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12 mai 2016 4 12 /05 /mai /2016 08:42

Les Bourgeois de Calais constituent un épisode de la guerre de Cent Ans mais aussi une sculpture ou plus exactement un ensemble représentant les 6 Bourgeois de Calais.

1-La sculpture :

La ville de Calais commanda une œuvre à Auguste Rodin pour commémorer l'épisode de la guerre de Cent Ans, cette œuvre en bronze fut inaugurée à Calais, place de l'Hôtel de ville, en 1895.

Onze copies en furent réalisées. Elles se trouvent, (avec les dates de réalisation):

*aux États-Unis : à Philadelphie (en 1925), à Washington (en 1943), à New-York (en 1985), et à Pasadena (Californie en 1968),

*au Danemark (Copenhague, en 1903), en Belgique (Mariemont en 1905), en France (Paris en 1926), en Angleterre (Londres en 1908), en Suisse (Bâle en 1943), au Japon (Tokyo en 1953) et en Corée (Séoul en 1995).

Voir illustration de la sculpture qui se trouve au musée Rodin de Philadelphie.

2-L'Histoire :

Sur les causes et le déroulement de la guerre de Cent Ans, voir la note N° 109 http://jean.delisle.over-blog.com/la-guerre-de-cent-ans-109

C'est après la cuisante défaite de l'armée française à Crécy le 26 août 1346, que le roi d'Angleterre Edouard III mit le siège devant Calais à compter du 4 septembre 1346, et ce pour avoir une tête de pont sur le sol français.

Au début du siège, la ville put être ravitaillée par mer, mais l'Angleterre prit des dispositions pour bloquer l'accès au port.

Après 11 mois de siège, la ville affamée et à cours de munitions dut se rendre. Jean de Vienne commandant de la place négocia avec le roi anglais la sauvegarde de la population.

Edouard III accepta d'épargner la population mais demanda que 6 responsables de la ville se livrent en chemise, pieds nus et la corde au cou.

Eustache de Saint Pierre, Jacques et Pierre de Wissant, Jean de Fiennes, Andrieu d'Andres et Jean d'Aire se livrèrent au roi d'Angleterre. Sur intervention de la reine d'Angleterre, Philippa de Hainaut, la vie des 6 otages fut épargnée.

Ils restèrent prisonniers en Angleterre 6 mois puis le roi de France Philippe VI les racheta à l'Angleterre, ainsi que des officiers français prisonniers.

La population française de Calais fut expulsée et remplacée par des Anglais.

La ville de Calais resta anglaise durant 2 siècles. Il fallut attendre François de Guise , sous le règne du roi de France Henri II, pour que la France reprenne Calais aux Anglais le 7 janvier 1558. Ce François de Guise dit le Balafré fut assassiné à Orléans le 24 février 1563, à ne pas confondre avec Henri de Guise dit aussi le Balafré, assassiné, lui, au château de Blois le 23 décembre 1588.

Cet épisode de la reprise de Calais aux Anglais a inspiré Alexandre Dumas dans :

*Les deux Diane, voir fiche N°82 http://jean.delisle.over-blog.com/article-les-deux-diane-114214150.html

*La royale Maison de Savoie fiche N°67 http://jean.delisle.over-blog.com/article-alexandre-dumas-et-la-royale-maison-de-savoie-108508764.html

J.D. 12 mai 2016

sculpture au Musée Rodin de Philadelphie, photos J.D. 24 avril 2016
sculpture au Musée Rodin de Philadelphie, photos J.D. 24 avril 2016
sculpture au Musée Rodin de Philadelphie, photos J.D. 24 avril 2016

sculpture au Musée Rodin de Philadelphie, photos J.D. 24 avril 2016

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26 décembre 2015 6 26 /12 /décembre /2015 19:00

Joseph Ignace Guillotin naquit à Saintes (Charente-Maritime) le 28 mai 1738. Il fit des études de médecine et obtint son doctorat en 1770.

Il fut « initié » dans une loge, à Angoulême, en 1772 et participa à la création du Grand Orient de France en 1773 par évolution de la Grande loge de France qui avait été créée le 24 juin 1738.

Il épousa Elise Saugrain le 14 juillet 1787 et fut élu député du Tiers-Etat aux Etats-Généraux qui s'ouvrirent à Versailles le 5 mai 1789 et devinrent Assemblée nationale le 17 juin puis Assemblée nationale constituante après le « serment du jeu de paume » le 20 juin 1789.

Le 9 octobre 1789, Guillotin proposa à l'Assemblée l'unification des peines pour les condamnés à la peine capitale.

La peine de mort :

Lorsque les groupes humains prirent de l'importance en nombre et se « socialisèrent », ils durent édicter des règles de fonctionnement et prévoir des sanctions pour les contrevenants et pour ceux qui constituaient un danger pour les autres. Ainsi naquit la justice. La trace la plus ancienne que l'on en conserve vient de Babylone, au dix-huitième siècle avant notre ère, dans un code appelé « code Hammurabi ». Pour asseoir leur autorité, les obsédés du pouvoir contrôlèrent la justice ou se proclamèrent la justice avec droit de vie et de mort sur les autres et ce à travers les siècles et les civilisations. Les mêmes utilisèrent aussi souvent la religion et se prétendirent investis par Dieu.

En France, avant la Révolution il y avait des peines différentes selon les crimes ou forfaits : les voleurs étaient pendus, les hérétiques ou incendiaires allaient au bûcher, les parricides ou régicides étaient écartelés, les faux monnayeurs subissaient le « bouillage » (ils étaient plongés dans un liquide bouillant, généralement de l'eau, mais pour un supplice plus raffiné, ils étaient mis dans l'eau froide, qui était chauffée jusqu'à ce que mort s'en suive), les bandits et meurtriers subissaient le supplice de la roue, dans quelques cas, les condamnés étaient décapités, au sabre ou à l'épée pour les nobles, à la hache pour les roturiers…

Ce droit était inspiré du droit romain (loi des douze tables vers l'an 450 avant notre ère, voir Tite-Live, « Histoire romaine » livre III point 9 et suivants). Le droit romain avait lui-même emprunté aux Grecs.

La guillotine :

En complément de sa proposition du 9 octobre, Guillotin proposa à l'assemblé constituante le 1er décembre 1789, que la peine capitale soit uniformément la décapitation et qu'elle soit effectuée par une machine pour sécuriser et accélérer l'exécution. Dans l'esprit de Guillotin il s'agissait de rendre la peine de mort moins barbare et il fut horrifié que son nom reste attaché à cet engin de mort.

Des machines à décapiter avaient déjà été utilisées dans les siècles précédents en Italie, Allemagne, Ecosse … Guillotin ne fut donc pas l'inventeur de cette machine, il en fut seulement le promoteur en France.

Il se rapprocha d'Antoine Louis, médecin du roi (Louis XVI) pour mettre au point la machine à décapiter. Louis XVI qui s'intéressait à la mécanique eut même l'occasion de donner son avis !

Louis et Guillotin confièrent l'exécution de l'engin à un artisan nommé Tobias Schmidt.
C'est le 25 mars 1792 que Louis XVI signa la loi faisant adopter la machine à trancher la tête des condamn
és.

Le 15 avril 1792 des essais furent effectués à Bicêtre d'abord sur des moutons puis sur des cadavres.

La première exécution eut lieu le 25 avril 1792 pour un voleur nommé Pelletier.

Des machines à trancher la tête furent alors fabriquées en nombre pour en envoyer un exemplaire dans les principaux départements, pour en pourvoir Paris ainsi que les commissaires qui furent envoyés en mission et qui partaient avec leur guillotine !

Dans « Les Blancs et les Bleus » (ouvrage publié en 1867/1868), Alexandre Dumas cite l'exemple de François Goulin commissaire extraordinaire du Directoire qui était arrivé chez les chouans avec sa guillotine, que Cadoudal parvint à faire enlever et à faire guillotiner publiquement avec sa propre guillotine (en 1797?).

A Paris, les lieux d'exécutions furent :

-Place de Grève (devenue place de l'Hôtel de Ville en 1803)

-place du Carrousel (nom donné en 1662)

-au champ de Mars

-place de la Révolution (devenue place de la Concorde le 26 octobre 1795)

-place Saint Antoine ((place de la Bastille depuis le 27 juin 1792)

-barrière du trône renversé ( ancienne place du Trône, devenue place du trône renversé après le 10 août 1792 puis place de la Nation le 14 juillet 1880).

Durant la Révolution, la guillotine eut de nombreux surnoms : La Louisette (à cause d'Antoine Louis) , la Mirabelle (de Mirabeau), le Moulin à silence, le raccourcissement patriotique, le rasoir national, la Monte-à-regret, le Vasistas, la Veuve, la Bécane… mais les mots « guillotine » et « guillotiner » s'imposèrent.

Selon les estimations actuellement disponibles, durant la période révolutionnaire, 19.000 têtes furent tranchées à Paris et 42.000 en Province. Mais ce ne fut qu'une petite partie des exécutions de la Révolution. Un très grand nombre des exécutés n'était probablement coupable de rien. Les termes de « période de la terreur » et de « fureur révolutionnaire » paraissent justifiés. Mais qui réhabilitera les innocents exécutés ?

Il ne manqua jamais de volontaires pour exercer la fonction de bourreau ni de foule pour assister aux exécutions ; ce qui ne fut ni propre à la Révolution ni à la France. Dans certaines familles on était bourreau de père en fils. Ainsi Louis XVI fut guillotiné par un nommé Charles Louis Sanson issu d'une famille de bourreaux de 1688 à 1847.

Après la Révolution, la décapitation resta mode d'exécution des condamnés à mort en France où la dernière exécution publique eut lieu en 1939 et la dernière décapitation par la guillotine le 10 septembre 1977 à la prison des Baumettes à Marseille, puis la peine de mort fut abolie par une loi votée le 18 septembre 1981 et promulguée le 9 octobre.

C'était l'aboutissement d'une longue chaîne d'interventions, dont on ne rappellera qu'une seule : celle du député Louis-Michel Le Pelletier de Saint Fargeau qui demanda, le 3 mai 1791, l'abolition de la peine de mort et des galères, devant l'Assemblée constituante.

J.D. 26 décembre 2015

Charlotte Corday après l'assassinat de Marat tableau de 1880 de Jean-Joseph Weerts, musée de Roubaix

Charlotte Corday après l'assassinat de Marat tableau de 1880 de Jean-Joseph Weerts, musée de Roubaix

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27 mars 2015 5 27 /03 /mars /2015 13:54

*C'est le 26 avril 1931 à Barcelone que le Comité International Olympique (CIO) décida d'attribuer les J.O. de 1936 à la ville de Berlin. Une dizaine d'autres villes avaient été candidates.

En 1931, l'Allemagne vivait sous le régime de la République de Weimar. L'Allemagne avait intégré la Société Des Nations en septembre 1926 suite aux accords de Locarno d'octobre 1925. Le choix du CIO en 1931 ne posait donc aucun problème.

*C'est du 1er au 16 août 1936 que se déroulèrent ces jeux. 49 pays et 3967 athlètes (dont 201 pour la France) y participèrent. L'Allemagne y gagna 89 médailles devant les USA : 66 médailles (La France eut 19 médailles, se classant cinquième ex aequo avec la Finlande). Ces jeux furent une victoire pour l'Allemagne nazie et une défaite pour tous les autres.

Les nazis avaient mis le paquet pour faire des jeux une réussite afin de montrer à la face du monde que l'Allemagne était de retour. Techniquement, les jeux furent une superbe réussite. Une majorité d'athlètes défilèrent le bras tendu lors de la cérémonie d'ouverture, les nazis pouvaient être satisfaits.

De 1931 à 1936, en 5 ans il s'était passé beaucoup de choses :

En Allemagne :

*C'est le 30 janvier 1933 que Hitler devint chancelier de l'Allemagne, appelé par le Président Hindenburg (élu en 1925, réélu le 10 avril 1932 et décédé le 2 août 1934).

*dans la foulée :

-2 février 1933, interdiction des journaux d'opposition

-11 mars, début en Allemagne de la destruction des livres et œuvres « d'art dégénéré »

-Dès le 21 mars 1933 était mis en chantier le premier camp de concentration (celui de Dachau) ;

-23 mars 1933 loi accordant les pleins pouvoirs à Hitler

-le 7 avril 33, le parti communiste allemand était interdit ;

-le 2 mai, les syndicats étaient dissous ;

-22 juin 1933, le SPD (parti socialiste allemand) interdit

-le 14 juillet, le parti unique était proclamé ;

-le 19 octobre, l'Allemagne se retirait de la SDN ;

-le 20 avril 1934, création de la gestapo ;

-dans la nuit du 29 au 30 juin 1934, massacre des S.A. ;

-le 13 juillet 1935, interdiction des témoins de Jéhovah ;

-le 17 août 1935, interdiction des loges maçonniques,

-15 septembre 1935, lois anti-juives de Nuremberg...

*sans oublier la violation joyeuse et publique de tous les traités internationaux (réarmement de l'Allemagne dès mars 1935 etc)

En Espagne :

Coup d'Etat du général Mola le 17 juillet 1936 qui entraîna la guerre civile, l'intervention de Franco et la fin de la République espagnole qui avait été proclamée le 14 avril 1931.

En France :

Le Front Populaire avait gagné les élections législatives des 26 avril et 3 mai 1936. Léon Blum était devenu président du Conseil le 4 juin.

Le constat :

Lorsque s'ouvrirent les J.O. le 1er août 1936 à Berlin, il était de notoriété publique que l'Allemagne était devenue une dictature, qu'elle avait supprimé toutes les libertés publiques, qu'elle se déclarait officiellement anti-juive, qu'elle avait entrepris une politique massive de réarmement....Il n'y avait pas besoin de sortir de la promotion Voltaire de l'ENA pour comprendre que les nazis utilisaient ces jeux comme tribune de propagande. Leur propagande fut en outre relayée par le célèbre film de Léni Riefenstahl : « Les Dieux du stade ».

Dans ce contexte, des voix s'étaient élevées pour demander le boycott des J.O. de Berlin. Certains avaient proposé des contre-jeux appelés « olympiades populaires » qui devaient se tenir à Barcelone.

Malgré tout cela, tous les pays décidèrent leur participation aux J.O. de Berlin. En France un seul député (Pierre Mendès-France) se prononça contre cette participation. Mais enfin il ne faut oublier que c'est la même assemblée du front populaire, élue en 1936, qui vota les pleins pouvoirs à Pétain en 1940 !

Emission de télévision :

Le 15 mars 2015 sur France 5 il y eut une émission consacrée aux J.O. de 1936 à Berlin. Dans la délégation française il y avait un jeune sportif âgé de 12 ans (barreur à l'aviron). Près de 80 ans plus tard il témoignait dans cette émission.

A l'époque, il fut admiratif devant la qualité des structures mises à disposition des jeux, devant le grandiose des cérémonies, devant le déroulement parfait des compétitions, devant une organisation impeccable en tous points...mais en même temps il rentra avec un sentiment de crainte : il disait à sa famille : « on aura la guerre, on aura la guerre ».

Quatre ans plus tard, l'armée allemande envahissait en France.

*Comment ne pas faire un rapprochement avec Alexandre Dumas qui publia en 1866 : « La terreur prussienne » après un séjour en Prusse (voir sur mon blog la fiche N° 83 http://jean.delisle.over-blog.com/article-la-terreur-prussienne-114461627.html). Là, déjà, quatre ans plus tard, les Prussiens envahissaient la France ! L'avertissement de Dumas n'avait servi à rien et la leçon fut très vite oubliée !

En guise de conclusion :

Lors des accords de Munich (le 30 septembre 1938) Winston Churchill déclara :

« Ils ont accepté le déshonneur pour avoir la paix. Ils ont le déshonneur, ils auront la guerre ».

Cela pouvait s'appliquer aussi aux Jeux Olympiques de 1936. En fait, cela peut s'appliquer à toute la période allant de janvier 1933 au 10 mai 1940, période de capitulation en capitulation. On a vu le résultat !

Il est hélas à craindre que cela ne serve même pas, tellement les humains semblent particulièrement doués pour oublier les leçons de l'histoire !

Bien sûr, aujourd'hui l'Allemagne n'est plus le problème. Il est même heureux que ce pays ait retrouvé sa puissance pour tenir à bouts de bras le reste de l'Europe, mais il n'y a pas besoin de beaucoup d'imagination pour établir un parallèle entre les méthodes des nazis et celles des islamistes actuellement.

En 2010, en préparant une conférence pour le cent-cinquantième anniversaire de la réunion de la Savoie à la France, j'avais retrouvé une citation de lord Palmerston (qui fut premier ministre britannique dans les années 1855/1865) et qui avait dit en parlant de Napoléon III :

« La tête de Napoléon III ressemble à une garenne, les idées s'y reproduisent comme les lapins ».

Il me semble qu'il y en a encore à qui cela pourrait s'appliquer. A chacun de mettre les noms qui lui conviennent.

J.D. 27 mars 2015

affiche des J.O. de 1936 à Berlin

affiche des J.O. de 1936 à Berlin

monument sur le champ des sports à Berlin en 1936

monument sur le champ des sports à Berlin en 1936

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24 février 2013 7 24 /02 /février /2013 20:57

 

Voici un texte qui me parait intéressant sur la Révolution française. Il est d'Alexandre Dumas ; extrait de son roman historique « Les Blancs et les Bleus » publié en 1867 en feuilleton et en 1868 en livre.

Ces extraits se trouvent dans la partie 2 de l’œuvre, intitulée « le 13 vendémiaire », à partir du chapitre 1, le texte de Dumas est en italique, le reste constitue des précisions que j'ai ajoutées pour éclairer le texte de Dumas :

« ...ces deux terribles et cependant inévitables années 1794 et 1795...la Révolution avait dévoré ses enfants. Voyons à l’œuvre cette terrible marâtre.

Le 5 avril 1794, les cordeliers ont été exécutés.

Danton, Camille Desmoulins, Basire, Chabot, Lacroix, Hérault de Séchelles, et le pauvre poète martyr Fabre d'Eglantine, l'auteur de la plus populaire de nos chansons populaires : il pleut, il pleut bergère, sont morts ensemble, sur le même échafaud, où les ont poussés Robespierre, Saint-Just, Merlin (de Douai), Couthon, Collot d'Herbois, Fouché (de Nantes) et Vadier.

Puis est arrivé le jour des jacobins.

Vadier, Tallien, Billaud, Fréron accusent Robespierre d'avoir usurpé la dictature, et Robespierre, la mâchoire brisée d'un coup de pistolet (coup de pistolet attribué au gendarme Merda), Saint-Just, la tête haute, Couthon, les deux jambes broyées, Lebas, leurs amis enfin, tous ensemble, au nombre de vingt-deux, sont exécutés le lendemain de cette tumultueuse journée qui, dans l'histoire, porte la date fatale du 9-Thermidor (27 juillet 1794).

Le 10 thermidor, la Révolution vivait toujours, parce que la Révolution était immortelle, et qu'il n'appartient pas à un parti qui s'élève ou qui tombe de la tuer ; la Révolution vivait toujours, mais la République était morte !

Avec Robespierre et Saint-Just, la République a été décapitée...

Le lendemain et le surlendemain, quatre-vingt-deux jacobins suivirent Robespierre, Saint-Just et leurs amis sur la place de la Révolution. (c'est là que se trouvait la guillotine, aujourd'hui place de la Concorde)...

Le 17 mai 1795, un décret fermait définitivement la salle des Jacobins, berceau de la Révolution, soutien de la République. (créé en 1789, le club des Jacobins s'était installé dans l'ancien couvent des Jacobins rue Saint Honoré. Ce couvent appartenait à l'ordre des Dominicains , dont le premier établissement à Paris était situé rue Saint Jacques, ce qui fait qu'indirectement les terribles révolutionnaires jacobins devaient leur nom à ...Saint Jacques !)

Fouquier-Tinville, l'accusateur public, le collègue de la hache du bourreau, qui n'était pas plus coupable qu'elle, puisqu'il n'avait fait qu'obéir aux ordres du Tribunal révolutionnaire, comme la hache lui avait obéi à lui-même, Fouquier-Tinville est guillotiné avec quinze juges ou jurés du Tribunal révolutionnaire.

Pour que la réaction soit complète, l'exécution a lieu en place de Grève.
L'ingénieuse invention de M. Guillotin a repris sa première place : seulement, les gibets ont disparu : l'égalité de la mort est consacrée.
(la guillotine fonctionna en France pour la première fois le 25 avril 1792 place de Grève, actuelle place de l'Hôtel de Ville, avant d'être déplacée place du Carrousel puis place de la Révolution, où furent exécutés Louis XVI, Marie Antoinette, Danton, Robespierre etc).

Le 1er prairial (il s'agit du premier prairial an III, c'est-à-dire du 20 mai 1795), Paris s'aperçoit que décidément il meurt de faim. La famine pousse les faubourgs sur la Convention. Hâves, déguenillés, affamés, ils envahissent la salle des séances ; le député Féraud est tué en voulant défendre le président Boissy d'Anglas.

Vu le trouble que cet événement a porté dans l'assemblée, Boissy d'Anglas s'est couvert.
On lui présente la tête de Féraud au bout d'une pique. Il se découvre pieusement, salue et remet son chapeau sur sa tête.

Seulement, pendant ce salut, de demi-révolutionnaire qu'il était, Boissy d'Anglas est devenu à moitié royaliste....

...Fréron (né à Paris en 1754, d'abord journaliste, ce Fréron fut élu député de Paris à la Convention le 14 septembre 1792, il siégea avec les Montagnards) ne savait pas s'arrêter dans sa cruauté, ne sachant point s'arrêter dans sa faiblesse. Envoyé à Marseille (il agissait comme député de la Convention « représentant du peuple en mission », il représentait en fait le Tribunal révolutionnaire qui avait été institué le 10 mars 1793) , il en fut l'épouvante. Carrier avait noyé à Nantes, Collot d'Herbois avait fusillé à Lyon ; à Marseille, Fréron fit mieux : il mitrailla.

Un jour qu'il supposait, après une décharge d'artillerie, que quelques-uns des condamnés s'étaient laissés tomber en même temps que ceux qui avaient été atteints et contrefaisaient les morts, le temps lui manquant pour passer, avant la nuit, la revue des survivants, il cria :

Que ceux qui ne sont pas morts se relèvent, la patrie leur pardonne.
Les malheureux qui étaient restés sains et saufs crurent à cette parole et se relevèrent.
Feu ! Cria Fréron.

Et l'artillerie recommença ; seulement, cette fois, la besogne était bien faite, personne ne se releva plus.....(cela se passa fin octobre 1793, en bas de la Canebière. Fin décembre 1793, le même Fréron organisait les massacres à Toulon).

Quand il revint à Paris, Paris avait fait un pas vers la clémence ; l'ami de Robespierre se fit son ennemi, le jacobin fit un pas en arrière et se trouva être cordelier. Il flairait le 9-Thermidor...

...Elle (il s'agit de la Convention qui gouverna la France du 21 septembre 1792 au 26 octobre 1795. C'est durant cette période que se situe « la Terreur » qui fit selon les estimations 200.000 morts en France dont 40.000 par la guillotine) avait été mère cruelle.

Elle avait dévoré les girondins, les cordeliers et les jacobins, c'est-à-dire les plus éloquents, les plus énergiques, les plus intelligents de ses enfants.
Mais elle a été fille dévouée.

Elle a combattu à la fois, et avec succès, les ennemis du dehors et les ennemis du dedans.
Elle a maintenu l'unité et l'indivisibilité de la France.

Elle a mis quatorze armées sur pied ; elle les a mal nourries, c'est vrai ; mal habillées, c'est vrai ; mal chaussées, c'est vrai ; plus mal payées encore. Qu'importe ! Ces quatorze armées ont non seulement partout repoussé l'ennemi hors de la frontière, mais elles ont pris le comté de Nice, la Savoie, fait une pointe en Espagne et mis la main sur la Hollande.

Elle a créé le grand-livre de la dette nationale , l'Institut, l'Ecole polytechnique, l'Ecole normale, le musée du Louvre et le Conservatoire des arts et métiers.(Dumas fait plusieurs oublis dont le principal est l'instauration du système métrique).
Elle a rendu huit mille trois cent soixante-dix décrets, la plupart révolutionnaires.

Elle a donné aux hommes et aux choses un caractère excessif. La grandeur était gigantesque, le courage téméraire, le stoïcisme impassible.

Jamais plus froid dédain n'a été professé pour le bourreau, jamais le sang n'a été répandu avec moins de remords.

Veut-on savoir pendant ces deux ans (en fait 3), c'est-à-dire de 1793 à 1795, combien il y a eu de partis en France ?

Il y en a eu trente-trois. Veut-on connaître les noms donnés à chacun d'eux ? :

Ministériels -Partisans de la vie civile – Chevaliers du poignard – Hommes du 10 août -Septembriseurs -Girondins -Brissotins -Fédéralistes -Hommes d'Etat -Hommes du 31 Mai -Modérés -Suspects -Hommes de la plaine -Crapauds du Marais -Montagnards.
Voilà pour 1793 seulement. Passons à 1794 et à 1795 :

Alarmistes -Apitoyeurs -Avilisseurs -Endormeurs -Emissaires de Pitt et Cobourg -Muscadins -Hébertistes -Sans-culottes -Contre-révolutionnaires -Habitants de la crête -Terroristes -Maratistes -Egorgeurs -Buveurs de sang -Thermidoriens -Patriotes de 1789 -Compagnons de Jéhu -Chouans. …

...La Révolution ne pouvait être bien défendue que par ceux qui l'avaient faite, et qui avaient intérêt à la perpétuer. Or quels étaient ceux-là ?

Les conventionnels qui avaient aboli la constitution féodale le 14 juillet et le 4 août 1789 ; qui avaient renversé le trône le 10 août 1792 ; qui, le 21 janvier (1793) avaient fait tomber la tête du roi ; et qui, du 21 janvier jusqu'au jour où l'on était arrivé, avaient lutté contre l'Europe, avaient lassé la Prusse et l'Espagne, au point de leur faire demander la paix, et avaient repoussé l'Autriche au-delà de nos frontières....

...Ainsi, cette grande Convention nationale de France, qui avait renversé une monarchie de huit siècles, qui avait fait chanceler tous les trônes, qui avait fait trembler l'Europe, qui avait chassé les Anglais de la Hollande, les Prussiens et les Autrichiens de la Champagne et de l'Alsace ; repoussé l'Espagne à soixante lieues au-delà des Pyrénées ; écrasé deux Vendées, cette grande Convention nationale de France qui venait de réunir à la France Nice, la Savoie, la Belgique et le Luxembourg ; dont les armées, débordant sur l'Europe, avaient franchi le Rhin comme un ruisseau et menaçaient de poursuivre jusqu'à Vienne l'aigle de la maison de Habsbourg, la Convention ne possédait plus à Paris que le cours de la Seine, de la rue Dauphine à la rue du Bac, et, de l'autre côté de la rivière (en fait du fleuve la Seine) que le terrain compris entre la place de la Révolution et la place des Victoires, n'ayant pour la défendre contre tout Paris que cinq mille hommes et un général à peu près inconnu »

La scène ci-dessus se passe la veille du 13 vendémiaire, c'est-à-dire le 4 octobre 1795. La convention est face à une insurrection de grande ampleur conduite par les royalistes qui sont quasiment maîtres de Paris. Le général inconnu dont il est question est Napoléon Bonaparte, que Barras va chercher pour sauver la Convention.

Bonaparte envoie Murat récupérer des canons grâce auxquels il va foudroyer la noblesse sur le parvis de l'église Saint Roch, sauvant ainsi la Convention, mais l'on connaît la suite. Quelques jours plus tard, la Convention fait place au Directoire dominé par Barras. Pour prix de ses services, Bonaparte est nommé général en chef de l'armée d'Italie où il accumule les victoires avant de partir pour l'Egypte et d'en revenir pour le coup d'Etat du 18 brumaire qui renversa le Directoire pour le Consulat avec comme premier consul....Bonaparte.

« Le changement c'est maintenant » pourrait être le slogan de toutes les révolutions. Mais ce slogan ne dit pas si le changement va être en mieux ou en pire !

J.D. 24 février 2013

assignat révolutionnaire de 1795 ou 1796

assignat révolutionnaire de 1795 ou 1796

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22 février 2013 5 22 /02 /février /2013 09:52

 

 

Voici le début de la préface d'Alexandre Dumas pour son roman historique « Les Blancs et les Bleus » publié en 1867/1868 :

« Encore un nouveau vaisseau que, sous le titre de Les blancs et les Bleus, nous allons lancer à la mer.

Inutile de demander sous quel pavillon.

Notre pavillon a toujours été celui de la France.

Quand la France a eu deux pavillons, nous nous sommes constamment rangé sous celui que nous regardions comme le pavillon national, parfois même nous avons combattu l'autre; mais, par cela même que nous l'avons combattu, nous ne l'avons jamais insulté.

Comment insulterait-on le drapeau d'Ivry, de Denain, de Fontenoy, quand il est porté par des mains aussi braves, aussi loyales et aussi pures que celles des Bonchamps, des d'Elbée et des Lescure? (il s'agit de 3 chefs des Vendéens)

Napoléon, qui s'y connaissait en braves, appelait la guerre de Vendée la guerre des géants.

Le seul crime de ceux qui la faisaient était de substituer la foi à la raison; la preuve qu'ils étaient aveuglés par une fausse croyance, c'est que la royauté pour laquelle ils mouraient les a trahis, c'est que le Dieu qu'ils invoquaient les a abandonnés.

Pendant neuf cents ans, ce Dieu avait pris la cause des rois; il était temps qu'à la fin il prît la cause des peuples.

Mais ce Dieu sait que j'ai visité avec le même respect les champs de bataille de La Tremblaye et de Torfou (Il s'agit de 2 sites de batailles de la guerre de Vendée en octobre 1793) que ceux de Marengo, d'Austerlitz et de Wagram.

Partout où des hommes ont donné leur vie, c'est-à-dire le bien le plus précieux qu'ils aient reçu de Dieu, puisque Dieu lui-même ne peut le leur rendre, partout où des hommes ont laissé leur vie pour confesser leur foi, trois hommes doivent s'incliner devant leur tombe : l'historien, le romancier et le poète.

Et pour moi, il n'y a pas de mérite à être resté fidèle, pendant toute ma vie, à la religion dans laquelle je suis né. Lorsque j'ouvris les yeux (en 1802) la République n'avait pas encore rendu le dernier soupir, et je fut bercé sur le sein mourant de cette mère héroïque ; mes hochets ont été les épaulettes d'or (son père fut général) que mon père venait de détacher de son habit et, longtemps avant d'atteindre sa garde, je me suis mesuré à son sabre de bataille.

Mon pavillon à moi, fils de la République allaité par l'Empire, est celui qui fut arboré par les vainqueurs du 14-juillet sur la Bastille, vide et fumante; qui conduisit nos soldats à Valmy, à Montebello, à Rivoli, aux Pyramides, à Marengo, à Austerlitz, à Burgos, à Ocana (avec un accent sur le « n ») , à Wagram, à la Moscowa, à Lutzen, à Bautzen, à Champaubert et à Montmirail : qui suivit Napoléon à l'Ile d'Elbe pour reparaître avec lui le 20 mars 1815; qui disparut dans le glorieux gouffre de Waterloo, et que, tout déchiré par les balles anglaises et les baïonnettes prussiennes, nous vîmes surgir, par un soir d'orage, au milieu de la fusillade et de la fumée, le 29 juillet 1830, avec des cris de joie et d'amour sur les tours de Notre-Dame. (allusion au drapeau tricolore qui avait disparu avec le retour de la monarchie suite à la chute du premier empire).

Et jamais vous ne comprendrez cela, hommes d'une autre génération que la nôtre, jamais vous ne comprendrez ce qu'il a eu pour nous de bonheur et d'orgueil à voir tout à coup se dérouler, le soir d'un combat, aux derniers rayons du soleil couchant, aux derniers pétillements de le fusillade, ce drapeau avec lequel nos pères avaient fait le tour de l'Europe, et qui jeté de côté comme un haillon, avait été vingt ans avili et calomnié.... »

 

Très beau texte, mais notre pauvre Dumas (qui pouvait se prendre pour Alexandre) a dû se retourner dans sa tombe (il est au Panthéon à Paris depuis fin novembre 2002) quand, il y a 2 ou 3 ans, une racaille a été primée dans un concours pour avoir présenté une photo le montrant se torchant le derrière avec un drapeau tricolore.

J.D. 22 février 2013

Napoléon et ses soldats, gravures extraites des souvenirs de J.R. Coignet en 1851, réédition en 1965 aux éditions de Saint Clair

Napoléon et ses soldats, gravures extraites des souvenirs de J.R. Coignet en 1851, réédition en 1965 aux éditions de Saint Clair

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24 janvier 2013 4 24 /01 /janvier /2013 17:33

Dans la présentation des « mémoires de Garibaldi » publiés en 1860, Alexandre Dumas parle des liens qui unirent le premier empire et la franc-maçonnerie, voici ce qu'il écrit :

« Napoléon prit la maçonnerie sous sa protection; mais en la protégeant, il la faussa, la détourna de son but, la plia à sa convenance, et en fit un instrument de despotisme. Ce n'est point la première fois que l'on a forgé des chaînes avec des épées. Joseph Napoléon (Il s'agit de Joseph Napoléon Bonaparte frère aîné de Napoléon) fut Grand Maître de l'Ordre; l'archichancelier Cambacérès, Grand Maître adjoint; Joachim Murat (beau-frère de Napoléon par son mariage avec Caroline Bonaparte), second Grand Maître adjoint. L'impératrice Joséphine étant à Strasbourg, en 1805, présida la fête de l'adoption de la loge des Francs-Cavaliers de Paris. Dans le même temps, Eugène de Beauharnais (beau-fils de Napoléon par sa mère Joséphine)était Vénérable de la loge de Saint-Eugène de Paris. Venu depuis en Italie, avec la dignité de vice-roi, le Grand-Orient de Milan le nomma maître et souverain Commandeur du Suprême Conseil du trente-deuxième grade, c'est-à-dire lui accorda le plus grand honneur que l'on pût lui faire, selon les statuts de l'Ordre.

Bernadotte était maçon; son fils, le prince Oscar fut Grand Maître de la loge suédoise; dans les différentes loges de Paris, furent successivement initiés : Alexandre, duc de Wurtemberg; le prince Bernard de Saxe-Veimar, et jusqu'à l'ambassadeur persan, Askeri-Khan; le président du Sénat, comte de Lacépède, présidait le Grand Orient de France, duquel étaient officiers d'honneur les généraux Kellerman, Masséna et Soult. Les princes, les ministres, les maréchaux, les Officiers, les magistrats, tous les hommes enfin remarquables par leur gloire ou considérables par leur position, ambitionnaient de se faire recevoir maçons. Les femmes elles-mêmes voulurent avoir leurs loges, dans lesquelles entrèrent : mesdames de Vaudemont, de Carignan, de Girardin, de Narbonne, et beaucoup d'autres dames de grandes maisons; cependant une seule fut reçue non pas comme sœur, mais comme frère. C'était la fameuse Xaintrailles, à laquelle le Premier Consul avait donné un brevet de chef d'escadron.

Mais ce n'était pas en France seulement que fleurissait alors la maçonnerie. Le roi de Suède en 1811, instituait l'ordre civil de la maçonnerie. Frédéric-Guillaume II roi de Prusse, avait, vers la fin du mois de juillet de l'année 1800, approuvé par édit la constitution de la Grande Loge de Berlin. Le prince de Galles ne cessa de gouverner l'Ordre, en Angleterre, que lorsqu'en 1813, il fut nommé régent. Enfin, dans le mois de juillet 1814, le roi de Hollande, Frédéric-Guillaume se déclara protecteur de l'Ordre, et permit que le prince royal, son fils, acceptât le titre de Vénérable honoraire de la loge de William-Frédéric d'Amsterdam...

En Italie la maçonnerie tomba avec la domination française; mais en ses lieu et place commença d'apparaître le carbonarisme, qui semblait reprendre la tâche où la maçonnerie l'avait abandonnée, pour la continuer dans son sens libérateur... »

 

Ce texte de Dumas montre que Napoléon avait placé son monde pour contrôler la maçonnerie. Peut-être parce qu'il ne put pas contrôler l'Eglise ?

Après les horreurs de la révolution particulièrement anti-cléricale, le concordat ramena la paix religieuse. Un nouveau pape avait été élu le 14 mars 1800 sous le nom de Pie VII. Il ratifia le concordat le 15 août 1801. En avril 1802, Bonaparte, encore premier consul, ajouta au texte du Concordat 77 articles organiques sans l'accord du pape. Ces articles permettaient de soustraire l'Eglise de France à l'autorité du pape et par conséquent d'en faire une Eglise nationale. Pie VII vint néanmoins à Paris en décembre 1804, pour le couronnement de Napoléon empereur, espérant en contre-partie obtenir une abrogation de ces articles organiques. Ce ne fut pas le cas. Le refus du pape de participer au blocus continental acheva la brouille entre Napoléon et Pie VII. Le 2 février 1808, l'armée française occupait Rome, le 17 mai 1809, les Etats Pontificaux étaient annexés à l'empire français et dans la nuit du 5 au 6 juillet 1809, le pape était arrêté et emprisonné. Il fit un retour triomphal à Rome le 24 mai 1814.

De tous temps, des souverains, qu'ils s'appellent rois, empereurs, tyrans ou dictateurs cherchèrent à contrôler la religion. Jules César le premier se fit élire Grand Pontife en l'an -63 et le resta jusqu'à son assassinat le 15 mars -44.

Le 17 novembre 1534, le roi Henri VIII s'était auto-proclamé chef de l'Eglise anglaise. Et ce parce que le pape avait refusé son divorce avec sa première épouse (Catherine d'Aragon, tante de Charles Quint).

Durant près de 3 siècles (du XIe au XIVe) il y eut la guerre entre le Saint Empire romain germanique et la papauté pour savoir qui avait le pouvoir de nommer les évêques etc. On pourrait multiplier les exemples car les souverains cherchaient souvent l'onction papale pour légitimer leur pouvoir, mais voulaient aussi contrôler leur Eglise pour consolider ce pouvoir.

J.D. 24.1.2013

Elisa Bonaparte à Lucques (Lucca) place Napoléon, photo J.D. 26 mai 2009

Elisa Bonaparte à Lucques (Lucca) place Napoléon, photo J.D. 26 mai 2009

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17 janvier 2013 4 17 /01 /janvier /2013 10:36

« La terreur prussienne » est le titre d'un roman politique, œuvre d'Alexandre Dumas publiée en 1867. A ma connaissance, la dernière impression de ce livre a été effectuée en novembre 2012 par les éditions l'Harmattan.

Pour retrouver le contexte de ce roman, on peut se reporter sur mon blog à la note sur la fin des 4 empires dont voici la référence :

http://jean.delisle.over-blog.com/article-la-fin-des-4-empires-97643758.html

Alexandre Dumas a effectué un séjour en Prusse à partir d'avril 1866. La Prusse de Guillaume 1er et de Bismarck avait vaincu le Danemark en 1864, fut vainqueur de l'Autriche en 1866. Alexandre Dumas comprit que la France allait être la prochaine proie, la prochaine victime de la Prusse. Il publia ce livre pour alerter l'opinion publique française ainsi que les autorités; Napoléon III était empereur. Mais personne ne prit au sérieux l'avertissement de Dumas, préférant la politique de l'autruche. L'on connait la suite : défaite de Sedan le 2 septembre 1870 et abdication de Napoléon III le 4 septembre. A ce moment là, Alexandre Dumas était malade, en prévision d'une invasion de Paris par l'armée prussienne, sa fille Marie l'envoya à Dieppe où Dumas mourut le 5 décembre 1870. Le 6, les troupes prussiennes entraient à Dieppe. Dramatique !

Au cours de son voyage en Prusse, Alexandre Dumas nota une haine profonde des Prussiens contre les Français, ainsi, il écrit (au chapitre 1) : »Quiconque n'a pas voyagé en Prusse, ne peut se faire une idée de la haine que les Prussiens professent à notre égard. C'est une espèce de monomamie qui trouble les esprits les plus limpides. On ne devient ministre populaire à Berlin qu'à la condition qu'on laissera entrevoir qu'un jour ou l'autre on déclarera la guerre à la France. On est orateur qu'à la condition que, chaque fois que l'on monte à la tribune, on décochera quelques-unes de ces fines épigrammes ou de ces spirituelles équivoques que manient si légèrement les Allemands du Nord. On est poète enfin qu'à la condition que l'on aura fait ou que l'on fera contre la France quelque iambe intitulé Le Rhin, Leipzig ou Waterloo. Cette haine contre la France, haine profonde, invétérée, indestructible, est inhérente au sol, on la sent flotter dans l'air... »

Le 6 juin 1866, au cours d'une visite à Auxerre, Napoléon III avait déclaré : « C'est qu'il savait, comme la majorité du peuple français, que ses intérêts étaient les miens, et que je détestais comme lui ces traités de 1815 dont on veut faire aujourd'hui l'unique base de notre politique extérieure... ». « Il » dans la phrase ci-avant, c'est le peuple du département de l'Yonne dont parlait Napoléon III, ce département avait massivement voté pour Napoléon en 1848. Cette phrase de Napoléon III reproduite dans toute la presse prussienne indiquait clairement que Napoléon III remettait en cause l'équilibre européen issu du traité de Vienne dans le contexte de la chute de Napoléon 1er. Cela servit de prétexte à Bismarck pour convaincre le roi Guillaume 1er de la nécessité de la guerre. Il déclare en effet au roi (dans le texte de Dumas, au chapitre III) : « Eh bien, Sire, le discours de sa Majesté Napoléon III, c'est la guerre, la guerre non seulement contre l'Autriche, mais contre la France. » On ne peut comprendre les événements de l'époque sans s'attarder comme le fait Alexandre Dumas sur le caractère de Bismarck, qui fut l'homme fort de l'Europe de la seconde moitié du XIXe siècle. Voici ce qu'écrit Dumas (au chapitre III) : « En 1866, Bismarck est arrivé à son double but : gouverner sans budget, insulter la représentation nationale, persécuter la presse, violer tous les traités, pourvu que l'on reste maître sur le champ de bataille. C'est là, aux yeux des libéraux prussiens, le gouvernement qui mérite leurs suffrages et même leurs flatteries ». Dans le même chapitre, Dumas écrit encore : « Il n'y a qu'un air qu'on respire librement en Prusse. C'est l'air des forteresses et des prisons! ». Devant la représentation nationale, Bismarck avait affirmé : « La force prime le droit . »

Dumas explique, au chapitre IV, pourquoi le peuple prussien soutint Bismarck, et cela peut expliquer les événements des années 1930, ce qui est prémonitoire chez Dumas, ou, tout au moins on peut le penser : « Les jeunes diplomates se répétaient cette question que l'Allemagne se fait depuis trois siècles : Ist es der Man ? (est-ce donc là l'homme?). Pour que cette question adressée par la jeune diplomatie à M. Bismarck soit compréhensible, nous devons dire à nos lecteurs que l'Allemagne attend un libérateur comme les Juifs attendent le Messie. Ce libérateur elle l'appelle, et, chaque fois que sa chaîne lui pèse trop, elle s'écrie : Wo bleibt der Mann? (Où donc est l'homme?). Or, on prétend qu'aujourd'hui en Allemagne, un quatrième parti s'apprête à surgir, qui, jusqu'à présent, s'est tapi dans l'ombre, mais terrible, si l'on en croit les poètes blonds de l'Allemagne. Ecoutez ce que dit Haine à ce sujet : « Le tonnerre est à la vérité, en Allemagne, allemand aussi; il n'est pas très leste et vient en roulant un peu lentement; mais il viendra. Et, quand vous entendrez un craquement, comme jamais craquement ne s'est fait entendre encore dans l'histoire du monde, sachez que le tonnerre allemand aura enfin touché le but. A ce bruit, les aigles tomberont morts du haut des airs. Et les lions, dans les déserts les plus reculés de l'Afrique, baisseront la queue et se glisseront dans les antres royaux. On exécutera alors en Allemagne un drame auprès duquel la Révolution française ne sera qu'une innocente idylle ». Si la prophétie s'était bornée à avoir Henri Haine pour prophète, je n'en parlerais même pas. Haine était un rêveur. Mais voici ce que dit de son côté Ludwig B... (il s'agit probablement de Beethoven) « A vrai dire, l'Allemagne n'a rien accompli depuis trois siècles... Son jour viendra, et, pour l'éveiller, il faudra peu de chose : un mouvement de bonne humeur, un sourire du fort, une rosée du ciel, un dégel, un fou de plus, un fou de moins, un rien enfin, la cloche d'un mulet suffit pour faire tomber l'avalanche. Alors la France, qui ne s'étonne pas de peu, cette France qui tout d'un coup a accompli en trois jours l'œuvre de trois siècles et a cessé de s'émerveiller de ses propres œuvres, regardera avec stupeur le peuple allemand, et ce grand étonnement ne sera pas de la surprise, ce sera de l'admiration. »

Dans son roman, Alexandre Dumas décrit l'invasion et l'annexion par les Prussiens du royaume de Hanovre en juin 1866, puis l'invasion en juillet 1866, de la ville libre de Francfort-sur-le-Main où la soldatesque prussienne se comporta de manière particulièrement brutale et odieuse.

Hélas, cet épisode des années 1860/1870, ne servit même pas de leçon. Dans les années 1930, l'opinion publique et les dirigeants préférèrent à nouveau la politique de l'autruche. Quand le 30 septembre 1938, Edouard Daladier (président du conseil français) et Neville Chamberlain (premier ministre du Royaume Uni) rentrèrent de Munich après avoir bradé la Tchécoslovaquie à Hitler, ils furent accueillis en héros par l'opinion publique tant française qu'anglaise : ils avaient sauvé la paix !

Le 7 novembre 1938, commentant ces accords de Munich, Winston Churchill déclara : « Ils devaient choisir entre le déshonneur et la guerre. Ils ont choisi le déshonneur et ils auront la guerre ». Malheureusement pour des millions d'êtres humains, Winston Churchill ne fut nommé premier ministre britannique que le 10 mai 1940, le jour de l'invasion allemande.

Jamais 2 sans 3. Il est à craindre qu'une nouvelle fois en face de l'invasion islamique de l'Europe, tant l'opinion publique que les dirigeants ne préfèrent encore la politique de l'autruche. Le réveil sera douloureux.

J.D. 17 janvier 2013

couverture du livre de Dumas édition de novembre 2012

couverture du livre de Dumas édition de novembre 2012

L'Alsace et la Lorraine, sculpture à Nancy place Maginot, photo J.D. 29 mai 2015

L'Alsace et la Lorraine, sculpture à Nancy place Maginot, photo J.D. 29 mai 2015

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9 janvier 2013 3 09 /01 /janvier /2013 14:23

 

 

1-L'édition:

En 1846, les éditions Alexandre Cadot publièrent un roman historique intitulé : « Les Deux Diane », sous la signature d'Alexandre Dumas déjà célèbre (Il avait déjà publié Les Trois Mousquetaires, Le Comte de Monte-Cristo etc).

Mais un auteur appelé Paul Meurice en revendiqua la paternité, tandis qu'un troisième nommé Félix Davin qui avait publié en 1836 « Une fille naturelle » cria au plagiat. En 1864, un nommé Charles Daudville publia un comparatif pour montrer que le ou les auteurs des Deux Diane s'était ou s'étaient inspirés du texte de Félix Davin.

En février 1865, Alexandre Dumas adressait à Paul Meurice une lettre dans laquelle il reconnaissait n'être pour rien dans ce roman, alléguant que c'est l'éditeur et non lui qui décida de faire paraître ce roman sous sa signature.

Malgré cela, « Les Deux Diane » figurent toujours dans la liste complète des œuvres d'Alexandre Dumas, quelquefois accompagnées en notes de la mention : »en collaboration avec Paul Meurice » car les critiques contemporains sont persuadés que Dumas est pour quelque chose dans ce roman, il est vrai que c'est du Dumas « tout craché ». L'édition de ce roman est déjà en soi rocambolesque. A ma connaissance, la dernière édition  des « Deux Diane » a été effectuée en octobre 2012, chez Robert Laffont dans la collection « Bouquins ». Le volume comprend également « Ascanio » et « L'Horoscope » de Dumas. La partie consacrée aux « Deux Diane » va de la page 393 à la page 1048 soit environ 650 pages.

2-Les personnages:

Parmi les principaux personnages mis en scène par ce roman citons : Les deux Diane (Diane de Poitiers et Diane de France), le roi de France Henri II, la reine Catherine de Médicis, le clan des Guise, le clan des Montmorency, le clan protestant (dont l'amiral de Coligny, le prince de Condé et Ambroise Paré), les Montgommery (Jacques le père et surtout son fils Gabriel qui est le principal personnage du roman), Martin Guerre serviteur de Gabriel de Montgommery qui a un sosie qui lui cause bien des ennuis, ainsi qu'une équipe d'aventuriers qui participent à la prise de Calais. Or on retrouve cette équipe d'aventuriers dans leur nom et leurs caractéristiques dans le tome 1 de « la royale Maison de Savoie », ouvrage d'Alexandre Dumas publié d'abord à Turin à partir de 1852. (voir sur mon blog la nore N°67: http://jean.delisle.over-blog.com/article-alexandre-dumas-et-la-royale-maison-de-savoie-108508764.html ). Il semble que les critiques des « Deux Diane » aient ignoré ce fait. Il faut dire que l'œuvre de Dumas sur la royale Maison de Savoie resta longtemps ignorée.

3-L'histoire réelle (ou supposée) :

*Diane de Poitiers: Diane de Poitiers, née fin 1499 ou début 1500, est la fille de Jean de Poitiers seigneur de Saint Vallier et de Jeanne de Batarnay (ce qui compte tenu du contexte aurait pu s'écrire de « bâtard né »). Elle fut mariée le 16 avril 1515 à Louis de Brézé petit-fils de Charles VII et de sa favorite Agnès Sorel.

Diane de Poitiers fut successivement la dame d'honneur de la reine Claude (fille de Louis XII et d'Anne de Bretagne) mariée à François 1er de 1514 à 1524, de Louise de Savoie (mère de François 1er) puis d'Eléonore de Habsbourg (sœur de Charles Quint et dernière épouse de François 1er de 1530 à 1547). Diane devint veuve le 23 juillet 1531. Avec Louis de Brézé, elle eut 2 filles dont l'une sera mariée avec un Guise.

C'est probablement en 1538 que Diane de Poitiers devint la maitresse d'Henri fils de François 1er et qui deviendra roi de France sous le nom d'Henri II à la mort de François 1er c'est-à-dire en 1547. En 1538, Henri avait 19 ans, Diane exactement le double. Elle restera la maitresse « officielle » d'Henri II jusqu'à la mort de celui-ci le 10 juillet 1559 et ce malgré le mariage d'Henri avec Catherine de Médicis en 1533. En 1548, le nouveau roi donne à sa maitresse le titre de Duchesse de Valentinois. A noter que la grand-mère paternelle de Diane était la sœur du grand-père maternel de Catherine de Médicis.

*Diane de France: Elle est née le 25 juillet 1538 et décédée le 11 janvier 1619.

L'Histoire a retenu qu'elle est la fille d'Henri II et d'une Piémontaise nommée Filippa Duci rencontrée à l'occasion d'une campagne militaire en Italie. Elle fut légitimée par Henri II en 1548 et reçut après la mort d'Henri II le titre de duchesse de Chatellerault en 1563, de duchesse d'Etampes en 1573 et de duchesse d'Angoulême en 1582. Elle fut mariée le 13 février 1553 à Horace Farnèse (duc de Castro et petit-fils du pape Paul III). Veuve 5 mois seulement après son mariage elle fut remariée le 3 mai 1557 à François de Montmorency.

Elle fut élevée par Diane de Poitiers, ce qui permit à certains historiens dans la foulée de Pierre de Bourdeille (dit Brantôme, 1540/1614) d'écrire que cette Diane était la fille de Diane de Poitiers.

*Henri II roi de France: Henri II naquit le 31 mars 1519, il est le fils de François 1er et de Claude de France. Il est donc en même temps le petit-fils de Louise de Savoie par son père et le petit-fils du roi de France Louis XII et d'Anne de Bretagne par sa mère. Son règne commence à la mort de François 1er en 1547. Il hérite des guerres contre Charles Quint (roi d'Espagne de 1516 à 1556 et empereur du St Empire Romain Germanique de 1519 à 1556). C'est en août 1557 qu'eut lieu la terrible défaite de Saint Quentin où les armées espagnoles, anglaises et allemandes commandées par le duc de Savoie Emmanuel-Philibert l'emportèrent sur le connétable de Montmorency. Heureusement pour Henri II et surtout pour la France, Charles Quint avait abdiqué l'année précédente et son fils Philippe II d'Espagne prenant ombrage des succès d'Emmanuel-Philibert lui interdit de poursuivre l'invasion de la France. Henri II fut blessé par Gabriel de Montgommery lors d'un tournoi à Paris le 30 juin 1559 et mourut des suites de cette blessure le 10 juillet suivant. Pour les historiens patentés, il s'agit d'un accident et de rien d'autre et « circulez il n'y a rien à voir ». Mais les mêmes historiens patentés ne se posent aucune question sur l'étrange comportement de Gabriel de Montgommery, qui s'enfuit en Angleterre. Il fut accueilli par Elisabeth 1ère, reine depuis le 17 novembre 1558. Cette Elisabeth n'avait pas encore 3 ans lorsque sa mère (Anne Boleyn) fut décapitée sur ordre de son père (Henri VIII). Durant son règne, Elisabeth 1ère publia la « charte de l'anglicanisme » et persécuta les catholiques. On comprend qu'elle reçut avec bienveillance Montgommery qui avait tué un roi de France auteur de plusieurs édits contre les protestants.

*Catherine de Médicis: voir sur mon blog la note N°81 : http://jean.delisle.over-blog.com/article-les-medicis-reines-de-france-113493818.html

*Les Guise: L'histoire des Guise commence avec Claude de Lorraine(1496/1550) fait Duc de Guise par François 1er en 1528. Ce Claude de Lorraine se maria en 1513 avec Antoinette de Bourbon (fille de François de Bourbon duc de Vendôme et de Marie de Luxembourg). Ils eurent 12 enfants dont les principaux sont : Marie de Guise qui fut reine d'Ecosse, François de Guise et Charles de Lorraine.

Marie de Guise: née le 22 novembre 1515, elle fut mariée le 12 juin 1538 à Jacques Stuart qui fut roi d'Ecosse sous le nom de Jacques V. Marie de Guise est la mère de Marie Stuart née le 8 décembre 1542. Jacques V décéda en 1548. Marie de Guise fut alors reine régente d'Ecosse jusqu'à sa mort le 10 juin 1560. Elle lutta contre l'extension du protestantisme en Ecosse.

François de Guise: naquit le 17 février 1520. Il se maria le 29 avril 1548 avec Anne d'Este, fille de Renée de France, (elle-même fille de Louis XII et d'Anne de Bretagne) et d'Hercule II d'Este, (lui-même fils de Lucrèce Borgia). François de Guise fut le chef du parti catholique. Il fut vainqueur des Huguenots en 1562 à Dreux et Rouen, mais il fut blessé au siège d'Orléans le 18 février 1563 et mourut des suites de cette blessure le 24 février suivant. Au moment de la défaite de Saint Quentin en 1557, François de Guise conduisait l'expédition militaire française en Italie, il fut rappelé d'urgence en France par Henri II. Il eut alors le titre de lieutenant général du royaume et reprit aux Anglais leurs conquêtes dans le nord de la France dont Calais en 1558. Avant de partir en Italie il avait déjà guerroyé contre les Anglais et avait reçu en 1545 une blessure au visage à Boulogne, ce qui lui avait valu d'être le premier Guise à être surnommé « le Balafré ».

Charles de Lorraine: né en 1524 et mort en 1574. Il fut cardinal archevêque de Reims. Avec son frère François de Guise, ils eurent de fait le pouvoir durant le court règne de François II qui succéda à Henri II.

Henri de Lorraine duc de Guise ou le second « balafré »: il naquit le 31 décembre 1550 et mourut assassiné au château de Blois le 23 décembre 1588. Il est le fils de François de Guise et d'Anne d'Este (et par conséquent l'arrière petit-fils de Lucrèce Borgia et l'arrière arrière petit-fils du pape Alexandre VI Borgia). Il épousa le 4 octobre 1570 Catherine de Clèves fille du duc de Nevers. Ils eurent 14 enfants dont 7 seulement parvinrent à l'âge adulte.

Henri prit la suite de son père à la tête de la ligue (parti catholique). Son rôle dans la Saint Barthélemy le 24 août 1572 ne semble pas très clair. Il sauva certains protestants dont sa grand-mère (Renée de France protestante), mais en poursuivit d'autres.

Par contre il remporta plusieurs victoires contre l'armée protestante à Ormans (dans la Marne) le 10 octobre 1575 (il fut blessé au visage et devint « le balafré »), à Vimory (dans le Loiret) le 26 octobre 1587 ou à Auneau (Eure-et-Loir) le 24 novembre 1587.

Il prit trop d'importance et le roi Henri III le fit assassiner. Son frère Louis de Lorraine cardinal archevêque de Reims fut assassiné le lendemain soit le 24 décembre 1588.

*Les Montmorency: La maison de Montmorency devint célèbre dès la fin du Xè siècle. Elle fournit à la France 6 connétables, 12 maréchaux, 4 amiraux et un cardinal.

La période qui nous concerne est celle d'Anne de Montmorency né le 15 mars 1493 et tué à la bataille de Saint Denis (entre catholiques et protestants) le 12 novembre 1567. Il est, par sa mère, le petit-fils du duc de Savoie Philippe II.

Il accompagna François 1er durant les guerres d'Italie. Il fut fait prisonnier à Pavie en 1525 en même temps que François 1er et fut libéré contre rançon. Après François 1er, il servit Henri II. Il fut vaincu à la bataille de Saint Quentin en 1525. fait prisonnier il fut une nouvelle fois libéré contre rançon. Il prit part aux guerres de religion du côté des catholiques, mais fut en lutte d'influence constante avec les Guise.

*Les Montgommery: Il y a d'abord Jacques le père (1485/1562) qui fut capitaine de la garde écossaise du roi François1er. Il y a surtout son fils Gabriel (5 mai 1530/26 juin 1574) qui hérita de la charge de son père comme capitaine de la garde écossaise. Il blessa mortellement le roi Henri II (voir ci dessus à Henri II) revint en France participer aux guerres de religion dans le camp protestant. Il fut l'un des principaux capitaines de l'Amiral de Coligny puis de Jeanne d'Albret (la mère du futur Henri IV). Il remporta de nombreuses victoires, mais devenu « l'ennemi public N°1 » des catholiques, il fut assiégé dans Domfront en Normandie et faute de ressources et de secours il dut se rendre le 27 mai 1574. Transféré à Paris. Il fut promptement décapité sur ordre de Catherine de Médicis le 26 juin.

4- Le roman:Dans le roman, Diane de Poitiers est d'abord la maîtresse de François 1er avant d'être supplantée par la duchesse d'Etampes auprès de ce roi. Elle se rabat alors sur le fils de François 1er, le futur Henri II. L'histoire « officielle » conteste que Diane fut la maîtresse de François 1er mais ne conteste pas que Diane fit exiler la duchesse d'Etampes dès qu'Henri II fut roi. Toujours dans le roman, Diane de Poitiers est également la maîtresse de Jacques de Montgommery au début de sa liaison avec Henri II, lequel fait emprisonner au secret Jacques de Montgommery dans la prison du Châtelet. En même temps qu'Henri II elle est également secrètement la maîtresse du connétable de Montmorency. Diane de Poitiers est présentée comme la mère de Diane de France mais durant une grande partie du roman le suspense est entretenu pour savoir si cette Diane a pour père Henri II ou Jacques de Montgommery. Gabriel de Montgommery est élevé par une nourrice qui dans le roman élève également Diane de France. Devenant adulte, Gabriel de Montgommery apprend qui est son père, qu'il est encore vivant et que Diane qu'il aime est peut-être sa sœur. Contre d'importants services qu'il rend à la France, le roi Henri II promet à Gabriel de Montgommery la libération de son père, mais Diane de Poitiers et le connétable de Montmorency conspirent et obtiennent d'Henri II de faire mourir Jacques de Montgommery avant de le rendre à son fils. Devant tant de perfidie et de lacheté, Gabriel jure de venger son père. Tout le roman est construit pour conclure qu'Henri II ne fut pas mortellement blessé par accident mais pour se venger d'une ignoble injustice. Tout au long du roman, Diane de Poitiers est présentée sous un jour vraiment négatif.

Catherine de Médicis n'est pas mieux lotie, car elle ressort de ce roman, assoiffée de pouvoir et prête à tout pour y parvenir. Au chapitre XV, elle fait des avances à Gabriel de Montgommery et lui dit : « Je me suis jusqu'ici effacée au second rang; mais sachez-le, je brillerai bientôt au premier. Mme Diane de Poitiers n'est plus d'âge à conserver longtemps sa beauté et sa puissance . Du jour où le prestige de cette femme s'effacera , mon règne commence, et apprenez que je saurai régner, Gabriel : les instincts de domination que je sens en moi m'en sont garants; et d'ailleurs, c'est dans le sang des Médicis cela... ».

Après la mort d'Henri II, le 10 juillet 1559, c'est l'aîné de ses fils qui règne sous le nom de François II. Marié à Marie Stuart reine d'Ecosse et fille de Marie de Guise, François II gouverne avec ses oncles (François de Guise et Charles de Lorraine), en évinçant sa mère (Catherine de Médicis) du pouvoir. A la fin de 1560, après à peine 18 mois de règne, François II tombe gravement malade, Marie Stuart envoie quérir Ambroise Paré pour le sauver. Mais Catherine de Médicis parvient à empêcher l'intervention d'Ambroise Paré et François II meurt le 5 décembre 1560. La mère (Catherine de Médicis) perd son fils, mais l'ambitieuse a enfin le pouvoir.

Au chapitre CVI du roman, Marie Stuart s'écrie à l'adresse de Catherine de Médicis (sa belle-mère): « Ah! Madame! Madame! Vous avez tué votre enfant!  La reine-mère enveloppa sa bru d'un regard venimeux et glacé où déborda toute la haine qu'elle avait couvée pour elle pendant dix-huit mois. Vous, ma chère, lui dit-elle, vous n'avez plus le droit de parler ainsi, entendez-vous; car vous n'êtes plus reine. Ah! Si fait! Reine en Ecosse. Et nous vous renverrons au plus tôt régner dans vos brouillards ».

Parmi les personnages du roman, sont, en outre, présentés sous un jour très négatif : Arnaud du Thil le sosie de Martin Guerre, le gouverneur anglais de Calais, Charles de Lorraine et le connétable Anne de Montmorency accusé d'avoir poussé Henri II à signer la paix de Cateau-Cambrésis le 3 avril 1559, défavorable à la France alors que François de Guise à la tête de l'armée était vainqueur partout, mais un traité favorable aurait rehaussé la renommée des Guise !

5- Pour conclure :Aujourd'hui on dirait de ce roman qu'il est « politiquement incorrect ». Il remet en effet en cause l'histoire « officielle » sur de nombreux points : la cause de la mort du roi Henri II, la maternité de Diane de France attribuée à une Piémontaise, l'image de Catherine de Médicis, de Diane de Poitiers ou d'Anne de Montmorency...

Si le roman s'écarte, pour l'intérêt du lecteur, de l'histoire supposée réelle, il donne malgré cela ou peut-être à cause de cela, l'impression de présenter un récit plus cohérent que l'histoire officielle. A chacun de se faire une opinion.... enfin si cette histoire l'intéresse.

J.D. 9 janvier 2013.

clan Montgomery lors d'une fête écossaise à Laurinburg Caroline du Nord, photo J.D. le 5 octobre 2013

clan Montgomery lors d'une fête écossaise à Laurinburg Caroline du Nord, photo J.D. le 5 octobre 2013

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25 juillet 2012 3 25 /07 /juillet /2012 18:53

C'est de 1852 à 1856 que l'éditeur Perrin 13 rue de la Vierge-aux-Anges à Turin, publia en petits fascicules une œuvre monumentale d'Alexandre Dumas déjà célèbre (les Trois Mousquetaires avaient été publiés en 1844) sous le titre « La Maison de Savoie depuis 1555 jusqu'en 1850, roman historique ».

Ce texte fut repris en France en 1854 par « Le Constitutionnel » sous forme de feuilletons sous le titre « un page du Duc de Savoie », puis édité en livres en 1855.

De ces vieilles éditions, non seulement il ne restait presque plus traces, mais diverses éditions réputées complètes des œuvres d'Alexandre Dumas au vingtième siècle ignorèrent complètement ce texte.

Il fallut que le 4 octobre 1985, à la librairie piémontaise de Turin, Lucien Chavoutier (historien savoyard) en découvre une vieille édition et puisse en faire l'acquisition pour que ce récit de Dumas sorte de l'oubli où il était tombé.

Dès 1986, Lucien Chavoutier présentait cette œuvre de Dumas lors de 2 conférences, l'une à Moutiers pour l'Académie de la Val d'Isère, l'autre à Chambéry pour la Société Savoisienne d'Histoire et d'Archéologie. Ces conférences furent complétées par Lucien Chavoutier au moyen d'une présentation (72 pages) en décembre 1990 dans le N° 100 de « l'Histoire en Savoie » éditée par la Société Savoisienne d'Histoire et d'Archéologie. Enfin, il confiait son exemplaire à la Fontaine de Siloé (éditeur savoyard) pour publication.

La première publication de La Fontaine de Siloé date de 1998 et la dernière de juin 2001. Cette dernière édition comporte 4 tomes et en tout quelques 2200 pages !

L'histoire du document oublié et retrouvé presque miraculeusement est déjà rocambolesque et digne de son auteur.

 

Mais pourquoi Alexandre Dumas s'intéressa-t-il à l'histoire de la Maison de Savoie ?

Alexandre Dumas, fils de général (comme Victor Hugo), naquit en 1802 (aussi comme Victor Hugo). Né à Villers-Cotterets dans l'Aisne, il quitta sa ville natale pour Paris en 1822 et trouva d'abord un emploi de clerc de notaire avant d'être recruté l'année suivante au secrétariat du Duc d'Orléans. Parallèlement, il commença par écrire des vaudevilles avant de se lancer dans le roman-feuilleton (historique). A Paris, il fréquenta le salon de Marie de Solms (née Bonaparte-Wyse), petite fille par sa mère de Lucien Bonaparte (un des frères de Napoléon). Cela donna à Dumas l'occasion de fréquenter Victor Hugo, Ponsard, Bérenger, Sainte-Beuve, Gérard de Nerval, George Sand, Lamennais, Eugène Sue... Voir : « Marie de Solms Femme de Lettres » de Zoltan-Etienne Harsany, publié en 1990.

Marie de Solms opposée à la politique de Napoléon III dut s'exiler. Elle s'installa d'abord à Aix-les-Bains à partir de 1853, où elle créa un théâtre, une revue et tint salon. De son côté Alexandre Dumas poursuivi en 1851 « par plus de 150 créanciers » se réfugia d'abord en Belgique et fit plusieurs séjours à Aix-les-Bains où il retrouva le salon de Marie de Solms. En 1858, Dumas rédigea « Un bal chez Madame la duchesse de Berry » pour publication dans « Les Matinées d'Aix-les-Bains », la revue de Marie de Solms. Il y rencontra selon Harsany, Victor-Emmanuel II, Rattazzi et Garibaldi.

Urbano Rattazzi occupa plusieurs postes de Ministre et même de président du Conseil des Ministres au temps de Charles-Albert puis de Victor-Emmanuel II. Il fut le second mari de Marie de Solms qu'il épousa le 5 février 1863. Quant à Giuseppe Garibaldi, si il est plus connu, on sait moins qu'Alexandre Dumas fut l'un de ses admirateurs, à tel point qu'en 1860, Dumas vendit des biens pour acheter des armes qu'il livra lui-même à Garibaldi en Sicile. En reconnaissance, Garibaldi nommera Dumas Directeur des Beaux-Arts à Naples en 1861, fonction qu'il exercera jusqu'en 1864. Il pourra alors s'intéresser aux fouilles de Pompéï. Dumas publia également en 1860 « Les Mémoires de Garibaldi » et en 1861 : « Les Garibaldiens ». (Ces 2 ouvrages ont été publiés dans un même livre aux Editions "L'Inventaire" en 1994). Bien avant cela, Dumas avait eu l'occasion de faire plusieurs séjours en Italie, pays dont il tomba manifestement amoureux. En témoignent ces 2 citations extraites du tome 4 de « La Royale Maison de Savoie » (édition de juin 2001)

page 213 : « L'Italie et la France sont sœurs : la différence de leurs institutions politiques leur impose seule des destinées diverses; mais la beauté de leur ciel, la fécondité de leur sol, et avant tout l'intelligence de leurs habitants , établit entre elles une parenté sublime, que les gouvernements et les préjugés tenteraient en vain d'effacer; quand deux étoiles jumelles scintillent dans le firmament, en vain les nuages qui passent nous déguisent leur forme; le rayon brille, la vapeur disparaît et nous les retrouvons telles qu'elles étaient à la première heure de l'éternité »

page 236 : «  La France est l'alliée naturelle de l'Italie; chaque fois que l'une ou l'autre de ces nations a transgressé à cette loi topographique, la ruine des armées , ou la dévastation du territoire ont été les funestes résultats de cette faute, de cet attentat fratricide aux droits les plus saints de la nature, qui rend les peuples solidaires les uns des autres ».

Dumas, intéressé par l'Histoire dut s'interroger sur ce pays (l'Italie) qui n'avait plus d'unité depuis la chute de l'Empire romain d'Occident en l'an 476. L'époque où il écrivit cette histoire est une époque charnière capitale dans l'histoire italienne. La Révolution française avait semé dans toute l'Europe des idées de droit des peuples et de droit des nationalités. La victoire des coalisés à Waterloo le 18 juin 1815 mit une chape de plomb sur l'Europe, mais les armées peuvent vaincre des soldats, pas des idées. Le feu couvait sous la cendre. L'année 1848 fut appelée « l'année du printemps des peuples » ou « l'année des révolutions ». Pour ce qui concerne notre sujet, en 1848, les populations de Venise et de Milan se soulevèrent contre l'occupant autrichien. A Turin, le roi Charles-Albert, se croyant assuré de l'alliance avec le Grand-Duc de Toscane, avec le roi de Naples et même avec le Pape se lança dans une guerre contre l'Autriche, mais ses alliés se rétractèrent et l'armée piémontaise se retrouva seule contre l'empire d'Autriche. Après la défaite de Novarre le 23 mars 1849, Charles-Albert abdiqua en faveur de Victor-Emmanuel II et s'exila. Le sentiment nationaliste était alors à son comble et tous les patriotes italiens fondaient leurs espoirs dans le Piémont et dans la famille de Savoie pour faire l'unité de l'Italie. C'est l'époque où les partisans écrivaient sur les murs : « viva VERDI », ce qui pour eux signifiait : « viva Vittorio Emanuele Re D'Italia ». Il n'y a donc rien de surprenant à ce qu'Alexandre Dumas s'intéressa à la dynastie de Savoie.

 

Le contenu de l'histoire :

Comme l'indique le titre de la première parution à Turin, cette œuvre de Dumas est un roman historique, mais en l'occurrence l'Histoire l'emporte sur le roman. Le lecteur doit cependant faire le tri car à côté des faits et personnages strictement historiques, Dumas, pour l'intérêt du texte, invente des personnages et des situations romanesques. Il écrit d'ailleurs (tome I page 225) : « Mieux vaut l'histoire écrite par des romanciers que l'histoire écrite par les historiens, d'abord parce qu'elle est plus vraie, et ensuite parce qu'elle est plus amusante ». Dans le même tome 1, page 214 : "C'est une bien belle chose que l'histoire! aussi ne nous jugeant pas digne d'être historien nous sommes-nous fait romancier". Dans un autre ouvrage (les Compagnons de Jehu) en 1857, il dira : « nous avons la prétention d'avoir appris à la France autant d'histoire qu'aucun historien ». Nous voulons bien le croire, il est vrai que « les trois mousquetaires » par exemple ont fait plus pour populariser le personnage du cardinal de Richelieu que tout ouvrage d'historiens.

Le principal mérite de « La Royale Maison de Savoie » est de nous fournir la vision qu'un observateur particulièrement avisé autant que passionné et particulièrement bien documenté pouvait avoir dans les années 1850 de la Maison de Savoie et des événements qui se déroulaient en Italie depuis 3 siècles.

Dans la présentation qu'il en fit en 1990, Lucien Chavoutier cite les principales sources utilisées par Dumas pour son histoire de « La Royale Maison de Savoie »; les voici :

* »Mémoires historiques de la Maison Royale de Savoie » du marquis Costa de Beauregard (1816)

* »l'histoire de la Savoie depuis la domination romaine jusqu'à nos jours » de Claude Genoux (1852)

* »Mémoires » de Saint-Simon (décédé en 1755, la première édition de ses Mémoires date de 1788)

* »histoire généalogique de la Royale Maison de Savoie » de Samuel Guichenon (1660).

 

Le récit de Dumas commence en 1555, à l'époque où Charles Quint a confié le commandement des armées du Saint Empire au Duc de Savoie Emmanuel-Philibert et se termine presque 3 siècles plus tard avec le retour des cendres de Charles-Albert à Turin.

L'histoire de la Maison de Savoie semble assez peu connue du grand public, peut-être parce qu'elle est assise entre deux chaises, une chaise France et une chaise Italie. Elle n'est pas l'histoire de France, elle n'est pas non plus celle de l'Italie mais un peu des deux et même on peut le dire un peu de l'histoire de l'Europe.

Le lecteur qui prendra la peine de lire cette œuvre monumentale d'Alexandre Dumas, verra défiler 13 souverains de Savoie au cours de 3 siècles d'histoire et découvrira des événements importants dont il n'a probablement pas connaissance tels que :

*la victoire dans le nord de la France d'Emmanuel-Philibert (surnommé « Tête de Fer ») contre les armées françaises du connétable de Montmorency en 1557. Cet Emmanuel-Philibert était le neveu de Charles-Quint par sa mère Béatrix de Portugal et en même temps le cousin de François 1er par sa tante Louise de Savoie. Il avait également pour tante Marguerite d'Autriche !

*la nuit de l'escalade : échec lamentable des Savoyards tentant de s'emparer de Genève en 1602

*la triste fin de Victor-Amédée II etc etc

En somme une belle leçon d'histoire

J.D. dernière mise à jour : 8 août  2012

couverture du tome 3 du texte de Dumas sur la Savoie

couverture du tome 3 du texte de Dumas sur la Savoie

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