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10 août 2017 4 10 /08 /août /2017 12:20

Les chemises rouges de la légion italienne N°383

 

Garibaldi naquit à Nice le 4 juillet 1807, à l'époque où le comté de Nice et le duché de Savoie avaient été annexés par la France. Voir note N°21 http://jean.delisle.over-blog.com/article-garibaldi-et-verdi-61434798.html

Garibaldi avait 7 ans lorsque le comté de Nice fut rendu (provisoirement) au royaume de Sardaigne (dont la capitale était à Turin).

Dès qu'il fut en âge de travailler, il commença une carrière de marin, ce qui le fit voyager et faire beaucoup de rencontres.

Il devint très vite un patriote convaincu de la nécessité de faire l'unité de l'Italie, mais en même temps Républicain tout aussi convaincu, jusqu'à ce qu'il admette qu'il fallait donner priorité à l'unité de l'Italie et qu'il se rallie au royaume de Sardaigne jugé comme le plus apte à réaliser l'unité du pays. Mais pour l'heure, ses activités républicaines l'obligèrent à s'exiler et c'est ainsi qu'il se retrouva en Uruguay en 1841, après un séjour au Brésil.

L'Uruguay : ce pays, qui a aujourd'hui 176.000 kms2 (le tiers de la France) et environ 3.500.0000 habitants, avec comme capitale Montevideo, fut découvert en 1516. Il est situé en Amérique du sud côté Atlantique et a pour principale caractéristique d'être « coincé » entre le Brésil (indépendant, de fait depuis 1822 avec une reconnaissance du Portugal en 1825) au nord colonisé par les Portugais et l'Argentine (indépendante depuis 1816) au sud colonisée par les Espagnols. Or, au fil des siècles cela n'a pas toujours été sans problème entre Espagnols et Portugais. Aussi, les Espagnols d'Argentine et les Portugais du Brésil tentèrent de s'emparer de l'Uruguay. En outre en accédant à l'indépendance, le Brésil se proclama « empire » avec un empereur à sa tête et cela perdura jusqu'en 1889, tandis que l'Argentine adoptait un régime républicain dès 1853.

Les Portugais du Brésil annexèrent l'Uruguay en 1816, mais suite à une insurrection de la population, déclenchée en 1825, soutenue par l'Argentine, l'indépendance fut proclamée en 1828 (traité de Montevideo du 28 août 1828 et adoption d'une constitution Uruguayenne le 18 juillet 1830).

Mais à l'intérieur du pays, 2 généraux voulurent le pouvoir et créèrent chacun leur parti : Fructuoso Rivera le parti « Colorados », considéré comme « libéral » et Manoel (ou Manuel) Oribe le parti « Blancos », considéré comme « conservateurs », avec chacun le soutien d'à peu près la moitié de la population et ils se firent la guerre qui dura de 1839 à 1851 et appelée « grande guerre ». A la fin Rivera eut le renfort de la Grande-Bretagne et de la France qui furent unies (même cela put arriver!).

C'est dans ce contexte que Garibaldi arriva en Uruguay.

Montevideo comptait une assez forte colonie de migrants italiens. Garibaldi recruta des volontaires qu'il organisa en corps d'armée qui reçut le nom de « légion italienne », d'abord environ 500 hommes qui atteignirent 800. Il les arma, les entraîna et les équipa. Il eut l'opportunité d'acheter à un fabricant, un lot de chemises rouges initialement prévues pour les ouvriers de l'abattoir de Buenos Aires, et volontairement rouges pour cacher autant que faire se peut les taches de sang des animaux abattus. Voilà pourquoi les « Garibaldiens » eurent des chemises rouges qui contribuèrent à la légende garibaldienne. La légion italienne adopta aussi un drapeau : noir avec au centre la représentation du Vésuve.

Dans le conflit local, Garibaldi prit le parti des « libéraux » qu'il appelle « républicains » contre les « conservateurs » qu'il appelle « les impériaux ».

La légion italienne participa glorieusement à de nombreux combats. En voici deux témoignages extraits de « Mémoires de Garibaldi » d'Alexandre Dumas (publiées en 1860).

« On se rappelle le combat du 24 avril 1844, le périlleux passage de la Boyada ; on sait de quelle façon les légionnaires italiens s'y comportèrent. L'officier qui faisait le rapport au général Paz se contenta, à propos des légionnaires, de lui dire : Ils se sont battus comme des tigres. Ce n'est pas étonnant répondit le général Paz, ils sont commandés par un lion. »

L'amiral Lainé qui commandait la flotte française en Uruguay, adressa à Garibaldi ce message :

« Je vous félicite, mon cher général, d'avoir si puissamment contribué, par votre intelligente et intrépide conduite, à l'accomplissement du fait d'armes dont se seraient enorgueillis les soldats de la Grande Armée qui, pour un moment, domina l'Europe ».
Finalement après plusieurs années de guerre, le Brésil, l'Argentine et l'Uruguay, s'unirent pour faire la guerre au Paraguay !

Entre-temps, c'est-à-dire en 1841, Giuseppe Garibaldi avait épousé Ana Maria de Jesus Ribeiro, surnommée Anita. Elle le suivit partout, prenant part aux combats.

Finalement, en mars 1848, Garibaldi avec ceux de ses légionnaires qui voulurent le suivre, rembarqua pour l'Italie. Il se mit au service du roi de Sardaigne, d'abord Charles-Albert puis Victor-Emmanuel II et contribua puissamment à l'unité italienne en faisant la conquête de l'Italie du sud et de la Sicile, en 1860, à la tête de ses chemises rouges ou « expédition des mille ».

Lors d'une conférence, en 2010, pour le cent-cinquantième anniversaire de la réunion de la Savoie et de Nice à la France, j'avais rendu un hommage particulier à Garibaldi, non seulement pour ses exploits « italiens » mais pour son soutien à la France lors de la guerre contre la Prusse en 1870/1871. Voir note N°1

En Italie, on trouve des rues ou places Garibaldi dans quasiment toutes les villes ; ce qu'il fit pour la France, mériterait de ce côté-ci des Alpes, qu'on lui rende aussi hommage.

Anita décéda le 4 août 1849 et Giuseppe Garibaldi le 2 juin 1882. On trouvera en illustration leur statue à Porto Alegre au sud du Brésil, place….Garibaldi !

J.D. 10 août 2017

 

 

 

 

Anita et Giuseppe Garibaldi, photo du net

Anita et Giuseppe Garibaldi, photo du net

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