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4 novembre 2016 5 04 /11 /novembre /2016 17:17

Venise et les fêtes N°325

 

Si le carnaval de Venise est mondialement réputé, il y a d'autres fêtes traditionnelles dans la cité des doges qui sont moins connues. En voici un aperçu :

 

Fête de la Senza (ascension en vénitien)

Cette fête aurait débuté en l'an 997 mais sa célébration fut fixée le jour de l'Ascension en 1173 par le doge Sebastian Ziani. Trois ans plus tard (donc en 1176) le pape Alexandre III remit à ce doge un anneau d'or comme symbole des épousailles de Venise avec la mer.

Depuis, chaque année à l'Ascension, le doge se rendait en grande pompe et avec nombreuse compagnie de Venise à San Nicolo di Lido (un des lieux de jonction entre la lagune de Venise et l'Adriatique) et jetait un anneau d'or dans la mer avec cette formule : « Desposamus te, mare, in signum veri perpetuique domini » (nous t'épousons, mer, en signe de véritable et perpétuelle domination).

Cette cérémonie se déroula jusqu'en 1797 date de la conquête de Venise par Bonaparte. Elle fut reprise par la municipalité de Venise depuis 1965.

Le doge se déplaçait pour cette cérémonie à bord du « Bucetaure » somptueux navire d'apparat, accompagné de nombreux notables de Venise. Le dernier exemplaire du Bucentaure fut construit dans les chantiers navals de Venise en 1728. Ce dernier navire mesurait 34,80 mètres de long sur 7,30 de large et 8,50 mètres de haut. Il était actionné par 168 rameurs (à raison de 4 par rame). Il fut détruit le 9 janvier 1798 par les soldats de Bonaparte. Une maquette de ce navire se trouve au musée naval de Venise, voir illustration.

En 2008, la reconstruction de ce Bucentaure de 1728 a commencé. La France a offert 800 chênes venus d'Aquitaine pour cette reconstruction, peut-être en réparation de la destruction par des soldats français.

La prochaine fête de la Senza est prévue le 28 mai 2017.

 

Fête de la Vogalonga (longue course)

Il s'agit de régates vénitiennes féminines et masculines, organisées depuis 1974 et qui partent du palais des doges pour arriver à la Dogana da Mar en passant par le Grand Canal, Burano et Murano.

Elles se déroulent traditionnellement le dimanche suivant la Pentecôte mais peuvent être le même dimanche que la fête de la Senza.

En 2016, cette course s'est déroulée du 14 au 16 mai, ce qui correspondait avec la Pentecôte, et a regroupé 1800 bateaux et 7.000 participants pour un parcours de 32 kms. Le coup d'envoi est donné par un canon depuis l'île de San Giorgio.

En 2017 l'épreuve est prévue le 4 juin.

 

Fête du Redentore (rédempteur)

En 1575, 1576, une épidémie de peste fit un grand carnage dans la population vénitienne. Le 4 septembre 1576, le Sénat délibéra pour la construction d'une église dédiée au Christ Rédempteur sur l'île de la Giudecca afin d'arrêter la peste, ce qui finit par se faire.

Depuis 1577, chaque troisième week-end de juillet se déroule la fête du Rédempteur.

Le samedi soir, la population assiste à un feu d'artifice tiré depuis l'île de la Giudecca. Le dimanche matin, il y a messe solennelle dans l'église du Rédempteur. De tradition un pont de bateaux était construit pour permettre le passage à pied depuis le quai Zaterre jusqu'à l'île. Dans les temps plus récents, c'est le génie de l'armée italienne qui installe un pont métallique de type Bailley.

Après la messe ont lieu des régates de « Gondolini » (gondoles de courses à 2 rameurs) et de Pupparini (bateaux de surveillance maritime). En 2016 , 1500 bateaux ont participé à ces régates en présence de 30.000 spectateurs.

 

Regata storica : (régate historique)

Celle-ci se déroule le premier dimanche de septembre depuis le XIIIe siècle, époque où beaucoup de navires étaient encore à rames et ces régates permettaient de stimuler les marins rameurs par l'organisation de concours. La prochaine aura lieu le 3 septembre 2017.

 

La San Martino (Saint Martin) :

Elle est fêtée chaque année le 11 novembre. Les enfants vont de porte en porte réclamer des bonbons, ce qui peut faire penser à Halloween.

 

La fête des Marie(s) :

Vers l'an 943, 12 jeunes filles vénitiennes furent enlevées par des pirates dans l'église San Pietro du Castello. Ils furent poursuivis, les jeunes filles récupérées et ramenées triomphalement à Venise. L'événement a été commémoré chaque année le 2 février jusqu'en 1380, puis rétabli en 1999. Depuis, à cette occasion, 12 Marie(s) et 24 demoiselles d'honneur sont élues après un cortège en costumes du XIVe siècle, qui va de l'église San Pietro à San Marco.

 

Le marathon de Venise :

Celui-ci va de Stra à Venise via la Riviera del Brenta. La dernière manifestation s'est déroulée le 23 octobre 2016.

 

Su e Zo per i Ponti : il s'agit encore d'un marathon mais à travers les ponts et ruelles de Venise. Le prochain aura lieu le 2 avril 2017.

 

Madonna della Salute :

Cette fête commémore chaque 21 novembre la grande peste de 1630, et suite à un vœu qui entraîna la construction de l'église de la Salute. Là encore un pont de bateaux est installé pour permettre le passage jusqu'à La Salute.

 

Et le carnaval ?:

Celui-ci est vraiment très connu, je rappellerais seulement que la première organisation comme fête avant les rigueurs du carême remonte probablement à l'an 1094 au temps du doge Vitale Faliero. Mais c'est en 1269 que le Sénat de Venise reconnut officiellement le carnaval en vertu du principe : « Semel in anno licet insanire » (une fois par an il est permis d'être fou).

 

Pour conclure :

Comme on le voit les autorités de Venise et leurs services du tourisme ont su conserver les anciennes traditions et même récupérer celles qui avaient été abandonnées faisant de Venise une ville de fêtes très fréquentes pour ne pas dire permanentes.

J.D. 4 novembre 2016

 

 

 

maquette du Bucentore, image du net

maquette du Bucentore, image du net

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3 novembre 2016 4 03 /11 /novembre /2016 18:18

L'Acqua alta et Mose à Venise N° 324

 

*Mose est l'abréviation de : « Modulo Sperimentale Elettromeccanico ». Ce sigle est bien trouvé puisque en italien Mose signifie Moïse (le sauvé des eaux)

*L'Acqua alta en traduction littérale est : « l'eau haute ». Celle-ci se définit par rapport à une hauteur témoin définie en 1897 et appelée : « zero mareografico di Punta della Salute ».

*L'Adriatique se termine dans sa partie nord par un cul-de-sac dans lequel se trouve Venise. La lagune de Venise communique avec l'Adriatique par trois passes : la passe du Lido au nord, celle de la Choggia au sud et celle de Malamocco entre les deux.

*Sous l'effet conjugué des grandes marées, du vent… l'eau peut monter et envahir Venise. Le phénomène n'est pas nouveau puisque dans les annales de la Ville on trouve des montées d'eaux très importantes en 1283, 1442, 1600, 1867….

*Mais tous les travaux effectués au vingtième siècle, spécialement, mais pas que, le « canale dei Petroli » pour relier Malamocco au pôle pétrochimique de Marghera, effectué dans les années 1960, ont aggravé la situation. C'est le 4 novembre 1966 qu'a été mesuré le record de hautes eaux à Venise avec 1,94 mètres au dessus de la morne établie en 1897.

*De façon plus générale, on enregistrait en moyenne 5 phénomènes annuels dépassant 1,10 mètres dans les années 1920, 10 dans les années 1950, 30 dans les années 1960, et plus de 50 depuis le début des années 2000. C'est principalement dans la période d'octobre à février que se situent les « hautes eaux ».

*Depuis le début du vingtième siècle Venise s'est enfoncée d'environ 25 cms pendant que lentement mais sûrement, sous l'effet du réchauffement climatique, les eaux montent.

*L'exceptionnelle crue du 4 novembre 1966 a amené le gouvernement italien a promulguer une loi spéciale de protection de Venise le 16 avril 1973. A la suite de quoi s'est formé en 1982 un consortium comprenant une cinquantaine d'entreprises est appelé « Venezia nuova ». Parallèlement une comité de coordination (comitatone) a été constitué sous l'autorité du premier ministre. Ce comité a pris le consortium « Venezia nuova » comme maître d’œuvre du projet. Ce consortium travaillant avec toutes les autorités italiennes et des experts internationaux a mis au point tout un programme comportant la pose de 78 digues articulées permettant de fermer les 3 passes en 30 minutes à chaque montée des eaux, avec la réalisation d'une écluse dans la passe de Malamocco pour permettre le passage des navires. Cela est possible parce que le fond marin est peu profond à cet endroit.

*Mais à cela s'ajoutent : le renforcement de 65 kms de plages, la surélévation de 100 kms de rives habitées et de 11 kms de quais et la réalisation de 8 kms de dunes côtières et de 12 îlots lagunaires. Le tout sous l'autorité du ministère des travaux publics etc.

*Les travaux ont commencé en 2003 et sont très largement avancés. Le coût total prévisionnel des travaux est de 5,5 milliards d'euros.

*début juin 2014, 35 personnes ont été interpellées à Venise dont le maire de la ville (Giorgio Orsoni) et le gouverneur de la région (Maurizio Galan) pour pots de vin…

*Enfin ajoutons que le programme protège Venise jusqu'à des hautes eaux de 3 mètres.

J.D. 3 novembre 2016

plan de la lagune de Venise, image du net

plan de la lagune de Venise, image du net

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25 octobre 2016 2 25 /10 /octobre /2016 20:04

 

C'est le 1er août 1589 que Jacques Clément (moine dominicain au couvent des Jacobins à Sens) assassina Henri III roi de France au château de Saint-Cloud. Cela entraîna la fin de la dynastie des Valois commencée en 1328 par le règne de Philippe VI de Valois neveu de Philippe IV le Bel.

 

La guerre des trois Henri :

Il s'agit de Henri III roi de France, de Henri III roi de Navarre (qui devint Henri IV roi de France) et d'Henri duc de Guise dit Henri le Balafré.

Outre de s'appeler Henri, ils eurent au moins deux autres points communs :

-ils avaient tous trois des rois de France dans leurs ancêtres et pouvaient prétendre tous trois au trône de France : Henri III roi de France était le fils d'Henri II et le petit-fils de François 1er ; Henri de Navarre descendait du roi Louis IX (Saint Louis) par son père Antoine de Bourbon ; et Henri de Guise était par sa mère (Anne d'Este) descendant de Louis XII roi de France.

-d'avoir été assassinés tous les trois : Henri de Guise au château de Blois le 23 décembre 1588 sur ordre de Henri III roi de France ; cet Henri III par Jacques Clément et Henri IV par Ravaillac le 14 mai 1610.

 

*Henri III roi de France : Fils du roi de France Henri II et de Catherine de Médicis, il naquit à Fontainebleau le 19 septembre 1551.

Après la mort d'Henri II en juillet 1559, 3 de ses fils lui succédèrent : François II du 10 juillet 1559 au 5 décembre 1560, Charles IX roi de 1560 à sa mort le 30 mai 1574, puis Henri III de la mort de Charles IX à sa propre mort. En fait Catherine de Médicis garda un pouvoir réel jusqu'à sa propre mort le 5 janvier 1589.

Ces règnes se déroulèrent sous un double conflit : entre catholiques et protestants (les guerres de religion) mais aussi entre deux branches des Capétiens : les Valois et les Bourbons.

-Luther puis Calvin répandirent dès le début du seizième siècle leur nouvelle doctrine. C'est dans les mêmes moments (dans les années 1530) mais pour d'autres raisons, que l’Église d'Angleterre se sépara de Rome. Tout cela mit l’Église sur la défensive et divisa profondément les États.

Henri II roi de France avait commencé à freiner l'expansion protestante par diverses ordonnances.

-A Wassy en Haute-Marne, des protestants furent massacrés le 1er mars 1562 par les soldats de François de Lorraine duc de Guise (et père d'Henri le Balafré). A la suite de quoi les protestants s'armèrent ; ce fut le début des guerres de religions en France avec des premières batailles à Rouen en octobre 1562, puis à Dreux en décembre de la même année. Tout cela aboutissant à la Saint Barthélémy le 22 août 1572. Mais il serait trop simple de croire qu'il n'y eut que des protestants massacrés ainsi à Nîmes le 30 septembre 1567, 200 catholiques furent massacrés par des protestants.

Catherine de Médicis tenta de concilier les problèmes dynastiques, religieux et la politique étrangère. Anglais et Allemands soutenaient les protestants français tandis que l'Espagne et le Vatican encourageaient les catholiques. Elle varia plusieurs fois d'attitude vis-à-vis des protestants, ce qui n'arrangea rien, mais difficile de lui en faire grief tellement le contexte était compliqué.

Pendant que Charles IX était encore roi de France, elle parvint à faire élire Henri comme roi de Pologne le 11 mai 1573. Il n'arriva à Cracovie que le 18 février 1574 et fut couronné roi le 21 février. Mais à la suite de la mort de son frère, il s'enfuit de Pologne le 18 juin 1574 et revint en France pour devenir le roi Henri III. Les problèmes dynastiques étaient aigus car François II et Charles IX étaient morts avant d'avoir eu des enfants et Henri III malgré son mariage avec Louise de Lorraine le 15 février 1575 et de nombreuses maîtresses, resta lui aussi sans enfants.

La peur des Guise, qui tenaient la ligue, entraîna une alliance entre Henri III roi de France et Henri III roi de Navarre (traité entre ces deux Henri le 3 avril 1589).

Les principaux chefs des protestants furent : l'amiral Coligny (premier assassiné lors de la Saint Barthélemy) Louis de Bourbon prince de Condé (oncle paternel de Henri III roi de Navarre), assassiné à Jarnac le 13 mars 1569 et le roi de Navarre futur Henri IV roi de France.

Pour les catholiques les principaux chefs furent : Antoine de Bourbon (père du futur Henri IV) tué au siège de Rouen, François de Lorraine duc de Guise (père de Henri le Balafré) assassiné au siège d'Orléans le 24 février 1563 ; Henri de Guise le Balafré et son frère cardinal, tous les deux assassinés les 23 et 24 décembre 1588. La période des 3 Henri fut particulièrement fertile en assassinats.

 

Henri III roi de Navarre :

Henri III roi de Navarre qui devint Henri IV roi de France est déjà évoqué dans plusieurs notes de ce blog voir spécialement la note N° 317 http://jean.delisle.over-blog.com/2016/09/henri-iv-et-le-bugey-n-317.html.

Il reste probablement dans l'opinion publique comme l'un des rois les plus populaires de l'histoire de France ; peut-être à cause des répliques qui lui sont attribuées comme : « Paris vaut bien une messe », « la poule au pot tous les dimanches », « ralliez-vous à mon panache blanc ».. .

 

Henri de Guise :

Il naquit le 31 décembre 1550, fils de François de Guise et d'Anne d'Este petite-fille du roi de France Louis XII et d'Anne de Bretagne.

Il succéda à son père comme chef du parti catholique, participa à de nombreuses batailles contre les protestants ainsi qu'à la Saint Barthélemy.

Sous le règne de Charles IX marié à Marie Stuart, reine d’Écosse et nièce d'Henri de Guise, les Guise eurent beaucoup d'influence.

Henri de Guise entra dans Paris le 8 mai 1588. Henri III alors roi de France, craignant un soulèvement envoya des troupes, ce qui entraîna cette fois un soulèvement (journée des barricades du 12 mai 1588), obligeant Henri III à fuir la capitale.

Henri III roi de France n'avait en 1588 pas d'héritiers, ce qui pouvait amener Henri III roi de Navarre alors protestant sur le trône de France, ce dont ne voulaient pas les catholiques. Henri III roi de France fit mine d'accepter leurs revendications, convoqua des États-Généraux à Blois, y fit venir Henri de Guise et le fit assassiner ainsi que son frère cardinal de Lorraine.

 

Jacques Clément :

Né d'une famille de paysans dans l'Yonne probablement en 1567, Jacques Clément devint moine chez les dominicains. A la suite de l'assassinat du duc de Guise et de son frère cardinal, une grande haine contre Henri III roi de France s'empara du clan catholique d'autant que le pape excommunia Henri III roi de France. Ce Jacques Clément un peu extrémiste parvint à rencontrer Henri III qui était alors à Saint Cloud pour assiéger Paris et le poignarda. Il fut immédiatement tué par les gardes d'Henri III, son cadavre fut écartelé, puis brûlé et jeté dans la Seine. Pour le clan catholique de l'époque il fut un héros et un martyr.

 

Le château de Saint Cloud

Saint-Cloud fait partie de l'agglomération parisienne, dans le département des Hauts de Seine, à l'ouest de Paris.

Catherine de Médicis fit don d'une maison située à Saint-Cloud à une famille de Florentins nommés Gondi arrivés en France en 1543. Sur l'emplacement ils firent construire un premier château à partir de 1577. Il fut acheté en 1658 par Louis XIV pour son frère (duc d'Orléans) qui fit agrandir le château. Louis XVI le racheta pour Marie-Antoinette en octobre 1784 qui y fit faire travaux et aménagements. C'est dans ce château (dans l'orangerie) qu'eut lieu le coup d’État du 18 brumaire, puis, dans le château lui-même, la proclamation du premier empire le 18 mai 1804, du second empire le 1er décembre 1852 et la déclaration de guerre à la Prusse le 28 juillet 1870.

Détruit durant les opérations de la guerre de 1870, il fut rasé en 1892.

En 2006 une association intitulée « reconstruisons Saint-Cloud » s'est constituée.

A suivre

J.D. 25 octobre 2016

 

 

le Château de Saint-Cloud, carte postale image du net

le Château de Saint-Cloud, carte postale image du net

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18 octobre 2016 2 18 /10 /octobre /2016 16:44

 

 

*Le 13 octobre 2016, le conseil exécutif de l'Unesco s'est prononcé sur une résolution présentée par 7 pays musulmans : l'Algérie, L'Egypte, le Liban, le Maroc, le Qatar, le Soudan, le Sultanat d'Oman.

*Cette résolution a pour objet de nier tous liens historiques entre la ville de Jérusalem et le Judaïsme. Cela fait partie des grandes manœuvres diplomatiques pour aider les Palestiniens dans leurs revendications territoriales contre Israël.

*56 pays ont pris part au vote : 24 ont approuvé la résolution, 26 se sont abstenus et 6 ont voté contre : l'Allemagne, l'Estonie, les Etats-Unis, la Lituanie, les Pays-Bas et le Royaume-Uni. Parmi les abstentionnistes : la France, l'Italie, l'Espagne, la Grèce…

*Le Mexique qui a voté la résolution a demandé un nouveau vote, ce pays n'avait pas dû comprendre le caractère extravagant d'une résolution destinée à réécrire l'Histoire à des fins politiques.

*Irina Bokova, Bulgare, élue Directrice Générale de l'Unesco le 23 octobre 2009 a critiqué ce vote dans ces termes :

« Le jour du vote, Mme Bokova avait pris ses distances avec ce texte, estimant que "le patrimoine de Jérusalem est indivisible" et que "chacune de ses communautés a droit à la reconnaissance explicite de son histoire et de son lien avec la ville". "Nier, occulter ou vouloir effacer l'une ou l'autre des traditions juive, chrétienne ou musulmane revient à mettre en péril l'intégrité du site", avait-elle dit. « 

A la suite de cette prise de position, Madame Bokova a reçu des menaces de mort et la sécurité la concernant a dû être renforcée.

 

L'Unesco : est une des Agences de l'ONU créée le 16 novembre 1945. Son siège qui est à Paris (7 place Fontenoy) dans le septième arrondissement a été inauguré le 3 novembre 1958. L'Unesco possède en complément une cinquantaine de bureaux répartis sur la planète. Cette Agence est surtout connue pour le classement des villes et sites au patrimoine mondial, mais a une vocation bien plus large. Voici la définition des rôles de l'Unesco :

« Elle a pour objectif selon son acte constitutif de « contribuer au maintien de la paix et de la sécurité en resserrant, par l’éducation, la science et la culture, la collaboration entre nations, afin d’assurer le respect universel de la justice, de la loi, des droits de l’Homme et des libertés fondamentales pour tous, sans distinction de race, de sexe, de langue ou de religion, que la Charte des Nations unies reconnaît à tous les peuples « 

 

Jérusalem et Judaïsme :

J'ai déjà fait une récapitulation dans ce blog sur l'histoire d'Israël. Voir la note N° 6 http://jean.delisle.over-blog.com/article-histoire-d-israel-55889409.html.

Rappelons brièvement que la bible hébraïque a été mise par écrit au septième siècle avant notre ère c'est-à-dire 14 siècles avant l'écriture du Coran !

Que la Bible chrétienne (catholiques, orthodoxes, toutes les branches du protestantisme…) reprend dans sa partie « Ancien testament » l'intégralité de la bible hébraïque. Que les textes du Nouveau Testament de la Bible chrétienne ont été écrits au premier siècle de notre ère, soit 6 siècles avant le Coran !

Dans la Bible, Jérusalem est cité 669 fois !

Que Jérusalem soit une ville sainte pour les Hébreux se retrouve dans l'Ancien Testament (livre d'Isaïe en 48 et 52 ; de Néhémie en 11 ; de Daniel en 9, de Tobie en 13, dans l'Ecclésiaste en 49 etc) mais également dans le Nouveau Testament (Evangile selon Saint Mathieu en 4 et 53, Apocalypse en 21 et 22…)

Alors affirmer qu'il n'y a pas de liens historiques entre Jérusalem et Judaïsme est une contre-vérité historique et même une débilité.

 

Position de la France :

Que la France se soit abstenue dans ce vote est proprement scandaleux. Il est vrai qu'il ne faut pas mécontenter nos chers amis du Qatar, de l'Arabie… qui comme chacun le sait sont des grands défenseurs des droits de l'Homme et encore plus des droits des Femmes ! Ce n'est pas pour rien qu'il y a 3 ministres musulmanes dans l'actuel gouvernement (qui ont toutes les trois la double nationalité marocaine et française). . Ce n'est pas pour rien que Hollande s'est laissé photographier le 4 mai 2015 à Riyad avec le drapeau vert de l'Islam sur les épaules et le sabre de l'Islam à la main, le jour même où un condamné était décapité en Arabie ! J'en ai mis la photo en illustration de la note N° 217 http://jean.delisle.over-blog.com/chiites-et-sunnites-n-217.html

Mais tant qu'à faire de s'abstenir la France aurait dû voter la résolution, pour nous récompenser nos chers amis du golfe persique nous auraient passer quelques commandes d'armement supplémentaires !

Dès juin 2012, Jean-François Kahn publiait aux éditions Plon un livre intitulé : « La catastrophe du 6 mai 2012 »

Quand j'avais acheté le livre, j'avais pensé : Yes we Kahn ! Je le pense toujours.

J.D. 18 octobre 2016

 

ajout du 20 octobre 2016 : Jean Jaurès naquit à Castres (Tarn) le 3 septembre 1859. Il fut lauréat du concours général en latin (Bécassine ne doit pas être au courant!) avant d'intégrer le lycée Louis le Grand à Paris puis l’Ecole Normale Supérieure (où il fut premier en philosophie en 1878).

Outre une carrière d'enseignant, il se lança très vite en politique. Il est surtout connu pour avoir fondé le quotidien « l'Humanité » en avril 1904, pour être un des fondateurs de la SFIO en 1905, pour avoir défendu Dreyfus, les mineurs, la classe ouvrière de manière générale et pour avoir été un farouche opposant à la guerre qui se préparait. Cela entraîna son assassinat le 31 juillet 1914 au bar Le Croissant à Montmartre par un Villain (mais Jeanne d'Arc fut condamnée par un Cauchon et Robespierre atteint d'un coup de pistolet tiré par un Merda ! )

Les opinions et activités de Jean Jaurès ne l'empêchèrent pas de faire venir de l'eau du Jourdain pour le baptême de son fils : Louis Paul Jaurès né le 27 août 1898. On retrouve cette histoire d'eau du Jourdain dans la biographie d'Aristide Briand par Georges Suarez, tome 1 (publié chez Plon en juillet 1938) au chapitre VI.

Devant le vote servile de la France à l'Unesco, il me paraît évident que Jaurès enverrait le capitaine de pédalos au piquet avec un bonnet d'âne !

 

 

 

Yes, we Kahn

Yes, we Kahn

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14 octobre 2016 5 14 /10 /octobre /2016 09:35

 

 

Coligny est une commune du département de l'Ain, à la limite avec le Jura, située à 25 kms au nord de Bourg-en-Bresse. Au recensement de 2013, cette commune comptait 1164 habitants.

Dans l'antiquité, Coligny se trouvait sur le passage de la voie romaine qui allait de Lugdunum (Lyon) à Vesontio (Besançon), en passant par Bourg et Lons-le-Saunier.

En novembre 1897, un agriculteur nommé Alphonse Roux découvrit, enterré dans son champ, un amas composé de 550 morceaux de bronze.

Cette découverte fut cédée aux musées de Lyon (elle est aujourd'hui au musée gallo-romain de Fourvière, en outre une copie en est exposée à la mairie de Coligny) et le conservateur de l'époque (Paul Dissard) parvint, avec cet ensemble, à reconstituer d'une part une statue de 1,70 mètre de haut (environ 400 morceaux de bronze) et d'autre part une plaque avec 149 pièces dont 126 portent une inscription.

Ces objets ont entraîné beaucoup d'études de nombreux spécialistes et de non moins nombreuses publications.

*Pour la statue, un petit nombre l'associe à Apollon et d'autres plus nombreux au dieu Mars. Voir illustration

*Pour la plaque, il s'agit de la moitié environ d'un calendrier gaulois, écrit en langue gauloise, mais en utilisant l'alphabet latin sur une plaque de 1,50 mètre sur 0,91 mètre. La partie retrouvée comporte 2.000 mots environ.

 

Le calendrier :

De toutes les études effectuées, il ressort :

*que ce texte est le plus important retrouvé à ce jour en langue gauloise et il a permis d'enrichir le vocabulaire gaulois déjà connu.

*Il aurait été réalisé au premier siècle avant notre ère et détruit au second ou plus probablement au troisième siècle de notre ère lors des premières incursions « barbares » en Gaule.

*que les Gaulois avaient un calendrier « lunaire » avec des années de 12 mois de 29 ou de 30 jours. Chaque mois avait une dénomination et était divisé en deux parties de 14 ou 15 jours. Chez les Gaulois le passage d'un jour à l'autre se faisait au coucher du soleil c'est-à-dire au début de la nuit et non au milieu de la nuit (à mi...nuit) comme maintenant.

*La plaque de Coligny comportait 5 années. L'ajout de « mois intercalaires » permettait de retrouver le calendrier « solaire » tous les 30 ans ; le calendrier gaulois était donc à la fois lunaire et solaire.

En 1807, dans le Jura à Villards d'Héria avaient déjà été retrouvés d'abord un puis 5 fragments d'un autre calendrier gaulois dans un site où se trouvait un temple dédié à Mars.

 

Le Gaulois :

Au témoignage de Jules César dans la « Guerre des Gaules » (au livre VI), les Druides avaient un enseignement uniquement oral. Les Gaulois commencèrent à écrire en grec après l'implantation des Grecs en Gaule. Les Grecs eurent d'abord des comptoirs puis des implantations comme à Marseille, ville créée en l'an 600 avant notre ère par les Grecs de la cité de Phocée (cité grecque située sur l'actuelle côte turque).

On ne sait pas quand les Gaulois commencèrent à écrire avec l'alphabet grec avant de passer au latin à partir de la conquête romaine. Voici ce qu'écrit César :

« Ils (il s'agit des Druides) estiment que la religion ne permet pas de confier à l'écriture la matière de leur enseignement, alors que pour tout le reste en général, pour les comptes publics et privés, ils se servent de l'alphabet grec » (Guerre des Gaules, livre VI)

« On trouva dans le camp des Helvètes des tablettes écrites en caractères grecs ; elles furent apportées à César. Elles contenaient la liste nominative des émigrants en état de porter les armes, et aussi une liste particulière des enfants, des vieillards et des femmes... » (Guerre des Gaules livre I)

Du fait de l'absence d'écriture propre aux Gaulois, tous les textes écrits qui nous sont parvenus sur la Gaule et les Gaulois sont l’œuvre d'auteurs grecs ou latins et les témoignages qu'ils ont laissé sur nos ancêtres les Gaulois ne sont pas brillants ! Voir la note N° 138 http://jean.delisle.over-blog.com/2013/11/nos-ancêtres-les-gaulois-annexe-n-138.html

Les bandes dessinées qui présentent les Gaulois comme querelleurs et ripailleurs ne font que reprendre la description des auteurs de l'antiquité.

Pour les Grecs d'abord et les Romains ensuite, tous les autres peuples étaient des « barbares » et les auteurs furent influencés par ce sentiment. Il est vraiment dommage que les Gaulois n'aient pas laissé de textes écrits sur leurs us et coutumes, car qui n'entend qu'une cloche, n'entend qu'un son !

J.D. 14 octobre 2016

Dieu et calendrier gaulois de Coligny, photos J.D. à Lyon le 4 septembre 2016
Dieu et calendrier gaulois de Coligny, photos J.D. à Lyon le 4 septembre 2016

Dieu et calendrier gaulois de Coligny, photos J.D. à Lyon le 4 septembre 2016

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10 octobre 2016 1 10 /10 /octobre /2016 17:28

L'Italie a fait son unité très tardivement, puisque dans les années 1850, le pays était encore divisé en une dizaine de souverainetés que l'on peut rappeler au passage brièvement : Royaume de Sardaigne, Royaume lombard-vénitien, Royaume de Naples et de Sicile, États de l’Église, Duché de Parme, Duché de Modène, Grand Duché de Toscane, Duché de Massa, Duché de Lucques, Saint Marin.

Le royaume d'Italie n'a été proclamé que le 17 mars 1861 et l'unité de l'Italie ne fut réalisée que fin 1870 après l'annexion de Rome.

L'Italie avait donc beaucoup de retard sur d'autres États, spécialement la Grande-Bretagne et la France, dans la constitution d'un empire colonial. En voici les principales étapes :

en 1889 : annexion de l'Erythrée, pays situé à l'est de l'Afrique, avec la Mer Rouge à l'est, le Soudan au nord et à l'ouest et l'Ethiopie au sud. Les Britanniques occupèrent le pays en 1941.

en 1890 : annexion de différents territoires à l'est de l'Afrique ; ils sont réunis en 1905 sous le nom de Somalie italienne (officialisée par une loi italienne du 5 avril 1908) qui sera étendue en juillet 1924 par l'annexion du Jubaland, ancien nom du sud de la Somalie.

en 1901 : l'Italie obtient une modeste concession en Chine à Tianjin, ville située au nord-est de la Chine et qui compte aujourd'hui plus de 15 millions d'habitants.

en 1911/1912 : suite à une guerre contre l'empire ottoman commencée le 29 septembre 1911 et terminée le 18 octobre 1912, par le traité d'Ouchy (proche de Lausanne en Suisse), l'Italie annexe la Tripolitaine (au nord de l'actuelle Libye) la Cyrénaïque (à l'est de l'actuelle Libye) et le Fezzan (au sud de l'actuelle Libye). C'est en 1934 que l'ensemble prend le nom de Libye ou plus exactement le reprend parce qu'il avait existé dans l'antiquité au temps de Dioclétien (empereur de 284 à 305). La Bulgarie, la Serbie, la Grèce et le Monténégro profitèrent de la guerre entre l'Italie et l'empire ottoman pour attaquer cet empire, ce qui amena les Ottomans à négocier avec les Italiens pour faire face à leurs nouveaux agresseurs.

Par le traité de Lausanne en 1923, l'Italie obtenait également la cession de Chypre et des îles du Dodécanèse (actuelles îles grecques le long de la côte turque au grand dam des Turcs qui voient le territoire grec tout proche de leur côte).

12 novembre 1920 : Par le traité de Rapallo, l'Italie obtient l'Istrie (dans l'actuelle Croatie) avec Trieste, Zadar et quelques îles dont l'île de CRES

27 janvier 1924 : par « l'accord de Rome », l'Italie obtient la ville de Fiume (qui prendra le nom de Rijeka lors de sa cession à la Yougoslavie en 1947). En 1920, Gabriele d'Annunzio avait déjà occupé Fiume mais avait dû abandonner fin décembre 1920, le royaume d'Italie ne le soutenant pas suite aux pressions internationales.

En 1935/1936 : guerre contre l'Ethiopie, située dans la corne de l'Afrique et dirigée alors par Hailé Sélassié et annexion du pays. Le 9 mai 1936, le roi d'Italie Victor Emmanuel III est proclamé empereur d'Ethiopie. Les Anglais occupent le pays dès 1942

7 avril 1939 : l'Italie envahit et annexe l'Albanie

Malheureusement pour l'Italie, elle choisit le mauvais camp durant la seconde guerre mondiale. Après les débarquements américains et alliés (10 juillet 1943 en Sicile, 3 et 9 septembre 1943 en Italie), après l'arrestation de Mussolini le 25 juillet 1943, l'Italie perdit la Libye, l'Albanie, la concession en Chine, les îles du Dodécanèse. Le reste des possessions coloniales italiennes fut perdu lors du traité de Paris du 10 février 1947. En Istrie, l'Italie conserva néanmoins la ville de Trieste.

Cependant l'ONU confia à l'Italie un mandat de gestion sur la Somalie jusqu'en 1960.

Sur Mussolini, voir la note N°185 http://jean.delisle.over-blog.com/2014/07/benito-mussolini-n-185.html

J.D. 10 octobre 2016

carte des colonies italiennes et timbres d'Erythrée, d'Ethiopie, de Libye et surcharge "Trieste" sur timbres de la République sociale italienne
carte des colonies italiennes et timbres d'Erythrée, d'Ethiopie, de Libye et surcharge "Trieste" sur timbres de la République sociale italienne

carte des colonies italiennes et timbres d'Erythrée, d'Ethiopie, de Libye et surcharge "Trieste" sur timbres de la République sociale italienne

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8 octobre 2016 6 08 /10 /octobre /2016 11:47

Selon les auteurs, on trouve écrit : « Tables-Claudiennes » ou « Table-Claudienne », les deux orthographes semblent admises.

Il s'agit d'une plaque métallique composée principalement de cuivre (86%), d'étain (8%) et de plomb (4%).

*Sur cette plaque, les Lyonnais (les habitants de Lugdunum) avaient fait graver le discours que l'empereur Claude avait tenu devant le Sénat romain en l'an 48.

Les représentants des peuples gaulois réunis dans l'amphithéâtre des Trois Gaules (voir note N° 315 http://jean.delisle.over-blog.com/2016/09/l-amphitheatre-des-trois-gaules-a-lyon-n-315.html) avaient adressé un vœu à l'empereur Claude afin que tous les Gaulois puissent accéder à toutes les charges (les responsabilités) à Rome et dans l'empire romain.

*C'est pour remercier Claude de son intervention qu'une plaque reproduisant son discours fut gravée et exposée dans l'amphithéâtre des Trois Gaules.

Cette plaque disparut probablement en même temps que l'amphithéâtre.

*Deux fragments de la partie inférieure de cette plaque furent retrouvés en l'an 1528 par un drapier lyonnais nommé Roland Gribaux, dans un lieu proche de l'amphithéâtre. La rue de Lyon qui correspond aujourd'hui à ce lieu s'appelle d'ailleurs « rue des Tables Claudiennes ».

Le drapier vendit sa trouvaille à la ville de Lyon pour 58 écus d'or. Les fragments furent exposés dans différents lieux avant d'être mis au Musée des Beaux-Arts de Lyon en 1804 (musée inauguré en 1801 place des Terreaux) et ce jusqu'à leur transfert au musée gallo-romain de Lyon à Fourvière, inauguré en novembre 1975.

*Une copie (un moulage) se trouve exposée dans la cour du musée de l'imprimerie de Lyon (musée inauguré en décembre 1964 rue de la Poulaillerie à Lyon).

*Le texte complet de l'intervention de Claude a été publié par Tacite dans les « Annales » au livre onzième de XXIII à XXV. Le texte lui-même se trouve en XXIV. Les arguments développés par Claude pour l'intégration des étrangers peuvent paraître d'actualité, sauf que les Gaulois se sont vite « romanisés », qu'ils ont adopté les modes de vie et les croyances des Romains et n'ont jamais prétendu vouloir imposer leurs mœurs et la religion druidique aux Romains.

*Au quatrième siècle, Augustin (354/430), alors évêque d'Hippone (Annaba en Algérie) venant à Rome demanda à Ambroise (340/387) évêque de Milan si il fallait respecter un jour de repos le samedi comme à Milan ou le dimanche comme à Rome. Ambroise lui répondit : « si fueris Romae, Romano vivito more, si fueris alibi, vivito sicut ibi » ; traduction : « Si tu es à Rome, vis comme un Romain, si tu es ailleurs, vis comme on y vit ».

On ferait bien d'enseigner ce principe dans les écoles de la République !

*On apprend par Tacite que le peuple des Eduens qui s'allia à Jules César au début de la guerre des Gaules fut le premier à avoir des représentants au Sénat de Rome, suite à cette intervention de Claude.

*Les Eduens occupaient un territoire situé dans l'actuelle région Bourgogne (devenue Bourgogne-Franche Comté). Leur capitale était Bibracte (ancêtre d'Autun) sur le Mont Beuvray à la limite entre Saône-et-Loire et Nièvre.

*Sur Tacite, voir la note N° 308 http://jean.delisle.over-blog.com/2016/08/tacite-le-questionnement-n-308.html.

*Claude : Il naquit à Lyon le 1er août de l'an 10 avant notre ère. La localisation de sa naissance plaida peut-être en faveur de la revendication gauloise exprimée à Lyon (Lugdunum). Sur Claude lui-même voir la fiche N° 34 http://jean.delisle.over-blog.com/article-julio-claudiens-texte-67117733.html.

J.D. 8 octobre 2016

Tables-Claudiennes au musée Gallo-romain de Lyon, photo J.D. 4 septembre 2016

Tables-Claudiennes au musée Gallo-romain de Lyon, photo J.D. 4 septembre 2016

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4 octobre 2016 2 04 /10 /octobre /2016 13:21

Sur les avis d'imposition des impôts locaux (taxe d'habitation, taxes foncières sur les propriétés bâties et non bâties, contribution économique territoriale qui a remplacé la taxe professionnelle), il y a en bas du calcul une ligne intitulée : « frais de gestion de la fiscalité directe locale ». La plupart des contribuables ne doivent pas savoir de quoi il s'agit. Il y a un petit renvoi (N°7) et voilà l'explication que l'on trouve, écrite en petites lettres, en 7 au verso de sa feuille d'imposition :

« L’État assure l'établissement et le recouvrement des impôts directs locaux pour le compte des collectivités territoriales.

De plus il finance les dégrèvements et compense aux collectivités certaines exonérations. En contrepartie, il perçoit une somme égale à 3 % des cotisations de TFPB (hors syndicat), de taxe additionnelle et de taxe GEMAPI, une somme égale à 8 % des cotisations des syndicats (bâti et non bâti), de TEOM , de TASA et de la chambre d'agriculture et une somme égale à 9 % des cotisations de TSE. Les frais de gestion calculés sur la cotisation de TEOM ne sont pas récupérables auprès des locataires. »

Il me semble évident que ce charabia a été écrit intentionnellement de manière incompréhensible pour une majorité de contribuables !

Traduction :

TFPB : taxe foncière sur les propriétés bâties

GEMAPI : taxe pour la gestion des milieux aquatiques et la prévention des inondations

TEOM : taxe d'enlèvement des ordures ménagères

TASA : taxe additionnelle spéciale annuelle (à la taxe spéciale d'équipement)

TSE : taxe spéciale d'équipement qui regroupe les impôts suivants :

.Taxe locale d'équipement (sur les permis de construire)

.taxe complémentaire en Île-de-France

.taxe départementale pour le financement des CAUE (conseils en architecture, urbanisme et environnement)

.taxe départementale des espaces naturels sensibles ;

.taxe spéciale d'équipement routier de la Savoie ;

.redevance pour les bureaux en Île-de-France ;

.redevance d'archéologie préventive.

  • Une nouvelle taxe, la TSER (taxe spéciale d'équipement régionale) devrait voir le jour à compter du 1er janvier 2017, mais les contribuables n'auront à la payer qu'avec les impôts locaux à l'automne 2017 c'est-à-dire après les Présidentielles.

Explications :

*L'établissement des avis d'impôts locaux et d'un certain nombre de taxes (ou d'un nombre certain!) est le fait des services fiscaux de l’État et ce à titre obligatoire. Mais, ce service, si il est obligatoire, n'est pas gratuit. L’État prend son pourcentage au passage sur toutes ces recettes qu'il encaisse pour le compte d'autrui.

*Depuis plusieurs décennies, l’État n'arrête pas de transférer des charges aux collectivités territoriales : des kms de voirie, qui de nationales deviennent départementales, des locaux scolaires, des dépenses d'aide sociale…

A chaque fois l’État jure que cela ne coûtera rien aux dites collectivités car il promet des compensations financières mais qui sont vite amputées sous de multiples raisons.

*Les collectivités sont donc confrontées à des dépenses de plus en plus importantes avec des dotations en provenance de l’État qui se réduisent.

*Tôt ou tard cela mène à l'augmentation des impôts locaux et en même temps du pourcentage prélevé au profit du budget de l’État sur ces impôts locaux.

*Pour les contribuables locaux, c'est la double peine !

*On assiste à la même situation hors du cadre local. L'EDF par exemple est transformée en percepteur, de plusieurs taxes, pour le compte de l’État et même des collectivités locales. Voir la fiche N°141 http://jean.delisle.over-blog.com/2013/12/electricite-analyse-d-une-facture-edf-n-141.html.

Mais l’État perçoit la TVA (taxe sur la valeur ajoutée) non seulement sur les consommations des usagers mais aussi sur toutes les taxes. Des taxes sur les taxes : encore de la double peine !

*Voilà d'ailleurs ce qui découle du code général des impôts (article 267-1) :

« Ces droits, qui sont perçus selon des taux spécifiques ou obéissent à des règles particulières en matière de recouvrement ou de contentieux, sont considérés comme des éléments du prix de vente et doivent, à ce titre, être inclus dans l'assiette de la TVA. »

Ainsi, par exemple, sur les carburants existe une taxe spécifique appelée TIPP (taxe intérieure sur les produits pétroliers). La TVA s'applique non seulement au prix du carburant mais aussi sur le montant de la TIPP. Il en va de même de toutes les taxes. Encore heureux que la TVA ne s'applique pas à la ...TVA. Mais il y aura bien un Ducon au ministère des finances pour y penser un jour.

Cela me rappelle une réplique du film « le dîner de cons » sorti en 1998 :

« Il s'appelle Jean-Patrice Benjamin, mais au ministère, on l'appelle Ducon. Vous trouverez son numéro dans l'annuaire… à Benjamin, hein, pas à Ducon »

Les gouvernements successifs parlent de «simplification administrative » mais n'arrêtent pas de créer de nouveaux impôts et taxes et de publier de nouveaux textes à jets continus.

En voici un très bel exemple : Il était de bon ton, il y a peu, en France, de critiquer l'épaisseur du code du travail. La dernière édition Dalloz sorti en mars 2016 comporte 3829 pages et pèse 1422 grammes ! Par comparaison en Suisse, Code du Travail et code du commerce réunis font 492 pages (en France la dernière édition du code du commerce fait 3836 pages!)

Eh bien, la loi « travail » : loi 2016-1088 comporte 123 articles et occupe 100 pages au journal officiel du 9 août 2016 !

Pauvre France !

Il est vrai que la plupart de nos dirigeants ont fait l’École Nationale des Ânes ; ceci explique peut-être cela !

J.D. 4 octobre 2016

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30 septembre 2016 5 30 /09 /septembre /2016 17:27

*C'est Henri IV, du Saint empire romain germanique, qui fit don du Bugey à la Maison de Savoie, en 1077

*C'est Henri IV roi de France qui récupéra le Bugey au profit de la France par le traité de Lyon du 17 janvier 1601.

moralité : comme pour les trains de la SNCF, un Henri IV peut en cacher un autre, ou si l'on préfère : deux Henri IV pour le prix d'Ain !.

Le Bugey :

le Bugey historique comprenait 3 sous-régions à cheval sur les actuels départements de l'Ain et de la Savoie :

*le Haut-Bugey qui correspond grosso-modo à l'actuel arrondissement de Nantua dans l'Ain

*le Bas-Bugey qui recouvre l'Arrondissement de Belley dans l'Ain

*le Petit Bugey situé à l'ouest de la Savoie. Lors de la dernière réforme cantonale en France, un nouveau canton appelé » « canton de Bugey savoyard » a d'ailleurs été créé en Savoie par regroupement de 3 anciens cantons (Saint Genix, Yenne et Ruffieux) décret 2014-272 du 27 février 2014

Dans l'antiquité, 3 peuples gaulois se partagèrent le Bugey :

-Les Séquanes dans le Haut Bugey, ils occupaient la Franche-Comté et débordaient sur le Bugey , leur capitale était à Besançon;

-les Allobroges dans la partie savoyarde ou proche de la Savoie. César le confirme dans la guerre des Gaules puisqu'il écrit (au livre I en 11 : « Les Allobroges qui avaient sur la rive droite du Rhône des villages et des propriétés... ». Vienne était la capitale des Allobroges ; mais toute la partie de l'Allobrogie située sur la rive gauche du Rhône avait été annexée par les Romains en -121 ;

-les Ambarres entre les deux précédents. On retrouve le nom de ces Ambarres dans ceux d'Ambérieu, Ambronay etc. Les Ambarres firent partie des nombreux peuples gaulois qui disparurent (en tant que peuples) à l'occasion de la guerre des Gaules. Le chiffre de 300 peuples gaulois avant la guerre et de 60 après, se retrouve chez plusieurs auteurs.

C'est lors de la première année de la guerre des Gaules (donc en -58) que le Bugey fut annexé par Rome. Il suivit alors le sort de Rome et de la Gaule romaine durant environ 5 siècles, puis fut intégré au royaume de Bourgogne avant de tomber sous la coupe des Francs au septième siècle.

Lorsque les petits-fils de Charlemagne se partagèrent son empire (traité de Verdun en 843), le Bugey se retrouva dans la Lotharingie avant d'être donné à la Savoie en 1077 etc.

Henri IV empereur :

Fils d'Henri III empereur germanique et d'Agnès d'Aquitaine, le futur empereur germanique Henri IV naquit le 11 novembre 1050. Henri III avant son décès le 5 octobre 1056, avait fait couronné son fils « roi de Germanie » à Aix-la-Chapelle le 17 juillet 1054. A la mort de son père, Henri avait à peine 6 ans, il régna sous la régence de sa mère et ne sera considéré comme majeur que le 29 mars 1065.

Son règne ne fut pas un long fleuve tranquille. Il dut faire face aux Saxons , aux princes allemands, aux papes successifs, à Mathilde de Toscane alliée du pape et même à ses fils.

Il s'ensuivit de nombreuses années de guerres jusqu'à ce que l'un de ses fils l'oblige à abdiquer le 31 décembre 1105. Il mourut le 7 août 1106.

Les empereurs germaniques s'étaient arrogés le droit de nommer les évêques et par ce biais ils contrôlaient aussi le pape. Mais Henri IV arriva au pouvoir au moment où le Vatican prétendit reprendre le pouvoir sur la nomination de tous les membres du clergé. Ce fut appelé « la querelle des investitures ». Henri IV parvint en janvier 1076, à réunir une assemblée d'évêques qui déposa le pape pendant que le pape excommuniait Henri IV. Il y eut dans ce temps plusieurs papes. Les princes allemands s'étant alliés au pape, Henri IV traversa les Alpes par la Savoie et le Mont Cenis pour empêcher la fusion des armées ennemies. C'est pour récompenser les Savoyards de leur aide à cette occasion qu'il leur fit don du Bugey. En outre, en 1066, Henri avait épousé Berthe, fille d'Adélaïde de Suse et d'Othon, troisième comte de Savoie.

Le pape (Grégoire VII) s'était réfugié dans un château fortifié appartenant à Mathilde de Toscane à Canossa (dans les Apennins). Isolé Henri IV dut venir faire amende honorable le 25 janvier 1077

Henri IV roi de France :

Il naquit à Pau le 13 décembre 1553 et mourut à Paris assassiné par Ravaillac le 14 mai 1610.

Il est le fils d'Antoine de Bourbon et de Jeanne d'Albret.

*Son père (1518/1562) était descendant du roi de France Louis IX (Saint Louis) et le frère du prince de Condé. Antoine de Bourbon participa au siège de Rouen pour le compte des armées catholiques. Il fut tué d'un coup d'arquebuse alors qu'il urinait contre les murailles ce qui fit dire à Voltaire : « le prince ici gisant vécut sans gloire et mourut en pissant » !

*Jeanne d'Albret (1528/1572) était par sa mère une nièce de François premier. Henri IV était donc, non seulement descendant de Louis IX par son père mais le petit-neveu de François 1er.

Jeanne d'Albret fut reine de Navarre de 1555 à sa mort en 1572. Très protestante elle se sépara de son mari lorsque celui-ci bascula dans le camp catholique. A sa mort, son fils Henri devint roi de Navarre sous le nom d'Henri III.

*Henri, à sa naissance avait été baptisé catholique, il changea plusieurs fois de camp et de religion. Il fut élevé à la Cour de France de 1561 à 1567.

*Il épousa Marguerite de Valois (la reine Margot), fille de Catherine de Médicis et d'Henri II roi de France le 18 août 1572, à une période où Henri était protestant. Son mariage attira à Paris tout le gratin du protestantisme français, ce qui permit la Saint Barthélemy le 24 août 1572. Sur la responsabilité de ce massacre des protestants, les auteurs sont divisés. L'opinion à laquelle je suis arrivé est que la responsabilité de Catherine de Médicis est évidente mais ce n'est qu'une opinion que personne n'a l'obligation de partager.

*Après l'assassinat du roi de France Henri III le 2 août 1589, Henri III roi de Navarre abjura le calvinisme en la basilique de Saint Denis le 25 juillet 1593 et fut couronné roi de France sous le nom d'Henri IV en la cathédrale de Chartres le 27 février 1594.

*Il se remaria avec Marie de Médicis le 17 décembre 1600 en la cathédrale Saint Jean-Baptiste de Lyon. Avec elle, il eut six enfants dont le futur Louis XIII.

*Henri IV eut beaucoup d'autres enfants d'une quantité de maîtresses, dont 3 enfants avec Gabrielle d'Estrées, 3 enfants avec Catherine Henriette de Balzac d'Entraigues etc etc.

Aujourd'hui, sans le savoir de nombreux citoyens et citoyennes ont le « bon roi Henri » dans leurs ancêtres !

*Il accorda la liberté de culte aux Protestants par l’Édit de Nantes le 30 avril 1598.

*Cet édit fut remis en cause en deux temps : sous Louis XIII l'édit d'Alès le 28 juin 1629 revint sur le droit des Protestants de conserver des places fortes puis sous Louis XIV, l'édit de Fontainebleau du 22 octobre 1685 (plus connu sous le nom de « Révocation de l'édit de Nantes ») leur enleva la liberté de culte.

*Après son assassinat le 14 mai 1610, Henri IV fut inhumé à Saint Denis le 1er juillet 1610. Mais sa tombe comme beaucoup d'autres fut saccagée lors de la Révolution.

Illustration :

on trouvera en illustration une carte de l'Europe en 1095, sous le règne d'Henri IV empereur germanique. J'emprunte cette carte à un article signé Jean-Pierre Fabricius et daté Janvier 2015. Elle est intéressante en soi mais elle le devient beaucoup plus si on la compare à la carte de l'Europe après le traité de Verdun en l'an 843. Lors de ce traité, les 3 petits-fils de Charlemagne se partagèrent son empire en 3, une partie « franque » : la Francie occidentale, une partie « germanique » : la Francie orientale et une partie intermédiaire qui allait de la Mer du Nord à l'Italie, qui englobait Aix-la-Chapelle et qui fut appelée « Lotharingie » parce qu'attribuée à Lothaire. Voir fiche N°248 http://jean.delisle.over-blog.com/2015/07/charles-le-gros-n-248.html

En 1095, soit 2 siècles et demi plus tard, qu'est devenue la Lotharingie ?

Elle s'est évaporée, « bouffée » par la partie germanique !

J.D. 30 septembre 2016

carte de l'Europe en 1095

carte de l'Europe en 1095

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29 septembre 2016 4 29 /09 /septembre /2016 09:36

*En vertu de l'article 1er section 7 de la Constitution américaine, le Président des Etats-Unis peut dans les 10 jours mettre son veto à une loi adoptée par les parlementaires américains. Mais la Constitution prévoit que le veto présidentiel peut être annulé si les deux tiers au moins, dans chacune des Chambres (Chambre des Représentants et Sénat) le décident.

*Depuis qu'il est entré en fonction, il y a presque 8 ans, Barack Obama en est à son douzième droit de veto, à propos d'une loi adoptée le 9 septembre 2016 aux Etats-Unis et qui porte le nom de « Justice Against Sponsors of Terrorism Act » (Justice contre les soutiens aux actes de terrorisme) . Elle a pour objet de permettre aux familles des victimes des attentats du 11 septembre 2001 de poursuivre l'Arabie Saoudite en justice.

*15 des 19 terroristes des attentats du 11 septembre étaient Saoudiens et les familles des victimes pensent qu'au minimum l'Arabie en tant qu’Etat n'a rien fait pour les empêcher.

*Barack Obama a apposé son veto à cette loi, mais le Sénat américain par 97 voix contre une et la Chambre des Représentants par 348 voix contre 77, ont annulé le veto présidentiel.

*C'est la première fois depuis qu'il est Président que Obama voit annuler son veto. L'écrasante majorité obtenue contre son avis n'arrange pas la fin de son mandat.

Yes we can ou Yes we can't ?

J.D. 29 septembre 2016

P.S. on trouvera en illustration une photo du Capitole : l'aile nord (à gauche sur la photo) abrite le Sénat et l'aile sud : la Chambre des Représentants

le Capitole à Washington, photo Michèle Delisle 25 septembre 2000

le Capitole à Washington, photo Michèle Delisle 25 septembre 2000

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