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23 décembre 2016 5 23 /12 /décembre /2016 15:59

 

 

New Bern est une ville d'un peu plus de 30.000 habitants située à l'est de la Caroline du Nord à la confluence de deux rivières (Trent et Neuse) dont l'embouchure communique avec l'Atlantique. Elle est à mi-chemin de la Virginie (Virginia) au nord et de la Caroline du Sud (South Carolina) au sud.

*Elle fut fondée par un Suisse originaire de Berne, nommé Christoph Graffenried, arrivé en Amérique en 1710 et qui a donné à sa ville le nom de New Bern comme il y a New York, New Orléans etc.

*Cette ville devint le siège du gouverneur britannique en 1766. Un palais pour ce gouverneur, nommé Tryon, fut construit entre 1767 et 1770.

La Caroline du Nord fit partie des Etats indépendantistes en 1776 et New Bern devint la capitale de la Caroline du Nord jusqu'à son remplacement comme capitale par la ville de Raleigh en 1792.

*New Bern entretient des liens avec Berne capitale de la Suisse et par exemple en 2010 pour le tricentenaire de la fondation de la ville des expositions et manifestations eurent lieu à Berne et à New Bern.

*Notre fille Claire nous avait emmenés visiter New Bern le 14 septembre 2000. Michèle mon épouse (décédée le 21 juillet 2003) s'était passionnée pour la photographie. Elle avait photographié le motif qui orne le fronton du musée d'histoire (North Carolina History Center) installé dans le Tryon Palace, qui fut le palais du gouverneur britannique avant l'indépendance.

*J'ai retrouvé et utilisé cette photo (voir illustration) ces derniers jours, mais elle mérite quelques explications :

-Elle représente un lion couronné et une licorne entourant un blason lui aussi couronné avec en dessous la devise « Dieu et mon droit », à gauche « G III » et à droite la lettre « R ».

*Il faut rappeler que le duc de Normandie Guillaume (1027/1087) surnommé le Conquérant devint roi d'Angleterre après avoir vaincu l'armée anglaise du roi Harold à la bataille d'Hastings (lieu situé sur la côte, à 85 kms au sud-est de Londres) le 14 octobre 1066. Il cumula la couronne d'Angleterre et celle du duché de Normandie et fit des séjours des deux côtés de la Manche. A partir de son règne le français fut la langue de la Cour à Londres, mais l'anglais fut adopté durant la guerre de Cent Ans pour punir les Français qui ne voulaient pas d'un Anglais sur le trône de France. Mais un Anglais qui parlait français et qui avait autant de souverains français dans ses ancêtres que les rois de France…. Dans le genre « histoire fiction » on peut se demander ce que serait devenue l'Histoire si France et Angleterre avait eu le même souverain ? Voir note n°109 sur la guerre de Cent Ans http://jean.delisle.over-blog.com/la-guerre-de-cent-ans-n-109

*En 1332, Jean le Bon (1319/1364) récupéra le titre de duc de Normandie et devint roi de France en 1350 jusqu'à son décès, à Londres, en 1364.

*Ceci explique que l'on trouve dans le blason à la fois les lions symbole des ducs de Normandie et les fleurs de lys des rois de France.

*Autour des lys et des lions on devine plus qu'on ne distingue une devise : « Honi soit qui mal y pense ». Il s'agit de la devise de l'ordre de la Jarretière créé par le roi d'Angleterre Edouard III en 1348. Selon la légende, la maîtresse du roi perdit sa jarretière durant un bal, pour arrêter les plaisanteries, le roi en fit un ordre, ce qui aussi justifie la devise.

* »Dieu et mon droit » est directement la devise de la famille royale anglaise depuis Henri V qui fut roi de 1413 à 1422.

* »GIII » est la référence au roi d'Angleterre qui régnait lors de la construction du « Tryon Palace » c'est-à-dire George III (1738/1820) qui fut roi du 25 octobre 1760 à son décès (le 29 janvier 1820). C'est lui qui régnait durant la Révolution française et le premier empire. Le « R » pour roi.

*Le lion et la licorne représentent respectivement l'Angleterre pour le lion et l’Écosse pour la licorne. Leur association dans les armoiries anglaises symbolise l'union des deux pays ou des deux couronnes.

J.D. 23 décembre 2016

à New Bern, photo Michèle Delisle le 14 septembre 2000

à New Bern, photo Michèle Delisle le 14 septembre 2000

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18 décembre 2016 7 18 /12 /décembre /2016 09:14

 

Quand on parle de Napoléon Bonaparte, la plupart des gens pensent à l'empereur, voire au général de la campagne d'Italie, mais peu au consul de la première République française. Et pourtant en l'espace de 54 mois, il réforma complètement la France et mit en place des institutions qui pour beaucoup existent encore, et ce malgré la seconde coalition contre la France, des batailles, traités etc. Voici un récapitulatif de ces événements :

*18 brumaire an VIII (9 novembre 1799) : coup d’État du jeune général Bonaparte (il avait tout juste 30 ans) revenu d’Égypte qui met fin au Directoire. Voir en illustration tableau de François Bouchot peint en 1840 et qui représente Bonaparte au Conseil des Cinq-Cents lors du coup d’État .

*19 brumaire an VIII (10 novembre 1799) : création du Consulat avec 3 consuls chargés de proposer une nouvelle constitution.

*22 frimaire an VIII (25 décembre 1799) promulgation de la nouvelle constitution. Bonaparte y est « premier consul ».

*loi du 24 pluviôse an VIII (13 février 1800) : création de la Banque de France avec privilège concernant l'émission des billets.

*loi du 28 pluviôse an VIII (17 février 1800) : division du territoire entre départements, arrondissements, cantons et communes, avec création de préfets au niveau des départements et sous-préfets au niveau des arrondissements.

*loi du 27 ventôse an VIII (18 mars 1800) : loi sur l'organisation de la justice avec des juges de paix dans les cantons, des tribunaux de première instance dans les arrondissements, des tribunaux criminels dans les départements...Ce texte sera complété dès le consulat par un certain nombre d'autres.

*20 pluviôse an IX (9 février 1801) traité de Lunéville avec l'Autriche suite aux victoires françaises de Marengo, en Italie dans le Piémont (14 juin 1800) et de Hohenlinden en Allemagne près de Munich (3 décembre 1800)

*26 messidor an IX (15 juillet 1801) : signature à Paris, du Concordat entre Napoléon (représenté par son frère Joseph) et le pape Pie VII (représenté par le cardinal Consalvi) qui permit de ramener la paix religieuse en France.

*3 fructidor an IX (20 septembre 1801) : organisation de l'administration de l'enregistrement et des domaines.

*10 vendémiaire an X (10 octobre 1801) traité de Paris avec la Russie

*4 germinal an X (25 mars 1802) : traité d'Amiens avec l'Angleterre, l'Espagne et la République battave (la Hollande)

*loi du 18 germinal an X (8 avril 1802) portant sur l'organisation des cultes en France

*loi du 11 floréal an X (1er mai 1802) : loi générale sur l'instruction publique, concernant les écoles primaires, secondaires, la création des lycées, les écoles spéciales, le statut et la rémunération des enseignants et même le financement de leur retraite.

*29 floréal an X (19 mai 1802) création de la légion d'honneur.

*14 thermidor an X (2 août 1802) : Napoléon Bonaparte est nommé consul à vie

*loi du 7 germinal an XI (28 mars 1803) : création du « franc germinal ». La première frappe de monnaie libellée en francs date du 5 décembre 1360. Il s'agissait d'une monnaie en or destinée à payer la rançon du roi de France Jean le Bon prisonnier des Anglais. Le terme « franc » ne vint pas des Francs du temps de Clovis qui eux ont donné leur nom à la France, mais de l'équivalence entre le terme « franc » et « libre « (comme dans « franc-parler », « franc-tireur »...) , c'était la monnaie de la liberté pour le roi de France. A l'époque la monnaie en « francs » ne fut pas poursuivie mais le terme resta.

Une nouvelle émission de francs, en argent cette fois, eut lieu de 1575 à 1586. Enfin, la loi de la Convention du 18 nivôse en III (7 janvier 1795) créa le franc.

Le franc germinal définit les nouvelles normes de la monnaie française. Elle était en argent pour les faibles valeurs (0,25- 0,50- 1, 2 et 5 francs) et en or pour les pièces de 20 et 40 francs, avec la définition d'un poids de métal de 9/10 dans chaque monnaie (ainsi la pièce de 20 francs or appelée aussi « Napoléon » pesait 6,45 grammes dont 5,801 grammes d'or fin) et une parité entre or et argent : 1 poids d'or = 15,5 poids d'argent. Ce système perdura jusqu'en 1914.

*30 ventôse an XII (21 mars 1804) : publication du code civil

*28 floréal an XII (18 mai 1804): Sénatus-consulte, Napoléon Bonaparte devint empereur, fin du Consulat.

 

Cette liste loin d'être exhaustive montre néanmoins qu'en 4 ans 1/2 Bonaparte consul de la République française accomplit une réorganisation complète de la France : administration, justice, droit, éducation, monnaie, cultes, diplomatie, tout y passa. Quelle énergie, autre chose qu'un Flamby inconsistant !

J.D. 18 décembre 2016

Napoléon Bonaparte au Conseil des Cinq-Cents

Napoléon Bonaparte au Conseil des Cinq-Cents

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16 décembre 2016 5 16 /12 /décembre /2016 10:35

Quatrième République française :

Il est assez difficile de dater l'acte de naissance de cette quatrième République.

*Le 3 mai 1943, à Alger, par accord entre les généraux Charles De Gaulle (chef de la France Libre) et Henri Giraud (qui avait succédé à l'amiral Darlan en Afrique du Nord) avait été créé le « Comité Français de Libération Nationale » (CFLN). Celui-ci prit le nom de «Gouvernement Provisoire de la République Française » (GPRF) le 3 juin 1944. Il fut reconnu légitime par les États-Unis le 11 juillet 1944. Il se transporta à Paris le 31 août 1944 et dirigea la France jusqu'au 16 janvier 1947.

*Le 21 octobre 1945, les électeurs votèrent pour des représentants à une assemblée constituante, en même temps un référendum leur demandait si ils voulaient la poursuite de la Constitution de la troisième République ou une nouvelle. Les électeurs rejetèrent la poursuite de la constitution de la troisième. Ce fut la première participation des femmes françaises aux élections.

*Le 13 novembre 1945, 555 députés nommèrent à l'unanimité De Gaulle président du Conseil. En désaccord avec les partis politiques il démissionna dès le 20 janvier 1946.

*Lui succédèrent à la tête de ce gouvernement provisoire : Félix Gouin du 23 janvier 1946 au 2 juin 1946, Georges Bidault du 19 juin au 28 novembre 1946, puis Léon Blum du 12 décembre 1946 au 16 janvier 1947. Tous ces chefs du gouvernement provisoire n'eurent pas le titre de Président de la République française.

*Le 5 mai 1946 s'était tenu un nouveau référendum pour savoir si les électeurs préféraient un pouvoir législatif avec une seule assemblée ou avec 2 assemblées. Les 2 assemblées l'emportèrent avec 10.584.000 votants contre 9.454.000 partisans d'une seule.

*le 2 juin 1946 il y eut des élections législatives

*La Constitution de la quatrième République fut adoptée par référendum le 13 octobre 1946 par 9.263.000 voix pour et 8.144.000 contre mais il y eut 8.468.000 abstentions. Cette constitution prévoyait 618 députés élus pour 5 ans, un Conseil de la République de 315 membres (en fait le Sénat, le nom de Sénat reviendra d'ailleurs en 1948) et un président élu pour 7 ans par le parlement.

*Le 16 janvier 1947, Vincent Auriol (qui avait fait partie des 80 députés ayant refusé les pleins pouvoirs à Pétain en 1940) était élu comme premier Président de la quatrième République française ; son mandat prit fin le 15 janvier 1954.

*Certains auteurs font partir le début de la quatrième de cette élection, d'autres de l'adoption de la constitution, d'autres de son début d'application effectif (à Noël 1946), d'autres de la libération de la France…

*René Coty succéda à Vincent Auriol comme second et dernier président de la quatrième République. Il abandonna ses fonctions le 8 janvier 1959 après avoir fait appel à Charles De Gaulle suite aux événements d'Algérie.

*Cette quatrième République géra la relance de l'économie, la reconstruction d'après guerre, le retour des prisonniers, le baby-boom, créa la Sécurité sociale, puis fit face à la guerre d'Indochine et celle-ci à peine terminée, à la guerre d'Algérie…

*Comme la troisième République elle souffrit de l'instabilité gouvernementale et de la politique « politicienne » des partis.

 

Cinquième République :

Le soulèvement d'Alger le 13 mai 1958, incita le président Coty à faire appel à Charles De Gaulle. Le 1er juin 1958, le parlement lui votait des pouvoirs spéciaux pour réformer la constitution et régler le soulèvement en Algérie.

*Le 28 septembre un référendum donnait 81,7 % de oui à la nouvelle constitution qui fut promulguée au journal officiel le 5 octobre 1958. Elle renforçait de beaucoup les pouvoirs du président de la République afin d'assurer une plus grande stabilité gouvernementale. A ce stade, le président était encore élu par des grands électeurs et non par le suffrage universel. C'est ainsi que le 21 décembre 1958, Charles De Gaulle fut élu président (né le 22 novembre 1890, il avait déjà 68 ans).

*Il fallait régler la question de l'Algérie. Un référendum le 8 janvier 1961, sur l'autodétermination de l'Algérie obtint 79 % de OUI ce qui entraîna un putsch des généraux des 21 au 26 avril puis la création de l'OAS…

*Un référendum du 28 octobre 1962 modifia la Constitution en faisant élire le Président de la République au suffrage universel.

*De Gaulle fut élu en décembre 1965 mais seulement au second tour

*Il pratiqua une politique étrangère plus équilibrée entre URSS et États-Unis, faisant même sortir la France de l'Otan en 1966.

*Il dut faire face aux révoltes du printemps 1968, ensuite, mis en minorité au référendum du 27 avril 1969 sur la régionalisation et la réforme du Sénat, il démissionna. Retiré à Colombey il décéda le 9 novembre 1970.

*Georges Pompidou (5 juillet 1911/2 avril 1974) qui avait été premier ministre de De Gaule, lui succéda. Élu le 15 juin 1969, la maladie l'emporta en avril 1974 avant la fin de son septennat.

*Après Pompidou, Valérie Giscard d'Estaing (né le 2 février 1926) fut président du 27 mai 1974 au 21 mai 1981. Il inaugura un nouveau style de présidence. Il eut à gérer durant son septennat 2 « chocs pétroliers » (1974 et1979). Il fut battu aux élections du 10 mai 1981. A droite, Chirac avait œuvré pour le faire échouer.

*François Mitterrand (26 octobre 1916/8 janvier 1996) fut élu malgré son passé vichyste, l'affaire de l'Observatoire, sa participation à tous les gouvernements de la quatrième République… Il fut réélu en 1988. C'est durant ses 2 septennats que furent conclus les accords sur la mondialisation, le traité de Maastricht, la réunification de l'Allemagne…

*Jacques Chirac (né le 29 novembre 1932) fut élu aux élections législatives de 1995.

En application de l'article 12 de la Constitution, il prononça la dissolution de l'Assemblée nationale le 21 avril 1997. Mal lui en prit car une majorité de gauche fut élue aux législatives des 25 mai et 1er juin 1997 et Chirac dut cohabiter avec Lionel Jospin comme premier ministre. Mais les deux s'entendirent pour réformer la Constitution et ramener le mandat présidentiel de 7 ans à 5 ans. Ce qui de l'avis de beaucoup modifia l'esprit et surtout la cohérence de la Constitution de 1958. Cette réforme fut soumise à référendum. 30,19 % des électeurs seulement participèrent au vote et 73,21 % des votants approuvèrent la réforme, ce qui fait 22 % du corps électoral. Mais les abstentionnistes ont toujours tort. Chirac fut réélu en 2002.

*Nicolas Sarkozy (né le 28 janvier 1955) fut élu en 2007. Il eut à gérer la crise économique venue des États-Unis (crise des subprimes) à partir de juillet 2007. Mais son style déplaisait à beaucoup de citoyens et il y eut même chez certains une haine de Sarkozy et il ne fut pas réélu en 2012.

*De « moi président », l'actuel locataire de l’Élysée, je rappellerais seulement qu'avant les élections présidentielles de 2012, il avait été traité de « capitaine de pédalos » par Jean-Luc Mélenchon, de « gauche molle » par Martine Aubry, de « fraise des bois » par Laurent Fabius, de « potiron » par Cécile Duflot et surnommé « Flamby » par Arnaud Montebourg. Les électeurs avaient été prévenus !

 

Récapitulation :

*Première République, durée moins de 12 ans et zéro « président de la République »

*seconde République, durée moins de 5 ans et 1 Président

*troisième République : durée presque 70 ans et 14 présidents

*quatrième République : entre 11 et 14 ans selon le point de départ qu'on lui donne : 2 présidents

*cinquième République : déjà 58 ans et pour l'instant 7 présidents.

J.D. 16 décembre 2016

 

Le président de la République Louis Napoléon Bonaparte remet la légion d'honneur à un charretier le 9 juin 1850 à Saint Quentin(Aisne), tableau de Charles Giraud

Le président de la République Louis Napoléon Bonaparte remet la légion d'honneur à un charretier le 9 juin 1850 à Saint Quentin(Aisne), tableau de Charles Giraud

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16 décembre 2016 5 16 /12 /décembre /2016 10:25

Sur ce blog, j'ai déjà mis quelques notes consacrées aux rois et reines de France (notes N°81, 82, 132, 239, 245, 247, 248, 249, 250, 253, 257, 258, 259, 266, 313, 317, 323) ainsi qu'aux empereurs français (notes N° 85, 90, 104, 160, 244, 298). Il manquait les présidents de la République à la panoplie, même si une note (N°179http://jean.delisle.over-blog.com/2014/06/les-republiques-francaises-n-179.html) est déjà consacrée aux Républiques françaises mais plus orientée sur les institutions que sur les Présidents. Voici en complément, quelques données concernant nos Républiques et leurs présidents.

 

Première République française :

*Cette première République a été proclamée par la Convention nationale lors de l'abolition de la Royauté le 21 septembre 1792 et a pris fin avec le premier Empire créé par le Sénatus-consulte du 28 floréal an XII (18 mai 1804), même si le couronnement de Napoléon empereur n'eut lieu que le 2 décembre 1804 à Notre-Dame de Paris et même si les pièces de monnaies frappées jusqu'en 1807 portaient la mention « République française » et « Napoléon empereur » ; voir illustration.

*Dans l'enchaînement des choses, il y eut la convocation des États Généraux à Versailles à compter du 5 mai 1789 par le roi Louis XVI.

Les 1200 députés de ces États Généraux s'autoproclamèrent « Assemblée Nationale Constituante » le 17 juin 1789 et se transportèrent à Paris où ils siégèrent au manège des Tuileries à compter d'octobre 1789.

*L'Assemblée législative (749 députés) succéda à l'Assemblée nationale constituante le 1er octobre 1791, jusqu'au 20 septembre 1792. Jusqu'à cette date on était toujours sous le régime de la royauté française, mais avec un roi dépassé par les événements.

*A la Convention nationale (composée toujours de 749 députés) succédèrent le Directoire (du 26 octobre 1795 au 9 novembre 1799) et le Consulat (du 10 novembre 1799 au 18 mai 1804) mais là, on était toujours officiellement sous la République française, qui de fait, avait commencé avec la Convention Nationale. C'est à partir du Directoire, donc en 1795, que fut constituée une seconde assemblée appelée « conseil des Anciens » et que l'on peut considérer comme l'ancêtre du Sénat. L'Assemblée législative prit le nom de « Conseil des cinq-cents » en 1795, et comme le conseil des Anciens, les membres en étaient élus au second degré, c'est-à-dire que les électeurs élisaient les grands électeurs et ce sont ces derniers qui élisaient les représentants aux 2 assemblées.

Il y eut des Consuls sous le Consulat, des Directeurs sous le Directoire et des Présidents d'Assemblées élus par les députés pour 15 jours de juin 1789 à octobre 1795 puis pour un délai maximum d'un mois à partir de 1795.

*Sous le régime de la première République française personne n'eut donc le titre de « Président de la République ».

*Les Français ne s'en font pas la réflexion mais Napoléon Bonaparte fut le principal personnage de la première République française. Il fut en effet nommé premier consul le 10 novembre 1799 et consul à vie le 2 août 1802. Le Consulat fait partie de l'histoire de la première République française et durant cette période, Napoléon Bonaparte réforma profondément la France.

 

Seconde République française :

*Celle-ci naquit à l'occasion de la Révolution de février 1848 : les « Trois glorieuses » les 22, 23 et 24 février 1848 et l'abdication du roi Louis-Philippe le 24 février.

*Un gouvernement provisoire fut formé dès le 24 février. L'élection d'une « Assemblée Nationale constituante » se déroula le 23 avril 1848.

7.835.327 votants (sur un corps électoral de 9.395.035 électeurs masculins) élurent 880 députés qui rédigèrent une constitution et se séparèrent début mai 1849.

*La constitution rédigée et adoptée en novembre 1848 prévoyait une assemblée législative unique d'élus pour 3 ans avec un président lui, élu pour 4 ans avec un mandat non renouvelable et sans la possibilité pour le président de dissoudre l'Assemblée.

*Des élections d'un président de la République française se déroulèrent les 10 et 11 décembre 1848 au suffrage universel (en se rappelant que les femmes n'avaient pas encore le droit de vote). Il faudra attendre 1965 pour avoir un nouveau président de la République française élu au suffrage universel.

*6 candidats se présentèrent. Louis Napoléon Bonaparte obtint 74,33 % des suffrages sur 7.497.000 votants. Les Français avaient la nostalgie du premier empire et le nom « Bonaparte » emporta tout. Il fut donc le premier citoyen français à porter le titre de Président de la République. Il s'installa au Palais de l’Élysée.

*Des élections législatives eurent lieu le 13 mai 1849 au suffrage universel. Bonapartistes et « Montagnards » obtinrent 680 sièges sur 755. Cela fit dire à Adolphe Thiers « il faut organiser la République sans les Républicains ».

*Louis Napoléon Bonaparte avait de l'ambition et comprenant que l'opinion publique le soutenait, il prononça la dissolution de l'Assemblée législative le 2 décembre 1851, ce qui était contraire à la Constitution et fut considéré comme un coup d’État. La préparation de ce coup d’État avait été financée par une Anglaise (Harrriet Howard maîtresse de Louis Napoléon Bonaparte qui la rencontrait rue du Cirque, cela ne s'invente pas!) et par une Belge (Fanny Le Hon maîtresse de Charles de Morny demi-frère de Louis Napoléon Bonaparte).

*Un plébiscite organisé les 21 et 22 décembre 1851 donna 7.481.231 OUI pour 647.292 non.

*Une nouvelle constitution fut adoptée le 14 janvier 1852. Louis Napoléon Bonaparte était désigné Président de la République pour 10 ans. Il devait diriger avec 3 assemblées : un Sénat et un Conseil d’État dont le Président nommait les membres et un corps législatif élu au suffrage universel. Dans l'histoire des Républiques françaises, ce fut la première appellation du Sénat.

*Malgré les pouvoirs exorbitants que lui donnait la Constitution, un sénatus-consulte du 7 novembre 1852 permit le rétablissement de l'empire à compter du 2 décembre 1852 (date anniversaire du couronnement de Napoléon 1er à N.D. de Paris et de la bataille d'Austerlitz).

 

Troisième République française :

*Elle fut proclamée à l'Hôtel de ville de Paris le jour de l'abdication de Napoléon III (consécutive à la défaite de Sedan) le 4 septembre 1870. Un gouvernement « de la défense nationale » fut constitué. Le général Jules Louis Trochu reçut le titre de « chef du gouvernement de la Défense nationale ». Il ne peut pas être considéré comme ayant eu le titre de Président de la République française.

*Le contexte était particulièrement difficile : Le siège de Paris par les Prussiens commença le 18 septembre 1870 et les Prussiens entrèrent dans la capitale le 1er mars 1871.

*Des élections avaient pu avoir lieu le 8 février 1871. Une assemblée législative avait été élue. Des royalistes furent majoritaires mais divisés entre-eux, c'est la République qui subsista. Le 17 février elle nommait Adolphe Thiers en remplacement du Général Trochu comme chef du gouvernement de la Défense nationale. Puis par une loi du 31 août 1871, cette assemblée décerna à Thiers le titre de Président de la République : le premier de la troisième République et le second en tout. On remarque au passage que les deux premières Républiques françaises sont issues d'une Révolution et les trois dernières d'une guerre (guerre de 1870 pour la troisième, guerre de 40 pour la quatrième et guerre d'Algérie pour la cinquième).

*L'Assemblée adopta un « ordre du jour de défiance » envers Thiers et son gouvernement le 24 mars 1873 par 344 voix contre 300. Thiers démissionna et fut remplacé par Mac-Mahon le 24 mai 1873.

*Le 30 janvier 1875, sur proposition du député Henri Wallon, l'Assemblée décida par 353 voix contre 352, que les Présidents de la République seraient élus par la chambre des députés et le Sénat réunis en congrès, pour 7 années rééligibles. Pour certains auteurs, c'est de cette date que commence la troisième République.

*La Troisième République prit fin lorsque le 10 juillet 1940, dans la salle du Casino de Vichy 569 députés (contre 80) votèrent les pleins pouvoirs à Philippe Pétain, âgé de 84 ans, ce qui entraîna la création de « l’État français ». Que les parlementaires aient confié la conduite du char de l’État à un homme de 84 ans illustre l'état de débâcle de la France à l'époque.

 

*En tout, 14 Présidents de la troisième République se succédèrent, les voici :

-Adolphe Thiers 1871/1873

-Edme Mac-Mahon 1873/1879

-Jules Grévy 1879/1887

-Sadi Carnot 1887/1894

-Jean Casimir Perier 1894/1895

-Félix Faure 1895/1899

-Emile Loubet 1899/1906

-Armand Fallières 1906/1913

-Raymond Poincaré 1913/1920

-Paul Deschanel de janvier à septembre 1921

-Alexandre Millerand 1921/1924

-Gaston Doumergue 1924/1931

-Paul Doumer 1931/1932

-Albert Lebrun 1932/1940

 

*Deux de ces présidents furent assassinés : Paul Doumer le 6 mai 1932 à Paris, Sadi Carnot à Lyon le 25 juin 1894

*Deux furent démis ou contraints de démissionner par le parlement : Paul Deschanel pour démence et Alexandre Millerand pour incompatibilité d'orientation politique.

*Félix Faure mourut à l’Élysée le 16 février 1899 d'une fellation faite par une maîtresse nommée Marguerite Steinheil. Clemenceau qui avait l'humour féroce déclara : « il voulait être César, il ne fut que Pompée » !

*Jean Casimir Perier démissionna de ses fonctions le 16 janvier 1895, il ne se sentait plus capable d'assumer ses responsabilités, mais lui, au moins eut l'honnêteté de le reconnaître.

*Albert Lebrun, dernier président de la troisième, se retira (à Vizille Isère) mais sans démissionner lorsque le parlement vota les pleins pouvoirs à Pétain. Il fut arrêté par les Allemands le 23 août 1943 et déporté en Allemagne dont il revint après la guerre mais ne se mêla plus de politique.

 

*Cette note consacrée aux Présidents de la République fait l'impasse sur d'autres responsables politiques de la troisième qui eurent de l'envergure comme Gambetta, Jaurès, Clemenceau, Briand...Ils furent autre chose que des capitaines de pédalos ! Cette énumération, beaucoup d'autres noms pourraient être ajoutés, montre que ce ne sont pas forcément les meilleurs qui parviennent à l’Élysée.

 

*Cette troisième République qui avait commencé sous l'occupation prussienne connut beaucoup d'événements :

-le soulèvement du peuple de Paris appelé « Commune de Paris » du 18 mars au 28 mai 1871 qui se termina par une répression sanglante conduite par Adolphe Thiers

-l'affaire Dreyfus qui divisa profondément la France de 1894 à 1906

-la première guerre mondiale

-la grande crise économique de 1929

-le Front populaire de 1936

-la montée des dictatures en Europe….

 

Mais c'est aussi l'extension de l'empire colonial, le vote de nombreuses lois sociales, de conservation du patrimoine, les lois sur la laïcité, les syndicats, les associations, le développement des chemins de fer, de l'automobile, de l'aviation, de l'électricité, les expositions universelles…. Ce fut l'époque de Louis Pasteur, Pierre et Marie Curie, Eugène Freyssinet, Gustave Eiffel, Auguste Bartholdi, Victor Hugo, Emile Zola, Jules Verne... etc etc

 

La troisième République est celle, qui jusqu'à présent, a duré le plus longtemps. Si elle peut se vanter d'un bilan très positif, sa fin fut moins glorieuse. N'oublions pas que c'est l'Assemblée de gauche élue au moment du front populaire (le deuxième tour le 3 mai 1936) qui accepta la participation aux Jeux Olympiques de Berlin en août 1936 (un seul député, Pierre Mendès France s'y opposa) , les accords de Munich fin septembre 1936, qui déclara la guerre le 3 septembre 1939 sans la faire et qui finalement vota les pleins pouvoirs à Pétain !

En négatif de la troisième République, ajoutons le refus d'accorder le droit de vote aux femmes. Elles avaient eu le droit de faire marcher l'économie française durant la première guerre mondiale quand les hommes étaient au front, pour cela elles furent majeures, mais pas pour voter. Une majorité de parlementaires de gauche craignaient que les femmes votent plus à droite que les hommes !

En outre, par le jeu des partis politiques et des ambitions personnelles, il y eut une grande instabilité dans les gouvernements qui se succédèrent rapidement, ce qui nuisit beaucoup à l'efficacité gouvernementale.

 

voir la suite sur fiche suivante car le système de gestion over-blog trouve la note trop longue

pièce de 5 francs de 1807, recto et verso

pièce de 5 francs de 1807, recto et verso

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3 décembre 2016 6 03 /12 /décembre /2016 21:02

Les défenses du Piémont contre la France N°331

 

La région italienne du Piémont est reliée à la France par plusieurs cols et plusieurs voies. Voici les principales routes:

-la route qui rejoint Nice en passant par Coni (Cuneo) et le col ou tunnel de Tende (Tenda)

-l'embranchement qui part de Coni et qui rejoint Barcelonnette par le col de l'Arche

-la route Turin/Briançon qui passe par Pignerol (Pinerolo), Sestrière et le col du Montgenèvre

-enfin la route qui joint Turin à la Maurienne en passant par Rivoli, Suse et soit le Mont Cenis soit le tunnel du Fréjus ; sans parler du tunnel du Mont Blanc qui ne débouche pas directement en Piémont mais dans le Val d'Aoste.

 

Les deux dernières voies citées furent à travers les siècles les voies de passage des armées françaises se rendant en Italie depuis Pépin le Bref, Charlemagne (allant combattre les Lombards) jusqu'à Napoléon III dont les armées vinrent aider Victor-Emmanuel II à vaincre les Autrichiens en passant par les armées de Charles-le-Chauve et des rois Charles VIII, Louis XII, François 1er, Henri II, Henri IV, Louis XIII, Louis XIV, Louis XV, sans oublier celles de la Révolution et Napoléon Bonaparte.

 

Les souverains de la Maison de Savoie (Comtes puis Ducs de Savoie, rois de Sardaigne et rois d'Italie) multiplièrent les fortifications pour s'opposer aux Français trop abonnés à l'invasion de la Savoie et de l'Italie. En voici quelques-unes :

 

Fort d'Exilles :

un fort fut construit au XIIe siècle, dans la vallée de Suse, à environ 70 kms de Turin. Il dominait la route qui donne accès au Montgenèvre. Il appartint à la France qui le fortifia. Le duc de Savoie Charles-Emmanuel 1er s'en empara en 1593, les Français le reprirent dès janvier 1594, puis il fut à nouveau savoyard en 1708 sous le duc de Savoie Victor-Amédée II, avant d'être repris par les Français en 1794 qui le démolissent en 1796. Le roi de Sardaigne Victor-Emmanuel 1er le fait reconstruire entre 1818 et 1829. Sa vocation militaire est abandonnée en 1943. C'est en 1978 que le fort est cédé par l’État italien à la région Piémont, qui le restaure, le transforme en musée national de la Montagne avec des expositions sur l'histoire du fort et de ses occupants et l'ouvre au public en l'an 2000.

Pour la petite histoire, rappelons que l'homme au masque de fer fut d'abord emprisonné au fort d'Exilles vers 1681, avant d'être transféré au fort de Pignerol (Piémont) probablement en 1683 puis sur l'île de Marguerite de Lérins (au large de Cannes) en avril 1687, enfin à la Bastille en 1698 où il mourut le 19 novembre 1703, à l'âge de 36 ans.

 

Suse :

La ville de Suse est située sur la route venant du Mont Cenis mais aussi sur l'embranchement qui mène au Mont Genèvre. C'est donc un site stratégique qui fut aussi disputé entre France et Savoie. Lorsque la Savoie récupéra Suse après le mariage avec Adélaïde de Suse en 1046, il existait un château appelé château de la comtesse Adélaïde. Il fut détruit par Frédéric Barberousse en 1174.

Le roi de Sardaigne Charles-Emmanuel III fit construire au milieu du XVIIIe siècle une nouvelle fortification appelée « fort de la brunette ». Mais ce fort fut démoli par les Français en 1796. Il reste quelques ruines à la fois du château et de fort.

 

Fort Bramafam à Bardonecchia :

Ce fort récent a été construit entre 1874 et 1889 pour protéger le tunnel du Fréjus, à l'emplacement d'un château médiéval démoli en 1574. Occupé par les Allemands en septembre 1943, il a été en partie démoli. Restauré à partir de 1995, il a été transformé en musée principalement consacré à l'armée royale italienne et ouvert au public en 2004. Il présente 164 uniformes de soldats royaux italiens pour la période allant de 1885 à 1945, 32 pièces d'artilleries et de nombreux objets de la vie militaire. Une des originalités de ce fort est un accès par un pont roulant remplaçant les traditionnels ponts-levis.

 

Château d'Avigliana :

Avigliana est située dans la vallée de Suse à une vingtaine de kms à l'ouest de Turin.

En l'an 924 y fut édifié un château sur le sommet du mont Pezzulano à 467 mètres d'altitude.

Ce château rentra dans le domaine des comtes de Savoie après le mariage du comte Othon 1er avec Adélaïde de Suse en 1046.

Le château fut détruit au XVIIe siècle mais il en reste d'imposantes ruines.

Sur Avigliana signalons que le comte de Savoie Humbert III y naquit dans le château en 1136 et que la mairie se trouve piazza Conte Rosso (place du comte rouge : Amédée VII)

 

Château de Rivoli :

La ville de Rivoli est située à l'entrée de la vallée de Suse quasiment dans la banlieue ouest de Turin. Un château à vocation militaire y fut construit aux IX/Xe siècles. Il appartenait à l'évêché de Turin lorsqu'il revint à la Maison de Savoie vers l'an 1280. Il subit d'importants dégâts à l'occasion de guerres en 1693 et dans les années 1940. Il fut plusieurs fois restauré, remanié, agrandi. C'est là que naquit le futur duc de Savoie Charles-Emmanuel 1er le 12 janvier 1562. Il servit de résidence à la famille de Savoie entre Chambéry et l'installation à Turin en décembre 1562. C'est durant cette période que fut pris l'édit de Rivoli (22 septembre 1561) qui consacrait l'usage du Français comme langue en Savoie et dans le Val d'Aoste et le Piémontais dans le reste du duché, en attendant l'adoption du toscan comme langue officielle du royaume d'Italie en 1861.

Le château fut vendu à la ville de Rivoli en 1863 qui l'utilisa partiellement comme caserne. Il fut restauré à partir de 1979 et ouvert comme musée d'art contemporain en 1984.

Signalons encore que ce château se trouve à Rivoli rue Mafalda de Savoie. Cette Mafalda, née en 1902, était la fille d'Hélène de Monténégro et du roi d'Italie Victor-Emmanuel III. Lorsque ce dernier fit arrêter Mussolini et rejoignit les alliés, sa fille fut envoyée à Buchenwald par rétorsion. Elle y mourut dans la nuit du 26 au 27 août 1944.

 

Fenestrelle :

Fenestrelle est située sur la route venant du Montgenèvre, à 23 kms de Sestrière en direction de Turin. Le site avait été annexé par la France en 1349. Sous Louis XIV (à la fin du dix-septième siècle) les Français y avaient construit un fort (fort Mutin) et un château (château Arnaud).

Le duc de Savoie Victor-Amédée II s'en empara fin août 1708. Le traité d'Utrecht (11 avril 1713) consacra l'échange de Barcelonnette (pour la France) contre Fenestrelle et le Val de Suse (pour la Savoie)

Les canons retournés côté français, le fort Mutin servit jusqu'en 1736 puis fut en partie démoli lors de la construction de 1728 à 1850, d'un vaste complexe militaire s'étageant de 1135 mètres d'altitude à 1785 mètres, occupant 1.300.000 m², et comprenant 4 forts, 7 redoutes, une église, des logements... le tout relié par des fortifications s'étendant sur 3 kms avec 2 escaliers couverts (un de 3996 marches, l'autre de 300 marches) et un escalier découvert de 2500 marches.

Le fort Mutin a été remplacé par le premier fort construit (fort Delle Valli), tandis que le château Arnaud était transformé en pigeonnier. Compte tenu des distances de l'enneigement l'hiver, une partie des communications se fit au moyen de pigeons.

La rénovation de l'ensemble a commencé en 1990, la mise en sécurité à partir de 2002 a permis l'ouverture au public.

 

Pignerol (Pinerolo) :

Pignerol est situé sur la route venant du Montgenèvre à 36 kms de Turin. Le site revint à la Maison de Savoie au onzième siècle qui le fortifia. Il fut l'objet d'enjeux entre Dauphinois et Savoyards d'abord puis entre Français et Savoyards ensuite.

Le site français en 1536, redevint savoyard en 1574, français au traité de Cherasco le 30 mai 1631, à nouveau savoyard au traité de Pignerol le 29 août 1696. Mais Louis XIV fit détruire les fortifications avant de rendre le site aux Savoyards. C'est la destruction de ce site qui entraîna la construction de Fenestrelle.

 

Ailleurs :

Dans cette note je me suis limité aux principales fortifications réalisées en Piémont pour se défendre des invasions françaises, mais il y en eut aussi d'importantes en Val d'Aoste, en Savoie, Ain etc. La multiplication des fortifications n'empêcha pas les invasions, mais pour les touristes qui ont un faible pour les forts, les voies de communication entre la France et le Piémont sont un trésor inépuisable de possibilités de visites.

J.D. 3 décembre 2016

Fenestrelle, image du net (photo Tanette)

Fenestrelle, image du net (photo Tanette)

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24 novembre 2016 4 24 /11 /novembre /2016 17:46

Le Montferrat N°330

 

Le Montferrat (Monferrato en italien) est situé en Italie du Nord, dans le Piémont, à cheval sur les provinces d'Asti et d'Alexandrie (Alessandria), entre le Pô et les Apennins.

C'est un site de collines (point culminant à 716 mètres) surtout connu pour ses vins mais qui eut aussi une souveraineté indépendante et une histoire mouvementée. Les principales villes du Montferrat sont : Asti, Casal (Casale Monferrato), Nice (Nizza Monferrato), Acqui Terme…. Le Monferrato est traversé d'ouest en est par le Tanaro qui est un affluent du Pô sur sa rive droite.

On trouvera jointe une carte de l'Italie en 1494 (trouvée sur internet mais je n'ai pas le nom de l'auteur). Le Montferrat était « coincé » entre le duché de Savoie à l'ouest et au nord, le duché de Milan à l'est et la République de Gênes au sud.

Cette carte montre aussi le morcellement de l'Italie. Je l'ai déjà écrit à plusieurs reprises dans ce blog, mais il faut le répéter : de la fin de l'empire romain d'Occident (en 476), jusque dans les années 1860, l'Italie n'eut pas d'unité, toutes les souverainetés se firent la guerre fréquemment et l'Italie fut considérée comme une proie par les autres nations européennes qui transformèrent durant des siècles, l'Italie en champ de bataille européen.

 

Le Montferrat : Le Monferrat devint un marquisat en l'an 967 au profit d'un membre de la famille Alerame (les Aleramici pour les Italiens) que l'on trouve également dans le marquisat de Saluces.

*A partir de 1305, le marquisat de Montferrat appartint aux Paléologues (famille des empereurs byzantins). C'est à partir de cette date que Casal (Casale Monferrato) devint la capitale du Montferrat ;

*Le Montferrat passa à l'Espagne de 1533 à 1536

*Puis aux ducs de Mantoue (les Gonzague) jusqu'en 1708. Entre-temps, c'est-à-dire en 1574, le marquisat devint Duché de Montferrat.

*La mort, sans descendance, de François de Gonzague duc de Mantoue le 22 décembre 1612 entraîna une guerre de succession (ce qui généra une succession de guerres) entre la Savoie et Mantoue alliée à l'Espagne. Deux traités signés à Asti les 1er décembre 1614 et 21 juin 1615 n'eurent pas de suite et la guerre reprit. La France, le Saint Empire, Venise, Milan s'en mêlèrent. Difficile de démêler entre causes, motifs, prétextes, tout est bon pour justifier la guerre, et ce à travers millénaires et civilisations.

*Finalement la Maison de Savoie récupéra le Montferrat en 3 étapes : 1631, 1708, et Casale Monferrato au traité d'Utrecht en 1713. Cette ville devenue possession de la Maison de Savoie cessa d'être capitale.

*Durant le premier empire, Le Montferrat fut incorporé au département français de Marengo avec pour capitale Alexandrie (Alessandria), puis revint au royaume de Sardaigne après Napoléon et suivit son sort italien.

*Aujourd'hui le territoire du Montferrat mérite la visite, car outre quelques villes, il possède beaucoup de chapelles et de nombreux châteaux témoins des périodes de rivalités et de guerres.

J.D. 24 novembre 2016

carte de l'Italie en 1494

carte de l'Italie en 1494

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19 novembre 2016 6 19 /11 /novembre /2016 12:15

 

 

Saluces (Saluzzo) est une ville italienne située à moins de 50 kms au sud de Turin dans le Piémont (province de Coni)

-A partir de l'an 1125, Saluces fut le siège d'un Marquisat (Marchesato di Saluzzo). 14 marquis se succédèrent. Ils étaient issus d'un famille locale (les Alerame) qui avait été vassale du royaume d'Arles au Xe siècle. Ce marquisat prit fin en 1548. Son existence ne fut pas un long fleuve tranquille compte tenu à la fois de son environnement et du contexte.

-On trouvera en illustration une carte de Saluces et de son environnement vers l'an 1400. Deux puissances s'étaient développées de part et d'autre de Saluces : le Dauphiné à l'ouest et la Maison de Savoie au nord, à l'est et au sud. Deux puissances qui se firent la guerre et pour lesquelles le marquisat de Saluces fut un enjeu.

-Plusieurs événements aggravèrent la situation :

*en 1349, la France récupéra le Dauphiné et c'est une puissance beaucoup importante qui se trouva mitoyenne du marquisat

*en 1388, la Maison de Savoie annexa l'ancien comté de Nice qui lui donna un accès à la mer.

*en 1416, les comtes de Savoie devinrent ducs

*en 1419, ils annexèrent ce qu'ils ne possédaient pas encore dans le Piémont

*en 1562, la Maison de Savoie transféra sa capitale de Chambéry à Turin. Le marquisat de Saluces se trouva sur la liaison de Turin à Nice, ce qui donna une raison à la Savoie pour s'en emparer et à leurs ennemis pour les en empêcher.

-La carte montre également à l'ouest de Saluces la zone de Castellar. Thomas II marquis de Saluces de 1336 à 1357, s'en était emparée et avait fait construire un château qui se visite encore.

-La période est en outre très agitée avec le début des guerres de religion et les nombreuses guerres d'Italie entre France, Espagne et Saint Empire germanique.

-Les marquis de Saluces tentèrent d'amadouer leurs puissants voisins en prêtant allégeance à la fois aux Dauphins et aux Savoie. Mais s'allier en même temps avec deux ennemis n'est pas forcément la meilleure idée.

-En novembre 1486, le duc de Savoie Charles 1er s'empara du marquisat et le conserva jusqu'en 1490 date à laquelle il fut rendu à Ludovic II marquis de Saluces.

- en 1548 c'est la France qui envahit le marquisat et l'annexa en 1549.

-en 1588 le duc de Savoie Charles-Emmanuel 1er prit le marquisat de Saluces à la France ce qui après de nombreuses tractations qui n'aboutirent pas, entraîna l'invasion de la Savoie par les troupes d'Henri IV.

-Vaincu, Charles-Emmanuel 1er dut accepter les conditions imposées par Henri IV, ce fut le traité de Lyon le 17 janvier 1601.

-aux termes de ce traité, la Savoie conservait le marquisat de Saluces mais cédait à la France : la Bresse, le Bugey, le pays de Gex, le Valromey et le Revermont (région à cheval sur le Jura et l'Ain et peu connue parce que n'ayant jamais eu de traduction administrative). Autrement dit Charles-Emmanuel échangea un cheval contre une alouette tant en termes de superficie que de population et de richesse, mais la conservation de Saluces lui permit de ne pas trop perdre la face !

-de la période du marquisat, la ville de Saluces conserve d'intéressants monuments comme la cathédrale, l'église Saint Jean... et le reste du territoire du marquisat plusieurs châteaux.

-de leur côté, les territoires cédés à la France au traité de Lyon possèdent encore d'importantes traces de la période savoyarde. Voir la fiche N°56 http://jean.delisle.over-blog.com/article-savoie-et-maison-de-savoie-99226231.html.

J.D. 19 novembre 2016

localisation du marquisat de Saluces vers l'an 1400, carte de Jean Gallian

localisation du marquisat de Saluces vers l'an 1400, carte de Jean Gallian

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17 novembre 2016 4 17 /11 /novembre /2016 09:17

Italie et philatélie N°328

 

*Le mot « philatélie » est apparu la première fois le 15 novembre 1864 dans la revue « le collectionneur du timbre-poste ». Il s'est très rapidement généralisé.

*La création de timbres est la résultante d'une situation et d'une idée :

-la situation : est celle du dix-neuvième siècle qui a vu un grand développement des échanges suite à la création de nouveaux moyens de transports etc, voir fiche N°88 http://jean.delisle.over-blog.com/article-le-voyage-au-XIXe-siecle-115104495.html

-l'idée : qui a vue le jour en Grande-Bretagne est celle de faire payer l'expéditeur d'un envoi et non plus le destinataire comme c'était le cas auparavant. Concrètement cette idée s'est traduite par l'impression de vignettes à apposer sur les envois et constatant un paiement. Et c'est logiquement en Grande-Bretagne que le premier timbre-poste vit le jour le 6 mai 1840. Il représentait la reine Victoria de profil. L'idée fut adoptée progressivement par tous les autres pays : La Suisse et le Brésil en 1843, les Etats-Unis à compter du 1er juillet 1847 avec l'émission de deux timbres, l'un représentant Benjamin Franklin et l'autre George Washington. Puis, il y eut la Belgique, l'Allemagne, la France en 1849 etc.

La multiplication des émissions, des thèmes, des valeurs, entraîna ceux qui avaient l'âme de collectionneurs à …. collectionner et la création de cercles philatéliques, de catalogues, de journées du timbre, d'expositions etc.

 

Le cas de l'Italie :

Lorsque le mouvement de création de timbres commença, l'Italie était encore divisée en une dizaine de souverainetés, dont certaines eurent des émissions de timbres. L'unité se fit en plusieurs étapes, il y eut des zones d'occupation comme l'Autriche qui garda la Vénétie jusqu'en 1866, mais aussi des territoires occupés par l'Italie comme l'île de Saseno dans l'Adriatique qui appartint à l'Italie de 1923 à 1943 avant d'être rendue à l'Albanie (elle fit l'objet d'une émission de timbres d'Italie surchargés « Saseno »). Puis il y eut la République sociale italienne de Mussolini au nord de l'Italie de 1943 à 1945, qui coexista avec le royaume d'Italie au sud de la péninsule, puis des émissions de timbres des armées d'occupation soit italiennes à l'extérieur soit étrangères en Italie, sans oublier les colonies italiennes, ni le fait que sur le territoire italien il existe encore 2 souverainetés distinctes : Saint Marin et le Vatican qui ont parfois des émissions de timbres sur des sujets italiens. Citons comme exemple San Marino qui édita des séries de timbres consacrées à Garibaldi en 1924, 1932, 1949, 1957 et 1999. Sans oublier non plus le passage de la royauté à la République en 1946 et l'abandon de la lire pour l'euro au 1.1.2002

Pour le collectionneur, la philatélie italienne est, selon ce qu'il en considère, soit un casse-tête soit un vrai paradis. Revue de détail :

 

*Royaume des Deux-Siciles : Celui-ci comprenait la Sicile et la partie sud de l'Italie avec Naples. La monnaie était le ducat. 1 ducat valait 100 grana ou 200 tornese.

Le premier timbre émis dans la partie sud de l'Italie le fut en 1858 et en Sicile en 1859 (représentant le roi Ferdinand II). A partir de l'invasion par Garibaldi et ses chemises rouges et en attendant la proclamation du royaume d'Italie (le 17 mars 1861), il y eut dans l'ancien royaume des Deux-Siciles une émission intermédiaire de timbres en 1860, représentant la Croix de Savoie et en 1861 avec Victor-Emmanuel II en relief.

 

*États pontificaux : Ceux-ci existèrent avant la création du Vatican par les accords de Latran en 1929. Mais les Etats pontificaux avaient une assise territoriale beaucoup plus large que l'actuel Vatican. Une grande partie de ses territoires fut perdue lors de l'unification de l'Italie. Au temps des États pontificaux, la monnaie était le scudo qui valait 100 baiocchi.

Les premiers timbres émis par les Etats pontificaux le furent en 1852. A partir de 1868 les États pontificaux adoptèrent la lire italienne comme monnaie.

 

*Lombardie-Vénétie : Le royaume lombard-vénitien dépendant de l'Autriche a été formé dans la foulée du congrès de Vienne en 1815. Puis la Lombardie a rejoint le royaume de Sardaigne en 1859 suite à la guerre contre l'Autriche (alliance de Napoléon III avec Victor-Emmanuel II) et la Vénétie en 1866 a été récupérée par le nouveau royaume d'Italie suite à la guerre contre l'Autriche où l'Italie s'était cette fois alliée à la Prusse. Le premier timbre dans ce royaume a été émis en 1850. La dernière émission en Vénétie date de 1864. Il y eut des émissions en monnaie autrichienne avec 1 gulden = 60 kreuzer jusqu'en 1858 puis 1 gulden = 100 kreuzer ensuite. Il y eut également des émissions où 1 fiorino = 100 soldi. Le fiorino étant en parité avec le gulden et les soldi avec les kreuzer.

 

*Duché de Modène et Reggio: Le duché de Modène vit le jour le 18 mai 1452, lorsque Frédéric III empereur du Saint empire romain germanique donna un titre de duc de Modène à la famille d'Este. Ce duché fut intégré au royaume d'Italie fondé par Napoléon en 1805, puis retrouva sa souveraineté à la chute de Napoléon, jusqu'à son rattachement au royaume de Sardaigne en 1859.

La principale monnaie utilisée dans ce duché était le scudo avec 1 scudo = 4 lires.

La première émission de timbres date de 1852. Une émission de timbres avec la croix de Savoie se fit en 1859 au nom d'un « gouvernement provisoire » tandis que les timbres du royaume de Sardaigne commençaient à être utilisés dans une partie du duché.

 

*Duché de Parme et de Plaisance : Un duché fut créé en 1545 par le pape Paul III pour la famille Farnèse (dont ce pape faisait partie). Cette famille conserva le duché jusqu'en 1731, date à laquelle il passa au pouvoir d'une branche des Bourbons d'Espagne qui devinrent « Bourbon-Parme ». Le territoire devint le département français du Taro de 1808 à 1814. Puis le 11 avril 1814 (5 jours après la première abdication de Napoléon), Marie-Louise reçut le titre de duchesse de Parme, Plaisance et Guastalla. Elle administra son territoire avec sagesse sous le contrôle de l'Autriche jusqu'à sa mort le 17 décembre 1847. Elle fut remplacée par un Bourbon-Parme : Charles III qui mourut assassiné le 27 mars 1854. Il y eut alors une régence , puis un gouvernement provisoire jusqu'à la réunion de ce duché avec le royaume de Sardaigne en 1859.

La principale monnaie utilisée fut le Zecca sous les Farnèse puis différentes monnaies dont la lire ensuite.

La première émission de timbres dans ce duché date de 1852, puis il y eut une nouvelle émission sous la Régence de 1857 à 1859 ainsi que sous le gouvernement provisoire en 1859.

 

*La Romagne : Il s'agit d'un région autour de Ravenne qui devint un duché en mai 1501 avec César Borgia comme premier duc. Après la mort de César Borgia le 12 mars 1507, la Romagne fut intégrée aux États pontificaux. Après la parenthèse française au temps de Napoléon, la Romagne revint à la papauté mais s'en affranchit et rejoignit le royaume de Sardaigne en mars 1860.

Il n'y eut qu'une seule émission de timbres en Romagne en 1859 libellée en baiocchi

 

*Royaume de Sardaigne : Dans la continuité, il y eut le comté de Savoie (XIe siècle), le duché de Savoie (1416) le royaume de Sicile (1713), le royaume de Sardaigne (1720, capitale à Turin) qui devint royaume d'Italie en 1861.

Le premier timbre émis dans ce royaume le fut en 1851, il représentait Victor-Emmanuel II, puis il y eut d'autres émissions en 1853, 1854, 1855 et la dernière en 1861. Ils étaient libellés en lires et centimes de lire. Ils furent utilisés dans toutes les parties du royaume et dans les nouveaux territoires au fur et à mesure de leur annexion. Ils servirent également en Tunisie et à Alexandrie (Egypte).

 

*Toscane : Le Grand duché de Toscane exista de 1569 à 1801 puis de 1815 à 1859. Il succéda au duché de Florence qui avait été créé en 1532 par le pape Clément VII pour Alexandre de Médicis. Ce duché récupéra le territoire de la République de Sienne en 1554 et le duché de Lucques en 1847.

Il y eut des émissions de timbres du Grand Duché de Toscane en 1851, 1854, 1857. La monnaie en vigueur était les crazie divisés en soldi et en quattrini avec cette équivalence : 12 crazie = 20 soldi = 60 quattrini

En 1860, il y eut une émission du gouvernement provisoire représentant la croix de Savoie.

 

*Fiume : Fiume est l'ancien nom de la ville Croate de Rijeka. Cette ville fut envahie par Gabriele d'Annunzio et ses partisans le 12 septembre 1919, qui voulait annexer cette ville au royaume d'Italie qui refusa le cadeau. D'Annunzio proclama le 8 septembre 1920  la « Reggenza Italiana del Carnaro ». Menacé d'Annunzio renonça. En décembre 1920 la Régence se transforma en « Etat libre de Fiume » puis le 22 février 1924, le royaume d'Italie se décida et prononça l'annexion de Fiume à l'Italie qu'il dut céder à la Yougoslavie dans les accords après la seconde guerre mondiale.

Dès 1919, des timbres furent émis sous l'intitulé « Fiume » ou « poste di Fiume ». Certains timbres de Fiume ou du royaume d'Italie furent surchargés : « Reggenza Italiana del Carnero »,  « Governo Provvisorio », « Costituente Flumana », « Annessione all Italia », « Regno d'Italia » avec la Croix de Savoie. A partir de l'annexion officielle par l'Italie en 1924, la zone de Fiume utilisa des timbres italiens.

 

*Îles d'Arbe et Veglia : Il s'agit de deux îles de l'Adriatique qui ont appartenu au royaume d'Italie des années 1920 jusqu'à la fin de la seconde guerre mondiale avant d'être cédées à la Yougoslavie. En changeant de patrie, elles ont changé de nom : Arbe est devenue l'île de Rab et Veglia l'île de KRK. Durant la période italienne, il y eut utilisation des timbres émis à Fiume avec la surcharge « ARBE » pour Arbe et « VEGLIA » pour Veglia

 

*Campione : il s'agit d'une enclave italienne en territoire suisse, au bord du lac de Lugano, qui fit l'objet d'une émission particulière de timbres en 1944 avec la double inscription « poste italiane » et « Campione », tous en outre avec la croix de Savoie .

 

*Kupa : il s'agit d'une partie de la Croatie qui fut occupée par les forces italiennes durant la seconde guerre mondiale. Dans cette zone il y eut utilisation de timbres yougoslaves surchargés avec les mentions : « ZONA OCCUPATA FIUMANO KUPA », « ZOFK » (abréviation de la mention précédente), « O.N.M.I » (Opera Nationale Maternita Infanzia), ou « MEMENTO ADVERE SEMPER » (souviens-toi d'essayer toujours) avec la surcharge « BUCCARI » (aujourd'hui Bakar en Croatie).

 

*Trente, Trieste et le Trentin : Cette zone appartint à l'Autriche puis fut transférée au royaume d'Italie par les traités concluant la première guerre mondiale. La ville de Trieste fut prise par la Yougoslavie en 1945, érigé en « territoire libre de Trieste » en 1947 et revint à l'Italie en 1954. Les émissions de timbres commencèrent dès 1919, mais avec des timbres d'Italie surchargés pour Trieste et Trente et avec des timbres autrichiens surchargés pour le Trentin. En 1944/1945, à Trieste, des timbres de la République Sociale Italienne furent surchargés pendant l'occupation yougoslave.

Durant la période 1947/1954, des timbres italiens furent utilisés avec la surcharge : « AMG-FTT » (Allied Military Government-Free Triest Territory) soit : Gouvernement militaire allié, territoire libre de Trieste.

 

*Udine : dans cette ville du Frioul, une seule émission de timbres eut lieu en 1918 pendant l'occupation autrichienne de la ville, et ce à l'initiative de la municipalité et sous l'appellation : « Municipio di Udine »

 

*Vénétie-Julienne : Cette région de l'Italie fut récupérée à l'occasion de la guerre contre l'Autriche en 1866. Les premiers timbres y furent émis en 1919. Ce furent des timbres autrichiens des années 1916/1918 surchargés « Regno d'Italia Venezia Giulia » ou des timbres italiens des années 1901/1917 avec la même surcharge.

 

*L'Italie : Lors de la proclamation du royaume d'Italie en 1861, la capitale resta d'abord à Turin puis fut transférée à Florence en 1866 et à Rome après la récupération de cette ville fin 1870. La monnaie adoptée fut la lire divisée en centimes. Les émissions de timbres du royaume d'Italie commencèrent en 1862 avec Victor-Emmanuel II comme premier sujet, puis Humbert 1er à compter de 1879, Victor-Emmanuel III à partir de 1901. Le dernier roi d'Italie, Humbert II n'apparaît en émission de timbres qu'à l'occasion de son mariage en 1930. Il y eut des émissions de timbres avec la Croix de Savoie comme motif décoratif en 1889, 1891, 1928, 1930, 1934. La croix de Savoie apparaît également sur beaucoup d'autres timbres pendant toute la royauté, c'est-à-dire jusqu'en 1946.

Garibaldi semble avoir été un sujet d'inspiration particulier pour la philatélie italienne puisque l'on trouve Garibaldi sur des timbres ou séries de timbres en 1910, 1932, 1938, 1957, 1959, 1982. Deux timbres furent également consacrés à Anita Garibaldi en 1932.

 

*La République sociale italienne (RSI) : En septembre 1943, Mussolini créa la République Sociale italienne dans le nord de l'Italie. Sur les circonstances et modalités voir la fiche N°43 http://jean.delisle.over-blog.com/article-les-republiques-italiennes-75683488.html

*L'administration de cette République utilisa d'abord des timbres italiens surchargés soit avec la mention « REPUBBLICA SOCIALE ITALIANA », soit avec les faisceaux soit avec les deux. Il y eut ensuite des émissions de timbres propres à la RSI. Pendant le même temps, il y eut dans le sud de l'Italie puis sur une partie de plus en plus importante du territoire au fur et à mesure de l'avancée des Alliés des émissions de timbres soit en utilisant des timbres italiens surchargés soit des émissions spéciales pour les forces alliées. Les surcharges utilisées furent : « Governo militare alleato » (gouvernement militaire allié) ; « CLN » (Comité de Libération nationale qui avait été créé à Rome le 9 septembre 1943) ; « GNR » (Guardia Nazionale Repubblicana) ; « AMG VG » (Allied Military Government Venezia Giulia).

Avant la débâcle pour les fascistes, il y eut également des émissions de timbres dans des zones occupées par l'armée italienne, spécialement en Pologne et en France dans la région de Bordeaux.

On trouve également tout une série de timbres émis en 1918 pour l'occupation austro-hongroise de l'Italie, ainsi que des timbres pour l'occupation yougoslave de Trieste émis en 1945 par surcharge de timbres de la RSI.

 

*Colonies italiennes : voir la fiche N° 320 http://jean.delisle.over-blog.com/2016/10/l-empire-colonial-italien-n-320.html

 

*illustration : on trouvera en illustration quelques exemples de timbres, de gauche à droite :

-timbre italien surchargé avec le faisceau fasciste

-timbre italien surchargé avec la mention « Repubblica sociale italiana »

-timbre italien surchargé avec le faisceau et la mention

-deux timbres de la RSI

-deux timbres « CLN » pour la zone d'Aoste, dont l'un de la RSI surchargé

-timbre italien surchargé « repubblica sociale italiana Base Atlantica » (Bordeaux)

-timbre d'occupation italienne en Pologne

-timbre de la RSI surchargé pendant l'occupation yougoslave de Trieste

-deux timbres du royaume d'Italie surchargés « GNR »

-un timbre italien surchargé « governo militare alleato »

-deux timbres italiens surchargés « AMG VG »

 

*Conclusion : la philatélie reflète souvent l'histoire des pays concernés. Celle de l'Italie correspond à un pays qui fit son unité très tardivement et au prix de lourds sacrifices : 3 guerres contre l'Autriche : 1849, 1859, 1866, plus les guerres coloniales, la guerre contre l'empire ottoman en 1911 et dans la foulée les deux guerres mondiales.

Italie rime donc vraiment avec philatélie ou Italia avec filatelia.

J.D. 17 novembre 2016

 

 

timbres italiens

timbres italiens

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10 novembre 2016 4 10 /11 /novembre /2016 17:43

ASTI N° 327

 

Asti, ville italienne du Piémont de plus de 75.000 habitants, est surtout connue pour les vins qui portent son nom, mais, située à la confluence de plusieurs souverainetés, elle possède aussi un passé historique aussi compliqué qu'important. En voici un aperçu :

*Dans l'Antiquité, la région fut occupée par les Ligures (peuple celtique antique qui a donné son nom à la Ligurie).

*En l'an 124 avant notre ère, les Romains y établirent un camp fortifié qui reçut le nom de Hasta (l'hasta désignait le javelot des légionnaires romains; un soldat nommé Gaius Minucius, premier hastaire de la quatrième légion est resté célèbre dans l'histoire romaine pour avoir blessé et renversé un éléphant de Pyrrhus à la bataille d'Héraclée, sur le golfe de Tarente, en 280 avant notre ère). Le nom d'Asti est donc dérivé du javelot romain. Ce camp romain avait été installé au nord de la rivière Tanaro, qui arrose toujours la banlieue sud de la ville. C'est un affluent du Pô sur sa rive droite qui parcourt 276 kms avant de rejoindre le fleuve.

*En l'an 402 de notre ère, Flavius Honorius (empereur de 393 à 423) se réfugia à Asti qui fut assiégée par les Wisigoths. La ville fut libérée grâce à la victoire de renforts romains amenés par le général Stilicon.

*Au VIe siècle, la ville passe sous le contrôle des Lombards puis des Francs en l'an 774

*En l'an 843, au traité de Verdun, la région d'Asti se retrouve dans la Lotharingie.

*En 1066, Henri IV empereur germanique épouse Berthe fille d'Adélaïde de Suse et d'Othon comte de Savoie. Cela renforce l'influence germanique sur l'Italie du Nord.

*En février 1155, les troupes de Frédéric Barberousse incendient la ville d'Asti

*En 1314, elle passe sous le contrôle du roi de Naples puis sous celui des Visconti de Milan en 1342

*Le 17 août 1389, Valentine Visconti épouse Louis de France duc d'Orléans (fils du roi de France Charles V et frère de Charles VI). Les autorités françaises délèguent l'administration d'Asti aux marquis de Saluces.

*10 décembre 1508, au traité de Cambrai, c'est le saint Empire romain germanique qui récupère Asti et rétrocède la ville au roi de Naples.

*29 septembre 1521 : le mariage du duc de Savoie Charles (II ou III selon les documents) avec Béatrice (fille de Manuel 1er de Portugal et de Marie d'Aragon), donne Asti à la Maison de Savoie. La ville devient espagnole dans les années 1630, puis française de 1703 à 1705, puis à nouveau savoyarde jusqu'en 1745 où elle redevient française puis encore savoyarde en 1746.

*Une République éphémère voit le jour du 28 au 30 juillet 1797 puis la ville est envahie par les troupes françaises.

*Napoléon visite Asti le 29 avril 1805. La ville est alors rattachée au département français de Marengo jusqu'en 1814 où elle est rendue au royaume de Sardaigne (capitale à Turin) avant d'être intégrée à l'Italie réunifiée.

*La ville est le chef-lieu de la province qui porte son nom et qui a été constituée en 1935 par détachement de la province d'Alessandria. A noter que ville d'Asti, province d'Asti et région Piémont ont toutes les trois la croix de Savoie dans leurs armoiries.

 

Asti aujourd'hui :

Comme on le voit l'histoire de la ville fut mouvementée et encore, le détail est beaucoup plus complexe que le résumé que j'en ai fait. Cela ne l'empêcha pas de prospérer, des bâtiments somptueux d'y être construits (comme la cathédrale du XIIIe/XIVe siècles, la collégiale San Secondo avec un campanile du XIe siècle, le complexe San Pietro du XIIe siècle…)

Au Moyen Age les grandes familles rivalisèrent dans la construction de palais avec des Tours qui se voulaient plus hautes et plus belles les unes que les autres. La ville compta ainsi jusqu'à 120 tours et fut surnommée : « la ville aux cent tours ».

Beaucoup de ces tours ont disparu mais il reste tout de même de beaux exemples, voir illustration.

La ville possède plusieurs musées, de belles places et beaucoup d'animation dont le Palio la troisième semaine de septembre, qui est le plus ancien d'Italie et qui est censé commémorer la bataille d'Alba au treizième siècle.

Conclusion : la ville... des tours, mérite le ...détour.

J.D. 10 novembre 2016

3 tours d'Asti, photos J.D. 6 novembre 2016
3 tours d'Asti, photos J.D. 6 novembre 2016
3 tours d'Asti, photos J.D. 6 novembre 2016

3 tours d'Asti, photos J.D. 6 novembre 2016

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8 novembre 2016 2 08 /11 /novembre /2016 17:17

Umberto I à Asti N° 326

 

On trouvera en illustration la statue équestre d'Umberto primo (Humbert premier) second des 4 rois d'Italie qui se succédèrent entre 1861 (proclamation du royaume d'Italie) et 1946 (instauration de la République italienne)

Cette statue se trouve Piazza Cairoli à Asti, très belle ville du Piémont à une cinquantaine de kms de Turin sur l'axe Torino-Alessandria.

 

Umberto :

*Fils de Marie-Adélaïde de Habsbourg-Lorraine et de Victor-Emmanuel II, il naquit le 14 mars 1844 à Turin.

*Lors de la guerre de 1866 contre l'Autriche, Umberto partit au front et connut sa première épreuve du feu le 24 juin 1866 à Villafranca.

*Il épousa sa cousine Margherita (1851/1926) le 21 avril 1868. Sur leurs liens de parenté voir le tableau annexé à la fiche N° 208 http://jean.delisle.over-blog.com/2014/12/l-italie-terre-de-rois-n-208.html

*Cette reine fut très célèbre en Italie (voir fiche N°66 http://jean.delisle.over-blog.com/article-histoire-de-la-maison-de-savoie-59295182.html).

*Avec Umberto, elle eut juste un fils, né le 11 novembre 1869 et qui devint le roi Victor-Emmanuel III (roi de 1900 à 1946)

*Après le décès de Victor-Emmanuel II, Umberto fut couronné roi d'Italie le 9 janvier 1878.

*Le 17 novembre 1878, alors qu'il se trouvait à Naples, avec la reine, leur fils et Benedetto Cairoli, premier ministre, un anarchiste nommé Giovanni Passanante poignarda le roi et son 1er ministre. Les blessures ne furent pas mortelles. Mais le geste de Passanante entraîna des troubles anarchistes dans une grande partie du pays

*Benedetto Cairoli (1825/1889) qui avait accompagné Garibaldi lors de l'expédition des Mille, fut 2 fois Président du Conseil et une fois président de la chambre des députés (Camera dei deputati). A Asti, il est plutôt sympathique que la place où se trouve la statue du roi, porte le nom de son compagnon d'infortune à Naples.

*Umberto fut l'objet d'une seconde tentative d'attentat à Rome le 22 avril 1897. Un nommé Acciarito voulut lui aussi poignarder le roi, mais son coup porta dans le vide.

*Si Umberto échappa 2 fois au poignard, il fut assassiné de 3 balles de revolver le 29 juillet 1900 à Monza (dans la banlieue nord de Milan) par un autre anarchiste nommé Gaetano Bresci. Ce Bresci voulut venger les victimes de Milan. Une manifestation fut réprimée et le 9 mai 1898, l'armée avait tiré dans les manifestants, faisant beaucoup de victimes.

*Umberto fut inhumé au Panthéon à Rome où la reine Margherita le rejoignit lorsque ce fut son heure en 1926.

J.D. 8 novembre 2016

Umberto I à Asti, photos J.D. 6 novembre 2016
Umberto I à Asti, photos J.D. 6 novembre 2016

Umberto I à Asti, photos J.D. 6 novembre 2016

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