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20 octobre 2010 3 20 /10 /octobre /2010 09:28

Le 14 juin 1860, à midi, le duché de Savoie et l'ancien comté de Nice étaient officiellement réunis à la France. L'acte de remise fut signé à Chambéry au château des ducs de Savoie.

C'était l'aboutissement de l'HISTOIRE d'une DYNASTIE et d'un TERRITOIRE. Histoire commencée en Maurienne au début du XIe siècle et terminée à Rome au XXe siècle.

 

LA DYNASTIE

L'histoire commence en 1034, lorsqu'Humbert 1er dit Humbert aux Blanches Mains, seigneur de Maurienne, reçoit un titre de Comte de Conrad II le Salique empereur du Saint Empire Romain Germanique. 19 comtes de Savoie se succèdent, le dix-neuvième comte reçoit le titre de duc le 19 février 1416 de Sigismond autre empereur du Saint Empire Romain Germanique. Le quinzième duc devient d'abord roi de Sicile en décembre 1713 (suite au traité d'Utrecht qui mettait fin à la guerre de succession d'Espagne), puis roi de Sardaigne en août 1720 après avoir échangé la Sicile contre la Sardaigne. Enfin, le huitième roi de Sardaigne devient roi d'Italie le 17 mars 1861. En tout la dynastie de la Maison de Savoie aura compté :

19 comtes, 15 ducs, 8 rois de Sardaigne et 4 rois d'Italie, la dynastie prenant fin avec la proclamation de la République italienne en juin 1946

En éliminant les doubles comptes (un comte qui devient duc, un duc devenant roi de Sardaigne et un roi de Sardaigne roi d'Italie), la dynastie « Maison de Savoie » aura compté 43 souverains sur 912 années.

Durant ces 9 siècles de règne, la dynastie utilisa tous les moyens possibles (alliances, traités, achats, guerres, mariages...) pour accroître son influence et agrandir ses territoires. Les alliances par mariages furent très nombreuses avec toutes les cours d'Europe, mais particulièrement avec la France. C'est ainsi que 8 rois de France eurent une épouse issue de la Maison de Savoie tandis que 10 rois de France eurent une mère ou une grand-mère venant de la Maison de Savoie. Durant le même temps, 7 souverains de Savoie eurent une épouse issue de la Cour de France.

De nombreux souverains de Savoie eurent une grande influence sur les événements de leur temps. Dans cette dynastie il y eut aussi des personnages qui furent célèbres sans être pour autant souverains de Savoie, comme le comte Thomas II, Béatrice de Savoie, Louise de Savoie, le Prince Eugène, la Princesse de Lamballe etc Un certain nombre des membres de la famille de Savoie ont un tombeau ou un cénotaphe à l'abbaye d'Hautecombe, tandis que beaucoup d'autres reposent à la basilique de Superga qui domine Turin. Victor-Emmanuel II qui réalisa l'unité italienne et le roi d'Italie Humbert 1er sont, eux, au Panthéon à Rome.

 

LES TERRITOIRES

Humbert aux Blanches Mains possédait un château-fort en Maurienne au dessus d'Aiguebelle. Ce fut la première résidence de la Maison de Savoie avant Le Bourget du Lac (au château-prieuré du Bourget, sous Amédée 1er vers 1050), puis Chambéry après l'acquisition du bourg de Chambéry par le comte Thomas 1er le 15 mars 1232, Turin à compter de 1562, Florence en 1866, et enfin Rome en 1871.

Parti de Maurienne, puis d'acquisitions autour de la région Aix-Chambéry, le territoire s'étendit rapidement au nord vers la Bresse/Le Bugey, à l'est en englobant le Genevois (mais pas la ville de Genève elle-même), à l'ouest un territoire allant presque jusqu'à Lyon et au sud jusqu'à Nice. En même temps, un mariage du comte Othon 1er avec Adélaïde de Suse en 1045, permettait à la dynastie de prendre pied en Piémont. Au fil des siècles, le territoire de la maison de Savoie se réduisit de ce côté-ci des Alpes tandis qu'il augmentait du côté italien, cette situation et le transfert de la capitale de Chambéry à Turin en 1562 portaient en germes la réunion de la Savoie et de Nice à la France et ce d'autant qu'un édit de François 1er du 6 janvier 1539 avait imposé l'usage du français en Savoie.

 

 

L'HISTOIRE

Après la chute de Rome en l'an 476, il n'y eut plus d'unité en Italie et ce malgré la splendeur de la République de Venise, de celle de Gênes ou de Pise, de la Toscane des Médicis, du royaume de Naples etc. Au fil des siècles, l'Italie fut divisée en de nombreux états différents, avec des souverains, des législations, des drapeaux, des monnaies et mêmes des langues différentes. De l'Italie, durant quatorze siècles il ne resta que le nom, hérité des « Italiotes », peuple antique qui occupait l'Italie centrale et était divisé en plusieurs rameaux : les Latins, les Samnites et les Marses (voir Theodor Mommsen, histoire romaine livre 1er). Mais jusqu'au 1er siècle avant notre ère, le terme d'Italie ne s'appliquait pas à l'actuelle Italie du nord qui s'appelait « Gaule cisalpine » par opposition à la Gaule transalpine (l'actuelle France étendue au nord jusqu'au Rhin). Le célèbre Rubicon (rivière qui se jette dans l'Adriatique entre Ravenne et Rimini) constituait alors la frontière entre la Gaule cisalpine et l'Italie proprement dite

Pendant le même temps, des Etats-Nations se constituaient lentement mais sûrement dans le reste de l'Europe : l'Espagne, le Portugal, l'Angleterre, la France, le St Empire Romain Germanique, la Russie etc. L'Italie fut considérée comme un bien vacant et sans maîtres et fut la cause de nombreuses guerres entre des candidats conquérants, principalement l'Autriche, la France et l'Espagne.
La Savoie qui se trouvait sur le passage menant à l'Italie et qui en outre était vassale du Saint Empire Romain Germanique jusqu'en 1713, fut de ces faits, souvent envahie. Elle fut même occupée de 1536 à 1559 par la France de François 1er et d'Henri II, ainsi que par les Espagnols de 1743 à 1749 et carrément annexée suite à l'invasion des troupes révolutionnaires françaises en septembre 1792 et ce jusqu'à ce que le congrès de Vienne rende les territoires conquis à la Maison de Savoie, suite à la chute de Napoléon 1er (Waterloo : 18 juin 1815).

Ce congrès de Vienne laissa l'Italie divisée en 10 états, alors que Napoléon 1er avait réalisé une certaine unité de l'Italie durant quelques années. Dans l'Italie issue du Congrès de Vienne, la partie la plus riche et la plus peuplée (le royaume Lombard-Vénitien) avait été annexée directement par l'Autriche qui avait également placé ses pions dans la plupart des autres états. Mais la relative unité de la période napoléonienne, la diffusion des idées des philosophes et de la révolution française sur le droit des peuples et les révolutions et soulèvements de 1848 (en France, en Autriche, à Berlin etc) encouragèrent des soulèvements pour l'unité italienne qui partirent de Venise et de Milan. En outre, Charles-Albert roi de Sardaigne (qui avait sa capitale à Turin) avait accordé le 4 mars 1848 un « Statut Fondamental », c'est-à-dire une constitution qui transformait la royauté au pouvoir absolu en monarchie parlementaire. C'était le premier état de l'Italie à accorder ces droits. Beaucoup de patriotes italiens placèrent alors leurs espoirs dans le royaume de Sardaigne pour faire l'unité de l'Italie. A la suite du soulèvement des Vénitiens et Milanais, Charles-Albert se lança dans une guerre contre l'Autriche mais vaincu à Novarre le 23 mars 1849, il dut abdiquer en faveur de son fils (ou supposé tel) qui devint roi sous le nom de Victor Emmanuel II. Le 4 novembre 1852, Victor-Emmanuel II appelait Cavour à la présidence du royaume de Sardaigne et ils firent alliance avec la France de Napoléon III pour vaincre l'Autriche. Par un traité dit « traité de Turin » daté du 24 mars 1860, le royaume de Sardaigne cédait le duché de Savoie et l'arrondissement de Nice à la France. Une consultation des populations eut lieu les 15 et 16 avril 1860 à Nice et les 22/23 avril en Savoie qui donnèrent une écrasante majorité pour la réunion à la France. Il faut dire que les fonctionnaires et militaires piémontais étaient rentrés en Piémont et que ce sont les fonctionnaires français qui organisèrent la consultation. Dans les bureaux de vote les électeurs n'eurent à leur disposition que des bulletins de vote « oui »; en outre, à Turin, Cavour avait fait voter des lois anticléricales, et tant en Savoie qu'à Nice, le clergé vit d'un bon œil la réunion à la France très chrétienne de Napoléon III. Et c'est ainsi que la Savoie devint française, tandis que l'autre côté des Alpes se réalisait l'unité de l'Italie.

 

Ce texte a été publié dans le bulletin municipal de Saint Jean d'Arvey Savoie de décembre 2010

 

  P.V. de remise

façade du bâtiment de la Grenette où se déroula le vote d'avril 1860 à Chambéry pour la réunion à la France, photo J.D. 15 avril 2015

façade du bâtiment de la Grenette où se déroula le vote d'avril 1860 à Chambéry pour la réunion à la France, photo J.D. 15 avril 2015

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15 octobre 2010 5 15 /10 /octobre /2010 17:12

 

L'ENFANT

(poème de Victor Hugo de juin 1828, publié en 1829 dans la série « Les Orientales »)

 

 

Les Turcs ont passé là : tout est ruine et deuil

Chio, l'île des vins, n'est plus qu'un sombre écueil,

Chio qu'ombrageaient les charmilles,

Chio, qui dans les flots reflétait ses grands bois,

Ses coteaux, ses palais, et le soir quelquefois

Un coeur dansant de jeunes filles.

 

Tout est désert : mais non, seul près des murs noircis,

Un enfant aux yeux bleus, un enfant grec, assis,

Courbant sa tête humiliée.
Il avait pour asile, il avait pour appui

Une blanche aubépine, une fleur, comme lui

Dans le grand ravage, oubliée

 

Ah! pauvre enfant, pieds nus sur les rocs anguleux!

Hélas! Pour essuyer les pleurs de tes yeux bleus

Comme le ciel et comme l'onde,

Pour que dans leur azur, de larmes orageux,

passe le vif éclair de la joie et des jeux,

Pour relever ta tête blonde,

 

Que veux-tu? Bel enfant, que te faut-il donner

Pour rattacher gaiement et gaiement ramener

En boucles sur ta blanche épaule

Ces cheveux qui du fer n'ont pas subi l'affront,

Et qui pleurent épars autour de ton beau front,

Comme les feuilles sur le saule?

 

Qui pourrait dissiper tes chagrins nébuleux?

Est-ce d'avoir ce lis, bleu comme tes yeux bleus,

Qui d'Iran borde le puits sombre?

Ou le fruit du tuba, de cet arbre si grand,

Qu'un cheval au galop met toujours en courant

Cent ans à sortir de son ombre?

 

Veux-tu pour me sourire, un bel oiseau des bois,

Qui chante avec un chant plus doux que le hautbois,

Plus éclatant que les cymbales?

Que veux-tu? Fleur, beau fruit, ou l'oiseau merveilleux ?

Ami, dit l'enfant grec, dit l'enfant aux yeux bleus,

Je veux de la poudre et des balles.

 

Contexte : Ce poème fut écrit par Victor Hugo dans le contexte de la guerre d'indépendance menée par les Grecs contre les Turcs à partir de 1821. Les Ottomans s'étaient emparés de Constantinople le 29 mai 1453, après 7 siècles de tentatives, puis d'Athènes en 1456 et du reste de la Grèce dans la foulée. Lorsque les Grecs se soulevèrent pour retrouver leur liberté, les Turcs se livrèrent à une répression féroce. Dans l'île de Chio, 23.000 hommes âgés de plus de 12 ans furent massacrés. Les femmes et les enfants (47.000) furent vendus comme esclaves sur le marché de Smyrne en Turquie. Voir Jules Verne : « l'Archipel en feu », chapitre III, texte de 1884. Après le passage des Turcs, il ne restait plus un survivant dans l'île et le poète imagine qu'il reste un enfant aux yeux bleus (un occidental).

En Turquie, les officiels marchés aux esclaves ne furent interdit qu'en 1924 par Atatûrk.

En 1823, le poète Dionysos Solomos composa un poème à la liberté. Il comprenait 150 couplets. En 1828, Nicolaos Mantzaros adaptait une musique sur les paroles. En 1864 les 50 premiers couplets devenaient l'hymne national grec. Dans la pratique et dans les cérémonies, seuls les 2 premiers couplets sont chantés. 

 

 

Ύμνος εις την Ελευθερίαν


Σε γνωρίζω από την κόψη 
του σπαθιού την τρομερή,
Σε γνωρίζω από την όψη 
που με βία μετράει τη γη.


Απ’ τα κόκαλα βγαλμένη 
των Ελλήνων τα ιερά, 
Και σαν πρώτα ανδρειωμένη, 
χαίρε, ω χαίρε, Ελευθεριά !

Hymne à la liberté


Je te reconnais au tranchant 
De ton glaive redoutable,
Je te reconnais à ce regard rapide 
Dont tu mesures la terre.


Sortie des ossements 
Sacrés des Hellènes, 
Et forte de ton antique énergie, 
Je te salue, je te salue ô Liberté!

   
navire ayant participé à la guerre contre les Turcs dans les années 1820, sur pièces grecques de 2 centimes d'euros

navire ayant participé à la guerre contre les Turcs dans les années 1820, sur pièces grecques de 2 centimes d'euros

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14 octobre 2010 4 14 /10 /octobre /2010 22:23

Mardi 12 octobre 2010 au soir, aux informations régionales sur FR3 (édition de Grenoble), ils ont rendu compte de la manifestation qui s'est déroulée dans la journée à Grenoble, avec 72.000 manifestants selon la CGT et 14.000 selon la police. Pour en avoir le coeur net, FR3 a dépêché 2 équipes de journalistes avec des compteurs. L'une située sur un pont qui surplombait la manifestation et l'autre équipe sur le passage du cortège. Les 2 équipes sont arrivées au même résultat, à savoir 17.000 manifestants;

Jeudi 14 octobre 2010, aux infos du 20 heures sur Antenne 2, ils ont parlé de la manifestation du 12 octobre à Paris, avec 330.000 manifestants selon les syndicats et 89.000 selon la police. Plusieurs médias dont Antenne 2 s'étaient associées pour faire compter les manifestants par des organismes indépendants. D'une part Médiapart qui a trouvé 76.000 manifestants et d'autre part un organisme espagnol qui à partir de photos aériennes et d'un logiicel informatique, a trouvé 80.000 manifestants.

A méditer

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jean.delisle.over-blog.com - dans manifestations statistiques
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13 octobre 2010 3 13 /10 /octobre /2010 09:29

 

LE VOILE

(Poème de Victor Hugo de septembre 1828, publié en 1829 dans la série “Les Orientales”)

 

LA SOEUR

Qu’avez-vous, qu’avez-vous, mes frères ?

Vous baissez des fronts soucieux;

Comme des lampes funéraires,

Vos regards brillent dans vos yeux.
Vos ceintures sont déchirées;

Déjà trois fois, hors de l’étui,

Sous vos doigts, à demi tirées,

Les lames des poignards ont lui.

 

LE FRERE AINE

N’avez-vous pas levé votre voile aujourd’hui ?

 

LA SOEUR

Je revenais du bain, mes frères,

Seigneurs, du bain, je revenais,

Cachée aux regards téméraires

Des Giaours et des Albanais.

En passant près de la mosquée

Dans mon palequin recouvert,

L’air du midi m’a suffoquée;

Mon voile un instant s’est ouvert.

LE SECOND FRERE

Un homme alors passait ? un homme en caltan vert.

 

LA SOEUR

Oui... peut-être...mais son audace

n’a point vu mes traits dévoilés...

Mais vous vous parlez à voix basse,

A voix basse vous vous parlez.

Vous faut-il du sang? sur mon âme,

Mes frères, il n’a pu me voir.
Grâce! tuerez-vous une femme,

Faible et nue en votre pouvoir !

 

LE TROSIEME FRERE

Le soleil était rouge à son coucher ce soir!

 

LA SOEUR

Grâce! qu’ai-je fait? grâce! grâce!

Dieu! quatre poignards dans mon flanc!

Ah! par vos genoux que j’embrasse...

O mon voile! ô mon voile blanc!

Ne fuyez pas mes mains qui saignent,

Mes frères, soutenez mes pas!

Car sur mes regards qui s’éteignent

S’étend un voile de trépas.

 

LE QUATRIEME FRERE

C’en est un que du moins tu ne lèveras pas!

 

 

Notes : Voici quelles sont les prescriptions du Coran concernant le port du voile par les femmes :

Sourate XXIV, verset 31 :

"Dis aux croyantes :

de baisser leurs regards,

d'être chastes,

de ne montrer que l'extérieur de leurs atours,

de rabattre leurs voiles sur leur poitrine,

de ne montrer leurs atours qu'à leurs époux..."

 

Sourate XXXIII, verset 59 :

"Ô Prophète!

Dis à tes épouses, à tes filles

et aux femmes des croyants

de se couvrir de leurs voiles

c'est pour elles le meilleur moyen

de se faire connaître

et de ne pas être offensées"

 

 

caricature

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11 octobre 2010 1 11 /10 /octobre /2010 19:19

Qui a dit ? :

«  Contrairement à ce qu'affirment les réformistes, mon parti n'est en rien dictatorial, mais je désire la suppression des fonctionnaires syndicaux, bandes d'exploiteurs de la classe ouvrière »

 

Réponse: Maurice Thorez en août 1923 lors d'une conférence publique à Lens. C'est tout au moins ce que l'on peut lire page 86 du livre d'Annette Wieviorka consacré à Maurice (Thorez) et à Jeannette (Veermersch) Fayard avril 2010. Né le 28 avril 1900, Thorez avait alors 23 ans. Il ne tiendra pas longtemps ce genre de propos sur les syndicats. Entré au Comité central du parti communiste français le 28 janvier 1925 et au bureau politique le 13 juillet de la même année (il avait tout juste 25 ans) il fut officiellement secrétaire général du parti de janvier 1936 à sa mort le 11 juillet 1964. En fait, dès 1930, il fut le personnage le plus influent du Comité central et du bureau politique.

Pour les Soviétiques, Maurice Thorez fut un fidèle parmi les fidèles. Après sa mort, la poste soviétique édita un timbre à l'effigie de Maurice Thorez; c'est dire.

Je possède d'ailleurs toujours un exemplaire de ce timbre que m'avait envoyé une journaliste russe rencontrée en Pologne en 1964.

Le 2 mars 1919, s'était ouvert à Moscou le congrès constitutif de la « troisième internationale ». L'année suivante, cette internationale communiste complètement dominée par les Soviétiques, édicta 21 conditions que devaient remplir impérativement les partis qui voulaient adhérer à cette internationale communiste. Voici le libellé de la neuvième condition :

« Tout parti désireux d'appartenir à l'Internationale communiste doit poursuivre une propagande persévérante et systématique au sein des syndicats, coopératives et autres organisations des masses ouvrières. Des noyaux communistes doivent être formés, dont le travail opiniâtre et constant conquerra les syndicats professionnels. Leur devoir sera de révéler à tout instant la trahison des social-patriotes et les hésitations du centre. Ces noyaux communistes doivent être complètement subordonnés à l'ensemble du Parti »

Cela correspondait en outre aux thèses de Lénine. Voir spécialement « La maladie infantile du communisme » texte de 1920.

Aussi, et conformément aux directives de l'internationale communiste, et pour ne parler que des syndicats, tant que Thorez dirigea le Parti, les communistes noyautèrent la CGT et s'en servirent comme « courroie de transmission » au service du Parti. Cela continua d'ailleurs bien après Thorez, mais le P.C.F n'étant plus que l'ombre de lui-même n'a plus les moyens d'imposer sa loi à qui que ce soit.

 

 

Qui a dit ? :

« Je sais combien la nation allemande chérit son führer. C'est un homme formidable, je bois à sa santé »

 

Réponse : Joseph Staline trinquant avec Ribbentrop à Moscou dans la nuit du 23 au 24 août 1939. (Voir : « Maurice et Jeannette » d'Annette Wieviorka, Fayard avril 2010, pages 248 et suivantes).
Rappel des faits : Dans les années 1930, les puissances de l'Axe (Allemagne, Italie, Japon) menaient une politique d'expansion. L'Allemagne avait annexé l'Autriche et la Tchécoslovaquie, l'Italie, l'Albanie et l'Ethiopie et le Japon avait envahit la Chine. Pour faire face à cette situation, la Grande-Bretagne et la France envoyèrent une délégation qui arriva à Moscou le 12 août 1939 pour négocier un traité anti-fascite avec les Soviétiques. Le 22 août, les Soviétiques (en la personne de Vorochilov) rompirent les négociations en invitant les délégations française et anglaise à rentrer dans leur pays. Dès le lendemain (23 août 1939), une délégation allemande de 30 membres, conduite par Ribbentrop, arrivait à 13 heures à l'aéroport Khodynkha de Moscou. Cette délégation était reçue à 15 heures au Kremlin par Staline et Molotov. Le soir même à 22 heures, 2 textes sont prêts (un officiel et un secret dont le contenu ne sera révélé par les Soviétiques qu'en 1992). Le temps que Ribbentrop puisse s'en entretenir téléphoniquement avec Hitler resté à Berlin, et le 24 à 2 heures du matin (bien que les textes soient datés du 23 août), les textes sont signés par Ribbentrop pour la partie allemande et par Molotov pour la partie soviétique, en présence de Staline et sous le portrait de Lénine ! Le texte officiel intitulé «  traité de non-agression » et connu sous le nom de « pacte germano-soviétique » fit l'objet d'une information dans la Pravda dès le lendemain.

Le traité secret prévoyait un partage de l'Europe entre Allemands et Soviétiques et quelques autres clauses comme l'échange des réfugiés. C'est ainsi qu'en février 1940, les Soviétiques livrèrent à la gestapo tous les militants communistes allemands qui s'étaient réfugiés en Union Soviétique après l'arrivée au pouvoir des nazis en 1933 (voir Max Gallo : « le pacte des assassins » Fayard février 2008)

Le 24 août après la signature des documents, on servit le champagne (seule présence française !) et Staline trinqua avec Ribbentrop, ce que photographia un membre de la délégation allemande, et la photo fit le tour du monde.

Les conséquences ne se firent pas attendre, dès le 1er septembre, Hitler envahissait la Pologne, puis le Danemark, la Norvège et enfin à partir du 10 mai 1940, la Hollande, la Belgique et la France, tandis que Staline envahissait lui aussi la Pologne, puis les 3 pays baltes puis la Finlande. Il est probable que Staline ne demandait qu'à poursuivre le partage de l'Europe avec son allié Hitler, mais celui-ci dût se demander pourquoi partager à 2 lorsqu'on peut tout garder. On connait la suite. Il faut cependant rappeler que l'Angleterre et la France déclarèrent la guerre à l'Allemagne dès le 3 septembre 1939, mais laissèrent les troupes derrière la ligne Maginot laissant aux Allemands le temps de régler leurs petites affaires à l'est, de rapatrier leurs troupes et leur laissant en outre le choix, des lieux, du jour et de l'heure de l'invasion ! Quelle incurie ! Winston Churchill ne devint premier ministre de Grande-Bretagne que le 10 mai 1940, jour de l'invasion. Quel drame ! Il avait dit au moment de Munich : « Vous préférez le déshonneur à la guerre, vous aurez et le déshonneur et la guerre ».

En France, le gouvernement tout de même conscient d'avoir été roulé dans la farine par Staline, interdisait la presse communiste dès le 25 août 1939, puis le parti communiste lui-même et ses diverses organisations le 26 septembre. Le 8 octobre, un certain nombre de dirigeants communistes français furent arrêtés, mais pas Maurice Thorez. Celui-ci était officiellement Secrétaire Général du PCF depuis 1936 (en fait il dirigeait le P.C. Depuis 1930). Lorsque Maurice Thorez avait reçu un ordre de mobilisation début septembre 1939 (pour le 3e régiment du génie à Arras), il s'y était rendu. Etant là, il reçut l'ordre de déserter, ordre émanant de l'Internationale communiste, c'est-à-dire de Moscou. Ce qu'il fit le 3 octobre 1939, passant d'abord en Belgique où il reçut ainsi que Jeannette Veermersch des passeports soviétiques. Cela leur permit de rejoindre l'URSS en passant par l'Allemagne. Ils restèrent d'abord dans la banlieue de Moscou puis dans l'Oural à partir de l'invasion de l'URSS par les Allemands le 22 juin 1941. La désertion de Thorez lui valut en France une condamnation à 6 ans de prison (jugement du 28 novembre 1939) puis il fut déchut de sa nationalité française par décret en conseil d'état le 17 février 1940.

A la Libération, dans le cadre d'un vaste marchandage et sur intervention de Staline auprès de De Gaulle (avant un voyage de De Gaulle à Moscou), il bénéficia d'une grâce de De Gaulle le 6 novembre 1944. Thorez put ainsi rentrer en France à partir du 27 novembre 1944. Il fut Ministre de la fonction publique avec rang de Ministre d'Etat, en octobre 1945, puis vice-président du Conseil de janvier 1946 à mai 1947.

Après la guerre, les communistes s'employèrent à faire passer Staline pour le champion de l'anti-fascisme et le PCF se proclama « le parti des 75.000 fusillés » alors que l'accusation française au procès de Nuremberg fait état d'un total de 23.000 fusillés français pendant l'occupation et que les études des historiens faites depuis ramènent ce chiffre à 11.000 dont 4.000 communistes !

 

 

J.D. 26 mai 2010

Maurice Thorez sur un timbre soviétique de 1964

Maurice Thorez sur un timbre soviétique de 1964

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11 octobre 2010 1 11 /10 /octobre /2010 09:42

 

*”Si une communauté n’est pas acceptée, c’est parce qu’elle ne donne pas de bons produits, sinon elle est admise sans problème. Si elle se plaint de racisme à son égard, c’est parce qu’elle est porteuse de désordre. Quant elle ne fournit que du bien, tout le monde lui ouvre les bras. Mais il ne faut pas qu’elle vienne chez nous pour imposer ses moeurs.” Charles De Gaulle

propos rapportés par Philippe De Gaulle dans “De Gaulle mon père”. Plon 2003, tome 1 page 433

 

 

*”C’est très bien qu’il y ait des Français jaunes, des Français noirs, des Français bruns. ils montrent que la France est ouverte à toutes les races et qu’elle a une vocation universelle. Mais à condition qu’ils restent une petite minorité. Sinon, la France ne serait plus la France. Nous sommes quand même avant tout un peuple européen de race blanche, de culture grecque et latine et de religion chrétienne.

Qu’on ne se raconte pas d’histoires! Les musulmans, vous êtes allé les voir? Vous les avez regardés, avec leurs turbans et leurs djellabas? Vous voyez bien que ce ne sont pas des Français! Ceux qui prônent l’intégration ont une cervelle de colibri même si ils sont très savants. Essayez d’intégrer de l’huile et du vinaigre. Agitez la bouteille. Au bout d’un moment, ils se sépareront de nouveau. Les Arabes sont des Arabes, les Français sont des Français. Vous croyez que le corps français peut absorber dix millions de musulmans, qui demain seront vingt millions et après-demain quarante?

Si nous faisions l’intégration, si tous les Arabes et Berbères d’Algérie étaient considérés comme Français, comment les empêcherait-on de venir s’installer en métropole, alors que le niveau de vie y est tellement plus élevé? Mon village ne s’appellerait plus Colombey-les-Deux-Eglises, mais Colombey-les-Deux Mosquées!” Charles De Gaulle

Propos rapportés par Alain Peyrefitte dans “C’était de Gaulle” éditions de Fallois (Fayard) 1994, tome 1 page 52

 

 

*”Nous avons fondé notre colonisation, depuis les débuts, sur le principe de l’assimilation. On a prétendu faire des nègres de bons Français. On leur a fait réciter : Nos ancêtres les Gaulois ; ce n’était pas très malin” Charles De Gaulle

propos rapportés par Alain Peyrefitte dans “C’était De Gaulle” éditions de Fallois (Fayard) 1994, tome 1 page 54

 

 

*”C’est beau, l’égalité mais ce n’est pas à notre portée. Vouloir que toutes les populations d’outre-mer jouissent des mêmes droits sociaux que les métropolitains, d’un niveau de vie égal, ça voudrait dire que le nôtre serait abaissé de moitié. Qui y est prêt? Alors, puisque nous ne pouvons pas leur offrir l’égalité, il vaut mieux leur donner la liberté! Bye bye, vous nous coûtez trop cher!” Charles De Gaulle

propos rapportés par Alain Peyrefitte dans “C’était De Gaulle” éditions de Fallois (Fayard) 1994, tome 1, page 55

 

 

*”On peut intégrer des individus; et encore dans une certaine mesure seulement. On n’intègre pas des peuples, avec leur passé, leurs traditions, leurs souvenirs communs de batailles gagnées ou perdues, leurs héros. Vous croyez qu’entre les pieds-noirs et les Arabes, ce sera jamais le cas? Vous croyez qu’ils ont le sentiment d’une patrie commune, capable de surmonter toutes les divisions de races, de classes, de religions? Vous croyez qu’ils ont vraiment la volonté de vivre ensemble?

L’intégration c’est une entourloupe pour permettre que les musulmans, qui sont majoritaires en Algérie à dix contre un, se retrouvent minoritaires dans la République française à un contre cinq. C’est un tour de passe-passe puéril! On s’imagine qu’on pourra prendre les Algériens avec cet attrape-couillons?

Avez-vous songé que les Arabes se multiplieront par cinq puis par dix, pendant que la population française restera presque stationnaire? Il y aurait deux cents, puis quatre cents députés arabes à Paris? Vous voyez un président arabe à l’Elysée?” Charles De Gaulle

propos rapportés par Alain Peyrefitte dans “C’était De Gaulle” éditions de Fallois (Fayard) 1994, tome 1 page 56

 

 

*”De Gaulle ne souhaite pas la solution de l’Algérie française qui ferait des autochtones des Français à part entière. Etant donné les lois d’aide à la famille et le taux élevé de fécondité des Algériens, ils dépasseraient rapidement la population métropolitaine, ce qui ne les empêcheraient pas de nous cracher à la face une fois leur développement acquis” Amiral François Flohic (ancien aide de camp du Général De Gaulle) dans “Souvenirs d’Outre-Gaulle” Plon 1979, page 44

hommage à Charles De Gaulle 1970

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10 octobre 2010 7 10 /10 /octobre /2010 11:18

 

NOTE SUR L’INDEPENDANCE DE LA GRECE

 

Afin de prendre Constantinople en tenaille, les Ottomans avaient mis le pied au nord de la Grèce dès la fin des années 1380, et ils s’étaient emparés de Thessalonique (dont ils avaient massacré la population) en 1430.

Après la chute de Constantinople le 29 mai 1453, ils s’emparèrent d’Athènes en 1456 et du reste de la Grèce ensuite; réalisant ainsi le vieux rêve de Darius et de Xerxès au début du Ve siècle avant notre ère. Un opéra de Rossini de 1826 (Le siège de Corinthe) a pour toile de fond la conquête de la Grèce par le sultan Mehmet II dans les années 1450.

Sous la férule ottomane, les Grecs furent écrasés d’impôts, les jeunes garçons grecs périodiquement enlevés pour en faire des janissaires... Chateaubriand, par exemple, qui visita la Grèce en 1806 à l’occasion d’un voyage de Paris à Jérusalem, fait de nombreuses observations sur les abominations commises par les Turcs en Grèce et le triste sort réservé, en conséquence, à la population grecque.

Afin de conserver la langue grecque et la religion, le clergé orthodoxe organisa des écoles secrètes appelées “KRIFA SHOLEIA”. Un timbre grec de 1971 représente cette école secrète.

En 1821, les Grecs se soulevèrent pour retrouver leur indépendance qui fut proclamée au congrès d’Epidaure le 12 janvier 1822 (un timbre grec de 1971 commémore ce congrès, tandis qu’un autre de 1975 concerne l’assemblée secrète de janvier 1821 à Vostitsa qui décida de l’insurrection). Ils choisirent Missolonghi (sur la rive nord du golfe de Patras) comme capitale provisoire. Les Turcs se livrèrent alors à une répression féroce. Rien que dans l’île de Chio (Khios en grec et Scio en italien) qui comptait 75.000 habitants, en avril 1822, les Turcs en massacrèrent 30.000 et déportèrent les femmes et enfants (45.000) qui furent réduits en esclavage.

Cela révolta la conscience citoyenne européenne. Des volontaires partirent combattre aux côtés des Grecs. Parmi eux le comte italien de Santarosa, tué en combattant, l’amiral anglais Thomas Cochrane, l'Ecossais Thomas Gordon major général dans l'armée britannique, l'Irlandais Richard Church qui fut commandant en chef des forces terrestres grecques en 1827, qui resta en Grèce après l'indépendance et fut nommé général de l'armée grecque en 1854, Lord Byron, célèbre poète anglais, le baron français Fabvier (Charles Nicolas) ex-général d’empire ou Olivier Voutier, officier de marine français qui rejoignit la résistance grecque dès septembre 1821 et reçut le titre de colonel de l'armée grecque en mai 1822. . Byron mourut d’une fièvre à Missolonghi le 19 avril 1824. En 1924, pour le centenaire de sa mort, deux timbres grecs furent émis dont l’un représente Byron à Missolonghi, deux autres timbres lui furent consacrés en 1974. Joseph Denis Odevaere peignit en 1826 “La mort de Byron” (au Rijksmuseum d’Amsterdam), Ludovico Lipparini “Le serment de Byron à Missolonghi” en 1824 (Musée Benaki à Athènes), et Wiliam Purser “Vue de la maison de Byron à Missolonghi” en 1824 (au Musée Benaki d’Athènes).

Les Turcs prirent la ville de Missolonghi en 1826 après un long siège et le massacre des survivants. Certains avec leur chef Capsalis s’étaient fait sauter avec la poudrière pour échapper aux Turcs. (timbre grec commémoratif en 1971, d’autres timbres consacrés à Missolonghi furent émis en 1930, 1976 et 1982).
Eugène Delacroix peignit en 1824 un tableau intitulé : “La Grèce sur les ruines de Missolonghi” (exposé au Musée des Beaux-Arts de Bordeaux; ce tableau fut reproduit sur un timbre grec en 1968). J. D. Odevaere réalisa “les derniers combattants de Missolonghi” en 1826 (Amsterdam). Un autre artiste (Ary Scheffer) réalisa sept dessins intitulés : “Les débris de la garnison de Missolonghi” et “les femmes souliotes” -de Souli, ville de l’Epire reprise par les Turcs en 1822, où 160 femmes s’étaient précipitées dans la mer (du haut d’une falaise) avec leurs enfants pour échapper à la soldatesque turque- (au Musée d’Orsay à Paris; un timbre grec de 1971 fut consacré aux femmes souliotes et un autre en 1979 “aux combattants de Souli”). Ary Scheffer peignit également un tableau intitulé “ Jeune Grec défendant son père blessé” en 1827 (au Musée Benaki d’Athènes).

Ne parvenant pas à réduire la résistance de Souli, Ali Pacha dut promettre 500 piastres pour chaque tête de Souliotes qui lui serait rapportée.

Henri Serrur peignit la “prise de Tripolitza par les Grecs” (exposé au Musée de Douai. Tripolitza appelée aujourd’hui Tripoli fut reprise par les Ottomans en 1824. Ils la détruisirent, les Grecs l’ont reconstruite depuis). Claude Bonnefond réalisa un tableau intitulé “officier grec blessé” (au Musée de Lyon). Horace Vernet réalisa “La défaite” en 1827 (au Musée Benaki d’Athènes) et “Scène de la guerre d’indépendance” en 1826 (au Palais de l’Archevêque à Nicosie), citons encore : Eugène Delacroix : “Scène de guerre actuelle entre les Grecs et les Turcs” (au salon de 1827), Giovanni Boggi : “Portrait de Theodoros Kolokotronis” -un des chefs de la résistance grecque- en 1825 (au Musée de la ville d’Athènes), Ludowig Vogel : “Portraits des réfugiés grecs de Zurich” de 1823 (au Schweizerisches Landesmuseum de Zurich, un comité philhellène suisse assura la formation militaire de volontaires grecs), Charles Lock Eastlake : “Réfugiés grecs” en 1833 (Musée Benaki Athènes), Karl Krazeizen : “Grecs luttant parmi les ruines antiques” de 1829 (collection Mike Krassakis à Cologne)...

Le baron Fabvier, pour sa part rejoignit les combattants grecs en 1823 et organisa la défense d’Athènes. Il fit partie des derniers combattants réfugiés sur l’Acropole qui fut prise par les Turcs en juin 1827. (en 1927, 3 timbres grecs eurent pour thème “la défense de l’Acropole par le général français Fabvier”). A Nauplie, au fort Palamède, un bastion a été baptisé “Robert” en souvenir d’un volontaire français tué durant l’assaut du bastion en novembre 1822.

Malgré l’aide des volontaires, et après 6 ans 1/2 d’une guerre sanglante, les Turcs à force de massacres avaient maté toute rebellion et récupéré tout le territoire perdu. Les Grecs s’étaient battus avec l’énergie du désespoir contre des forces très supérieures, espérant et attendant en vain l’intervention des “Puissances”. Celles-ci ne se décidèrent qu’après l’écrasement complet de la résistance grecque!. Le 20 octobre 1827, une action conjointe de la Russie, de l’Angleterre et de la France, permit de vaincre les Turcs à la bataille navale de Navarin. Au chapitre IV de “L’archipel en feu”, Jules Verne écrit :”C’était l’indépendance que les canons de Navarin venaient d’assurer aux enfants de la Grèce”. (On peut se demander au passage si cette phrase de Jules Verne n’a pas inspiré le titre d’un film de 1961 :”Les canons de Navarone” ?).

Une campagne de l’armée française fut conduite dans le Péloponnèse par le général Maison en 1828 et deux armées russes marchèrent sur Istanbul en 1829. A la suite, divers traités internationaux (dont le traité d’Andrinople en 1829) accordèrent l’indépendance à la Grèce qui s’est achevée (dans les limites actuelles de la Grèce), en 1947 (plusieurs timbres grecs en 1928 et 1977 rappelèrent la bataille de Navarin. L’un des timbres de 1928 est consacré à l’amiral français de Rigny qui avait engagé la bataille contre la flotte ottomane).

Edgar Quinet qui visita la Grèce début 1829, décrivit le pays comme un vaste ossuaire en plein air (dans “la Grèce moderne et ses rapports avec l’antiquité”); rien qu’à Athènes, après le départ des Turcs, la ville est presqu’entièrement détruite, il ne reste que 4.000 survivants. Les Turcs ont même incendié les 150.000 oliviers de l’oliveraie qui se trouvait à l’ouest d’Athènes. Presque partout, avant de se retirer, les Turcs détruisent les oliviers de la Grèce. Dans son “dictionnaire de la Grèce”, Jacques Lacarrière commentant l’ouvrage d’Edgar Quinet écrit : “on se demande vraiment comment laGrèce put survivre à de telles destructions” et parlant de la Crète : “ La domination turque, qui dura jusqu’à 1898, avait provoqué dans l’île un tel état de misère et de détresseque seules les horreurs de l’enfer imaginées par Dante auraient pu l’égaler”.

 

Victor Hugo, pour sa part se déchaîna contre les Turcs dans différents poèmes publiés en 1829 sous le titre : “Les Orientales”. Parmi ceux-ci :

Enthousiasme”de 1827 : appel à la mobilisation de l’Europe pour la Grèce . Ce poème commence ainsi :

En Grèce! en Grèce! adieu, vous tous! il faut partir!

Qu’enfin, après le sang de ce peuple martyr,

Le sang vil des bourreaux ruisselle!

En Grèce, ô mes amis! vengeance! liberté!

Ce turban sur mon front, ce sabre à mon côté!

Allons! ce cheval, qu’on le selle!

Quand partons-nous? Ce soir! demain serait trop long

Des armes! des chevaux! un navire à Toulon!

Un navire, ou plutôt des ailes!...”

Navarin”de novembre 1827, du nom de la bataille navale, illustrée par un tableau de Ambroise Louis Garneray (dans les galeries historiques de Versailles), par 2 tableaux de Jean Charles Langlois (l’un intitulé “combat de Navarin” est exposé à Compiègne au Musée du Palais, l’autre “entrevue du général Maison et d’Ibrahim Pacha à Navarin” est exposé à Versailles), et par un tableau de George Philip Reinagle “La bataille de Navarin” de 1827 (à la “Fine Art Society” à Londres). Voici un extrait du poème de Victor Hugo:

Ibrahim, que rien ne modère...

Il court où le butin le tente,

Et lorsqu’il retourne à sa tente,

Chaque fois sa main dégoûtante

Jette des têtes au Sérail...”

La douleur du Pacha” de décembre 1827, à la suite de la défaite des Turcs.

Ci après un extrait de ce poème :

Ce ne sont pas non plus les villes écroulées,

Les ossements humains noircissant les vallées,

La Grèce incendiée, en proie aux fils d’Omar,

L’orphelin, ni la veuve, et ses plaintes amères,

Ni l’enfance égorgée aux yeux des pauvres mères,

Ni la virginité marchandée au bazar,...”

Les têtes du sérail” de juin 1826, qui conte la mort de 3 héros grecs : Joseph évêque orthodoxe de Rogous, mort en combattant les Turcs, Constantin Canaris, dont la mort avait été annoncée (à tort) au moment où Victor Hugo rédigea son poème, et Markos Botzaris, un des premiers chefs de l’insurrection, mort au combat en 1823, que les Grecs inhumèrent et que les Turcs exhumèrent pour lui trancher la tête et l’envoyer au Sultan. Plusieurs timbres grecs furent consacrés à Botzaris en 1926, 1930 et 1971. A Paris, une station de métro (sur la ligne 7bis) s’appelle “Botzaris”. Dans le chapitre VIII de la deuxième partie de “Vingt milles lieues sous les mers”, Jules Verne fait figurer le portrait de Botzaris dans la cabine du capitaine Nemo. Dans le même roman, le capitaine Nemo livre aux insurgés grecs, du côté de la Crète, un coffre rempli de lingots d’or pour les aider dans leur lutte contre les Turcs. Le Museo Civico à Trevise conserve toute une série de tableaux de Lodovico Lipparini sur la guerre d’indépendance dont l’un sur “La mort de Markos Botsaris”.

Plusieurs timbres grecs de 1930 et toute une série en 1971 sont relatifs à l’action du clergé orthodoxe dans cette guerre d’indépendance; l’un de ces timbres est consacré au patriarche orthodoxe Grégoire V que les Turcs avaient pendu à Istanbul en 1821. L’hymne national grec rend hommage à ce patriarche avec cette phrase : “Pleurez tous : l’Eglise a perdu son chef vénéré; pleurez, pleurez : il a subi l’infâme supplice réservé aux assassins.”

Ci-après un extrait des propos que Victor Hugo prête à Botzaris dans son poème :

Les Musulmans vainqueurs dans ma tombe fouillèrent,

Ils mélèrent ma tête aux vôtres qu’ils souillèrent.
Dans le sac du Tartare on les jeta sans choix.
Mon corps décapité trésaillit d’allégresse;

Il me semblait, ami, pour la Croix et la Grèce

Mourir une seconde fois.”

L’’enfant”de juin 1828, relatif aux massacres de Chio. Eugène Delacroix peignit, lui, “Les massacres de Scio”, tableau exposé au Musée du Louvre, tandis que le sculpteur Pierre Jean David dit “David d’Angers” réalisait une sculpture en marbre : “L’enfant grec” (au Musée des Beaux-Arts d’Angers) et “la jeune grecque sur le tombeau de Markos Botzaris” (au Musée historique d’Athènes. Cette sculpture fut reproduite sur un timbre grec de 1926). Un encrier de bronze avec une statuette de “Markos Botsaris expirant” inspiré de David d’Angers est conservé au Musée Benaki d’Athènes. Sur le thème de la guerre d’indépendance, de nombreux artistes décorèrent des vases, des assiettes, des pendules... (voir “La Grèce retrouvée de Fani-Maria Tsigakou Seghers 1984). En Angleterre le “Morning Chronicle” publia un poème “Les larmes de Scio”.

Cri de guerre du Mufti” d’octobre 1828, rédigé après la défaite des Ottomans, mais si les Turcs avaient perdu Athènes, ils occupèrent l’Acropole jusqu’en 1834. La mosquée qu’ils avaient construite à l’intérieur du Parthénon ne fut démolie qu’en 1842.

Canaris”en novembre 1828, du nom de l’amiral de la flotte grecque. Un timbre grec lui fut consacré en 1930 dans le cadre d’une série sur les “héros de l’indépendance”. Parmi ces timbres, l’un est dédié à Laskarina Bouboulis dite “La Bouboulina”. Cette veuve d’un armateur grec consacra sa fortune à la guerre d’indépendance. Elle arma 4 navires à ses frais pour combattre les Turcs et participa elle-même aux combats. Elle appela son navire amiral “l’Agamemnon”.(nom du chef des Grecs contre Troie). Elle fut assassinée le 22 mai 1825. Deux timbres grecs de 1971 et 1983 représentent des navires de la Bouboulina. Le danois Adam Friedel von Friedelsburg réalisa 24 portraits des principaux chefs de l’insurrection grecque dont une lithographie de Lascarina Bouboulina en 1827. En 1993, Michel de Grèce lui consacra un livre : “La Bouboulina”. Signalons également que la pièce grecque de 2 centimes d’Euro représente une corvette de 1821 ayant participé à la guerre d’indépendance. Au chapitre XIII de “l’Archipel en feu”, Jules Verne cite Modena et Zacharias parmi les femmes grecques qui comme la Bouboulina consacrèrent leur fortune à faire construire des navires pour combattre les Turcs.

Canaris inspira à Victor Hugo deux autres poèmes intitulés “A Canaris”, datés d’octobre 1832 et de septembre 1835 et publiés dans “Les Chants du crépuscule” fin 1835. Voici un extrait du poème de 1832 :

Nous avons un instant crié : La Grèce! Athènes!

Sparte! Léonidas! Botzaris! Démosthènes!

Canaris, demi-dieu de gloire rayonnant!...”

et du poème de 1835 :

Toi qui brises tes fers rien qu’en les secouant,

Toi dont le bras, la nuit, envoie en se jouant,

Avec leurs icoglans, leurs noirs, leurs femmes nues,

Les capitans-pachas s’éveiller dans les nues!...”

 

 

Bien d’autres personnalités ont, à l’époque, pris la défense de la Grèce. Signalons Claude Fauriel qui publia en 1824/1825 “Chants populaires de la Grèce moderne” (chants patriotiques), Jules Verne dans son roman “l’archipel en feu” en 1884, Lamartine dans son poème “Invocations pour les Grecs” en 1826, et surtout Chateaubriand qui, en 1825, dans une “note sur la Grèce”, appela toutes les nations européennes à s’unir pour imposer à l’Empire Ottoman l’indépendance de la Grèce. Cette “note sur la Grèce” fut largement diffusée et figura entre autres en avant-première, dès 1827, de plusieurs éditions de “l’Itinéraire de Paris à Jérusalem”.

Ci-après quelques extraits de cette “note sur la Grèce” copiés dans une édition de 1859 de l’Itinéraire chez Firmin-Didot :

Malheur au siècle, témoin passif d’une lutte héroïque, qui croirait qu’on peut, sans périls comme sans pénétration de l’avenir, laisser immoler une nation! Cette faute, ou plutôt ce crime, serait tôt ou tard suivi du plus rude châtiment”...

Et l’on soutiendrait aujourd’hui qu’il n’y a ni massacre, ni exil, ni expropriation en Grèce! On prétendrait qu’il est permis d’assister paisiblement à l’égorgement de quelques millions de chrétiens!”...

Vous ne voulez pas serrer la main suppliante de la Grèce? eh bien! sa main mourante vous marquera d’une tache de sang, afin que l’avenir vous reconnaisse et vous punisse.”...

N’est-il pas étrange que l’on voie l’Afrique, l’Asie et l’Europe mahométane verser incessamment leurs hordes dans la Grèce, sans que l’on craigne les effets plus ou moins éloignés d’un pareil mouvement? Une poignée de chrétiens qui s’efforcent de briser le joug odieux sont accusés par des chrétiens d’attenter au repos du monde; et l’on voit sans effroi s’agiter, s’agglomérer, se discipliner ces milliers de barbares qui pénétrèrent jadis jusqu’au milieu de la France, jusqu’aux portes de Vienne.”...

Non seulement on fait l’éducation des soldats de la secte la plus fanatique et la plus brutale qui ait jamais pesé sur la race humaine, mais on les approche de nous. C’est nous,chrétiens, c’est nous qui prêtons des barques aux Arabes et aux nègres de l’Abyssinie pour envahir la chrétienté.”...

Etablie sur les ruines de la Grèce antique et sur les cadavres de la Grèce chrétienne, la barbarie enrégimentée menacera la civilisation”...

Recommander l’humanité à des Turcs, les prendre par les beaux sentiments, leur expliquer le droit des gens, leur parler de hospodorats, de trêves, de négociations, sans rien leur intimer et sans rien conclure, c’est peine perdue, temps mal employé”...

l’Europe doit préférer un peuple qui se conduit d’après les lois régénératrices des lumières, à un peuple qui détruit partout la civilisation. Voyez ce que sont devenues, sous la domination des Turcs, l’Europe, l’Asie et l’Afrique mahométanes...”

Sait-on bien ce que c’est pour les Osmanlis (ancien nom des Ottomans) que le droit de conquête, et de conquête sur un peuple qu’ils regardent comme des chiens révoltés? Ce droit c’est le massacre des vieillards et des hommes en état de porter les armes (en note, Chateaubriand signale le cas de 500 hommes de Modon qui furent sciés par le milieu du corps), l’esclavage des femmes, la prostitution des enfants suivie de la circoncision forcée et de la prise du turban. C’est ainsi que Candie, l’Albanie et la Bosnie, de chrétiennes qu’elles étaient, sont devenues mahométanes”....

Il faut considérer l’invasion d’Ibrahim comme une nouvelle invasion de la chrétienté par les musulmans. Mais cette seconde invasion est bien plus formidable que la première : celle-ci ne fit qu’enchaîner les corps; celle-là tend à ruiner les âmes : ce n’est plus la guerre au chrétien, c’est la guerre à la Croix”...

On assure qu’Ibrahim, arrivé à Patras, va faire transporter une partie de son armée à Missolonghi. Cette place, assiégée depuis près d’un an, et qui a résisté aux bandes tumultueuses de Reschid-Pacha, pourra-t-elle, avec des remparts à moitié détruits, des moyens de défense épuisés, une garnison affaiblie, résister aux brigands disciplinés d’Ibrahim?”...

Notre siècle verra-t-il des hordes de Sauvages étouffer la civilisation renaissante dans le tombeau d’un peuple qui a civilisé la terre? La chrétienté laissera-t-elle tranquillement les Turcs égorger des chrétiens?...”

Mais lorsqu’enfin on a pendu ses prêtres et souillé ses temples, lorsqu’on a égorgé, brûlé, noyé des milliers de Grecs, lorsqu’on a livré leurs femmes à la prostitution, emmené et vendu leurs enfants dans les marchés de l’Asie, ce qui restait de sang dans le coeur de tant d’infortunés s’est soulevé. Ces esclaves par force ont commencé à se défendre avec leurs fers”...

 

Dans une intervention à la Chambre des Pairs en date du 15 mars 1826, Chateaubriand demanda que les dispositions de la loi du 15 avril 1818 contre la traite des noirs soient étendues à l’esclavage des chrétiens organisé par certains pays musulmans appelés

par Chateaubriand “puissances barbaresques” dans une autre intervention à la Chambre des Pairs en date du 9 avril 1816.

 

 

 

Interrogation : En Occident on parle souvent du “génocide arménien”, jamais du “génocide grec”. Pourquoi ?

Les Turcs du XXIe siècle ne peuvent naturellement être responsables des crimes des Ottomans. Les crimes des Nazis n’empêchent pas l’alliance avec les Allemands; mais de même que l’amitié d’aujourd’hui avec les Allemands n’exclut pas le devoir de mémoire pour les exterminés des camps, ceux d’Oradour, Jean Moulin, les résistants des Glières, ceux du Vercors etc etc etc, l’alliance avec les Turcs ne doit pas exclure le devoir de mémoire envers les Grecs du XIXe siècle et ce d’autant que dans cette tragédie, les “Puissances” semblent avoir été surtout préoccupées de se surveiller les unes les autres (et d’empêcher les dites autres d’étendre leur zone d’influence), plutôt que d’aider les Grecs. Dans ce sens ces “Puissances” ont aussi leurs responsabilités dans le génocide.

Outre le devoir de mémoire, le rappel des événements permet de mieux comprendre certaines réactions actuelles. L’importance des émissions de timbres grecs sur la guerre d’indépendance (celles citées ci dessus ne sont que partielles, et il faudrait également signaler une émission de timbres chypriotes en 1971 pour commémorer le 150° anniversaire de l’indépendance de la Grèce) suffirait à penser que le souvenir des atrocités du XIXe siècle n’est pas complètement effacé de la mémoire des Grecs. L’hymne national grec composé par Solomos en 1823 et toujours en vigueur en serait un témoignage s’il était nécessaire. En voici quelques extraits :

La terre vomissait à flots pressés les mânes de tous ceux qui avaient été les victimes innocentes de la fureur des Turcs...

Les Grecs braves comme des lions, se battaient en criant toujours feu, et la race impie des Turcs se dispersait en hurlant toujours allah!...

Ô trois cents Spartiates! levez-vous, revenez parmi vos enfants: vous verrez combien ils ressemblent à leurs glorieux pères...

Puissé-je entendre gronder ainsi le vaste Océan, et le voir engloutir sous ses ondes toute la race musulmane...”

 

 

 

Exemples de paroles de chansons grecques des années 1820, rapportées par Claude Fauriel en 1824 dans “chants populaires de la Grèce moderne” :

 

GUERRES DE SOULI (III)

Un oiseau s’est posé sur le haut du pont. Il se lamente et dit; il dit à Ali Pacha : ce n’est point ici Iannina; pour y faire des jets d’eau; ce n’est point ici Prévéza pour y bâtir des forteresses. C’est ici Souli le fameux, Souli le renommé, où vont en guerre les petits enfants, les femmes et les filles; où la femme de Tsavellas combat, le sabre à la main, son nourisson à un bras, le fusil à l’autre, et le tablier plein de cartouches.

 

GUERRES DES SOULIOTES (X)

Un grand bruit se fait entendre : les coups de fusil pleuvent : est-ce une noce que l’on tire? est-ce une réjouissance? Ce n’est ni à une noce que l’on tire, ni dans une réjouissance.
C’est Despo qui combat avec ses brus et ses filles. Les Albanais l’ont assaillie dans la tour de Dimoulas :” Femme de George, rends les armes : ce n’est point ici Souli; ici tu es l’esclave du pacha, la captive des Albanais” - “Souli a beau s’être rendu, Kiapha a beau être devenue turke, Despo n’eut, Despo n’aura jamais des Liapes pour maîtres”. Elle saisit un tison dans sa main, appelle ses filles et ses belles-filles : “Ne soyons par les esclaves des Turks, mes enfants; suivez-moi”. Elle met le feu aux cartouches, et toutes disparaissent dans le feu.

 

 

 

 

extraits de lettres d’Edgar Quinet à sa mère

(publiées par la librairie Honoré Champion à Paris 2003)

 

lettre d’Egine du 17.4.1829 : “J’ai vu de mes yeux et distinctement la pauvre Athènes, qui ressemble de ce point à une grande métaierie, ou à un monastère abandonné”

lettre d’Egine du 26.4.1829 : “Voici deux jours que je suis de retour d’Athènes... La ville est détruite de fond en comble, il ne reste que les monuments antiques avec quelques palmiers çà et là. J’ai tout vu, tout reconnu à mon gré dans cette pauvre Athènes qui est encore la plus belle et la plus touchante des ruines.”

lettre de Syra du 12.5.1829 :”Je viens d’entendre dire que mes compagnons ou ceux qui les dirigent ont été tellement effrayés de ce pays, qu’ils étaient encore à Modon, il y a quinze jours, sans oser en sortir.”

lettre de Marseille du 5.6.1829 :”Je reviens de tous points satisfait de mon voyage. Vous savez que je l’ai fait seul, et que j’ai pénétré jusque dans Athènes où j’ai vécu deux jours. J’ai été obligé de me séparer de mes compagnons qui sont restés deux mois inactifs à Modon, par épouvante à ce qu’on dit.”

 

EXTRAITS DE “LA GRECE MODERNE ET SES RAPPORTS AVEC L’ANTIQUITE”

d’EDGAR QUINET 1830

 

... je pris la chaussée vénitienne de Modon, à travers les couches de cendre et les troncs brûlés des oliviers dont la vallée était autrefois ombragée...à la place des villages, des kiosques et des tours...on ne voit plus que de longues murailles calcinées... Une fois, je me dirigeai vers les restes d’une église byzantine, où je croyais voir des marbres écroulés; il se trouva que le porche et le circuit étaient jonchés de blancs squelettes...je descendis vers la mer pour y chercher le port; là encore je ne vis sous une nuée de corbeaux, que des ossements d’hommes et de chevaux...
Entre plusieurs récits qu’ils nous firent, je fus frappé de l’atrocité d’un supplice que le bim-baschi avait fait subir quelque temps auparavant sous leurs yeux à l’un de ses prisonniers : cet homme, qui était un ancien scribe des environs, avait été écorché vif, des pieds jusqu’à la tête, et suspendu ainsi, par des crochets de fer enfoncés dans la poitrine, à un olivier, où il vécut tout un jour. Je tiens d’une autre source non moins certaine qu’un médecin, philhellène français, ayant été pris au Pirée par une bande d’Albanais, sa taille un peu replète les mit en joie; ils le pendirent à un arbre, où ils le tirèrent à la cible toute la matinée.”

 

 

EXTRAITS D’UN AVERTISSEMENT D’EDGAR QUINET DATE DU 11 JUILLET 1857

POUR UNE REEDITION DE “LA GRECE MODERNE ET SES RAPPORTS AVEC L’ANTIQUITE”

 

Y avait-il encore une nation, un avenir sous cette blanche poussière d’ossements humains qui couvrait littéralement les rivages et la place des villes? On pouvait en douter. Il n’a pas été inutile de tracer à la fois le tableau de l’extermination et celui du réveil de la Grèce en 1829...
La Grèce si elle est quelque chose est un Etat maritime; et c’est ce que l’Angleterre ne veut pas. La Grande-Bretagne, la reine des mers jalouse Hydra et Poros. La puissante Angleterre, la chrétienne Angleterre a fait tout ce qu’il fallait pour étouffer au berceau le peuple qui venait au monde. A peine né, elle le rançonnait déjà, elle l’emprisonnait pour dettes...

L’Europe n’est intervenue qu’après sept ans et rassasiée du spectacle du carnage. Une si lente extermination donne un droit à celui qui a survécu. Une plante arrosée de tant de sang ne peut plus être extirpée par personne...

Au milieu de la plus grande destruction d’hommes et de choses que l’on verra jamais, je me suis trouvé dans mon voyage, en face de la nature seule...L’anéantissement de tous les vestiges humains...La détresse était telle qu’il m’eût été impossible de m’attacher au souvenir des époques brillantes de la société grecque. Partout la barbarie présente me ramenait à la barbarie antique. Dans un monde redevenu primitif par l’effet du carnage et de la déprédation je n’aurais pu parler de Périclès, de Sophocle, de Socrate. Je revenais comme naturellemnt aux Pelasges mangeurs de glands et aux dieux d’Arcadie à têtes de loups.”

 

 

 

 

EXTRAITS DE “L’ARCHIPEL EN FEU”

ROMAN DE JULES VERNE DE 1884

chapitreII :

...après la mort de son père, qui fut l’une de ces milliers de victimes de la cruauté des Turcs, sa mère, affamée de haine, n’attendit plus que l’heure de se jeter dans le premier soulèvementcontre la tyrannie ottomane”

chapitre III :

Pendant près de deux cents ans, on peut dire que la vie politique de la Grèce fut complètement éteinte. Le despotisme des fonctionnaires ottomans, qui y représentaient l’autorité, passait toutes limites. Les Grecs n’étaient ni des annexés, ni des conquis, pas même des vaincus : c’étaient des esclaves, tenus sous le bâton du pacha, avec l’imam ou prêtre à sa droite, le djellah ou bourreau à sa gauche...
En 1821, les Souliotes et le Magne se soulevèrent. A Patras, l’évêque Germanos, la croix en main, pousse le premier cri. La Morée, la Moldavie, l’Archipel se rangent sous l’étendard de l’indépendance. Les Hellènes, victorieux sur mer, parviennent à s’emparer de Tripolitza. A ces premiers succès des Grecs, les Turcs répondent par le massacre de leurs compatriotes qui se trouvaient à Constantinople...
Les Philhellènes accoururent à leur secours de tous les points de l’Europe. Ce furent des Italiens, des Polonais, des Allemands mais surtout des Français qui se rangèrent contre les oppresseurs. Les noms de Guys de Sainte-Hélène, de Gaillard, de Chauvassaigne, des capitaines Baleste et Jourdain, du colonel Fabvier, du chef d’escadron Regnaud de Saint-Jean d’Angely, du général Maison, auxquels il convient d’ajouter ceux de trois Anglais : lord Cochrane, lord Byron, le colonel Hasting...

En 1822, Ali de Tébelen, assiégé dans sa forteresse de Janina, est lâchement assassiné au milieu d’une conférence que lui avait proposée le général turc Kourschid...

Ce fut dans les luttes de cette année là (1823)que succomba Marco Botsaris, ce patriote dont on a pu dire : il vécut comme Aristide et mourut comme Léonidas...

Ibrahim Pacha voulut aller prendre part au second siège de Missolonghi, dont le général Kiotagi ne parvenait pas à s’emparer, bien que le sultan lui eût dit : Ou Missolonghi ou ta tête! En 1826, le 5 janvier, après avoir brûlé Pyrgos, Ibrahim arrivait devant Missolonghi. Pendant trois jours, du 25 au 28, il jeta sur la ville huit mille bombes et boulets, sans pouvoir y entrer, même après un triple assaut, et bien qu’il n’eût à faire qu’à deux mille cinq cents combattants, déjà affaiblis par la famine.... Le 23 avril, après un siège qui avait coûté la vie à mille neuf cents de ses défenseurs, Missolonghi tombait au pouvoir d’Ibrahim, et ses soldats massacrèrent hommes, femmes, enfants, presque tout ce qui survivait des neuf mille habitants de la ville...

Ainsi voit-on apparaître le nom de Bobolina, née dans une petite île, à l’entrée du golfe de Nauplie. En 1812, son mari est fait prisonnier, emmené à Constantinople, empalé sur ordre du sultan.... Une autre grande figure doit être placée au même rang que cette vaillante Hydriote. Toujours mêmes faits amenant mêmes conséquences. Un ordre du sultan fait étrangler à Constantinople le père de Modena Mavroeinis, femme dont la beauté égalait la naissance. Modena se jette aussitôt dans l’insurrection...” (Jules Verne passe alors en revue les principales héroïnes de la guerre d’indépendance dont Andronika, Despo ... pour conclure) :”on peut voir de quoi étaient capables les descendantes des Héllènes...

dans la ville de Scio... où périrent vingt trois mille chrétiens, sans compter quarante sept mille qui furent vendus comme esclaves sur les marchés de Smyrne...”

chapitre IX :

A cette époque, le sultan avait lancé, contre Scio cet arrêt terrible : feu, fer, esclavage. Le capitan-pacha, Kara-Ali fut chargé de l’exécuter. Il l’accomplit. Ses hordes sanguinaires prirent pied dans l’île. Hommes au dessus de douze ans, femmes au-dessus de quarante ans furent impitoyablement massacrés. Le reste réduit en esclavage...”

chapitreXIII :

A cette époque, les soldats d’ibrahim faisaient encore une guerre féroce aux populations du centre de la Morée (ancien nom du Péloponnèse), tant éprouvées déjà et depuis si longtemps. Les malheureux qu’on ne massacrait pas étaient envoyés dans les principaux ports de la Messénie, à Patras, ou à Navarin,. de là, des navires, les uns frétés par le gouvernement turc, les autres fournis par les pirates de l’Archipel, les transportaient par milliers soit à Scarpanto, soit à Smyrne, où les marchés d’esclaves se tenaient en permanence”....

Alger était encore à la discrétion d’une milice, composée de musulmans et de renégats, rebut des trois continents qui forment le littoral de la Méditerranée, ne vivant que de la vente des prisonniers faits par les pirates et de leur rachat par les chrétiens. Au dix-septième siècle, la terre africaine comptait déjà près de quarante mille esclaves des deux sexes, enlevés à la France, à l’Italie, à l’Angleterre, à l’Allemagne, à la Flandre, à la Hollande, à la Grèce, à la Hongrie, à la Russie, à la Pologne, à l’Espagne dans toutes les mers de l’Europe. A Alger, au fond des bagnes du pacha d’Ali-Mami, des Kouloughis et de Sidi-Hassan, à Tunis, dans ceux de Youssif-Dey, de Galere-Patrone et de Cicala, dans celui de Tripoli....”

 

INVOCATION POUR LES GRECS

poème de Lamartine de 1826

 

 

N’es-tu plus le Dieu des armées?
N’es-tu plus le Dieu des combats?

Ils périssent, Seigneur, si tu ne réponds pas!

L’ombre du cimeterre est déjà sur leurs pas!

Aux livides lueurs des cités enflammées

Vois-tu ces bandes désarmées,

Ces enfants, ces vieillards, ces vierges alarmées?

Ils flottent au hasard de l’outrage au trépas,

Ils regardent la mer, ils te tendent les bras;

N’es-tu plus le Dieu des armées?
N’es-tu plus le Dieu des combats?

 

Jadis tu te levais! tes tribus palpitantes

Criaient : Seigneur! Seigneur! ou jamais ou demain!

Tu sortais tout armé, tu combattais! soudain

L’Assyrien frappé tombait sans voir la main,

D’un souffle de ta peur tu balayais ses tentes,

Ses ossements blanchis nous traçaient le chemin!

Où sont-ils? où sont-ils ces sublimes spectacles

Qu’ont vus les flots de Gad et les monts de Séirs?

Eh quoi! la terre a des martyrs,

Et le ciel n’a plus de miracles?

Cependant tout un peuple a crié : Sauve-moi;

Nous tombons en ton nom, nous périssons pour toi!

 

Les monts l’ont entendu! les échos de l’Attique

De caverne en caverne ont répété ses cris,

Athènes a tressailli sous sa poussière antique

Sparte les a roulés de débris en débris!

Les mers l’ont entendu! les vagues sur leurs plages,

Les vaisseaux qui passaient, les mâts l’ont entendu!

Le lion sur l’Oeta, l’aigle au sein des nuages;

Et toi seul, ô mon Dieu! tu n’as pas répondu!

 

Ils t’ont prié, Seigneur, de la nuit à l’aurore,

Sous tous les noms divins où l’univers t’adore;

Ils ont brisé pour toi leurs dieux, ces dieux mortels,

Ils ont pétri, Seigneur, avec l’eau des collines,

La poudre des tombeaux, les cendres des ruines,

Pour te fabriquer des autels!

 

Des autels à Délos! des autels sur Egine!

Des autels à Platée, à Leuctre, à Marathon!

Des autels sur la grève où pleure Salamine!

Des autels sur le cap où méditait Platon!

 

Les prêtres ont conduit le long de leurs rivages

Des femmes, des vieillards qui t’invoquaient en choeurs,

Des enfants jetant des fleurs

Devant les saintes images,

Et des veuves en deuil qui cachaient leurs visages

Dans leurs mains pleines de pleurs!

 

Le bois de leurs vaisseaux, leurs rochers, leurs murailles,

Les ont livrés vivants à leurs persécuteurs,

Leurs têtes ont roulé sous les pieds des vainqueurs

Comme des boulets morts sur les champs de batailles;

Les bourreaux ont plongé la main dans leurs entrailles;

Mais ni le fer brûlant, Seigneur, ni les tenailles

N’ont pu t’arracher de leurs coeurs!

 

Et que disent, Seigneur, ces nations armées

Contre ce nom sacré que tu ne venges pas!

Tu n’es plus le Dieu des armées!

Tu n’es plus le Dieu des combats!

 

(De Lamartine voir également le “Voyage en Orient” publié en 1835 où il décrit l’état de ruines dans lequel les Turcs ont laissé la Grèce et les destructions des oliviers)

 

 

 

extraits du chant II de “Childe Harold’s Pilgrimage” de Lord Byron

(publié à Londres en 1812; traduction française utilisée : Florence Guilhot et J.L. Paul, éditions Ressouvenances septembre 2001)

 

 

LXI : “On n’entend jamais la voix de la femme :

Sans se mouvoir, gardée, voilée, bannie,

Elle livre à un seul son être et sa flamme

Soumise, en cage, sans acrimonie,

A ce maître à qui elle s’est unie...”

 

LXXIII : “ Belle Grèce! Amer vestige, éclat passé!

Grande déchue, caduque impérissable!

Qui mènera tes enfants dispersés?

Qui rompra le servage interminable?

Jadis tes fils n’étaient point comparables,

Attendant les guerriers voués au caveau.

Des Termopyles, sépulcre lamentable

Qui réveillant cet esprit brave et beau.
S’élançant d’Eurotas, te prendra du tombeau ?”

 

 

LXXV : “Ils sont changés en tout hormis de corps!

Qui voit la flamme briller en leurs yeux

Croirait bien que leurs coeurs brûlent encor,

liberté perdue, de ton feu radieux.

S’approche l’heure qui, de leurs aïeux

-Rêvent beaucoup-, leur rendra l’héritage :

D’arme et d’aide d’autrui sont-ils envieux,

N’osant seuls affronter l’hostile rage,

Rayé leur nom souillé du livre d’Esclavage.”

 

LXXVI : “Ignorez-vous, esclaves de l’histoire :

Qui se veut libre est son libérateur,

Ses droites armes forgent sa victoire ?

Celte ou Slave vous seraient protecteurs?

Non! Qu’ils terrassent vos fiers spoliateurs,

Et la flammme libre pour vous ne monte !

Ombres d’ilotes! Soyez triomphateurs!

Votre état dure quiconque vous dompte :

Le jour glorieux prit fin, non vos années de honte.

 

 

LXXVII :”La Cité pour Allah prise au Giaour,

Il pourra la reprendre à l’Ottoman;

Et du Sérail l’impénétrable tour

Reverra son hôte, le Franc ardent,

Les Rebelles de Wahab dépouillant

la tombe du Prophète, feront chemin

Sanglant qui serpente vers l’Occident...”

 

LXXIX :”Lequel défile avec plus de folie,

Istanbul, jadis reine de leur règne?

Si les turbans souillent Sainte-Sophie,

Si les vrais autels la Grèce dédaigne...”

 

LXXXIII : “C’est ce que sent le vrai fils de la Grèce,

Si elle peut en vanter dans ses rangs,

Lorsque tant, parlant guerre, en paix s’abaisse

Cette paix de l’esclave soupirant...”

 

LXXXIV :”Puisse Sparte réveiller son ardeur,

Un Epaminondas Thèbes connaître,

Les fils d’Athènes être doués d’un coeur,

Tes mères, Grèce! des hommes faire naître...”

 

 

 

 

CRI DE GUERRE DU MUFTI

(Poème de Victor Hugo d’octobre 1828, publié en 1829 dans la série “Les Orientales”)

 

En guerre les guerriers! Mahomet! Mahomet!

Les chiens mordent les pieds du lion qui dormait;

Ils relèvent leur tête infâme;

Ecrasez, ô croyants du prophète divin,

Ces chancelants soldats qui s’enivrent de vin,

Ces hommes qui n’ont qu’une femme!

 

Meure la race franque et ses rois détestés!

Spahis, timariots, allez, courez, jetez

A travers les sombres mélées

vos sabres, vos turbans, le bruit de votre cor,

Vos tranchants étriers, larges triangles d’or,

Vos cavales échevelées!

 

Qu’Othman, fils d’Ortogrul, vive en chacun de vous,

Que l’un ait son regard et l’autre son courroux.

Allez, allez, ô capitaines!

Et nous te reprendrons, ville aux dômes d’azur,

Molle Setiniah, qu’en leur langage impur

les barbares nomment Athènes!

 

 

 

 

LE VOILE

(Poème de Victor Hugo de septembre 1828, publié en 1829 dans la série “Les Orientales”)

 

LA SOEUR

Qu’avez-vous, qu’avez-vous, mes frères ?

Vous baissez des fronts soucieux;

Comme des lampes funéraires,

Vos regards brillent dans vos yeux.
Vos ceintures sont déchirées;

Déjà trois fois, hors de l’étui,

Sous vos doigts, à demi tirées,

Les lames des poignards ont lui.

 

LE FRERE AINE

N’avez-vous pas levé votre voile aujourd’hui ?

 

LA SOEUR

Je revenais du bain, mes frères,

Seigneurs, du bain, je revenais,

Cachée aux regards téméraires

Des Giaours et des Albanais.

En passant près de la mosquée

Dans mon palequin recouvert,

L’air du midi m’a suffoquée;

Mon voile un instant s’est ouvert.

LE SECOND FRERE

Un homme alors passait ? un homme en caltan vert.

 

LA SOEUR

Oui... peut-être...mais son audace

n’a point vu mes traits dévoilés...

Mais vous vous parlez à voix basse,

A voix basse vous vous parlez.

Vous faut-il du sang? sur mon âme,

Mes frères, il n’a pu me voir.
Grâce! tuerez-vous une femme,

Faible et nue en votre pouvoir !

 

LE TROSIEME FRERE

Le soleil était rouge à son coucher ce soir!

 

LA SOEUR

Grâce! qu’ai-je fait? grâce! grâce!

Dieu! quatre poignards dans mon flanc!

Ah! par vos genoux que j’embrasse...

O mon voile! ô mon voile blanc!

Ne fuyez pas mes mains qui saignent,

Mes frères, soutenez mes pas!

Car sur mes regards qui s’éteignent

S’étend un voile de trépas.

 

LE QUATRIEME FRERE

C’en est un que du moins tu ne lèveras pas!

 

L’ENFANT

(Poème de Victor Hugo de juin 1828, publié en 1829 dans le série “Les Orientales”)

 

Les Turcs ont passé là : tout est ruine et deuil.

Chio, l’île des vins, n’est plus qu’un sombre écueil,

Chio qu’ombrageaient les charmilles,

Chio, qui dans les flots reflétait ses grands bois,

Ses coteaux, ses palais, et le soir quelquefois

Un choeur dansant de jeunes filles.

Tout est désert : mais non, seul près des murs noircis,

Un enfant aux yeux bleus, un enfant grec, assis,

Courbait sa tête humiliée.

Il avait pour asile, il avait pour appui

une blanche aubépine, une fleur, comme lui

Dans le grand ravage oubliée.

 

Ah! pauvre enfant, pieds nus sur les rocs anguleux!

Hélas! pour essuyer les pleurs de tes yeux bleus

Comme le ciel et comme l’onde,

Pour que dans leur azur, de larmes orageux,

Passe le vif éclair de la joie et des jeux,

Pour relever ta tête blonde,

 

Que veux-tu? bel enfant, que faut-il donner

Pour rattacher gaiement et gaiement ramener

En boucles sur ta blanche épaule

Ces cheveux qui du fer n’ont pas subi l’affront,

Et qui pleurent épars autour de ton beau front,

Comme les feuilles sur le saule ?

 

Qui pourrait dissiper tes chagrins nébuleux ?

Est-ce d’avoir ce lis, bleu comme tes yeux bleus,

Qui d’Iran borde le puits sombre ?

Ou le fruit du tuba, de cet arbre si grand,

Qu’un cheval au galop met toujours en courant

Cent ans à sortir de son ombre?

 

Veux-tu pour me sourire, un bel oiseau des bois,

Qui chante avec un chant plus doux que le hautbois,

Plus éclatant que les cymbales?

Que veux-tu? fleur, beau fruit, ou l’oiseau merveilleux?

Ami, dit l’enfant grec, dit l’enfant aux yeux bleus,

Je veux de la poudre et des balles.

timbre grec de 1971 commémorant la victoire navale de Samos contre les Turcs

timbre grec de 1971 commémorant la victoire navale de Samos contre les Turcs

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10 octobre 2010 7 10 /10 /octobre /2010 11:13

 

CLARA

 

« Les cloches de Bâle » est un texte de 1934 de Louis Aragon (1897/1982). Ce texte se divise en 4 chapitres dont le dernier est intitulé « Clara ».
Ce dernier chapitre est relatif au « congrès de l'internationale socialiste contre la guerre » qui s'ouvrit à Bâle le 24 novembre 1912.

On voit un immense défilé dans les rues de Bâle des délégations venues de toute l'Europe. Durant toute la durée du défilé toutes les cloches de Bâle sonnent; d'où le titre du texte d'Aragon.

L'évêque de Bâle avait prêté la cathédrale pour la tenue du congrès. Le cortège s'engouffra dans la cathédrale, et là un orateur par pays prit la parole. Pour la France se fut Jean Jaurès. Pour l'Allemagne Clara Zetkin (d'où le titre du chapitre). Cetta Clara Zetkin née Clara Eissner en Saxe le 5 juillet 1857 fut une militante féministe, socialiste et pacifiste, proche de Rosa Luxembourg. Lors de l'arrivée des nazis au pouvoir, elle se réfugia en URSS et mourut le 20 juin 1933 près de Moscou. Son opposition à Staline laissa planer des doutes sur le caractère naturel de sa mort.

Voici les 2 dernières pages des « Cloches de Bâle » Les paroles de Clara Zetkin reprises par Aragon dans sa conclusion sont indiquées en italiques dans le texte ci-dessous :

 

« Dans le numéro de l'Humanité qui rend compte du congrès de Bâle, il est un discours dont pas une phrase n'a été rapportée. La mention du fait que ce discours a été prononcé y a même été omise. La présence au congrès de l'orateur n'est pas signalée dans ce journal. D'après l'Humanité du lendemain, impossible de soupçonner même la présence de la militante allemande Clara Zetkin, qui y prit la parole au nom de toutes les femmes socialistes.
Si nous , les mères, nous inspirions à nos enfants la haine la plus profonde de la guerre, si nous implantions en eux dès leur plus tendre jeunesse le sentiment, la conscience de la fraternité socialiste, alors le temps viendrait où à l'heure du danger le plus pressant il n'y aurait pas sur terre de pouvoir capable d'arracher cet idéal de leurs coeurs. Alors, dans les temps du danger et du conflit le plus terrible, ils penseraient d'abord à leur devoir d'homme et de prolétaire.
Si nous les femmes et les mères, nous nous élevions contre les massacres, ce n'est pas que, dans notre égoïsme et notre faiblesse, nous soyons incapables de grands sacrifices pour de grands objets, pour un grand idéal; nous avons passé par la dure école de la vie dans la société capitaliste, et à cette école nous sommes devenues des combattantes... Aussi pouvons-nous affronter notre propre combat et tomber s'il est besoin pour la cause de la liberté.

Elle parle. Elle parle non point comme une femme isolée, comme une femme qui a pris conscience pour elle-même d'une grande vérité, comme une femme à qui des circonstances exceptionnelles ont donné les connaissances et les facultés d'un homme, comme un homme de génie né dans un laboratoire humain.

Elle parle au contraire comme une femme, pour les autres femmes, pour exprimer ce que pensent toutes les femmes d'une classe. Elle parle comme une femme dont l'esprit s'est formé dans les conditions de l'oppression, au milieu de sa classe opprimée. Elle n'est pas une exception. Ce qu'elle dit vaut parce que des milliers, des millions de femmes le disent avec elle. Elle s'est formé comme elles, non pas dans le calme de l'étude et de la richesse, mais dans les combats de la misère et de l'exploitation. Elle est simplement à un haut degré d'achèvement le nouveau type de femme qui n'a plus rien à voir avec cette poupée, dont l'asservissement, la prostitution et l'oisiveté ont fait la base des chansons et des poèmes à travers toutes les sociétés humaines jusqu'à aujourd'hui.

Elle est la femme de demain, ou mieux, osons le dire : elle est la femme d'aujourd'hui . L'égale. Elle vers qui tend tout ce livre. Celle en qui le problème social de le femme est résolu et dépassé. Celle avec qui tout simplement ce problème ne se pose plus. Le problème social de la femme avec elle ne se pose plus différemment de celui de l'homme.

C'est précisément parce que la victoire future du socialisme se prépare dans le combat contre la guerre, que nous autres femmes, nous renforçons ce combat. Moins encore que pour les ouvriers, les Etats nationaux peuvent être pour nous une patrie véritable. Nous devons nous-mêmes créer cette patrie dans la société socialiste qui seule garantit les conditions de la complète émancipation humaine.

Maintenant, ici, commence la nouvelle romance. Ici finit le roman de la chevalerie. Ici pour la première fois dans le monde la place est faite au véritable amour. Celui qui n'est pas souillé par la hiérarchie de l'homme et de la femme, par la sordide histoire des robes et des baisers, par la domination d'argent de l'homme sur la femme, ou de la femme sur l'homme. La femme des temps modernes est née, et c'est elle que je chante. Et c'est elle que je chanterai. »

 

 

Quel beau texte, mais en ce XXIe siècle, ils doivent se retourner dans leur tombe Louis Aragon et Clara Zetkin en considérant dans les pays barbares des scènes de lapidation, d'excision, de répudiation et devant le spectacle de ces millions de femmes transformées en épouvantails à moineaux pour sortir dans l'espace public jusque dans des pays d'Europe !

 

J.D. Mai 2010

 

 

 

Clara Zetkin et Rosa Luxemburg sur timbres Allemagne de l'est 1955

Clara Zetkin et Rosa Luxemburg sur timbres Allemagne de l'est 1955

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10 octobre 2010 7 10 /10 /octobre /2010 11:10

 

Petites histoires....

de la grande Histoire

 

 

Le 4 janvier 1802, Louis Bonaparte, jeune frère de Napoléon 1er, épousait Hortense de Beauharnais, fille de Joséphine.
En 1806, Napoléon plaçait son frère Louis sur le trône de Hollande et c'est ainsi que le 5 juin 1806, Louis et Hortense se retrouvèrent roi et reine de Hollande.
Officiellement, Louis et Hortense eurent 3 enfants :

*Napoléon Louis Charles Bonaparte 1802/1807

*Napoléon Louis Bonaparte 1804/1832. Il mourut en Romagne (région italienne sur l'Adriatique entre Bologne et Ravenne) lors d'une insurrection fomentée par les Carbonari dont faisaient partie Napoléon Louis et son frère Charles Louis Napoléon

*Charles Louis Napoléon Bonaparte : 20 avril 1808/9 janvier 1873. Devint l'empereur Napoléon III

 

Depuis le XIXe siècle, de nombreux historiens ont écrit que ce Charles Louis Napoléon ne ressemblait physiquement en rien à son père officiel Louis Bonaparte mais qu'il ressemblait à un amiral hollandais nommé Verhuel dont la rumeur hollandaise avait fait l'amant de la belle Hortense. Louis et son frère Napoléon ne parvinrent pas à s'entendre et Louis abdiqua en 1810 et en profita pour se séparer d'Hortense, le ménage n'ayant jamais bien fonctionné.

A l'occasion de cures à Aix-les-Bains, Hortense eut pour amant le comte Charles de Flahaut, fils naturel de Talleyrand (le diable boiteux) et de la comtesse de Flahaut, elle-même fille naturelle de Louis XV. Quelle belle lignée !

Avec Charles de Flahaut, Hortense eut un fils qui naquit en septembre 1811 à l'occasion d'une autre cure à Aix, mais le lieu de l'accouchement n'est pas connu. Après la naissance, l'enfant fut déclaré à l'état civil de la ville de Paris par des parents d'occasion : un couple nommé Demorny. Et c'est ainsi que l'enfant fut appelé Charles Demorny.
Peu de temps après la reconnaissance et la déclaration à l'état civil, les 2 parents Demorny moururent sans que les historiens aient pu déterminer la cause de la mort. Toujours est-il que dès la mort des Demorny, la comtesse de Flahaut, grand-mère de l'enfant le récupéra et l'éleva.

Devenu adulte, Charles Demorny s'autoproclama comte Charles De Morny.

Il fit la connaissance de son demi-frère en 1848 lorsque le Charles Louis Napoléon Bonaparte devint le premier (et le dernier) président de la seconde république française.

Les 2 frères s'entendirent rapidement comme larrons en foire. De Morny devint ministre de l'Intérieur puis président de la chambre des députés etc.

A cette époque le Prince-président avait pour maîtresse, une riche anglaise nommée Howard tandis que son frère (De Morny) avait pour maîtresse une riche comtesse belge : Fanny Le Hon

Ce sont ces 2 femmes qui ont financé la préparation du coup d'état du 2 décembre 1851 qui amena le second empire un an plus tard. Devenu empereur, Napoléon III décerna à son frère le titre de duc.

Avec Fanny Le Hon, Charles de Morny eut une fille : Louise Le Hon. A l'époque, le quatrain suivant circula dans les salons parisiens :

 

« Quel est cet ange blond

qui ressemble à la reine Hortense?

C'est la fille de Monsieur Le Hon

Morny soit qui mal y pense »

 

Cette Louise Le Hon fut mariée au prince Stanislas Poniatowski.
Michel Ponatowski qui fut ministre de l'intérieur sous le septennat de VGE est un descendant de cette Louise Le Hon et par elle, d'Hortense, Joséphine, Talleyrand etc.

J.D. Juillet 2010

Virginia di Castiglione "placée" par le royaume de Sardaigne près de Napoléon III

Virginia di Castiglione "placée" par le royaume de Sardaigne près de Napoléon III

le "N" de Napoléon III sur la tapisserie de la Grand'Chambre du parlement de Bretagne à Rennes, photo J.D. 22 juin 2015

le "N" de Napoléon III sur la tapisserie de la Grand'Chambre du parlement de Bretagne à Rennes, photo J.D. 22 juin 2015

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24 août 2010 2 24 /08 /août /2010 14:39

sources : Werner Keller : « Vingt siècles d’histoire du peuple juif » Arthaud 1971, La Bible, Flavius Josèphe, encyclopédie Wikipedia et divers

 

-3150: *fondation de Jérusalem par les Jébuséens selon fouilles archéologiques et inscription. En outre les Jébuséens sont cités dans la Bible Genèse 5, 10, Exode 23, Les Nombres 13, Deutéronome 7, Livre de Josué 12,15,24, Livre des Juges 1,3, 19, second livre de Samuel 5, 1er livre des Rois 9, 1erlivre des chroniques 11, 21, second livre des chroniques 3.

XIXe/XVIIIe siècles : *Abraham, personnage biblique descendant de SEM fils de Noé (Genèse 11)

*Originaire d’Ur en Chaldée (dans l’actuel Irak), à la demande de Dieu (Genèse 12) Abraham part pour le pays de Canaan (appelé plus tard Judée, Canaan était un des arrières petits-fils de Noé). Après un détour par l'Egypte (Genèse 12), il partage le territoire de Canaan avec Lot son neveu (Genèse 13). Abraham lui-même s’installe à Hébron (à une trentaine de Kms au sud de Jérusalem, Genèse 13).

*Abraham est réputé être l’ancêtre des Hébreux par sa femme Sara et aussi l’ancêtre des Arabes par Agar la servante égyptienne de Sara. (voir Flavius Josèphe “Les Antiquités Juives” livre II 213.

*Dieu déclare à Abraham qu’il veut faire alliance avec sa descendance (branche Sara, Genèse 15, 17 et 21) et qu’à cette descendance il va réserver un territoire dont les limites sont définies. Ce territoire va de la Méditerranée à l’Euphrate, ce qui est répété 4 foisdans la Bible..(Genèse 15, Exode 23, Les Nombres 34, Livre de Josué 1).

*On a la filiation suivante dans la Bible : Abraham < Isaac < Jacob < 12 fils de Jacob. A la suite d’un combat avec Dieu, ou son ange selon les versions, (Genèse 32), Jacob fut surnommé « Israël », terme qui dans la bible désigne ensuite la descendance de Jacob c’est-à-dire le peuple hébreu, appelé aussi “israélite”. Les descendants des 12 fils de Jacob (Genèse 35) constituèrent les 12 tribus d’Israël (Les Nombres 2 et premier livre des Chroniques 2 à 8).

*Parmi les 12 fils de Jacob : Lévi dont la descendance constitua la classe sacerdotale en plus des 12 tribus. En « compensation » la descendance de Joseph (celui qui fut vendu par ses frères etc) constitua 2 tribus par Manassé et Ephraïm fils de Joseph

XVIIe/XIIIe siècle : *La Genèse (46) et le livre de Josué (24) nous disent que Jacob et ses fils descendirent en Egypte pour rejoindre Joseph et l’Exode (12) nous apprend que les Hébreux restèrent 430 ans en Egypte, dont une partie en tant qu’esclaves des Egyptiens. On peut émettre l’hypothèse que les Hébreux arrivèrent en Egypte en même temps que les Hyksos et furent réduits en esclavage lorsque les Egyptiens reconquirent le delta du Nil et chassèrent les Hyksos.

*L'Exode en I-11 nous apprend que les esclaves hébreux furent utilisés pour construire la ville de Ramsès (Pi-Ramsès). Ramsès II qui fit construire Pi-Ramsès, régna de -1279 à -1213. Cela situe donc l'exode, selon la Bible, au XIIIe siècle avant notre ère.

  *Ce fut donc la sortie d’Egypte sous la conduite de Moïse. Sur le Mont Sinaï, Dieu renouvela son alliance avec le peuple hébreu. L’Exode (12) nous indique qu’à la sortie d’Egypte la population était de « 600.000 hommes de pied sans compter leur famille ». Ce qui est confirmé dans « Les Nombres » en 1 qui nous donne le chiffre de « 603.550 hommes au dessus de 20 ans »

*Pendant que les Hébreux étaient en Egypte, leur ancien territoire avait été occupé par d’autres peuples. La reconquête de la « terre promise » engendra donc des guerres qui durèrent près de 3 siècles. Les plus célèbres de leurs ennemis furent les Philistins. Ceux-ci, à un moment, s'emparèrent même de l'Arche d'Alliance (1er livre de Samuel 3 à 6). Le principal centre des Philistins était à Gaza. Il ne reste plus de traces de ces Philistins et de leur langue, sauf dans la Bible. A noter que dans la Bible, il est question des Philistins dès la Genèse en 10, 20, et 21. Pour certains historiens, les Philistins descendent des “Peuples de la mer” dont il est question sur une inscription du temple égyptien de Médinet Habou, dans la vallée des Rois. Ces “peuples de la mer”, après avoir détruit des villes hittites (situées en Anatolie dans l'actuelle Turquie), ravagèrent les côtes de la Phénicie (actuel Liban). Ils détruisirent une des principales villes phéniciennes (Ougarit) et tentèrent de débarquer en Egypte où ils furent repoussés par Ramsès III. Ils seraient alors venus s'installer dans la région de Gaza.

On note au passage que Gaza fut fondée par les Egyptiens vers 3500 avant notre ère et qu'il y eut depuis une multitude de “batailles de Gaza” y compris au temps d'Alexandre-le-Grand et de Napoléon. Selon la Bible, Gaza fut également le théâtre de plusieurs épisodes de la vie de Samson, dont l'écroulement d'un temple sur les Philistins (livre des Juges 16)

*vers 1207 : le nom d'Israël apparait pour la première fois à Thèbes (ancien nom de l'ensemble appelé aujourd'hui Karnak/Louksor) sur une stèle du temple funéraire de Merneptah (treizième fils de Ramsès II) . Cette stèle fut découverte en 1895.

XI/Xesiècles : * Dans l’ordre, il y eut les Juges, les Rois, les Prophètes.

D'après la Bible, les Israélites, au temps de Samuel (à la fois prêtre, juge et prophète) demandèrent un roi (premier livre de Samuel 8). Samuel sacra Saül comme premier roi d'Israël (premier livre de Samuel 10). Après quelques années de règne, il se suicida avec son épée pour ne pas être pris par les Philistins qui l'avaient vaincu.(premier livre de Samuel 31).

*Puis Samuel sacra David (originaire de Béthléem, fils de Jessé et arrière petit-fils de Booz et Ruth) comme second roi d'Israël (premier livre de Samuel 16). David termina la conquête de la “terre promise” au terme de plusieurs victoires spécialement contre les Philistins (deuxième livre de Samuel 5, 8, 21, et premier livre des Chroniques 14, 18, sans parler de sa victoire contre le géant philistin Goliath avant que David ne fut roi), puis s'empara de Jérusalem dont il fit la capitale d'Israël. (Deuxième livre de Samuel 5). Jérusalem est encore appelée quelques fois “la cité de David”, appellation qui figure déjà dans le second livre de Samuel 5, dans le second livre des Rois 14 et 15, dans le second livre des Chroniques 25, dans Isaïe 22 etc.

*Dans l'ancien testament, Jérusalem est qualifiée plusieurs fois de “ville sainte” pour les Hébreux. C'est le cas dans le livre d'Isaïe en 48 et 52, de Néhémie en 11, de Daniel en 9, de Tobie en 13 et dans l'Ecclessiastique en 49.... L'expression de “ville sainte” pour qualifier Jérusalem est en outre reprise dans l'Evangile selon St Matthieu en 4 et 53, et dans l'Apocalypse de St Jean en 21 et 22.

*C'est à Hébron (là où s'était installé Abraham), que David fut sacré roi (premier livre des Chroniques 11). La Bible nous indique (deuxième livre de Samuel 5, premier livre des Rois 2 et premier livre des Chroniques 3) que David fut roi d'Israël durant 7 ans à Hébron et durant 33 ans à Jérusalem. On notera que David est le plus ancien personnage biblique dont on a connaissance par d'autres sources que celles de la Bible. Le nom de David figure, en effet, sur une inscription du neuvième siècle avant notre ère. Cette inscription fut découverte en 1993 à l'occasion de fouilles archéologiques au nord d'israël. Selon les historiens, David régna de 1010 à 970 avant notre ère; ce qui situerait la conquête de Jérusalem en 1003. Au moment de cette conquête, la ville appartenait aux Jébuséens (second livre de Samuel).

*Salomon fils de David succéda à son père et fut roi de 970 à 931. La Bible nous indique (premier livre des Rois 11) que Salomon eut 700 femmes et 300 concubines. Sa première épouse fut une égyptienne fille de pharaon (premier livre des Rois 3). Pour la dot de sa fille, Pharaon lui fit don d'une ville qu'il avait prise aux Cananéens (premier livre des Rois 9)

*Pour abriter l’arche d’alliance qui contenait les Tables de la Loi, Salomon fit construire le temple qui porta son nom. Selon la Bible, c'est à l'endroit (lieu choisi par Dieu) où Abraham devait sacrifier Isaac que fut construit le temple ( Genèse 22 et deuxième livre des Chroniques 3). On remarque qu'à la fin de sa vie, David avait fait construire un autel pour offrir des sacrifices à Dieu, au même lieu (deuxième livre de Samuel 24). L' emplacement du temple fut choisi par Dieu lui-même selon la Bible, ce qui est répété 6 foisdans le Deutéronome en 12. La Bible nous indique également (premier livre des Rois 6) que la construction du temple commença la quatrième année du règne de Salomon et s'acheva la onzième année. Cela situerait la construction du Temple entre 966 et 959 avant notre ère. Toujours selon la Bible (1er livre des Rois 9), après la dédicace du Temple, Dieu déclara à Salomon : “Je consacre cette maison que tu as bâtie, en y plaçant mon Nom à jamais; mes yeux et mon coeur y seront toujours”. De même, dans l'Evangile selon St Jean en 6, Jésus, parlant du temple l'appelle “la maison de mon Père”, c'est-à-dire la maison de Dieu.

Tout ceci explique la valeur symbolique du lieu. La Bible consacre d'ailleurs un très important développement à la construction de ce temple puisqu'il en est question dans le 1er livre des Rois de 5 à 9, dans le premier livre des Chroniques de 21 à 29 et dans le second livre des Chroniques de 1 à 8. Symboliquement, la construction du temple de Salomon constitue la grande oeuvre de l'histoire d'Israël. Selon la Bible (1er livre des Rois 5 et second livre des chroniques 2) pour la construction du temple, Salomon fut aidé par le Phénicien Hiram roi de Tyr qui fournit des bois de cèdres et de génévrier ainsi que de la main d'oeuvre, dont un célèbre ouvrier appelé lui aussi Hiram dont il est question au premier livre des Rois en 7 et au second livre des Chroniques en 3 et 4. Cet Hiram fut entre-autres l'artisan des 2 colonnes de bronze qui furent dressées devant le temple. La colonne de gauche fut appelée Booz et l'autre Yakin (écrit aujourd'hui Jakhin, mot hébreu qui signifie “il établira”).

*Les 12 tribus d’Israël occupent alors un vaste espace à l’ouest du Jourdain (jusqu’à la Méditerranée) et à l’est du Jourdain jusqu’à l’Euphrate selon la Bible : 1erlivre des Rois 5, 1erlivre des Chroniques 5 et deuxième livre des Chroniques 9. D’après le second livre de Samuel 24, la population est alors de « 1.300.000 hommes d’armes tirant l’épée ». Historiquement on ne sait pas très bien jusqu’où allait le royaume de Salomon à l’est, mais une inscription sur le temple de Karnak confirme que ce royaume occupait un vaste espace à l’est du Jourdain.

*La période des règnes de David et Salomon constitue l'apogée de l'histoire biblique d'Israël.

*En 925 (6 ans après la mort de Salomon), les Egyptiens envahissent Israël et pillent Jérusalem.

*Après la mort de Salomon les Hébreux se divisent en 2 royaumes : le royaume d’Israël au nord (capitale : Samarie) avec 10 des 12 tribus et le royaume de Juda ou Judée au sud avec 2 tribus celle de Juda et celle de Benjamin (Jérusalem pour capitale).

Du VIIIe au IVe siècles: *règne d'Ozias à Jérusalem durant 52 ans (probablement de 785 à 733). Le second livre des Chroniques en 26 nous apprend qu'Ozias avait une armée de 307.500 guerriers, qu'il fit élever des tours de défense à Jérusalem et les équipa de machines de guerre : “Il fabriqua à Jérusalem des engins inventés par des hommes experts et que l'on plaçait sur les tours et aux angles pour lancer des traits et de grosses pierres”.

*en 722, les Assyriens (sous Salmanazar V) envahissent le royaume d’Israël et déportent la population. Selon la Bible (deuxième livre des rois 17) les Assyriens repeuplent le territoire en important de nouvelles populations venues de l'Assyrie. Les 10 anciennes tribus qui avaient formé le “royaume d'Israël” disparaissent alors.

*VIIe siècle : C'est au septième siècle avant notre ère que, pour l'essentiel, furent consignés par écrit les textes de la Bible hébraïque. Celle-ci correspond à l'Ancien Testament de la Bible chrétienne. Les cinq premiers livres de cette Bible (La Genèse, l'Exode, le Lévitique, les Nombres et le Deutéronome) constituent le “Pentateuque” dans le Bible chrétienne et “La Tora” dans la Bible hébraïque. C'est à partir du IIIe siècle avant notre ère que cette Bible est traduite en grec.

*en 597, les Babyloniens sous Nabuchodonosor envahissent la Judée. Le temple de Salomon est détruit et les Juifs sont emmenés en captivité.

*en 539 conquête de Babylone par les Perses, les Juifs libérés par Cyrus (Livre d'Esdras 1) reviennent dans leur territoire. D’après le livre d'Esdras 2 et le livre de Néhémie (en 7) 50.000 juifs rentrent en Judée

*515 reconstruction du temple de Salomon

*323 mort d’Alexandre le Grand. Ses généraux se partagent son empire. La Judée et Jérusalem se trouvent à la charnière entre les ambitions des Lagides qui contrôlent l'Egypte, des Séleucides qui règnent sur l'Asie et d'Antigone-le-Borgne qui revendique le Proche-Orient. La Judée verra ainsi s'affronter Lagides et Séleucides au terme de 6 guerres appelées “guerres de Syrie” ainsi qu'une bataille à Gaza en 312 où Ptolémée 1er l'emporte sur Démétrios fils d'Antigone.

IIIe siècle :

*C'est au troisième siècle avant notre ère que le vocable “Hébreux” est remplacé par le vocable “Juifs” dérivé de Judéens, habitants de la Judée. La Judée elle-même étant le territoire occupé par les descendants de Juda, un des douze fils de Jacob, on a donc l'enchaînement suivant : Juda < Judée < Judéens < Juifs.

Du IIe siècle avant notre ère au IIe siècle de notre ère:

*165 : révoltes des Maccabées suite à l‘érection d‘un autel à Zeus dans le temple (1erlivre des Maccabées I-54), les Juifs retrouvent leur indépendance

*63 : Pompée conquiert toute la région jusqu’à l’Euphrate, il laisse un roi aux juifs pour les représenter auprès de l’autorité romaine

*de -37 à -4 : règne d'Hérode 1er le Grand roi de Judée : En -40 les Parthes avaient envahi la Judée et s'étaient emparés de Jérusalem. En décembre -40, le Sénat romain proclame Hérode roi de Judée. Avec l'aide des Romains, Hérode reprend le territoire aux Parthes et Jérusalem en -37. Cet Hérode fut successivement l'ami d'Antoine puis d'Auguste. Il se distingua par de grandes constructions dont la restauration du temple à partir de -20 (le “mur des lamentations”, dernier vestige du temple de Jérusalem, date de la période d'Hérode); et aussi par une victoire sur les Arabes. En -32, il y eut un terrible tremblement de terre en Judée qui fit d'importants dégâts dont 30.000 victimes humaines. Mal informés, les Arabes crurent qu'ils pouvaient s'emparer de la Judée sans coup férir. Voici ce qu'écrivit Flavius Josèphe (guerre des Juifs, livre I-371) : “ A ce moment, la renommée, qui dans les calamités grossit toujours le mal, poussa les Arabes à plus d'audace : s'imaginant que toute la Judée était en ruines et qu'ils n'avaient plus qu'à prendre possession d'une contrée abandonnée, ils s'y précipitèrent après avoir immolé les députés que les Juifs leur avaient envoyés” Hérode mit l'armée arabe en déroute après en avoir massacré 12.000 combattants et en avoir fait prisonniers 4.000.

*de vers-5 à vers 30 : Vie de Jésus “de la lignée de David” (évangile selon St Luc 2), naquit à Béthléem comme le roi David.

Jésus est condamné à mort par Ponce Pilate Procurateur romain et crucifié par une cohorte romaine. Début du Christianisme

* en 66 de notre ère : révolte des Juifs contre les Romains

*8 septembre 70 : Titus s’empare de Jérusalem, le temple est à nouveau détruit et la population est massacrée. A noter qu'avant l'arrivée des Romains, différentes factions avaient commencé à s'entre-tuer à Jérusalem. Voir Flavius Josèphe : « Guerre des Juifs, livres 4 et 5 ». Tacite (auteur latin du 1ersiècle de notre ère), écrit dans ses « Histoires » livre 5 que Titus reçut le renfort « d’une troupe solide d’Arabes que la haine habituelle entre peuples voisins animait contre les Juifs ».

De même, Flavius Josèphe dans “Guerre des Juifs” (livre I-88) écrit à propos d'Alexandre Jannée qui avait recruté des mercenaires vers l'an 100 avant notre ère : “ Il n'admettait pas de mercenaires syriens, à cause de leur haine naturelle pour la race juive”. Dans la Bible, dans le livre de Jérémie (prophète situé au septième siècle avant notre ère) on trouve déjà un “oracle contre les tribus arabes”. (Jéremie 49)

*73 : les derniers résistants juifs retranchés dans la forteresse de Massada (au bord de la mer morte) sont vaincus.

*117 et 132 : nouvelles révoltes des Juifs dans tout l’empire contre les Romains. Juifs et Chrétiens se séparent définitivement, les Chrétiens n’ayant pas pris part à la révolte.

*135 : Hadrien reprend Jérusalem. Il fait raser totalement la ville, lui donne un nouveau nom qui ne subsistera pas et interdit Jérusalem aux Juifs. La Judée change de nom et devient la Palestine (qui en terme d’étymologie veut dire territoire des Philistins, d‘où dérive également le nom « Palestiniens«, mais avant la création de l’état d’Israël en 1948, le nom de Palestiniens était donné aux Juifs installés dans ce qui deviendra l’état d’Israël ). Dispersion des Juifs.

Fin du IIIesiècle : *L’empereur Dioclétien décide de partager l’Empire en 2. La Palestine tombe sous la coupe de l’Empire Romain d’Orient

VIIesiècle :*614 : les Perses prennent la Palestine aux Byzantins.

*années 610 : A La Mecque, Mahomet raconte qu’une nuit, l’ange Gabriel est venu le chercher, l’a fait monter sur une monture nommée Al Bouraq. Cette monture a emmené Mahomet à Jérusalem (il y a 1.500 Kms entre La Mecque et Jérusalem), puis de Jérusalem, Al Bouraq a conduit Mahomet au Ciel où il a rencontré Dieu avant de revenir à La Mecque. Dans le Coran, la sourate XVII intitulée « Le voyage nocturne » est consacrée à cet événement. Le premier verset est ainsi libellé : « Gloire à celui qui a fait voyager de nuit son serviteur de la mosquée sacrée à la mosquée très éloignée.. ». Pour les Musulmans, la mosquée sacrée désigne La Mecque, et la mosquée très éloignée Jérusalem. Un autre verset du Coran précise qu’au Ciel, Dieu se tenait à moins de 2 portées d’arc de Mahomet. Ce passage de Mahomet par Jérusalem avant d’aller au Ciel sert de prétexte aux Musulmans pour déclarer que Jérusalem est une ville sacrée pour eux.

*630 : Les Byzantins (Héraclius 1er) reprennent Jérusalem aux Perses

*638 : Les Arabo-musulmans s’emparent de Jérusalem. Sur l‘emplacement du temple de Salomon, ils construisent le dôme du Rocher mis en chantier en 690 et la mosquée Al-Aqsa mise en chantier en 705. ( Al-Aqsa veut dire « éloignée«  en arabe ce qui est encore une référence au voyage nocturne). Mahomet a quitté La Mecque en juillet 622 et il est mort à Médine en juin 632. On voit donc que de son temps, les Musulmans n’avaient pas encore mis les pieds à Jérusalem, et qu’il ne pouvait pas y avoir de Mosquée dans cette ville. Le motif pour lequel les Musulmans font de Jérusalem une ville sainte n’a donc aucune consistance historique.
Période des croisades:*1009 : A Jérusalem, les musulmans détruisent l’église du saint Sépulcre construite sous l’Empereur Constantin (au début du IVè siècle)

*15 juillet 1099 : Jérusalem tombe aux mains des Croisés, instauration d’un royaume chrétien à Jérusalem

*20 octobre 1187 : Saladin reprend Jérusalem

XIVe siècle: *juillet 1302 : début de l'empire ottoman, qui prend rapidement le contrôle de tout le monde musulman.

XVIe siècle :*1516 : la Palestine devient une province ottomane

*1535 : François 1er obtient de Soliman le Magnifique que la garde des lieux saints (Jérusalem, Bethléem) soit confiée à des moines latins. Cela servira de motif 3 siècles plus tard à la guerre de Crimée.

*1555 : Charles Quint obtient l’autorisation de faire reconstruire l’église du saint Sépulcre.

XIXe siècle:*1er mars 1881 : à Saint Petersbourg, le tsar Alexandre II est assassiné par des anarchistes, mais cela sert de prétexte à des pogroms contre les Juifs. En mai 1882, le tsar Alexandre III prend des mesures pour expulser les Juifs de Russie. 2 millions de Juifs russes s'expatrient vers les Etats-Unis et l'Europe occidentale et 70.000 partent pour la Palestine où ils se heurtent immédiatement à l'hostilité violente des Arabes.

* 1896 Théodore Herzl Président de l'organisation sioniste mondiale publie un livre intitulé “L'Etat juif”, où il réclame la création d'un état juif.

*29 août 1897 : lors d’un congrès juif à Bâle, Théodore Herzl propose de « créer pour le peuple juif un foyer en Palestine garanti par le droit public »

XXe siècle :*1909 : fondation du premier kibboutz sur les rives du lac de Tibériade

*guerre de 1914/1918, en octobre 1914, l'empire Ottoman s'allie à l'empire allemand et à l'empire austro-hongrois.

*22 novembre 1914 : débarquement britannique à Bassorah et 14 octobre 1915 : débarquement anglo-français à Salonique, ouvrant un front sud à la guerre

*9 mars 1916 : à Londres; signature d'un accord secret (connu sous le nom “d'accord Sykes-Picot”) entre la France et la Grande-Bretagne, délimitant leur zone d'influence respective au Proche-Orient dans la perspective de l'écroulement de l'empire ottoman. L'histoire du XIXe siècle est en grande partie celle du déclin de l'empire ottoman. Sur ce sujet voir : “Les Ambassades de Moustapha Réchid Pacha à Paris” de Bayram Kodaman, ouvrage édité et imprimé à Ankara en 1991 par la Société d'Histoire Turque.

* 2 novembre 1917 : Lord Balfour Ministre britannique des affaires étrangères se déclare favorable à l’implantation d’un foyer national juif en Palestine. Cette déclaration fut intégrée dans le traité de Sèvres signé le 10 août 1920 entre les vainqueurs de la guerre de 14 et la Turquie.

*début décembre 1917 : création de la Légion juive par Jabotinsky, qui combat les Ottomans dans la vallée du Jourdain. Cette Légion fait suite à un premier corps d'armée juif qui avait combattu les Ottomans à Gallipoli en 1915

*9 décembre 1917 : l'armée britannique s'empare de Jérusalem, qui comme tout le proche-orient appartenait à l'empire ottoman depuis plusieurs siècles. Cet empire avait unifié toute la région où les nationalités avaient par conséquent disparues. Ce rappel est à mettre en perspective avec les revendications nationalistes des différents peuples de la région du Proche-Orient et notamment des Palestiniens.

*28 avril 1919 : fondation de la S.D.N. (Société des Nations) dont le siège est à Genève

*24 avril 1920 : sous l'égide de la S.D.N., conférence de San-Remo qui confie aux Français un mandat de gestion sur le Liban et la Syrie, et aux Britanniques un mandat de gestion sur ce qui correspond aujourd’hui à la Palestine, l‘état d‘Israël, la Jordanie et l‘Irak. En fonction de la déclaration Balfour de 1917, les Britanniques acceptent l’immigration juive, mais comprenant très vite les problèmes posés, ils prennent des mesures pour stopper l’arrivée de Juifs. (ce n'est qu'en 1946 que la France abandonne son mandat sur le Liban et la Syrie, tandis que l'Irak devient indépendant dès 1930 et la Jordanie en 1946)

*1920 : création de la Haganah à Jérusalem; organisation clandestine chargée d'assurer la protection des colons juifs contre les attaques des Arabes. Cette Haganah sera fusionnée en 1948 avec l'Irgoun et le groupe Stern (autres organisations clandestines) pour former Tsahal, l'armée israélienne.

*8 mai 1921 Amin al-Husseini est nommé “Mufti de Jérusalem” (jurisconsulte) par les autorités anglaises, malgré qu'il ait participé à des massacres de Juifs à Jérusalem le 4 avril 1920 (jour de la Pâque juive cette année là).

*1er novembre 1922 : En Turquie, abolition du sultanat par Mustafa Kemal (Atatürk)

*29 octobre 1923 : proclamation de la République turque

*4 mars 1924 : abolition du califat par Atatürk.

*1er août 1925 : ordonnance britannique créant une citoyenneté palestinienne

*1928 : création au Caire “des Frères Musulmans” par Hassan al-Banna (grand-père maternel de Tariq Ramadan)

*fin août 1929 : les Arabes massacrent des civils juifs dans plusieurs villes dont Jérusalem, Tel Aviv, Safed, Motza et surtout Hébron où 67 civils dont des femmes et des enfants sont massacrés. A Hébron, les juifs survivants à ce massacre doivent s'enfuir. Les Arabes s'emparent de leurs maisons et de leurs biens. Il faudra attendre la guerre des 6 jours en 1967 pour que des Juifs puissent revenir à Hébron.

*1933 : le 30 janvier à Berlin, Adolf Hitler est nommé chancelier, dès le 20 mars est ouvert le premier camp de concentration (celui de Dachau) et le 14 juillet, le parti nazi est déclaré parti unique en Allemagne.

*octobre 1933 : grève générale des Arabes contre l'immigration juive en Palestine

*15 septembre 1935 : premières lois anti-sémites en Allemagne

*21 avril 1936 : les quartiers juifs de Jaffa et Tel-Aviv sont incendiés par les Arabes.

*7 juillet 1937 : devant la multiplication des attaques sanglantes de Juifs par les Arabes, une commission britannique présidée par Lord William Robert Peel propose de diviser la Palestine en 3 entités : un état juif, un état arabe et une zone neutre contrôlée par les Britanniques et comprenant Jérusalem et Bethléem.

*21 août 1939 : un navire le “Patria” parvient à Tel-Aviv avec à son bord 850 juifs venant d'Europe. Ils sont arrêtés et internés par les Britanniques.

*28 novembre 1941 : A Berlin, Adolf Hitler reçoit Amin al Husseini Grand Mufti de Jérusalem, puis en juillet 1942, il reçoit Al-Gailani premier ministre irakien. Les Allemands espèrent utiliser les Arabes pour ouvrir un nouveau front contre les Britanniques qui contrôlent une partie du Proche Orient. Dès avril 1941, les Allemands avaient commencé à livrer des armes et des financements aux Arabes, ce qui entraîna des épisodes armés contre les Anglais mais n'eut pas l'effet escompté par les Allemands. De leur côté les Arabes espéraient en cas de victoire allemande, l'indépendance des pays qui avaient été placés sous gestion de la France ou de la Grande-Bretagne, ils espéraient aussi l'aide des Allemands pour éliminer les Juifs. Dès le 9 mai 1941, Al Husseini avait lancé un appel au djihâd contre les Anglais et en 1942, il avait rencontré à Berlin Eichmann et Himmler pour mettre au point l'extermination des Juifs. Une délégation arabe visita même un camp d'extermination (voir “Croissant fertile et croix gammée” de Cüppers et Mallmann éditions Verdier septembre 2009).

*20 janvier 1942 : “conférence” de Wannsee à Berlin sur la “solution finale”. Plusieurs millions de juifs seront tués jusqu'à la chute du régime nazi en 1945.

*mai 1942 : Amin al Husseini recrute des volontaires arabes qui constituent la 13° division de montagne de la waffen SS et combattent aux côtés des nazis.

*1942 : les Anglais qui avaient jusqu'à cette date limité les droits des Juifs pour ne pas déplaire aux Arabes, changent d'attitude. Devant la percée de Rommel vers l'Egypte, la propagande nazie au Proche-orient appelant les Arabes à combattre les Britanniques et l'évidence de la faveur des nazis auprès des populations arabes, les Anglais recrutent massivement des volontaires juifs pour renforcer leurs armées au Proche-Orient.

*18 décembre 1942 : lors de l'inauguration de l'Institut islamique de Berlin, Amin Al Husseini déclare : “ Les Juifs et leurs complices font partie des ennemis jurés des Musulmans... L'influence juive règne partout en Angleterre comme en Amérique, c'est la même influence juive que l'on trouve derrière le communisme impie... Les ennemis invétérés des Musulmans sont les Juifs et leurs alliés anglais, américains et bolcheviks.”

*1945 des pays arabes aident les chefs nazis à fuir l’Allemagne. (Réseau Odessa). Par ce réseau, de nombreux nazis parviennent à échapper au tribunal de Nuremberg, soit en se réfugiant en Amérique du sud, spécialement en Argentine, soit dans les pays arabes, surtout en Egypte. Dans ce pays, ce fut Johann von Leers, ancien adjoint de Joseph Goebbels, qui organisa l'arrivée des nazis, après avoir lui-même prit le nom d'Omar Amin. Beaucoup de ces anciens nazis furent employés par les autorités égyptiennes dans des organismes de propagande et d'actions anti-juives et anti-sionnistes.

*22.3.1945 : Création au Caire de la Ligue Arabe. Dès sa fondation cette ligue proclame la nécessité de détruire l’état d’Israël avant même sa création.

*11 juillet 1947 : Un navire (l'Exodus) quitte le port de Sète avec à bord 4500 immigrés juifs (dont beaucoup de rescapés de la Shoah) qui veulent se rendre en Palestine. Le navire est arraisonné par la marine anglaise le 18 juillet et les occupants ramenés jusqu'en Allemagne par les Anglais.

*29 novembre 1947 : délibération de l’ONU prévoyant le partage de la Palestine entre 2 états, l'un de 14.100 kms2 pour les Juifs et l'autre de 11.500 kms2 pour les Arabes.

*14 mai 1948 : fin du mandat de gestion des Britanniques qui se retirent de Palestine. 1erjour de l’existence du nouvel état d’Israël. David Ben Gourion devient le premier Premier Ministre d'Israël. Le jour même l'URSS et les USA reconnaissent le nouvel Etat d'Israël. Selon un rapport britannique de 1947, 560.000 arabes vivaient dans le territoire que l’ONU concède au nouvel état d’Israël. Selon un autre rapport du Comte Bernadotte daté du 16 septembre 1948, ce sont 501.000 arabes qui vivaient sur ce territoire, dont 141.000 sont restés en Israël tandis que 360.000 autres ont préféré partir, principalement vers la Jordanie. A l’occasion des conflits ultérieurs, Israël a pu agrandir son territoire, ce qui a entraîné un exode supplémentaire de réfugiés palestiniens. Dès 1949, l’ONU a créé un organisme d’aide aux réfugiés palestiniens (l’UNRWA). Cet organisme fonctionne encore de nos jours. Il est alimenté par des fonds de diverses provenances dont l’Union Européennne (selon des chiffres de 2008, les pays de l'Union européenne fournissent 59% du budget de l'UNRWA, les pays de la ligue arabe : 4%!). Ont droit à l’aide non seulement les réfugiés d’origine mais toute leur descendance, ce qui fait que les bénéficiaires ne cessent d’augmenter. Ils étaient déjà 4.800.000 en 2005. Sur des chiffres de 2007, l'UNRWA employait 113 finctionnaires internationaux et 27.500 locaux tous Palestiniens ! Les médias ne parlent jamais des 900.000 juifs qui en 1948 ont été expulsés de pays arabes à l’occasion de la création de l’état d’Israël. 600.000 d’entre eux ont été accueillis dans le nouvel état. Ni l’ONU ni aucun organisme n’a jamais envisagé d’indemniser ces expulsés! Par contre, les subsides versés par l'ONU aux Palestiniens depuis plus de 60 ans représentent x fois la valeur des biens abandonnés en 1948, surtout compte tenu le l'état de ces biens en 1948, c'est-à-dire avant que les colons juifs ne les mettent en valeur

*15 mai 1948 : 5 pays arabes (l'Egypte, l'Irak, le Liban, la Syrie, la Jordanie) entrent en guerre contre le nouvel Etat d’Israël. Les Soviétiques fournissent des armes à Israël

*20 mai 1948 : l’ONU dépêche le comte Folke Bernadotte (Suédois, neveu du roi de Suède Gustave V) comme médiateur. Celui-ci obtient une trève qui prend effet le 11 juin 1948, mais les combats reprennent dès le 8 juillet, malgré la disproportion des forces, les Israéliens parviennent à contenir les armées arabes et sauvent l’existence de leur état. Un armistice est signé le 20 juillet 1949.
*17 septembre 1948 : Le comte Folke Bernadotte mandaté par l’ONU et le colonel français Sérot qui l’accompagnait sont assassinés par 3 membres du groupe Stern. Ceux-ci seront condamnés par la justice israélienne mais graciés ensuite par Ben Gourion.

*octobre/novembre 1956 : guerre israélo/égyptienne. Suite au blocus du canal de Suez, la Grande-Bretagne et la France se joignent à Israël mais doivent évacuer sur injonction des Nations-Unies, de l’URSS et des Etats-Unis.

*octobre 1959 : création du Fatah par Yasser Arafat (neveu d’Hamin al Husseini).

*29 mai 1964 : création de l’OLP (organisation de libération de la Palestine) à l’initiative de la Ligue Arabe.

*5 au 10 juin 1967 : guerre des 6 jours : Israël vainqueur d’une coalition comprenant l’Egypte, la Syrie, la Jordanie et l’Iraq.

*9 septembre 1970 : des Palestiniens font sauter 3 avions de ligne qu’ils avaient détournés sur l’aéroport de Zarka en Jordanie

*12 septembre 1970 (septembre noir) : L’armée jordanienne massacre 15.000 palestiniens. Les autres Palestiniens sont expulsés de la Jordanie. Ils s’installent au Liban.

*1971 : création de l’Organisation de la Conférence Islamique

*septembre 1972 : des Palestiniens assassinent onze athlètes israéliens au J.O. de Munich. En représailles, Golda Meir (alors Premier Ministre) charge le Mossad (Services secrets) d’assassiner une liste de personnalités palestiniennes classées « terroristes «  par les Israéliens.

*octobre 1973 : guerre du Kippour : nouvelle victoire d’Israël contre une coalition comprenant l’Egypte, la Jordanie, la Syrie et l’Iraq.

*13 avril 1975 : Au Liban des Palestiniens tirent sur les Chrétiens lors de l’inauguration d’une église par Pierre Gémayel. En représailles, le jour même, des milices chrétiennes tirent sur les occupants d’un bus palestinien et font 30 victimes. puis en 1976, détruisent 2 camps palestiniens (ceux de Quarantina et de Tell el Zaatar). En représailles aux représailles, le 20 janvier 1976, les Palestiniens massacrent 750 chrétiens dans la ville de Damour et mettent la ville à feu et à sang.

*1975/1976 : les Fedayins palestiniens écrasés au Liban par l’armée syrienne.

*novembre 1977 : voyage du Président égyptien Sadate en Israël où il intervient devant la Knesset (parlement israélien)

*17 septembre 1978 : accords de « Camp David » entre l’Egypte et Israël.

*1978 : première occupation du sud Liban par l‘armée israélienne.

*1978 : Sadate président égyptien et Begin premier ministre israélien reçoivent le prix Nobel de la paix.

*1979 : 1er février : en Iran, retour de l'ayatollah Khomeiny, il prend le pouvoir le 11 février en tant que guide suprême de la révolution islamique et le 1er avril est proclamée la République islamique d'Iran.

*1979 : l’Egypte est exclue de la Ligue Arabe pour avoir signé un traité avec Israël

*1980 : la Knesset (Parlement israélien) vote une loi faisant de Jérusalem la « capitale éternelle et indivisible » de l’Etat d’Israël

*7 juin 1981 : L’aviation israélienne bombarde les installations nucléaires irakiennes à Tammouz

*6 octobre 1981 : assassinat d'Anouar el-Sadate au Caire lors d'une parade militaire, par des militaires appartenant au Jihad islamique égyptien. Omar Abdul-Rahman avait lancé une fatwa contre Sadate parce qu'il avait négocié avec Israël. Aucun chef d'Etat arabe ou musulman n'assista aux funérailles de Sadate.

*1982 : Israël restitue le Sinaï à l’Egypte.

*juin 1982 : fondation du Hezbollah au Liban par des agents envoyés par l'Iran.

*14 septembre 1982 : assassinat de Béchir Gémayel nouveau Président de la République au Liban. En représailles, des milices chrétiennes se livrent à des massacres dans les camps palestiniens de Sabra et Chatila les 16 et 17 septembre.

*18 avril 1983 : attentat contre l'ambassade américaine à Beyrouth, 63 morts et 120 blessés

*23 octobre 1983 : attentats du Hezbollah contre des casernements américains et français à Beyrouth. 241 marines américains et 58 parachutistes français sont tués. Ils étaient au Liban au titre d'une force internationale.

*1983 : violents combats au sein des Palestiniens entre les partisans d’Arafat et ceux d’Abou Moussa soutenu par l’armée syrienne. Vaincu, Arafat est contraint de quitter le Liban le 19 décembre 1983 pour la Tunisie.

*1982/1985 : Israël envahit une nouvelle fois le sud Liban.

*du 9 décembre 1987 au 11 septembre 1993 : première « Intifada » : 1.116 palestiniens sont tués par l’armée israélienne tandis que 887 palestiniens accusés de collaboration avec Israël sont tués par d’autres palestiniens.

*décembre 1987 : création du Hamas

*17 février 1988 : Au Liban le Hezbollah enlève le colonel américain Higgins , le torture et l’exécute. Le Hezbollah diffusera une vidéo montrant le colonel Higgins pendu. Ce colonel était en poste au Liban pour le compte de l’ONU.

*1989 : l’Egypte retrouve sa place au sein de la Ligue Arabe.

*1990 : L’Organisation de la Conférence Islamique publie une charte des Droits de l’homme compatible avec la charia

*13/9/1993 : accords “d'Oslo” signés à Washington entre Israël (Rabin) et l’OLP (Arafat) : reconnaissance mutuelle

*4 novembre 1995 : assassinat de Yitzahk Rabin premier ministre israélien par un extrémiste juif.

*11 au 27 avril 1996 : bombardements israéliens sur le Liban en représailles à des tirs du Hezbollah sur la Galilée.

*24 avril 1996 : L’OLP déclare supprimer de sa charte « tout ce qui appelle à la destruction d’Israël ».

*début des années 2000 : En Palestine, le cheikh Yacine promet 72 houris au paradis à chaque Palestinien qui se fait sauter dans un attentat contre Israël

*2000 : L’autorité palestinienne vote une loi faisant de Jérusalem la capitale de l’Etat palestinien

*2000 : l’armée israélienne se retire du sud Liban.

XXIesiècle : * du 28 septembre 2000 au 1ermars 2004 : seconde Intifada

*30 septembre 2000 : En France, Antenne 2 publie un reportage de Charles Enderlin en Palestine, montrant un jeune garçonnet palestinien (Mohamed Al Doura) abattu par les soldats israéliens. Dans le même reportage, le père du petit Mohamed déclare avoir été torturé par les soldats israéliens. Un citoyen nommé Philippe Karsenty balance sur Internet qu’il ne s’agit pas d’un reportage mais d’un montage réalisé de toutes pièces. Antenne 2 porte plainte en diffamation. 4 ans plus tard, la justice donne raison à Karsenty car sur le film d’Antenne 2, sur la partie non diffusée à la télé, on voit le garçonnet se relever après avoir été présenté comme mort, et après enquête, il s’avère que son père qui avait déclaré avoir été torturé par des Israéliens avait en fait été tabassé par d’autres Palestiniens et soigné dans un hôpital israélien! L’hebdomadaire « Marianne » a consacré une page entière à cette affaire (page 45 du N° du 7 au 13 juin 2008)

*septembre 2001 : conférence de l’ONU contre le racisme à Durban en Afrique du Sud. Cette conférence sert de tribune aux pays musulmans pour mettre en accusation Israël, l’Amérique et l’Occident

*27 janvier 2003 : début de la construction par Israël d’une « clôture de sécurité ».

*février 2003 : lancement du programme d'enrichissement de l'uranium en Iran.

*été 2005 : Israël se retire de la bande de Gaza.

*2005 : En Iran, Ahmadinejad est élu président de la République islamique d’Iran. Il nie la shoah et proclame : « Israël doit être rayé de la carte ». L’Iran soutient les Chiites en Iraq, le Hezbollah au Liban et le Hamas en Palestine.

*janvier 2006 : victoire du Hamas aux élections palestiniennes, ce qui entraîne une partition de fait entre la bande de Gaza et la Cisjordanie ainsi que des combats meurtriers entre Hamas et Fatah.

*25 juin 2006 : le soldat Guilad Salit (franco-israélien) est enlevé par le Hamas

*12 juillet 2006 : à la frontière israélo-libanaise, le Hezbollah tue 3 militaires israéliens et en enlève 2 autres, ce qui déclanche un conflit armé jusqu’au 14 août 2006.

*13 juin 2007 : assassinat d’un député au Liban. L’armée libanaise attaque un camp du « Fatah al Islam » au nord du Liban. 222 membres du Fatah sont tués par l’armée libanaise.

*26 décembre 2008 : tirs de missiles du Hamas sur les localités du sud d’Israël déclanchant une invasion de la bande de Gaza par l’armée israélienne. Le cessez-le-feu eut lieu le 17 janvier 2009 et fut suivi d’un retrait des troupes israéliennes

*20 au 24 avril 2009 : A Genève nouvelle conférence de l’ONU contre le racisme, conférence appelée « Durban 2 ». Lors de la séance inaugurale, Ahmadinejad, président de la République Islamique d’Iran utilisa la tribune de l’ONU pour lancer ses violentes diatribes habituelles contre Israël.

*12 juin 2009 : élections en Iran pour la présidence de la République islamique d'Iran. Ahmadinejad très minoritaire se déclare vainqueur. Les manifestations de protestations du peuple iranien sont violemment réprimées.

*nuit du 14 au 15 août 2009 : A Rafah, dans la bande de Gaza, de violents combats opposent un groupe salafiste proche d'Al Quaïda et le Hamas. Bilan : 24 morts dont le chef salafiste (le Hamas a fait sauter sa maison) et 120 blessés.

*2 mai 2011 : A Abbottabad au Pakistan, un commando U.S. parvient à tuer Ben Laden, son corps est balancé dans la mer.

*19 octobre 2011 : le soldat franco-israélien Guilad Salit enlevé par le Hamas en juin 2006 est libéré en vertu d'un accord du 12 octobre prévoyant la libération de Salit contre la libération de 1027 prisonniers palestiniens.

 

 

Sort des Juifs depuis le deuxième siècle

Après leur expulsion de Palestine sous Hadrien, les Juifs se sont dispersés un peu partout mais ont formé des communautés qui sont restées solidaires et ont conservé leur langue, leurs croyances et leurs coutumes.

Cela s’est passé à l’époque où le christianisme commençait à se développer.

L’installation de communautés juives a entraîné un peu partout de l’antisémitisme qui selon les époques et les pays fut larvé ou violent.

On peut tenter de lister quelques causes de cet antisémitisme :

*Dans la Bible, Dieu décide de faire alliance avec le peuple hébreu et de lui réserver un territoire. Les autres peuples ont dû se demander pourquoi ce peuple et pas un autre ou pourquoi Dieu a fait alliance avec un peuple particulier et pas avec tous les peuples; ce qui a entraîné des sentiments de jalousie. Pour un esprit rationnel au XXIè siècle, l’explication est d’une simplicité biblique (c’est le cas de le dire), ce sont des hébreux qui ont rédigé les textes bibliques. Ils n’allaient pas imaginer que Dieu puisse faire alliance avec les Egyptiens, les Assyriens ou les Babyloniens qui les avaient emmenés en captivité et encore moins avec les Philistins qui ont été les ennemis les plus célèbres des Hébreux!

*A partir du IVè siècle, l’idée s’est répandue dans le monde chrétien que les Juifs étaient responsables de la mort de Jésus.

*Durant des siècles, l’Eglise catholique a interdit les métiers de l’argent, ce qu’on appelle aujourd’hui les métiers de banque. Les Juifs ont exercé ces métiers. Ils ont pu prêter de l’argent avec intérêts à tous les souverains pour couvrir leurs dépenses. Ce qui leur a entraîné dans la population la réputation d’être des usuriers. Certains princes ont même confié aux Juifs le soin de collecter les impôts, ce qui, dans la population n’a pas amélioré leur image. Certains souverains qui avaient trop emprunté aux Juifs, ont réglé le problème en les expulsant ou en les envoyant au bûcher et en récupérant leurs biens. Cela a servi d’exemples à la population qui dans les moments critiques (famines, épidémies, dont la célèbre peste noire etc) a transformé les Juifs en boucs émissaires et s’est livrée à des pogroms. Et ce non seulement dans les pays chrétiens mais également dans les pays musulmans, et même en Andalousie que beaucoup veulent nous présenter comme une zone de grande tolérance, oubliant d’abominables massacres de Juifs par des Musulmans comme à Grenade en décembre 1066. Sans parler du statut de « dhimmis » (statut inférieur), imposé aux Juifs et aux Chrétiens dans tous les pays musulmans au fur et à mesure de la conquête.

*Au VIIè siècle, Mahomet, dans sa période de Médine a été violemment anti-juifs et a fait décapiter des Juifs par centaines, mais pas les femmes qui faisaient partie des biens des Juifs répartis à titre du butin parmi ses guerriers. Cela faisait des ventres supplémentaires pour « fabriquer » de futurs guerriers. A chaque distribution de femmes juives, le « saint prophète » n’omettez pas de se prendre une des plus belles femmes dans sa part de butin.
*Au XVIè siècle, en Allemagne, Martin Luther fut lui aussi violemment anti-juifs et publia 3 ouvrages virulents contre les Juifs. 4 siècles plus tard, les Nazis utilisèrent naturellement les écrits de Luther dans leur propagande anti juive. Aujourd’hui encore, dans les « librairies » des banlieues des grandes agglomérations européennes, entre les cassettes de Ben Laden et les prêches de Tariq Ramadan, on peut trouver les écrits de Luther, Mein Kampf ou le Protocole des Sages de Sion. En 2003 Yasser Arafat fit publier une édition de Mein Kampf en langue arabe.

*dans l’Eglise catholique, si certains papes ou certains évêques soutinrent les Juifs, globalement le monde chrétien fut longtemps anti-juifs. Rappelons seulement qu’en 1215, au quatrième concile de Latran, sous le pape Innocent III, l’Eglise catholique imposa à tous les Juifs d’Europe le port d’un signe distinctif : l’étoile jaune. Sept siècles avant les nazis!

*Les Juifs sont souvent d’excellents travailleurs. Il suffit pour s’en convaincre de constater qu’en Palestine des terrains qui étaient restés incultes pendant des siècles lorsqu’ils étaient détenus par des Arabes, sont devenus fertiles en peu d’années lorsque les Juifs s’en sont occupés. Il en va de même sur le plan intellectuel. Disons que Freud, Einstein, Marx etc étaient d’origine juive ou considérons le nombre de Juifs qui ont obtenu un prix Nobel. Ces dispositions sont peut-être dues à l’habitude de l’étude et de l’interprétation des textes bibliques. Mais cela a entraîné souvent la jalousie des autres peuples. La réputation d'excellents travailleurs des Israélites n'est pas nouvelle. Ainsi, par exemple Flavius Josèphe écrit au premier siècle de notre ère (“Les Antiquités Juives” livre II 201/202), pour expliquer pourquoi les Hébreux sont devenus les esclaves des Egyptiens : “ Les Egyptiens...finirent par être indisposés à l'égard des Hébreux, par envie de leur prospérité. Ils voyaient en effet que la race des Israélites florissait, se distinguant par d'abondantes richesses grâce à sa vertu et son ardeur à la tâche, et ils jugèrent que cette croissance était à leur propre détriment...”

*Le résultat de tout cela est que durant des siècles, dans beaucoup de pays des lois spéciales limitèrent les droits des Juifs. Ils n’avaient par exemple pas le droit d’exercer certaines professions ou pas le droit d’employer des Chrétiens, ou pas le droit d’acheter des terrains ou devaient être confinés dans certains quartiers (appelés ghettos), etc

*Globalement les Juifs furent l’objet d’édits d’expulsion de Grande-Bretagne au XIIIè siècle, de France et d’Allemagne au XIVè siècle, d’Espagne, du Portugal et d’Autriche au XVè siècle. Ils se réfugièrent là où ils pouvaient être accueillis et spécialement en Pologne et dans les pays baltes.

*en 1579, lorsque la Hollande obtint son indépendance, elle fut le premier pays a accorder aux Juifs les mêmes droits qu'aux autres citoyens. Ce furent ensuite les Etats-Unis au moment de la déclaration de leur indépendance en 1776, puis la France en août 1789. Au fur et à mesure que les troupes révolutionnaires puis impériales étendirent leur influence en Europe, la France exigea des autres pays la fin des discriminations envers les Juifs. Mais après le 18 juin 1815 (Waterloo), par réaction, beaucoup de pays reprirent et même amplifièrent les mesures contre les Juifs. Cependant au cours du XIXè siècle, les uns après les autres, les pays abolirent les discriminations envers les Juifs, tout au moins jusqu’à l’arrivée au pouvoir des nazis.

*L’inquisition, spécialement en Espagne et au Portugal au temps du sinistre Torquemada, prétendit convertir les Juifs de gré ou de force. Beaucoup de Juifs émigrèrent alors d’Espagne et du Portugal vers le Brésil surtout entre les années 1624 et 1654, période durant laquelle les Hollandais avaient pris le Brésil aux Portuguais. Lorsque les Portuguais reprirent le Brésil, l’Inquisition vint pourchasser les Juifs au Brésil. Beaucoup de ceux-ci émigrèrent alors vers la ville de New-Amsterdam fondée par les Hollandais en Amérique du Nord. Cette ville prendra le nom de New-York lorsque les Anglais en 1664 prendront le territoire aux Hollandais. J.D. Avril 2009, dernière mise à jour : 24 octobre 2012

 

P.S. Note méthodologique : Pour une grande partie des événements et des personnages de l'Ancien Testament, on a pas de confirmation historique. Cependant, ces histoires existent dans la Bible des Chrétiens (Catholiques, Orthodoxes et Protestants), dans la Bible Hébraïque, et même en grande partie dans le Coran, même si c'est de façon déformée. Réelles ou pas, ces histoires influencent les Humains. De même que la guerre de Troie, réelle ou imaginaire, fait partie de l'histoire grecque, ou que Romulus et Rémus font partie du passé de la Rome Antique, l'Ancien Testament fait partie de l'histoire d'Israêl. C'est pourquoi nous avons pris en compte les textes bibliques. Les personnes intéressées par une confrontation entre textes bibliques et archéologie, peuvent lire : “La Bible dévoilée, les nouvelles révélations de l'archéologie” d'Israël Finkelstein et Neil Asher Silberman chez Bayard octobre 2008.

 

 

 

 

 

 

David et Salomon sur mosaïque au musée Saint Marc à Venise

David et Salomon sur mosaïque au musée Saint Marc à Venise

Abraham sur mosaïque XIVe siècle au musée Saint Marc à Venise et Moïse sauvé des eaux, tableau de Nicolo Grassi début XVIIIe siècle à la Ca' Rezzonico à Venise

Abraham sur mosaïque XIVe siècle au musée Saint Marc à Venise et Moïse sauvé des eaux, tableau de Nicolo Grassi début XVIIIe siècle à la Ca' Rezzonico à Venise

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