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27 juillet 2016 3 27 /07 /juillet /2016 17:09

Amédée, le sixième du nom dans la dynastie de la Maison de Savoie naquit à Chambéry le 4 janvier 1334 et décéda de la peste le 1er mars 1383 à Capoue (Italie).

Il devint le comte de Savoie Amédée VI à la mort de son père (Aymon-le-Pacifique) le 22 juin 1343.

Dès 1348, Amédé VI reçut le surnom de « Comte Verd » après un tournoi, à Chambéry au Verney (lieu situé entre la rivière Leysse et le château, aujourd'hui jardin public), où il était habillé tout en verd selon l'orthographe en usage au quatorzième siècle. Voici ce qu'écrit à ce sujet Samuel Guichenon en 1660 dans " Histoire généalogique de la royale Maison de Savoie" :

Le Comte qui parut le premier iour de la jouste aux armes verdes, son cheval capparassonné de Verd, & la livrée de ses gens verde, y acquit le surnom de Verd”.

*A la fin du seizième siècle en France, le mot “verd” , d'où sont restés verdure, verdâtre, verdoyant, reverdir… a commencé à s'écrire “vert” et l'usage “vert” a perduré.

*S'agissant du nom d'Amédée VI, comme à l'évidence, aucun humain n'a jamais cotoyé le comte Vert mais qu'ils sont très nombreux a avoir connu le comte Verd, il me semblait qu'il y avait lieu de conserver l'orthographe “comte Verd”. En Italie, il est d'ailleurs appelé : “il conte Verde”.

*Mais durant des années j'ai eu l'impression d'être le seul à avoir cette opinion.

On a en effet à Chambéry une avenue du Comte Vert, un restaurant du Comte Vert, une salle du Comte Vert dans le château des ducs…

*Et puis, miracle, cette semaine de fin juillet 2016, j'ai vu écrit 2 fois “Comte Verd”.

*Le lundi 25 juillet 2016, dans la grange batelière de l'abbaye d'Hautecombe, sur la rive ouest du lac du Bourget en Savoie, à l'occasion d'une exposition consacrée aux 600 ans du duché de Savoie (exposition du 18 juin au 18 septembre 2016), sur le mur à gauche en entrant, sur une grande banderolle récapitulant tous les membres de la dynastie “Savoie” on trouve : “Amédée VI dit le comte Verd”.

*le mercredi 27 juillet 2016, au château des ducs de Savoie à Chambéry, dans les Salles de la Chambre des comptes, pour une exposition intitulée : “Le château, la Savoie, dix siècles d'histoire”, on trouve la même mention : “Amédée VI dit le Comte Verd”.

*Alors on verra peut-être un jour l'Avenue du Comte Verd à Chambéry et la salle du Comte Verd au château des Ducs.

J.D. 27 juillet 2016

P.S. sur le comte Verd, voir en complément la note N°66 :

http://jean.delisle.over-blog.com/article-histoire-de-la-maison-de-savoie-59295182.html

le comte Verd à Hautecombe et dans le château des ducs à Chambéry, photos J.D. 25 et 27 juillet 2016
le comte Verd à Hautecombe et dans le château des ducs à Chambéry, photos J.D. 25 et 27 juillet 2016

le comte Verd à Hautecombe et dans le château des ducs à Chambéry, photos J.D. 25 et 27 juillet 2016

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26 juillet 2016 2 26 /07 /juillet /2016 16:54

La guerre de 1870 fut un terrible désastre pour la France.

Bismarck avait savamment préparé son coup pendant qu'en France Edmond le Bœuf Sinistre de la guerre et maréchal de France affirmait : « il ne manque pas un bouton de guêtre à nos soldats ». Ce « le Bœuf » aurait mieux fait de s'appeler « l'âne ». Ce qui fait immanquablement penser à celui (Paul Reynaud) qui déclarait en septembre 1939 : « Nous vaincrons parce que nous sommes les plus forts » ! On peut d'ailleurs trouver un certain nombre d'analogies entre la guerre de 1870 et celle de 1940. Dans les deux cas, ce fut la France qui déclara la guerre, en 1870 sans avoir les moyens de la faire et en 1939 sans la faire, il fallut attendre le bon vouloir des nazis en mai 1940 pour que notre déclaration de guerre se transforme en guerre !

petit rappel des faits :

*1864 : la Prusse, s'allie à l'Autriche et fait la guerre au Danemark, ce qui fut appelé « la guerre des Duchés ». Pauvre Danemark, 2 armées ennemies pour le prix d'une !

Trois Duchés furent la dépouille que se partagèrent les vainqueurs, au traité de Vienne le 30 octobre 1864. La Prusse y avait gagné une extension territoriale et un excellent entraînement à la guerre pour ses troupes.

*1866. Exploitant un différent sur les Duchés annexés, la Prusse déclara la guerre à l'Autriche. Cette guerre commencée le 23 juin était quasiment terminée le 3 juillet lors de la cuisante défaite autrichienne à Sadowa (lieu situé en Bohême dans l'actuelle République Tchèque). Le nouveau royaume d'Italie s'était allié à la Prusse, et malgré la défaite de l'armée italienne commandée par Alfonso La Marmora, le 24 juin 1866, l'Italie récupéra la Vénétie que l'Autriche occupait encore. Quand à la Prusse, outre de nouvelles extensions, un nouvel entraînement à la guerre pour son armée, elle prenait à l'Autriche le premier rôle sur l'espace germanique.

*1867, la Prusse parvint à organiser une « confédération des États d'Allemagne du Nord » dont elle prenait le contrôle

*1870, Bismarck, qui cherchait la guerre, provoquait la France ; c'est la fameuse dépêche d'Ems du 14 juillet 1870, qui rendait compte d'une entrevue entre le roi de Prusse et l'Ambassadeur de France à Berlin et que Bismarck avait falsifiée.

*Dès le 19 juillet, la France déclarait la guerre à la Prusse et mobilisait 900.000 soldats, pendant que les Prussiens en alignaient 1.200.000, en outre mieux armés, mieux entraînés et mieux commandés. En prime, la déclaration de guerre à l'initiative de la France, permettait à la Prusse de présenter la France comme l'agresseur et la Prusse comme l'agressée !

*Le premier affrontement entre les 2 armées eut lieu dès le 4 août 1870 à Wissenbourg (dans le Bas-Rhin). Le 2 septembre Napoléon III avec une armée de 80.000 hommes était contraint de capituler à Sedan et abdiquait de son titre d'Empereur le 4 septembre ce qui entraînait la proclamation de la troisième République française.

*Dès le 18 septembre, la ville de Paris était assiégée

*le 28 septembre 1870, Strasbourg capitulait

*le 27 octobre Bazaine capitulait à Metz avec 173.000 soldats et 1700 pièces d'artillerie.

*La première assemblée législative de la troisième République réunie à Bordeaux, parvient à créer une nouvelle armée appelée armée de l'est, en confie le commandement au général Bourbaki et lui demande de secourir Belfort assiégée par les Prussiens.

*Malgré des combats du 15 au 17 janvier 1871, Bourbaki ne parvient pas à déloger les Prussiens qui en outre envoient une nouvelle armée pour prendre les Français en tenaille.

*Le 26 janvier Bourbaki confie le commandement de l'armée au général Clinchant, puis tente de se suicider.

*Clinchant ne sachant pas mieux que Bourbaki comment s'en sortir et ne voulant pas tomber aux mains des Prussiens, rencontre le 1er février 1871 le général Herzog commandant en chef des armées suisses à Verrières, commune suisse frontalière située dans le canton de Neuchatel, district de Val de Travers, en fait, à une dizaine de kms à l'est de Pontarlier. Grâce à un accord connu sous le nom de « convention des Verrières », l'armée française, en piteux état, se livre aux Suisses : 87.847 soldats dont 2467 officiers, 11.800 chevaux, 285 canons et 1158 voitures.

*Mais les Suisses qui avaient proclamé leur neutralité dans le conflit, ne voulant pas mécontenter les Prussiens et surtout le terrible Bismarck, désarment les Français à leur passage de frontière et les traitent comme prisonniers de guerre.

*En fait, beaucoup furent dirigés vers des établissements hospitaliers et soignés et les Suisses sauvèrent la vie de beaucoup de nos soldats.

*Pendant ce temps là, en France, l'empire allemand avait été proclamé dans la galerie des glaces à Versailles le 18 janvier 1871, un armistice le 28 janvier (sauf pour le front de l'est) et des préliminaires de paix furent ratifiés le 2 mars 1871.

*Les Français prisonniers des Suisses furent rapatriés entre le 13 et le 24 mars 1871. Mais au préalable, les Suisses avaient réclamé à la République française, le remboursement des frais de garde ! Ce qui fut fait en août 1872 par le versement à la Suisse de 12 millions de francs (suisses).

Cet épisode semble oublié, mais il n'empêche que les Suisses peuvent se vanter d'avoir fait prisonniers 87.847 soldats français soit tout ce qu'il restait de l'armée de l'est.

Un tableau peint en 1881 par Édouard Castres, représente le passage de la frontière par cette armée. Ce tableau est exposé au musée de Lucerne, on en trouvera une reproduction en illustration.

J.D. 26 juillet 2016

l'armée française franchissant la frontière suisse, photo du tableau : J.P. Neri

l'armée française franchissant la frontière suisse, photo du tableau : J.P. Neri

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20 juillet 2016 3 20 /07 /juillet /2016 17:21

Cette expression de « Grande Grèce » se rapporte aux colonies grecques hors de la Grèce proprement dite. Mais selon les auteurs, on ne trouve pas le même champ géographique. Pour les uns ce sont les implantations en Italie du sud, pour d'autres celles sur l'actuelle côte turque (qui furent à l'origine des guerres « médiques » entre Perses et Grecs au début du cinquième siècle avant notre ère), etc.

Le concept qui me paraît le plus simple et le plus opérationnel est de considérer que firent partie de la « Grande Grèce » toutes les implantations grecques hors de la Grèce elle-même.

On trouvera en annexe une carte de cette Grande Grèce que j'ai empruntée à Wikipédia. L'auteure s'appelle Christine Moulin, il s'agit d'une Française installée en Grèce depuis une trentaine d'années. D'après ce que j'ai vu sur internet, elle organise des voyages à la demande. Voir son site : http://contact@decouvrirlagrece.com

(publicité gratuite)

Cette carte illustre très bien la rivalité qu'il y eut entre Phéniciens et Grecs pour la conquête de la Méditerranée occidentale. Ils se firent la guerre jusqu'à ce que le Raminagrobis Romain, qu'ils n'avaient pas vu venir, les mette d'accord en les croquant l'un et l'autre, comme la belette et le petit lapin de la fable. Voir la fiche N°269 http://jean.delisle.over-blog.com/2016/01/l-invasion-des-peuples-de-la-mer-n-269.html

Il convient d'ajouter que les différentes cités grecques se firent, elles aussi, souvent la guerre et que ces implantations extérieures de colonies renforçaient leur pouvoir à l'intérieur de la mère-patrie.

Les Grecs, comme les Égyptiens et les Romains furent de grands bâtisseurs et laissèrent d'importants monuments dans beaucoup de leurs colonies. Le résultat est qu'aujourd'hui on trouve plus de monuments grecs hors de Grèce que dans la Grèce elle-même et en outre, des monuments parmi les mieux conservés.

Parmi toutes ces réalisations fabuleuses, je vais en citer deux : Paestum, à une centaine de kms au sud de Naples et Agrigente sur la côte sud de la Sicile.

Paestum :

Le site de Paestum, sur le territoire actuel de Cappacio Paestum en Campanie, a été fondé sous le nom de Poseidonia vers l'an 600 avant notre ère par des Grecs de la cité de Sybaris : cité grecque elle-même fondée vers l'an 720 avant notre ère dans le golfe de Tarente. Sybaris se trouve aujourd'hui sur le territoire de la commune de Cassano all'Ionio, ville de Calabre sur le golfe de Tarente.

Les Lucaniens se sont emparés de la cité au quatrième siècle avant notre ère. La Lucanie, antique région, était à cheval sur les actuelles régions italiennes de Campanie (capitale Naples), et de Basilicate (capitale Potenza). Ils donnèrent à la ville le nom de Paeston.

Les Romains ont pris la cité en l'an 273 avant notre ère et l'ont appelé : Paestum.

La cité a alors suivi le sort de Rome. Son déclin commença lors d'une épidémie de malaria au quatrième siècle de notre ère et la ville fut détruite par les Sarrasins vers l'an 877.

Elle disparut complètement et fut redécouverte en 1748 à l'occasion de travaux. Le site fut classé au patrimoine mondial de l'UNESCO en 1998.

Le site s'étend sur 120 hectares dont seulement 25 ont été fouillés. Il comprend des antiquités de la période romaine (amphithéâtre, forum…), de la période des Lucaniens (une enceinte de 4,75 kms de long), mais surtout de la période grecque parmi lesquelles 3 temples majeurs.

Les découvreurs du XVIIIe siècle leur ont donné des noms en fonction de vocations supposées, mais qui n'ont pas été confirmées par les études plus récentes, mais ces noms du XVIIIe ont néanmoins subsisté.

Temple dédié à Héra :

Ce temple de style dorique fut construit vers l'an 550 avant notre ère. Il fut baptisé du nom de « Basilique » au XVIIIe siècle mais était dédié à Héra, qui dans la mythologie grecque était la fille de Cronos et de Rhéa et par conséquent la sœur de Zeus dont elle fut également l'épouse.

Ce temple mesure 24,35 mètres sur 54. Il possède 18 colonnes de chaque côté et 9 colonnes sur les faces avant et arrière. Ces colonnes ont 4,68 mètres de hauteur.

Temple dédié à Athéna :

Ce temple fut appelé « temple de Cérès » au XVIIIe siècle.

Cérès, déesse romaine correspond à la Déméter grecque. Elle est aussi dans la mythologie grecque fille de Chronos et de Rhéa. De son frère (Zeus), elle eut une fille : Perséphone (Proserpine pour les Romains). Déméter était la déesse de la terre et aussi celle des mystères d'Eleusis.

Athéna, fille de Zeus, était la déesse de la guerre (la Minerve des Romains) son symbole était la chouette. C'est en son honneur que la capitale des Grecs doit son nom d'Athènes.

Ce temple fut construit vers l'an 500 avant notre ère mélangeant les styles dorique et ionique. Il comporte 13 colonnes sur les côtés et 6 sur les faces avant et arrière.

Second temple à Héra :

ce temple construit vers l'an 450 avant notre ère fut appelé de Poseidon au XVIIIe siècle en référence au nom premier de la cité (Poseidonia). Au vingtième siècle il fut attribué à Héra, ce qui est contesté dans les textes les plus récents. Il serait en effet surprenant que la déesse Héra ait eu 2 temples dans la même cité. Une dédicace à Poseidon semble plus logique. D'autres auteurs récents attribuent ce temple à Zeus. Avoir dans la même cité un temple à Héra et un à Zeus a aussi sa logique.

Poseidon, le Neptune des Romains, est le dieu de la mer. Son symbole est le trident. Il est lui aussi fils de Chronos et de Rhéa et frère aîné de Zeus.

Zeus était le maître des Dieux, l'équivalent du Jupiter romain et d'Amon-Ré en Égypte. Les humains l'ont imaginé grand séducteur autant de déesses que de femmes. Son symbole est souvent la foudre.

Ce temple a 24,30 mètres sur 59,90 avec un fronton dorique, 14 colonnes de chaque côté et 6 sur les façades avant et arrière.

Le musée :

Situé de l'autre côté de la route et à mi-chemin entre l'amphithéâtre et le temple dit de Cérès, un musée a été inauguré en novembre 1952. Il fut agrandi en 1966 puis en 1970. Aujourd'hui il présente sur 3 étages toutes les découvertes effectuées lors des diverses campagnes de fouilles, ce qui illustre à la fois l'histoire de la cité mais de façon plus générale l'art grec.

Agrigente :

Le site d'Agrigente est situé presque au milieu de la côte sud de la Sicile.

La cité a été fondée vers l'an 580 avant notre ère par les Grecs de la cité de Gela, située aussi sur la côte sud de Sicile (à environ 75 kms à l'est d'Agrigente) et elle-même fondée vers l'an 690 avant notre ère par les Grecs de l'île de Rhodes. Akrakas fut le premier nom donné à la cité par les Grecs.

Cette cité connut un développement très important, ce qu'il reste des ruines grecques a reçu le nom de « Vallée des Temples » et a été classé au patrimoine de l'Unesco en 1997.

Comme tout le reste de la Sicile, les habitants de cette cité virent les combats à répétition entre Grecs et Phéniciens représentés par Carthage, puis entre Romains et Carthaginois, sans oublier les guerres entre les différentes cités grecques !

Après la première guerre punique (de -264 à -240), Rome annexa la Sicile. Ils donnèrent à Akrakas le nom d'Agigentum.

Après la chute de l'empire romain d'Occident, en l'an 476, la Sicile fut prise par les Byzantins (Empire romain d'Orient) en l'an 535, puis par les Arabes au IXe siècle. Ils donnèrent à la ville le nom de Girgenti.

Il y eut ensuite les Normands à partir de 1087, les Espagnols (dynastie d'Aragon) à compter de 1282, puis le royaume de Naples et des deux Siciles (en 1442)… Même les souverains de la Maison de Savoie eurent le titre de rois de Sicile de 1713 à 1720.

Enfin l'expédition de Garibaldi et de ses chemises rouges en 1860 permit de réunir la Sicile au nouveau royaume d'Italie.

Des nombreux monuments construits par les Grecs à Agrigente aux VIe et Ve siècles avant notre ère, il ne reste de traces que de 9 d'entre eux, mais une partie du site antique est encore enfoui sous les maisons et cultures de l'actuelle ville d'Agrigente. La muraille qui ceinturait la ville grecque mesurait 12 kms de long. Parmi les temples dont il reste traces, citons :

le temple de la Concorde : construit vers l'an 430 avant notre ère, de style dorique et comportant 34 colonnes. Il fut transformé en basilique chrétienne en l'an 579 et cela le sauva probablement de la destruction. En outre il fut l'objet d'une restauration en 1748, et c'est le restaurateur de l'époque qui lui donna son nom de temple de la Concorde mais on ne sait pas à quelle divinité il était dédié. Il avait 17 mètres sur 38 environ. Il est le seul temple d'Agrigente à peu près conservé.

Le temple de Zeus : construit vers -480, de 112 mètres sur 56 avec des colonnes de 20 mètres de haut aurait été le monument le plus important d'Agrigente, mais il fut détruit par les Carthaginois en -406.

le temple d'Héra : construit vers -450, de 17 mètres sur 38 avec 13 colonnes de côté et 6 de face. Détruit par les carthaginois en -406. Quelques colonnes ont pu être redressées.

Le temple de Castor et Pollux de la moitié du cinquième siècle (avant notre ère) de 14 mètres sur 32 environ avec 13 colonnes de côté et 6 de face. Il reste 3 colonnes debout. Dans la mythologie grecque, les jumeaux Castor et Pollux étaient les enfants de Zeus et de Léda reine de Sparte et par conséquent les frères de la belle Hélène.

Le temple d'Héraclès : construit vers l'an -500, il possédait 38 colonnes dont 8 furent relevées en 1924. Héraclès (Hercule pour les Romains) était fils de Zeus et d'Alcmène épouse du roi de Tirynthe (ville de Grèce en Argolide). Héraclès ou Hercule est surtout connu pour la légende des 12 travaux.

Le temple d'Athéna : construit au début du Ve siècle (avant notre ère) mesurait 15 mètres sur 35 environ avec 6 colonnes par 13

le temple à Déméter : construit vers -480/-470, mesurait 13 mètres sur 30 environ

le temple d'Héphaïstos : construit vers -430, mesurait 17 mètres sur 35 avec 6 colonnes sur 13. Héphaïstos (Vulcain pour les Romains) était le fils d'Héra seule ou d'Héra et de Zeus selon les versions. Il est le maître des forges.

Agrigente a aussi son musée archéologique qui rassemble nombre des découvertes effectuées sur le site.

En conclusion et pour employer la terminologie d'un célèbre guide touristique, les sites de Paestum et d'Agrigente méritent plus qu'un détour, carrément un voyage.

J.D. 20 juillet 2016

carte de l'expansion grecque et phénicienne

carte de l'expansion grecque et phénicienne

temples de Paestum, de haut en bas : Basilique ou Héra, Athéna ou Cérès, Héra ou Poseidon, photos Michèle Delisle avril 2002, et temple de la Concorde à Agrigente, photo J.D. 10 juillet 1973
temples de Paestum, de haut en bas : Basilique ou Héra, Athéna ou Cérès, Héra ou Poseidon, photos Michèle Delisle avril 2002, et temple de la Concorde à Agrigente, photo J.D. 10 juillet 1973

temples de Paestum, de haut en bas : Basilique ou Héra, Athéna ou Cérès, Héra ou Poseidon, photos Michèle Delisle avril 2002, et temple de la Concorde à Agrigente, photo J.D. 10 juillet 1973

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17 juillet 2016 7 17 /07 /juillet /2016 15:26

Sybille de Bâgé naquit en l'an 1255 à Bâgé, dans l'actuel département de l'Ain, et à une dizaine de kms à l'est de Macon (qui n'est pas dans l'Ain).

A noter que selon les auteurs, on trouve l'orthographe Sybille, Sibylle ou Sibille, Bâgé, Bagé ou Baugé.

*Elle fut la fille de Guy II de Bâgé, décédé en 1255, l'année de naissance de sa fille, et de Béatrice dauphine de Montferrat.

Côté paternel, elle descend d'une lignée qui, depuis le début des années 1.000 s'intitulait : « sires de Bâgé et seigneurs de Bresse ».

*Son grand-père, Renaud IV de Bâgé mourut en 1250 à Mansourah en Égypte alors qu'il accompagnait le roi Louis IX (Saint Louis) à la septième croisade. Les sires de Bâgé ont régulièrement participé aux croisades.

*A la mort de Renaud IV, Philippe de Savoie, alors archevêque de Lyon prit la tutelle des enfants de Renaud.

C'est Philippe de Savoie qui arrangea le mariage de Sybille avec un de ses neveux : Amédée de Savoie qui devint comte de Savoie (Amédée V) en 1285.

*Pour sa part, le mariage eut lieu le 5 juillet 1272 au château de Chillon à l'extrémité est du lac Léman. Sybille apportait la Bresse en dot à son mari, ce qui n'était qu'une régularisation car, de fait, la Maison de Savoie, par la tutelle de Philippe avait récupéré la Bresse dès 1266, puis, poursuivant son expansion, le Bugey et le Valromey en 1359 et le Revermont en 1389.

*Avec Amédée V, Sybille eut 8 enfants dont deux furent successivement comtes de Savoie : Edouard comte de 1323 à sa mort en 1329 et Aymon comte de 1329 à son décès en 1343.

Sybille de Bâgé décéda le 27 mai 1294 et fut inhumée à l'abbaye d'Hautecombe le 4 juin de la même année, avec son fils Jean décédé dans les mêmes moments. Elle y a encore un très beau cénotaphe : le deuxième, à gauche, dans la contre allée gauche en entrant.

On trouvera en illustration la représentation de l'abbaye d'Hautecombe en 1824 c'est-à-dire après le passage des vandales de la Révolution. Cette gravure a été publiée dans « abbaye d'Hautecombe » éditée par la Communauté du Chemin Neuf en mars 2014.

*La Bresse resta dans le domaine de la Maison de Savoie jusqu'au traité de Lyon du 17 janvier 1601 par lequel Henri IV récupéra pour la France : La Bresse, le Bugey, le Valromey et le pays de Gex.

*De ces trois siècles et demi d'appartenance à la Savoie, il reste en Bresse de nombreux témoignages, voir la note N°56 http://jean.delisle.over-blog.com/article-savoie-et-maison-de-savoie-99226231.html

dont le plus connu est l'église de Brou à l'entrée de Bourg-en-Bresse (en venant de Chambéry).

*Trois communes de l'Ain portent encore le nom de Bâgé : Bâgé-le-Châtel, Bâgé-la-Ville et Saint-André-de-Bâgé, sans oublier la Communauté de communes du « Pays de Bâgé » qui regroupe 9 des 10 communes de l'ancien canton de... Bâgé et compte dans les 15.000 habitants.

C'est Bâgé-le-Châtel qui fut la capitale des Sires de Bâgé et qui fut en conséquence la capitale de la Bresse jusqu'au décès de Sybille de Bâgé. C'est alors Bourg-en-Bresse qui récupéra le rôle de capitale.

J.D. 17 juillet 2016

Hautecombe en 1824, source : Communauté du Chemin Neuf et cénotaphe de Sybille de Bagé à Hautecombe, photo J.D. 25 juillet 2016
Hautecombe en 1824, source : Communauté du Chemin Neuf et cénotaphe de Sybille de Bagé à Hautecombe, photo J.D. 25 juillet 2016

Hautecombe en 1824, source : Communauté du Chemin Neuf et cénotaphe de Sybille de Bagé à Hautecombe, photo J.D. 25 juillet 2016

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12 juillet 2016 2 12 /07 /juillet /2016 16:12

L'Islande s'est distinguée, en bien, au mondial de foot 2016, mais cela n'est qu'anecdotique.

*La principale caractéristique de ce pays de 103.000 km² (équivalent à moins d'un cinquième de la superficie de la France) est qu'il est situé sur une zone de rencontre de deux plaques tectoniques : la plaque américaine et la plaque euro-asiatique.

*L'épaisseur de la croûte terrestre sous les pieds des Islandais n'est que de 3.000 mètres et le pays est truffé de 200 volcans dont 130 actifs. Il y a une éruption volcanique importante en Islande en moyenne tous les 4 ans. Les habitants (330.000 actuellement) se sont adaptés.

*La dernière éruption importante est celle du Bardarbunga entre le 28 août 2014 et le 27 février 2015. Dans ce laps de temps, ce volcan cracha de la lave entre 10 et 14 mètres d'épaisseur sur une superficie de 85 km2 .

*L'avant dernière éruption importante est celle de l'Eyjafjallajokull d'avril 2010 qui perturba le trafic aérien en Europe durant un mois.

*L'éruption la plus importante des « temps historiques » c'est-à-dire des 5.000 dernières années environ, est celle du Laki commencée le 8 juin 1783 et qui se poursuivit jusqu'au 7 février 1784. Cette éruption a donné lieu à de nombreux textes, films dont un diffusé sur la chaîne Arte le 20 mars 2010, le 26 mars 2011, le 12 avril 2012, le 29 novembre 2015…

*Ce Laki situé au centre de la zone de failles entre les plaques tectoniques, possède plus de cent cratères ou en termes militaires plus de cent « bouches à feu »

*Pendant les 5 premiers mois de son éruption le Laki déversa 14 milliards de m³ de lave basaltique, ce qui représente, si l'on veut une comparaison, le débit du Rhin à son embouchure durant 5 mois et en même temps 122 millions de tonnes de gaz toxiques (dioxyde de souffre et acide fluorhydrique) qui se répandirent dans l'atmosphère et furent poussés sur l'Europe par le vent. Paris fut atteint par le nuage dès le 20 juin 1783. Pour aggraver la situation, dans les mêmes moments (du 9 mai au 5 août 1783), un volcan japonais (l'Asama) entrait lui aussi en éruption et ajoutait sa masse de gaz toxiques dans l'atmosphère. L'effet conjugué des 2 volcans pollua tout l'hémisphère nord.

*Cela entraîna un dérèglement climatique durant plusieurs années avec des hivers plus longs, plus froids et plus neigeux qu'à l'accoutumée et en prime des inondations lors de la fonte des neiges. Ainsi la Seine fut gelée le 1er janvier 1784. Même le Mississippi gela à la Nouvelle-Orléans c'est-à-dire presque à son embouchure et jusqu'au golfe du Mexique qui à l'époque fut décrit comme gelé à certains endroits.

*Des orages violents se multiplièrent avec des grêlons atteignant jusqu'à 5 kgs.

*En France les 2/3 du pays furent recouverts par les nuages toxiques. L'hiver 1787/1788 fut particulièrement long et des orages le 13 juillet 1788 détruisirent les récoltes sur une grande partie du territoire.

*Tous ceux qui ont dépouillé les registres paroissiaux dans différents pays de l'hémisphère nord constatent une surmortalité sur la période, due à la pollution, à la famine…

*A partir de ces éléments, beaucoup d'auteurs établissent un lien entre le Laki et la Révolution française à partir de l'enchaînement : éruption, dérèglement climatique, mauvaises récoltes, famines, révolution.

*D'autres auteurs contestent ce lien en remarquant que le dérèglement climatique toucha tout l'hémisphère nord et qu'il n'y eut une révolution qu'en France. A chacun de se faire une opinion.

*Dans les émissions consacrées à l'éruption de 1783, les vulcanologues semblent unanimes pour dire qu'une éruption aussi violente peut revenir et même reviendra, mais naturellement, ils ne savent pas quand. Pour le savoir, il suffit d'attendre !

J.D. 12 juillet 2016

carte publiée sur le site du lycée Sainte Marie du Port aux Sables d'Olonne et montrant l'Islande à la zone de rencontre des plaques tectoniques

carte publiée sur le site du lycée Sainte Marie du Port aux Sables d'Olonne et montrant l'Islande à la zone de rencontre des plaques tectoniques

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26 juin 2016 7 26 /06 /juin /2016 22:51

Cette note N°300 est consacrée à Saint Jean d'Arvey, où je réside depuis 37 années. Je devais bien cela à cette commune de Savoie.

L'Histoire et le passé de cette commune ont déjà fait l'objet d'un certain nombre de publications. En voici 2 :

*« Saint-Jean-d'Arvey en Savoie » de Nicole Vaget-Grangeat publié en 1999 à La Fontaine de Siloé. Ce livre est très documenté et abondamment illustré.

* »Je suis née avant la guerre... à Saint Jean » de Geneviève Crémilleux née Roux. Ce livre est encore en vente chez l'auteure à Saint Jean d'Arvey (04 79 28 42 47)

En complément à ces ouvrages, voici 3 anciennes descriptions de Saint Jean d'Arvey :

* »Dictionnaire du Duché de Savoie », auteur anonyme (1840) :

« Saint Jean d'Arvey : commune à 1 lieue 1/2 au nord-est du mandement, postes et insinuation de Chambéry (Savoie-propre). Population : 1.000 habitants, superficie : 3193 journaux. Son territoire en pente prend de la montagne du Nivolet et s'étend jusqu'à la rive droite de la rivière de Laisse et forme une commune assez étendue ayant regard au sud-est. Elle est très productive en vins, grains, bois, fruits, légumes et fourrages. Elle est traversée par la nouvelle route de communication avec les Bauges par Les Déserts. »

* »Promenades en Savoie » par Achille Raverat 1872 :

« le chemin plusieurs fois replié sur lui-même nous conduit bientôt à Saint Jean d'Arvey, gros village s'étendant à son aise sur le large plateau qui descend du mont Chaffardon, et s'appuie sur les rochers du Bout-du-Monde.
La commune est riche en grains, légumes, fourrage et bois ; on y trouve même quelqu
es vignes.

L'église, moderne de style grec, a son intérieur décoré dans le genre pompéïa, décoration assez originale et en harmonie avec l'architecture de l'édifice. Non loin de l'église, dans un carrefour du village, voici une grosse pierre brute dont les villageois font l'objet d'une vénération traditionnelle, nous avons tout lieu de présumer que c'est un menhir, une petite croix de fer fixée au sommet de ce monument druidique, l'a conquis au christianisme.

Il existait sur ce territoire plusieurs domaines ayant le titre de fiefs : Salins, modeste maison bourgeoise, Chaffardon, gros bâtiment qui semble écrasé sous le poids d'une énorme toiture aplatie, La Bathie, construction massive, crénelée et habitée malgré son délabrement. La Bathie appartenait à la famille de Seyssel, dont on voit les armes au dessus de la porte d'entrée.

Au-delà de Saint Jean d'Arvey, un nouveau chemin se détache de la route principale et descend au fond du ravin de la Laisse, là où cette rivière reçoit le nant de Tormeroz. Un pont élevé, un vieux moulin placé entre les deux cours d'eau, une puissante végétation et de gros rochers forment en cet endroit un très heureux tableau. »

* »Histoire des communes savoyardes », ouvrage rédigé par un collectif (Philippe Paillard, Michèle Brocard, Lucien Lagier-Bruno, André Palluel-Guillard), éditions Horvath, mai 1982 :

Saint-Jean-d'Arvey (à noter les 2 traits d'union dans l'orthographe du nom de la commune. Sur les bulletins municipaux, c'est à partir de 2010 que l'on trouve : Saint-Jean d'Arvey, alors que sur l'annuaire des postes on a : Saint Jean d'Arvey, comme sur le dictionnaire du duché de Savoie en 1840, tandis que sur l'annuaire des communes de France, on a toujours Saint-Jean-d'Arvey, ainsi que sur l'almanach du facteur)

Appellation médiévale : Arvisium

Toponyme révolutionnaire : Mont d'Arvey

Habitants : les Sangerains (et les Sangeraines).

Population : 635- 669 (en 1776)-1030- 715- 597- 587 (au recensement de 1975 et 1628 habitants au recensement de 2013)

Altitude : 570 mètres (au chef-lieu)

Superficie : 1301 hectares

à 7 kms de Chambéry.

Province de Savoie, puis de Savoie-Propre, mandement de Chambéry (1815/1860). Judicature mage de Chambéry. Tabellion de Chambéry.

Diocèse de Grenoble (Décanat de Savoie) puis diocèse de Chambéry (1779/1792), diocèse de Chambéry et Genève (1802/1820), puis de Chambéry depuis 1820.

Pendant la Révolution, canton de Saint-Alban. Après 1800, canton de Chambéry-Nord. Après 1816, mandement de Chambéry.

Hameaux et lieux-dits : La Corbière, la Crouette, l’Église, Lovettaz, Montagny, Le Nivolet, Planaz, Le Puisat, Les Thermes, Les Villard.

En grande partie adossée au rebord méridional du plateau des Bauges, du Mont-Peney et du Nivolet, Saint-Jean-d'Arvey est apprécié depuis longtemps, comme station climatique jouissant d'une des plus belles vues sur la cluse de Chambéry, les massifs de la Chartreuse et des Belledonnes et la vallée du Grésivaudan. La commune est limitée au sud et à l'est par le cours de la Leysse qui se précipite en cascade au Bout du Monde. Un de ses affluents, la Doria, sort d'un trou du rocher au pied de la falaise ; un autre orifice au-dessus du précédent laisse également sortir de l'eau, en cas de fortes pluies ; elle coupe la commune en deux par un profond ravin.

Les fouilles du docteur Carret (1844/1912) : Le relief calcaire des Préalpes a provoqué la formation de nombreuses grottes. Non loin de la source de la Doria s'ouvre la grotte de la Doria dite aussi Grotte à Carret. Une légende locale voulait que cette grotte ait été habitée par une famille princière expulsée d'Italie ; la famille Donaz dit le Prince, connue à Saint-Jean, tirerait son origine des anciens habitants de cette grotte.

Ce lieu fut certainement habité à l'époque néolithique (période qui, en Europe, va de 7000 à 2000 avant J.C.); on a trouvé quelques silex.Mais il est surtout intéressant par l'évocation du personnage du docteur Carret qui devait pendant sept années, à partir de 1886, faire fouiller la grotte de fond en comble. Jules Carret, notable chambérien, conseiller municipal (de Chambéry), député de la Savoie, fut un personnage haut en couleurs : franc-maçon, anthropologue et archéologue à ses heures, le portrait de ce que l'on considérait alors comme un original. En 1895, il achète à la commune de Saint-Jean-d'Arvey une parcelle de terrain devant l'entrée de la grotte et se fait bâtir, sous la caverne, une maison à moitié enterrée, sobre et austère, où il résidera durant ses vacances de député et plus longtemps après avoir été battu, en 1889. Il mettra à jour des ossements d'animaux et un squelette humain de Cro Magnon (c'est en 1868 que fut découvert en Dordogne, un squelette dit de Cro Magnon qui remonte à 27.000 ans avant notre ère, à la suite, par analogie, les squelettes compris entre -40.000 et -12.000 ans furent considérés comme de Cro Magnon), mais, malgré un travail colossal, ses découvertes ne combleront pas son attente.

Les origines : Le Mont Peney fut donc un lieu très anciennement habité (on y a découvert aussi des gravures rupestres de l'âge de bronze) (grosso-modo, l'âge de bronze va de -3000 à -1000 avant notre ère) ; dans la commune ont été trouvées des tombes romaines.

Au Moyen Age (période qui va de la chute de l'Empire romain d'occident en l'an 476 à la chute de Constantinople en 1453), Saint-Jean-d'Arvey releva d'abord de la seigneurie d'Arvey qui comprenait aussi Thoiry et Puygros ; deux familles se partageaient le pays : les d'Arvey et les Chaffardon. Les Chaffardon apparaissent au début du XIIIe siècle et se firent construire une maison forte qui fut transformée plus tard en château. La seigneurie passe en 1633 à la famille d'Oncieu par les mains de Janus d'Oncieu, président du Sénat de Savoie, en faveur de qui elle fut érigée en marquisat en 1682. Sous la Révolution (Saint-Jean-d'Arvey est alors devenu Mont-d'Arvey), la famille émigra à Turin. En 1876, Joseph d'Oncieu épousera la fille d'un riche industriel de la Sarre qui fera reconstruire le château sur les parties anciennes, lui donnant son aspect actuel. La famille Perrier en est devenu propriétaire depuis 1970.

Les d'Arvey connus dès le Xe siècle avaient fait construire au XIIIe siècle une maison forte sur l'emplacement de la villa d'un colon romain du nom d'Alvisius. En 1421, le duc de Savoie (il s'agit d'Amédée VIII qui en 1421 avait le titre de duc depuis 5 ans) accorde à Pierre de Salins l'investiture et le fait seigneur de Salins. En 1539, il est vendu à la famille de Antoine Piochet , avocat à Chambéry. Son petit-fils y fera d'importantes réparations. Viendra ensuite la famille de la Place qui gardera le titre de Salins puis Perrier de la Bathie.

Actuellement, on voit une tour ancienne englobée dans un corps de logis des XVIe et XVIIe siècles.

L'église de Saint-Jean-d'Arvey, dédiée à Saint Jean-Baptiste, était, comme le prieuré de Thoiry, sous la dépendance du chapitre de la Sainte Chapelle (du château de Chambéry). Pendant une grande partie du Moyen Age, les visites pastorales la dépeignent comme mal entretenue et délabrée ; en 1667, elle est une première fois reconstruite de fond en comble et disparaissent ainsi les vestiges des anciennes chapelles ; l'église actuelle est du XIXe siècle.

Métiers du fer : En dehors de l'activité rurale traditionnelle qui permettaient de subvenir aux besoins des habitants, la commune offrait la particularité de posséder une petite industrie métallurgique.

Cette activité semble d'ailleurs remonter loin dans la passé et s'exerçait dans le hameau de la Crouettaz, dont le nom viendrait peut-être d'une grotte d'où aurait été extrait le minerai de fer.

Cette exploitation aurait été le fait des moines chartreux tant de Bellevaux-en-Bauges (il y a sûrement une erreur de frappe et il s'agit probablement de Bellecombe-en-Bauges) que de Saint-Hugon, d'où serait venu (d'Arvillard plus exactement) un certain Grangeat qui exploitera les mines de son vivant. Les Grangeat seront maîtres de forges jusqu'en 1840.

Le combustible était fourni par le bois de forêt du Bois-Rond et l'on raconte que les plaques de fer, extraites des hauts fourneaux, étaient traînées dans la forêt dans des couloirs jusqu'au sommet de la côte ; de là elles glissaient jusqu'aux forges, au lieu-dit le Martinet, un peu après le hameau de la Crouettaz, non loin du mamelon, de la Pallud (commune de Thoiry) où résidaient les nobles de la Pallud, premiers propriétaires des forges. Les ouvriers des forges logeaient à la Crouettaz.

De petits métiers procuraient quelques ressources aux habitants. Certains avaient ainsi au XIXe siècle continué de porter le bois de la forêt communale et le bois de noyer au marché de Chambéry ; cet usage aurait cessé à la fin du siècle (il s'agit du XIXe siècle).

Les servants : Les servants étaient l'objet d'une croyance très généralement répandue en Savoie mais qui donnaient motifs dans la région de Saint-Jean et de Thoiry aux récits les plus fantastiques. C'étaient des sortes de génies tutélaires (génies de protection), que possédaient les familles importantes et principalement les seigneurs. Ils prenaient volontiers la forme d'un animal monstrueux (chien, cheval ou petit chat devenant soudain d'une grosseur prodigieuse) et apparaissaient souvent la nuit. Gare alors à celui qui s'aventurait dans le champ d'un de ces personnages ; en sus de la frayeur, il risquait de voir s'abattre sur lui une grêle de pierres ou d'être emporté par d'énormes blocs de rocher dévalant de la montagne. D'autres fois il renversait la marmite de soupe de l'intrus à table, cassait la vaisselle, ou suspendait pendant la nuit une jument à la charpente du galetas. Il y avait plusieurs de ces êtres fantastiques à Saint-Jean-d'Arvey : le servant du Bois-Rond qui surveillait les propriétés des seigneurs de Salins et leurs troupeaux. Celui de Ste Nicolle (on trouve aussi souvent l'orthographe Saint Nicolle que Sainte Nicolle) qui prenait un malin plaisir à cacher les outils des ouvriers agricoles, celui du château de Salins, apparaissant la nuit sous la forme d'un élégant cavalier ou d'un chien énorme.

Au début du présent siècle (il s'agit du vingtième siècle) Saint-Jean-d'Arvey était un lieu de villégiature apprécié ; à la veille du second conflit mondial, cinq hôtels étaient ouverts ; la commune comptait aussi plusieurs cafés (6) et de nombreux commerçants (épiciers, fromagers, boulangers, bouchers). Il y avait aussi un maréchal-ferrant, un cordonnier, et plusieurs charpentiers et menuisiers. Aujourd'hui encore, le village garde trace de cette pluri-activité qui en fait ses charmes ; la population, longtemps en déclin, remonte progressivement depuis 1968. En octobre 1980, elle était de 824 habitants, en hausse donc importante sur le dernier recensement.

St-Jean-d'Arvey veut actuellement maîtriser l'afflux de population engendré par la croissance du chef-lieu (il s'agit de Chambéry et de son agglomération), et respecter l'environnement : éviter la pollution des sources par les infiltrations provenant du plateau des Déserts, intégrer la propriété Chaffardon que la commune vient d'acquérir. La municipalité y projette le maintien d'un espace vert sur trente-cinq hectares, accroissant ainsi la surface lui appartenant (c'était déjà le village ayant la plus grande superficie appartenant à la commune). Trois hectares supplémentaires seront constructibles sous forme de lotissements ».

Commentaires : Les citations sont en italiques, les ajouts en caractères droits sont des précisions pour éclairer le lecteur.

Il convient de lire ces textes en gardant en mémoire leur date de publication.

A titre de cadrage général, on peut ajouter :

*C'est à partir du XIe siècle que les descendants du Mauriennais Humbert constituèrent une dynastie et agrandirent leur territoire. D'abord avec un titre de comtes puis de ducs (en 1416) puis de rois (à partir de 1720). Le terme « duché de Savoie » concerna l'ensemble du territoire de la Maison de Savoie, jusqu'à la royauté. Ensuite il désigna seulement la partie française de leurs possessions, ce qui correspond aujourd'hui aux départements Savoie et Haute-Savoie.

*Vassale du Saint Empire romain germanique jusqu'en 1720, la Savoie fut souvent envahie surtout par les troupes françaises, mais aussi par les Espagnols. A partir du traité de Lyon en 1601, les possessions de la Maison de Savoie de ce côté-ci des Alpes diminuèrent , tandis qu'elles augmentaient du côté italien.

*Le « duché de Savoie » fut une première fois annexé par la France après l'invasion de septembre 1792 puis rendu au royaume de Sardaigne après la chute de Napoléon Bonaparte avant d'être finalement « réuni » à la France officiellement à compter du 14 juin 1860 à midi.

*Entre 1815 et 1860, le duché de Savoie avait été divisé en provinces. La région de Chambéry constituait « la Savoie propre », la région d'Albertville : « la Haute-Savoie » etc

On rappellera, parce que c'est quand même croustillant, qu'au référendum d'avril 1860 pour savoir si les habitants voulaient devenir Français, dans les bureaux de vote, ils n'eurent à leur disposition que des bulletins « OUI », pas d'isoloirs et que dans beaucoup de villages, les électeurs se rendirent pour voter, en cortège, au sortir de la messe, drapeaux français et fanfare en tête.

En dernière remarque, ajoutons que sur la porte latérale, l'église de Saint Jean d'Arvey, consacrée à Saint Jean-baptiste, porte la date de 1665, ouf, les ouvriers qui ont construit l'église avaient déjà la bière 1664 pour se rafraîchir !

Sur le « Dictionnaire étymologique des noms de lieu de la Savoie » d'Adolphe Gros, publié en 1994 à La Fontaine de Siloë, voici l'évolution du nom de Saint Jean d'Arvey :

-Ecclesia Sancti Johannis de Arvesio vers l'an 1100

-Apud Sanctum Johannem de Arvisiis en 1207

-Parrochia Sancti Johannis de Arveisio en 1344

-Ecclesia Sancti Johannis de Arveysio en 1497

-St Jehan d'Alveys en 1575

-St Jehan d'Alvay en 1632

-St Jean d'Arveis au XVIIe siècle

-St-Jean-d'Arvey en 1738

Illustrations :

on trouvera en illustrations jointes à cette note :

*une photo du Mont Peney qui domine Saint Jean d'Arvey, photo Michèle Delisle 1998

*la photo d'une habitation de Saint Jean d'Arvey, route de la Crouette. Photo Dominique Croix avril 2016. Voir son site consacré principalement à la photo :

http://croixdelisle.over-blog.com

J.D. 26 juin 2016

Le Mont Peney et habitation à Saint Jean d'Arvey
Le Mont Peney et habitation à Saint Jean d'Arvey

Le Mont Peney et habitation à Saint Jean d'Arvey

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23 juin 2016 4 23 /06 /juin /2016 16:19

La commune de « Les Déserts » est en Savoie, dans le massif des Bauges, mais elle fait partie administrativement, depuis 1973, du canton de Saint Alban Leysse qui est situé pour l'essentiel dans la partie sud de l'agglomération de Chambéry.

Cette commune de 3359 hectares s'étage entre 636 mètres d'altitude et 1845 mètres ; le chef-lieu est à 1080 mètres.

Elle fut d'abord dédiée à Saint Michel, puis fut surnommée « Saint Michel-des-Déserts », avant d'être finalement appelée « Les Déserts ».

Elle a sur son territoire la Croix du Nivolet, la station de La Féclaz et en partie la station du Revard.

*La Commune :

Cette commune atteignit son pic de population au recensement de 1848 avec 1526 habitants, pour retomber à 455 au recensement de 1975 et remonter à 758 en 2013, probablement atteinte par l'extension de l'agglomération de Chambéry, même si le centre des Déserts est à 14 kms de Chambéry et avec un dénivelé de 800 mètres de centre à centre.

La commune de Les Déserts adhéra au syndicat « Savoie Grand Revard » en 1990, au Parc Naturel des Bauges en décembre 1995, au syndicat des communes du canton de Saint Alban Leysse le 1er juin 2002 et à Chambéry Métropole le 2 septembre 2005.

C'est sur son territoire que la Leysse prend sa source pour aller se jeter dans le lac du Bourget après avoir traversé l'agglomération de Chambéry. Il y a 2 ans, mon petit-fils Romain, qui avait alors 15 ans, m'avait dit : « le lac du Bourget est un chien puisqu'il est au bout de la Leysse » !

Les habitants sont appelés les Désertiers et les Désertières.

L'église de la commune est dédiée à Saint Michel et le bâtiment actuellement visible a été consacré en 1880. Cette église est en surplomb au-dessus de la route départementale 912.

*La Croix du Nivolet :

Cette Croix est située sur une pointe du massif des Bauges (à 1547 mètres d'altitude) qui domine la cluse de Chambéry. Elle est visible de presque toute l'agglomération de Chambéry et en constitue l'un des symboles.

La première croix fut inaugurée le 15 septembre 1861 par Monseigneur Vibert évêque de Maurienne, l'évêque de Chambéry en poste à l'époque était trop âgé pour se rendre sur le site.

Suite à des destructions dues à différentes causes, la croix fut l'objet de restaurations avec des inaugurations le 2 juillet 1911, le 2 juillet 1960 et en 1989.

La dernière version a 21,50 mètres de haut et 5 mètres dans le sol, pour une envergure de 9,60 mètres et un poids de 7 tonnes.

*La Féclaz :

Cette station située entre 1350 et 1525 mètres d'altitude participe à l'ensemble « Savoie Grand Revard » qui comprend La Féclaz, le Revard et Saint François de Sales et qui permet le ski de fond (140 kms de pistes) et le ski alpin avec 14 remontées mécaniques. La station de la Féclaz elle-même a une capacité d'accueil touristique de 3500 lits environ.

Sur son territoire a été inaugurée en 1936 la chapelle « Notre-Dame des Neiges ».

Le site d'abord appelé « le plateau des Chalets » prit son nom de La Féclaz dans les années 1930. Sur ce site, le premier investissement hôtelier date de 1892. C'est en 1924 que la Société PLM (Paris-Lyon-Marseille) commença à y investir. La route arriva à La Féclaz en 1931, l'électricité en 1947/48 et l'eau en 1961/1962.

*Le Revard :

Le plateau du Revard domine la ville d'Aix-les-Bains et le lac du Bourget. Son point culminant est à 1562 mètres d'altitude et le belvédère à 1538 mètres. Il est à cheval sur 4 communes : Les Déserts, Pugny-Chatenod, Trévignin et Le Montcel.

Au fil des siècles le site s'est appelé successivement « Reva », « Mont Rival », « Mont d'Azy », « Mont Revers ». C'est en 1873 qu'il prend le nom de « Mont Revars », orthographié « Mont Revard » depuis le vingtième siècle.

Le développement du Revard, à partir de 1878, est lié à la réputation de la station thermale d'Aix-les-Bains au XIXe siècle. Le site fut desservi, depuis Aix-les-Bains par un chemin de fer à crémaillère de 1892 à 1937, puis par un téléphérique de 1935 à 1969 et enfin par la route ; la route nationale 513 devenue en 1972 la route départementale 913.

L'activité ski a commencé en 1905, faisant du Revard une des plus anciennes stations de sports d'hiver en France. Le belvédère a été réaménagé en 2011. Il permet une vue sur Aix-les-bains, le lac du Bourget et la chaîne de l'Epine qui domine le lac côté ouest et qui constitue, pour les géographes, le dernier maillon du Jura.

Outre les activités d'hiver, l'ensemble « Savoie Grand-Revard » a de nombreuses activités estivales dont un site de départ de parapentes au Revard.

*Toponymie :

Un habitant (le patron du restaurant « Le Margériaz ») de la commune « Les Déserts » m'a demandé il y a environ 3 semaines si je savais pourquoi cette commune s'appelait « Les Déserts » alors que située en montagne, elle est très boisée et très verte.

Sur internet, je n'ai pas trouvé la réponse. J'ai regardé dans le « dictionnaire du Duché de Savoie », ouvrage daté de l'an 1840, dont le rédacteur est resté anonyme et le travail à l'état de manuscrit qui s'est retrouvé, on ne sait par quel cheminement, aux Archives départementales de la Savoie qui ont numérisé le document.

C'est à partir de cet exemplaire possédé par la Savoie que la Société Savoisienne d'Histoire et d'Archéologie (SSHA, digne société savante fondée le 6 août 1855) en a assuré la publication en 2 volumes (2004 et 2005).

L'ouvrage concerne toutes les communes de l'ancien Duché de Savoie, il est classé par ordre alphabétique des communes mais « Les Déserts » est classé à la lettre « M » sous l'appellation « Saint Michel-des-Déserts » (Les Déserts ) et voici ce que l'on peut lire sur cette commune:

«... Elle était jadis peu productive, par la paresse de ses habitants qui préféraient aller voler le bois dans les forêts dont la commune et les voisines abondent et venir le vendre à Chambéry que de cultiver leurs terres. Ce commerce n'a pas entièrement cessé mais il a beaucoup diminué ...».

Je ne sais pas ce que les habitants de la commune vont penser de cette information, mais depuis bientôt deux siècles, il y a prescription.

J.D. 23 juin 2016

Ajout du 29 juin 2016 :

suite à cet article, j'ai reçu un très intéressant témoignage de madame Sartori née Favetta aux Déserts. Voici son texte :

« Je suis née en 1929 aux Déserts. C’est avec intérêt que j’ai lu tous les détails que vous donnez sur cette belle région. Je ne suis pas d’accord avec la fin de votre article qui dit qu’en 1840 les habitants étaient fainéants et voleurs.

Je vais donc témoigner de ce que j’ai vu durant mon enfance et aussi de ce qui m’a été raconté à l’époque par les habitants les plus âgés.

Ces gens pauvres travaillaient très durement pour vivre. Ils allaient faucher l’herbe jusqu’au sommet du Margériaz pour nourrir leurs vaches.

Chaque printemps, ils étaient obligés de remonter les terres de leurs champs abrupts, sur leur dos, dans des « cassecos ».

Ils allaient couper du bois pour se chauffer, dans des endroits dangereux.

Ils profitaient de la neige en hiver pour transporter le fumier sur les terrains pentus.

Ils se levaient très tôt pour porter à la fruitière le lait de leurs vaches (leur seul revenu).

Comme ils avaient des hivers longs et rigoureux, ils devaient dégager la neige à la pelle pour pouvoir accéder aux abreuvoirs et faire boire leurs bêtes.

En été, ils se levaient à l’aube pour faucher leurs prés à la faux. Tout le foin était mis dans des « barillons » que les hommes portaient sur leur dos jusqu’à leur grange.

Ces gens avaient des terrains très morcelés et chacun d’entre eux connaissait bien les limites de ses propriétés et les surveillait.

PS. Il serait intéressant de connaître l’histoire du château des Déserts, la date de sa construction, les personnes qui l’ont habité puis abandonné. Des ruines sont encore visibles aux Mermets. Je n’ai jamais réussi à avoir une information précise sur cette période de l’histoire des Déserts. C’est peut-être à cette époque que les paysans ont essayé de survivre dans des conditions encore plus difficiles que celles que j’ai connues. »

Nota : le texte du dictionnaire du Duché de Savoie est daté 1840. Ce qui correspond probablement à la fin du texte. Il concerne plusieurs centaines de communes et représente un énorme travail qui a certainement duré de nombreuses années. Entre ce texte et le témoignage de Madame Sartori , au minimum un siècle s'est écoulé, ils ne sont donc pas forcément incompatibles.

En outre l'auteur du dictionnaire du Duché de Savoie est resté anonyme et il ne cite pas ses sources. Tout ce qu'il écrit est-il vrai ou vraisemblable ? Je ne peux le dire. Mais c'est la seule explication que j'ai trouvée au nom « Les Déserts ». Si un lecteur de ce blog a une autre explication, je suis preneur.

Pour répondre à la demande de madame Sartori sur le château des Déserts, voici ce que j'ai trouvé dans « Histoire des communes savoyardes » publiée en mai 1982 (pour la référence des auteurs, voir la fiche N°300) :

« Il y avait une seigneurie de Saint Michel des Déserts qui, en 1359, où elle apparaît, était possession de la famille Valard de Chambéry. Les Lageret la possédèrent ensuite, puis après l'exécution de Jean Lageret (Ce Lageret né vers 1375 était devenu conseiller d'Amédée VIII, il fut décapité à Chambéry le 24 septembre 1417 après avoir été accusé de sortilèges et d'envoûtements) et un bref passage dans le patrimoine de la Maison de Savoie, elle fut successivement propriété des Bonivard, jusqu'en 1523, puis des Crescherel dont un descendant, Claude, connut une certaine célébrité grâce à ses « Heures successives » poèmes publiés à Genève en 1551. Viennent ensuite les Seyssel, les Sardoz de Chieri, les Coysia et enfin les Pavey qui en furent investis en 1789. Le château des Déserts, dont il ne reste aucune trace, aurait été un édifice assez vaste remontant à une « haute antiquité », et bâti sur une terrasse de la rive gauche de la Leysse, face à l'église, côté est. Au XVIIIe siècle, on y remarquait une grande salle dont l'ornementation consistait en une garniture de têtes de cerfs pendues aux murailles ».

ajout du 7 juillet 2016 :

Dans le dictionnaire étymologique des noms de lieu de la Savoie » d'Adolphe Gros publié en 1994 à « La Fontaine de Siloë », on trouve les noms suivants pour Les Déserts :

Ecclesia Sancti Michaelis de Deserto en 1340

Ecclesia Sancti Michaelis de Desertis en 1414

avec le commentaire suivant :

« Le nom de Désert s'applique donc à des hameaux ou maisons isolés dans une région peu cultivée d'aspect désertique. Il signifie aussi un essert »

Le mot « essert » utilisé est probablement une déformation de « Essart » dont j'ai trouvé la définition suivante :

« Le mot essart peut avoir différentes significations. Il désigne aussi bien des terres nouvellement défrichées, les défrichements de terrain définitifs ou les temporaires, le simple abattage de bois, l'éclaircissement de la forêt ou même de terrains vagues ».

Le Nivolet vu de Chambéry, l'église Saint Michel-des-Déserts et vitrail de St Michel terrassant le démon, photos J.D. 22 et 24 juin 2016
Le Nivolet vu de Chambéry, l'église Saint Michel-des-Déserts et vitrail de St Michel terrassant le démon, photos J.D. 22 et 24 juin 2016
Le Nivolet vu de Chambéry, l'église Saint Michel-des-Déserts et vitrail de St Michel terrassant le démon, photos J.D. 22 et 24 juin 2016

Le Nivolet vu de Chambéry, l'église Saint Michel-des-Déserts et vitrail de St Michel terrassant le démon, photos J.D. 22 et 24 juin 2016

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13 juin 2016 1 13 /06 /juin /2016 08:07

Après sa seconde abdication, Napoléon Bonaparte fut exilé par les Anglais dans l'île de Sainte-Hélène dans l'Atlantique sud.

*Napoléon arriva à Sainte-Hélène en octobre 1815. En avril 1816, un nouveau gouverneur, nommé par les Anglais, arrivait lui aussi. Hudson Lowe, c'est son nom, (28 juin 1769/10 janvier 1844) s'employa, de son arrivée jusqu'à la mort de Napoléon (5 mai 1821) à lui pourrir la vie.

*Lowe rentra en Angleterre à l'automne 1821. Il s'attendait à être accueilli en héros, mais ce fut tout le contraire.

*Les Anglais avaient été les ennemis les plus acharnés et les plus constants de Napoléon, mais cela ne les empêchait pas d'admirer l'homme. Ce qui n'est pas surprenant quand on songe à la ferveur avec laquelle Autrichiens, Russes et d'autres (sauf les Français!) célébrèrent en 2005 le bicentenaire de la bataille d'Austerlitz.

Pour les Anglais en 1821, le comportement de Lowe envers Napoléon avait été infâme et ils le lui firent sentir.

*Les Autorités jugèrent plus prudent d'expédier Lowe le plus loin possible et il fut nommé gouverneur de l'île de Ceylan dans l'Océan Indien. Lowe dut s'exécuter. Arrivé à Ceylan ses avatars ne furent pas terminés pour autant.

*En effet, en 1827, Walter Scott publia une biographie de Napoléon dans laquelle il étrillait Hudson Lowe. A ce moment là, Walter Scott était devenu très célèbre, il avait déjà publié Ivanhoé en 1819, Quentin Durward en 1823 etc.

*Lorsque l'information parvint jusqu'à Ceylan, Lowe démissionna de son poste pour rentrer en Angleterre afin de se justifier disait-il.

Mais une nouvelle fois, tous ses compatriotes le fuyaient comme un pestiféré et il fut fermement conseillé à Lowe de s'exiler.

*Mais déjà, en 1826, Lowe étant venu en Europe et se trouvant en Suisse, était allé visiter la grotte de Balme. Ne pas confondre la grotte de la Balme située à la pointe nord du département de l'Isère et la grotte de Balme en Haute-Savoie, sur le territoire de la commune de Magland (canton de Sallanches).

*Cette visite est racontée dans le « dictionnaire du duché de Savoie » publiée en 1840 et qui a fait l'objet d'une nouvelle édition en 2 volumes (en 2004 et 2005) à l'initiative de la Société Savoisienne d'Histoire et d'Archéologie (SSHA). Voici ce texte :

« En 1826, Hudson Lowe, le geôlier de Napoléon à Sainte-Hélène, venant de Suisse, vint visiter la grotte de Balme et écrivit sur un registre, à ce destiné, son nom et ses qualités. Quelques minutes après, deux étrangers (Louis Bonaparte et le fils Las Cases) y vinrent aussi ; ils prennent le registre et voient ce nom qui leur était si odieux. S'informer du lieu où il était allé, courir après, l'atteindre comme il sortait de la grotte, se saisir de lui, l'amener vers le puits, l'élever en l'air et se disposer à le précipiter au fond de l'abîme, ne fut pour eux que l'affaire d'un instant. C'en était fait de Sir Hudson si la femme commise à la garde de cette grotte ne fut accourue à ses cris effroyables, n'eût imploré sa grâce en faisant valoir auprès des étrangers que seule elle serait compromise s'ils attentaient à la vie de ce monstre : ils se sont contentés de quelques coups de cravache et de quelques coups de pied au derrière et lui ont dit au revoir ».

Remarques :

*Le duché de Savoie avait été annexé par la France à partir de septembre 1792, puis rendu au Royaume de Sardaigne après la chute de Napoléon, ce qui explique le terme d'étrangers pour qualifier 2 Français venant en Haute-Savoie en 1826.

*Louis Bonaparte né à Ajaccio le 2 septembre 1778 jeune frère de Napoléon. Il s'était marié le 4 janvier 1802 avec Hortense de Beauharnais, fille de Joséphine, puis Napoléon l'avait fait roi de Hollande à compter du 5 juin 1806. Mais son mariage autant que sa couronne furent un échec. Il s'exila fin 1810, d'abord en Autriche puis en Suisse. Avec Hortense, Louis eut 3 enfants dont celui qui devint l'empereur napoléon III mais qui n'eut de « Bonaparte » probablement que le nom. Voir fiche N°7 http://jean.delisle.over-blog.com/article-petites-histoires-58615886.html

*Emmanuel Auguste Dieudonné naquit le 21 juin 1766 dans le Tarn dans un lieu-dit appelé « Las Cases », ce qui valait à sa famille le titre de marquis de Las Cases.

Emmanuel émigra à la Révolution puis rentra en France en 1802 lors du Concordat décidé par le premier Consul (Bonaparte). Emmanuel se rallia à Napoléon qui devenu empereur lui décerna le titre de comte puis le nomma chambellan le 21 décembre 1809. Avec son épouse (Henriette de Kergariou) Emmanuel de Las Cases eut 4 enfants dont 3 seulement survécurent : Emmanuel (1800/1854), Barthélémy (1811/1877) et Ofrésie (1813/1865). Emmanuel accompagna Napoléon à Sainte-Hélène emmenant également son fils aîné (Emmanuel).

Le 21 novembre 1816, Hudson Lowe fit arrêter Emmanuel et son fils et les fit expulser de Sainte-Hélène le 30 décembre 1816. Hudson Lowe saisit également à cette occasion toutes les notes prises par Emmanuel et son fils lorsque Napoléon dictait ses mémoires. Rentré en Europe, Emmanuel put récupérer ses notes en Angleterre en 1822 et publia en 1823 à Londres et Paris le « Mémorial de Sainte-Hélène » qui connut un immense succès (le plus fort tirage de tout le dix-neuvième siècle). Cela fit la fortune de Las Cases.

Compte-tenu des dates de naissance, c'est Emmanuel de Las Cases né en 1800 qui accompagnait Louis Bonaparte à la grotte de Balme. Il avait vu Hudson Lowe dans ses œuvres à Sainte-Hélène, il avait des motifs de le haïr.

Cette scène de la grotte de Balme est cocasse, elle donne surtout l'occasion de mesurer la popularité posthume de Napoléon y compris en Angleterre, ce que beaucoup de Français probablement ignorent.

Dans le genre romans de science-fiction, on peut se demander ce que serait devenue l'Europe si Français et Anglais avaient signé l'entente cordiale un siècle plus tôt ? On ne réécrit pas l'Histoire mais on peut toujours rêver !

J.D. 13 juin 2016

Napoléon à Sainte-Hélène dictant ses mémoires à Emmanuel de Las Cases père et fils, photo du net

Napoléon à Sainte-Hélène dictant ses mémoires à Emmanuel de Las Cases père et fils, photo du net

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11 juin 2016 6 11 /06 /juin /2016 09:19

Le Mont Granier, autrefois appelé Mont Apremont, qui culmine à 1933 mètres d'altitude se trouve à l'extrémité nord du massif de la Chartreuse, à la limite de la Savoie et du département de l'Isère, en sachant qu'à l'occasion des guerres entre Savoie et Dauphiné, les limites ont parfois varié. Voir note N°74 http://jean.delisle.over-blog.com/article-les-guerres-dauphine-savoie-110715942.html

Ce Mont a défrayé la chronique récemment, par suite d'éboulements, principalement les 8 janvier et 7 mai 2016.

Voici ce que l'on peut lire sur le Mont Granier dans le « dictionnaire du Duché de Savoie » publié en 1840 et réédité en 2 volumes (2004 et 2005) par la Société Savoisienne d'Histoire et d'Archéologie (SSHA en abrégé, dont le siège est à Chambéry 244 quai de la Rize) :

« Le bouleversement de la nature que l'on observe dans ce local, parsemé de grandes masses calcaires, fut opéré par la chute d'une partie du mont Granier, dont l'échancrure en faucille correspond parfaitement aux décombres qui couvrent la plaine qui était au pied de cette montagne. Cet événement, que l'ignorance surchargea de contes ridicules et de fables, eut lieu le jour de Ste Catherine (25 novembre 1248). L'éboulement couvrit et détruisit cinq paroisses et particulièrement la ville de Saint André qui était le titre du décanat de Savoie… L'existence de cette ville (Saint André) est constatée par divers actes de notaires ou autres officiers publics qui y ont été passés avant 1248 ; ce qui prouve l'existence d'un vieux chapitre de chanoines réguliers et l'existence d'un tribunal ecclésiastique. »

Commentaires :

*L'éboulement de 1248 suscita de nombreux textes et beaucoup de controverses avec des désaccords sur la date de l'écroulement, ses causes, son mode, le nombre de villages ensevelis, le nombre de victimes…

L'étude la mieux documentée semble être celle du chanoine François Trépier (aumônier de l'hôpital militaire de Chambéry) de 1879 : « Recherches historiques sur le décanat de Savoie ». Cette étude a été reprise dans les « Mémoires de l'Académie de Savoie » en 1886. Voici la synthèse que l'on peut faire de l'événement de 1248 :

la catastrophe : C'est un peu avant minuit le 24 novembre 1248, qu'une partie importante du Mont Apremont s'écroula, ensevelissant 5 paroisses regroupant 16 villages ou hameaux. L'écroulement semble avoir recouvert un territoire de 23 km² (dimensions maximales : 8 kms sur 6). Voici le nom des paroisses avec leur population selon l'estimation faite par François Trépier : Saint André (2.000/3.000), Granier (200/1200), Saint Pérange (400/800), Cognin (100/300), Vourez (900/1200). Cela ferait une fourchette de victimes comprise entre 3600 et 6500. C'est le chiffre de 5.000 que l'on trouve le plus souvent dans des articles ou ouvrages sur cet écroulement de 1248. François Trépier s'est basé pour obtenir ces chiffres sur des montants de contributions demandées aux paroissiens lors de visites pastorales de l'évêque de Grenoble.

Cependant les spécialistes récents pensent que cela représente une densité de population trop importante et ramène le nombre de victimes entre 1.000 et 2.000.

Toujours est-il qu'en 1248, la ville de Saint André était plus importante que Chambéry. C'est après 1248 que Chambéry a succédé à Saint André comme siège du décanat de Savoie. De même le Mont Apremont a pris le nom de Mont Granier en souvenir du village disparu et le lac qui s'est formé le nom de Saint André.

Le décanat de Savoie : La région du Mont Granier appartint au peuple des Allobroges puis fut intégrée à la cité de Vienne après la conquête romaine de l'Allobrogie en -121. Sous l'empereur Dioclétien, vers l'an 290, la cité de Vienne fut divisée en 3 : Cité de Vienne, Cité de Grenoble et cité de Genève. La limite entre Grenoble et Genève passait juste au nord d'Aix-les-Bains.

Lorsque la chrétienté s'organisa, elle reprit en grande partie les découpages romains.

Un évêché fut créé à Grenoble vers l'an 380, Chambéry y fut rattaché ; un autre à Genève vers l'an 400, Annecy s'y retrouva.

Les souverains de la Maison de Savoie tentèrent d'obtenir un évêché à Chambéry mais cela ne se fit qu'en l'an 1779. L'église Saint François devint alors cathédrale. L'évêché de Chambéry prit de l'importance lorsque lui furent rattachés en avril 1966, l'évêché de Tarentaise (siège à Moutiers) créé vers l'an 420 et l'évêché de Maurienne (siège à Saint Jean de Maurienne) créé vers l'an 575.

A noter que la conversion de Genève au protestantisme obligea l'évêque de Genève à se replier sur Annecy, tout en conservant son titre d'évêque de Genève. De fait Annecy eut donc un évêque à partir de l'an 1536, c'est-à-dire 2 siècles avant Chambéry. C'est l'église Saint Pierre d'Annecy qui devint cathédrale.

Entre la création de l'évêché de Grenoble et celui de Chambéry, il y eut dans la région un « décanat » ou administration religieuse décentralisée mais qui dépendait de l'évêque de Grenoble et qui fut donc d'abord à Saint André.

Le contexte :

La dynastie Savoie avait pris naissance en Maurienne vers l'an 1032, lorsqu'un empereur germanique donna un titre de comte au Mauriennais Humbert. Sa première résidence fut au château de Charbonnières sur Aiguebelle en Maurienne puis au Bourget du Lac. C'est en février 1295 que le comte de Savoie Amédée V (quatorzième comte de Savoie) acheta le « château » de Chambéry. On ne sait pas très bien ce qu'était le château à cette époque, mais probablement peu de choses. Les souverains de Savoie y investirent et firent de Chambéry leur capitale avant de la transférer à Turin (en 1562). L'essentiel des bâtiments de l'actuel château de Chambéry datent du XIVe/XVe siècles.

On peut se demander si les comtes de Savoie auraient investi sur le bourg de Chambéry si celui-ci n'avait pas récupéré le décanat de Savoie ? Autrement dit, en s'écroulant en 1248, le Mont Granier a fait le malheur de Saint André et de sa proximité mais a peut-être fait la prospérité de Chambéry.

J.D. 11 juin 2016

Le Mont Granier, "l'échancrure" photo J.D. 10 juin 2016

Le Mont Granier, "l'échancrure" photo J.D. 10 juin 2016

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8 juin 2016 3 08 /06 /juin /2016 20:22

Les Américains, ou tout au moins les décideurs en matière de culture et d'histoire, semblent avoir une affection particulière pour Jeanne d'Arc (Joan of Arc pour les Américains). A tel point qu'en 2001, un auteur (Robin Blaetz) publia une étude aux presses universitaires de Virginie ((University Press of Virginia) : « Joan of Arc in American Film and culture » (Jeanne d'Arc dans les films et la culture américaine).

J'ai déjà eu l'occasion d'illustrer des notes avec Jeanne d'Arc:

-note précédente sur Jeanne d'Arc à Chambéry

-une affiche de propagande américaine de la seconde guerre mondiale utilisant Jeanne d'Arc, voir note N°109 http://jean.delisle.over-blog.com/la-guerre-de-cent-ans-n-109

-une statue équestre de Jeanne d'Arc à la Nouvelle-Orléans. Voir note N°231 http://jean.delisle.over-blog.com/2015/03/jeanne-d-arc-n-231.html

Statues :

Cette statue de la Nouvelle-Orléans est une reproduction de l'original réalisé par Emmanuel Fremiet (1824/1910) et inauguré place des Pyramides à Paris (1er) en 1874. Frémiet avait pris comme modèle une jeune Lorraine de 18 ans (Aimée Girod)

Onze copies ont été réalisées de cette œuvre dont 3 se trouvent aux États-Unis : à La Nouvelle-Orléans, à Philadelphie et à Portland (Oregon).

Emmanuel Fremiet réalisa de nombreuses sculptures dont les plus connues sont l'archange Saint Michel (en cuivre et doré) terrassant le dragon au sommet du Mont Saint Michel et la statue équestre de Napoléon 1er (en bronze) inaugurée à Grenoble le 17 août 1868 place d'Armes (devenue place de la Constitution en 1870 puis place de Verdun après la guerre de 14) et déplacée en 1929 à Laffrey (Isère) sur la « prairie de la rencontre ».

Des statues de Jeanne d'Arc, attribuées à d'autres artistes, on en trouve ailleurs aux États-Unis un peu partout : à New-York, Washington, San Francisco, dans la cathédrale Saint Louis de la Nouvelle-Orléans, en Virginie, en Caroline du Sud, au Connecticut, au Massachusetts etc

autres témoignages :

Signalons pêle-mêle, sans être, et de très loin, exhaustif :

*le film de 1917 de Cecil B. DeMille (1881/1959) « Joan the woman »

*un film en 1948 « Joan of Arc » de Victor Fleming (1883/1949), Ingrid Bergman y tient le rôle de Jeanne. Victor Fleming est surtout connu pour son film « Gone with the Wind » (Autant en emporte le vent)

*le film de 1957 « Saint Joan » d'Otto Preminguer

*Deux livres en 1895 et 1896 : « Mémoires de Jeanne d'Arc » (Personal Recollections of Joan of Arc) et « le Roman de Jeanne d'Arc » de Mark Twain (1835/1910)

*une pièce de théâtre « Joan of Lorraine » en 1946 de Maxwell Anderson (1888/1959) dramaturge américain

*des tableaux, un peu partout dont le tableau de 1879 de Jules Bastien-Lepage (1848/1884) qui se trouve au Metropolitan de New-York.

*une chanson « Joan of Arc » dans le répertoire 2015 de Madonna

*une utilisation de Jeanne d'Arc comme sur ces boîtes de fromage que j'ai photographiées en avril 2016 dans une épicerie de Southern Pines (Caroline du Nord)

pour conclure :

Jeanne ne connut pas l'affection particulière des Américains pour elle. Elle fut brûlée vive à Rouen le 30 mai 1431 et la traversée de l'Atlantique par Christophe Colomb n'est que de 1492. Mais il est probable, en outre, que beaucoup de Français, n'ont aujourd'hui aucune idée de la faveur dont bénéficie Jeanne d'Arc aux États-Unis (Plus qu'en France?).

Le jour où dans les écoles en France on enseignera les exploits de Saladin à la place de ceux de Jeanne d'Arc, au moins, on pourra, pour s'informer sur l'histoire de France, demander aux États-Unis.

J.D. 8 juin 2016

Jeanne d'Arc à Fairmount Park à Philadelphie et au musée des Beaux-Arts de Philadelphie, photos J.D. avril 2016
Jeanne d'Arc à Fairmount Park à Philadelphie et au musée des Beaux-Arts de Philadelphie, photos J.D. avril 2016

Jeanne d'Arc à Fairmount Park à Philadelphie et au musée des Beaux-Arts de Philadelphie, photos J.D. avril 2016

Jeanne d'Arc dans une épicerie de Caroline du Nord, photo J.D. avril 2016

Jeanne d'Arc dans une épicerie de Caroline du Nord, photo J.D. avril 2016

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