement en 1989 pour construire le parking « de l'Hôtel de Ville ». Sur Aix les Bains au temps de la Rome Antique voir les fiches N°26 et 119 http://jean.delisle.over-blog.com/aquae-gratianae-n-119

*La mention la plus ancienne de Chambéry (qui s'écrivait alors Chambéri) se trouve sur un acte de donation daté 1057 de la Reine Hermengarde (s'écrit aussi Ermengarde) qui était la veuve du roi de Bourgogne Rodolphe III. Ce roi, décédé le 6 septembre 1032 avait légué son domaine au Saint Empire romain germanique. C'est ainsi que la Savoie se retrouva vassale du Saint Empire de 1032 jusqu'en 1713. C'est un empereur germanique qui donna un titre de comte au Mauriennais Humbert en 1034 et un autre empereur qui donna au comte de Savoie Amédée VIII un titre de duc en 1416.

*C'est le 15 mars 1232 que le comte de Savoie Thomas 1er acheta le bourg de Chambéry sauf le château que son petit-fils Amédée V acheta le 6 février 1295. A partir de ces acquisitions, les comtes de Savoie firent de Chambéry leur capitale et y investirent beaucoup.

*Qu'étaient le château et le bourg de Chambéry avant les comtes de Savoie ? Nous ne le savons guère, comme nous ne savons quasiment rien de l'histoire de Chambéry avant les comtes de Savoie.

*On peut se demander pourquoi les comtes de Savoie ont choisi le site de Chambéry ? C'était un carrefour de voies de communication. Dans ce domaine le site de Montmélian était mieux placé mais peut-être trop proche de l'ennemi dauphinois. La ville de Saint André était plus importante mais elle fut rayée de la carte par l'écroulement du Mont Granier en 1248 Voir la note N°297 http://jean.delisle.over-blog.com/2016/06/le-mont-granier-n-297.html.

*A partir du moment où la ville devint la capitale de la Maison de Savoie, elle en tira tous les avantages mais aussi tous les inconvénients dont principalement les occupations ou annexions parce que la ville était vassale du Saint Empire et surtout parce que la Savoie se trouvait sur le passage des nombreuses armées qui allèrent guerroyer en Italie.

*C'est ainsi que Chambéry et la Savoie furent annexés par François 1er et occupés de 1536 à 1559, puis par les Espagnols de 1743 à 1749, à nouveau par la France en 1792. Chambéry devint la capitale du département français du Mont-Blanc à compter du 28 novembre 1792, département qui fut divisé à compter du 25 août 1798 pour constituer le département du Léman suite à l'annexion de Genève. Chambéry resta capitale du département du Mont-Blanc mais sans le dit Mont-Blanc qui avait été rattaché au département du Léman.

*La Savoie fut rendue au royaume de Sardaigne en 2 étapes 1814 et 1815 et redevint française à compter du 14 juin 1860 à midi.

*L'ancien duché de Savoie fut alors divisé en 2 départements : la Haute-Savoie et la Savoie dont Chambéry est toujours la capitale ou si l'on préfère le chef-lieu.

Illustration :

on trouvera en illustration une statue qui représente la ville de Chambéry. Elle se trouve sur la façade arrière (rue de Lobau) de l'Hôtel de ville de Paris à la hauteur du second étage.

J.D. 14 mars 2017

Chambéry représentée sur l'hôtel de ville de Paris, photo J.D. 5 mars 2017

Chambéry représentée sur l'hôtel de ville de Paris, photo J.D. 5 mars 2017

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6 mars 2017 1 06 /03 /mars /2017 11:59

 

 

I-L'intervention américaine :

*Sur le contexte de l'intervention américaine voir la fiche N°163 http://jean.delisle.over-blog.com/2014/02/un-diner-a-l-ambassade-des-etats-unis-n-163.html

*Le 26 juin 1917, 14.750 soldats américains de la première division d'infanterie (Big Red One) accompagnés de 103 infirmières, de 46700 tonnes de matériel et commandés par le général John Pershing, débarquaient à Saint-Nazaire et venaient combattre à nos côtés.

*Ils étaient les premiers (enfin presque car le 13 juin le général Pershing, le lieutenant Patton et une délégation américaine étaient arrivés à Boulogne-sur-Mer pour organiser les débarquements à venir), mais en quelques semaines, 2 millions d'autres soldats américains débarquèrent en utilisant tous les ports français disponibles dont 200.000 arrivèrent par Saint-Nazaire et 800.000 par Brest.

*Au total, les Américains mobilisèrent 4.200.000 soldats, quand les Allemands apprirent en novembre 1918 que 2 millions de nouveaux soldats allaient renforcer les effectifs présents, ils capitulèrent.

 

II-Les commémorations américaines :

*L'intervention des États-Unis, coûta 120.000 tués américains et 207.000 blessés. *Dès 1923 était créée « l'American Battle Monuments Commision » pour organiser et entretenir des cimetières pour plus de 30.000 soldats qui ne furent pas rapatriés dans leur pays. Ces cimetières « américains » se trouvent dans l'Aisne, la Meuse, la Meurthe-et-Moselle et la Somme

*En 1926, se créa à New-York un comité pour récolter des fonds afin de financer un monument commémoratif : « Saint-Nazaire Association of the Base N°1 ».
Une œuvre commandée à une artiste américaine (Gertrude Vanderbilt Whitney) fut inaugurée à Saint-Nazaire le 26 juin 1926, le long de l'ancien Boulevard de l'Océan rebaptisé en 1925 « Boulevard Wilson ».

*Un autre monument commémoratif du débarquement fut réalisé à Brest en 1937. Les deux monuments furent détruits en décembre 1941 par les Allemands. Ils furent reconstruits à l'identique après la guerre. Le nouveau monument de Saint-Nazaire fut inauguré le 24 juin 1989. Voir illustration sur la note N°163

*Celui de Brest fut reconstruit en 1968, par contre, un monument réalisé à la Pointe de la Grave (à Verdon-sur-Mer en Gironde), achevé en 1938 fut détruit par les Allemands le 30 juillet 1942 et non reconstruit.

 

III-Le centenaire :

Pour commémorer le centenaire du débarquement de Saint-Nazaire, une course transatlantique originale a été prévue : elle va opposer le Queen Mary II (construit à Saint-Nazaire entre 2000 et 2003) avec des catamarans pilotés par des marins de renom comme François Gabart. Le départ sera donné du pont de Saint-Nazaire le 25 juin 2017 à 19 heures avec une arrivée prévue au port de New-York.

 

IV-illustrations :

On trouvera en illustrations :

-l'US « Tenadores », un des navires qui arriva à Saint-Nazaire le 26 juin 1917. Photo empruntée à un article du net signé Alain Niala

-le monument de Brest reconstruit en 1968 ; image du net (windex)

J.D. 6 mars 2017

 

le monument de Brest et un des navires de 1917 à Saint-Nazaire.
le monument de Brest et un des navires de 1917 à Saint-Nazaire.

le monument de Brest et un des navires de 1917 à Saint-Nazaire.

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27 février 2017 1 27 /02 /février /2017 17:18

Théo rit ! N° 358

 

*Le 2 février 2017 dans la cité des 3.000 à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) des policiers ont interpellé un individu soupçonné de trafic de drogue.

*Un nommé Théo Luhaka s'est interposé pour empêcher les policiers de faire le contrôle. Comme il commençait à cogner sur les policiers, ceux-ci lui ont donné un coup de matraque pour se défendre et le calmer.

*Théo en a profité pour accuser les policiers de viol ! Cela a mobilisé toutes les pleureuses professionnelles de France et de Navarre pour organiser pétitions et manifestations « contre les violences policières » et « de soutien à Théo ». Même le syndicat de la magistrature (ceux qui s'étaient déjà distingués avec le « mur des cons ») appelait à participer aux manifestations de soutien à Théo. Lesquelles manifestations ont fait beaucoup de dégâts !

*Guimauve le Conquérant qui s'était déjà fourvoyé magistralement avec l'affaire Léonarda (en octobre 2013) en a remis une couche en allant accompagné de forces caméras de télévision rendre visite à Théo pour l'assurer de son soutien , et ce avant même de connaître le rapport de l'IGPN !

*Manque de chance pour les pleureuses, une caméra de vidéo-surveillance a été visionnée par l'IGPN (inspection générale de la police nationale) et le rapport de l'IGPN conteste le viol. Voici un résumé de l'affaire tel que publié par Le Point du 23 février 2017 :

 

« « L'interpellation était légitime, l'usage de la force était légitime, seules les conséquences de l'intervention – blessure anale – sont disproportionnées sans qu'on soit en mesure de déterminer les responsabilités, à ce stade. » Les premières conclusions de l'enquête de la police des polices sur l'intervention de quatre gardiens de la paix pour interpeller Théo L., 21 ans, le 2 février à la cité des 3 000 à Aulnay-sous-Bois confirment les premières informations du Point. Nous révélions, compte rendu de la vidéosurveillance à l'appui, que les policiers n'avaient pas pris l'initiative de « frapper » Théo, mais que celui-ci s'était bien opposé par la force à l'interpellation d'un individu suspecté par la BST (brigade spécialisée de terrain) d'être partie prenante d'un trafic de stupéfiants alors que Théo lui-même n'était pas concerné par cette affaire.

Le Point.fr a pu par ailleurs consulter l'ensemble des rapports d'intervention en date du 2 février des policiers aujourd'hui mis en examen. À quelques détails près, leur version est corroborée par les images de la vidéosurveillance. Dans ces images, on voit près de 3 minutes de combat entre Théo et un policier, une sorte de corps-à-corps qui se termine à l'avantage du gardien de la paix. Aucune image ne laisse deviner que la victime reçoit alors une blessure anale. »

 

Donc Théo s'est opposé aux forces de l'ordre et a menti et c'est à cet individu que le président de la République est allé apporter son soutien, désavouant par là même les policiers ! Mais enfin dans ceux qui sont allés rendre une visite de soutien à Théo, il y a bien Ribéry … aussi ! (comme Félicie...aussi!)

Peu de jours après la glorieuse visite du capitaine de pédalos, on apprenait des détournements de subventions par le frère de Théo (Mikaël), qui a réparti les fonds dans sa famille ; Théo lui-même percevant 50.000 euros :

"Selon Le Parisien, le parquet de Bobigny a ouvert en juin dernier une enquête pour « suspicion d’abus de confiance et escroquerie » à la suite de soupçons d’emplois fantômes dans une association présidée par le frère de Théo.

Entre janvier 2014 et juin 2016, l’association aurait perçu 678 000 € de subventions d’État pour l’embauche en contrats aidés de 30 salariés, qui devaient être formés pour être animateurs de rue.

Mais lors d’un contrôle, les dirigeants de l’association n’ont présenté aucun élément probant pouvant attester de la réalité de ces emplois, ajoute le quotidien. Depuis, l’association a mis la clef sous la porte, d’où un signalement en avril 2016 de l’Inspection du Travail auprès du procureur de la République de Bobigny."
extrait d'un article de Ouest-France du 23 février 2017

Puis enfin on apprenait qu'un membre de la famille de Théo : Thomas Luhaka était ministre dans le gouvernement de la République Démocratique du Congo !

On trouvera en illustration une photo de Hollande avec Théo, photo diffusée largement dans tous les médias. Certains en ont fait des caricatures que je ne peux relater sur un blog public mais dont chacun peut se faire une idée compte tenu de la nature des accusations de Théo !

Hollande tenait vraiment à terminer son quinquennat dans le ridicule !

J.D. 27 février 2017

 

 

 

 

Hollande et Théo

Hollande et Théo

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jean.delisle.over-blog.com
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25 février 2017 6 25 /02 /février /2017 18:23

 

 

I)-Byzance :

*La ville de Byzance a été fondée vers l'an 667 avant Jésus-Christ par les Grecs de la cité de Mégare dont le nom antique était Nicée.

Mégare est située sur l'Isthme de Corinthe côté golfe Saronique à mi-chemin entre Athènes et Corinthe.

Cette ville de Byzance fut fondée, côté européen, à l'entrée du Bosphore qui assure la liaison entre la mer de Marmara et la mer Noire.

Depuis l'antiquité, Dardanelles, Mer de Marmara et Bosphore constituent la limite entre Europe et Asie. Cela signifie au passage que la Turquie n'a que 3 %, en superficie, de son territoire en Europe et 97 % dont la capitale Ankara en Asie.

*Byzance fut donc d'abord une cité grecque située à la confluence de l'Europe et de l'Asie sur une voie de passage importante tant terrestre que maritime, cela fit sa richesse mais suscita aussi les convoitises et de nombreuses guerres. Ce rôle de cité charnière entre deux mondes avait été exercé par Troie avant Byzance mais Troie était de l'autre côté des détroits, donc en Asie.

La ville doit son nom de Byzance à un roi légendaire du nom de Byzas.

*Comme cité grecque elle connut les guerres entre cités et spécialement entre Sparte et Athènes, puis le flux et le reflux des armées perses voulant envahir la Grèce lors des guerres médiques au début du cinquième siècle avant Jésus Christ au temps de Darius et de Xerxès, mais aussi les jeux tous les 4 ans à Olympie de septembre -776 à l'an 393 où ils furent abolis, soit presque 12 siècles de continuité.

La cité de Byzance résista à Philippe II de Macédoine mais tomba sous la coupe de son fils : Alexandre le Grand.

*Puis la Grèce toute entière devint romaine au terme de batailles gagnées par les Romains dont les principales sont : en -197 à Cynocéphales en Thessalie, en -168 à Pydna en Macédoine et en -146 à Scaphrée en Locride. Les Romains transformèrent alors la Grèce en province d'Achaie. Mais les Grecs conservèrent leur langue, leurs coutumes et croyances et il s'établit même rapidement une symbiose entre monde grec et latin. Durant des siècles, les lettrés Grecs parlèrent le latin et firent des séjours à Rome tandis que les lettrés Latins parlèrent le grec et firent des séjours en Grèce.

*C'est en l'an 286 de notre ère que Dioclétien partagea l'empire en deux, entre Orient et Occident ; voir fiche précédente. Mais cette division ne dura que 20 ans.

*Après avoir éliminé les autres prétendants, Constantin se retrouva seul maître de l'empire et décida de transférer la capitale de Rome à Byzance. Il fit construire des monuments dignes d'une capitale impériale dont la mise en chantier d'une église d'abord appelée « église de la sagesse sacrée » et qui prendra le nom de Sainte Sophie, fit transférer des trésors de Rome à Byzance et inaugura officiellement sa nouvelle capitale le 11 mai de l'an 330. Il l'appela « Nouvelle Rome ». Elle fut alors capitale de tout l'empire romain.

*A la mort de Constantin, le 22 mai 337, la ville prit le nom de Constantinople (Constantinopolis, la ville de Constantin).

 

II)-Constantinople :

*A Byzance/Constantinople, 90 empereurs vont se succéder, avec plusieurs dynasties dont les Commènes de 1081 à 1185 et les Paléologues de 1261 à 1453. Ce n'est qu'après la mort de Théodose 1er (sixième empereur à Byzance) le 17 janvier 395 que l'empire fut partagé en deux entre empire romain d'Orient ou empire byzantin et empire romain d'Occident.

*Lorsque Dioclétien avait une première fois partagé l'empire en 286, Maximien avait d'abord fixé sa résidence à Trèves puis à Milan, qui resta la capitale de l'empire romain d'Occident lors du partage de l'an 395 et jusqu'en 402, date du transfert à Ravenne.

*Rome cessa donc d'être la capitale de l'empire romain à partir de l'an 286 et lorsque l'empire romain d'Occident prit fin, en septembre de l'an 476, c'est de Ravenne que le dernier empereur abdiqua. Il s'appelait Romulus Augustule. L'histoire de Rome en Occident commença donc et se termina par un Romulus. On a une situation analogue à Byzance-Constantinople ou le premier et le dernier empereur s'appellent Constantin. Le dernier, Constantin XII fut tué en combattant pour défendre sa ville le 29 mai 1453.

*Durant ses 1123 ans d'existence, l'empire byzantin dut faire la guerre aux Perses, aux Bulgares, aux Russes, aux Arabes,... et à la concurrence de Venise, Gênes…

*A partir de l'an 533, l'empereur byzantin Justinien envoya ses généraux, d'abord Bélissaire puis Narsès à la reconquête des territoires perdus de l'empire romain d'Occident. Ils reprirent toute l'Italie, les îles (Corse, Sardaigne, Sicile) et une partie de l'Afrique du nord et de l'Espagne.

*C'est en 540 que Bélissaire reprit Ravenne aux Ostrogoths. Cette ville avait été la dernière capitale de l'empire romain d'Occident, puis celle des Ostrogoths (dont le roi Théodoric), Justinien en fit le siège d'un exarchat avec un Exarque représentant l'empereur byzantin chargé d'administrer l'Italie.

*Dès l'an 568, ce furent les Lombards qui commencèrent la conquête de l'Italie. Ravenne dernier bastion byzantin en Italie tomba le 4 juillet de l'an 751. Durant la période byzantine de Ravenne furent construits des monuments dont l'église San Vitale avec ses célèbres mosaïques.

*En 1204, les Vénitiens détournèrent la quatrième croisade, prirent Constantinople d'assaut et en profitèrent pour ramener à Venise un important butin (dont les chevaux, les Tétrarques…) Un empire latin de Constantinople remplaça l'empire byzantin de 1204 à 1261. Mais cela consacra le divorce entre l'église orthodoxe et l’Église romaine.

*Le principal ennemi et le plus tenace fut le monde musulman. Le premier siège de Constantinople par les Arabes date des années 674 à 678, puis ensuite en 717 etc.

*Faute de pouvoir s'emparer de Constantinople, ils l'asphyxièrent lentement mais sûrement, s'emparant des îles et des territoires byzantins les uns après les autres. En 1453, il ne restait plus à cet empire que la ville de Constantinople, qui tomba et l'islam put se répandre sur l'Europe par l'est.

*Si Rome n'était plus capitale du monde romain, elle devint le chef-lieu de l’Église, et il y eut des rivalités entre les papes et les empereurs byzantins comme il y en eut ensuite avec les empereurs germaniques. Mais ceci explique peut-être le peu d'empressement du monde occidental à secourir Byzance outre le fait que 1453 est aussi la dernière année de la guerre de Cent Ans entre Anglais et Français.

*Byzance avait été un haut lieu de la chrétienté, converti très tôt et où se développèrent d'importantes communautés religieuses qui prirent une grande part dans la christianisation de l'Europe de l'Est, en particulier de la Russie, et organisèrent plusieurs conciles.

*Des générations de moines, les copistes byzantins qui parlaient le grec (la langue utilisée à Byzance) autant que le latin, passèrent leur vie à copier et recopier de nombreux textes et en particulier les textes de la Grèce antique. Sur ce sujet voir par exemple l'ouvrage de Michel Kaplan consacré à Byzance (éditions Gallimard 1991) et en particulier le chapitre VI intitulé : « les dépositaires de la culture grecque ».

*l'église de Sainte Sophie pour sa part subit des incendies en 404, 532 et les effets de tremblements de terre en 558, 559, 975, 1347… mais fut rebâtie ou restaurée à chaque fois.

*L'art byzantin eut également beaucoup d'influence à Venise, qui a ses débuts dépendait de Byzance, à Ravenne etc

 

III-Istanbul :

*C'est en 1299 que fut fondé l'empire ottoman avec des capitales successivement à Nicée, Bursa, Andrinople (Edirne) et Constantinople dès la prise de la ville en 1453.

Les Ottomans s'en servirent pour tenter de conquérir l'Europe aux fins de l'islamiser. Ils furent arrêter 2 fois à Vienne mais prirent le contrôle de tout le monde musulman et les sultans récupérèrent le titre de « califes » (successeurs de Mahomet) dès 1517 et leur domination s'étendit jusqu'à Gibraltar. Le califat mettait tout le monde musulman sous une seule autorité.

*Le XIXe siècle fut celui de la décadence lente mais inexorable de l'empire ottoman et sa participation à la guerre de 14 aux côtés de l'empire allemand l'acheva. Voir fiche N°55 http://jean.delisle.over-blog.com/article-la-fin-des-4-empires-97643758.html

Par décisions de la Société des Nations, l'empire ottoman perdit tous ses territoires situés au Moyen-Orient (dont la Palestine)

*Le 10 août 1920, était proclamée la République de Turquie, le califat était aboli le 1er novembre 1922, Constantinople resta capitale jusqu'au 13 octobre 1923, date du transfert à Ankara, et la ville prit le nom d'Istanbul le 28 mai 1930, car elle s'appelait toujours Constantinople.

*Dès 1453 Sainte Sophie devenait une mosquée et le resta jusqu'en 1934 date où Atatürk la transforma en musée. Ce fut également Atatürk qui fit fermer les marchés aux esclaves. Ailleurs dans une grande partie du monde musulman ce fut la colonisation qui mit un terme à l'esclavage.

J.D. 25 février 2017

 

pont sur le Bosphore entre Europe et Asie, photo J.D. mai 1995

pont sur le Bosphore entre Europe et Asie, photo J.D. mai 1995

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20 février 2017 1 20 /02 /février /2017 15:31

 

 

I) Dioclétien

*Dioclétien (Dioclétianus) naquit en l'an 244 probablement le 22 décembre dans un village de la côte Dalmate (côte adriatique de l'ex Yougoslavie), près de Split.

Il poursuivit une carrière militaire et se trouvait en novembre 284 en Bithynie (dans l'actuelle Turquie le long des côtes de la mer de Marmara et de la mer Noire) avec l'empereur Numérien, lorsque Aper préfet du Prétoire tua Numérien pour prendre sa place mais les soldats lui préférèrent Dioclétien qu'ils acclamèrent comme empereur.

Prudent, Dioclétien passa immédiatement son épée au travers du corps d'Aper avant qu'il est eu le temps de dire ouf.

*En mai 285, Dioclétien et son armée rencontrèrent Carin et son armée près de l'actuelle ville de Belgrade. Carin était le frère de Numérien dont Dioclétien avait pris la place. Numérien et Carin s'étaient partagés le pouvoir et gouvernaient ensemble. Carin fut tué par un de ses officiers dont il avait pris la femme et ses troupes se rallièrent à Dioclétien qui resta seul maître de l'empire.

 

II) Les Tétrarques

*Trouvant que l'empire était devenu trop grand et difficile à gouverner, il décida de partager le pouvoir et le 1er avril 286, il donna le titre d'Auguste, qu'il avait lui-même, à Maximien né vers 250, qui avait fait une carrière militaire, avait été le collègue de Dioclétien et avait participé à le faire élire empereur par les soldats.

*Dioclétien se réserva l'Orient et confia l'Occident à Maximien qui s'installa à Trèves (ville allema nde sur la Moselle à la frontière avec le Luxembourg). Dioclétien mit sa capitale à Nicodémie (aujourd'hui Izmit en Turquie sur la mer de Marmara). Le partage correspondait, de fait, aux zones d'influence respectives de la langue grecque pour l'Orient et de la langue latine pour l'Occident.

*La succession d'un empereur amenait souvent des conflits entre divers prétendants qui se faisaient la guerre. Pour éviter cette situation, Dioclétien imagina de donner un adjoint à chaque « Auguste », adjoint qui reçut le titre de « César » et qui devait « naturellement » succéder à l'Auguste. En outre Dioclétien décida de limiter à 20 ans la durée du pouvoir.

*Deux généraux furent nommés « Césars» : Galère pour Dioclétien et Constance Chlore pour Maximien. Ce système fut appelé : « la Tétrarchie » et les 4 souverains des « Tétrarques ». Ils sont représentés à Venise à l'angle de la basilique Saint Marc et du palais des doges ; sculpture en porphyre du début du IVe siècle. J'en ai mis la photo, prise en septembre 1993, en illustration de la note N°39 http://jean.delisle.over-blog.com/article-l-empire-romain-le-4-septembre-de-l-an-476-70944795.html.

On voit sur cette photo qu'il manque un pied à l'un des personnages; pied qui a été remplacé. La partie manquante a été retrouvée en 1965 à Constantinople (elle est conservée au musée archéologique d'Istanbul) ce qui a permis de conclure que cette sculpture était antérieurement à Constantinople et a fait partie du butin ramené par les Vénitiens à l'occasion de la quatrième croisade (en 1204 sous le doge Enrico Dandolo). Mais comme la sculpture a probablement été réalisée au temps des Tétrarques eux-mêmes, c'est-à-dire avant le transfert de la capitale à Byzance par Constantin. On peut imaginer que cette sculpture fut d'abord à Rome puis emmenée à Byzance, comme les chevaux « de Saint Marc », avant de revenir à Venise.

 

III L'échec

*Dioclétien respecta les règles qu'il avait fixées (cela peut même arriver!) et se retira en 305 dans un palais qu'il avait fait construire. Il est appelé aujourd'hui : « Palais de Dioclétien » à Split en Croatie sur la côte Adriatique.

*En vertu des dispositions de la Tétrarchie, les « Césars » devinrent « Augustes » mais les fils des Empereurs voulurent le devenir aussi et en outre, Galère poussa Licinius sur le trône, tandis que Maximien qui avait d'abord abdiqué, reprit ensuite sa couronne.

*L'empire romain se retrouva simultanément avec six empereurs : Maximien, Severe, Maximin (appelé aussi Daia), Maxence, Licinius et Constantin.

*Constantin était le fils de Constance qui avait été le « César » de Maximien, Maxence était directement le fils de Maximien, Galère avait épousé la fille de Dioclétien, Maxence la fille de Galère, Constantin celle de Maximien, Licinius s'était marié avec la sœur de Constantin tandis que Maximim était le fils de la sœur de Galère. Les histoires de famille c'est toujours compliqué !

*Tout ce beau monde se fit la guerre pendant près de vingt ans dans une lutte sans merci pour le pouvoir. Dioclétien avait voulu fixer des règles de succession à l'empire ce que n'avait pas prévu le droit romain. Cela partait d'un bon sentiment mais était totalement irréaliste. Les Africains savent depuis longtemps qu'il ne peut pas y avoir plusieurs crocodiles dans le même marigot !

*Maximien battit Sévère et l'obligea à se suicider. Constantin eut raison des légions de Maximien et obligea son beau-père à se suicider. De six, on était déjà passé à quatre.

*Constantin s'allia à Licinius contre Maxence et Maximin. Constantin battit Maxence près de Rome. Maxence se noya dans le Tibre. Constantin fit exécuter les deux fils de Maxence qui étaient ses neveux (puisque Maxence était le frère de Fausta épouse de Constantin). De son côté, Licinius eut raison de Maximin en Orient, ce qui ramena les prétendants à deux jusqu'à ce que les légions de Constantin battent celles de Licinius en 324 et que Constantin fasse assassiner Licinius en 325.

*Constantin était né en 285. Élevé à la Cour de Dioclétien à Nicodémie, il brilla dans des affrontements contre les Perses.

*D'un premier mariage, avec une épouse nommée Minervina, il avait eu un fils nommé Crispus. Celui-ci, valeureux guerrier se distingua dans plusieurs campagnes contre les Francs, les Allamans et lors du siège de Byzance où s'étaient enfermés Licinius et ses légions. Mais Fausta la seconde femme de Constantin accusa Crispus d'avoir voulu la violer. Constantin fit exécuter son fils, en 326, d'autant plus aisément que la popularité de son fils commençait à lui faire de l'ombre.

*Constantin, ce saint homme (il est représenté avec une auréole sur les mosaïques de Sainte Sophie à Constantinople), qui était déjà à l'origine de la mort de son beau-père, du mari de sa sœur, du frère de sa femme, de ses neveux et de son fils, fit aussi exécuter Fausta son épouse !

*Lorsque le peuple de Rome apprit que Constantin avait fait exécuter son fils, il hua l'empereur ce qui le décida à transférer sa Cour de Rome à Byzance qui pour la circonstance devint Constantinople.

*Les années de guerre que s'étaient livrées les légions sous la bannière des six empereurs, avaient provoqué un véritable carnage dans l'armée ce qui ajouta une cause supplémentaire au déclin de l'Empire. Les « Barbares » en rient encore !

*Quant à la Tétrarchie, elle ne dura que 20 ans.

J.D. 20 février 2017

 

Constantin présentant une maquette, mosaïque à Sainte Sophie, image du net

Constantin présentant une maquette, mosaïque à Sainte Sophie, image du net

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