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18 février 2017 6 18 /02 /février /2017 17:38

À Rome les symboles de la paix N° 355

 

L'histoire de la Rome antique est surtout celle des guerres, même si les monuments, le droit romain, les discours de Cicéron ou les textes de Sénèque ont laissé, d'une certaine manière, plus de traces, aussi bien sur le terrain que dans l'esprit de nos contemporains.

Bien sûr, il y eut la Pax Romana, mais il y a beaucoup de confusion au sujet de cette paix romaine :

*d'abord tous les historiens ne sont pas d'accords sur la période concernée. Les dates de -29 à +180 sont le plus souvent admises.

*-29 correspond à la fin de la guerre entre les partisans d'Octave (futur Auguste) et ceux d'Antoine et Cléopâtre, tandis que l'an 180 est celui de la mort de l'empereur Marc Aurèle.

*la paix dont il est question est toute relative car durant la période citée, d'une part il y eut continuellement des guerres aux frontières c'est-à-dire au-delà de l'Euphrate, du Danube et du Rhin (avec respectivement les Parthes, les Daces et les peuples germaniques) et plus loin même, avec les Pictes (dans l'actuelle Écosse) ; d'autre part, il y eut également des guerres à l'intérieur de l'empire : guerre en Judée contre les Juifs de 66 à 73 et de 132 à 135, guerre entre légions pour la succession de Néron (de 68 à 70) etc

*Durant les 12 siècles d'Histoire de Rome et durant les 10 siècles supplémentaires de survivance à Byzance, il n'y eut guère de périodes sans guerres. Raison de plus pour célébrer la paix ! Combien de chefs d’État dans l'Histoire de l'espèce humaine ont déclaré des guerres en affirmant que c'était pour préserver la paix ?

 

Le temple de Janus :

*L'histoire de Rome commença par 7 rois, avant la proclamation de la République (en -509), : Romulus le fondateur (en -753), puis 3 rois sabins et enfin 3 rois étrusques.

Sur ces rois, on a guère de certitude : 7 collines de Rome, 7 rois, la succession symbole de l'alliance des peuples ? Toujours est-il qu'ils font partie de l'histoire de la fondation légendaire de Rome.

*Romulus le premier fit la guerre d'abord avec les Sabins suite à l'enlèvement des Sabines

*Ensuite, il y eut Numa, un Sabin dont le règne est daté de l'an -715 à l'an -672 soit 43 années durant lesquelles il n'y aurait eu aucune guerre, tout au moins pour l'histoire romaine. C'est très beau et on aimerait y croire, mais compte tenu du morcellement des peuples qui occupaient l'Italie centrale et des mœurs de l'époque, cela ne semble guère crédible. Mais supposons, Numa consacra un passage couvert près du Forum au dieu Janus. D'abord en bois, il fut reconstruit en bronze au temps d'Auguste (empereur de -27 à +14). Il n'en reste plus trace, seulement une reproduction sur une monnaie (sesterce du temps de Néron, empereur de 54 à 68). Ce passage avait 2 portes qui ne pouvaient être fermées qu'en temps de paix. Ce passage prit ultérieurement le nom de temple. Numa en ferma les portes, mais il fallut attendre 480 années plus tard, à la fin de la première guerre entre Rome et Carthage pour que les portes soient à nouveau fermées ! Ensuite, ce sera sous le règne d'Auguste en -29. Cela illustre bien que l'histoire de Rome fut celle d'une guerre quasi-permanente.

*Janus était le dieu romain des portes et des passages. Il était représenté avec deux têtes, une devant, l'autre derrière c'est-à-dire, l'une regardant le passé et l'autre l'avenir. Ce Janus était surtout réputé pour avoir empêché les Sabins d'envahir le Capitole, au temps de Romulus, alors qu'une jeune romaine du nom de Tarpéia voulait livrer la citadelle aux dits Sabins. Il existe plusieurs versions de la légende de Tarpéia, mais selon la plus courante, elle fut tuée sur la roche qui fut appelée « roche tarpéienne » et d'où étaient précipités les traîtres à la patrie.

*Janus a donné son nom au mois de janvier (mois de passage d'une année à la suivante) ainsi qu'à la colline du Janicule à Rome. Selon la mythologie, Janus fut marié avec une déesse latine du nom de Camisé. Ils eurent un fils nommé Tiber (Tibérinus) qui se noya dans le fleuve et lui donna son nom, d'où découle également le nom de l'île Tibérine.

 

Ara Pacis Augustae :

*C'est à l'initiative du Sénat romain et pour célébrer la fin des guerres civiles (entre Marius et Sylla, puis entre César et Pompée et enfin entre Octave et Antoine) que fut construit en 4 ans l'Autel de la paix d'Auguste. Il fut inauguré en l'an -9.

*Il est situé entre le mausolée d'Auguste (construit entre -28 et -23) et le Tibre.

Il comprend un autel entouré d'une enceinte de marbre, percée de deux portes, qui portait sur la face externe des personnages sculptées représentant la famille impériale et les principaux notables qui devaient assister à l'inauguration. Etaient également sculptés : le Troyen Enée, ancêtre légendaire des Romains (dont Auguste prétendait descendre) ainsi que le berger Faustulus qui découvrit les jumeaux Rémus et Romulus, qui furent les fondateurs légendaires de Rome.

*Cet autel avait complètement disparu. En 1970 pour célébrer le centenaire de Rome capitale (de l'Italie) il fut reconstitué à partir de toutes les découvertes qui avaient été effectuées et dont les morceaux étaient dispersés dans différents musées.

*Si l'idée d'inaugurer un autel à la paix partait d'une bonne intention, la réalisation ne suivit pas. Les guerres reprirent dès le règne d'Auguste. Ainsi 18 années seulement après l'inauguration de l'autel de la paix, 20.000 légionnaires romains (des XVII, XVIII et XIXe légions) étaient massacrés en Germanie à Teutoburg, lieu qui comme Alésia et d'autres est sujet à beaucoup de différents entre historiens. Varus leur général se suicida à la fin de la bataille, les Germains lui coupèrent la tête et parvinrent à la faire livrer à Auguste.

*Après la victoire d'Octave sur Antoine et Cléopâtre, le Sénat lui avait décerné, tous les titres, tous les noms dont celui d'Auguste (qui deviendra son nom) et lui avait accordé tous les pouvoirs. Il devint de fait le premier empereur de l'Histoire de Rome avec des pouvoirs absolus. Il avait étranglé la République tout en prétendant la défendre !

J.D. 18 février 2017

Autel de la paix d'Auguste à Rome, image du net

Autel de la paix d'Auguste à Rome, image du net

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9 février 2017 4 09 /02 /février /2017 15:07

La guerre de trois N°354

 

Devant effectuer prochainement un voyage dans le Frioul, j'ai rédigé quelques notes documentaires (N°340 à 352) sur les sites prévus au programme, en privilégiant l'aspect histoire compte tenu de mes propres centres d'intérêts. Mais chacun en fait ce qu'il en veut.

Cette région du Frioul, qui est frontière, s'est trouvée au centre des conflits qui ont opposé Autriche et Italie et permis l'unité de l'Italie. La France a été largement partie prenante à ces événements. Il y eut donc trois acteurs principaux à l'unité de l'Italie : par ordre alphabétique : Autriche, France et Italie ; par ordre d'importance : Italie, Autriche et France.

En moins de 70 années, 4 guerres ont opposé Italie et Autriche. Il m'a semblé qu'il fallait tenter une synthèse de ces événements :

 

L'Italie terre d'invasions :

On aurait pu croire que la barrière des Alpes qui sépare l'Italie du Nord au reste de l'Europe épargne la péninsule italienne des invasions. Il n'en fut rien, des Gaulois de Brennus en -390, aux Allemands durant la seconde guerre mondiale, l'Italie fut constamment envahie et l'Italie du Nord transformée en champ de batailles à répétition. Sans oublier bien sûr toutes les invasions par la mer comme celle de Pyrrhus en -280, celle des Normands, des Espagnols... jusqu'au débarquement des Alliés en 1943.

L'Italie divisée en de nombreuses souverainetés après la fin de l'Empire romain d'Occident fut convoitée par beaucoup de peuples, principalement l'Autriche qui avait besoin d'un accès à la mer, la France pour qui c'était la proie la plus facile pour agrandir son territoire et dans une moindre mesure l'Espagne et le Saint Empire romain germanique. Avec beaucoup de complications pour la compréhension de l'Histoire car Vienne devint la capitale du Saint Empire à partir du quinzième siècle, Charles Quint roi d'Espagne devint empereur du Saint Empire et casa son frère (Ferdinand) à la tête de l'Autriche...

Quand on considère l'histoire des peuples, il faut bien conclure qu'il faudrait plus que des montagnes pour empêcher les humains de s'étriper !

 

la guerre de 1848/49 :

A partir de 1797, Napoléon Bonaparte réorganisa l'Italie en 3 entités nouvelles en remplacement d'une dizaine de souverainetés :

-un royaume d'Italie au nord-est dont Napoléon se fit sacrer roi,

-un royaume de Naples dans le midi sur le trône duquel il mit d'abord son frère Joseph puis son beau-frère Murat

-enfin une grande partie fut annexée et transformée en départements français (voir la liste sur la fiche N°21 http://jean.delisle.over-blog.com/article-garibaldi-et-verdi-61434798.html)

*Ces trois entités étant sous le contrôle de la France, on peut penser que Bonaparte réalisa une certaine unité de l'Italie à défaut d'une unité certaine. Mais c'était la première unité de la péninsule depuis le cinquième siècle. Est-ce que cela participa à la renaissance (risorgimento) du sentiment national italien ? Probablement.

*A la chute de Napoléon, Metternich qui fut l'homme fort du congrès de Vienne redivisa l'Italie (diviser pour mieux régner) et rebaptisa le royaume d'Italie de Napoléon en « royaume Lombard-Vénitien » complètement sous la coupe de l'Autriche et plaça les pions autrichiens dans les autres parties de l'Italie. La technique était différente mais le but était le même que celui de Napoléon, à savoir contrôler l'Italie qui fut une belle fiancée très convoitée mais qui fut souvent contrainte à des mariages forcés !

*Les Italiens avaient eu du mal à supporter la présence française, ils la regrettèrent avec l'arrivée des Autrichiens, c'est tout au moins ce qu'il ressort du témoignage de Philippine de Sales, grand-mère de Cavour. Voir la note N°52 http://jean.delisle.over-blog.com/article-philippine-de-sales-et-le-piemont-89037776.html

*Le système européen mit en place par Metternich tint jusqu'en 1848 qui fut « l'année du printemps des peuples » ou « l'année des Révolutions » y compris à Paris ou à Vienne où Metternich fut contraint de se retirer.

*En Italie les Vénitiens furent les premiers à se soulever contre l'Autrichien suivit par les Milanais. A Turin, Charles-Albert qui était roi de Sardaigne se lança dans une guerre contre l'Autriche mais vaincu à Novare (Novara à une quarantaine de kms à l'ouest de Milan sur l'axe Milan/Turin). Il abdiqua en faveur de son fils officiel (mais qui est autant le fils de Charles-Albert que Napoléon III est le fils de Louis Bonaparte!) qui régna sous le nom de Victor-Emmanuel II. L'Autriche reprit le pouvoir et réprima les patriotes. Si cette guerre n'apporta aucun avantage matériel pour l'unité de l'Italie, elle renforça probablement le sentiment national et prépara l'avenir et ce d'autant que certains Républicains convaincus comme Garibaldi comprirent qu'il fallait donner la priorité à l'unité nationale et se rallièrent à la royauté c'est-à-dire à la dynastie issue de la Maison de Savoie.

 

La guerre de 1859

Avec la complicité de Cavour, Victor-Emmanuel II envoya en France une ambassadrice de charme en la personne de Virginia de Castiglione qui fit de la « collaboration allongée » avec Napoléon III, préparant le terrain à l'engagement de la France aux côtés du royaume de Sardaigne pour chasser les Autrichiens d'Italie, sans pour autant minimiser le rôle de Cavour qui vint négocier avec Napoléon III à Plombières dans les Vosges les 20 et 21 juillet 1858.

Vaincue, l'Autriche céda la Lombardie mais Napoléon III s'apercevant (?) trop tard que l'affaiblissement de l'Autriche allait faire le jeu de la Prusse, s'arrêta avant la libération de la Vénétie qui, provisoirement resta aux mains de l'Autriche. Sur le détail de cette guerre voir la note N°1 http://jean.delisle.over-blog.com/article-reunion-de-la-savoie-et-de-l-arrondissement-de-nice-a-la-france-en-1860.

 

La guerre de 1866 :

Le royaume de Sardaigne s'allia à la Prusse contre l'Autriche. Garibaldi remporta quelques victoires sur l'armée autrichienne mais le gros de l'armée italienne fut vaincue à la bataille de Custoza (à une douzaine de kms au sud-est du lac de Garde) le 25 juin 1866. Cependant l'intervention italienne mobilisa d'importante forces autrichiennes qui furent terrassées par la Prusse à la bataille de Sadowa (dans l'actuelle République tchèque) le 3 juillet 1866. Le royaume de Sardaigne récupéra la Vénétie et le Frioul. Après la Lombardie en 1859, cela renforça le rôle de la dynastie régnante à Turin pour faire l'unité de l'Italie. Les peuples de l'Italie centrale rejoignirent le royaume et Garibaldi et ses chemises rouges firent la conquête de la Sicile et du sud de l'Italie et le royaume d'Italie fut proclamé le 17 mars 1861 et Victor-Emmanuel II en devint roi.

 

La première guerre mondiale :

Sur le détail de cette guerre voir la fiche N° 161 http://jean.delisle.over-blog.com/2014/02/l-italie-et-la-guerre-de-14-n-161.html

Elle permit à l'Italie de récupérer le Trentin.

 

Résumons :

Il fallut 4 guerres contre l'Autriche et probablement plus d'un million de morts pour que l'Italie divisée durant 14 siècles refasse son unité. Que les Italiens d'aujourd'hui pensent aux lourds sacrifices qui furent nécessaires et conservent bien leur unité.

J.D. 9 février 2017

 

 

 

portrait de Charlkes-Albert et de Victor-Emmanuel II
portrait de Charlkes-Albert et de Victor-Emmanuel II

portrait de Charlkes-Albert et de Victor-Emmanuel II

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6 février 2017 1 06 /02 /février /2017 13:35

L'intox, un cas d'école N°353

 

*Le 27 janvier 2017, Donald Trump, nouveau président des États-Unis prenait un décret pour interdire l'accès du territoire américain durant 90 jours aux ressortissants de 7 pays que voici : Libye, Syrie, Irak, Iran, Yémen, Somalie et Soudan.

*Immédiatement la presse internationale y compris française se déchaînait contre Trump, présentant ce décret comme anti-musulman.

*Il y a aujourd'hui 57 États qui sont membres de l'OCI (Organisation de la Coopération Islamique) , cela correspond aux États musulmans ou à majorité musulmane. Cela signifie que 50 pays musulmans ou à majorité musulmane ne sont pas concernés par le décret du 27 janvier 2017. Dans ces 50 pays, le Maroc, l'Algérie, la Tunisie, l’Égypte, l'Arabie, le Katar….

*dans les 7 pays concernés, 3 sont en guerre (Libye, Syrie, Irak) avec l’État islamique comme principal acteur et les 4 autres pratiquent la charia c'est-à-dire que dans ces pays, les homos sont pendus, les femmes réputées adultères sont lapidées, les musulmans qui abandonnent l'islam sont exécutés...

*En fait les 7 pays concernés sont potentiellement pourvoyeurs de terroristes. Mais comme le but de beaucoup de médias est de discréditer Trump, l'accuser d'être anti-musulman est beaucoup plus profitable. Il faut rappeler que durant la campagne électorale américaine, sur les 200 plus importants médias du pays (chaînes de télé, New-York Times…) 194 ont pris le parti d'Hillary et 6 de Trump !

*Le pire est que depuis des années, 16 pays interdisent l'accès de leur territoire aux Israéliens comme l'indique cet article publié par une édition de l'Express :

 

"L’indignation mondiale suscitée par l’interdiction d’entrée des États-Unis pour les ressortissants de sept pays musulmans est à son comble. Mais l’interdiction que 16 pays musulmans ont imposée à tous les Israéliens d’accéder à leur territoire depuis des décennies provoque moins d’émotion. Huit pays interdisent même leur accès à toute personne dont le passeport comporte un tampon israélien.
Ces 16 pays musulmans sont les suivants : l’Algérie, le Bangladesh, Brunei, l’Irak, l’Iran, le Yémen, le Koweït, le Liban, la Libye, la Malaisie, Oman, le Pakistan, l’Arabie Saoudite, le Soudan, la Syrie et les Emirats Arabes Unis." extrait d'un article du journal en ligne de l'Express business du 31 janvier 2017

 

Mais que 16 pays interdisent depuis des décennies leur territoire aux Israéliens n'intéressent pas les bonnes âmes. Que 6 (sur 7) des pays visés par Trump figurent dans la liste des 16 ci-dessus ne les intéressent pas plus et sauf exceptions méritoires, cela n'intéresse pas plus les médias qui n'ont pas pour objet d'informer mais de conditionner, de formater l'opinion de l'intoxiquer. Pour beaucoup ce ne sont plus des médias d'information mais d'opinion !

 

Le résultat du parti pris systématique des médias sur ce sujet et sur beaucoup d'autres explique la méfiance de plus en plus grande de beaucoup de citoyens vis-à-vis des médias comme le précise l'article suivant du Point :

 

« Médias : comment rétablir la confiance ? Jamais la méfiance et la désaffection des Français vis-à-vis des médias n'ont été aussi fortes. Quelles sont les pistes pour rétablir leur crédibilité ?
PAR OLIVIER UBERTALLI Publié le 06/02/2017 à 06:46 | Le Point.fr «

 

J.D. 6 février 2017

caricature

caricature

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5 février 2017 7 05 /02 /février /2017 11:32

Le duc d'Aoste N°352

 

Emmanuel Philibert de Savoie Aoste (Emanuele Filiberto di Savoia-Aosta) naquit à Gênes le 13 janvier 1869. Il est le fils de Maria Vittoria del Pozzo (1847/1876) et d'Amédée de Savoie (1845/1890)

 

Amédée de Savoie : fils d'Adélaïde d'Autriche et de Victor-Emmanuel II (dernier roi de Sardaigne et premier roi d'Italie pour la Maison de Savoie) il naquit en 1845 et fut à sa naissance titré « Duc d'Aoste » par son grand-père Charles Albert qui était alors roi de Sardaigne. Cet Amédée de Savoie devint roi d'Espagne en 1870, mais mal accepté par les Espagnols, il abdiqua en 1873.

 

Retour à Emmanuel Philibert : Il fut titré « prince des Asturies » et « Infant d'Espagne » durant le court règne espagnol de son père. Il abandonna ses titres espagnols après l'abdication de son père. Par contre il devint « duc d'Aoste » à la mort de son père en 1890.

Emmanuel Philibert fut donc le petit-fils de Victor-Emmanuel II roi d'Italie, le neveu d'Humbert 1er qui devint roi d'Italie après la mort de son père (V.E.II) en 1878, puis le cousin de Victor-Emmanuel III lorsqu'il devint roi d'Italie en 1900

Le 25 juin 1895, il épousa Hélène d'Orléans fille du comte de Paris. Ils eurent 2 enfants.

Emmanuel Philibert intégra l'armée à Naples en 1905 et devint commandant.

Durant la première guerre mondiale, Emmanuel Philibert reçut le commandement de la troisième armée italienne et lui ne fut jamais vaincu. Il en reçut le surnom de « Duca Invitto » (duc invaincu).

Le 25 juin 1926, il fut promu « Maréchal » (d'Italie).

Décédé le 4 juillet 1931 à Turin, et conformément à sa volonté, il rejoindra tous ses soldats lorsque sera réalisé en 1938 le mémorial aux soldats tombés durant les batailles contre l'Autriche (première guerre mondiale).

 

Redipuglia : Est le plus grand cimetière militaire italien. Il fut inauguré le 13 septembre 1938. Il est situé sur le territoire de la commune de Fogliano Redipuglia dans la province de Gorizia région Frioul-Vénétie Julienne, à l'embranchement de l'autoroute Trieste/Venise et de la route Trieste/Udine sur le plateau du Carso où se déroulèrent de sanglantes batailles contre l'Autriche.

En face d'une « voie héroïque » un escalier avec 22 paliers sous lesquels sont inhumés 39.857 soldats identifiés avec leur nom et le mot « presente » répété tout au long de l'escalier.

Une chapelle votive avec 3 grandes croix et de chaque côté sont inhumés 60.330 soldats inconnus. Soit au total plus de 100.000 victimes de la guerre.

Il fait partie d'un ensemble de 6 cimetières consacrés en Italie à la première guerre mondiale dont un qui fut inauguré le 22 septembre 1935 au Mont Grappa (à la jonction entre les provinces de Vicence, Trevise et Belluno). Il renferme les dépouilles de 22.910 soldats dont 20.332 inconnus.

 

Illustrations : on trouvera en illustrations jointes :

-le monolithe de porphyre de 75 tonnes du duc d'Aoste

-la plaque inaugurale de 1938

 

J.D. 5 février 2017

 

Redipuglia
Redipuglia

Redipuglia

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4 février 2017 6 04 /02 /février /2017 08:06

Ernest Hemingway et Erwin Rommel N°351

 

Quel lien peut-on trouver entre l'Américain Ernest Hemingway et l'Allemand Erwin Rommel ?

 

Outre le fait qu'ils se suicidèrent l'un et l'autre (le 14 octobre 1944 pour l'un et le 2 juillet 1961 pour l'autre), leur point commun se trouve dans la guerre de l'Italie contre l'Autriche et spécialement dans les « douze batailles de l'Isonzo » de juin 1915 à septembre 1917.

 

Ernest Hemingway :

Né américain le 21 juillet 1899, il se retrouva ambulancier pour la croix-rouge italienne lorsque les États-Unis entrèrent dans la première guerre mondiale (le 6 avril 1917).

Ernest Hemingway fut blessé à Fosalta di Piave le 8 juillet 1918. Hospitalisé à Milan durant 3 mois il y fit la connaissance d'une infirmière américaine nommée Agnès Von Kurowsky et qui fut sa première épouse. Son séjour en Italie et le spectacle de la guerre lui inspirèrent son roman « Adieu aux Armes » (A Farewell to Arms), édité en 1929 et en partie auto-biographique.

 

Erwin Rommel :

Né le 15 novembre 1891, il était lieutenant lorsque l'Allemagne envoya des troupes pour soutenir les Autrichiens face à l'armée italienne lors de la douzième bataille de l'Isonzo appelée aussi bataille de Caporetto (du 24 octobre 1917 au 9 novembre 1917). A la tête de 100 hommes d'un commando de montagne du Wurtenberg, il s'empara de 150 officiers italiens, de 9.000 soldats et de 81 canons ! Les Italiens, j'imagine, ne doivent pas aimer que l'on évoque cet épisode, mais l'histoire est l'histoire. Rommel devint immédiatement capitaine, poursuivit sa carrière militaire jusqu'à devenir maréchal et l'on connaît la suite. Cet exploit de Rommel et de ses hommes participa à la défaite italienne de Caporetto.

 

Caporetto :

*Caporetto (nom italien) ou Kobarid (nom slovène) est une ville d'environ 4.500 habitants située aujourd'hui en Slovénie dans la vallée de l'Isonzo, nom italien ou de la Soca (avec un accent circonflexe renversé sur le « c » mais mon clavier ne connaît pas) nom slovène, à moins de 10 kms à vol d'oiseau de la frontière italienne. L'Isonzo coule en Slovénie dans une zone montagneuse avant de terminer dans l'Adriatique sur le territoire italien.

*Sur le cadrage général concernant l'Italie dans la guerre de 14, voir la fiche N°161 http://jean.delisle.over-blog.com/2014/02/l-italie-et-la-guerre-de-14-n-161.html

*L'objectif principal de l’État-major italien fut de s'emparer du port de Trieste qui appartenait encore à l'Autriche et qui constituait son débouché sur la mer. L'objectif de l'Autriche fut inverse, c'est-à-dire empêcher les Italiens de s'emparer de Trieste.

*11 batailles successives s'étaient déjà déroulées dans la vallée de l'Isonzo sans gain significatif pour l'un ou l'autre, mais avec beaucoup de pertes. Les Autrichiens devaient combattre sur plusieurs fronts (voir la fiche N°55 http://jean.delisle.over-blog.com/article-la-fin-des-4-empires-97643758.html). Afin de frapper un grand coup, ils firent appel à des renforts allemands.

*Le 24 octobre, 7 divisions allemandes et 6 austro-hongroises appuyées par 2.000 pièces d'artillerie dont 500 de gros calibres et employant des gaz toxiques et des lance-flammes déclenchèrent une offensive massive sur un front resserré de 5 kms.

*Le front enfoncé, l'armée italienne dut battre en retraite et parvint à se regrouper d'abord derrière le Tagliamento puis à établir une nouvelle ligne de front derrière le fleuve Piave, c'est-à-dire après un recul de plus de 100 kms vers l'ouest.

*En une quinzaine de jours, l'armée italienne eut 40.000 tués, 295.000 prisonniers et perdit un armement très important.

*Mais les Allemands inquiets des débarquements américains en France, retirèrent leurs troupes de ce front pendant que Français et Anglais envoyaient des renforts aux Italiens. Voir en illustration de la note N°202 http://jean.delisle.over-blog.com/2014/11/les-soeurs-latines-n-202.html, une photo de l'époque montrant le roi d'Italie récompensant des soldats français qui avaient repris le Mont Tomba aux Autrichiens le 30 décembre 1917. Le Mont Tomba se trouve à l'ouest du Piave, entre le Piave et le Mont Grappa.

*Signalons que dans la nuit du 12 au 13 décembre 1917, un train de permissionnaires français revenant d'Italie, dérailla à 1,3 km de la gare de Saint Michel de Maurienne. Il y eut 425 soldats tués, 2 cheminots morts et 207 blessés. La plupart des corps ne pouvant être identifiés, il y eut une tombe collective au cimetière de Saint Michel de Maurienne. Les restes des corps furent transférés en 1962 au cimetière militaire de la Doua à Villeurbanne. En juin 1923, André Maginot ministre de la guerre vint inaugurer un petit monument souvenir au cimetière de Saint Michel et une plaque commémorative fut placée à l'endroit de l'accident le 12 décembre 1998.

*Finalement l'Italie remporta une importante victoire sur l'Autriche à la bataille du Piave du 24 au 29 octobre 1918 (appelée aussi Bataille de Vittorio Veneto) et cela accéléra la fin de la guerre.

*Si les alliés surent gérer la guerre, par contre, ce ne fut pas le cas de l'après guerre. Le traité de Versailles de 1919 fut une catastrophe et les promesses faites à l'Italie ne furent pas tenues. Tous les historiens s'accordent aujourd'hui pour dire que la gestion de l'après première guerre mondiale amena la seconde guerre mondiale.

 

Illustrations :

On trouvera en illustrations jointes :

-la photo du monument élevé en Slovénie à Kobarid en mémoire des soldats italiens tués à la bataille de Caporetto, image du net

-une photo publiée dans la Vie Nouvelle du 7 novembre 2004 sur l'état du train après déraillement à Saint Michel de Maurienne. Il faut préciser que les soldats s'éclairaient à la bougie dans les wagons et qu'outre le choc les wagons prirent feu.

J.D. 4 février 2017

P.S. : Hemingway possédait une maison à Key West au bout du bout de la Floride, j'en ai mis la photo en illustration de la note N°35 : http://jean.delisle.over-blog.com/article-les-coqs-de-key-west-67243816.html

monument àKobarid et train à Saint Michel de Maurienne
monument àKobarid et train à Saint Michel de Maurienne

monument àKobarid et train à Saint Michel de Maurienne

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3 février 2017 5 03 /02 /février /2017 08:32

Trieste N°350

 

Trieste est une ville d'environ 205.000 habitants située au nord-est de l'Italie, sur la côte Adriatique, à la frontière slovène. Elle est le chef-lieu de la province de Trieste et de la région Frioul-Vénétie Julienne. Comme tout le Frioul, sa situation géographique a engendré une histoire particulièrement mouvementée.

 

Histoire :

*On ne sait pas depuis combien de temps le site est peuplé, mais son histoire remonte à la haute antiquité puisque les légendes grecques y font passer Jason à la recherche de la Toison d'or !

*C'est en 177 avant notre ère que les Romains s'emparent du site, s'installent sur la partie élevée et lui donnent le nom de « Tergeste ». Mais située à la frontière avec les « Barbares », elle est souvent envahie comme l'atteste César soi-même dans la Guerre des Gaules au livre VIII en 24 :

« Il appelle Titus Labiénus auprès de lui ; la quinzième légion, qui avait passé l'hiver avec ce dernier, il l'envoie dans la Gaule (à l'époque l'Italie du Nord s'appelait encore « Gaule Cisalpine ») qui jouit du droit de cité (droit de citoyenneté romaine) pour assurer la protection des colonies de citoyens romains, voulant ainsi éviter qu'une descente de Barbares ne leur infligeât un malheur semblable à celui qu'avaient subi, l'été précédent (en -52), les Tergestins, qui avaient été brusquement attaqués et pillés par eux. ».

*Après avoir suivi le sort de Rome, la ville tombe sous la coupe des Byzantins à la chute de l'empire romain d'Occident (en 476) jusqu'en 788

*Puis sous le pouvoir des Francs (empire carolingien), devint le siège d'un diocèse en 1098, est annexée par Venise en 1369, passe à l'Autriche en 1382 jusqu'à l'arrivée des troupes de Bonaparte en 1797.

*Intégrée aux Provinces Illyriennes par la France de 1809 à 1814, la ville retombe entre les mains de l'Autriche jusqu'en 1921 où elle revient à l'Italie.

*occupation allemande en 1943 avec ouverture sur le territoire de Trieste d'un camp de concentration d'abord et d'extermination sur la fin de l'occupation nazie, avec même un four crématoire.

*Arrivée des troupes communistes de Tito le 1er mai 1945 qui voulant s'approprier le territoire se livrent à des massacres d'Italiens. L'estimation du nombre de victimes de ce que l'on peut appeler « épuration ethnique » varie selon les auteurs entre 4.000 et 17.000, le chiffre le plus souvent avancé est « entre 13.000 et 15.000 ». En 2004, le gouvernement italien a décidé d'une journée du souvenir en mémoire des victimes de ces massacres. La première célébration s'est déroulée le 10 février 2005.

*Le traité de Paris du 10 février 1947 (voir fiche N° 340 : http://jean.delisle.over-blog.com/2017/01/le-traite-de-paris-du-10-fevrier-1947-n-340.html) entraîna la création d'un « territoire libre de Trieste » sous le contrôle de l'ONU avec une zone nord, comprenant Trieste, sous contrôle anglo-américain et une zone sud sous contrôle Yougoslave avec la ville appelée Coper (s'écrit aussi Koper) par les Yougoslaves et Capodistria par les Italiens. Cette ville, à 10 kms environ au sud de Trieste, avait été fondée par les Romains sous le nom de Capris (c'était le Capris des Dieux...romains!). De fait il y eut un échange de population, les habitants de langue italienne se portant vers le nord et ceux de langue slovène vers le sud.

*Le traité d'Osimo (ville italienne de la province d'Ancône) du 10 novembre 1975 signé entre l'Italie et la Yougoslavie donna la zone nord avec Trieste à l'Italie et la zone sud avec Koper à la Yougoslavie (aujourd'hui en Slovénie). Le traité entra en application le 11 octobre 1977. Dans les faits, la partition datait d'un protocole d'accord de 1954.

 

Activités :

*Trieste a été durant toute la période autrichienne, le débouché sur la mer de l'empire et la plaque tournante des relations commerciales entre Orient et Occident même si d'autres villes portuaires eurent la même vocation.

*En 1877, s'ouvrit une école de commerce

*En 1924 une Université fut fondée qui prit vite de l'importance et aujourd'hui Trieste est devenue en Italie la « cité des Sciences » avec :

-l'observatoire astronomique de Trieste

-l'Institut national d'océanographie et géophysique expérimentale

-le centre international de physique théorique

-le synchrotron Elettra

...

 

Monuments :

*de la période romaine, il reste des traces de monuments du premier siècle avant notre ère au second siècle de notre ère : théâtre d'une capacité de 6.000 places, arc romain, forum, 2 aqueducs…

*la piazza « Unità d'Italia » au pied de la colline San Giusto (Saint Just) : très grande place de plus de 10.000 m² qui s'appela aux temps autrichiens « « Piazza Francesco Giuseppe » (place François Joseph) avant de prendre l'actuel nom en 1918. Tout autour, beaucoup de palais ; au centre la fontaine des 4 continents érigée entre 1751 et 1754, une colonne réalisée en souvenir de la venue le 10 septembre 1728 de l'empereur Charles VI, deux fontaines dédiées aux déesses Vénus et Thétis de 1881/1883...

*La cathédrale de Saint Just (San Giusto) sur la colline du même nom, construite au cinquième siècle à l'emplacement d'un édifice romain. Le monument actuel date du 14e siècle.

*Sur la même colline : le château de San Giusto (15e/16e siècles) avec un musée d'armes anciennes

*de nombreux musées dont le « museo del mare » et le « museo Sartorio » avec de nombreuses œuvres de Tiepolo (peintre vénitien 1696/1770), théâtres, églises, synagogues, le phare de la Victoire construit de 1923 à 1927 sur la colline de Gretta...sans oublier de nombreux cafés réputés ni le château de Miramare (voir fiche N°346 http://jean.delisle.over-blog.com/2017/01/le-chateau-de-miramare-n-346.html).

*Pour sa renommée touristique, Trieste pâtit probablement de la proximité de Venise.

 

Illustrations jointes :

* la cathédrale San Antonio Nuovo (construite entre 1825 et 1849) vue du Canal Grande creusé de 1754 à 1756, pour amener la mer dans la ville.

*la statue de l'impératrice Elisabeth dite Sisi, assassinée à Genève le 10 septembre 1898. Le monument financé par souscription publique fut érigé en 1912.

J.D. 3 février 2017

 

 

 

 

 

 

la cathédrale San Antonio Nuovo et Sisi, images du net
la cathédrale San Antonio Nuovo et Sisi, images du net

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31 janvier 2017 2 31 /01 /janvier /2017 08:06

Spilimbergo N°349

 

Spilimbergo est une commune d'environ 12.200 habitants située au nord-est de l'Italie dans la province de Pordenone région Frioul-Vénétie Julienne, sur la rive droite du fleuve Tagliamento.

Elle se développa à partir du douzième siècle pour les comtes de la famille Spengenberg.

Elle fut annexée par Venise en 1420, devint autrichienne en 1797 puis italienne en 1866.

*En janvier 1922 s'ouvrit une école de la mosaïque : « Scuola Mosaicisti Friuli » qui a vite acquis une grande réputation.

*le tremblement de terre du 6 mai 1976 provoqua d'importants dégâts qui furent réparés

*La partie historique de la ville concentre de nombreux monuments érigés entre le treizième et le seizième siècles. On trouvera en illustrations la liste de ces monuments (château, cathédrales, églises , palais, tours, école de la mosaïque…) et leur localisation sur un plan ; ainsi qu'une façade du château. Trois remparts furent érigés successivement, ce qui explique l'importance des tours, dont la tour orientale érigée en 1304.

 

*Signalons particulièrement :

-la cathédrale consacrée à Notre Dame de l'Assomption, dont la première pierre fut posée le 4 octobre 1284, elle fut complétée en 1359. Une tour fut transformée en clocher.

-le château qui fut incendié en 1511 et restauré. Henri III roi de France (fils de Catherine de Médicis et d'Henri II), logea dans ce château en juillet 1574 , lors de son transit entre la Pologne et la France.

-le palais de l'octroi (palazzo del Daziario) du XIIIe siècle, celui de la Loggia du XIVe siècle et ceux du seizième siècle : Palazzo Tadeo, Ciriani, Troilo, Dipinto

-l'église des Saints Joseph et Pantaléon du quatorzième siècle avec un chœur en bois de 1475

-l'église San Giovanni du XIVe siècle

J.D. 31 janvier 2017

 

plan de Spilimbergo et façade du château, images du net
plan de Spilimbergo et façade du château, images du net

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29 janvier 2017 7 29 /01 /janvier /2017 17:02

Ludovico Manin (N°348)

 

Ludovico Manin fut le cent vingtième et dernier doge de la République de Venise. Il naquit à Venise le 14 mai 1725 et mourut dans la même ville le 24 octobre 1802. Il fut inhumé à Venise dans l'église Santa Maria di Nazareth où il rejoignit son épouse (Elisabetta Grimani décédée le 30 août 1792).

*Originaire de Toscane, sa famille émigra en 1297 pour fuir la guerre entre les Guelfes (partisans du pape) et les Gibelins (partisans de l'empereur germanique).

*Intallés dans la lagune de Venise, les ancêtres de Ludovico achetèrent deux propriétés :

-la villa Barbaro sur le territoire de la commune de Maser, dans la province de Trévise (région Veneto). Cette villa construite dans les années 1550/1560 fut abondamment décorée par Véronèse ce qui a entraîné le classement au patrimoine de l'Unesco en 1994. Ludovico Manin la revendit et elle sortit du patrimoine de la famille Manin.

-une propriété sur le territoire de Passariano (frazione de Codroipo située à l'embranchement des routes Pordenone-Udine et Pordenone-Trieste, dans la province d'Udine). Antonio Manin, ancêtre de Ludovico, y fit construire une villa entre les années 1650/1660, des modifications y furent apportées durant tout le XVIIIe siècle. Cette propriété porte aujourd'hui le nom de « villa Manin ».

 

Ludovico : C'est en 1651 que sa famille avait acheté pour 100.000 ducats le droit de faire partie du patriarcat de Venise (noblesse). Ludovico devint « procurateur » de Saint Marc en 1764. Sur les institutions de Venise, voir la fiche N° 273 http://jean.delisle.over-blog.com/2016/02/la-venetie-n-273.html

Il fut élu doge le 9 mars 1789, probablement à cause de sa fortune. Durant la cérémonie d'investiture place Saint Marc, il fit jeter à la foule des pièces en or, alors que la coutume était de jeter des pièces en argent.

Il eut l'ambition de réformer les institutions de Venise mais l'arrivée des troupes de Bonaparte ne lui en laissèrent pas le temps. C'est le 12 mai 1797 que se tint la dernière réunion du Grand Conseil de la Sérénissime qui accepta l'ultimatum imposé par Bonaparte.

Dans le cadre de la guerre contre l'Autriche, Bonaparte avait laissé des troupes à Vérone pendant qu'il s'était rendu en Autriche (à Loeben, à peu près au centre de l'Autriche) pour négocier un traité avec les Autrichiens. Le 17 avril 1797, la population de Vérone organisa « les Pâques véronaises » à l'exemple des « Vêpres siciliennes » (les lundi et mardi de Pâques 1282) et massacra tout ce qu'elle put de Français, principalement des soldats malades ou blessés mais aussi des Italiens qui s'étaient affichés favorables à la France. C'est en représailles que Bonaparte envahit Venise et mit fin à la République.

Ludovico Manin se retira dans sa propriété et Bonaparte disposa de Venise.

 

La villa Manin: Une chapelle (Sant' Andrea) avait été ajoutée en 1708.

Au vingtième siècle, la villa abandonnée tombait en ruines lorsque en 1962, elle fut rachetée pour 140 millions de lires par un organisme public (Ente Ville Venete). La restauration coûta 200 millions de lires mais permit de remettre en état les 1800 m² de la villa proprement dite et son parc de 19 hectares. Le tout fut racheté en 1969 par la région Frioul-Vénétie Julienne.

En 2004, la villa fut aménagée en « centre d'Art contemporain ».

Elle présente des collections permanentes dont des fiacres, des armes et la chambre où Bonaparte et Joséphine passèrent la nuit du 27 au 28 août 1797. S'y déroulent également des expositions temporaires et autres manifestations culturelles.

 

Campoformido : C'est une commune italienne d'environ 7800 habitants située à 12 kms au sud-ouest d'Udine sur l'axe Udine/Pordenone. Son nom en vénitien est Campoformio.

C'est Bonaparte (âgé de 28 ans) qui signa le 18 octobre 1797, avec l'Autriche, le traité qui mettait fin à la guerre commencée en avril 1792. Bonaparte négocia seul sans se préoccuper de ce que pensait le Directoire. Il céda à l'Autriche Venise et ses territoires en échange des provinces belges du Saint empire, des îles ioniennes (actuelles îles grecques le long de la côte turque) ainsi que la libération de La Fayette.

Selon certains auteurs, le traité aurait été signé à la villa Manin, selon d'autres dans la maison de Beltrando del Torre qui tenait un relais de poste à Campoformido. Aujourd'hui, à la place du relais de poste, il y a « l'Osteria del Tratatto » (l'hôtellerie du traité) située 4 Piazza del Tratatto. En 1897, pour le centenaire du traité, une plaque a d'ailleurs été apposée sur la façade de l'hôtellerie pour rappeler la signature du traité en ce lieu. Le nom même du traité (de Campoformio) semble disqualifier la villa Manin.

J.D. 29 janvier 2017

la villa Manin, image du net

la villa Manin, image du net

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28 janvier 2017 6 28 /01 /janvier /2017 17:48

Cividale del Friuli (N°347)

 

Cividale del Friuli est une commune italienne d'environ 11.600 habitants située dans la province d'Udine, région Frioul-Vénétie Julienne. Elle est à 17 kms à l'est d'Udine et proche, à vol d'oiseau, de la Slovénie.

La ville, comme tout le Frioul, eut une histoire très mouvementée. Il faut dire que la région est située à la convergence de plusieurs influences importantes : la germanique au nord, la slave à l'est et la latine au sud et à l'ouest.

 

Histoire :

*La région fut occupée de longue date et avant la conquête romaine par le peuple des Carni.

*-50 : fondation de la ville par le célèbre Jules (César) sur la rivière Natisone. Je croyais qu'en -50 César faisait la guerre à Astérix et Obélix beaucoup plus à l'ouest ! Ben alors à qui se fier ?

La rivière Natisone est un affluent de la rivière Torre, elle-même affluent de l'Isonzo qui se jette dans l'Adriatique entre Monfalcone et Grado.
La ville prit le nom de Forum Iulli, en rappelant qu'en latin Jules s'écrivait : « Iulius » et que César de son nom complet s'appelait : « Caius Iulius Caesar ». Le Frioul a aussi un nom dérivé de Jules… César. La ville suivit durant des siècles le sort de Rome.

*452 : invasion d'Attila et des Huns qui font beaucoup de carnage dans le Frioul, mais il semble que Forum Iulli ne soit pas touchée mais au contraire profite de la destruction d'autres villes pour se développer.

*568 : invasion des Lombards qui donnent à la ville le nom de « Civitas » et l'érigent en Duché. Alboïn roi des Lombards donne le titre de duc à son neveu Gisulf.

*610 : invasion des Avars. La ville est détruite, le duc Gisulf II est tué dans les combats. Bayan chef des Avars s'empare de Romilda la femme du duc, puis la livre aux soldats et finalement la fait empaler sur un pieu au milieu du camp. Moralité ces Avars n'étaient pas avares... de cruautés ! Mais enfin au vingt-et-unième siècle il y a encore des décapitations, des lapidations, des excisions, des amputations...passons !

*huitième siècle : la ville est reconstruite et prend le nom de « Civitas Forumiuliana ». En 737 elle devient le siège d'un évêché. En 800, elle prend le nom de « Civitas Austriae ».

*915 : le duc du Frioul Béranger 1er devient empereur du Saint Empire.

*de 1077 à 1238 : les patriarches d'Aquilée s'installent à Cividale qui semble avoir transformé son nom de Civitas en Cividale au début du onzième siècle

*1353 : ouverture d'une Université dans la ville

*1419 : la ville est annexée par Venise

*1797 : la ville devient autrichienne après le traité de Campoformio

*1866 : réunion à l'Italie

*1976 : importants dégâts dus au tremblement de terre qui affecta toute la province. Toutes les réparations ont été effectuées.

*25 juin 2011 : la ville est classée au patrimoine de l'Unesco

 

Monuments :

*La cathédrale : Duomo di Santa Maria Assunta reconstruit au XVI e siècle. La première construction date du VIIe siècle. On y trouve surtout dans la nef à droite un musée chrétien dont un baptistère du patriarche (d'Aquilée) Callisto.

*Le musée archéologique national : situé dans un ancien palais du XVIe siècle dont l'architecture est attribuée à Andrea Palladio (1508/1580). Il rassemble de nombreuses découvertes effectuées dans les nécropoles lombardes de la région. C'est cette collection qui a permis le classement à l'UNESCO

*Le monastère Santa Maria in Valle : qui englobe le « tempietto » ancienne chapelle lombarde du VIIIe siècle avec un chœur en bois ajouté au XVe siècle.

*A Cividale, on peut voir également des catacombes celtiques et un « pont du diable » qui selon la légende locale fut construit au XVe siècle par le diable en personne en échange de l'âme du premier passant sur le pont. Le pont construit, les habitants y firent d'abord passer un chien.

J.D. 28 janvier 2017

Jules César à Cividale, image du net

Jules César à Cividale, image du net

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27 janvier 2017 5 27 /01 /janvier /2017 17:48

Le château de Miramare N°346

 

*C'est le 18 mars 1856 que fut posée la première pierre du Château de Miramare. Œuvre de l'architecte Carl Junker, le château fut terminé en 1860. Il fut construit pour et à la demande de l'Archiduc d'Autriche Maximilien.

*Ce château fut bâti sur le promontoire de Grignano qui domine l'Adriatique à 7 kms au nord de Trieste. Administrativement il est sur le territoire de la ville de Trieste.

 

Maximilien d'Autriche : Il naquit à Vienne le 6 juillet 1832. Il est le fils de François-Charles d'Autriche et de Sophie de Bavière. Ce François-Charles était le frère de Marie-Louise seconde épouse de Napoléon. Maximilien, lui, fut le frère de François-Joseph 1er qui fut empereur d'Autriche de 1848 à 1916 et qui épousa Élisabeth, la célèbre Sisi. Maximilien fut donc le neveu de Marie-Louise et le beau-frère de Sisi.

*Le 27 juillet 1857, Maximilien épousa Charlotte de Belgique fille du roi Léopold 1er et de Louise Marie d'Orléans qui fut la première reine de Belgique tandis que son père Louis-Philippe fut le dernier roi de France.

*Le 2 septembre 1857, Maximilien devint vice-roi de Lombardie et de Vénétie jusqu'au 10 avril 1859.

*Le 3 octobre 1863, au château de Miramare, Maximilien reçut une délégation mexicaine, encouragée par Napoléon III, qui lui proposa la couronne du Mexique.

Maximilien et Charlotte arrivèrent au Mexique le 28 mai 1864, mais le pays était en pleine guerre civile. Napoléon III envoya des troupes pour imposer Maximilien qui avait pris un titre d'empereur du Mexique. L'arrivée d'un étranger coalisa plutôt les Mexicains. Après 3 années de guerre épouvantable, les troupes françaises quittèrent le Mexique en février 1867. Abandonné par les troupes françaises, Maximilien fut vaincu et fusillé le 19 juin 1867. Sa dépouille fut ramenée à Trieste le 18 janvier 1868, il fut inhumé à Vienne dans la crypte des Capucins. Son épouse retourna en Belgique.

Les visées de Napoléon III sur le Mexique furent un fiasco ; il fut l'homme d'Eugénie mais pas forcément l'homme de génie !

 

Parenthèse sur le Mexique : Terre de vieilles civilisations (Toltèques, Olmèques, Mayas, Aztèques….) le Mexique fut colonisé, brutalement, par les Espagnols entre 1519 et 1525.

Des révoltes commencées en 1810 amenèrent l'Indépendance en 1821 et la proclamation de la République en 1824.

*L'annexion du Texas par les Etats-Unis en 1845 entraîna une guerre débutée en février 1846 et qui se termina par le traité de Guadaloupe Hidalgo le 2 février 1848 par lequel le Mexique céda aux Etats-Unis un territoire de 1.300.000 kms2 (équivalent à 2 fois 1/2 la France) soit les actuels Etats américains de Californie, de l'Utah, du Nevada, du Colorado, du Wyoming, du Nouveau Mexique et de l'Arizona.

*La défaite et la perte de 40 % de leur territoire divisèrent les Mexicains entre les partisans de poursuivre le régime républicain et ceux qui voulaient une royauté. Ce sont ces derniers qui étaient venus solliciter Maximilien ….pour sa perte !

 

Le château de Miramare : Après la mort de Maximilien, la cour d'Autriche récupéra le château. Sisi (assassinée à Genève en 1898) y effectua 14 séjours. Le château est complété par un parc de 22 hectares dans lequel se trouvent un « petit château », une chapelle, des écuries.

Après la première guerre mondiale, le château fut transformé en musée inauguré le 24 mars 1929.

A la fin de la seconde guerre mondiale, après l'occupation allemande, il y eut des Néo-Zélandais, des Anglais puis des Américains.

C'est en 1954 que Trieste fut restituée à l'Italie, le château et son parc devinrent propriété domaniale, c'est-à-dire propriété de l’État.

Après restauration, le parc fut rouvert à la visite du public en mars 1955 et le château le 2 juin 1955. Il comprend un musée historique, il est également le siège de la « réserve naturelle marine de Miramare ».

J.D. 27 janvier 2017

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