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6 avril 2015 1 06 /04 /avril /2015 17:23

Tout le monde connaît Auguste Bartholdi pour la statue de la Liberté que tous les touristes vont visiter à New-York. Mais ce Bartholdi fut le créateur qu'un grand nombres d’œuvres que l'on trouve un peu partout mais dont la plupart du temps les gens ignorent l'auteur.

Auguste Bartholdi : Il naquit à Colmar le 2 août 1834 sous le nom de Frédéric Auguste Bartholdi, d'une famille originaire de la Rhénanie allemande. Après le décès de son père en 1836, sa mère s'installa à Paris (rue des Marchands, aujourd'hui musée Bartholdi ) tout en conservant sa maison de Colmar à laquelle Auguste restera attaché ainsi qu'à sa ville natale. Cette maison de Colmar fut transformée en musée Bartholdi en 1922. Il étudia au lycée Louis le Grand à Paris et fut bachelier en 1852.

Il fut ensuite l'élève du peintre Arry Scheffer (1795/1858), de l'architecte Viollet-le-Duc (1814/1879) et du sculpteur Antoine Etex (1808/1888). Il fit un premier voyage en Egypte et au Yémen en 1855. Il reviendra en Egypte en 1869 et proposera une statue colossale sur le thème de « l'Egypte éclairant l'Orient » pour orner l'entrée du canal de Suez. Cela n'eut pas de suite en Egypte mais devint la statue de la Liberté à New-York.

Durant la guerre de 1870, il fut d'abord adjudant-major dans la garde nationale de Colmar puis aide de camp de Garibaldi (sur l'intervention de Garibaldi en France durant la guerre de 1870, voir la fin de la note N°1 : http://jean.delisle.over-blog.com/article-reunion-de-la-savoie-et-de-l-arrondissement-de-nice-a-la-france-en-1860-55731847.html

Il signa les sculptures de son nom mais ses peintures sous le pseudonyme d'Amilcar Hasenfratz, nom originaire de l'est qui veut dire « face de lièvre ». On ne sait pas pour quelles raisons il prit ce pseudonyme.

Il épousa le 15 décembre 1875 Jeanne-Emilie Baheux de Puysieux. Mariage célébré aux Etats-Unis à Newport dans l'Etat de Rhode Island (au nord de New-York). Ils n'eurent pas de descendance.

Il fut admis à la loge « Alsace-Lorraine » à Paris où il fut initié le 14 octobre 1875. Cette loge affiliée au Grand Orient de France eut des membres prestigieux (Voltaire, La Fayette, Joseph Bonaparte, puis Emile Combes, Paul Doumer, Félix Faure, Jules Ferry, Léon Gambetta, Rouget de Lisle, Victor Hugo....) ce qui ouvrit à Bartholdi un champ d'importantes relations. Il décéda le 4 octobre 1904 à Paris et fut inhumé au cimetière du Montparnasse.

Ses principales œuvres :

I à Colmar :

Bartholdi réalisa plusieurs œuvres pour sa ville natale :

*bas-relief de Françoise de Rimini : personnage de la Divine Comédie de Dante (au chant V de l'Enfer), œuvre de 1852, au musée Bartholdi de Colmar. Francesca da Rimini (vers1255/vers1285) fut mariée vers 1275 avec Gianciotto Malatesta. Elle eut une liaison avec son beau-frère (Paolo Malatesta). Le mari surprenant les amants les poignarda tous les deux.

*le monument au général Rapp (inauguré le 31 août 1856, démantelé en 1940, restauré et inauguré une seconde fois le 2 février 1946), : Jean Rapp (1771/1821) originaire de Colmar fut général de division dans la cavalerie et aide de camp de Napoléon. Il se distingua dans de nombreuses batailles dont Austerlitz. Sa statue de 3,50 mètres de haut est en bronze sur un socle de granit de 4,20 mètres de haut. Il est situé sur la Grand Place de Colmar (place Rapp).

*la statue de Martin Schongauer (statue de 2,25 mètres de haut en grès rose des Vosges réalisée en 1863) Il s'agit d'un hommage à un peintre et graveur né à Colmar (1445/1491). Au musée Unterlinden de Colmar (rue Unterlinden). A l'origine, la statue surmontait une fontaine qui fut démembrée en 1958. La statue seule fut à nouveau inaugurée le 29 juin 1991

*monument à l'amiral Armand Joseph Bruat (inauguré le 21 août 1864, détruit en septembre 1940, remis en 1958), place du Champ de Mars. Ce Bruat né à Colmar en 1796 fit une brillante carrière dans la marine. Il participa entre autres à la bataille de Navarin en 1827 et à la guerre de Crimée en 1855. Il fut un moment gouverneur des Etablissements français de l'Océanie. Il mourut du choléra en 1855 à Messine

*le génie funèbre : bronze de 1866 dans l'escalier du lycée Bartholdi 9 rue du Lycée à Colmar. Il s'agit d'une sculpture en bronze de 78 cms de haut faite par Bartholdi à la demande de son ami Auguste Nefftzer qui avait perdu son fils Georges le 6 septembre 1865. Il fut inhumé au cimetière de Montmartre à Paris. Les petites filles d'Auguste Nefftzer firent don de la sculpture à Colmar. L'inauguration à Colmar eut lieu le 24 février 1957.

*le petit vigneron alsacien : sculpture en bronze de 1,70 mètre de haut inaugurée le 15 août 1869 d'abord à l'angle de la rue des Vignerons et de la rue des Ecoles, dans une niche. Remplacée par une copie en 1986 tandis que l'original est au musée Bartholdi de Colmar (30 rue des Marchands). Une autre copie a été réalisée et offerte à la ville de Princeton (dans le New-Jersey, au sud de New-York) lors du jumelage avec Colmar le 15 décembre 1986.

*monument funèbre des gardes nationaux tués en 1870 au cimetière de Ladhof en 1872. Trois membres de la garde nationale de Colmar (Joseph Voulminot, Joseph Wagner et Linck) furent tués le 14 septembre 1870 sur le pont de Horbourg lors de l'arrivée des Prussiens à Colmar. Le monument en grès rose des Vosges et bronze, fut enlevé en 1916, gardé au musée Bartholdi, remis en place et inauguré le 23 mars 1919, enlevé à nouveau en septembre 1940 et remis à la Libération

*fontaine de Jean Roesselmann en 1888, place des Six-Montagnes-Noires. Ce Roesselmann fut prévôt de la ville de Colmar au XIIIe siècle. Sa statue en bronze fut déposée en 1943 et remise en 1945. Elle est placée sur un monument de pierres blanches orné de 4 poissons en bronze qui servent de déversoir.

*monument Gustave Adolphe Hirn en 1894, Bd du Général Leclerc, square Hirn ou square de la Chapelle Saint Pierre. Ce Hirn (1815/1890) fut industriel, physicien et violoniste. Il s'agit d'une statue en bronze sur un socle en granit rouge réalisé par Albert Hatz de Colmar

*monument fontaine au baron Lazare de Schwendi place de l'Ancienne Douane en 1898. Schwendi (1522/1583) fut diplomate et général au service de Charles Quint.

*Adieu au pays groupe en plâtre en 1900, de 1,30 mètre de haut au musée Bartholdi de Colmar pour commémorer l'exil d'Alsaciens et de Lorrains suite à l'annexion par l'Allemagne après la guerre de 1870

*les grands soutiens du monde : statue allégorique en bronze représentant la justice, le travail et la patrie soutenant le monde, réalisée en 1902 et installée au musée Bartholdi en 1909

*le tonnelier alsacien sculpture en étain réalisée en 1902 et placée au couronnement de la maison des Têtes 19 rue des Têtes

*quatre statues allégoriques : L'Orfévrerie, la Gravure, la Peinture et l'Etude, réalisées en 1861 : au musée Bartholdi. Deux copies (la Gravure et l'Orfévrerie) ont été achetées en 1992 par le musée de la vie romantique (16 rue Chaptal Paris 9e)

A Colmar, il y a une rue Bartholdi, un musée Bartholdi, un lycée Bartholdi (ancien collège royal, devenu en 1856 lycée impérial) , un restaurant Bartholdi

II-Ailleurs en France :

*monument du général Jean-Thomas Arrighi de Casanova (1778/1853) en 1867 à Corte (Corse). Né à Corte il fut général de division dans la cavalerie et duc de Padoue

*à Gambetta les Alsaciens reconnaissants : en 1872, au musée Henri-Martin à Cahors (Lot), bronze sur socle de marbre rouge : un femme tient dans ses bras son mari décédé + un enfant

*statue de Vauban place d'Armes à Avallon (Yonne), fut inaugurée le 26 mars 1873 en présence de Denfert-Rochereau (voir ci dessous à Lion de Belfort). Il s'agit d'une statue en bronze de 3 mètres de haut sur un socle de 3 mètres de haut également en granit gris de Saint Léger-Vauban (village natal de Vauban dans l'Yonne où se trouve une autre statue de Vauban mais qui n'est pas de Bartholdi). Une étude réduite de 57 cms de haut se trouve au musée Bartholdi de Colmar

*statue de Jean-François Champollion dans un bloc de marbre de 2 mètres de haut en 1875 dans la cour du collège de France rue des écoles à Paris (5e). La statue représente un Champollion pensant , un pied sur une tête de pharaon. En 1905, la veuve de Champollion fit don à la ville de Grenoble du plâtre original qui fut à partir de 1930 au lycée Champollion et subit de nombreux outrages de la part des générations successives d'élèves. Au musée de Grenoble depuis 1994. Une restauration a été effectuée et un double a été reproduit numériquement.

Jean-François Champollion naquit à Figeac le 23 décembre 1790. Il vint rejoindre son frère aîné (Jacques-Joseph) à Grenoble le 27 mars 1801. Il est surtout connu pour avoir déchiffré les hiéroglyphes en septembre 1822. Egyptologue, il s'intéressa aussi aux Etrusques. C'est lui qui organisa la première collection au musée égyptien de Turin (musée considérablement agrandi qui a réouvert le 1er avril 2015). Il mourut à Paris le 4 mars 1832. Un musée qui lui est consacré à Figeac a été inauguré le 19 décembre 1986. Une maison qui appartint à Jacques-Joseph (à Vif au sud de Grenoble) est la propriété du Conseil Général de l'Isère depuis 2001 a aussi été transformée en musée Champollion. Fermée depuis plusieurs années pour restauration ; la date de sa réouverture semble digne des énigmes du sphinx.

*sculpture dédiée aux défenseurs de Brisach en 1875 à Neuf-Brisach (Haut-Rhin) à la porte de Bâle

*monument à Gribeauval : en 1879, au musée de l'armée à Paris . Jean-Baptiste Vaquette de Gribeauval fut officier et ingénieur. Né à Amiens le 15 septembre 1715 et mort à Paris le 9 mai 1789. Il réforma l'artillerie française et fut Maréchal de camp.

*le lion de Belfort terminé en 1879 sur la colline de la citadelle . Il s'agit d'une sculpture dans un bloc de grès rose de Pérouse (territoire de Belfort) sur un piédestal en rocaille. L’œuvre mesure 11 mètres de haut sur 22 de longueur. Elle symbolise la résistance de Belfort lors du siège de la ville par les Prussiens de décembre 1870 à février 1871. Résistance conduite par le colonel Denfert-Rochereau. Le monument a été classé aux Monuments Historiques le 20 avril 1931. Une inauguration officielle a été effectuée seulement le 18 septembre 2011. Une réplique se trouve place Denfert-Rochereau à Paris depuis 1880 et une autre à Montréal square Dorchester. La réplique de Paris est en cuivre martelé et mesure 4 mètres de haut sur 7 mètres de longueur. Au musée d'histoire de Belfort, depuis mars 2011, 6 salles sont consacrées à Bartholdi.

Personnellement j'aurais plutôt mis le lion à Lyon mais enfin...

*Monument à Rouget De Lisle à Lons le Saunier (Jura) inauguré le 27 août 1882, restauré en 1991 en prévision du bi-centenaire de la composition de la Marseillaise. Il s'agit d'une statue en bronze de 2,80 mètres de haut sur un socle en pierres. Sur Rouget De Lisle voir la note N° 49 http://jean.delisle.over-blog.com/article-rouget-de-lisle-le-et-la-86379435.html

*statue de Diderot à Langres (Haute Marne) en 1884 pour le centenaire de la mort de Diderot. Cette statue a été rénovée en 2008 avec une inauguration le 14 juin 2008.

Denis Diderot né à Langres le 7 octobre 1713, au 9 place Chambeau (place Diderot depuis 1884) décédé à Paris le 31 juillet 1784 fut philosophe, écrivain, romancier, critique d'art, traducteur... Sa statue est en bronze sur un piédestal cylindrique en pierre place Diderot. Diderot est surtout connu pour être le principal auteur avec d'Alembert de « l'Encyclopédie » réalisée de 1751 à 1772 qui comprend 28 volumes résumant les connaissances de l'époque avec 71.800 articles et 2885 gravures. Aux pieds de Diderot, la statue de Bartholdi, représente les volumes de l'Encyclopédie. Fin 2013, la ville de Langres a ouvert une « maison des Lumières » dédiée à Denis Diderot

*monument de Gustave Jundt en 1885 au cimetière du Montparnasse à Paris. Gustave Jundt fut peintre (Strasbourg 1830, Paris 1884)

*fontaine Bartholdi à Reims en 1885 : 3 cariatides soutenaient une vasque d'où coulait l'eau. Cette fontaine fut détruite durant la guerre de 14

*monument funéraire de Paul Bert à Auxerre (Yonne) en 1888. Ce Paul Bert naquit à Auxerre en 1833, il fut Résident Général au Tonkin et mourut à Hanoi en 1886

*Monument funéraire d'Emile Hubner à Mulhouse (Haut-Rhin) en 1890. au cimetière de l'avenue du Repos. Ce Hubner (1821/1888) fut ingénieur et industriel

*Léon Gambetta à Sèvres (Hauts-de-Seine) statue en bronze inaugurée le 8 novembre 1891. La statue est placée au dessus de 2 groupes en marbre représentant l'Alsace et la Lorraine. En 1920, le cœur de Gambetta a été déposé dans un soubassement du monument. Le monument a été classé aux Monuments Historiques le 3 juin 1991. Il est situé près de la maison des Jardies qui fut occupée par Balzac de 1838 à 1840 et achetée par Gambetta en 1878. C'est là qu'il décéda le 31 décembre 1882. La maison fut ensuite donnée à l'Etat qui la transforma en musée consacré à Balzac et surtout à Gambetta.

Gambetta naquit à Cahors (Lot) le 2 avril 1838 et commença une carrière politique après avoir été avocat. Il fut membre du gouvernement de défense nationale après la défaite de Sedan et l'abdication de Napoléon III ; Paris étant assiégé par les Prussiens, Gambetta se rendit célèbre à l'époque en quittant Paris en ballon le 7 octobre 1870 pour rejoindre des membres du Gouvernement qui étaient à Tours. Il fut Ministre de l'Intérieur de septembre 1870 à octobre 1881, Président de la Chambre des Députés de janvier 1879 à octobre 1811 et enfin Président du Conseil de novembre 1881 à janvier 1882.

*la fontaine de la place des Terreaux à Lyon : inaugurée en septembre 1892,

4,85 mètres de haut, 15 mètres de diamètre, comprend une armature en fer attribuée à Eiffel, du plomb et de la pierre. Poids total : 360 tonnes dont 21 tonnes de plomb.

Elle représente (après coup) une femme (la France) sur un char tiré par 4 chevaux (les 4 fleuves français). Elle a été classée aux Monuments historiques le 29 septembre 1995.

Une restauration est programmée à partir de 2015, durée 16 mois, coût prévisionnel 2.750.000 euros. La fontaine a été déplacée dans le cadre d'une restauration de la place des Terreaux.

Cette fontaine avait initialement été prévue pour Bordeaux qui la refusa parce que jugée trop chère. C'est Lyon qui la récupéra.

Les Lyonnais pourraient en faire une fable et l'appeler « la fable de la fontaine ». Quant aux habitants de la place des Terreaux, ils pouvaient s'auto-proclamer : « les gens de la fontaine ».

*statues de La Fayette et Washington en 1895 à Paris square des États-Unis (16e). Washington comme La Fayette était franc-maçon.

*George Washington naquit le 22 février 1732. Il prit le commandement des troupes américaines lors de la guerre d'indépendance contre les Anglais. Il fut élu premier président des Etats-Unis en 1789 et réélu en 1793. Il mourut le 14 septembre 1799 sans avoir voulu un troisième mandat.

Après son élection en avril 1789, il résida d'abord à New-York, puis le « Residence Act » de juillet 1790 fixa la capitale du nouvel Etat à Philadelphie pour 10 ans, c'est-à-dire le temps de construire une nouvelle capitale. Ce fut George Washington qui posa la première pierre de la Maison Blanche à Washington le 13 octobre 1792 pour le trois-centième anniversaire de l'arrivée en Amérique de Christophe Colomb. Le statut de la nouvelle capitale fut défini par «l'Organic Act » du 27 février 1801. Ce fut John Adams qui fut le premier président à occuper la Maison Blanche à compter du 11 juin 1800, mais George Washington a donné son nom à la capitale des Etats-Unis d'abord appelée « Federal city » ( cité fédérale ). Les plans de la nouvelle ville furent l’œuvre de l'architecte français Pierre Charles L'Enfant.

Le nom de Washington a également été donné à l'un des 50 Etats des Etats-Unis : l'Etat de Washington qui est devenu le quarante-deuxième Etat des Etats-Unis le 11 novembre 1889. Il est situé au nord-ouest des Etats-Unis avec le Canada en frontière Nord et le pacifique en frontière Ouest. Cet Etat de 184.824 km2 (le tiers de la France) a une population d'environ 7 millions d'habitants. Sa capitale est Olympia même si Seattle est plus peuplée et plus connue.

La capitale Washington n'appartient à aucun des 50 Etats, mais fait partie du district de Colombia (district of Colombia) (nom donné en l'honneur de Christophe Colomb). Pour éviter la confusion entre la capitale et l'Etat de Washington, la capitale s'écrit toujours « Washington D.C. ».

George Washington est décédé sans savoir qu'il avait donné son nom à la capitale et à l'un des Etats de l'Amérique.

*En ce qui concerne La Fayette (Gilbert du Motier marquis de La Fayette), il naquit dans la Haute-Loire le 6 septembre 1757. Après une formation militaire il s'embarqua ,sur son initiative personnelle, en 1777 à bord du navire « La Victoire » armé de 2 canons, avec 30 hommes d'équipage et quelques milliers de fusils pour aider les Américains dans leur guerre contre les Anglais. Arrivé le 13 juin 1777, il rencontra George Washington le 1er août et devint son aide de camp avec le titre de major général. Rentré en France en 1779, il repart aux Etats-Unis en 1780 à bord de « l'Hermione ». Entre-temps, La France a accordé son soutien officiel aux Américains (traité de Paris du 6 février 1778) et a envoyé des troupes commandées par Rochambeau et l'Amiral de Grasse. La Fayette participe à la tête des troupes de Virginie à la bataille de Yorktown le 17 octobre 1781 qui voit la défaite des Anglais et permet l'indépendance des Etats-Unis. La Fayette fut fait citoyen du Maryland le 28 décembre 1784. Rentré en France, durant la période révolutionnaire, il se retrouva à la tête de l'armée de l'Est puis du Nord. Il est fait prisonnier par les Autrichiens qui le livrent aux Prussiens. Détenu dans des conditions très difficiles, il sera libéré sur intervention de Bonaparte. Après la défaite de Waterloo, il proposa son aide à Napoléon pour lui faire gagner les Etats-Unis. Mais Napoléon préféra se livrer aux Anglais.

La Fayette mort à Paris le 20 mai 1834 reste le symbole de l'alliance et de l'amitié franco-américaine.

*statue de Vercingétorix place de Jaude à Clermont-Ferrand 1903. Il s'agit d'une statue équestre de 4 mètres d'envergure de Vercingétorix à Gergovie (victoire sur le célèbre César en juin -52). Cette sculpture est juchée à 8 mètres du sol sur un piédestal à 6 colonnes. Elle fut inaugurée le 12 octobre 1903 en présence d'Emile Combes alors président du Conseil et du général André ministre de la guerre. Vaincu à Alésia, Vercingétorix fut emmené à Rome pour figurer au triomphe de César. Il fut exécuté le 26 septembre -46 à l'âge de 26 ans.

L'inauguration à Clermont-Ferrand fut suivie d'un banquet qui se termina en pugilat qui a dû rester célèbre dans la mémoire locale.

*monument des 3 sièges : à Belfort place de la République. Œuvre posthume dessinée, voulue et commencée du vivant de Bartholdi mais terminée par les sculpteurs Noël et Dechin et inaugurée le 15 août 1913. Ce monument rend hommage :

au commandant Legrand (1759/1824) qui soutint le siège de Belfort en 1813,

au général Lecourbe (1759/1815) qui soutint le siège de Belfort en 1814,

au colonel Denfert-Rochereau (1823/1878) pour le siège de 1870/1871

Le monument comprend une partie centrale représentant la France et Belfort reposant sur 3 assises de pierres en grès rouge provenant des anciennes fortifications de Vauban ; cette partie centrale est entourée de 3 statues à la mémoire de Legrand, Lecourbe et Denfert-Rochereau.

III-Hors de France :

*monument funéraire de Gustave Salzmann 1872 (à Lancy, canton de Genève Suisse) peintre né à Colmar en 1811, décédé en Suisse à Nyon en 1872

*4 anges trompettistes dans l'église unitarienne baptiste de Boston (Massachusetts) en 1874

*monument à La Fayette en 1876, statue en bronze à Union Square à New-York

*fontaine du Capitole au parc Bartholdi (près du Capitole) à Washington 1878. Cette fontaine a été réalisée d'abord pour l'exposition universelle de Philadelphie. Elle est en bronze et 9,10 mètres de haut. Ornés de luminaires éclairés d'abord au gaz, ils furent électriques à partir de 1915

*statue de la Liberté à New-York inaugurée le 26 octobre 1886 sur l'île « Liberty Island » dont le nom primitif fut « Oyester Island » (l'île aux huitres) puis Bedloe's Island avant que l'usage ne l'appelle « Liberty Island », nom qui fut officiellement confirmé en 1956.

Le socle est l’œuvre de l'américain Morris Hunt. Bartholdi travailla 20 ans sur cette statue mais en réalisant bien d'autres ouvrages entre temps. Les fondations furent réalisées d'octobre 1883 à début août 1886. Une cérémonie de pose de la première pierre du socle, se déroula le 5 août 1886 et fut présidée par William A. Brodie Grand-Maître de la loge de l'Etat de New-York. Ce socle d'une hauteur de 47 mètres est constitué de béton et de pierres, recouvert de pierres granitiques du Connecticut (les piliers du pont de Brooklyn sont fabriqués avec la même pierre). Le socle d'un volume de 12.200 mètres cubes pèse 27.000 tonnes.

La statue elle-même, en cuivre, de 46 mètres de hauteur pèse 88 tonnes plus l'armature en fer (œuvre de Gustave Eiffel) qui pèse 130 tonnes.

Bartholdi réalisa d'abord des modèles en plâtre : un de 1,20 mètre puis un de 2,40 mètres et enfin un de 8,50 mètres avant de passer à la réalisation définitive. La statue fut réalisée en 12 morceaux qui furent assemblés en France à titre d'essai avant d'être démontés et expédiés aux États-Unis et remontés sur place.

Des souscriptions publiques en France et aux États-Unis furent organisées pour assurer le financement.

On trouve des copies en modèle réduit de la statue de la Liberté dans plus de 20 pays dont les Etats-Unis dans une trentaine de villes et en France dans plus de 20 villes :

à Blérancourt dans l'Aisne, à Nice (quai des Etats-Unis, installée en février 2014), à Narbonne (Aude), à Saint Affrique (Aveyron), à Angoulême (Charente) à Plaintel (Côtes-d'Armor), à Bordeaux et Soulac-sur-Mer (Gironde), à Lunel (Hérault), à Roybon (Isère, statue de 3 mètres de haut installée en 1906), à Saint-Etienne (Loire), à Cleguerec, Gourin et Ploeren (Morbihan), à Cambrin (Pas-de-Calais), à Colmar (2 statues dont une de 12 mètres de haut inaugurée le 4 juillet 2004 pour le centenaire de la mort de Bartholdi), à Lyon (au musée des Beaux-Arts), à Barantin et Ourville-en-Caux (Seine-Maritime), à Rozey-en-Brie (Seine-et-Marne), à Saint Cyr-sur-Mer (Var), à Poitiers (Vienne), à Chateauneuf-la-Fôret (Haute-Vienne), sans oublier Paris dans le jardin du Luxembourg, au musée d'Orsay et à l'extrémité aval de l'île aux Cygnes (inaugurée par Sadi Carnot le 4 juillet 1889) ainsi que la réplique de la flamme de la statue de la Liberté place de l'Alma.

*Christophe Colomb à Chicago en 1893. Statue de 2 mètres de haut fondue en argent massif.

Christophe Colomb naquit à Gênes en 1451. Il effectua 4 voyages entre l'Europe et l'Amérique pour le compte des rois d'Espagne. Le premier commença le 3 août 1492. C'est le 12 octobre que l'équipage, qui commençait à désespérer, aperçut la terre et le 13 qu'il débarquait. Colomb venait de découvrir l'Amérique en croyant être arrivé aux Indes en passant par l'Ouest. Il mourut à Valladolid le 20 mai 1506 sans savoir qu'il avait découvert un nouveau continent. Il est inhumé dans la cathédrale de Séville.

*La Suisse secourant Strasbourg à Bâle en 1895. Il s'agit d'un groupe de 4 personnages symbolisant : Strasbourg, la Suisse, l'amour de la patrie et un enfant.

*Monument des soldats français morts à Schinznach en 1901. Il s'agit d'un monument à la mémoire de 22 soldats français de l'armée de Bourbaki qui sont morts en 1871 à l'hôpital de Schinznach (canton d'Argovie en Suisse) qui les avait accueillis. Ils sont au cimetière de Birr-bei-Brugg. Le monument représente une victoire ailée en bronze.

IV-les peintures

Les tableaux de Bartholdi sont moins nombreux et moins connus que ses sculptures. En voici quelques-uns :

*1851 : « Horse Guards » crayon de graphite, encre aquarelle et lavis sur papier, 22,5 centimètres sur 14 au musée Bartholdi de Colmar

*1856 : « Trois cavaliers arabes » au musée Bartholdi de Colmar

*1860 : « café sur les bords du Nil » au musée Bartholdi de Colmar

*1869 : « Ismaïl Pacha » dessin du vice-roi d'Egypte au musée Bartholdi de Colmar

*1869 : « l'Egypte éclairant l'Orient » dessin au musée Bartholdi de Colmar

*1872 : « Green River » aquarelle de 34,5 centimètres sur 21,5, au musée Bartholdi de Colmar

En guise de conclusion :

La liste ci-dessus est loin d'être exhaustive. En l'état, elle donne néanmoins une idée de l'importance de l’œuvre de Bartholdi dans laquelle les sujets historiques tiennent une grande place. Certains personnages sculptés (ou tous?) étaient Francs-maçons. Il serait intéressant de savoir si les responsables des collectivités qui lui passèrent des commandes avaient un lien avec la Maçonnerie. Mais cela dépasse mes capacités de recherche.

Il me semble qu'en France Auguste Rodin (1840/1917) ou Camille Claudel (1864/1943) sont beaucoup plus connus comme sculpteurs que Bartholdi et pourtant son œuvre est immense et internationale.

En m'inspirant d'un vers célèbre de Victor Hugo, je dirais que l’œuvre de Bartholdi caractérise « le geste auguste du sculpteur » ou si l'on préfère « le geste du sculpteur Auguste ».

J.D. 6 avril 2015

Monument à La Fayette à New-York

Monument à La Fayette à New-York

le lion de Belfort

le lion de Belfort

fontaine Bartholdi place des Terreaux à Lyon, photo J.D. 2 août 2015
fontaine Bartholdi place des Terreaux à Lyon, photo J.D. 2 août 2015

fontaine Bartholdi place des Terreaux à Lyon, photo J.D. 2 août 2015

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