Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
26 janvier 2017 4 26 /01 /janvier /2017 16:48

 

 

*Palmanova est une ville d'environ 5500 habitants située au nord-est de l'Italie dans la province d'Udine (région Frioul-Vénétie Julienne). Elle est proche d'un carrefour autoroutier dont la branche nord va vers Udine et l'Autriche, la branche sud-est vers Trieste et la Slovénie et la branche sud-ouest vers Venise et l'Italie.

L'origine de cette ville réside dans la fondation d'une citadelle militaire en 1593 afin de protéger Venise et ses territoires de l'invasion musulmane.

*Symboliquement la construction commença le 7 octobre 1593 jour anniversaire de la bataille de Lépante (7 octobre 1571).

 

HISTOIRE :

*C'est le 29 mai 1453 que les Ottomans musulmans s'emparèrent de Constantinople, mettant fin à plus de onze siècles d'existence de l'empire byzantin. Leur première tentative pour s'emparer de Constantinople remontait à 8 siècles en arrière (en 673). Il faut rappeler que 1453 est aussi la dernière année de la guerre de Cent Ans et qu'il y a un lien direct entre cette guerre et la fin de l'empire byzantin. Si les Français et les Anglais au lieu de s'étriper comme des … durant un siècle (1337/1453) s'étaient occupés de ce qui se passait à l'est de l'Europe…

*Après Constantinople, les musulmans se répandirent sur l'Europe par l'est. Prise d'Athènes en 1456, de la Bosnie en 1463, de l'Albanie en 1476, de Belgrade en 1521, de la Hongrie en 1541...Ils échouèrent deux fois à s'emparer de Vienne, en 1529 et en 1683. En même temps , ils s'emparaient méthodiquement de toutes les îles de la Méditerranée dont Rhodes en 1522, Chypre en 1570 (avec le massacre de 20.000 habitants à Nicosie), la Crète en 1669... .

*Au moment de la conquête de Chypre, l'île appartenait à la République de Venise. Les Vénitiens, avec l'appui du pape (Pie V) parvinrent à former une coalition de nations chrétiennes pour reconquérir Chypre. Une armada se rassembla. Elle comprenait 114 navires fournit par la Sérénissime, 50 par l'Espagne, 28 par la République de Gênes et 6 (des galères) par le Duché de Savoie.

*C'est en 1388 que la Maison de Savoie annexa Nice et sa région dont Villefranche. Ce fut le premier accès à la mer pour les Savoyards. Lorsqu'il devint duc en 1553, Emmanuel-Philibert demanda à André Provana de Leyni (originaire de Leyni dans la banlieue nord de Turin, mais qui, aujourd'hui, s'écrit Leini) de créer une flotte et de consolider la défense de la façade maritime de l’État de Savoie. André Provana de Leyni renforça le château de Nice, fit construire entre Nice et Villefranche le fort du mont Alban, la citadelle de Saint-Elme et le fort de Saint-Hospice sur Saint Jean Cap-Ferrat. Puis il constitua une marine et reçut le titre de « capitaine général des galères ».

*La flotte coalisée rencontra la flotte ottomane le 7 février 1571 à Lépante dans le golfe de Patras (à l'ouest de la Grèce, le golfe de Patras sépare le Péloponnèse dans sa partie ouest de la Grèce centrale). La flotte ottomane, sous le règne du sultan Sélim II, fut vaincue, presque tous les navires coulés, 20.000 ottomans y laissèrent la vie, mais les vainqueurs ne surent pas exploiter la victoire ; ils étaient partis pour libérer Chypre mais ne le firent pas. Cette bataille de Lépante a inspiré à Max Gallo le premier tome de « La Croix de l'Occident », ouvrage publié en janvier 2005 chez Fayard.

 

Retour à Palmanova :

C'est dans ce contexte de guerre entre la chrétienté et le monde musulman que les Vénitiens décidèrent la construction de Palmanova. Ils en confièrent la conception et la réalisation à l'architecte vénitien Vincenzo Scamozzi.

*Pour s'adapter à l'évolution de l'artillerie, il créa une forteresse en forme d'étoile à neuf branches, avec des bastions entre les pointes de l'étoile et un fossé sur tout le pourtour. Le système défensif extérieur fut renforcé sous Napoléon Bonaparte. Après la période française, la forteresse revint à l'Autriche puis devint italienne en 1866. La ville s'est développée à l'intérieur de la citadelle militaire (sur 1300 hectares).

*L'ancienne place d'armes est devenue la Piazza Grande autour de laquelle se trouvent la cathédrale (Duomo du XVIIe siècle), la Mairie, la Poste, le Musée Civique et le Musée historique et militaire.

*La ville a été classée « Monument national » (italien) en 1960.

*On y accède seulement par trois portes : la porte « Aquileia » (ville située à 20 kms au sud), la porte « Udine » (ville située à 20 kms au nord) et la porte « Cividale »(ville située à 17 kms à l'est d'Udine). Une des rues porte le nom de l'architecte « Scamozzi ».

On trouvera en illustration une vue aérienne de la ville empruntée au web. Le nom du photographe figure sur le document.

J.D. 26 janvier 2017

Palmanova N°345
Repost 0
24 janvier 2017 2 24 /01 /janvier /2017 17:18

Aquilée et Grado N°344

 

Aquilée (Aquileia, 3500 habitants environ) et Grado (8.600 habitants) sont deux villes italiennes de la région Frioul-Vénétie Julienne, distantes de seulement 19 kms, mais Aquilée est dans la province d'Udine et Grado dans celle de Gorizia (voir fiches précédentes).

 

A-HISTOIRE :

*La ville d'Aquilée fut fondée en l'an 181 avant notre ère par les Romains comme poste militaire avancé au nord de la péninsule, en se rappelant qu'à l'époque de cette fondation, toute l'Italie du nord était encore appelée « Gaule cisalpine ».

*La ville fut construite au bord du fleuve Natissa qui se jette dans l'Adriatique à une dizaine de kms au sud d'Aquilée ce qui permit à la ville une fonction portuaire importante et un développement urbain conséquent dès l'époque romaine.

Selon la légende, un aigle (aquila) passa au dessus de la cité lors de sa fondation, de là, elle tire son nom.

*C'est à partir des années 1930 que des fouilles permirent de retrouver les traces de la ville romaine, il reste encore beaucoup à découvrir, semble-t-il, malgré que le remploi de matériaux au fil des siècles ait fait disparaître beaucoup de choses et que des tremblements de terre en 988, 1348.. .. n'ont rien arrangé !

*En l'an 452 de notre ère, les hordes d'Attila mirent la ville à feu et à sang. Les Huns chassant les autres, les habitants qui le purent s'enfuirent vers le sud et créèrent une nouvelle ville (Grado) sur une île comprise entre l'Adriatique et la lagune qui porte aussi le nom de Grado.

*Aquilée est réputée avoir été évangélisée par Saint Marc, donc dès le premier siècle. Des évêques se succèdent à partir de l'an 276. L'église d'Aquilée prend beaucoup d'importance et participe à l'évangélisation de l'Europe de l'est. Son diocèse, s'étend jusqu'en Hongrie.

*En l'an 554, des différents entre Rome et l’Église locale entraînent une rupture et l'évêque local se proclame patriarche.

*En l'an 568, l'invasion des Lombards amène à un transfert du « patriarcat » d'Aquilée à Grado. Mais en l'an 606, un patriarcat se reconstitue à Aquilée sous l'influence de Byzance tandis que subsiste un patriarcat à Grado sous influence lombarde, lesquels Lombards se convertissent vers l'an 670.

*En l'an 775, Charlemagne met fin à un royaume lombard qui s'était constitué. Les villes d'Aquilée et de Grado passent ensuite sous la coupe d'un Duché de Bavière, en 952 puis du Saint Empire Romain Germanique en 1077, puis sous l'autorité de Venise en 1420. En 1451, les Vénitiens en profitent pour récupérer le patriarcat. Le pape Benoît XIV y mettra officiellement fin en 1750. Les évêques de Venise semblent cependant toujours s'attribuer un titre de Patriarche mais un titre qui n'a plus ni terres ni pouvoir.

*Les 2 villes suivent ensuite le sort de la Vénétie et du Frioul : transfert à l'Autriche au traité de Campoformio du 18 octobre 1797 puis deviennent italiennes en 1866.

*Si les deux cités sont proches géographiquement, elles le sont aussi au regard de l'Histoire, comme mère et fille si l'on peut dire.

 

B-MONUMENTS :

B1-AQUILEE : La ville a été classée au patrimoine de l'UNESCO pour ses monuments et sa zone archéologique en 1998.

*basilique patriarcale : L'ensemble comprend l'église proprement dite, deux cryptes, le baptistère et un campanile.

-En l'an 313 (année de l'édit de Milan de l'empereur Constantin), fut mise en chantier une première église à l'emplacement d'un ancien édifice païen. A cette époque fut construit un sol en mosaÏque de 760 m² de superficie. Cette église fut détruite lors de l'invasion des Huns. Une partie de la population qui s'était réfugiée sur une île revint à Aquilée, reconstruisit la ville et une nouvelle église dans les années 800.

-Cette seconde église fut détruite par un tremblement de terre en l'an 988. En 1031 , sous le patriarche Popone, une troisième église fut commencée et dédiée à deux Saints (Saint Ermacora et Saint Fortunato, des habitants de la cité qui avaient été martyrisés. Aujourd'hui, l'église est dédiée à Sainte Marie de l'Assomption Santa Maria Assunta) et en outre un campanile de 73 mètres de haut qui fut construit en réutilisant des pierres de l'amphithéâtre romain. Mais à cette époque, le pavage de mosaïque du quatrième siècle qui subsistait, fut recouvert d'argile. Il fut redécouvert à partir de 1909.

-Cette troisième église subit, elle aussi, un tremblement de terre en 1348. L'église fut restaurée et au siècle suivant, complétée par un plafond en bois décoré, œuvre de charpentiers vénitiens. On voit qu'au fil des générations, les habitants n'abdiquèrent pas et à chaque catastrophe, relevèrent leur ville et leur patrimoine et c'est grâce à toute cette chaîne que nous pouvons encore l'admirer aujourd'hui.

-Une crypte (cripta degli scavi) possède encore un pavement du IVe siècle, tandis que la seconde crypte (cripta degli Affreschi) date du IXe siècle avec des fresques du XIIe siècle.

*Les musées : la ville possède 3 musées : Musée archéologique national, Musée paléochrétien et Musée civique du Patriarcat. Ces musées furent alimentés en grande partie grâce aux découvertes des fouilles réalisées sur l'Aquilée romaine.

 

B2-GRADO : La ville est surnommée « l'île du soleil ». Les monuments de Grado sont principalement du sixième siècle :

-La cathédrale Sant' Eufemia avec un clocher ajouté au XVe siècle

-la basilique Santa Maria delle Grazie qui avait remplacé au VIe siècle une église construite au siècle précédent lors de la fondation de la ville. De cette première église subsistent des mosaïques.

-En outre un musée lapidaire a été constitué à partir de découvertes dans des sites romains proches.

J.D. 24 janvier 2017

 

localisation d'Aquilée et Grado, carte du net (hot-map.com)

localisation d'Aquilée et Grado, carte du net (hot-map.com)

Repost 0
22 janvier 2017 7 22 /01 /janvier /2017 11:00

 

 

*Udine est une ville qui a aujourd'hui environ 100.000 habitants (169.000 avec l'agglomération), située au nord-est de l'Italie à un trentaine de kms de la frontière slovène (qui est à l'est) et à une trentaine de kms également du fleuve Tagliamento, qui est à l'ouest d'Udine et qui se jette dans l'Adriatique entre Lignano et Caorle c'est-à-dire pas très loin de Venise.

*Udine a été fondée en l'an 983 (de notre ère) et a été la capitale du Frioul historique. Elle fut envahie par les Vénitiens le 7 juin 1420 qui l'annexèrent et la conservèrent jusqu'à l'arrivée des soldats de Bonaparte en 1797.

*Après une parenthèse française, la ville devint autrichienne en 1814 et fut cédée à l'Italie en 1866. Elle devint alors chef-lieu de la province d'Udine dans le cadre de la région Frioul-Vénétie Julienne.

*Udine est encadrée par deux rivières : le « Torrente Torre » à l'est et le « Torrente Cormor » à l'ouest. La ville est en outre reliée au Tagliamento par un canal : « canale Ledra ».

*Durant la première guerre mondiale, jusqu'à la défaite italienne à la bataille de Caporetto (du 24 octobre au 9 novembre 1917), Udine fut le siège de l’État-Major de l'armée italienne.

*La ville fut occupée par les Allemands du 8 septembre 1943 jusqu'à la libération en avril 1945

*Udine est reliée par autoroute à l'Autriche au nord, à Venise (à une centaine de kms au sud-ouest) et à Trieste (à 70 kms environ au sud-est).

*Le 6 mai 1976, un tremblement de terre dont l'épicentre se situait à 27 kms au nord d'Udine, affecta toute la province. Il y eut 989 morts et 45.000 sinistrés. L'organisation des secours et la reconstruction sont souvent cités comme modèle d'efficacité.

 

*Les principaux monuments de la ville datent de la période vénitienne :

*Le château : au centre de la ville, surélevé sur une petite colline, sa construction commença en 1517 sous le doge Leonardo Loredano et dura 50 années. Il prit la place d'une forteresse détruite en 1511. Il est aujourd'hui transformé en musées : musée d'art antique, musée archéologique, musée du dessin et des estampes, musée de la photographie et musée du Risorgimento. Le château comporte des décorations de Giovanni da Udine (1487/1564), qui fut peintre et architecte. Élève de Raphaël, il travailla à Rome, à Florence puis revint à Udine sa ville natale.

On accède au château, depuis la place de la Liberté, par une porte appelée « arc Bollani » (du nom de Domenico Bollani lieutenant vénitien) construit en 1556 avec Andrea Palladio comme architecte sous le règne du doge Lorenzo Priuli, avec le lion de Saint Marc au dessus de cette porte.

Le château est complété par l'église « Santa Maria del Castello » qui date du XIIIe siècle.

*la place de la Liberté (Piazza Libertà) : C'est la plus ancienne place de la ville située juste au pied du château. Depuis sa création elle fut appelée « piazza del vino », « piazza del commune », « piazza Contarena » (du nom d'un sénateur vénitien nommé Giorgio Contarini), « piazza Vittorio Emanuele II », avant de prendre à la Libération le nom actuel.

*Au centre de la place se trouvent : une fontaine (architecte Giovanni da Udine) , une colonne de 1539 surmontée du lion de Saint Marc, une autre de 1614 avec la statue de la justice, différentes statues (dont une d'Hercule) et un « monument de la paix » érigé en 1819.

Autour de la place, outre l'arc Bollani :

*la loggia « del Lionello » (du nom de l'architecte), construit entre 1448 et 1457 sous le doge Francesco Foscari. Incendiée en 1876, elle fut reconstruite.

*la Loggia « San Giovanni » datée de 1533

*la tour de l'horloge, au dessus de la loggia San Giovanni, datée de 1527 avec à son sommet deux Maures qui sonnent l'heure (pour les vivants) comme place Saint Marc à Venise. L'architecte en est Giovanni da Udine. Sous le cadran de l'horloge, encore le lion de Saint Marc. Ce lion de Saint Marc est ainsi représenté 3 fois sur la place. Si le visiteur ignore que la ville appartint à Venise, il en fait exprès !

*la cathédrale (il Duomo) : qui n'est pas sur la place de la Liberté, mais un peu plus au sud dans la ville, fut construite à partir de 1236, avant l'arrivée des Vénitiens. Elle fut consacrée en 1335. Elle comporte 8 chapelles et des tableaux de Giambattista Tiepolo. A proximité de la cathédrale, le palais archiépiscopal avec un musée diocésain et une galerie « Tiepolo »

 

illustrations : on trouvera en illustrations :

*l'Arc Bollani surmonté du lion de Saint Marc.

*une vue de la place de la Liberté : au premier plan la colonne avec le lion de Saint Marc, la fontaine et à gauche la statue d'Hercule. Au second plan la loggia San Giovanni et au dessus la tour de l'horloge avec ses 2 Maures. Images du net (Windex).

J.D. 22 janvier 2017

 

Udine, Arc Bollani et place de la Liberté
Udine, Arc Bollani et place de la Liberté

Udine, Arc Bollani et place de la Liberté

Repost 0
20 janvier 2017 5 20 /01 /janvier /2017 17:41

Gorizia et Nova Gorica N°342

 

Il s'agissait d'une seule et même ville jusqu'à ce que le traité de Paris en 1947 (voir fiche N°340) ne la sépare en deux, avec une partie italienne sous le nom de Gorizia et une partie aujourd'hui slovène sous le nom de Nova Gorica.

 

Histoire :

*C'est Henri V empereur germanique qui créa un comté en 1121 au profit d'une famille Goritz. Ce comté prit le nom de cette famille. Il subsista jusqu'à la mort en 1500 de Léonard de Goritz. Le comté passa alors à l'Autriche, sauf une interruption vénitienne en 1508/1509 et une interruption française dans le cadre des « provinces illyriennes » de 1805 à 1813. Retour à l'Autriche.

*création le 1er décembre 1918 du « royaume des Serbes, Croates et Slovènes » qui prit en 1929 le nom de « royaume de Yougoslavie ». Un des rois de Yougoslavie (Alexandre 1er ) fut assassiné à Marseille le 9 octobre 1934 en même temps que le ministre français des affaires étrangères de l'époque (Louis Barthou)

*Après l'occupation durant la seconde guerre mondiale, le royaume de Yougoslavie devint le 29 novembre 1945 la « République populaire fédérative de Yougoslavie » avec Tito (1892/1980). La Slovénie constitua une des 6 Républiques de la Yougoslavie communiste.

*Dans le cadre de l'éclatement de l'ex Yougoslavie, la Slovénie (capitale : Ljubljana) déclara son indépendance le 25 juin 1991, adhéra à l'OTAN le 29 mars 2004, à l'Union Européenne le 1er mai 2004, à la zone euro le 1er janvier 2007 et à l'espace Schengen le 21 décembre 2007.

*De son côté, Gorizia, la partie devenue italienne de la ville, devint chef-lieu de province du même nom dans le cadre de la région italienne de « Frioul-Vénétie Julienne » (voir fiche N°341)

 

Nova Gorica : cette ville est peuplée de 13.500 habitants environ, chiffre à porter à 32.000 si l'on tient compte de l'agglomération.

Elle est connue pour être ville-frontière avec l'Italie, pour ses casinos et pour avoir sur son territoire un couvent franciscain (Kostanzevica) où sont inhumés Charles X et plusieurs membres de sa famille dont son fils Louis (1775/1844, duc d'Angoulême), Marie-Thérèse (1778/1851, fille de Louis XVI et de Marie-Antoinette) etc.

Charles X (1757/1836) fut roi de France de 1824 à 1830. Il fut renversé par la Révolution de juillet 1830. Il est le frère de Louis XVI et de Louis XVIII à qui il succéda.

 

Gorizia : De la période autrichienne de Gorizia, il faut retenir une révolte des habitants en 1713 qui fut durement réprimée. Les chefs de la révolte furent décapités sur la place principale au pied du château.

La ville est traversée par le fleuve Isonzo qui prend sa source en Slovénie et se jette dans l'Adriatique après un parcours de 136 kms. Ce fleuve assista à de nombreux combats durant la première guerre mondiale. Douze batailles entre Italiens et Autrichiens furent appelées « batailles de l'Isonzo ». La sixième de ces batailles ( du 6 au 17 août 1916) est aussi appelée : « bataille de Gorizia ». L'armée italienne parvint à s'emparer de la ville mais au prix de 51.000 morts. Une chanson italienne qui a pour titre : « Ô Gorizia »rappelle cette bataille , la voici :

 

 

Texte original

Traduction française

La mattina del cinque di agosto,
Si muovevano le truppe italiane
Per Gorizia, le terre lontane.
E dolente ognun si parti.

Sotto l'acqua che cadeva al rovescio,
Grandinavano le palle neniche;
Su quei monti, colline e gran valli,
Si moriva dicendo cosi :

O Gorizia, tu sei maledetta,
Per ogni cuore che sente conscenza;
Dolorosa ci fu la partenza
E il ritorno per molti non fu.

O vigliacchi che voi ve ne state,
Con le mogli sui letti di lana,
Schernitori di noi carne_umana,
Questa guerra ci_insegna_a punir.

Voi chiamate il campo d'onore,
Questa terra di la dei confini
Qui si muore gridando "Assassini !
Maledetti sarete un di.

Cara moglie, che tu non mi senti
Raccomando ai compagni vicini
Di tenermi da conto i bambini,
Che io muoio col suo nome nel cuor.

O Gorizia, tu sei maledetta,
Per ogni cuore che sente conscenza;
Dolorosa ci fu la partenza
E il ritorno per tutti non fu.

Au matin du 5 août,
Les troupes italiennes étaient en marche.
Vers Gorizia, les terres lointaines.
Et chacun partit plein de regrets.

Sous la pluie qui tombait à verse,
Les balles ennemies fusaient;
Sur ces monts, ces collines et ces vallées,
On mourrait en disant ceci :

Ô Gorizia tu es maudite,
Pour chaque cœur qui entend sa conscience;
Le départ fut douloureux
Et pour beaucoup il n'y eut pas de retour.

Ô lâches qui vous prélassez,
Avec vos femmes sur des lits de laine,
Qui vous moquez de notre viande humaine,
Cette guerre nous apprend à punir.

Ce que vous appelez "champ d'honneur",
Est une terre oubliée des Dieux.
Ici on meurt en criant "assassins !"
Un jour vous serez maudits.

Chère épouse qui ne m'entend pas
Je m'en remets à mes compagnons près de moi
Pour prendre soin de nos enfants,
Et dire que je meurs ton nom dans mon cœur.

Ô Gorizia tu es maudite,
Pour chaque cœur qui entend sa conscience;
Le départ fut douloureux
Et pour tous il n'y eut pas de retour.

 

L'ossuaire lié à ces batailles de l'Isonzo (première guerre mondiale) est à Oslavia, juste à la sortie nord de Gorizia, il contient 12.000 soldats inconnus. Il fait partie de 6 cimetières consacrés en Italie à la première guerre mondiale dont Redipuglia à une vingtaine de kms au sud de Gorizia le long de l'autoroute qui joint Udine et Trieste.

Gorizia possède un château construit vers le douzième siècle (voir illustration), une cathédrale, plusieurs églises et des musées.

J.D. 20 janvier 2017

château de Gorizia, image du net

château de Gorizia, image du net

Repost 0
17 janvier 2017 2 17 /01 /janvier /2017 07:20

 

*Le Frioul est situé au nord-est de l'Italie et a sa traduction administrative dans la région Frioul-Vénétie Julienne (Friuli Venezia Giulia) dont le Frioul proprement dit représente 90 % de la superficie.

*Le Frioul-Vénétie Julienne est limité au nord par l'Autriche, à l'est par la Slovénie, au sud par l'Adriatique, à l'ouest et au sud-ouest par les régions italiennes de la Vénétie (Veneto) et par le Trentin-Haut-Adige (Trentino-Alto-Adige). Trieste est la capitale de la région.

 

*Cette région est divisée en 4 provinces :

-à l'ouest : la province de Pordenone, 2178 km², 315.000 habitants, 51 communes, capitale Pordenone 51.000 habitants

-à l'est : la province d'Udine, 4905 km², 542.000 habitants, 137 communes, capitale Udine 97.000 habitants

Les provinces de Pordenone et d'Udine constituent le Frioul proprement dit.

-à l'est, sud-est : la province de Gorizia, 466 km², 142.000 habitants, 25 communes, capitale Gorizia 36.000 habitants

et la province de Trieste : 212km2, 237.000 habitants, 6 communes, Trieste la capitale a 208.000 habitants.

*Cette région a été constituée en 1963 par réunion du Frioul devenu italien en 1866 suite à la défaite de l'Autriche face à la Prusse alliée à l'Italie, et de la Vénétie Julienne, italienne depuis 1919 suite à la première guerre mondiale; la plupart des combats de cette guerre entre Italie et Autriche se sont déroulés dans cette région ; voir les fiches N°161 http://jean.delisle.over-blog.com/2014/02/l-italie-et-la-guerre-de-14-n-161.html

et 172 http://jean.delisle.over-blog.com/2014/04/le-desastreux-traite-de-versailles-n-172.html.

*L'italien est la langue officielle du Frioul, mais depuis une loi de 1999, 3 autres langues dites »minoritaires » sont officiellement admises : le Frioulan (parlé par 600.000 habitants), le Slovène (parlé par 61.000 habitants) et l'Allemand avec 5.000 locuteurs.

*Un fleuve qui se jette dans l'Adriatique (le Tagliamento) traverse le Frioul du nord au sud. Il sépare la province de Pordenone de celle d'Udine et au sud, le Frioul de la Vénétie.

*De tradition, la région fut une zone de productions agricoles dont des vignes avec des vins dont certains sont réputés (Collio Gorizano, Colli Orientali del Friuli, Isonzo, Ribolla Gialla, Picolit, Verduzzo…). Elle fut aussi une zone commerciale, car au temps de l'appartenance à l'Autriche, Trieste fut le débouché sur la mer de l'Autriche. De façon plus récente se sont développés une petite métallurgie et de l'artisanat. La région est le siège des assurances Générali et du café Illy.

*Située au carrefour d'influences multiples, la région a connu une histoire très mouvementée et très complexe : Peuplée dès la plus haute antiquité, c'est vers l'an mil avant notre ère que les Vénètes s'y implantent. Les Romains s'en emparent au second siècle avant notre ère, et après plus de six siècles de présence y laissent de nombreuses traces.

Après les Romains, ce furent Attila, les Lombards, les Francs, les Byzantins, le Saint Empire Romain Germanique, Venise, l'empire d'Autriche, et même les Espagnols et la France au temps de Napoléon.

Outre les invasions et annexions dues à des puissances extérieures, il y eut des conflits internes, entre les différentes cités ainsi qu'entre des souverainetés différentes et par exemple entre les patriarches (du patriarcat d'Aquilée de l'an 568 à 1751) et les ducs du Frioul, car il y eut des ducs du Frioul de l'an 568 à l'an 924 et encore de 1808 à 1829 en la personne de Michel Duroc (de 1808 à 1813 et qui fut aussi maréchal d'empire) puis de sa fille Hortense de 1813 à 1829.

 

*La multiplication des souverainetés a entraîné, comme ailleurs en Italie, la multiplication des monuments et plusieurs sites sont actuellement classés (ou en instance) au patrimoine de l'UNESCO dont Aquileia

*Quand on ajoute la proximité de Venise, de l'Autriche, de la Slovénie…, le Frioul a beaucoup d'attraits.

*Au regard de l'histoire, une mention particulière doit être donnée à Trieste, ville romaine dès l'an 177 avant notre ère, qui a comme toute la province connu de nombreuses souverainetés. Le premier octobre 1943, les Allemands s'en emparèrent et y ouvrirent un camp de concentration (appelé « Risiera di San Sabba »), puis en 1945 ce fut au tour des communistes de franchir la frontière et de massacrer des Italiens. Ensuite, la ville a été disputée entre l'Italie et la Yougoslavie. Suite à l'entrée en vigueur d'un traité (traité d'Osimo) à compter du 11 octobre 1977, elle est italienne sans contestation d'autres prétendants.

J.D. 17 janvier 2017

le Frioul, emprunt au net (Europa planet)

le Frioul, emprunt au net (Europa planet)

Repost 0
14 janvier 2017 6 14 /01 /janvier /2017 18:42

Le traité de Paris du 10 février 1947 N° 340

 

I-L'historique :

*C'est le 10 juin 1940, que l'Italie de Mussolini déclara la guerre à la France. Il y avait déjà un mois (depuis le 10 mai 1940) que l'armée allemande avait franchi la frontière, et avait progressé partout. L'armée anglaise avait rembarqué à Dunkerque dès le 4 juin. Le 14 juin 1940, à 9,45 heures du matin, la croix gammée flottait sur l'Arc de Triomphe à Paris.

*C'était donc à un pays déjà à genoux que Mussolini déclarait la guerre. A l'époque cela fut appelé : « le coup de poignard dans le dos ». Mussolini espérait pouvoir récupérer l'ancien duché de Savoie, l'ancien comté de Nice, la Corse, la Tunisie et Djibouti, rien que cela ! Il en fut empêché par Hitler.

*L'invasion italienne fut menée par les première et quatrième armées italiennes par tous les cols, de la frontière suisse à la Méditerranée ; en tout 22 divisions et 300.000 soldats. Ils étaient commandés par le prince Humbert de Savoie fils du roi Victor-Emmanuel III.

*Ce prince Humbert (1904/1983) fut roi d'Italie du 9 mai au 13 juin 1946 (entre l'abdication de son père et le début de la République italienne). Il est inhumé à Hautecombe sur la rive ouest du lac du Bourget en Savoie ainsi que la reine Marie-José. Les touristes qui contemplent leur tombe ne se doutent pas, pour la plupart, qu'il s'agit du même prince qui dirigeait l'invasion de la France en 1940. Mais de Charlemagne à Bonaparte, il y eut tellement d'armées françaises qui envahirent l'Italie qu'on peut lui en donner quitus.

*Pour défendre la frontière, il y avait l'armée des Alpes commandée par le général Olry (1880/1944) qui ne disposait que de 180.000 hommes mais aussi de formidables fortifications.

*Les Anglais bombardèrent Turin dès la nuit du 11 et 12 juin, l'aviation française Gênes le 14 juin, Turin et Novi Ligure (au sud-ouest d'Allesandria ) les 16 et 17 juin, tandis que la flotte française bombardait elle-même Gênes et Savone le 14 juin.

*L'armée italienne fut bloquée partout. On peut dire qu'en 1940, l'armée des Alpes fut la seule armée française qui fut victorieuse. Mais pendant que les Italiens étaient bloqués, les Allemands progressaient : Ils étaient à Dijon le 16 juin, à Bourg-en-Bresse le 18, à Lyon le 19 à Aix-les-Bains le 23. L'armée des Alpes allait être prise en tenaille.

*L'armistice fut signé avec les Allemands le 22 juin 1940 (c'était d'ailleurs plus une capitulation qu'un armistice) et avec les Italiens le 24 juin 1940.

*L'armistice avec l'Italie fut signé à la villa Incisa à Olgiata (dans la banlieue de Rome). En fonction de la convention d'armistice, l'Italie annexa les territoires conquis par l'armée italienne à la date de l'armistice à savoir :

-les communes de Termignon, Lanslevillard, Lanslebourg, Bessans, Bramans, Sollières-Sardière, Bonneval-sur-Arc, Aussois et Avrieux en Maurienne

-les communes de Seez, Montvalezan et Sainte-Foy en Tarentaise

-Menton dans les Alpes Maritimes

Dans ces communes l'occupation italienne fut plutôt « soft » par rapport à l'occupation allemande dans d'autres zones.

En tout la zone annexée représenta 800 kms2 de superficie et moins de 30.000 habitants dont 21.700 pour Menton.

Tous ces territoires furent récupérés à la Libération.

 

II L'occupation :

Il y eut 3 phases dans l'occupation des départements alpins :

-de juillet 1940 à novembre 1942 : les communes citées ci-dessus furent considérées comme italiennes par l'Italie, le reste des territoires alpins fit partie de la France libre.

-de novembre 1942 à septembre 1943 : les Allemands envahirent la France libre c'est-à-dire le sud de la France. L'Italie fut chargée de l'occupation du sud-est français pour toute la partie à l'est du Rhône (sauf Lyon)

-d'octobre 1943 à la libération : Le roi d'Italie ayant pactisé avec les alliés après leur débarquement en Sicile et dans le sud de l'Italie, les Allemands remplacèrent les Italiens dans la partie sud-est de la France. Il y eut même quelques combats entre Italiens et Allemands. Les soldats italiens qui n'étaient pas parvenus à regagner leur pays furent fait prisonniers par les Allemands.

 

III-Le traité de Paris :

Ce traité fut signé le 10 février 1947. Les parties concernées furent : L'Union Soviétique, les États-Unis, la Grande Bretagne, la France, l'Italie, la Roumanie, la Hongrie, la Bulgarie et la Finlande.

Il s'agissait de solder les comptes entre vainqueurs et vaincus de la guerre.

En vertu de ce traité, l'Italie céda quelques portions de territoire à la France. Il s'agissait en fait plus de rectification de frontières que d'annexion.

La France récupéra :

-dans les Alpes-Maritimes : les communes de Tende et La Brigue pour 560 kms2 de territoire plus le hameau de Piène-Besse dans le sud de la vallée de la Roya

-17,1 kms2 au Mont Chaberton dans les Hautes-Alpes

-47 kms2 au Mont Thabor entre Hautes-Alpes et Savoie

-3,22 kms2 au col du Petit-Saint-Bernard (Savoie)

-81,79 kms2 de superficie sur le plateau du Mont-Cenis en Savoie

Ce fut Maurice Couve de Murville (1907/1999) qui conduisit les négociations pour la France à ce traité. Il occupa plusieurs postes d'ambassadeur, fut 2 fois ministre et premier ministre de juillet 1968 à juin 1969.

 

IV-illustration :

On trouvera en illustration une croix portant l'inscription « Italia ». Elle se trouve sur le territoire de la commune de Bessans en Maurienne à la frontière italienne, dans la vallée de la Lombarde. Cette vallée doit son nom à un vent d'est (venant de Lombardie). Le col de la Lombarde lui-même est à 3072 mètres d'altitude.

J.D. 14 janvier 2017

 

croix à la frontière italienne, photo Michèle Delisle 11 août 1996

croix à la frontière italienne, photo Michèle Delisle 11 août 1996

Repost 0
12 janvier 2017 4 12 /01 /janvier /2017 08:57

Le coup de la tartine N°339

 

Dans un numéro de « Sélection du Reader's digest » daté avril 2009, page 19, il y a un édito d'Anne Roumanoff intitulé : « Le coup de la tartine ». Extraits :

 

« Depuis six mois, quand on allume la télé, on est submergé de mauvaises nouvelles dès le petit déjeuner : faillites, licenciements, restrictions budgétaires… On soupire un bon coup, ça ne va pas mieux, on pense et on reprend une tartine pour se réconforter. Le pain, le beurre et la confiture, c'est une valeur refuge en temps de crise. On boit un deuxième café parce qu'en ce moment, il vaut mieux être performant dans son boulot. Et puis on sort en essayant d'ignorer les manchettes des journaux : baisse du pouvoir d'achat, grèves, récession...Dans la rue, les visages sont fermés, sans doute des gens qui ont peur de n'avoir bientôt plus rien à mettre sur leurs tartines.

On ne peut pas grand-chose contre cette crise, sauf serrer les fesses en espérant ne pas être trop touché et attendre que ça passe…

La crise, c'est douloureux, mais de la crise émerge souvent le renouveau. Vivement que le changement arrive, car je commence à trouver le temps long !

En attendant, je reprendrais bien une petite tartine... ».

 

Ce texte, écrit au moment où la crise (des subprimes) venue des États-Unis avait gagné l'Europe, n'a pas pris une ride. Anne Roumanoff pourrait l'éditer à nouveau, il est toujours d'actualité.

Sauf que ces dernières années, nous avons eu un « alignement des planètes » comme disent certains économistes, c'est-à-dire, en même temps, plusieurs éléments de conjoncture internationale favorables :

-taux d'intérêts sur le marché mondial des capitaux proches de zéro

-baisse très importante du coût des produits pétroliers

-chute de l'euro face au dollar ce qui facilite les entreprises exportatrices

...

Beaucoup de pays ont vu leur situation s'améliorer compte-tenu de la conjoncture favorable. Tous ?…. sauf la France qui a continué à s'enfoncer.

Le journal en ligne de Riposte Laïque du 9 janvier 2017 a repris le « bilan en 4 chiffres » de Hollande (bilan initialement publié par « Les Républicains »):

-dette publique : + 300 milliards d'euros

-faillite d'entreprises : + 250.000

-impôts : + 80 milliards d'euros

-chômeurs : +1.095.800

Pour les chômeurs il s'agit des catégories A à D, car il faut rappeler qu'en juin 2015, l'Agence pour l'emploi (ANPE) a modifié les critères de répartition des chômeurs entre les catégories A et D. Jusqu'en juin 2015, un chômeur envoyé en formation, en recyclage...restait chômeur de catégorie A tant qu'il n'avait pas un contrat de travail. Depuis juillet 2015, il passe en catégorie D. C'est à la suite de cette manipulation que Hollande a annoncé qu'il allait procurer des stages de formation à 500.000 chômeurs (aux frais des contribuables !). Traduction : « je vais riper 500.000 chômeurs dans la catégorie D et les sans-dents qui sont des couillons qui ne comprennent rien, ne vont pas y voir et je vais dire : j'ai inversé la courbe du chômage » !

Dans le bilan « en 4 chiffres », la sécurité a été oubliée, or il n'y a jamais eu autant de morts en France par attentats que sous ce quinquennat. Quand on pense à un citoyen comme Amédy Coulibaly condamné le 20 décembre 2013 à 5 ans de prison, libéré pour « conduite exemplaire » le 4 mars 2014 et qui commet des crimes ; dire que les autorités n'ont aucune responsabilité dans les événements est trop facile !

Anne Roumanoff souhaitait le changement et beaucoup de citoyens avec elle. Un malin a proclamé : »le changement c'est maintenant », mais il s'est gardé de préciser si le changement allait être en mieux ou en pire! Changer un cheval borgne pour un aveugle, c'est toujours du changement.

Malgré des résultats catastrophiques, aussi bien en politique intérieure qu'en politique étrangère, « Flamby » est content de lui et répète urbi et orbi que son bilan est bon et qu'il en est fier ! Mais le bilan est tellement brillant qu'il ne peut pas se représenter, et ce n'est pas une raison pour lui trouver maintenant toutes les qualités. Un mauvais, même hors circuit, reste un mauvais. Hollande me fait penser à Fernandel dans le rôle du Schpountz (film de 1937). Son oncle (dans le film) lui dit : tu n'es pas un bon à rien mais un mauvais en tout !

 

J'ai récapitulé l'essentiel des livres à charge (contre Hollande) publiés durant le quinquennat. En voici une liste :

* juin 2012 : »La catastrophe du 6 mai 2012 » de Jean-François Kahn (Yes we Kahn) aux éditions Plon

*août 2014 : « De l'intérieur, voyage au pays de la désillusion » de Cécile Duflot chez Fayard

*septembre 2014 : « Merci pour ce moment » de Valérie Trierweiler, aux éditions des Arênes

*septembre 2014 : « Le guignol de l'Elysée » de Pierre Cassin, aux éditions Riposte Laïque

*octobre 2014 : « Insoumise » de Delphine Batho, chez Grasset

*octobre 2014 : L'ère du peuple » de Jean-Luc Mélenchon chez Fayard ; extrait :

"Que François Hollande soit menteur, fourbe, servile, et que son projet soit glauque, est-ce une raison pour nous condamner à ne penser qu'à lui et au risque de la disparition de l 'idée de gauche qu' il a usurpée ?"

*novembre 2014 : « La République des Couacs » de Renaud Dely et Aurel chez Glénat

*mars 2015 : « Les ombres d'un Président » de François Bazin chez Plon

*janvier 2016 : "François le Petit" de Patrick Rambaud chez Grasset

*avril 2016 : "l'Elysée off" de Stéphanie Marceau et Aziz Zemouri chez fayard

*septembre 2016 : "un quinquennat pour rien" d'Eric Zemmour, chez Albin Michel

*octobre 2016 : « Un président ne devrait pas dire ça » de Gérard Davet et Fabrice Lhomme chez Stock

*octobre 2016 : « Moi, Président des couacs » de Joël Amar et Ziad Gebran, éditions Kawa

*novembre 2016 :"François Hollande, le Président du temps perdu" de Carl Meeus, éditions Stock

*janvier 2017 : « L'abdication » d'Aquilino Morelle aux éditions Sipa

*janvier 2017 :"Nous fossoyeurs" de Serge Federbush aux éditions Plon (sous-titre : "le vrai bilan d'un fatal quinquennat")

*Février 2017 : "Chronique d'une fin de règne" de Patrick Rambaud chez Grasset

*février 2017 : »les derniers jours de la gauche, Hollande ne laissera que des ruines » de Christophe Barbier, chez Flammarion

*mars 2017 :"Bienvenue place Beauvau, Police : les secrets inavouables d'un quinquennat" d'O.Recasens, D. Hassoux, et C.Labbé chez Robert Laffont

 

Si Valls veut assumer le bilan, cela ne va pas être la valse à mille temps mais le Valls à un temps ! En 1953, Edith Piaf chantait : « N'y va pas Manuel » !

 

Je plains beaucoup de gens :

*Voltaire : quel crime a-t-il commis pour avoir donné son nom à une promotion de l'ENA d'où est sorti le capitaine de pédalos ?. Voltaire ne méritait pas cela !

*Celui (ou celle) qui va arriver à l’Élysée en 2017. Quand Martine Aubry avait remplacé Hollande à la tête du PS et qu'elle était arrivée rue de Solférino elle avait dit : « Ici plus rien ne marche, même les chiottes sont bouchées ! ».

En mai 2017, il est à craindre que même les chiottes de la France soient bouchées !

*Tous les contribuables français, car pour redresser la situation il va falloir presser le citron !

 

Pour Anne Roumanoff, en tant de crise, le pain, le beurre et la confiture sont une valeur refuge ; faites des provisions !

 

J.D. 12 janvier 2017

 

P.S. : Anne Hidalgo dans Le Monde du 12 janvier 2017 :

Elle estime que trois personnes sont « responsables de l’immense gâchis du quinquennat qui se termine » : « François Hollande, qui a décidé de la politique à conduire, Emmanuel Macron qui a été son conseiller et l’inspirateur d’une pensée qui a très largement fracturé la gauche, et Manuel Valls. » Elle soutient que la social-démocratie est en danger, car « il y a eu beaucoup d’amalgames et d’inculture de la part de ceux qui ont été les chefs de file de ce quinquennat. Ils nous ont conduits à un état de confusion absolue. Je leur en veux pour cela. Je suis triste face à cet énorme gâchis. Nous n’étions pas obligés de nous infliger ça. »
En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/election-presidentielle-2017/article/2017/01/12/anne-hidalgo-denonce-l-immense-gachis-du-quinquennat-et-pourrait-ne-soutenir-aucun-candidat-si-peillon
-perd 5061305_4854003.html#p3SglL6x4CL1ez2I.99

 

 

 

 

caricature prise sur le net

caricature prise sur le net

Repost 0
10 janvier 2017 2 10 /01 /janvier /2017 13:46

 

 

I- La Crimée :

*La Crimée est une presqu'île de 26.945 km². Par comparaison, la Slovénie à 20.000 km², l'Albanie 26.748 et la Belgique 30.520

La Crimée est bordée au nord par l'Ukraine, à l'ouest et au sud par la mer Noire et à l'est par la mer d'Azov et la Russie. Le détroit de Kertch qui fait communiquer la mer d'Azov et la mer Noire n'a que 3 kms dans sa plus petite largeur. C'est aussi la distance qui sépare la Crimée de la Russie. La population est de 2.322.000 habitants.

Sans remonter au fil des siècles, pour comprendre la situation présente, rappelons que suite à une invasion de la Crimée par des tatars musulmans, l'empire ottoman annexa la Crimée en 1475.

*Suite aux guerres entre Russie et empire ottoman (voir fiche N°55 http://jean.delisle.over-blog.com/article-la-fin-des-4-empires-97643758.html) et aux défaites des Ottomans, la tsarine Catherine II (la Grande Catherine ou Catherine la Grande si vous préférez), annexa la Crimée en 1783. Les Russes asséchèrent les marais, construisirent des villes, des stations balnéaires (dont Yalta) et lancèrent dès 1783 la construction du port de Sébastopol que Catherine II visita en 1787, puis des voies ferrées au XIXe siècle.

*En même temps, les Russes orthodoxes étaient encouragés à s'installer en Crimée tandis que la porte de sortie était conseillée aux Tatars musulmans. Mais cela resta « soft ». Ce fut Staline à l'issue de la seconde guerre mondiale qui les accusa de collaboration avec les nazis (oubliant ses propres pactes avec Hitler du 23 août 1939) et déporta ce qu'il restait de Tatars en Crimée et que Gensis khân en ait massacrés beaucoup plus au début du treizième siècle n'est pas une excuse.

De ce qui précède, il faut retenir que la Crimée fut une terre majoritairement russophone dès la fin du dix-huitième siècle.

*Il y eut la guerre de Crimée en 1854/1855 où l'Angleterre, s'était alliée avec la France, le royaume de Sardaigne et l'empire ottoman contre la Russie. Les Russes furent vaincus mais cela ne changea rien à la Crimée qui resta russe.

*Après la « Révolution d'octobre » 1917 (qui eut lieu au mois de novembre comme chacun sait) les Soviétiques instituèrent en 1922, une « République socialiste de Crimée » et en même temps une « république socialiste d'Ukraine » qui toutes deux firent partie de l'URSS (Union des Républiques Socialistes Soviétiques).

*Lors de la seconde guerre mondiale, lorsque Hitler rompit avec Staline et envahit l'URSS (à compter du 22 juin 1941), Ukraine et Crimée furent également envahies et occupées jusqu'à le reconquête soviétique en mai 1944. Les deux Républiques furent restaurées au sein de l'URSS jusqu'au 19 février 1954, date à laquelle Nikita Khrouchtchev décida de rattacher la République de Crimée à la République d'Ukraine mais toujours dans le cadre de l'URSS ce que semblent oublier des commentateurs qui commentent à tort !

*Après la chute du mur de Berlin (en 1989) et la dislocation de l'ancienne URSS, la Crimée (le 20 janvier 1991), puis l'Ukraine (le 24 août 1991) proclamèrent leur indépendance.

*La Crimée adopta une constitution le 5 mai 1992 que le parlement de l'Ukraine abolit le 17 mars 1995. Il s'en suivit une rivalité entre les habitants de la Crimée (les Criméens) majoritairement russophones et les Ukrainiens qui voulaient garder la Crimée.

*Le 11 mars 2014, les Criméens proclamèrent à nouveau leur indépendance et le 16 mars 2014, par référendum, 96 % des votants demandèrent leur rattachement à la Russie (seuls les russophones participèrent au référendum dont la validité fut contestée par l'Ukraine) , ce qui fut fait au grand dam des Occidentaux qui avaient fait la guerre à la Serbie au nom du droit des Kosovars à disposer d'eux-mêmes mais qui ne reconnaissaient pas le même droit aux Criméens : deux poids, deux mesures !

*Pour résumer, la Crimée appartint à la Russie pendant pratiquement deux siècles, à l'Ukraine pendant 40 ans dans le cadre de l'URSS et quelques mois seulement dans le cadre d'une Ukraine indépendante et contre la volonté des Criméens.

 

II-Sébastopol et Vladivostok :

C'est le 17 juin 2011 que la Russie confirma l'acquisition de deux navires porte-hélicoptères d'assaut de la classe Mistral. Au terme du contrat, la poupe (partie arrière des navires) devait être construite aux Chantiers de la Baltique (à Saint Pétersbourg) et tout le reste, c'est-à-dire le principal, à Saint-Nazaire par la DCNS et STX France. Le contrat pour la partie française était prévue pour 1,7 milliards de dollars.

Les choses allèrent bon train, les deux navires reçurent leur nom : Sébastopol (voir point I ci-dessus) et Vladivostok (nom d'un port, russe depuis 1860, situé sur la mer du Japon, presque à la frontière chinoise). Les poupes expédiées de Saint Pétersbourg arrivèrent à Saint-Nazaire durant l'été 2014, l'assemblage se fit, et la mise à l'eau suivit. Des marins russes arrivèrent fin juin 2014 pour se former, mais ils repartirent le 17 décembre 2014.

Entre-temps, Guimauve le Conquérant élu président de la République française le 6 mai 2012 et son ministre des Affaires étrangères annoncèrent d'abord la suspension puis l'annulation de la vente, compte tenu des événements en Crimée. Il fallait punir Poutine. Déjà fin août 2013 les mêmes voulaient punir Bachar ! Une manie chez eux !

Combien avons-nous reversé aux Russes ? Nous ne le saurons probablement jamais. Ajoutons que tous les documents techniques, relatifs aux système d'exploitation des navires et de leurs armements, émanant de l'entreprise Thalès furent volés.

Pour ne pas perdre la face, Guimauve le Conquérant parvint à refiler les navires à l’Égypte qui voulait bien des bateaux mais n'avait pas les moyens de les payer. Ils furent rebaptisés : « Anouar el Sadate » pour le Sébastopol et « Gamal Abdel Nasser » pour le Vladivostok.

En mai 2015, Guimauve le Conquérant se rendit en Arabie, faire le beau pour avoir son susucre ! Traduction : il alla demander à l'Arabie de payer les navires destinés à l’Égypte. Ce qui fut accepté, mais avec quelles contreparties ? Impossible certainement de connaître la vérité.

Mais il ne faut pas s'étonner si le 4 mai 2015, Hollande se laissa photographier à Riyad avec le drapeau vert de l'islam sur les épaules et le sabre de l'islam à la main. J'en ai mis la photo en illustration de la note N° 217 http://jean.delisle.over-Blog.com/2015/01/chiites-et-sunnites-n-217.html

Il ne faut pas s'étonner non plus si nous avons 3 ministres franco-marocaines dans le gouvernement ni si la France a voté contre Israël à l'Unesco (le 18 octobre 2016) ou à l'ONU (le 23 décembre 2016).

J.D. 10 janvier 2017

 

 

le Sébastopol et le Vladivostok à Saint-Nazaire, photos J.D. le 20 juin 2015
le Sébastopol et le Vladivostok à Saint-Nazaire, photos J.D. le 20 juin 2015

le Sébastopol et le Vladivostok à Saint-Nazaire, photos J.D. le 20 juin 2015

Repost 0
7 janvier 2017 6 07 /01 /janvier /2017 17:41

 

Tite-Live, historien romain (-59/+17), originaire de Padoue (Padova en Vénétie), est un contemporain presque parfait d'Auguste, le premier empereur (-63/+14).

C'est vers l'an 29 avant notre ère que Tite-Live entreprit d'écrire l'histoire de Rome depuis la fondation de la ville jusqu'à l'époque de Tite-Live. L'ouvrage devait comprendre 150 livres, la mort de l'auteur arrêta le décompte à 142. Seulement 35 de ces 142 livres nous sont parvenus. Malgré toute la partie perdue, Tite-Live reste une des principales sources d'information sur l'histoire de la Rome antique (à ne pas confondre avec une romantique ni avec le rhum antique comme dirait un vieillard maniaque en buvant du vieil armagnac !).

Au livre II de son « Histoire romaine » , Tite-Live nous raconte l'histoire des « 306 Fabius » au point 48 et suivants. Voici le principal de ce texte qui se déroule durant les années -479/-477, à une époque où Rome est encore loin d'avoir conquis toute l'Italie centrale :

« Caeso Fabius, soutenu à la fois par le peuple et par les pères (il s'agit des sénateurs), fut élu consul…(à Rome la République avait remplacé la royauté en -509, Caeso Fabius avait été élu consul en -484, -481 et réélu en -479)

Les Véiens (habitants de la ville étrusque de Véies située à 15 kms au nord-ouest de Rome) de leur côté, ennemis plus tenaces que dangereux, poussaient tout le monde à bout par des provocations plutôt que par des agressions : il fallait constamment rester en état d'alerte et on était jamais tranquille. La famille des Fabius se rendit au sénat et le consul prit la parole au nom des siens : La guerre contre les Véiens, pères conscrits, exige, vous le savez, une présence continuelle plus qu'une armée importante. Occupez-vous des autres guerres (à cette époque, les Romains étaient en guerres régulières contres tous les peuples voisins dont les Eques, les Volsques, les Sabins, les Etrusques…), et laissez les Fabius faire la guerre contre Véies. Nous nous engageons à y faire respecter la majesté du peuple romain. Notre intention est de considérer cette guerre comme notre guerre, de la traiter comme une affaire de famille et de la faire à nos frais : qu'elle ne coûte rien à l’État, ni en hommes ni en argent. On le remercia avec effusion. Le consul quitta la séance et rentra chez lui, accompagné de la troupe des Fabius qui l'attendait debout à l'entrée de la curie. Il leur donna rendez-vous pour le lendemain : qu'ils se présentent avec leurs armes à la porte de sa maison : puis chacun rentra chez soi.

La nouvelle se répandit dans toute la ville, on portait aux nues la résolution des Fabius : une famille se chargeait à elle seule du fardeau qui pesait sur tout le pays. La guerre contre Véies devenait une guerre privée, une affaire privée. Si jamais il y avait à Rome deux autres familles qui réclamaient avec autant de courage, l'une la guerre contre les Volsques et l'autre la guerre contre les Eques (il s'agit de 2 peuples qui comme les Romains occupaient le Latium, les Volsques au sud de Rome et les Eques à l'est de Rome) , toutes les nations voisines seraient soumises et Rome jouirait d'une paix sans nuages.

Le lendemain, les Fabius s'armèrent et se rendirent au lieu de rendez-vous. Le consul sortit en uniforme de général (avec le grand manteau écarlate appelé « paludamentum » par les Romains et signe du commandement) et vit à l'entrée de sa maison sa famille au complet, en ordre de marche. Se plaçant au centre de la colonne, il donna le signal du départ. Jamais la ville n'avait vu défiler une armée aussi peu nombreuse, mais qui soulevât autant d'enthousiasme et d'admiration : ils étaient trois cent six soldats, tous de la même famille et il n'en était pas un que le sénat ne se serait honoré de choisir comme chef en n'importe quelle circonstance ; ils marchaient, menaçant d'exterminer les Véiens avec les forces d'une seule famille. La foule de leurs parents et amis les suivait, remplis d'espoirs et de craintes extrêmes, ne roulant dans leur cœur que des pensées sublimes ; puis venaient les habitants , inquiets du sort de l’État, pénétrés de reconnaissance et d'admiration. Ils leur souhaitaient bon courage et bonne chance : que le succès couronne leur entreprise ! A leur retour ils obtiendraient le consulat, le triomphe et tous les honneurs ! En passant devant le Capitole (une des 7 collines de Rome, qui domine le Tibre, et sur laquelle avait été construit, au sixième siècle avant notre ère, un temple dédié à Jupiter, Minerve et Junon. A Junon étaient consacrées les oies, d'où leur présence au Capitole) et la citadelle ou devant d'autres temples, ils priaient tous les dieux qui se présentaient à leur regard ou à leur pensée : qu'ils accordent à ceux qui partaient faveur et protection, qu'ils les ramènent tous bientôt et les rendent à leur famille et à leur patrie.

Ces prières ne furent pas entendues. Prenant le mauvais chemin, le passage de droite sous la porte Carmentale (Servius Tullius, roi de -578 à -534, avait construire une enceinte de 11500 mètres de long pour protéger la ville. Elle comportait 16 sorties, dont la Carmentale, dédiée à Carmenta déesse des sources, au pied du Capitole, du côté Tibre, qui comportait 2 portes. Après la mort des 306 Fabius, la porte qu'ils avaient empruntée pour sortir fut appelée « Porta Scélérata ») , ils arrivèrent au bord du Crémère (petite rivière, de 36 kms de long, qui se jette dans le Tibre à 12 kms en amont de Rome) : ils crurent que l'endroit était bon pour installer un poste fortifié…

Tant qu'ils n'avaient affaire qu'à des pillards, les Fabius étaient assez forts pour défendre le poste ; en patrouillant de part et d'autre de la frontière étrusque (à l'époque le territoire des Étrusques dépassait largement vers le sud l'actuelle Toscane), ils contrôlaient même tout le secteur environnant et l'ennemi n'osait plus s'y aventurer. Les pillages s'interrompirent un certain temps, mais les Véiens, avec le secours de l'armée étrusque, attaquèrent le poste de Crémère…

Les Fabius reprirent la lutte contre les Véiens…

Les Véiens étaient dépités et indignés ; ils finirent par réagir et décidèrent de tendre un piège à un ennemi si présomptueux….(Les Véiens les attirèrent avec du bétail, encerclés soudainement, les Fabius parvinrent à s'en sortir, ils se réfugièrent sur une colline)

Le chemin les menait à une colline en pente douce. Ils s'y arrêtèrent d'abord ; leur position dominante leur donna le temps de se ressaisir et de se remettre d'une si grande frayeur, ils repoussèrent même l'ennemi qui montait à l'attaque. Grâce à leur situation ces quelques hommes auraient tenu tête à l'ennemi si les Véiens, en contournant le massif par derrière, n'avaient atteint le sommet de la colline. C'était donc au tour de l'ennemi de dominer l'adversaire. Les Fabius furent massacrés jusqu'au dernier et le poste fut pris. On s'accorde sur le nombre de trois cent six morts... ».

 

Commentaires :

le massacre des 306 Fabius n'empêcha pas Rome de dominer les uns après les autres les peuples proches, puis tout le Latium, toute l'Italie et tout le monde connu de l'époque.

Ce Caseo Fabius qui prétendait pouvoir vaincre tout un peuple avec sa seule famille fut vraiment un présomptueux qui entraîna toute sa famille dans la mort. Mais des prétentieux, dans l'histoire des sociétés humaines, il y en eut à toutes les époques et sous tous les régimes.

Mais comment s'appelle donc ce ministre des Affaires étrangères de la République française qui voulait punir Bachar puis Poutine ?

J.D. 7 janvier 2017

porte carmentale, photo Alvaro de Alvariis 2011

porte carmentale, photo Alvaro de Alvariis 2011

Repost 0
27 décembre 2016 2 27 /12 /décembre /2016 17:22

 

 

Néfertari, ambassadrice des beautés égyptiennes pour terminer l'année 2016. Il me semble que beaucoup de gens la confondent ou ne connaissent que Néfertiti la plus célèbre des deux à cause de son buste exposé au musée de Berlin Voir fiche N°69 http://jean.delisle.over-blog.com/article-nefertiti-109428642.html . Voici quelques données la concernant.

 

Néfertari : appelée aussi Nofrétari .

Néfertari Mérienmout de son nom complet (s'écrit aussi Meryenmout, Merymout, Meritamout). Mérienmout ou ses différentes traductions voulaient dire : « la belle aimée de Mout ». Dans la mythologie égyptienne, Mout était l'épouse d'Amon, un des principaux dieux égyptiens, qui fut sous la dix-huitième dynastie fusionné avec Ré (ou Ra) pour devenir le dieu Amon-Ré, le dieu principal, équivalent au Zeus grec ou au Jupiter romain.

*Elle naquit vers l'an 1302 avant notre ère, probablement descendante d'un pharaon de la XVIIIe dynastie.

A l'âge de 13 ou 14 ans (donc vers -1299/-1298) elle fut mariée avec le futur Ramsès II, né lui vers -1304.

Ramsès II devint pharaon (de la dix-neuvième dynastie) à la mort de Séthi 1er en -1279. Il régna 67 années.

*Néfertari est décrite comme ayant été la préférée des épouses de Ramsès II. Elle l'accompagna même dans son expédition contre les Hittites (voir fiche N°80http://jean.delisle.over-blog.com/article-les-batailles-de-qadesh-112379953.html).

Avec Ramsès elle eut probablement 12 enfants dont plusieurs fils qui ne régnèrent pas parce que décédés avant leur père. C'est le fils d'une autre épouse (Mineptah, s'écrit aussi Merenptah, fils d'Isis-Néferet qui s'écrit aussi Isisnofret) qui devint pharaon après Ramsès.

*Néfertari décéda vers -1249, soit 36 ans avant Ramsès II.

*Pour elle, il fit construire le temple d'Abou Simbel où Néfertari, en sculpture et peinture est montrée divinisée puisque la déesse Isis (représentée avec les attributs d'Hathor) lui donne la croix Ankh (croix de vie) , qui est en principe l'attribut des dieux. Voir illustration.

*Ramsès II fit également construire pour Néfertari une des plus belles tombes dans la vallée des Reines (à l'ouest du Nil à la hauteur de Karnak/Louxor). Cette tombe fut retrouvée en 1904 par un archéologue nommé Ernesto Sciaparelli. La tombe avait été pillée, probablement dès l'antiquité, à plusieurs reprises. Il n'en restait qu'un fragment de couvercle de sarcophage en granit rose (qui se trouve au musée égyptien de Turin) et quelques objets exposés au musée de Boston (Massachusetts). Du squelette de Néfertari lui-même il ne restait que les genoux. Certains archéologues pensent que des dépouilles royales ont été extraites de leurs tombes et cachées par les prêtres égyptiens pour éviter leur profanation par les pillards. Il n'est donc pas impossible que des chercheurs retrouvent un jour de nombreuses dépouilles royales égyptiennes. On notera en outre que plusieurs femmes de l'Egypte antique s'appelèrent du même nom de Néfertari, il existe donc une momie de « Néfertari » mais qui n'est pas celle dont il est question ici.

*La tombe de Néfertari a été reproduite au musée « Tessé » au Mans dans la Sarthe.

*Le Tessé qui a donné son nom à ce musée vécut de 1648 à 1725 et fut maréchal de France.

*Pour les Savoyards, c'est ce Tessé qui négocia pour le compte de Louis XIV le traité de Turin du 29 août 1696 avec Victor-Amédée II alors duc de Savoie. Ce duc s'était allié avec l'Espagne et le Saint Empire contre la France. Après plusieurs défaites et la prise de la citadelle de Montmélian en décembre 1691, il dut accepter les conditions imposées par la France.

*Pour des informations plus complètes sur Néfertari, le lecteur pourra se reporter aux ouvrages de Christiane Desroches Noblecourt (décédée le 23 juin 2011 à l'âge de 97 ans) et notamment : « Ramsès II, la véritable histoire 1992 », « la femme aux temps des pharaons 1988», ou « la tombe de Nofrétari 1993 ».

J.D. 27 décembre 2016

Isis et Néfertari, image du net

Isis et Néfertari, image du net

Repost 0

Présentation

Recherche

Liens