Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
8 octobre 2016 6 08 /10 /octobre /2016 11:47

Selon les auteurs, on trouve écrit : « Tables-Claudiennes » ou « Table-Claudienne », les deux orthographes semblent admises.

Il s'agit d'une plaque métallique composée principalement de cuivre (86%), d'étain (8%) et de plomb (4%).

*Sur cette plaque, les Lyonnais (les habitants de Lugdunum) avaient fait graver le discours que l'empereur Claude avait tenu devant le Sénat romain en l'an 48.

Les représentants des peuples gaulois réunis dans l'amphithéâtre des Trois Gaules (voir note N° 315 http://jean.delisle.over-blog.com/2016/09/l-amphitheatre-des-trois-gaules-a-lyon-n-315.html) avaient adressé un vœu à l'empereur Claude afin que tous les Gaulois puissent accéder à toutes les charges (les responsabilités) à Rome et dans l'empire romain.

*C'est pour remercier Claude de son intervention qu'une plaque reproduisant son discours fut gravée et exposée dans l'amphithéâtre des Trois Gaules.

Cette plaque disparut probablement en même temps que l'amphithéâtre.

*Deux fragments de la partie inférieure de cette plaque furent retrouvés en l'an 1528 par un drapier lyonnais nommé Roland Gribaux, dans un lieu proche de l'amphithéâtre. La rue de Lyon qui correspond aujourd'hui à ce lieu s'appelle d'ailleurs « rue des Tables Claudiennes ».

Le drapier vendit sa trouvaille à la ville de Lyon pour 58 écus d'or. Les fragments furent exposés dans différents lieux avant d'être mis au Musée des Beaux-Arts de Lyon en 1804 (musée inauguré en 1801 place des Terreaux) et ce jusqu'à leur transfert au musée gallo-romain de Lyon à Fourvière, inauguré en novembre 1975.

*Une copie (un moulage) se trouve exposée dans la cour du musée de l'imprimerie de Lyon (musée inauguré en décembre 1964 rue de la Poulaillerie à Lyon).

*Le texte complet de l'intervention de Claude a été publié par Tacite dans les « Annales » au livre onzième de XXIII à XXV. Le texte lui-même se trouve en XXIV. Les arguments développés par Claude pour l'intégration des étrangers peuvent paraître d'actualité, sauf que les Gaulois se sont vite « romanisés », qu'ils ont adopté les modes de vie et les croyances des Romains et n'ont jamais prétendu vouloir imposer leurs mœurs et la religion druidique aux Romains.

*Au quatrième siècle, Augustin (354/430), alors évêque d'Hippone (Annaba en Algérie) venant à Rome demanda à Ambroise (340/387) évêque de Milan si il fallait respecter un jour de repos le samedi comme à Milan ou le dimanche comme à Rome. Ambroise lui répondit : « si fueris Romae, Romano vivito more, si fueris alibi, vivito sicut ibi » ; traduction : « Si tu es à Rome, vis comme un Romain, si tu es ailleurs, vis comme on y vit ».

On ferait bien d'enseigner ce principe dans les écoles de la République !

*On apprend par Tacite que le peuple des Eduens qui s'allia à Jules César au début de la guerre des Gaules fut le premier à avoir des représentants au Sénat de Rome, suite à cette intervention de Claude.

*Les Eduens occupaient un territoire situé dans l'actuelle région Bourgogne (devenue Bourgogne-Franche Comté). Leur capitale était Bibracte (ancêtre d'Autun) sur le Mont Beuvray à la limite entre Saône-et-Loire et Nièvre.

*Sur Tacite, voir la note N° 308 http://jean.delisle.over-blog.com/2016/08/tacite-le-questionnement-n-308.html.

*Claude : Il naquit à Lyon le 1er août de l'an 10 avant notre ère. La localisation de sa naissance plaida peut-être en faveur de la revendication gauloise exprimée à Lyon (Lugdunum). Sur Claude lui-même voir la fiche N° 34 http://jean.delisle.over-blog.com/article-julio-claudiens-texte-67117733.html.

J.D. 8 octobre 2016

Tables-Claudiennes au musée Gallo-romain de Lyon, photo J.D. 4 septembre 2016

Tables-Claudiennes au musée Gallo-romain de Lyon, photo J.D. 4 septembre 2016

Repost 0
24 septembre 2016 6 24 /09 /septembre /2016 22:59

*La revue « Sciences et Avenir » d'octobre 2014 consacre un article (page 58) à la découverte effectuée sur le site de Fourvière à Lyon lors de travaux. Il s'agit d'un mur d'époque gauloise, antérieur à l'arrivée des Romains. Pour les spécialistes cela confirme qu'il existait un oppidum (bourg fortifié) gaulois à Lyon avant la création de la ville romaine en 43 avant notre ère par Lucius Munatius Plancus qui avait été un des lieutenants de Jules César. Selon certains auteurs (comme Camille Jullian 1859/1933, dans « Histoire de la Gaule »), César venant en Gaule en -58 pour s'opposer aux Helvètes aurait campé à Lyon et c'est à l'emplacement de ce camp qu'aurait commencé la construction de Lyon (Lugdunum).

*Dans la « Guerre des Gaules », Jules César écrit, au livre VI, dans un chapitre consacré aux druides gaulois :

« Chaque année, à date fixe, ils tiennent leurs assisses en un lieu consacré, dans le pays des Carnutes, qui passe pour occuper le centre de la Gaule. Là, de toutes parts affluent tous ceux qui ont des différents, et ils se soumettent à leurs décisions et à leurs arrêts. On croit que leur doctrine est née en Bretagne (la Grande Bretagne d'aujourd'hui), et a été apportée de cette île dans la Gaule ; de nos jours encore ceux qui veulent en faire une étude approfondie vont le plus souvent s'instruire là-bas. »

*Certains auteurs pensent que la cathédrale de Chartres a été construite à l'emplacement où se réunissaient les druides gaulois. Voir par exemple : « Chartres et l'énigme des Druides » de Jean Markale Editions Pygmalion 1988. La ville de Chartres doit d'ailleurs son nom aux Carnutes.

*Avant la conquête romaine, il y avait de nombreux peuples en Gaule, en rappelant que les Romains distinguaient 2 Gaules : la Gaule cisalpine qui correspondait à l'Italie du Nord d'aujourd'hui et la Gaule transalpine, soit la France actuelle étendue jusqu'au Rhin. Dans la Gaule cisalpine, c'est le Rubicon, fleuve côtier qui se jette dans l'Adriatique entre Ravenne et Rimini, qui constituait la frontière entre la Gaule et l'Italie proprement dite. Cela perdura jusqu'à César, puis la Gaule cisalpine fut considérée comme étant partie intégrante de l'Italie.

*Comme tous les peuples voisins, les diverses tribus gauloises devaient se faire souvent la guerre. Mais si il n'y avait pas d'unité gauloise, le texte de César sur la réunion annuelle des druides montre qu'il y avait quand même une identité gauloise.

*Suétone (auteur latin à cheval sur le premier et le second siècle de notre ère) dans « Vies des douze Césars », au livre premier, en XXV, nous apprend qu'à la fin de la guerre en Gaule, César imposa aux peuples gaulois un tribut annuel de quarante millions de sesterces. Les représentants de ces peuples durent donc continuer à se réunir pour se répartir le tribut à payer.

*Après la fondation de la ville romaine à Lyon, elle se développa rapidement et là comme dans toutes les cités romaines, se construisirent forum, temples (dont le « sanctuaire du confluent » en -14), théâtre (entre -16 et -14), un réseau routier, un atelier monétaire (en -15) etc.

*C'est en -27 que Lugdunum était devenu la capitale des Gaules. C'est en -19 que fut réalisé « l'Amphithéâtre des Trois Gaules ». Cet amphithéâtre construit près de l'actuel jardins des plantes de Lyon, fut réalisé au confluent du Rhône et de la Saône (qui s'est déplacé depuis) au pied de la colline de la Croix-Rousse. Cet amphithéâtre avait complètement disparu. Des premières fouilles sans suite eurent lieu en 1818/1820. C'est la découverte en 1958 de l'inscription dédicatoire qui relança les fouilles, et ce qu'il reste de l'amphithéâtre fut dégagé en 1960.

*A partir de l'an -12, chaque année le 1er août, les représentants des 60 peuples gaulois se réunirent dans cet Amphithéâtre. On peut penser que la région des Carnutes fut la capitale politique de la Gaule gauloise et Lyon celle de la Gaule romaine. Il est probable qu'il y avait plus de 60 peuples avant la guerre contre César. Les Gaulois de la Narbonnaise qui avaient été annexés par Rome dans le dernier quart du second siècle avant notre ère, n'étaient pas concernés par ce tribut.

*Lyon fut la première ville de la Gaule qui se christianisa. C'est la raison pour laquelle l'évêque (ou l'archevêque) de Lyon a le titre de « primat des Gaules ». La communauté chrétienne était déjà importante lorsqu'une persécution s'abattit sur les chrétiens en l'an 177, entre juin et août.

*C'est dans cet amphithéâtre des Trois Gaules que furent martyrisés Blandine et d'autres chrétiens. Aujourd'hui, un poteau carré dans l'amphithéâtre montre l'endroit où l'on suppose que Sainte Blandine rendit son dernier soupir. Lyon avait à cette époque un évêque nommé Pothin, le premier évêque de Lyon et même de la Gaule. En 177 il était très âgé (entre 70 et 90 ans). Il mourut dans son cachot des suites des tortures de ses bourreaux.

*Les touristes ne pénètrent pas dans l'amphithéâtre, mais peuvent aisément le contempler de l'extérieur. Le cachot, ou supposé tel, où mourut le premier évêque de Lyon peut se visiter sous la chapelle de l'Antiquaille (montée Saint Barthélemy).

J.D. 25 septembre 2016

Nota : les Trois Gaules désignent un découpage administratif du territoire décidé par Auguste vers l'an -16. Il y avait la Gaule belgique au nord et à l'est, la Gaule aquitaine au sud-ouest et la Gaule lyonnaise entre les deux et qui formait un arc de cercle allant de la Bretagne à Lyon. L'expression « Trois Gaules » ne comprend pas la Gaule Narbonnaise formée antérieurement.

l'Amphithéâtre des Trois Gaules à Lyon, image du net

l'Amphithéâtre des Trois Gaules à Lyon, image du net

Repost 0

Présentation

Recherche

Liens