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7 mai 2017 7 07 /05 /mai /2017 21:09

La bataille de Lépante N° 372

 

Cette bataille navale se déroula le 7 octobre 1571.

Lépante (aujourd'hui Naupacte, Nafpactos) est située à l'ouest du golfe de Corinthe sur sa rive nord. Le golfe de Corinthe sépare la Grèce centrale (au nord) et le Péloponnèse (au sud). Il communique avec la mer Ionienne par le golfe de Patra.

 

Le contexte :

Avant sa mort (le 7 juin 632) et après 10 années de guerres, Mahomet s'était emparé militairement d'un territoire grand comme 5 fois la France. Ses adeptes poursuivirent les conquêtes pour islamiser le monde. Un siècle plus tard (en octobre 732) ils étaient à Poitiers. Ayant échoué dans la conquête de l'Europe en passant par le sud et l'ouest, ils passèrent par l'est mais se heurtèrent longtemps à la résistance de l'empire byzantin. Enfin, après la prise de Constantinople le 29 mai 1453, ils se répandirent sur l'Europe par l'est. En même temps ils s'emparaient lentement mais sûrement de la Méditerranée au détriment de la République de Venise.

La prise de Chypre en juillet 1570 par les Ottomans, fut la goutte d'eau qui fit déborder le vase. Avec l'appui du pape Pie V, le doge de Venise Alvice 1er Mocenigo (doge du 11 mai 1570 au 4 juin 1577) parvint à constituer le 25 mai 1571 « une sainte ligue ».

Celle-ci comprenait : La République de Venise, la République de Gênes, l'Espagne (de Philippe II), le royaume de Naples et de Sicile, les Hospitaliers et chevaliers de Malte, le duché de Savoie (d'Emmanuel-Philibert), et les États pontificaux.

Chaque membre de la ligue fournit des navires, marins et combattants.

 

Les forces en présence :

du côté de la ligue : 106 galères vénitiennes, 90 pour l'Espagne et Gênes, 12 pour les Etats pontificaux, 4 pour le duché de Savoie, plus 6 galéasses (navires plus grands que les galères et emportant surtout plus de canons) et une vingtaine de navires divers, avec un armement total de 1815 canons. Le tout était commandé par Don Juan d'Autriche, fils bâtard de Charles Quint (et par conséquent demi-frère de Philippe II) et comprenait 40.000 marins et près de 30.000 soldats. Parmi les capitaines en sous-commandement : Andréa Doria de Gênes et parmi les participants : Cervantès.

Du côté ottoman : 206 galères, 45 galiotes (navires plus légers que les galères), 50.000 marins, 31500 soldats, mais seulement 750 canons d'armement. C'est le sultan Selim II qui régnait sur l'empire et Ali pacha qui commandait la flotte. La flotte musulmane était très inférieure en matière d'artillerie, en outre pour ramer à bord des galères il y avait des milliers d'esclaves chrétiens dont beaucoup parvinrent à se libérer de leurs chaînes et à taper avec tout ce qu'ils trouvèrent sur leurs maîtres turcs.

 

Le résultat de la bataille :

*la flotte chrétienne eut 7.500 tués et perdit 17 navires

*la flotte musulmane eut 20.000 tués , 137 navires capturés avec 400 pièces d'artillerie, 50 navires coulés. En outre, 12.000 esclaves chrétiens furent libérés. Ali Pacha fut tué durant les combats. Ce fut la déroute complète pour la flotte ottomane.

 

Les suites : les vainqueurs ne surent pas exploiter leur victoire. Ils étaient partis pour libérer Chypre, ils ne le firent pas. Ils auraient probablement pu, après cette victoire, libérer Constantinople mais ils se divisèrent.

Néanmoins cela arrêta (pour un temps?) la conquête musulmane de l'Europe et inspira de nombreux artistes. A Venise on trouve des tableaux représentant la bataille de Lépante au musée de l'Académie, au musée Correr…

 

illustration : on trouvera jointe la représentation des 4 navires envoyés par le duché de Savoie, extraite d'une fresque de la bataille exposée dans la forteresse de Palmanova (région Frioul Venétie-Julienne en Italie)

 

Considérations Dans le conflit millénaire qui oppose Orient et Occident, ce furent souvent les batailles navales qui sauvèrent l'Occident ; voir la bataille de Salamine (-480) durant les guerres médiques, la bataille d'Himère (-480) entre les Grecs et les Carthaginois, les batailles de Myloé (-259), d'Ecnome (-256) des îles Egates (-241), durant les guerres puniques entre Rome et Carthage, la bataille de Navarin en 1827 etc .

Mais les batailles navales ne sont qu'une faible partie du problème et si l'on s'interroge sur l'histoire de l'espèce humaine sur une longue période, il semble bien que la guerre soit une activité permanente. En 1797, dans « Considérations sur la France », Joseph De Maistre s'interroge sur les périodes totales de paix sur terre. Il en trouve très peu et voici ce qu'il écrit :

« L'histoire prouve malheureusement que la guerre est l'état habituel du genre humain...la paix pour chaque nation n'est qu'un répit. On cite la clôture du temple de Janus sous Auguste ; on cite une année du règne guerrier de Charlemagne (l'année 790) où il ne fit pas la guerre. On cite une courte époque après la paix de Ryswick, en 1697, et une autre tout aussi courte après celle de Carlowitz, en 1699 où il n'y eut point de guerre, non seulement dans toute l'Europe, mais même dans tout le monde connu... ».
Un peu triste.

J.D. 7 mai 2017

P.S. : Max Gallo a consacré le tome I de "La Croix de l'Occident" à la bataille de Lépante. Ouvrage publié chez Fayard en 2005.

les galères de la Savoie à Lépante, photo J.D. 27 avril 2017

les galères de la Savoie à Lépante, photo J.D. 27 avril 2017

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